Bonjour à tou(te)s !

Nous sommes mercredi et voici donc venir le chapitre 7 ! :)

Je tiens à remercier mes super revieweuses ainsi que les lecteurs qui ont fait des ajouts en favoris/alertes. Vous vous êtes vraiment mobilisés depuis le dernier chapitre et ça me fait super plaisir, donc merci beaucoup à vous. J'espère que ça continuera ainsi :).

De même, je remercie HesseS, mon petit fizwizbiz adoré, pour son travail de bêtatage de cette fic'.

Par ailleurs, je tiens à vous informer que mon autre bêta, Mariye (elle ne bêtate que les derniers chapitres que je publie sur l'autre site, ce qui explique que je ne l'ai pas encore mentionnée) m'a proposé (une fois la publication terminée - sur l'autre site également) que l'on reprenne ensemble les premiers chapitres pour apporter des corrections grammaticales/syntaxiques/de vocabulaire, etc. dans le but de rendre la fic plus cohérente en terme de qualité d'écriture car vous vous rendrez certainement compte que la fin est bien meilleure que le début ! ^^ Mais comme cela ne se fera que lentement et que nous ne commencerons réellement (même si le Prologue est déjà fait) qu'après la fin de la publication (toujours sur l'autre site, donc), je continuerai à poster, ici, deux chapitres par semaine qui n'auront « subis » qu'une « simple » correction orthographique. Puis j'updaterai par la suite.

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RàR anonyme :

Guest : Je te remercie d'avoir pris le temps de m'écrire une review et j'espère que la suite te plaira ! :)

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Voilà ! Je vous laisse à présent avec le nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira et que vous en serez satisfait car… Eh bien non, je ne vous dirai rien du tout ;). Bonne lecture !

Comme toujours, seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


Chapitre 7 : Soirée de trêve

- Hermione ? Qu'est-ce que tu fais déjà là ? s'étonna Mme Weasley.

- Percy a annulé la réunion d'aujourd'hui.

La jeune femme pria intérieurement pour qu'elle et Arthur ne demande rien à leur fils.

- Bon eh bien joins-toi à nous, nous venons à peine de commencer.

Elle s'installa à la chaise que lui désignait Molly et cette dernière lui apporta une large assiette remplie de saucisses et de pommes de terre.

- Vraiment Hermione, il faut que je fasse plus attention à ton alimentation. Tu donnes l'impression de mincir à vue d'œil.

L'intéressée ne répliqua pas. Il était vrai que ces derniers temps, elle recommençait à ne pas s'alimenter autant qu'elle le devrait. Seulement, se nourrir n'était clairement pas sa priorité au vu de tout ce qu'elle avait en tête. À commencer par Malefoy. Ah celui-là, si elle pouvait l'avoir en face d'elle, elle lui planterait sa fourchette dans l'œil !

Il la déstabilisait complètement avec son comportement étrange. Jamais elle n'avait vu Malefoy aussi lunatique. Il passait de la colère et des insultes à la confession puis redevenait colérique. Il semblait même aimable, parfois. Ce type était tout bonnement insupportable.

Qu'est-ce que c'était que ce nouveau changement de comportement un peu plus tôt dans la journée ? Elle avait vraiment eu raison de lui dire d'aller se soigner, il semblait en proie à une véritable crise identitaire.

- Hermione ?

- ... Quoi ? demanda-t-elle, interrompue dans ses pensées.

- Tu dois manger Hermione.

- Je sais Molly.

- Molly laisse la tranquille ! s'interposa Mr Weasley.

- Mais...

- Pas de « mais » Molly, laisse-la et viens donc prendre un thé au salon.

Il lança un regard lourd de sens à sa femme, qui se leva finalement, puis adressa une œillade discrète à Hermione en murmurant un « désolé ».

Cette dernière lui fit signe qu'il n'y avait pas de mal mais fut tout de même soulagée de se retrouver seule face à son assiette. Il allait vraiment falloir qu'elle se trouve rapidement un « chez elle ». Elle ne supportait plus que Molly l'observe comme si elle allait exploser en sanglots déchirants à chaque seconde. Surtout, elle n'en pouvait plus que tout le monde la regarde avec pitié.

Elle avala une bouchée et se servit un verre d'eau.

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Tout le monde ? Non finalement. Il y avait une seule personne qui ne la regardait pas avec pitié. Malefoy. Jamais il n'avait fait part d'une quelconque retenue à son égard. Cependant, bien que les propos du Serpentard l'énervassent au plus haut point, elle se rendit compte que cela lui apportait, paradoxalement, un certain réconfort.

Elle était réconfortée de ne pas être traitée, à chaque instant, comme un être faible. Elle se sentait soulagée parce que cela signifiait qu'il y avait une chance pour qu'elle ne soit pas contrainte de supporter la tristesse de sa condition pendant toute sa vie. Peut-être finirait-elle par dépasser ce stade et pourrait redevenir elle, une jeune femme brillante qui pourrait mettre ses capacités au service de la société sorcière bien mieux qu'en étant juste employée au Service de détournement de l'artisanat moldu. Non qu'elle répudiât son emploi mais elle se sentait capable de mieux.

Étrangement, elle devait cette remobilisation aux paroles blessantes et au manque de retenue qu'exerçait Malefoy.

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Elle était persuadée que ses prises de bec avec le jeune homme lui permettaient uniquement de conserver, d'une certaine façon, Rose et Ron en vie. Quand elle le voyait c'était à eux qu'elle pensait. Néanmoins, elle ne se serait jamais doutée que cela lui permettait également de se réaffirmer en tant que femme. D'ailleurs, elle n'avait jamais été aussi virulente qu'au cours de ces derniers jours.

Elle n'aimait pas véritablement la personne qu'elle était devenue. Aigrie, colérique, à fleur de peau. Toutefois, elle peinait grandement à se rattacher à la personne qu'elle était avant. Lorsqu'elle avait essayé, lorsqu'elle avait voulu faire des excuses à Malefoy, elle s'était rapidement agacée devant le manque d'implication du Serpentard et ses bonnes résolutions avaient volé en éclat.

Elle se sentait beaucoup plus sombre et taciturne et cela se reflétait largement sur son physique. Elle avait minci et ne mettait plus que des vêtements noirs. Même sa garde-robe avait subi un relooking. Elle portait des choses beaucoup plus près du corps et laissait entrevoir beaucoup plus de peau qu'à l'accoutumée.

Jamais elle ne s'était habillée de la sorte. A la suite des enterrements, lorsqu'elle avait été contrainte de faire du tri dans les affaires de Ron et de Rose, Hermione avait également jeté toutes ses tenues. Ces dernières étaient beaucoup trop colorées et guillerettes comparativement à son humeur. Elle avait donc dû se recréer une garde-robe et n'avait acheté que du noir.

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Alors qu'elle déposait son assiette dans l'évier, Hermione tourna la tête et rencontra son reflet dans un petit miroir qui était accroché au mur.

La Gryffondor se dévisagea. Même son visage avait changé. Ses cheveux étaient coiffés, elle portait du maquillage et ses traits, ainsi que ses yeux, n'avaient jamais semblé aussi sévères.

Elle recula prestement comme si elle s'était électrocutée. Elle ne se reconnaissait plus du tout. Elle avait tellement changé ses six derniers mois.

Usuellement, lorsque les personnes sont en deuil, elles cessent de prendre soin d'elle. L'effet inverse s'était produit chez Hermione : elle n'avait jamais paru aussi soignée et apprêtée.

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Bouleversée, elle monta prestement l'escalier de bois et s'enferma dans la salle de bain. Elle se décida à utiliser la baignoire. Un bon bain ne pourrait lui faire que du bien.

Plongée dans l'eau chaude, elle approcha un miroir de poche de son visage. C'était la première fois qu'elle prenait vraiment le temps de se regarder.

Elle semblait plus sûre d'elle-même et surtout beaucoup plus mature. Comme si son visage, auparavant figé dans l'adolescence, avait pris subitement une dizaine d'années.

Elle ne savait pas vraiment si elle aimait ce reflet. Elle n'avait plus rien à voir avec la jeune fille qu'elle était à Poudlard, ça, c'était certain. Après tout, depuis, elle avait dû affronter beaucoup d'épreuves et surtout être confrontée à la mort de nombreuses fois.

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Elle reposa le miroir par terre et songea à Malefoy. Lui aussi avait changé. Bien qu'elle n'y eût pas prêté une grande attention, force était de constater que son physique n'avait rien à envier aux mannequins que l'on pouvait voir sur la couverture de Sorcière Hebdo.

Il avait grandi et s'était surtout beaucoup étoffé, sans toutefois ressembler à une armoire à glace. Son visage avait aussi perdu ses traits juvéniles et lui donnait un air encore plus mystérieux et menaçant. Seuls ses cheveux étaient identiques. Toujours aussi blonds, ils étaient courts sauf quelques mèches qui tombaient négligemment juste au-dessus de son arcade sourcilière.

Cependant, ce qui avait le plus retenu l'attention d'Hermione était son regard. Autrefois moqueurs et arrogant, il était aujourd'hui glacial et morne. Elle ne pouvait, d'ailleurs, pas s'empêcher de frissonner lorsqu'il la regardait dans les yeux.

Il y avait également étrange comportement. Notamment le fait, qu'apparemment, la seule personne qui puisse lui faire entendre raison était son fils. Jamais Hermione n'aurait pu imaginer Malefoy avec un enfant. Il ne semblait pas du tout paternel et, après réflexion, il ne l'était sûrement pas. Pourtant, il paraissait aimer profondément son fils. C'était d'ailleurs ce qui avait mis Hermione le plus mal à l'aise.

D'accord, elle s'était dit qu'elle ne croirait pas Malefoy quand il affirmait être innocent. Après y avoir réfléchi plus longuement, il lui semblait maintenant indéniable que le Serpentard ferait tout pour éviter que son fils ne se retrouve confronté à la mort et aux partisans de Voldemort.

Toutefois, cela ne signifiait pas que lui-même n'y avait pas participé d'une quelconque façon. Il aurait très bien pu éloigner l'enfant mais continuer à faire passer des informations, ou autre chose.

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Ce fut donc l'esprit emplit de doute qu'Hermione se coucha et trouva finalement le sommeil. Un sommeil peuplé de cauchemars, une nouvelle fois.

OoOoOoO

En se réveillant, ce samedi matin, Drago soupira. Il avait, enfin, passé une nuit convenable. La veille, il s'était décidé à prendre une potion pour dormir et ne regrettait pas son choix. Bien sûr, c'était un peu rabaissant de s'en remettre à une potion pour pouvoir réchapper à ses nuits hantées mais il n'avait pas vraiment pu faire autrement.

Il entra donc dans la cuisine de relativement bonne humeur.

- Salut Papa, lança Scorpius, déjà attablé devant son petit déjeuner.

- Salut.

}{

Le gamin était plutôt satisfait. Son père semblait dans de meilleures dispositions que la veille et il pourrait donc lui demander d'aller sur le Chemin de Traverse sans risquer de se faire enguirlander.

Il attendit que Drago prenne place et commence son petit déjeuner avant de reprendre :

- Euh Papa ? Tu sais, on est samedi aujourd'hui...

- Oui je sais.

}{

Drago voyait très bien où son fils voulait en venir mais il attendit patiemment que le gamin lui demande. Il était important qu'il prenne de l'assurance et ce n'était certainement pas en se fourrant, toute la journée, le nez dans les bouquins que cela se produirait.

- Bah... Tu sais, tu m'avais dit qu'on pourrait peut-être aller acheter mes fournitures scolaires ce week-end.

- C'est ce que j'ai dit, en effet.

- Et, tu veux toujours ? demanda-t-il d'une toute petite voix.

Drago laissa planer le doute quelques secondes, puis, devant l'air peiné du gamin, accepta.

- GÉNIAL ! Tu es le meilleur papa du monde ! brailla Scorpius, survolté.

- Si tu le dis...

- Je monte tout de suite me préparer ! Tu as entendu, Micky ? Je vais aller acheter mes fournitures ! s'exclama-t-il à l'adresse de l'elfe de maison, affairée à nettoyer le réfrigérateur dans un coin de la cuisine.

- Oui, petit maître Scorpius, Micky a entendu. Micky est très contente pour le petit maître Scorpius. Elle espère qu'il trouvera tout ce dont il a besoin sur le Chemin de Traverse, couina l'elfe avec un sourire.

Elle donnait l'impression d'être vraiment ravie pour le gamin ce qui dépassa Drago. Il semblait qu'un réel lien s'était créé entre eux.

Il finit son repas en silence puis monta se préparer rapidement. Mieux valait faire vite ou Scorpius allait le rendre fou tellement il débordait d'enthousiasme. Surtout qu'avant de se rendre sur le Chemin de Traverse, il devait faire une halte au ministère afin de rendre un dossier.

OoOoOoO

Hermione venait de refermer la porte du bureau de Mrs Marsh. Perkins lui avait demandé de lui transmettre son rapport afin qu'elle fasse le nécessaire pour condamner la bande de sorciers qui avait vendu des objets dangereux à des moldus. La Gryffondor était de très bonne humeur ce jour-là. Elle avait tout d'abord été réticente à se rendre dans le Service Administratif du Magenmagot, craignant de croiser Malefoy, mais il ne semblait pas travailler ce samedi ce qui était parfait. Après tout, elle aurait dû se douter que ce n'était pas son genre de faire des heures supplémentaires.

Toutefois, son répit ne fut que de courte durée puisqu'en rebroussant chemin, elle tomba nez à nez avec l'objet de ses pensées.

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- Tu fais des heures supplémentaires, Granger ? rallia-t-il.

- Oui, ça te dérange peut-être ? s'exaspéra la Gryffondor.

- Non je m'en contrefous complètement.

- Parfait, donc tu vas me laisser tranquille et poursuivre ton chemin bien gentiment dans ce cas.

Bien évidemment, il en fut autrement.

- Quelle mauvaise humeur Granger !

- Je t'emmerde Malefoy !

- ...

- ...

- Passons, j'aimerais te réinviter à boire un verre avec moi ce soir, lança le Serpentard sur le ton de la conversation.

Merlin c'était un cauchemar ! Il se foutait vraiment de sa gueule. En plus, il devait parfaitement savoir qu'elle allait refuser alors pourquoi posait-il la question ?

« Peut-être qu'il pense justement que tu es trop sage pour dire oui », lui souffla une petite voix.

Malefoy l'invitait-il simplement pour la mettre mal à l'aise ? Ça ne faisait aucun doute.

Toutefois, Hermione n'avait aucunement l'intention de se laisser faire par cette fouine imbue d'elle-même. Elle allait le prendre à son propre jeu et on verrait bien lequel se retrouverait comme un idiot après.

- Ok, dix-neuf heures, on se rejoint sur l'aire de transplanage et je te laisse choisir l'endroit. J'ai autre chose à penser.

Ce fut sur ces belles paroles qu'elle lui lança un regard condescendant avant de tourner les talons.

}{

Malefoy en resta coi. Cette foutue Gryffondor venait de le souffler. Elle avait accepté et maintenant il ne pouvait plus reculer. Il allait vraiment devoir l'inviter à boire un verre pour garder la face devant elle.

« Comme si ça te dérangeait » murmura une voix sournoise dans son esprit.

C'était vrai qu'il se délecterait très certainement du moment. Granger serait sûrement dans ses petits souliers, se maudissant d'avoir accepté, et il pourrait l'emmerder comme lui seul savait le faire.

OoOoOoO

Il était midi et Hermione venait de terminer sa journée puisqu'elle avait décidé de faire des heures supplémentaires, le samedi matin, afin de gagner un peu plus d'argent. Elle se dirigea ensuite vers le réfectoire où elle se retrouva seule. Ginny et Harry prenaient tous leurs week-ends afin de préparer la chambre de l'enfant qui allait arriver, Mr Weasley ne travaillait pas et Perkins était parti faire une perquisition.

Elle ne tenta même pas de songer à ce qui allait se passer ce soir-là. Elle avait été idiote d'avoir voulu prouver à Malefoy qu'elle pouvait lui tenir tête et elle le paierait sûrement. Il n'allait certainement pas se gêner pour lui faire moult remarques désobligeantes et lui asséner des insultes en tout genre.

En attendant, Hermione avait son après-midi de libre et était bien décidée à en profiter pour se renseigner sur les logements proposés à la location.

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Elle passa près de trois heures dans l'agence immobilière sorcière qui se trouvait sur le Chemin de Traverse et finit par ressortir bredouille. Aucun appartement n'était à louer dans son budget et ses critères. Le seul bien que lui avait proposé la sorcière qui s'occupait de l'agence avait été un minuscule appartement dans l'allée des Embrumes où il n'y avait même pas de salle de bain.

Hermione soupira de lassitude et transplana.

Il lui restait encore trois heures avant de se rendre à son rendez-vous – ce terme la fit frissonner de dégoût – avec Malefoy mais elle ne savait pas quoi faire.

Elle essaya de se plonger dans un livre mais n'y parvint pas. Elle était vraiment angoissée pour sa soirée, ne sachant pas à quel point Malefoy se comporterait mal. Elle aurait très bien pu lui envoyer un hibou pour lui dire que, finalement, elle ne viendrait pas, mais elle n'avait pas envie de perdre la face et qu'il la charrie avec ça pendant les prochaines années.

Alors qu'elle tournait en rond dans la chambre, ne sachant que faire, ses yeux se posèrent soudainement sur le petit manuel de sortilèges qu'elle avait acheté.

« Parfait » pensa-t-elle. Rien de mieux que pratiquer quelques sorts pour se changer les idées.

Elle fit apparaître un mannequin comme il y en avait dans la Salle sur Demande lors des réunions de l'A.D puis ouvrit le livre.

Elle passa l'heure suivante à jeter toute sorte de sortilèges plus ou moins complexes sur le mannequin ainsi qu'autour d'elle, lorsqu'il ne s'agissait pas d'enchantements de défense ou bien d'attaque.

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Éreintée et le corps en nage, la jeune femme se dirigea ensuite vers la salle de bain. Il lui restait encore deux heures devant elle et Hermione prit donc son temps. Cela lui permit, par la même occasion, de prendre soin d'elle, ce qu'elle n'avait pas vraiment eu le temps de faire au cours de la semaine entre son travail et les réunions du Conseil d'Administration. Elle fila sous la douche, s'épila, passa sur sa peau un onguent qui embauma toute la pièce et se lava les cheveux. Elle jeta un sort sur ses derniers afin qu'ils se sèchent tout seuls et qu'ils ne ressemblent pas à une perruque qu'elle aurait pu emprunter sur un déguisement d'épouvantail.

Toutefois, elle ne les releva pas. Elle n'allait pas, non plus, se coiffer pour Malefoy !

Elle se brossa les dents, se maquilla légèrement puis retourna dans sa chambre pour trouver de quoi s'habiller.

Assise sur le lit, elle hésitait. Fallait-il jouer la petite fille sage ou plutôt montrer à Malefoy qu'elle était dorénavant une adulte et qu'il ne pouvait plus la mener comme bon lui semblait par le bout de la baguette.

Indécise, elle finit par opter pour un mélange des deux : une robe noire simple à bretelle mais assez près du corps et un gilet – noir également – qu'elle laissa ouvert mais qui lui permettait de cacher ses épaules et un peu sa poitrine.

Le même dilemme se posa devant son placard à chaussure. Saisissant une paire d'escarpins pas trop hauts – qui lui permettraient de sortir rapidement si jamais Malefoy l'emmenait dans un endroit mal famé – elle se dit que, de toute façon, cette soirée ne méritait pas qu'elle fasse tant d'efforts.

Après tout, ils allaient s'agacer mutuellement si vite qu'ils n'auraient, certainement, même pas le temps de commander.

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Elle consulta son réveille moldu : 18H45.

Il était temps de partir. Une boule d'angoisse se forma dans son estomac alors qu'elle se tenait sur le palier.

« Tu ne vas pas te laisser impressionner par une fouine débile » se sermonna-t-elle. « En plus, peut-être qu'il ne viendra pas » susurra une petite voix.

Cette pensée la fit se sentir mieux et elle descendit les marches.

Bien sûr, elle allait devoir expliquer aux Weasley la raison pour laquelle elle ne serait pas là à l'heure du repas. Mais Molly Weasley la devança.

- Hermione, ma chérie, tu es vraiment très belle !

- Merci Molly, je... sors avec une amie. Cho Chang, une ancienne camarade de Poudlard, s'empressa-t-elle d'ajouter.

- Je suis ravie que tu sortes voir du monde ma chérie. Je te laisserai ton repas dans la cuisine.

- Merci Molly, répéta Hermione.

Elle sortit prestement de l'étouffante cuisine et transplana.

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Elle arriva sur l'aire de transplanage du ministère avec cinq minutes d'avance. La soirée était relativement fraîche ce jour-là et elle se félicita d'avoir apporté un gilet. Elle patienta quelques minutes, debout dans l'étroite allée où les sorciers du monde entiers transitaient.

Malefoy arriva à dix-neuf heures pile.

Cela agaça prodigieusement Hermione. Décidément, la soirée allait être longue.

Le jeune homme s'avança vers la Gryffondor d'un pas déterminé. Il se stoppa à quelques mètres et posa les yeux sur elle. Hermione s'empourpra immédiatement. Il était là et la détaillait ouvertement d'un œil, qu'elle qualifierait d'appréciateur.

Non mais il n'avait vraiment pas de manières, ce mec ! Il la prenait pour quoi ? Une pièce de viande ?!

- C'est bon, Malefoy, je suis assez présentable à ton goût ? demanda-t-elle ironiquement.

- Franchement, ouais.

Hermione arqua un sourcil mais ne pipa mot. Il était vraiment bipolaire.

Elle s'était attendu à toute sorte de critiques mais, non, apparemment Mr Malefoy venait de lui faire un pseudo compliment.

- Tu es vraiment lunatique quand même, fit elle remarquer, incapable de se retenir.

- Si tu le dis.

- Ouais.

- OK !

Ça partait mal. Malefoy avait déjà l'air prêt à lui hurler dessus.

Reprenant son calme aussi bien qu'elle le put, Hermione finit par demander :

- Bon, on va où ?

- Tu verras, répondit-il un peu sèchement.

Il lui tendit son bras pour pouvoir transplaner mais Hermione hésita. Et s'il s'agissait d'un piège. Malefoy sembla remarquer son appréhension car il éclata de rire.

- Non mais franchement, Granger, tu crois que je me serais donner ce mal, fit-il en se désignant lui-même de la main, si c'était pour te piéger ?

La Gryffondor ne comprit pas immédiatement ce qu'il avait voulu dire. Son regard se posa toutefois sur Malefoy et elle le regarda vraiment.

Elle ne put s'empêcher de noter qu'il était particulièrement séduisant. Il portait – bien évidemment – un costume noir mais celui-ci lui seyait tellement bien qu'il avait dû être fait sur mesure. Il mettait en valeur ses longues jambes fines et son buste musculeux. Ses cheveux étaient coiffés-décoiffés et donnaient à l'ensemble une touche de mystère.

Merlin ! Malefoy savait se mettre à son avantage.

Et, en effet, il ne semblait pas vraiment apprêté pour faire quoique ce soit d'autre que d'aller à un rendez-vous.

Hermione n'aurait jamais imaginé que Malefoy prendrait tout ça au sérieux, mais apparemment si. Elle allait donc devoir continuer à jouer la comédie pendant encore un certain temps.

}{

Drago attendait patiemment que Granger daigne lui prendre le bras pour transplaner. Il avait clairement vu qu'il lui avait fait de l'effet. Elle ne s'était pas cachée pour le mater et il s'en sentait flatté. D'ailleurs, lui non plus ne s'était pas gêné. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle soit si... bien vêtue. En fait, il ne s'était même pas attendu à ce qu'elle vienne. Néanmoins, puisqu'ils étaient là tous les deux et bien habillés, pourquoi ne pas essayer de passer une bonne soirée.

Après tout, il n'avait toujours pas réussi à la convaincre de le pardonner et Scorpius tenait vraiment à ce qu'il y parvienne. En plus, il pourrait avancer dans sa mission « coucher avec Granger ». Ce qui était carrément devenu une obsession, quand, la veille avant de s'endormir il l'avait encore imaginée à ses cotées en tenue d'Eve.

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- Tu te décides, Granger ?! On ne va pas dormir là, la sermonna-t-il une nouvelle fois d'une voix moqueuse.

Elle ne répondit rien mais s'avança vers lui. Il lui présenta, de nouveau, son bras. Elle le saisit et ils transplanèrent.

Ils étaient maintenant devant un bar du Chemin de Traverse que Drago appréciait tout particulièrement. Il n'était pas très fréquenté ce qui était parfait pour leur « rendez-vous ». Il ne tenait pas particulièrement à être vu avec une née-moldue en public, d'autant plus s'il s'agissait de Granger.

Il fit un signe de tête au patron qui s'empressa de s'approcher d'eux.

- Mr Malefoy ! Quel plaisir de vous revoir ! le salua-t-il d'une voix doucereuse.

- Barney, salua Malefoy.

- Même place que d'habitude, Monsieur ?

- Oui.

- Parfait. Suivez-moi je vous prie.

Le barman prit les devants et marcha vers un escalier. Ils montèrent jusqu'au premier étage et traversèrent une grande salle vide. Barney les mena jusqu'à une petite table ronde près d'une large ouverture qui donnait directement sur l'extérieur.

On pouvait y voir les derniers acheteurs se presser sur le Chemin de Traverse tandis que d'autres flânaient simplement en admirant les vitrines.

- Je reviens prendre votre commande dans cinq minutes ?

Drago hocha la tête et le barman repartit. Non sans avoir, auparavant, reluquer Granger, ce qui ne plut que très moyennement au Serpentard qui sentit un pic d'agacement s'insinuer en lui.

Granger, elle, le regardait étrangement, comme si elle essayait de déterminer si c'était bien lui qu'elle avait sous les yeux. Agacé d'être analysé, il lui fit signe de s'asseoir.

}{

Hermione n'en revenait pas. Ils allaient avoir un « vrai » rendez-vous, comme deux personnes normalement constituées. En plus, Malefoy l'avait conduite dans un endroit vraiment sympa. Il ne semblait pas y avoir beaucoup de monde mais l'ambiance était tout de même accueillante. Tout le mobilier et la décoration était un savant mélange entre moderne et ancien ce qui donnait à l'endroit une note distinguée et originale. Après tout, pour que Malefoy y mette les pieds, il fallait bien que cela ait un certain standing !

Elle se demandait bien pourquoi il l'avait invitée dans un endroit aussi beau. Le plus surprenant était qu'il semblait être un habitué des lieux. Hermione se demandait bien avec qui il venait prendre des verres dans cet endroit qui semblait si intimiste.

Elle s'approcha du mur complètement ouvert sur l'extérieur et passa la tête par-dessus la balustrade de fer forgé. Le vent frais du soir vint jouer dans ses cheveux et elle frissonna. Resserrant son gilet sur ses épaules, elle se retourna vers le patron de l'établissement qui parlait à Malefoy.

Celui-ci les quitta peu après.

Elle posa donc son regard sur le blond. Elle n'en revenait tout simplement pas de se trouver dans un si bel établissement avec lui. Elle ne concevait pas comment le Serpentard qu'elle connaissait aurait pu apprécier un endroit pareil. Elle s'était toujours figurée qu'il ne sortait que dans des lieux très classieux où richesse et luxe étaient les maîtres mots. Était-il possible qu'il ait changé à ce point ?

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Elle se rendit compte qu'elle le fixait déjà depuis quelques longues secondes sans bouger ni parler quand celui-ci détourna le regard et l'invita à s'asseoir.

Il fallait qu'elle fasse attention, elle était là pour le mettre mal à l'aise et pas le contraire. Si elle ne le lâchait pas des yeux et qu'il se rendait compte qu'elle s'interrogeait à son sujet ce serait lui qui en profiterait pour la mettre dans l'embarra.

- Tu viens souvent ici ? demanda-t-elle pour briser la glace.

- Ça m'arrive.

Il s'était assis à son tour mais de façon si raide qu'il semblait prêt à bondir de sa chaise à chaque instant.

- Et tu viens avec qui ?

Merlin ! Pourquoi est-ce qu'elle avait posé cette question ? Elle voulait simplement faire la conversation mais il allait forcément y voir des sous-entendus étranges et il se renfermerait comme une huître.

- Ça ne te regarde pas, répliqua-t-il sèchement.

« Et voilà ! » songea la jeune femme en soupirant.

Elle préféra reporter son attention sur les personnes qui se baladaient sous ses yeux. Il valait mieux attendre que Malefoy parle.

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- Je viens souvent avec Blaise et Parkinson, ce sont les seuls que je vois régulièrement depuis Poudlard.

- Ah ...

Hermione ne savait pas si elle devait se réjouir pour lui d'avoir gardé contact avec eux ou mettre en évidence l'amoindrissement certain de son entourage par rapport à Poudlard où il s'était toujours pavané, une horde de Serpentard à ses pieds.

Elle préféra ne rien répondre.

Ils restèrent quelques minutes sans parler jusqu'à ce que Barney vienne chercher leur commande.

- Un Whisky Pur Feu pour moi, indiqua Malefoy avant de reporter son attention sur Hermione.

- Euh... la même chose, s'il-vous-plaît.

Elle ne savait pas du tout ce qu'elle voulait boire. A vrai dire, elle n'était pas du tout fan de l'alcool mais elle ne se voyait pas commander un jus de citrouille devant Malefoy. N'y connaissant rien du tout en boisson elle avait préféré commander la même chose que lui. Après tout, s'il en buvait, pourquoi pas elle. Il sembla toutefois remarquer son trouble puisqu'il lui demanda :

- Toi, tu bois du Pur Feu, Granger ?

Son ton moqueur ne plut pas du tout à la jeune femme.

- Tu me prends pour qui, Malefoy ? Tu crois que je suis toujours la petite collégienne que tu martyrisais à Poudlard ?

- Je ne sais pas... Après tout, tu penses toujours que je suis le petit con prétentieux qui te martyrisait.

Hermione faillit s'étouffer. Malefoy venait de se traiter lui-même de « petit con prétentieux » et en plus ça le faisait sourire.

- Tu as peut-être changé après tout.

- Merci de le reconnaître, Granger !

- Mais je pense toujours que tu as quelque chose à voir avec tu-sais-quoi, cingla-t-elle en le regardant droit dans les yeux.

Elle n'avait pas pu formuler plus clairement sa pensée, ne voulant pas se remémorer sa famille et se mettre à pleurer à l'instant précis où elle devait garder la tête haute.

Le Serpentard ferma les yeux quelques secondes. Hermione était surprise. Il semblait réellement las.

- J'avais bien dit à Scorp' que ce serait difficile, lâcha-t-il dans un souffle.

- Quoi ?

- Mon fils espérait que tu me pardonnes pour ce que je t'ai dit l'autre fois.

- Et quel est le rapport avec le fait que je te pense coupable ?

- Je ne pourrais jamais t'empêcher de croire que j'ai fait quelque chose, mais je peux quand même essayer de me faire pardonner pour l'autre jour. J'ai promis, tu comprends ? Sauf que si tu penses toujours que je suis complice du meurtre de toute ta famille, cela risque d'être plus compliqué.

Hermione tiqua mais ne fit pas de commentaire.

- Tu as promis ?

- Ouais...

Il eut un petit rire sans joie.

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Barney revint avec leurs boissons. Il déposa le tout et repartit sans un bruit. Malefoy leva son verre.

- À ta santé Granger.

Et il but une longue gorgée.

Hermione se sentit donc obligée de l'imiter. Elle porta le verre à ses lèvres et but une petite gorgée du liquide ambré.

Il lui brûla tellement la gorge qu'elle se mit à tousser bruyamment.

- C'est pas vrai, Granger, ne me dis pas que tu n'as jamais bu de Pur Feu à trente ans ? s'esclaffa le Serpentard.

Pour toute réponse, elle lui envoya un regard glacial et reprit difficilement son souffle.

- Bon, Granger tu me pardonnes ?

Merlin qu'il était agaçant. Il n'en avait donc jamais marre de demander tout le temps la même chose ?

- Tu sais que t'es vraiment super chiant Malefoy.

- Merci du compliment, Granger, mais si tu pouvais répondre « oui » ça m'arrangerait et je n'aurais pas à me faire sermonner par mon fils.

- Tu n'auras qu'à lui dire que je t'ai pardonné. Et puis je te vois difficilement recevoir un quelconque sermon de la part de qui que ce soit.

- Détrompe-toi. Scorpius était d'ailleurs furieux quand je lui ai rapporté toutes les méchancetés que je t'ai dite.

« Scorpius, franchement ce nom est affreux » pensa la Gryffondor, « pauvre gamin ».

- Au moins ça prouve qu'il a eu une éducation... Ce qui ne semble pas être ton cas, Malefoy. Je suppose donc qu'il n'a rien prit de toi.

Il sembla se perdre quelques secondes dans ses pensées. Hermione craint qu'il ne se soit braqué et qu'il lui hurle dessus ou pire, se remette à lui faire toute sorte de confidences, mais non.

- Non, il ne me ressemble pas, ni à Astoria d'ailleurs. Merlin merci !

Hermione ne savait pas trop ce qu'elle devait répondre à ça. Elle se contenta donc de retremper ses lèvres dans le breuvage qui était devant d'elle. S'ils allaient avoir une conversation normale entre personnes civilisées, il valait mieux qu'elle s'enivre. Peut-être que cela paraîtrait plus naturel après.

- Tu sais qu'il reste tout le temps plongé dans les bouquins ?

- Qu... Quoi ?

Il avait parlé alors qu'elle avalait une autre gorgée et la surprise la fit tousser de plus belle.

- Franchement, Granger, tu es ridicule.

- Ta gueule.

Elle le vit lever les yeux au ciel avant de se resservir une gorgée d'alcool. Il paraissait avoir l'habitude de boire.

- Il doit être impatient d'aller acheter ses fournitures pour Poudlard alors, reprit-elle plus doucement.

Parler du fils de Malefoy lui rappelait qu'elle-même ne pourrait jamais emmener sa fille faire ses emplettes de début d'année. Sentant les larmes lui monter aux yeux elle chassa rapidement cette pensée.

- Nous y sommes allés cet après-midi, dit Malefoy en fermant les paupières comme s'il se remémorait un moment particulièrement pénible.

- Déjà ?

Hermione s'étonna que le Serpentard prenne son rôle de père autant à cœur. Elle avait plutôt pensé qu'il enverrait un elfe de maison acheter tout seul les affaires de l'enfant.

- Pas eu vraiment le choix, articula-t-il entre deux gorgées.

- Il devait être ravi que tu l'accompagnes.

- Sûrement. Enfin, quand on est rentré il est directement monté dans sa chambre et s'est jeté sur les bouquins. Non mais franchement... Comme si cela ne pouvait pas attendre ?!

Hermione qui se reconnaissait parfaitement dans le comportement du gamin lâcha un petit rire.

- Quoi ?! cingla Malefoy.

- Rien, rien.

Elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer la tête que ferait Malefoy si jamais son « précieux Scorpius » finissait à Serdaigle ou pire... Poufsouffle.

Elle se remit à pouffer comme une idiote.

- Ok, Granger, je crois que tu vas arrêter l'alcool maintenant, fit Malefoy en la dévisageant longuement.

Joignant le geste à la parole, le Serpentard se saisit de son verre et le ramena vers son propre coin de table. Hermione le regarda avec défi mais ne tenta pas de récupérer la boisson.

- Malefoy ?

- Quoi ?

- Pour lundi, tu sais où on doit se retrouver pour aller à Poudlard ?

- C'est possible.

- Dis-moi.

- Il fallait venir à la réunion, Granger...

- Connard !

- Ce que tu peux être susceptible Granger.

- Oh et c'est toi qui dis ça ?! Tu as carrément inventé le mot ; Malefoy !

Le blond soupira, visiblement contrarié.

- Tu vois ? continua Hermione pour prouver ses dires.

- Dix-neuf heures sur l'aire de transplanage.

- Merci Malefoy, tu vois que tu peux être aimable. Parfois.

- Il n'y a que toi qui en doutais, Granger, cracha le Serpentard.

}{

La Gryffondor avait vraiment le chic pour l'énerver. Même quand il prenait sur lui pour ne pas se laisser aller à ses penchants colériques, elle revenait à la charge.

Maudite Granger !

En plus, elle était à moitié éméchée alors qu'elle n'avait bu que quelques gorgées. Sur ça, elle n'avait pas changé, c'était toujours une gamine.

Toutefois, rien dans son allure ne faisait allusion à de quelconques enfantillages. Elle était assise bien droite sur sa chaise et le fixait de ses grands yeux noisette. Sa robe lui allait à la perfection et le noir la mettait terriblement en valeur. Encore une fois, Drago ne put s'empêcher de l'imaginer sans et cela réveilla brusquement une certaine partie de son anatomie qu'il aurait préféré conserver endormie.

Il perdit son regard sur l'extérieur et essaya d'effacer l'image de Granger nue dans son lit et les chatouillements de son bas-ventre.

Cependant, son attention se reporta rapidement sur l'objet de ses convoitises quand il la vit frissonner violemment. Il était vrai qu'il ne faisait pas chaud ce soir-là et qu'elle n'avait qu'un léger gilet sur les épaules.

Ne sachant comment, il se retrouva debout à retirer sa propre veste qu'il approcha de Granger. Cette dernière semblait tétanisée et le regardait sans comprendre. Il déposa doucement le vêtement en faisant bien attention de ne pas la toucher. Si leur peau entrait en contact et que la brûlure si caractéristique se faisait ressentir, il ne savait pas comment il allait réagir.

Il retourna s'asseoir et tenta d'échapper à son regard. Il voyait bien qu'elle ne comprenait pas pourquoi il avait fait ça. Comme lui non plus, il espérait qu'elle ne lui poserait pas la question.

Il se rendit subitement compte de ce qu'il venait de faire et il se sentit mal. Il n'arrivait plus à se contrôler, il fallait qu'il rentre chez lui et vite.

- Je pense que je vais rentrer, lâcha-t-il sans autre préambule.

Elle semblait un peu surprise mais ne fit aucun commentaire.

- Ok.

Ils se levèrent et elle passa devant lui pour redescendre. Dans l'étroit escalier, Drago fut désarçonné une nouvelle fois. Merlin qu'il avait envie de toucher ses cheveux qui diffusaient une odeur d'été mélangée à son parfum aux notes sucrées.

Heureusement, ils se retrouvèrent vite en bas et il put repasser devant elle. Il paya leurs consommations et sortit dans la rue.

- Bon bah, à lundi Granger.

- Attends, Malefoy, l'interpella-t-elle en commençant à enlever sa veste afin de la lui rendre.

- Tu peux la garder. De toute façon, tu as mis tes microbes de Née-Moldue dessus.

Elle ne répondit rien mais le regarda étrangement. Il l'avait appelée « Née-Moldue » et non « Sang de Bourbe ». Il n'avait pas vraiment réfléchi à ce qu'il disait. Tout ce qu'il savait c'était qu'il ne voulait pas récupérer sa veste où elle avait déposé son odeur. Il ne valait mieux pas qu'il rapporte son odeur chez lui ou cela allait mal finir.

Le reste de la phrase ne sembla, toutefois, pas la choquer outre mesure. Elle était habituée à ce qu'il l'insulte.

Il attendit qu'elle transplane, ce qu'elle fit quelques secondes plus tard, mais seulement après avoir lancé un « bonne nuit Malefoy » d'une toute petite voix.

Elle était déjà partie et Drago n'eut donc pas à lui répondre. C'était tant mieux puisqu'il aurait été bien incapable de dire quoi que ce soit. Tout simplement parce qu'il était Drago Malefoy et qu'il ne souhaitait pas « bonne nuit ».

.

Il rentra donc chez lui et monta directement dans sa chambre. Il n'avait pas faim. Ou plutôt si, mais de Granger.

Cette pensée le mit très mal à l'aise et il se coucha, en ayant bu, au préalable, une nouvelle fiole de potion de sommeil.


Et voilà pour ce chapitre... et pour le léger rapprochement entre Hermione et Drago au cours de leur « soirée de trêve ». Bon, c'est surtout lui qui se rapproche… Mais Hermione ne l'a pas repoussé ce qui peut tout de même être considéré comme un exploit venant d'elle ! ^^

J'espère que ce chapitre vous aura plu. N'hésitez pas à me laisser vos impressions :) ! (J'attends toujours de faire la connaissance de tous les lecteurs fantômes qui suivent cette fic' depuis le début mais n'ont jamais reviewé…)

Et comme je suis TROOOOP gentille et que vous êtes tous TROOOOP gentils (même ceux qui ne reviewent pas) je veux bien vous faire un petit spoil : nos Dramione retournent à Poudlard au prochain chapitre ;).

Voilà ! Kisses à vous !

Chalusse

PS : N'étant pas certaine d'être en mesure de poster le nouveau chapitre dimanche soir, je vous préviens qu'il ne sera peut-être publié que lundi… Je suis désolée. Mais, promis, je vais tout faire pour vous le proposer dimanche :).