Bonjour à tou(te)s !
Comme toujours et avant toute chose : je remercie mes génialissimes revieweuses ainsi que les super lecteurs qui ont fait des ajouts en favoris/alertes. Je remercie également ceux (s'il y en a) qui sont passés sur ma page FB et ont liké. :)
Voilà ! Je suis de retour d'Angleterre, nous sommes dimanche alors… la publication d'un nouveau chapitre s'impose !
Nous avions laissé un Drago totalement bourré ainsi qu'une Hermione extrêmement mal à l'aise et plutôt perplexe alors comment les retrouverons-nous ? Eh bien vous le saurez en lisant le nouveau chapitre ! Un chapitre assez équitablement divisé entre le point de vue d'Hermione et celui de Drago. C'est également l'occasion de retrouver un personnage que vous adorez tous...
Bref, j'espère qu'il vous plaira ! Bonne lecture ! :)
Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 13 : L'appartement
Lorsque Hermione se réveilla, ce dimanche matin, la première chose qui l'interpella ne fut pas le fait qu'elle venait de passer sa première nuit loin de tous cauchemars. Non, elle ressentit plutôt l'affreux étau qui semblait lui enserrer le crâne et qui lui donnait la nausée. Elle tenta vainement de se rendormir en enfouissant son visage dans l'oreiller mais la lumière du jour, qui perçait par la fenêtre, rendit ses efforts inutiles. Maugréant contre la Terre entière pour avoir oublié de fermer les volets la veille, elle finit par s'extirper tant bien que mal du lit. Elle entra dans la salle de bain, s'approcha du miroir et crut réellement être malade. Elle avait le teint livide, des cernes immenses sous les yeux et ses cheveux ne semblaient même plus humains. Luttant pour ne pas se frapper d'elle-même la tête dans le mur pour avoir autant bu le soir précédent, elle finit par se diriger vers la porte. Elle avait grandement besoin d'un café.
Ronchonnant une nouvelle fois, elle pénétra dans la cuisine et s'immobilisa instantanément. Comment avait-elle pu oublier où elle se trouvait et surtout avec qui ?! Car c'était bien Malefoy qui se tenait là, debout devant l'évier, le regard perdu au loin. Il buvait quelque chose qui semblait être du café et cela réenclencha immédiatement le cerveau d'Hermione.
Elle ne savait pas si le blond l'avait étendue arriver et préféra donc s'éclaircir la gorge avant d'aller plus loin.
- Hum, hum.
Pas de réponse.
Elle s'avança vers un des placards en espérant y trouver une tasse mais à peine eut elle fait quelques pas que le rire goguenard du Serpentard se fit entendre.
- Ahahah ! Granger ! Mais c'est quoi cette tête ?!
- Malefoy ? Ta gueule.
- Non mais sérieusement, on dirait que tu t'es fait marcher dessus par un troupeau d'hippogriffes enragés et que tu sors d'une mauvaise grippe !
- ...
- Oh ça va, Granger, je déconne ! Tiens, prends ça.
Il lui tendit quelque chose mais Hermione ne regarda pas ce que c'était, préférant continuer de chercher une tasse. Plus jamais elle n'accepterait de boire quelque chose que lui donnerait Malefoy. Enfin, tout sauf du café !
- Granger ?!
- Quoi ?
- Arrête de fouiller toute ma maison et prend ça !
- Je n'en veux pas de ton truc. Et si tu veux te rendre utile, donne-moi plutôt une tasse.
- Crois-moi, tu en veux de « mon truc ».
- C'est quoi ?
- Une potion contre la gueule de bois.
Hermione s'étrangla.
- Je n'ai pas la gueule de bois.
- C'est ça, et moi je suis le Ministre de la Magie...
- A moi la peur !
Hermione continuait toujours d'ouvrir les placards à la volée, quand elle tomba finalement sur celui contenant des tasses en tous genres.
- Tu as du café ? demanda-t-elle.
Malefoy ne répondit pas mais pointa du doigt un récipient un peu plus loin. Elle en huma le contenu, vérifiant qu'il s'agissait bien du précieux liquide noir et s'en servit une pleine tasse. Une nouvelle nausée la prit et elle avala son café le plus rapidement possible en espérant qu'il ferait effet sur sa gueule de bois. Car même si elle avait dit le contraire au blond, il était évident qu'elle payait, ce matin, les excès de la veille.
Malheureusement pour elle, après avoir vidé une deuxième tasse, elle se sentait l'esprit toujours aussi embrumé et elle était, surtout, encore plus nauséeuse. Ne sachant que faire, elle se retourna vers Malefoy. Celui-ci semblait avoir patienté jusqu'à ce qu'elle en arrive à cette conclusion puisqu'il la regardait, appuyé contre le plan de travail.
- Oui, Granger ? demanda-t-il en affichant un sourire moqueur.
- Ta potion, c'est sans danger ?
- Tu as vraiment des idées tordues toi ! Comme si j'allais t'empoisonner à neuf-heures, lâcha-t-il sur un ton blasé.
- Oui, eh bien, on ne sait jamais !
- ...
- Elle vient d'où ta potion ?
- Remède maison.
- Tu peux la garder alors.
- Bordel, Granger, même le matin tu es insupportable !
- Je ne veux pas boire un truc que tu as préparé ! On ne sait pas ce qui pourrait arriver !
- Pff ! Tu veux que je te rappelle les notes que j'avais en potion ?!
- Ça n'a rien à voir !
- Arrête de jouer à la gamine.
- Je ne joue pas à la gamine.
- Si !
- Non !
- Tu n'es vraiment qu'une casse...
- Allez c'est bon, donne-moi ton truc avant que je ne change d'avis !
Elle hurlait presque. Malefoy avait encore une fois réussi à la mettre en rogne et elle n'était clairement pas en état pour avoir une dispute avec lui. Tout ce qu'elle espérait c'était qu'elle n'allait pas s'empoisonner avec sa concoction. Il lui tendit le petit flacon, elle en ouvrit le goulot et avala le tout d'un trait.
Soudain, toutes ses pensées devinrent aussi limpides de de l'eau de roche et sa nausée s'envola également.
Elle leva les yeux vers le blond et se mit à rougir involontairement. Encore une fois, elle avait douté de lui et, encore une fois, elle s'était trompée.
- Je crois que ce que tu cherches à dire c'est « désolé et merci », commenta platement Malefoy.
- Oui bon, ça va !
Elle s'était attendue à ce qu'il reste « fâché » contre elle mais il n'en fit rien et un petit sourire naquit sur ses lèvres. Il lui tendit un panier rempli de viennoiseries françaises et elle ne put s'empêcher d'en prendre une pour mordre dedans. Merlin que c'était bon !
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Tandis qu'elle mâchait paresseusement, à présent assise sur une chaise de la table du salon, elle se demanda comment les viennoiseries étaient arrivées là. Il semblait irréel que le Serpentard se soit lui-même déplacé pour aller les acheter.
Elle allait lui poser la question lorsqu'il la prit de court.
- Hum, Granger ?
Sa voix était mal assurée et il semblait anxieux. Hermione redouta instantanément le pire.
- Concernant hier soir... reprit-il, penaud.
Des flashbacks lui revinrent en tête et Hermione se demanda subitement comment elle avait pu, l'espace de quelques minutes, oublier qu'elle avait dû accompagner Malefoy jusqu'à sa chambre et ce qu'il lui avait dit.
- Oui ? l'encouragea-t-elle en essayant de contrôler sa voix le plus possible.
- Je, commença le blond, je ne me souviens pas de… tout.
Hermione ne savait pas vraiment quoi répondre. Devait-elle le rassurer ou lui avouer qu'il lui avait paru très étrange ? Et ce, surtout, lorsqu'il lui avait demandé de l'accompagner jusqu'à sa chambre...
Perdue dans ses pensées, elle ne répondit rien et le Serpentard sembla en tirer des conclusions hâtives.
- Je ne sais pas ce que j'ai pu te faire mais... je suis désolé.
Sa voix était hachée et il avait fermé les yeux. Ce qui surprit le plus Hermione fut qu'il pense lui avoir fait quelque chose. Elle se sentait complètement décontenancée maintenant et en reposa même son croissant sur la table.
- Écoute, Malefoy, il ne s'est rien passé hier et tu ne m'as rien fait du tout.
Il rouvrit instantanément les yeux et plongea ses prunelles grises dans celles de la Gryffondor. Une sensation étrange s'empara un instant d'elle et elle préféra détourner le regard. Toutefois, Malefoy avait dû avoir le temps d'y lire quelque chose puisqu'il se leva de sa chaise et s'approcha d'elle.
- Tu es certaine que je n'ai rien fait ? Parce que je sais que tu m'as vu, hier. Je me souviens t'avoir parler, mais après... c'est le trou noir.
- Oui, je m'étais levée pour boire un verre d'eau et je t'ai trouvé dans le salon. La télévision était allumée et j'avais seulement voulu l'éteindre, ajouta-t-elle précipitamment, ne voulant pas paraître indiscrète.
Quand j'ai vu que tu étais là, j'ai voulu rebrousser chemin mais tu m'as appelée.
Elle vit le jeune homme se tendre imperceptiblement. Que pensait-il qu'il lui avait fait, par Merlin ?!
- Et ensuite ? demanda-t-il.
- Ensuite, je t'ai recommandé d'arrêter de boire et d'aller et coucher.
- Et... ?
- Et c'est ce que tu as fait ! Mais enfin, que s'est-il passé selon toi ?! s'agaça la Gryffondor.
Elle avait volontairement omis de mentionner qu'il lui avait demandé de l'accompagner jusqu'à sa chambre. Après tout, ce n'était pas si grave.
- Rien, rien, répondit-il vaguement.
Hermione ne le crut pas une seule seconde et lui lança un regard suspicieux auquel il répondit par un froncement de sourcils.
- Bon, je vais aller m'habiller et rentrer chez moi, annonça Hermione en enfouissant le dernier morceau du délicieux croissant dans sa bouche.
Malefoy était perdu dans ses pensées et ne répondit rien.
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Une demi-heure plus tard, elle s'était habillée et avait réussi à dompter ses cheveux. Elle sortit donc de la chambre de Malefoy en veillant à avoir bien refait le lit et nettoyer la salle de bain. Elle n'osait même pas songer aux reproches qu'il aurait pu lui faire si elle avait laissé ne serait-ce qu'un seul cheveu sur le sol de sa précieuse salle de bain.
Elle regarda dans la cuisine mais n'y trouva personne.
Tant mieux, cela éviterait les « au revoir » gênants.
Elle franchit la porte d'entrée et respira l'air frais du matin. Elle allait transplaner lorsque la voix du blond s'éleva à quelques mètres d'elle, lui faisant pousser une exclamation de surprise
- Tu dois quitter la propriété pour pouvoir transplaner, la renseigna-t-il.
Une des baies vitrées du salon était grande ouverte et il se tenait là, en train de regarder l'océan à l'horizon.
- Oh euh… d'accord.
Hermione se sentait dans ses petits souliers. Elle ne savait pas vraiment quel comportement adopter. Devait-elle saluer Malefoy ? Le remercier ? Partir sans un mot... ? Elle resta donc plantée sur le perron comme une idiote.
Finalement, le Serpentard, qui s'était vêtu du même consume que la veille, s'approcha d'elle.
- J'aimerais te demander quelque chose, Granger...
Son ton inhabituellement doux désarçonna la jeune femme et elle le dévisagea longuement. Son regard était fuyant et il avait l'air un peu penaud, chose qui n'arrivait jamais chez lui. Hermione sentit immédiatement une bouffée d'angoisse monter en elle. Elle ne répondit rien, attendant la sentence.
- Je… euh... attends.
Le Serpentard n'arrivait visiblement pas à formuler sa pensée clairement et Hermione songea qu'il lui demandait de patienter le temps de retrouver ses esprits, mais ce qu'il fit la pétrifia sur place.
Il venait de relever sa manche gauche et lui présentait maintenant son avant-bras dénudé. Hermione leva des yeux ronds vers lui et ce qu'elle vit dans ceux de Malefoy l'estomaqua tellement qu'elle en ouvrir momentanément la bouche de stupeur. Ses deux prunelles grises, qui étaient en temps normal si insondables, semblaient, en ce moment même, la supplier.
- Malefoy… je... commença-t-elle à son tour.
Elle ne parvenait pas à parler. Surtout, elle ne savait pas quoi dire. Même si son esprit semblait déconnecté, son corps réagit. Elle se vit alors, tout comme la veille, tendre la main vers la peau pâle de Malefoy.
Lorsque ses doigts entrèrent en contact avec la froide cicatrice, elle revint à elle-même mais n'ôta pas sa main. Malefoy avait fermé, une nouvelle fois, les yeux et ses traits s'étaient nettement détendus. Hermione n'osait plus bouger. Elle ne sut combien de temps ils restèrent là, lui les yeux fermés et elle, le dévorant du regard. Finalement, le bras du blond bougea sous sa main et ils se séparèrent lentement.
Aucune parole ne fut prononcée et, après un dernier regard échangé, au cours duquel les yeux de Malefoy lui transmirent un « Merci » silencieux, Hermione partit en direction de la plage avant de transplaner jusqu'au Terrier.
OoOoOoO
Lorsque Drago arriva chez lui, il ne prit même pas le temps de saluer sa mère et monta directement à l'étage. Il savait que ce n'était pas un comportement correct mais il s'en excuserait plus tard. Pour l'instant, il fallait absolument qu'il voie son fils. Il se dirigea donc tout naturellement vers la bibliothèque familiale. Drago savait que Scorpius aimait s'y réfugier et, comme il ne l'avait pas vu en train de prendre son petit déjeuner au côté de Narcissa, il en avait déduit qu'il était déjà plongé dans ses bouquins.
Un sourire naquit sur ses lèvres lorsqu'il constat qu'il ne s'était pas trompé. Scorpius était bien en train de lire, assis sur le fauteuil le plus confortable de la pièce. Toute son attention était focalisée sur sa lecture, sauf les quelques instants durant lesquels il enfouissait la main dans un petit sachet pour en ressortir des sucreries si bien qu'il ne remarqua pas son père.
Drago, qui commençait à perdre patience, finit par se racler la gorge pour signifier sa présence. Son fils leva aussitôt les yeux et enfouit le sachet sous le coussin du fauteuil. Son teint devint cramoisi en constatant que son père n'était pas dupe et qu'il avait été là suffisamment longtemps pour constater son infraction à la règle : « Je ne mange pas de sucreries, sauf lorsque l'on m'en donne la permission ». Permission ne pouvant être délivrée que par Drago lui-même.
Cependant ce dernier avait, ce jour-là, beaucoup plus important à faire et ne réprimanda pas son fils. Il s'approcha plutôt de lui.
- Salut Papa, lança le gamin d'une voix mal assurée.
- J'ai besoin de toi, Scorpius, lança Drago en guise de bonjour.
- Euh oui, d'accord. Je dois faire quoi ?
Drago hésita momentanément. A quoi cela pourrait-il bien lui servir de toute façon ? Ce n'est pas comme si cela lui permettrait de remédier à la situation pour le restant de sa vie... Perdu dans ses pensées, il ne comprit tout d'abord pas ce que son fils venait de lui dire.
- Hein ?
- Je veux t'aider, Papa, tu peux me demander tout ce que tu veux, répéta l'enfant en haussant la voix.
Le Serpentard se laissa finalement tenter mais prévint tout de même Scorpius.
- C'est une requête assez... singulière, Scorp'.
- Humph, dis-moi plutôt ce que je dois faire Papa, le pressa l'enfant. Je n'ai pas encore commencé à lire « L'histoire de Poudlard » et je vais être en retard dans mon planning !
Bordel, on croirait entendre cette satanée Granger ! Drago lança à son fils un regard glacial mais accéda tout de même à sa requête.
Relevant doucement sa manche gauche, il laissa apparaître sa cicatrice. Il sut immédiatement qu'il avait toute l'attention de l'enfant. Jamais il ne parlait de la balafre et à chaque fois que Scorpius avait tenté d'aborder le sujet, Drago avait toujours fini par s'énerver plus que de raison. Aussi, vit-il de la curiosité mêlée d'une certaine frayeur passer dans ses prunelles bleues-grises de l'enfant lorsqu'il remonta le regard vers lui.
- Je... commença Drago, très mal à l'aise. Est-ce que cela te dérangerait de simplement poser ta main dessus ?
Plusieurs secondes s'écoulèrent et le Serpentard voyait bien que Scorpius assimilait ses paroles en tentant de déterminer s'il s'agissait ou non, d'un test. Drago décida donc de prendre les devants.
- Ce n'est pas une farce, Scorp'. Quelque chose s'est produit et j'aimerais juste pouvoir confirmer ou infirmer une théorie.
Finalement, son fils leva timidement les yeux vers lui et Drago le vit approcher sa petite main de son bras. Il réprima un mouvement de recul, vestige de tant d'années passées à fuir tout contact et Scorpius posa finalement ses doigts sur la cicatrice.
« Ce n'est pas comme avec Granger » fut la première remarque que se fit le blond. Avec elle, la douleur et la froideur disparaissait mais ceci au profit d'une vague de chaleur, comme à chaque fois que leur peau entrait en contact.
Avec Scorpius, c'était différent. Il n'y avait pas cette sensation de chaleur, il lui semblait juste que son bras venait d'être complètement guéri. Il ne ressentait tout simplement plus rien et une vague de bien-être s'empara de lui. Le gamin ôta précautionneusement sa main et lança un regard interrogateur vers son père. Ce dernier, qui venait de voir ressurgir ses affreuses sensations, le remercia un peu sèchement pour son aide et quitta la pièce sous l'expression médusée et totalement suspicieuse de l'enfant. Le Serpentard savait parfaitement que ce dernier n'allait pas tarder à additionner un plus un et comprendre que s'il lui avait demandé de le toucher pour confirmer une théorie, juste après être revenu d'un rendez-vous avec Granger, cela devait forcément avoir un lien avec elle. Toutefois, Drago n'avait nullement envie d'être questionné à ce sujet. D'autant plus qu'il avait des choses bien plus importantes à faire pour le moment.
OoOoOoO
La première personne à laquelle Hermione pensa, lorsqu'elle rentra au Terrier, fut Malefoy. Ou plutôt à tout ce qui s'était passé avec lui depuis ces dernières semaines. Il y avait eu tant de rebondissements qu'elle ne savait plus vraiment où elle en était. Sa haine envers le blond était passée mais elle se sentait toujours assez mal à l'aise en sa présence. Surtout, elle ne savait absolument pas où tout cela allait les mener. Parce que, bien que Malefoy se soit, au départ, rapproché d'elle pour lui prouver qu'il était innocent, il ne semblait pas prêt à changer ses habitudes, même si elle lui avait fait savoir qu'elle ne le soupçonnait plus. Pire, il semblait encore plus enclin à se rapprocher d'elle maintenant. D'ailleurs, cela lui faisait un peu peur.
Le côté sombre du Serpentard et la mauvaise influence qu'il pouvait avoir sur elle lui faisait peur. Elle tentait, tant bien que mal, de se sortir de la misère dans laquelle elle était plongée depuis quelques mois et elle était effrayée à l'idée que Malefoy déteigne en quelque sorte sur elle. Elle se sentait si fragile et indécise mentalement, si vulnérable qu'un rien pourrait la changer à jamais. Cependant, elle savait que cela avait déjà commencé. Jamais, auparavant, elle n'aurait accepté de dormir dans la même maison que le blond, d'aller au restaurant avec lui ou encore de le toucher ! Toutes ces choses étaient pourtant arrivées et, quand elle y repensait, Hermione se rendait compte qu'à chaque fois qu'elle avait dû prendre une de ces décisions, c'était son corps qui avait réagi plutôt que son esprit. Comme si elle cherchait d'elle-même à se mettre dans l'embarra, à tenter de nouvelles choses que jamais la « Hermione d'avant » n'aurait accomplies. C'était ce nouveau trait de caractère qui la perturbait plus que tout. Parce que, cette partie d'elle appréciait la compagnie du Serpentard, tandis que l'autre partie redoutait de se retrouver en sa présence. Peut-être devrait-elle mettre de la distance entre eux... Oui, sans doute. L'accepterait-il ? Il était un être si complexe, qu'Hermione avait de grande difficulté à le cerner. Peu importait, il fallait qu'elle mette de la distance entre eux, pour son propre bien.
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Hermione passa donc le reste de sa journée, l'esprit embrumé par toutes ces réflexions. Le lendemain se passa sans encombre et elle eut même la surprise de voir que Ginny était venue déjeuner avec elle et Harry au réfectoire du Ministère, pendant que Molly gardait les enfants. Tous trois parlaient gaiement lorsque Percy avait déboulé en catastrophe à leur table. Il leur avait expliqué que la réunion du soir était annulée car le Ministre, en personne, réclamait ses services. Il fallut bien quinze minutes aux trois amis pour assurer au roux que ce malheureux contretemps ne remettrait pas sa place de Président du Conseil d'administration en jeu.
Finalement débarrassée de Percy, Hermione songea que c'était une bonne chose que la réunion soit annulée. Elle n'aurait ainsi pas à croiser un certain blond...
Elle rentra donc au Terrier aux alentours de dix-huit heures, accompagnée par Mr Weasley.
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Après avoir émergé de la cheminée, Hermione se dirigea d'un bon pas vers la cuisine. Alors qu'elle se servait un grand verre d'eau, elle remarqua que Mme Weasley était en train de préparer un cake.
- Ta journée s'est bien passée, ma chérie ? Pourquoi es-tu déjà de retour ? demanda la petite sorcière.
- Tr... Très bien, répondit Hermione en toussotant légèrement après avoir avalé de travers tant elle avait soif. Percy a annulé la réunion ce soir.
- Est-il souffrant ?! s'inquiéta sa mère.
- Non ! Non pas du tout. Le Ministre a – selon ses propres termes – requis ses services.
- Oh... lâcha Mme Weasley en redressant la tête, fière de son fils.
Hermione, qui luttait pour ne pas lever les yeux au ciel, se dirigea plutôt vers l'escalier. Il était encore relativement tôt et elle avait envie de lire un peu avant le repas.
- Oh, Hermione, ma chérie ! Une lettre pour toi, là, dit Molly en pointant du doigt un petit guéridon.
Hermione la remercia, s'empara de sa lettre et monta s'enfermer dans sa chambre.
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Pendant quelques secondes, un sentiment d'appréhension s'empara d'elle. Si c'était Malefoy qui lui écrivait... Il était vrai qu'ils s'étaient quittés d'une façon plus qu'étrange – même pour eux – et Hermione redouta qu'il ne veuille mettre de la distance entre eux.
« Redouta » ?! N'était-ce pas elle, qui, la veille encore, prenait cette résolution ? Décidément, les deux facettes d'elle-même ne s'étaient toujours pas mises d'accord. Ce fut donc avec anxiété, mêlée d'une pointe de curiosité, qu'elle décacheta la lettre.
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Miss Granger,
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Je me permets de prendre contact avec vous afin de vous faire part d'une excellente nouvelle. J'ai reçu, aujourd'hui même, une proposition de location qui devrait vous convenir à la perfection, je puis vous l'assurer.
De même que je puis vous assurer que ce bien ne restera pas longtemps sur le marché.
Dans l'attente de votre hibou afin de fixer - ou non - un rendez-vous, je reste à votre entière disposition pour toute question éventuelle.
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Cordialement,
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Michelle ANSON
Agence immobilière du Chemin de Traverse, Londres.
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La déception de ne pas être en possession d'une lettre de Malefoy fut bien vite reléguée au second plan. Fébrile, Hermione s'empressa d'attraper une plume et un parchemin afin de donner sa réponse. Elle descendit ensuite les escaliers quatre à quatre et alla demander la permission à Mme Weasley d'emprunter son hibou.
En remontant finalement dans sa chambre, Hermione espéra que l'agence n'était pas déjà fermée, que Miss Anson recevrait sa réponse et pourrait lui donner un rendez-vous pour le lendemain. La lettre avait eu le don de chasser toute les préoccupations de l'esprit de la Gryffondor et elle ne souhaitait plus qu'une chose : visiter le bien déniché par l'agente.
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Lorsque Molly l'appela pour le dîner, Hermione referma vivement son livre et s'apprêtait à sortir de la pièce lorsqu'un bruissement d'ailes suivi d'un léger hululement se firent entendre par la fenêtre ouverte.
L'oiseau attendit patiemment que la Gryffondor détache la missive avant de s'ébrouer et de repartir. Hermione lut les quelques mots qui y étaient inscrits et son cœur fit un bon dans sa poitrine. Ses projets allaient, enfin, pouvoir avancer !
OoOoOoO
Ce fut donc d'un pas décidé et plutôt guilleret qu'elle se dirigea vers l'agence, le lendemain à dix-huit heures quinze. Lorsqu'elle poussa la porte, Miss Anson l'attendait, assise à son bureau.
- Miss Granger ! Quel plaisir de vous revoir ! l'accueillit la grande femme blonde.
- Le plaisir est partagé, Miss Anson, surtout si vous avez de bonnes nouvelles pour moi.
- Pas de bonnes nouvelles, d'excellentes ! J'ai dégoté le bien parfait pour vous !
- Vous m'en voyez ravie. Pouvons-nous le visiter ? demanda la Gryffondor en trépignant littéralement d'impatience.
- Bien sûr, nous y allons de ce pas, sourit la jeune femme en saisissant son sac à main ainsi qu'un trousseau de clefs.
Les deux femmes marchèrent pendant quelques minutes sur le Chemin de Traverse et Hermione remarqua qu'elles passèrent devant le bar que Malefoy lui avait fait découvrir. Elle ne s'était jamais aventurée plus loin dans l'allée et fut alors surprise de découvrir qu'elle formait une petite impasse. Le sol y était pavé et il y avait une fontaine en son centre. L'endroit était très beau. Soudain Hermione sentit son angoisse monter. Cette petite place était visiblement très bien cotée et elle n'avait décemment pas les moyens de se loger dans un endroit pareil. L'agente avait certainement dû commettre une erreur en l'emmenant ici. Elle avait confondu son dossier avec celui de quelqu'un d'autre, c'était la seule explication.
- Vous… euh, vous êtes certaine que nous sommes au bon endroit ?
- Oui, Miss Granger, affirma la blonde en partant d'un petit rire fluet.
Cette dernière la mena alors devant un bâtiment très élégant avec de larges fenêtres. Lorsqu'elles entrèrent, Hermione apprécia tout de suite les parties communes de l'immeuble. Tout était fait d'un bois qui semblait très ancien et cela donnait beaucoup de cachet. Miss Anson prit les devant et commença à monter les étages en empruntant un imposant escalier. Elles montèrent un étage, deux étages, trois étages... et lorsqu'elles arrivèrent, finalement, au cinquième, Hermione avait les jambes coupées par l'effort. La jeune femme nota qu'elles étaient arrivées au dernier étage puisque l'escalier donnait uniquement sur un palier. Palier où une seule porte était visible.
L'agente immobilière fouilla quelques secondes dans son sac à main et en ressortit un trousseau de clefs. Elle tourna rapidement l'une d'entre elles dans la serrure et s'effaça devant la Gryffondor :
- Après vous, Miss Granger, dit-elle en souriant de toutes ses belles dents blanches.
Hermione ne se fit pas prier et pénétra rapidement dans l'appartement. Elle balaya la pièce du regard et une sueur froide coula le long de son dos. Ses peurs venaient d'être confirmées : cet endroit était visiblement bien trop cher pour elle. Elle se tourna vers la blonde et celle-ci la rassura immédiatement :
- Ne vous inquiétez pas, je ne vous aurais jamais fait visiter ce bien s'il ne rentrait pas dans votre budget.
- Mais... comment ?
- Chaque chose en son temps, premièrement, permettez-moi de vous faire visiter.
- Hum, oui bien sûr, répondit vaguement Hermione.
L'agente devait de toute évidence se moquer d'elle. Il n'y avait aucun moyen pour que cet endroit rentre dans son budget si insignifiant.
Elle prit toutefois un grand plaisir à faire la visite. L'endroit était spacieux, sans pour autant paraître démesuré et un sentiment de sécurité y régnait. Elles visitèrent tout d'abord le large salon donnant sur une cuisine américaine toute équipée. Miss Anson lui présenta ensuite une première chambre, assez grande, avec une salle de bain et un dressing attenants. Puis une seconde, plus petite. Une autre salle de bain, plus large que celle de la première chambre et comportant, cette fois-ci, une baignoire. L'agente termina la visite par une pièce qui pouvait servir aussi bien de bureau que de pièce de rangement.
Le temps qu'elles reviennent dans le salon et qu'elles s'asseyent sur le canapé, Hermione était tombé amoureuse de cet endroit. Tout était magnifique. La décoration avait été faite avec beaucoup de goût et elle-même n'aurait pas pu faire mieux. C'était simple, elle avait l'impression de visiter l'appartement de ses rêves. Toutefois, un épineux problème demeurait.
- Miss Granger, il faut que vous compreniez que ce genre de bien est extrêmement rare sur le marché. Surtout en location, expliqua l'agente d'une voix experte. Et d'autant plus qu'il reste entièrement meublé.
« Ô joie ! » voilà que le prix allait s'élever encore davantage...
- Pour dire vrai, je n'avais jamais reçu une demande aussi étrange de toute ma carrière, avoua-t-elle. Le propriétaire m'a expressément demandé que cet appartement vous soit loué pour un prix de cinquante Gallions par mois...
Le cœur d'Hermione fit un bon dans sa poitrine et ses yeux s'écarquillèrent de surprise. Elle dut se répéter plusieurs fois les paroles de la belle blonde pour tout assimiler correctement mais buta sur un passage.
- Comment ça « le propriétaire vous a expressément demandé que cet apparemment me soit loué » ? demanda-t-elle, méfiante.
- Euh… eh bien oui, Mr… je veux dire le propriétaire de l'appartement, se reprit l'agente, a bien spécifié que je ne devais le présenter qu'à Miss Hermione Granger. Et quand il m'a fait part du prix de la location, je ne puis vous cacher que j'ai été grandement surprise, surtout après avoir moi-même visité les lieux ! Mais le propriétaire a été catégorique sur ce point.
L'ébauche de joie qu'Hermione avait ressentie, quelques secondes auparavant, s'envola rapidement en fumée. Il ne lui avait pas fallu plus de cinq secondes pour comprendre qui était derrière tout cela après les explications de Miss Anson.
- Je suis désolée de vous avoir fait perdre votre temps, Miss Anson mais je ne compte pas louer cet appartement, dit-elle posément.
- Qu... QUOI ?! s'exclama vivement l'intéressée. Miss Granger, vous vous rendez bien compte que c'est une opportunité qui ne se présentera qu'une fois... Surtout dans votre situation.
- Ma situation ?
- Eh bien oui, je veux dire, un endroit pareil, avec vos moyens..., expliqua maladroitement la jeune femme.
- Me traitez-vous de cas social, Miss Anson ? se récria Hermione.
- Non ! Bien sûr que non, Miss Granger ! Mais je veux dire...
- Je vois parfaitement ce que vous voulez dire, la coupa sèchement la Gryffondor. Je suis vraiment désolée de vous avoir fait perdre votre temps mais je n'aurai plus besoin de vos services à l'avenir.
Elle se leva vivement du canapé et quitta l'appartement de ses rêves.
« Maudite fouine ! » pensa-t-elle en serrant si fort ses poings que ses ongles s'enfoncèrent dans sa peau, lui arrachant un petit cri. Qui d'autre que ce snobinard de Malefoy pouvait bien lui faire un coup pareil ?! La rabaisser à ce point devant l'agente en lui faisant la charité ! Elle se sentait plus bas que Terre...
Après ça, il osait lui parler de ses soi-disant problèmes d'argent ?! Avec l'appartement qu'elle avait vu, la maison de France, sans compter le Manoir, il ne savait clairement pas ce que c'était que d'avoir des problèmes d'argent ce petit con. Il fallait vraiment qu'il ouvre les yeux sur la réalité qui l'entourait. Tout le monde n'était pas né riche à ne plus savoir que faire de ses Gallions. Juste parce que Monsieur avait perdu une petite partie de sa fortune, il se disait avoir des problèmes d'argent ?! Oh ça oui, il allait en avoir des problèmes ! D'un tout autre genre quand Hermione lui tomberait dessus, le lendemain. Abandonnée la résolution de prendre des distances, elle comptait bien aller lui faire savoir le fond de sa pensée dès son arrivée au Ministère. Surtout, elle lui indiquerait clairement, et sans détour, où il pouvait aller se mettre sa charité et sa pitié à deux noises. Il n'était qu'un vil serpent qui ne manquait jamais une occasion de se mettre en avant et de rabaisser les gens autour de lui mais elle n'allait certainement pas se faire intimider par Malefoy et ses richesses.
OoOoOoO
Quand Drago arriva au Ministère, le lendemain matin, il n'était pas nécessairement de mauvaise humeur. Son fils n'avait pas fait mention de leur échange de la veille et Micky avait préparé son petit déjeuner préféré. Toutefois, Drago sentit immédiatement sa meilleure amie la mauvaise humeur faire un retour fanfaronnant quand il s'approcha de son bureau.
La cause de ce retour ? Rien d'autre que Granger qui patientait devant la porte de son bureau, les bras croisés, un pied battant la mesure et les yeux lançant des éclairs menaçants. Cette fille ne pouvait-elle donc jamais être un minimum aimable ?! D'autant plus que Drago n'avait tout simplement aucune idée de ce qui avait pu la mettre dans cet état. Il s'attendait bien à la voir venir lui parler dans les prochains jours mais certainement pas avec cette expression là sur le visage.
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- Granger, qu'est-ce que j'ai encore pu faire pour te déplaire ? demanda Drago, à brûle-pourpoint et d'un ton désabusé en arrivant à sa hauteur.
La jeune femme ne répondit pas alors le Serpentard ouvrit la porte de son bureau d'un coup de baguette. Aussitôt, Granger s'engouffra dans la pièce comme un ouragan et le blond comprit qu'il aurait le droit à un nouvel accès de rage de sa part. Il commençait cependant à y être habitué maintenant et ne s'en formalisa pas plus que cela.
Il pénétra à son tour dans le bureau et alla s'asseoir sur son fauteuil. Il posa finalement un regard interrogateur sur la Gryffondor qui était restée plantée près de la porte d'entrée. Porte d'entrée que Drago avait pris grand soin de fermer derrière lui.
- Pourquoi tu as fait ça, Malefoy ? attaqua Granger.
- Fait quoi ?
- Oh tu le sais parfaitement, ne joue pas au con avec moi !
- Si tu veux parler de la location... commença-t-il.
- Oui parfaitement ! La location... Alors explique, Malefoy, tu as eu un soudain accès de générosité ? demanda la jeune femme, sarcastique.
Drago ne comprenait vraiment pas pourquoi elle s'en prenait à lui de cette façon. Après tout, il avait seulement souhaité lui rendre service et, pour une fois, sans arrière-pensée.
- Et bien j'ai pensé que...
- Oh tu penses toi, maintenant ?!
- Granger... la menaça le bond qui commençait à être irrité par son ton condescendant.
- Malefoy...
- Je pensais seulement te rendre service !
- Me... me rendre service ?! Me rendre service en me faisant la charité ?! explosa la jeune femme.
- Écoutes...
- Non toi écoute, Malefoy ! Je ne sais pas ce qui est encore passé dans ta tête de fouine mais me faire passer pour une pauvre fille devant l'agente immobilière... merci ! Je n'ai certainement pas besoin de ta pitié, d'ailleurs je n'ai besoin de la pitié de personne !
La Gryffondor ressemblait à une véritable lionne en cet instant et Drago eut un mouvement de recul instinctif.
- Qu'est-ce qu'elle t'a dit, l'agente ? l'interrogea-t-il en essayant de contrôler sa voix.
- On s'en fout ! Je suis passée pour une fille faisant l'aumône devant elle, ce que je n'accepte certainement pas et ça c'est de ta faute !
- Comme je l'ai dit, je pensais seulement te rendre service ?
- Et je peux savoir en quoi me faire passer pour une mendiante peut me rendre service ?! demanda la jeune femme en levant les yeux au ciel.
- J'ai bien vu le regard que tu as lancé quand je t'ai demandé où tu vivais. Je me doute parfaitement que tu n'es pas heureuse chez les Weasley. Et quand tu as fait part de ton manque d'argent, j'ai pensé à mon appartement inoccupé, voilà tout, expliqua calmement Drago.
- Voyez-vous cela... Tu sais, j'aurais pu croire à ton excuse, Malefoy, mais je sais parfaitement que tu es incapable de faire une action désintéressée.
Drago garda le silence.
- Aurais-tu donc tellement envie de me dénigrer que tu en viendrais à vouloir me faire croire que tu me louerais ton appartement à bas prix ?
- Ce n'est pas ça. Tu ne comprends pas...
- Oh mais je t'en prie, explique-moi tout !
- Tu n'as plus de maison à cause de ma famille, je pensais juste...
- Ahahah ! Sérieusement, Malefoy ? Tu pensais véritablement que me louer ton appartement compenserait le fait que ton Mangemort de père et ta folle de femme ont assassiné mon mari et ma fille ?! s'exclama la jeune femme d'un rire sans joie.
- Je... non bien sûr, tenta de se rattraper Drago. Oh et puis merde, Granger ! J'ai fait ça uniquement dans ton intérêt et je n'avais absolument pas l'intention de te manquer de respect, bien au contraire et si tu ne peux pas le comprendre et bien tu es encore plus idiote que je ne le pensais !
- C'est ça !
Elle allait partir mais Drago reprit la parole.
- Écoute, peut-être que j'aurais dû t'en parler avant. Mais je t'assure que ça ne partait que d'un bon sentiment. Maintenant, je sais très bien que tu as une fierté mal placée...
- Oh tu peux parler, Malefoy, cracha la jeune femme, acide.
- ... Mais sache que la proposition tient toujours, termina Drago.
- Je ne VEUX pas vivre chez toi, bordel ! T'es vraiment tombé sur la tête, Malefoy et je te répète que je n'ai pas besoin de ta pitié ! Au revoir.
Drago la vit quitter le bureau comme une furie.
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Il était terriblement irrité maintenant mais – et cela le surprit grandement – surtout triste. Il avait eu cette idée dès le samedi soir lorsqu'il avait vu le regard de la Gryffondor et qu'il avait compris qu'elle ne supportait pas de vivre chez ses beaux-parents. Il s'était alors empressé de tout préparer, à peine était-il rentré au Manoir. Il avait même pris rendez-vous avec l'agente immobilière du Chemin de Traverse dès le lundi matin. Tout ça pour se faire rembarrer par Granger et sa stupide fierté !
Bon, à dire vrai, s'il avait été à sa place, il aurait certainement eu la même réaction qu'elle. Enfin, tout de même ! Il lui offrait un luxe indéniable et n'en demandait pratiquement aucune contrepartie. D'ailleurs, même s'il avait avoué faire ça pour sa propre conscience, il s'était en quelque sorte un peu attaché à la jeune femme, ces derniers temps et sa condition de vie l'avait quand même dérangé. Non pas qu'il avait de quelconques « sentiments » à son égard, ça non. C'était plutôt comme si une sorte de lien étrange s'était créé entre eux.
D'autant plus maintenant, alors qu'il ne cessait de fantasmer sur elle et qu'il avait été témoin de son « pouvoir » sur lui. D'ailleurs, le fait d'avoir pris conscience du « pouvoir » que le contact de la peau de Granger avait sur la sienne lui donnait encore plus envie de continuer à la fréquenter. Cependant, il savait parfaitement qu'il ne devait rien brusquer. C'est justement pour cela qu'il avait pensé que lui louer son appartement aurait pu être une bonne chose pour l'avancement de son plan « coucher avec Granger ». On ne savait jamais, si un jour, pour une quelconque raison, son fils le mettait hors de lui et qu'il avait besoin de dormir ailleurs qu'au Manoir...
Enfin, cela ne se ferait sûrement pas, étant donné la réaction de la brune. Mais Drago ne désespérait pas. Il savait parfaitement que, tout comme lui, elle était d'un tempérament volcanique, surtout en ce moment et il avait bon espoir qu'elle revienne à la raison. Cela ne l'empêchait cependant pas de se sentir mal à l'aise vis-à-vis des propos de la jeune femme qui affirmait qu'il souhaitait seulement se moquer de sa condition en lui faisant la charité. Il soupçonnait cette stupide agente immobilière de ne pas avoir relativisé les choses et cela le rendait furieux. Il allait avoir une sérieuse conversation avec elle.
Seulement, pour le moment, il avait d'autres chats à fouetter ou plutôt d'autres dossiers à consulter et le cas Granger devrait attendre.
Eh oui… notre Drago semble beaucoup plus inquiet à l'idée d'avoir eu une parole ou un geste malencontreux qu'autre chose... Et, non, aucun rapprochement n'aura eu lieu durant la nuit ! ;)
En ce qui concerne l'appartement, vous ne l'aviez pas vu venir, n'est-ce pas ? Notons, au passage, toute la subtilité de Drago qui, pour se rapprocher d'Hermione, lui propose de venir s'installer dans « son appartement inoccupé » ... ^^
Je pense que vous allez beaucoup m'en vouloir d'avoir si rapidement « brisé » leur complicité naissante avec une énième dispute... Mais que voulez-vous, ces deux-là sont tellement fiers !
J'espère que vous avez tout de même remarqué - et apprécié - leur nouveau rapprochement ayant eu lieu avant le départ d'Hermione. Ainsi que les découvertes de Drago à propos de sa cicatrice...
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De nouvelles théories ? Des remarques ? Des critiques ? N'hésitez pas ! :)
Des milliers de mercis à tous ceux qui prendront un peu de leur temps pour laisser une review !
Kisses et à très vite,
Chalusse
PS : ma semaine va être extrêmement chargée et je ne suis pas certaine d'être en mesure de publier un chapitre mercredi. Je vais, bien évidemment, tout faire pour que ce soit le cas mais je m'excuse par avance auprès de vous si jamais le chapitre 14 n'était mis en ligne que dimanche… J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop :/.
