Bonjour à tou(te)s !
Je remercie tout d'abord mes super revieweuses ainsi que les lecteurs qui ont fait des ajouts en favoris/alertes. Vous avez été bien plus nombreux que d'habitude alors merci beaucoup, ça me fait vraiment très plaisir ! :)
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RàR anonyme :
Anonyme : Je te remercie mille fois pour ces magnifiques compliments ! Ça me touche beaucoup alors j'espère que tu continueras à apprécier ma fic' ! :) Par ailleurs, sache qu'il n'y a aucune inquiétude à avoir : je la publierai dans son entièreté.
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Voilà ! Alors, sans plus tarder... voici le chapitre. Chapitre légèrement plus court que les précédents (9 pages Word). J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop mais, ne vous inquiétez pas, les prochains seront plus longs ! :)
Bonne lecture à vous et à tout à l'heure pour le blabla final ^^.
Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 10 : La lettre
Hermione fut réveillée par de petits coups stridents donnés contre la fenêtre. Grognant d'avoir été tirée du sommeil d'une si désagréable façon, elle rabattit les couvertures et s'extirpa tant bien que mal du lit. Elle remarqua que de la nourriture était posée sur son bureau, ce qui la surprit quelque peu. Préférant se focaliser sur l'affreux bruit qui retentissait pour la seconde fois, la jeune femme s'approcha plutôt de la fenêtre et l'ouvrit. Un hibou Grand-Duc s'engouffra alors dans la pièce, lâcha la lettre qu'il tenait dans son bec sur le lit et repartit sans demander son reste.
Tout c'était passé bien trop vite pour l'esprit embrumé d'Hermione. En faisant marche arrière, elle rencontra son reflet dans un miroir.
Elle dut cligner des yeux plusieurs fois afin d'avoir une image nette. Lorsque cela fut fait, elle le regretta immédiatement. L'image que renvoyait le miroir en question était affreuse. Elle avait les yeux rouges et gonflés, ses cheveux ressemblaient à un nid d'oiseau et ses joues étaient marquées de sillons.
Soudain, tout lui revint en mémoire : la dispute avec Malefoy, les mots terriblement blessants du blond, le retour laborieux à la maison, la crise de larmes et les paroles réconfortantes de Mrs Weasley. La présence de cette dernière dans sa chambre la veille au soir expliquait certainement la nourriture déposée sur son bureau.
La jeune femme s'assit au bord du lit et enfouit sa tête dans ses mains. Une douleur lancinante venait de se réveiller dans son crâne et lui donnait l'impression que quelqu'un y enfonçait un clou.
Soudain, elle releva la tête et consulta son réveil.
8h30
« Et merde ! » s'exclama-t-elle.
Elle avait déjà trente minutes de retard et avait, en plus, expressément besoin d'une douche.
Elle bondit donc directement dans la salle de bain en abandonnant la lettre sur le lit. Elle la lirait ultérieurement. Pour l'instant, il fallait qu'elle se dépêche.
Quinze minutes plus, tard elle dévalait les marches de l'étroit escalier du Terrier tout en enfilant sa veste et en essayant, surtout, de ne pas se rompre le cou.
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Elle passa par la cuisine pour prendre un toast et fonça vers le salon. Molly était assise dans un fauteuil, occupée à tricoter. Hermione ne fit pas attention à elle et lui lança seulement :
- Bonjour Molly, pas le temps de parler, je suis déjà vraiment très en retard.
Elle allait attraper une poignée de poudre de cheminette lorsque Mrs Weasley prit la parole.
- Arthur t'a donné ta journée ma chérie, tu peux rester ici.
Hermione, qui était essoufflée d'avoir couru partout dans la maison depuis qu'elle s'était réveillée, se retourna vers elle et se plia légèrement en deux, une main sur la poitrine.
- Qu-quoi ? articula-t-elle en reprenant difficilement son souffle.
- Arthur te donne ta journée, répéta la matriarche.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il pense que tu ne devrais pas te rendre au travail dans cet… état, répondit la sorcière en affichant un sourire bienveillant.
- Ah...
- J'avais pensé que nous aurions pu rendre visite à Ginny toute les deux, à la place. Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vue, elle serait ravie que tu viennes et moi aussi.
- Euh... Oui d'accord. Pourquoi pas.
Hermione était un peu déboussolée mais savait que, de toute façon, elle ne pourrait pas rester toute la journée dans cette maison. Il fallait qu'elle sorte et voir Ginny lui ferait certainement du bien.
- Viens je vais te préparer ton petit déjeuner, l'invita Mrs Weasley.
- Merci Molly.
- De rien ma chérie et, tu sais, je ne t'aurais pas laissée dormir aussi longtemps si tu avais dû te rendre au travail.
Ça, la Gryffondor le savait, mais son esprit était tellement chamboulé qu'il ne lui avait pas permis de réfléchir rationnellement.
Pour une fois, elle dévora tout ce que Molly lui présentait sous les yeux. Elle avait très faim, ce qui était certainement dû au fait que, la veille, elle avait sauté le repas.
Relevant enfin le nez de son assiette, elle rencontra le regard maternel de Molly Weasley. Elle nota toutefois que cette dernière n'avait pas le teint aussi frais que les autres jours. Elle semblait fatiguée et ses yeux étaient, à l'instar des siens, légèrement rouges et gonflés.
Hermione eut immédiatement envie de se gifler. Elle avait fait pleurer Molly, elle en était presque certaine et s'en voulait terriblement. Molly était toujours là pour lui remonter le moral et elle la remerciait pour cela, mais une fois qu'elle quittait sa chambre, la jeune femme ne pensait pas une seule seconde que sa belle-mère puisse, à son tour, craquer.
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Se promettant de ne plus agir aussi égoïstement à l'avenir, la Gryffondor remonta prestement dans sa chambre pour se changer avant d'aller chez Ginny. Elle enfila une tenue plus décontractée et s'apprêtait à redescendre lorsque ses yeux rencontrèrent l'enveloppe déposée par le hibou.
Elle l'attrapa et la retourna. Il n'y avait pas vraiment d'adresse, puisqu'il était inscrit : « Miss Hermione Granger, quelque part en Angleterre ». L'écriture était fine et soignée, l'encre, noire.
Hermione était intriguée. Qui pouvait bien lui envoyer une lettre en ne sachant même pas où elle habitait ? Il était plus ou moins de notoriété publique qu'elle vivait à présent chez les Weasley. Tout au moins, les personnes qu'elle fréquentait le savaient...
Avec une certaine impatience, elle décacheta l'enveloppe et en sortit un parchemin sur lequel la même écriture fine et noire s'étalait longuement.
Elle avisa immédiatement la signature et une pierre tomba lourdement dans sa poitrine.
« Drago Malefoy » ... Elle était signée de cette fouine de Malefoy !
D'un geste dédaigneux elle déchira la lettre et la jeta dans sa poubelle. Voilà, maintenant, elle était furieuse ! Merci Malefoy qui parvenait à gâcher ses journées même lorsqu'il n'était pas là !
D'un geste rapide, elle attrapa son sac à main et sortit de la pièce. Il fallait absolument qu'elle quitte cet endroit, sans quoi, elle allait encore se mettre à pleurer.
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Mrs Weasley l'attendait en bas, un panier plein de gâteaux dans une main et un petit tas de laine dans l'autre.
- Tu es prête ? s'enquit-elle auprès d'Hermione.
- Oui, allons-y.
OoOoOoO
Mrs Weasley avait dû prévenir sa fille de leur arrivée imminente par Patronus car lorsqu'elles sortirent de l'âtre de la maison des Potter, Ginny les attendait déjà. Elle étreignit ses invitées avec force et leur proposa de l'accompagner dans la cuisine. Lorsqu'elles arrivèrent dans l'immense pièce, Hermione remarqua que Ginny était en train de confectionner une tarte aux pommes.
- Où sont les garçons ? l'interrogea Mrs Weasley en relevant ses manches afin de mettre littéralement la main à la pâte.
- Certainement dans le jardin en train de jouer avec leurs balais miniatures.
- Tu n'as pas peur qu'ils se blessent ?
- Si bien sûr, mais je remercie Harry pour les leur avoir offerts car, grâce à eux, j'ai le droit à quelques minutes de répit dans la journée !
Hermione et Mrs Weasley rirent devant l'air désabusé de la jeune femme.
- Au moins, James sera bientôt à Poudlard, commenta Hermione.
- Oui, mais je sais qu'il va affreusement me manquer quand même, répondit la mère de ce dernier en faisant la moue.
- Rassure-toi, Ginny chérie, tu en auras rapidement plein les bras avec ce petit bout, la rassura Molly en désignant son ventre.
- Ça, c'est certain ! Il m'en fait déjà voir de toute les couleurs avant même d'être né !
- Et comment Albus vit-il le futur départ de son frère ? Et Harry ? demanda Hermione en s'asseyant autour de la large table familiale.
- Je pense que Harry s'est fait une raison, tout comme moi. Bien entendu, nous serons très tristes mais ça ne lui fera pas de mal d'apprendre à se canaliser et Poudlard est le meilleur endroit pour cela. Par contre, reprit-elle, nous pensons que cela va être beaucoup plus dur pour Albus. Il sait parfaitement qu'il n'aura qu'une année à attendre avant de retrouver son frère, mais la séparation s'annonce très compliquée. Tous les deux sont extrêmement liés et ne font pratiquement jamais rien l'un sans l'autre. J'en ai parlé avec lui plusieurs fois et Harry également mais il ne semble pas réellement prendre la mesure de l'évènement.
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Les trois femmes papotèrent ainsi pendant près de deux longues heures. Aux alentours de midi, Ginny dressa la table et appela ses deux fils pour le repas. Ceux-ci déboulèrent dans la maison comme deux tornades, les cheveux couverts de brindilles et les vêtements tachés.
- Je vous ai déjà dit cent fois de ne pas voler autour des arbres, les garçons ! les réprimanda leur mère.
Les deux garnements n'en eurent cure et se précipitèrent vers leur grand-mère qui les étreignit affectueusement. Puis ils saluèrent Hermione avant de, finalement, s'asseoir à leur place.
- Qu'est-ce qu'on mange maman ? demanda le plus jeune.
- Du ragoût de bœuf et des carottes mon cœur. Oh et il y a de la tarte en dessert mais vous n'en aurez que si vous êtes sages et que vous mangez toutes vos carottes, les informa Ginny en insistant bien sur le « toutes ».
- Mais maman ! Je déteste les carottes et James n'aime pas les gâteaux, c'est vraiment pas juste ! se plaignit Albus.
Son frère ricana mais le regard désapprobateur que lui lança Ginny le réduisit au silence.
- Et bien c'est comme ça Albus et tant pis pour James.
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Le déjeuner se passa ensuite sans encombre et Hermione félicita son hôte pour ses talents de cuisinière.
Alors que les trois femmes débarrassaient, les deux gamins filèrent une nouvelle fois vers le jardin.
- Ils sont infernaux en ce moment ! soupira Ginny. Tout ce que j'attends c'est qu'Harry rentre du travail pour s'en occuper un peu parce qu'ils m'épuisent énormément.
- Mais, Ginny chérie, pourquoi tu ne m'as pas demandé de venir les garder quelques heures ? Ta santé passe avant tout ! s'exclama sa mère, agacée.
- C'est gentil, Maman, mais si je n'arrive déjà pas à canaliser deux enfants, comment veux-tu que je fasse avec trois ?!
- Ne dis pas ça, Gin'. Tu es une mère formidable et il n'y a pas de honte à avoir besoin d'aide de temps en temps. Surtout dans ton état, la rassura Hermione.
- Merci Mione.
- Et puis, peut-être auras-tu une fille. Tu sais, elles sont normalement très différentes des petits garçons.
Alors qu'elle affirmait ceci à sa meilleure amie, Hermione sentit un malaise naître dans sa poitrine. Elle avait songé à sa propre fille mais également au fait que jamais, elle-même ne pourrait faire l'expérience d'avoir plusieurs enfants. Une tristesse intense s'empara d'elle et elle sentit les larmes lui monter aux yeux.
Ginny sembla détecter sa peine puisqu'elle enjoignit à ses deux invitées de la suivre au petit salon.
- Le Médicomage m'a dit que je ne pourrais certainement pas reprendre le travail avant l'accouchement, et ça veut dire que je ne pourrais pas participer, non plus, aux réunions du Conseil, excuse-moi Mione.
- Ne t'inquiète pas, comme te l'a dit Molly, ta santé passe avant tout. Tu as prévenu Percy ?
- Oui, il est passé hier pour savoir comment j'allais.
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- Le travail ne te manque pas ? demanda Hermione, tandis que Mrs Weasley avait quitté la pièce afin de faire un peu de ménage pour aider sa fille.
- Si, beaucoup ! J'envie beaucoup Harry de pouvoir y aller en ce moment. On nous avait confié un dossier top secret mais comme il a fallu que je reste à la maison, Harry a dû trouver un nouvel Auror assistant pour me remplacer, dit Ginny sur un ton plaintif.
- Il doit bien pouvoir te tenir au courant, non ?
- Oui, bien sûr, mais ce n'est pas pareil. Aller sur le terrain me manque terriblement et je ne suis clairement pas une femme d'intérieur comme ma mère, commenta-elle.
- Je comprends, assura Hermione avec un sourire. Mais les garçons doivent être ravis de ne plus devoir aller dans le centre de garde pour enfants.
- C'est certain ! affirma Ginny. Ils ne cessent de me répéter que cet endroit est affreux etc., etc. Mais bon, ce sont des enfants alors, pour eux, une structure où on ne peut pas jouer et où on doit travailler est directement relégué dans la catégorie « endroit affreux ».
Hermione rigola, les enfants pouvaient être tellement idiots parfois. Un lieu où l'on apprenait des choses était tout sauf un « endroit affreux », tout au moins de son point de vue.
- Tu comptes laisser Albus dans cette école à la rentrée prochaine ?
- Oui. Je sais bien que pour toi, une école moldue est tout aussi bénéfique mais Harry a été catégorique. Je pense que c'est à cause de sa propre expérience dans son école moldue. Il était hors de question qu'on fasse appel à un précepteur. Nous ne sommes pas de ses familles qui pensent que leurs enfants ne devraient pas se mêler aux autres ou que l'enseignement qui est proposé dans ces écoles n'est pas à la hauteur.
- Je ne juge absolument pas, la rassura Hermione. Et j'ai la même opinion concernant les précepteurs. De toute façon, à quoi est-ce que cela sert d'éloigner ses enfants des autres puisqu'ils finiront tous ensemble à Poudlard ?
- Parfaitement ! J'ai entendu dire que c'est ce que cet abruti de Malefoy avait fait avec son fils.
- Pas très étonnant, commenta Hermione, légèrement mal à l'aise.
Elle espérait que Ginny n'allait pas vouloir embrayer la conversation sur lui. Ses opinions à son égard étant tellement changeantes ses derniers temps qu'elle ne savait pas comment elle pourrait réagir aux propos de son amie.
- Tu m'étonnes. Il a certainement engagé le plus cher et le plus raciste.
- ...
- Enfin bref ! Et toi, Mione, comment ça va ? Si tu es là, aujourd'hui, au lieu d'être au travail, c'est que ça ne doit pas aller fort.
- Pas vraiment, soupira Hermione.
- Explique-moi, l'intima sa meilleure amie.
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Parler de ce qu'avait dit Malefoy ou pas ? Parler de Malefoy lui-même ? Tant de questions se bousculaient dans sa tête qu'elle peinait à y voir clair. Finalement, une réponse franchit ses lèvres avant qu'elle ait pu la retenir.
- Ils me manquent beaucoup en ce moment, Gin'. Avec la rentrée à Poudlard qui approche et les réunions du Conseil avec d'autres parents, c'est assez difficile de ne pas avoir toutes ces pensées noires qui ressurgissent.
- Hermione ! s'exclama Ginny en se rapprochant de son amie afin de la prendre dans ses bras.
- Ce n'est rien, la rassura cette dernière, en essayant tant bien que mal de retenir un sanglot.
- Non, Hermione, ce n'est pas rien, je suis désolée de ne pas avoir été là pour toi, s'excusa la rousse.
- C'est plutôt moi qui devrait dire ça, Ginny, je ne suis pas venue te rendre visite une seule fois alors que ta grossesse ne se déroulait clairement pas au mieux.
- Ne t'inquiète pas, je vais bien.
Les deux amies s'étreignirent pendant encore quelques secondes puis Ginny reprit la parole.
- Tu veux me parler de ce que tu ressens ?
- Je... Je ne sais pas Gin', c'est compliqué.
- C'est comme tu veux.
Hermione réfléchit quelques secondes. Elle avait décidé de ne pas parler de Malefoy à sa belle-sœur mais cela ne pouvait pas l'empêcher de lui faire part de son mal-être. Cela lui ferait, d'ailleurs, certainement du bien.
- Partout où je vais, des choses me rappellent soit R... Rose, soit Ron et, ensuite, j'ai l'impression qu'on me retire toute mon énergie et ma joie. Un peu comme si un Détraqueur passait par là, tu comprends ?
Ginny opina du chef et Hermione poursuivit.
- Et puis, ne le prend pas mal surtout, mais ça se passe souvent quand je suis au Terrier ou avec tes parents lorsqu'ils ont de petites attentions l'un envers l'autre. Ce qui est tout à fait normal, mais cela me rappelle sans cesse Ron et, ensuite, il m'est difficile de retenir mes larmes.
Hermione n'arrivait pas à en dire plus et le fait d'énoncer ces quelques phrases à voix haute lui infligeait une peine cuisante. C'était comme si, subitement, elle se rendait compte d'à quel point sa situation était désespérée et sa vie, brisée. Elle ne supportait plus rien, pas même d'être témoin d'attentions amoureuses.
Lorsque Hermione releva la tête après avoir essuyé ses yeux avec un mouchoir en papier, elle nota que Ginny semblait mal à l'aise.
Hermione regretta aussitôt d'avoir mentionné les parents de la jeune femme. Après tout, ils étaient extrêmement généreux de la laisser vivre chez eux et de la nourrir gratuitement. Ginny, elle, eut un autre raisonnement.
- Je comprends tout à fait, Mione et je pense qu'il faut que tu te trouves un logement à toi.
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Savoir que Ginny partageait son projet de déménagement réconfortait un peu la brune qui se dit que, finalement, il y avait peut-être un moyen pour elle de recommencer à vivre normalement.
- Tu penses ?
- Oui j'en suis même certaine, asséna Ginny.
- Pour tout t'avouer, c'était mon idée depuis quelques temps. C'est pour cela que j'ai souhaité reprendre le travail.
- Je m'en suis doutée. As-tu déjà repéré quelques choses ?
- Malheureusement non, rien dans mon budget pour le moment, s'attrista Hermione.
- Oh, mais ne t'en fait pas, je suis sûre que tu finiras par trouver ! Je te proposerais bien d'emménager ici, mais je pense que ce serait pire que chez mes parents, avec les enfants en plus.
- Je le pense également, mais merci. Et tes parents que crois-tu qu'il vont en penser ?
- Tu sais, Hermione, tout ce qu'ils veulent c'est que tu sois heureuse et que tu reprennes ta vie en main. Ils savent parfaitement que tu ne vas pas rester vivre chez eux pour toujours. Même si ton départ n'enchantera certainement pas Maman...
Hermione eut un petit rire. Il était vrai que Mrs Weasley la considérait plus ou moins comme sa fille et qu'elle n'avait jamais apprécié que ses enfants quittent le nid.
- Merci, Gin'.
- De rien et puis, tu sais, c'est normal que tu n'aies pas fait ton deuil. Cela ne fait que six mois depuis leur disparition et personne ne s'en remet aussi vite. C'est normal de ne pas tout contrôler. Harry et moi-même pensons énormément à eux.
- Tu as sans doute raison, mais tu sais aussi bien que moi que j'aime tout contrôler, comme tu le dis si bien.
- Oui, ça, c'est sûr ! Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi psychorigide et obsédée par l'organisation que toi ! s'exclama Ginny en pouffant de rire.
Hermione elle-même ne put retenir un éclat et se sentit instantanément mieux.
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Lorsque Molly revint dans la pièce deux heures plus tard, elle fut ravie de constater que sa belle-fille semblait se sentir mieux. Toutes trois prirent le thé ensemble et, à dix-sept heures, Hermione et elle retournèrent au Terrier.
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En rentrant, Hermione monta directement dans sa chambre mais n'y demeura pas. Elle avait envie de lire et se dirigea plutôt vers le jardin. Elle y passa une bonne heure et lut plusieurs chapitres tout à fait passionnants.
Finalement, elle remonta et s'enferma dans la salle de bain. Les cheveux encore humides, elle se dirigea vers un panier dans lequel elle déposa ses vêtements sales et les descendit dans la buanderie où elle les plaça dans la machine à laver. Elle aurait pu se contenter d'un Récurvite mais elle aimait ne pas se servir de la magie pour tout et n'importe quoi, ce qui lui rappelait ses origines moldues.
Satisfaite, elle se dirigea une nouvelle fois vers l'ancienne chambre de Ginny.
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Elle se laissa tomber lourdement sur le lit et son regard se perdit dans le vague. Elle remarqua soudain les morceaux de papiers blancs perdus au fond de la poubelle de son bureau. Elle s'approcha et saisit deux parties du parchemin. L'écriture brillait toujours avec force et semblait défier la jeune femme. Au prix d'un effort ultime pour dominer l'aversion qu'elle éprouvait pour Malefoy, elle attrapa sa baguette et rendit son unité au parchemin.
Puis, ses yeux se posèrent sur le début de la lettre qu'elle commença à lire.
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Granger,
Non, tu ne rêves, pas je suis bien en train de t'écrire une lettre. C'est la seule façon que j'ai trouvé pour être sûr que tu m'écoutes - ou plutôt que tu me lises - puisque je me doute que tu ne l'aurais pas fait si j'étais venu m'expliquer de vive voix.
Peut-être brûleras-tu cette lettre avant de la lire mais j'espère que non. Car sache que j'ai passé beaucoup de temps à l'écrire et que je déteste ça. Donc ne la brûle pas avant d'avoir terminé, tu m'entends Granger ?! ... S'il-te-plaît.
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Bref, je t'écris pour te dire que je suis désolé. Je suis désolé de ce que je t'ai dit Granger, ok ? En plus je n'en pense pas un mot... Tu vas sûrement te demander pourquoi je l'ai fait dans ce cas. Eh bien parce que tu m'avais énervé. Je sais que ce n'est pas une excuse mais tu m'avais vraiment énervé – encore plus qu'à l'accoutumée - à me reprocher de ne pas être revenu vers toi alors que toi-même, tu n'avais rien fait. Pour ma défense, j'attendais justement que ce soit toi qui fasse un pas vers moi, pour une fois... Après tout, je me suis peut-être totalement trompé et tu t'en fous peut-être complètement que les choses puissent bien se passer entre nous. Mais ce n'est pas mon cas, Granger, malgré ce que j'ai pu te dire.
Je sais que j'ai dû te blesser mais j'espère qu'un jour tu me pardonneras. En attendant, je ferai des efforts – et sache que faire des efforts ce n'est pas (du tout) dans mon habitude donc j'espère que tu apprécies le geste ... – pour que tu ne m'en veuilles plus.
Je ne sais pas vraiment ce que tu dois penser en ce moment, après avoir lu cette lettre. J'ai tellement peu l'habitude d'exprimer ce que je ressens, surtout sur le papier.
Mais je me suis promis de ne pas rester ce « petit con prétentieux » que j'étais à Poudlard et si je dois t'écrire pour respecter mon engagement je le ferai.
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Maintenant je vais te proposer quelque chose. Je suis presque certain que tu vas refuser mais, au moins, je l'aurais fait. J'aimerais t'inviter au restaurant samedi soir, Granger...
Tu dois avoir les yeux exorbités en lisant ceci et te demander combien de verres de Whisky j'ai pu boire pour en arriver à cette idée... Sache que je n'en ai bu aucun. J'ai juste lu quelque part que c'était une des façons qu'employaient les personnes « normales » pour s'excuser. Si jamais tu acceptais de venir, sache également que j'écouterais les reproches que tu pourras me faire et que j'essaierais – tu sais que c'est très compliqué surtout avec toi dans les parages – de ne pas m'énerver et de te faire passer une bonne soirée, malgré tout.
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Je n'attends pas de réponse de ta part. Je patienterai seulement devant le bar où nous sommes allés la dernière fois. J'espère que tu viendras... (Même si je n'ai pas beaucoup d'espoir, surtout si tu as brûlé cette lettre) et même si c'est uniquement pour m'enguirlander et partir ensuite.
Je m'excuse encore.
D. M.
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Il fallut, à Hermione, au moins trois lectures afin d'être certaine d'avoir tout compris. Premièrement parce que ce n'était pas très clair. Cette lettre semblait avoir été écrite par un enfant de dix ans. Elle croyait Malefoy lorsqu'il mentionnait détester écrire et ne pas en avoir l'habitude. Toutefois, elle ne songea pas une seule seconde que cette lettre ait pu être écrite par son fils, tant le ressentiment qui en émanait parfois lui rappelait le Serpentard. Et puis, qui d'autre pouvait bien l'appeler par son nom de famille dans une lettre ?
Deuxièmement, parce qu'elle ne s'était absolument pas attendue à une lettre d'excuses de sa part et qu'elle dut s'y reprendre à plusieurs fois pour comprendre tout de ce qu'il avait écrit.
Enfin, parce qu'en plus de tout le reste, elle avait été tellement hébétée par la proposition de Malefoy qu'elle avait dû la lire au moins trois fois pour être sûre qu'il lui proposait bien de sortir au restaurant avec lui.
Bref, cette lettre n'avait clairement pas laissé la jeune femme indifférente.
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Elle se sentait, en quelque sorte, touchée que Malefoy ait fait l'effort de lui écrire, d'autant qu'il avait raison lorsqu'il affirmait qu'elle ne l'aurait pas écouté s'il était venu lui parler au Ministère. En plus, il semblait réellement tenir à ce qu'elle la lise et qu'elle le pardonne.
Les mots acerbes que le jeune homme avait prononcés la veille trottaient inlassablement dans sa tête. Hermione ne savait plus du tout quoi penser, elle se sentait perdue.
Il semblait évident que Malefoy souhaitait que les choses s'arrangent entre eux mais, en ce qui la concernait, elle en était beaucoup moins certaine. Pour Hermione, le jeune homme jouait avec elle et pensait qu'il pouvait lui dire ce qu'il souhaitait puis s'excuser et que tout serait pardonné par la suite. Cela la rendait folle de colère.
Malefoy n'avait soi-disant « pas pu se contrôler ». Il était quoi ? Un gamin de cinq ans qui ne contrôlait pas ses paroles ?! Non, elle ne pouvait pas cautionner ce comportement. Elle connaissait le tempérament colérique du Serpentard mais il était supposé être adulte et pouvoir se contenir un minimum maintenant.
Une petite voix flotta doucement jusqu'à ses oreilles, lui rappelant qu'elle-même n'était pas ce que l'on pouvait appeler un modèle de pacifisme et de calme.
D'un autre côté, Malefoy semblait avoir réellement changé depuis Poudlard, ce qu'elle avait déjà pu constater. Cette lettre en était une nouvelle preuve. Enfin le début tout du moins. Parce que sa proposition à deux Noises, elle semblait sortir toute droit du manuel du parfait petit crétin. Non mais comme si elle allait accepter ?!
Le pire dans tout cela, c'était qu'il semblait y croire.
« Et même si c'est uniquement pour m'enguirlander et partir ensuite. ». Hermione relut la phrase et songea que c'était bien la chose la plus intelligente qu'il avait écrite. Ça, c'était certain que si jamais elle l'avait en face de lui, il allait passer un sale quart d'heure. Toutefois, elle ne pensait pas une seconde à se rendre à ce dîner et rirait bien, le lendemain soir, en imaginant Malefoy poireauter comme un idiot en l'attendant. Bien qu'elle ait du mal à se figurer qu'il puisse l'attendre elle. Il avait sûrement dit cela pour faire bonne figure mais il renoncerait bien vite, en se rendant compte dans quoi il s'était engagé.
D'ailleurs, cette proposition était certainement une idiotie du Serpentard et un plan pour lui faire la farce de sa vie. N'avait-il pas oublié de volontairement mentionner un quelconque horaire pour le rendez-vous si ce n'était pas dans cette optique ?
Non, décidément elle ne comprendrait jamais Malefoy et n'avait aucune confiance dans le tissu de bêtise qu'il avait écrit. Comment pourrait-elle croire à ses explications et à ses tentatives d'excuses alors que quelques lignes plus bas, il lui faisait la proposition la plus débile du siècle ?
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Agacée d'avoir perdue son temps à déchiffrer une lettre digne d'être donnée en pâture à des Veracrasses, Hermione la déchira de nouveau – mais cette fois-ci en dizaines de morceaux –, la jeta dans sa corbeille et descendit préparer le dîner avec Mrs Weasley.
Quelques heures plus tard, la jeune femme tombait dans un sommeil profond sans y repenser une seule seconde.
OoOoOoO
Le lendemain, elle se sentit, en revanche, plutôt déboussolée. Elle était au travail pour la matinée et ne cessait de songer à la lettre de Malefoy. Elle avait arrêté d'essayer de le comprendre mais s'en voulait quelque peu d'avoir réagi si négativement la veille.
Encore une fois, elle était perdue entre les deux facettes de sa propre personnalité : l'ancienne et la nouvelle Hermione. L'ancienne aurait sûrement donné une nouvelle chance au blond mais la nouvelle ni songeait aucunement. Si cela avait été la première fois que Malefoy lui faisait un coup pareil, elle lui aurait sûrement pardonné et aurait eu confiance en sa proposition. C'était d'ailleurs ce qu'elle avait fait.
Seulement voilà, elle l'avait justement déjà fait et il avait trahi sa confiance en redevenant aussi venimeux que le Malefoy de Poudlard.
Elle ne savait donc pas quoi faire. Heureusement qu'il ne lui avait pas demandé de réponse puisque, de toute façon, elle aurait bien été incapable de lui en donner une.
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Ses pensées étaient tellement focalisées vers cette maudite lettre qu'elle dû recommencer quatre fois de suite la lecture de ses dossiers tellement elle était peu attentive.
Midi sonna finalement et elle se rendit au réfectoire. Elle avait terminé sa journée mais souhaitait passer le moins de temps possible au Terrier.
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Dans l'après-midi, elle repassa à l'agence sorcière, qui lui annonça qu'il n'y avait toujours aucun bien pouvant lui convenir et tentât même sa chance dans une agence moldue du cœur de Londres.
Ici, les agents furent plus accueillants mais n'eurent pas de meilleures nouvelles à lui annoncer. Elle y laissa toutefois son numéro de téléphone portable et rentra chez elle, le moral encore plus bas.
Lorsqu'elle se fut enfermée dans l'ancienne chambre de Ginny, elle fouilla dans son sac magiquement agrandi, qui lui servait de rangement le temps qu'elle ait un endroit plus grand pour pouvoir tout entreposer. Elle en ressortit un téléphone portable moldu et entreprit de l'allumer. Elle ne s'en servait qu'en de très rares occasions et n'avait pas résisté à l'envie de laisser son numéro à l'agence en espérant avoir rapidement des nouvelles.
Hermione déposa ensuite le téléphone dans le sac à main qu'elle utilisait pour aller au travail, de telle sorte qu'elle l'ait toujours sur elle.
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Elle replongea ensuite la main dans le sac magiquement agrandi à la recherche d'un nouveau livre lorsque ses doigts frôlèrent quelque chose de doux et soyeux. Abandonnant sa première idée, elle sortit donc l'étoffe et son expression s'assombrit immédiatement. Il s'agissait de la veste de ce cher Malefoy.
Réprimant l'envie de la brûler sur le champ, la jeune femme l'approcha plutôt de son nez afin d'en humer l'odeur. Heureusement, presque toute celle du Serpentard avait disparue mais il en restait quelques effluves qui ravivèrent les souvenirs des deux soirées qu'elle avait passé en sa compagnie.
Malefoy avait véritablement été quelqu'un d'autres durant ces moments et n'avait pas une seule fois élevé la voix sur elle.
Finalement, peut-être allait-elle reconsidérer son offre et le rejoindre ce soir-là. Uniquement pour lui passer un savon et rentrer ensuite… bien entendu.
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Leur dispute lui revint doucement en mémoire et lui fit l'effet d'un électrochoc. Non, elle ne devait pas s'y rendre, même pour « l'enguirlander ». Parce que, si elle faisait ça, cela signifiait qu'il avait gagné, ce n'était pas envisageable. Elle voulait lui faire comprendre qu'elle s'en foutait complètement de ce qu'il pouvait bien dire et faire et peut-être même lui faire penser qu'elle avait brûlé sa lettre puisqu'il avait eu tellement peur qu'elle le fasse.
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Qu'y gagnerait-elle, elle, à faire ce genre de chose ? Certainement pas les félicitations de sa conscience qui ne faisait que lui répéter que Malefoy avait fait un gros effort, comme il l'avait lui-même affirmé, pour lui écrire et lui dévoiler ses pensées et son ressenti. Fallait-il donc y aller ? Au moins pour lui montrer qu'elle était sensible à son effort ?
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Merlin que c'était compliqué ! Que sa vie était compliquée en ce moment ! Elle avait envie de se gifler pour se punir de se faire autant de nœuds au cerveau pour tout et n'importe quoi !
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Finalement, les heures passèrent et Hermione resta tout aussi indécise. Aux alentours de dix-huit heures Molly l'appela et la jeune femme se leva. Mrs Weasley voulait savoir ce qui lui ferait plaisir pour le dîner, mais que devait-elle répondre ? Qu'elle adorerait déguster l'un de ses pâtés en croûte ou qu'elle ne serait pas là pour le repas, ce soir ?
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Ce fut donc dans la confusion la plus totale qu'Hermione descendit les escaliers et se retrouva devant Mrs Weasley.
Ah... vous avez eu peur qu'Hermione ne lise pas la lettre, pas vrai ? ;) J'espère que ce chapitre centré sur notre Gryffondor vous aura plu.
Petite question pour ceux laisseront des reviews : quelle décision pensez-vous que Hermione prendra finalement : aller au rendez-vous ou pas ?
Je tenais juste à préciser (parce qu'on m'a souvent posé la question sur l'autre site à ce propos) que l'écriture excessivement approximative et, pour ainsi dire, franchement moche de la lettre de Drago est VOLONTAIRE ^^. Comme il le dit lui-même : il n'est pas vraiment familier avec l'écriture épistolaire et notamment lorsque c'est pour exprimer ses « sentiments » (et encore plus quand c'est pour dire qu'il est désolé ^^).
Bref, merci infiniment d'être toujours aussi nombreux à me suivre chaque publication ! A très vite avec le chapitre 11 ! :)
Kisses,
Chalusse
PS : J'attends, comme toujours, vos reviews avec beaucoup d'impatience !
