Bonjour à tou(te)s !
Nous sommes dimanche et il est donc temps pour vous de découvrir le nouveau chapitre !
Mille mercis à mes génialissimes revieweuses ainsi qu'aux super lecteurs qui ont fait des ajouts en favoris/alertes.
Vous êtes de plus en plus nombreux à lire cette fic' mais je constate, malheureusement, que ce n'est pas pour cela que le nombre de revieweurs augmente… Ce que je déplore réellement. :/ Laisser une review ne prend pas forcément beaucoup de temps mais fait toujours plaisir à l'auteur… A bon entendeur ;).
.
RàR anonyme :
Bérangère : Coucou ! :) Ça me fait super plaisir que tu aies apprécié le dernier chapitre et que tu aies trouvé naturel le passage où Hermione annonce son déménagement « imminent ». Notre Drago adoré semble laisser tomber quelque peu son masque et cela le rend, en effet, plus attachant qu'auparavant. Suffisamment pour qu'Hermione s'attache à lui ? Ça, je ne sais pas. C'est vrai que nous sommes dans un Dramione et c'est justement pour cela qu'il ne faut pas, selon moi, s'attendre à ce qu'ils se sautent dans les bras rapidement (s'ils se sautent dans les bras un jour ^^). Cette fic' est vraiment très longue (10e plus longue fic' sur l'autre site où je l'ai publiée) ce qui fait que je prends mon temps et que je tiens à ne, surtout, rien précipiter. Alors les deux « zozos se mettront-ils ensemble à un moment » ? Suspens ! Et si oui, parviendrais-je à contourner l'obstacle « Weasley » ? Suspens également ! ;)
En ce qui concerne Scorpius, je suis désolée mais, comme j'ai pu le mentionner à une autre revieweuse, il faudra prendre (quelque peu) son mal en patience. Cette fic' est très longue (comme j'ai pu le dire précédemment) et cela signifie que beaucoup de choses doivent se mettre en place. De ce fait, certains personnages ne peuvent pas apparaître tout le temps. De même que d'autres ne feront leur apparition que plus tard… Il faudra donc patienter un peu mais je te promets que tu auras largement le temps de profiter de nouveaux passages « Scorpius » avant la fin !
Voilà ! Comme d'habitude, je te remercie très chaleureusement pour ta review ! Je voulais t'envoyer cette réponse par MP mais comme je ne savais pas si tu aurais de nouveau accès à ton compte avant aujourd'hui, j'ai préféré écrire ta RàR ici. Bref, encore mille mercis ! Bisous ! :)
.
Bref, voici tout de suite le chapitre 15 ! J'espère qu'il vous plaira ! Bonne lecture…
Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 15 : Déménagement et désagréments (Partie 2)
- Granger, tu voudrais emménager dès ce soir ?
.
Il fallut quelques secondes à Hermione pour que la proposition de Malefoy fasse son chemin jusqu'à son cerveau. Quand elle finit par le faire, ce dernier sembla décréter qu'avoir son propre espace où elle pourrait pleurer autant qu'elle le souhaiterait, sans que les Weasley ne viennent l'importuner d'une quelconque façon, était ce dont elle avait besoin et elle releva vivement la tête vers le blond.
Malefoy était toujours sur le pas de la porte, son épaule négligemment appuyée contre le montant. Aucune parole ne fut échangée mais, lorsque Hermione hocha lentement la tête de haut en bas, elle vit un léger sourire apparaître sur les lèvres du Serpentard. Elle n'y prêta toutefois pas plus d'attention que cela. S'approprier les lieux dès maintenant signifiait devoir retourner rapidement au Terrier afin d'y récupérer ses affaires et faire ses au revoir aux Weasley. Cela nécessitait qu'aucune larme ne soit plus versées et, surtout, que son visage retrouve figure humaine.
OoOoOoO
- Ma chérie, tu es certaine de n'avoir rien oublié ? demanda Mrs Weasley, sa voix tremblotant légèrement.
- Oui, Molly, tout est dans mes sacs.
- Bon eh bien, je pense que l'heure est venue de te dire au revoir.
- Au revoir, Hermione... et à demain au travail, ajouta Mr Weasley d'un ton plus guilleret en lui faisant un clin d'œil.
Hermione le soupçonnait de vouloir faire passer un message subliminal à sa femme en essayant de dédramatiser la situation. Oui, elle quittait le Terrier. Oui, ils n'aillent plus vivre sous le même toit et se voir chaque jour. Néanmoins, ce n'était pas comme si elle quittait le pays pour ne plus jamais revenir. Hermione savait parfaitement qu'elle serait amenée à voir les Weasley régulièrement – ce qui ne la dérangeait absolument pas, puisqu'elle les considérait comme sa propre famille – et, bien évidemment, Molly le savait aussi. Cette dernière semblait, cependant, bien décidée à ne pas « laisser partir sa dernière fille de la maison », comme elle le disait si bien, sans verser quelques larmes.
- A bientôt, Mr Weasley, lui répondit Hermione en souriant.
Ils s'étreignirent un peu maladroitement pendant quelques secondes puis Hermione se tourna vers Molly.
Elle n'eut pas le temps de dire quoique ce soit que cette dernière lui sautait déjà au cou, la serrant contre elle à lui en briser les os.
- Fait bien attention à toi, ma chérie !
- Oui, Molly, ne vous inquiétez pas, articula difficilement la jeune femme tant la matriarche lui coupait la respiration
- N'hésite surtout pas à nous demander quoi que ce soit, si tu as besoin !
- Oui, Molly...
- Tu es sûre que tu as tout ce qu'il te faut ?
- Oui.
- Bien.
Hermione l'étreignit encore quelques secondes et, lorsqu'elles se détachèrent, la jeune femme pu remarquer que des larmes avaient coulé sur les joues rebondies de sa belle-mère. Elle s'approchait de la porte d'entrée lorsque Molly reprit la parole.
- Hermione ?!
- Oui ?
- Tu as bien pris toute la nourriture ?!
- Oui, Molly, souffla gentiment Hermione, pour ce qui lui semblait être la centième fois de la journée.
- Bien, bien.
La jeune femme tourna doucement la poignée, vérifiant que ses deux sacs à main étaient sur son épaule et s'apprêtait à quitter la maison quand elle entendit une nouvelle fois la voix de la mère de Ron s'élever derrière elle :
- Hermione ? Tu comptes faire une pendaison de crémaillère ?
- Je ne sais pas, Molly...
- Ce serait tellement bien ma chérie ! Comme cela, nous serions tous réunis et, si tu le souhaites, je pourrais tout organiser !
- Je n'y ai franchement pas réfléchi, répondit Hermione un peu plus froidement qu'elle ne l'aurait souhaité.
- Ah...
- Mais je vous promets que je vous tiendrais rapidement au courant ! se rattrapa tant bien que mal la jeune femme, dans une vaine tentative d'excuse.
Contre toute attente, cela sembla fonctionner sur la matriarche puisqu'elle s'exclama :
- Parfait ! Je vais déjà réfléchir aux préparatifs !
Hermione lança un regard apeuré à Mr Weasley, qui pouffa silencieusement et franchit finalement le seuil de la porte. Derrière elle, elle entendait Molly lui crier des « Au revoir ma chérie ! Prend soin de toi ! ».
Hermione aimait énormément Molly Weasley mais le tempérament surprotecteur et maternel de cette dernière lui tapait, parfois, vraiment sur le système.
Elle fut donc très heureuse de retrouver son nouveau chez elle.
OoOoOoO
Lorsqu'elle arriva dans son nouvel appartement, il était aux environs de dix-huit heures. Malefoy patientait toujours dans le canapé et, après avoir franchi la porte, Hermione remarqua qu'il lisait un livre. Jamais elle n'avait imaginé que le blond puisse apprécier la lecture. Cependant et avant qu'elle ait pu faire la moindre remarque, il fit disparaître l'ouvrage d'un coup de baguette et s'avança vers elle :
- Tu en as mis du temps, je pensais que toutes tes affaires étaient prêtes ?! l'agressa-t-il.
- Elles l'étaient, mais Molly Weasley à... en quelque sorte, retardé mon départ au maximum.
- Hum... Et tes affaires, elles sont où ?
Hermione lui montra ses deux sacs à mains magiquement agrandis et ajouta :
- Je n'ai pas énormément d'effets personnels. D'ailleurs, je te remercie de laisser l'appartement meublé.
- Hum... grogna le blond.
Hermione ne lui tint pas rigueur de sa mauvaise humeur et déposa ses bagages dans un coin de la pièce. L'un d'eux bascula et elle entendit un bruit sourd.
- Oups. Ce sont les livres, ils ont dû tomber, expliqua-t-elle devant l'œillade interrogative de Malefoy.
- As-tu besoin de quoi que ce soit ? demanda-t-il, professionnellement.
- Non, je ne pense pas, répondit la jeune femme après quelques secondes de réflexion.
- Bon et bien il ne me reste plus qu'à te remettre les clés et à te souhaiter un bon emménagement.
Joignant le geste à la parole, il sortit un trousseau de sa poche et le tendit à la jeune femme. Celle-ci le réceptionna tandis que leurs doigts s'effleuraient, provoquant une nouvelle vague de chaleur chez leur propriétaire respectif.
Malefoy s'avança vers la porte mais se retourna au dernier moment :
- J'ai oublié de te parler de la sécurité. La porte ainsi que la cheminée sont équipées de sorts de détection d'intrus. Personne ne pourra tenter de pénétrer ici sans que tu donnes ton consentement. Un sortilège d'anti-transplanage est également en place et ceci s'applique pour toute personne étrangère à l'appartement.
Sur ces mots, Malefoy tourna les talons et s'apprêtait à partir lorsque Hermione entendit sa propre voix l'interpeller :
- Malefoy ?
Il se retourna une nouvelle fois, ses yeux interrogateurs croisant ceux de la Gryffondor et elle se sentit rougir quelque peu. Comme d'habitude, elle avait l'impression que le blond la passait au rayon X mais elle ne tenta pas de s'y soustraire. Bien au contraire, elle s'avança doucement vers lui, gardant ses pupilles fixées dans celles de Malefoy. Parvenue à seulement quelques dizaines de centimètres de lui, ses lèvres s'entrouvrirent et elle lui souffla :
- Merci.
Ce dernier, qui ne s'attendait de toute évidence pas à ce qu'Hermione Granger ne le remercie un jour de quoi que ce soit, resta interdit pendant un moment, puis reprit la parole, un sourire presque moqueur aux lèvres :
- C'est bon, Granger, c'est qu'un appartement. En plus, il ne me sert strictement à rien.
Puis il partit sans rien ajouter. Hermione, qui commençait à connaître le blond, savait qu'il avait parfaitement saisi le sens de ses propos. Elle n'avait pas seulement exprimé sa gratitude d'être devenue la locataire d'un si beau logement. Non, elle avait aussi remercié Malefoy de lui permettre de démarrer une nouvelle vie dans un cadre fantastique et tout cela à un prix qui frisait le ridicule. En cet instant et malgré tout ce qu'elle avait pu faire, dire ou penser, elle n'éprouvait que de la gratitude envers le Serpentard.
Ce fut donc sans retenue qu'elle explosa une nouvelle fois en sanglot.
.
Ceux-ci coulèrent pendant des heures, exprimant la tristesse de savoir que ce jour même, sa fille Rose aurait eu onze ans, ses doutes vis-à-vis de ce que pourrait penser Ron s'il savait qu'elle avait accepté de vivre dans un appartement dont Malefoy était le propriétaire, sa gratitude envers ce dernier, mais traduisant aussi la joie de savoir que les plus sombres heures allaient maintenant être derrière elle.
Finalement, ses larmes se tarirent et Hermione, trouvant un léger réconfort dans l'odeur masculine qui s'élevait des oreillers de son nouveau lit, sombra dans un sommeil de plomb.
OoOoOoO
Il était vingt-deux heures trente et la soirée battait son plein. Seul Drago s'était mis à l'écart et restait imperméable aux supplications de Pansy qui souhaitait ardemment l'entraîner sur la piste de danse avec elle.
- Dray ! Allez viens ! roucoula-t-elle une énième fois en se rapprochant de lui d'une démarche chaloupée.
- Non, Pansy ! répéta-t-il pour la centième fois en lui lançant un regard lourd de sous-entendus.
Malheureusement pour lui, son amie était déjà bien alcoolisée et comptait bien lui faire savoir ce qu'elle pensait de son comportement plus que douteux.
- M'enfin Dray ! Pourquoi tu restes tout seul dans ton coin ?! piailla-t-elle.
- J'ai mes raisons !
- Oh allez, juste une danse... S'il-te-plaît !
- Et bien il ne me plaît pas, Pansy !
Celle-ci se mit à le dévisager bêtement. Visiblement, elle n'avait pas compris le sens de sa phrase.
- Pff, je sais pas ce que t'as aujourd'hui mais t'es trop chiant ! Heureusement que Blaise est là, lui ! Et qu'il sait s'amuser ! balança-t-elle avant de se retourner et de s'enfoncer dans la foule des danseurs.
Machinalement, Drago leva les yeux vers ce dernier. Assis sur une chaise, une bouteille à la main et entouré de délicieuses créatures, il semblait particulièrement apprécier la soirée.
Profitant que ces deux amis soient occupés, le blond se leva, alla payer ses consommations et transplana chez lui.
.
C'était Pansy qui avait lourdement insisté pour qu'ils aillent tous les trois dans cette boîte de nuit du Londres sorcier. Drago, qui avait accepté pour ne pas faire face aux remontrances et aux questions de Pansy, n'avait cependant pas le cœur à la fête.
Une fois rentré chez lui et débarrassé de ses vêtements, il s'allongea dans son lit, attendant que le sommeil fasse son œuvre. Toutefois, les verres de Whisky qu'il avait bu semblaient vouloir le tenir éveillé encore quelques temps et il passa près de deux heures à se tourner et à se retourner dans son lit, cherchant désespérément une position plus confortable. N'y tenant plus, il se releva et marcha en direction de sa salle de bain. Il était près de deux heures du matin mais il songea qu'un bain relaxant pourrait lui faire du bien.
Le dos appuyé contre la fonte, réchauffée par l'eau, de sa baignoire, Drago ferma paresseusement les yeux et plongea dans ses pensées. Celles-ci s'arrêtèrent sur les propos de Pansy. Bien sûr, elle avait dû trouver cela plus que louche qu'il reste assis seul toute la soirée. Ce n'était évidemment pas dans ses habitudes, puisque Drago était plutôt du genre à boire jusqu'à ne plus se souvenir de son prénom et à draguer le plus de filles possibles. Pourtant, ce soir-là, ses pensées s'étaient tournées vers une seule et même femme : Granger. Il imaginait sans difficulté que cette dernière s'était, à peine avait-il eu quitté l'appartement, remise à pleurer et, étrangement, la savoir seule avec sa tristesse le peinait lui aussi. Il avait donc passé sa soirée à essayer de comprendre pourquoi il ressentait cela et l'autre à essayer de boire pour, paradoxalement, tenter d'y voir plus clair...
Quand le bain devint froid, Drago sortit et se redirigea vers son lit.
Le sommeil vint le cueillir, cette fois-ci rapidement et il s'endormit, l'image d'une Granger recroquevillée sur son lit et pleurant toutes les larmes de son corps, imprimée sur sa rétine.
OoOoOoO
Ce fut le grondement de son propre estomac qui réveilla Hermione le lendemain matin. Roulant sur elle-même pour se protéger de la lumière du jour, elle enfouit sa tête dans les oreillers et tenta de se rendormir. Malheureusement, maintenant que son ventre s'était éveillé, il ne semblait plus vouloir la laisser tranquille et quémandait bruyamment de la nourriture. Maugréant, Hermione finit par desceller difficilement ses paupières. Elles avaient tant pleuré, la veille, qu'elles semblaient s'être collées entre elles. Quand Hermione parvint enfin à ouvrir les yeux, de petites taches noires apparurent dans son champ de vision et ne se dissipèrent qu'au bout de longues secondes. En plus de ses yeux qui la piquaient, la jeune femme avait l'impression d'avoir mal partout. Cela était peut-être dû au fait qu'elle s'était endormie toute habillée et dans une position nettement inconfortable.
Après être parvenue à se lever, la Gryffondor mit quelques secondes avant de se rendre compte qu'elle n'était plus au Terrier mais dans son nouvel appartement. Ses jambes se mirent finalement en mouvement et elle se dirigea vers la cuisine. En longeant le couloir, elle remarqua qu'un miroir était accroché non loin et prit grand soin de tourner la tête en passant devant. Elle attendrait d'avoir mangé quelque chose et bu une tasse de café avant de se confronter à son propre reflet.
Elle arriva dans la cuisine et se félicita mentalement pour avoir pensé à ranger toute la nourriture, généreusement offerte par Molly, la veille avant de se mettre à pleurer.
Elle ouvrit le réfrigérateur et en sortit un grand plat dans lequel s'amoncelait des dizaines de pancakes. Sortant une petite assiette de l'un des placards, elle en disposa deux dessus, avant de replacer le plat au frais. Ceci fait, elle s'approcha de la cafetière magique et, d'un coup de baguette, en fit jaillir le précieux liquide noir qu'elle recueillit dans une tasse de la même couleur. Elle s'attabla finalement au bar qui délimitait l'espace entre la cuisine et le salon puis tapota son assiette avec sa baguette afin de faire réchauffer ses mets. Elle y versa un peu de sirop d'érable qu'elle avait déniché dans un autre placard et commença à mâchonner son petit déjeuner.
Dix minutes plus tard, tout était englouti et la jeune femme se sentit en moins mauvaise condition. Elle attrapa l'un de ses deux sacs à main magiquement agrandis et plongea la main dedans avant d'en ressortir de quoi se vêtir pour la journée. Elle comptait la passer à intégrer tous ses effets personnels à son nouveau domicile, de ce fait un débardeur tout simple et un short un peu usé feraient amplement l'affaire. Elle saisit également son autre bagage, contenant tous ses produits cosmétiques et se dirigea vers le couloir.
.
Lorsqu'elle arriva dans la salle de bain, elle ne put éviter de se retrouver face à son reflet et ce qu'elle vit dans le miroir lui fit l'effet d'une gifle monumentale. « Pitoyable » fut le premier adjectif qui lui vint à l'esprit. Ses yeux étaient gonflés et injectés de sang, son nez était rouge à force de s'être trop mouchée, ses lèvres étaient toutes sèches et fendillées par endroit, ses cheveux n'étaient rien d'autre qu'un amas indescriptible de nœuds et son maquillage avait coulé, lui donnant l'air d'un Inferius.
Devant l'image qu'elle renvoyait, Hermione crut qu'elle allait de nouveau de se mettre à pleurer. Elle avait l'impression d'être tellement faible. Se maudissant pour s'être tant laissée aller la veille, elle fonça sous la douche. Elle laissa l'eau couler un bon moment sur elle. Quand elle sentit ses cheveux glisser le long de son dos, signe qu'ils étaient complètement mouillés, elle commença à se laver. Elle demeura, en tout et pour tout, une bonne trentaine de minutes sous la douche et, en ressortant, constata qu'elle avait moins mauvaise mine. Elle passa l'heure suivante à se jeter plein de petits sortilèges divers et variés tels que celui du « Cheveux sans nœuds », puisqu'elle n'avait pas refait son stock de Lissenplis, ainsi qu'à s'enduire de crèmes magiques qui faisaient disparaître les irritations.
Finalement satisfaite d'avoir repris figure humaine, Hermione se vêtit et entreprit de sortir de son sac tout ce dont elle aurait besoin au quotidien. Ceci fait, elle se dirigea vers le dressing attenant à sa nouvelle chambre. Elle s'était attendue à y trouver des affaires appartenant à Malefoy mais il semblait avoir pris le temps de tout vider et elle put y ranger de l'ensemble ses vêtements sans le moindre problème.
.
A midi et demi, la jeune femme s'accorda une pause et grignota négligemment une barre de céréale. Elle n'avait pas réellement faim et préférait ne pas perdre de temps afin de tout ranger avant de retourner au travail le lendemain matin. Elle passa les deux heures suivantes à déposer, çà et là, les différents objets qu'elle avait conservé de son ancienne maison. Ce qui lui prit le plus de temps fut de sortir tous ses livres puis de les ranger à différents endroits de l'appartement. Malefoy ne possédait pas, ici, de bibliothèque à part entière et Hermione dut donc se résigner à laisser les livres qu'elle appréciait le moins dans son sac. Elle rangea ses favoris sur les étagères prévues à cet effet dans sa chambre. Ceux qu'elle aimait un peu moins dans de petites niches aménagées dans le mur du salon. Elle déposa le reste dans la seconde chambre. En y avisant le lit une place, une pensée traversa soudain la Gryffondor. Elle avait complètement oublié de demander à Malefoy ce à quoi cet endroit lui servait. Enfin, avait pu lui servir puisque, maintenant, c'était elle qui y vivait et que le blond, quoiqu'il ait pu fabriquer dans cet endroit, devrait s'en trouver un autre.
Hermione vit toutefois son affirmation être rapidement remise en cause lorsque, quelques heures plus tard, la cheminée du salon se teinta de vert et qu'elle observa son propriétaire en sortir.
OoOoOoO
Drago avait passé la journée à ruminer ses pensées. Ou plutôt son unique pensée : Granger. Un sentiment étrange l'avait envahi au petit matin. Il se sentait coupable. Coupable de l'avoir laissée toute seule, la veille, dans un état aussi lamentable. Drago n'était certainement pas habitué à ce genre de pensées saugrenues et n'avait eu de cesse que de tenter de se convaincre qu'elle allait parfaitement bien. D'ailleurs, il ne comprenait absolument pas pourquoi il pouvait ressentir ce genre de chose. Après tout, ce n'était même pas de sa faute si elle avait pleuré.
Dix-huit heures sonnèrent et le Serpentard se sentait toujours aussi mal. Il avait pourtant passé sa journée à faire toutes sortes d'activités sportives ayant pour but de se défouler autant que de maintenir sa condition physique à son maximum. En sortant de la douche, il avait d'abord pensé à parler de son mal-être à son fils, mais il se ravisa rapidement en imaginant la montagne de questions que ce dernier lui poserait s'il osait lui avouer qu'il s'inquiétait pour Granger. Ah tiens... il était passé de « se sentir coupable » à « s'inquiéter ». Maugréant contre lui-même, le blond ouvrit sa penderie et en sortit des vêtements décontractés. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Fallait-il faire profil bas ? Lui envoyer un hibou ? Aller directement prendre de ses nouvelles ?
Non, Drago ne savait pas ce qu'il devait faire. Par contre il savait parfaitement ce qu'il avait envie de faire. C'est à dire se servir un verre de Whisky-Pur-Feu. Il descendit donc dans le salon et ouvrit le placard qui contenait sa réserve. Saisissant une bouteille, il s'avança vers celui contenant les verres. L'un dans une main et la bouteille dans l'autre, il se remémora la soirée qu'il avait passée avec Granger, dans sa villa de France.
Il eut soudain comme une illumination. Reposant le verre, il attrapa plutôt une seconde bouteille et se dirigea, tout sourire, vers la bibliothèque. Il fallait qu'il prévienne Scorpius qu'il ne rentrerait sûrement pas tôt ce soir et surtout, qu'il demande à Narcissa si elle pouvait garder son petit-fils.
Une heure plus tard, Drago attrapait un peu de poudre de cheminette dans un pot, pénétrait dans l'âtre et déclarait d'une voix forte :
- Appartement Malefoy, Chemin de Traverse.
}{
Hermione était tranquillement en train de passer le balai dans le salon lorsqu'un feu vert émeraude crépita soudainement dans sa cheminée. Quelques secondes plus tard, Malefoy en sortait. Surprise d'avoir de la visite à cette heure et surtout qu'il s'agisse du blond, la jeune femme s'immobilisa. Elle darda son regard sur l'intrus et vit que celui-ci faisait de même, ne se gênant absolument pas pour détailler sa tenue. Hermione prit conscience qu'elle n'était que très peu vêtue et tenta naïvement de se cacher derrière son balai, ce qui fit beaucoup rire Malefoy. Voyant qu'il ne semblait nullement pressé d'expliquer les raisons de sa soudaine venue, la Gryffondor décida de prendre les devants.
- Qu'est-ce que tu fous là, Malefoy ?!
- Quel accueil ! ironisa le blond.
- Répond !
- Moi qui m'attendais à te voir effondrée dans un coin, prête à faire déborder la Tamise, tu me vois ravi de constater que tu as récupéré tes facultés de Miss insupportable.
- Oui, eh bien, maintenant que c'est fait, tu peux dégager, l'informa-t-elle, faisant fi de ses commentaires
Elle se retourna et continua de balayer, s'attendant à entendre rapidement le bruit caractéristique d'une porte qui s'ouvre, puisqu'elle ne possédait pas de poudre de cheminette. Toutefois, rien ne vint. Une fois arrivée à l'autre extrémité de la pièce, Hermione n'eut d'autre choix que de faire de nouveau face au blond. Il était assis sur l'une des hautes chaises qui entouraient le bar et semblait l'observer depuis un moment. Attrapant sa baguette posée sur le canapé, Hermione donna un coup vers le petit tas de saleté qu'elle avait accumulée, ce qui fit de nouveau pouffer Malefoy. Agacée par son comportement, Hermione le fixa et aboya :
- Quoi ?!
- Rien, rien, Granger !
- Je sais que tu meurs d'envie de me dire quelque chose, alors surtout ne te retiens pas, dit-elle de mauvaise grâce.
- Puisque tu insistes tant... Tu es tellement paradoxale que s'en est risible.
- Pardon ?
- Eh bien oui... Tu es une sorcière - certainement l'une des meilleures que je connaisse - et tu passes pourtant le balai comme une moldue. Le pire, c'est qu'une fois cela fait, tu te sers de ta baguette pour ramasser... Avoue quand même que tu es bizarre.
Hermione ne répondit rien. Elle ne savait pas si le blond l'avait fait intentionnellement ou pas – sûrement pas, d'ailleurs – mais il venait de la complimenter. Il s'agissait, en plus, d'un sacré compliment lorsque l'on considérait la personne qui venait de le faire. Malefoy qui avouait qu'elle était l'une des meilleures sorcières qu'il connaissait, c'était un peu comme si Harry promettait de ne plus jamais s'attirer d'ennuis. Autrement dit, quelque chose de totalement inconcevable. La brune ne préféra donc pas relever ce point ni même la suite. Elle aimait faire des choses à la façon des Moldus, même si elle reconnaissait que la façon sorcière était bien plus rapide, d'où le mélange des deux.
.
- Qu'est-ce que tu fiches ici, Malefoy ? lui redemanda-t-elle plutôt.
Celui-ci ne répondit rien mais lui désigna quelques chose, posé derrière lui sur le plan de travail. Hermione se décala pour mieux voir et aperçut deux bouteilles d'alcool.
- C'est un cadeau d'emménagement ? s'informa-t-elle, ne comprenant pas les intentions de son propriétaire.
- Ce que tu peux être naïve, Granger !
- Je ne suis pas naïve, Malefoy et répond-moi clairement au lieu de tourner autour du chaudron.
Pour toute réponse, Hermione le vit se lever, contourner le bar, ouvrir un placard d'où il extirpa deux verres, attraper l'une des deux bouteilles et venir s'asseoir, comme si de rien n'était, sur le canapé. Ceci fait, il se saisit de la bouteille, la déboucha et versa un peu de son contenu dans les deux verres. Il en prit un et le tendit à Hermione. Celle-ci, stupéfaite, ne réfléchit pas et le prit. Toutefois, elle darda un regard plus qu'interrogateur sur le blond et celui-ci reprit la parole.
- C'est pourtant évident, Granger, je viens me soûler avec toi !
- Hein... Mais… Mais, balbutia-t-elle comme une enfant.
- Mais ? Mais ?
- Je ne veux pas me soûler ! Et surtout pas avec toi !
- Oh pitié Granger ! Après ce que j'ai vu hier, boire un verre ne te fera certainement pas de mal et puis je ne vois pas qui d'autre que moi pourrait remplir cette mission... Hormis si tu me dis que Potter s'est mis à picoler, auquel cas je demanderais une preuve, ajouta-t-il en partant d'un petit rire goguenard.
Hermione se mit immédiatement à rougir en repensant à l'état dans lequel elle s'était trouvée la veille tandis que le blond était encore là.
- Ok, accepta-t-elle. Mais je veux savoir à quoi te servais cet appartement ?
Ce chantage était totalement idiot et puéril, elle le savait bien, mais elle avait véritablement envie de savoir. Elle s'était rendue à l'évidence, Malefoy avait raison, en cet instant, elle avait plus que besoin d'un petit remontant.
- Marché conclu, mais je vais avoir besoin de vider un peu la bouteille avant de te parler de ça, accorda-t-il en levant son verre vers elle pour qu'ils trinquent.
Hermione s'approcha timidement et fit claquer son verre contre celui du blond, avant d'avaler une gorgée. Elle reconnut immédiatement le Whisky Pur-Feu mais la brûlure si caractéristique qui se propageait dans sa gorge ne fut, étrangement, pas aussi désagréable que les autres fois. C'était comme si, petit à petit, elle s'accoutumait à boire cet alcool. Cette pensée ne l'inquiéta pas outre mesure et elle s'assit plutôt, à son tour, sur le canapé en gardant une distance raisonnable avec Malefoy.
- Pourquoi tu as réussi à entrer ici ? Je pensais que je devais autoriser les gens à pénétrer dans l'appartement... demanda-t-elle.
- Je vais mettre ce manque d'attention de ta part sur ton état de déprime plus qu'avancé et donc te répéter une clause essentielle.
Hermione encaissa la remarque et attendit.
- Je t'ai dit, hier, que cela ne s'appliquait qu'aux personnes étrangères à cet appartement.
La jeune femme ne voyait pas vraiment où il voulait en venir.
- Eh bien, en tant que son propriétaire je ne suis clairement pas un étranger... termina-t-il devant le manque flagrant de vivacité d'esprit de son interlocutrice.
Celle-ci, qui avait replongé la tête dans son verre, recracha d'un coup sa gorgée ce qui la fit tousser violemment. Elle venait de comprendre tout ce que les propos du Serpentard impliquaient.
- Attends, tu... tu veux dire que tu pourras... tu pourras te pointer ici n'importe quand ?! s'étrangla-t-elle.
- Hum, ouais, c'est à peu près ça, acquiesça Malefoy le plus naturellement du monde.
Hermione le regarda, une moue catastrophée sur le visage.
- Je veux, ou plutôt j'exige que cette clause soit retirée du contrat ! tempêta-t-elle en se levant.
- Oh, relax Grangie !
- Ne m'appelle pas comme ça, Malefoy ! cracha la jeune femme.
- Je t'appelle comme je veux et viens finir ton verre. Si, à la fin de la soirée, tu décides que tu veux retirer la clause, on le fera. Mais, pour l'instant, viens t'asseoir et surtout arrêtes de me crier dans les oreilles.
La Gryffondor vira instantanément au rouge. Elle avait l'impression de s'être faite remettre à sa place comme une enfant de dix ans. Décidée à ne pas obéir complètement à Malefoy, elle saisit son verre et alla plutôt s'asseoir sur une chaise avec toute la dignité dont elle était capable. Elle vit le blond esquisser un sourire moqueur mais il ne fit aucun commentaire et replongea le nez dans son verre. Hermione en fit autant et un silence de plomb s'installa entre eux.
.
Cependant, ce silence n'était nullement désagréable et aucun d'eux ne le brisa avant plusieurs minutes. Hermione avait terminé son verre depuis un petit moment et sentait les effets de l'alcool faire leur œuvre. Malefoy, quant à lui, reposait son troisième sur la table basse lorsqu'il releva la tête pour lui demander :
- Tu as déjà mangé ?
- Non.
- Tu as faim ?
- Un peu.
- Moi aussi, avoua-t-il, son regard commençant à ne plus paraître aussi lucide qu'auparavant.
- Il y a de la nourriture dans le frigo.
- Tu es la maîtresse de maison, c'est à toi de nous servir.
Pour toute réponse, Hermione le regarda droit dans les yeux et lui décrocha un geste obscène, aussi moldu que sorcier, auquel le blond répondit par un petit rire.
- C'est bon, j'ai compris Granger, je vais m'en occuper.
- C'est ça.
S'approchant de la cuisine, Malefoy en profita pour remplir une nouvelle fois le verre de la jeune femme et celle-ci ne fit aucun commentaire.
Elle buvait lentement son whisky tandis que Malefoy s'affairait derrière elle. Agacée d'entendre du bruit sans en voir la cause, la brune se retourna sur sa chaise et passa les minutes suivantes à observer le Serpentard sortir un plat du frigo, deux assiettes du placard et des couverts du tiroir. Il relevait de temps à autre les yeux vers Hermione mais celle-ci prenait grand soin de ne pas se plonger dans ses iris argentés. Elle se concentra plutôt sur le travail de ses mains. Elle le vit ensuite remplir les deux assiettes avec une salade composée préparée par Mrs Weasley puis il les disposa sur le bar. Lorsque Hermione avisa celle qui lui était destinée, elle sentit son estomac gronder de contentement et se rendit compte qu'elle avait très faim. Elle n'avait mangé qu'une barre de céréale le midi et se jeta donc avec avidité sur le contenu de son assiette, qu'elle faisait passer avec de longues rasades de whisky. Elle ne prit même pas réellement conscience du fait que Malefoy venait de prendre place à côté d'elle et entamait lui aussi son repas.
}{
Lorsque Drago vit la brune se jeter littéralement sur son assiette, il eut le sentiment qu'il avait fait ce qu'il fallait en venant ici ce soir. Il s'avérait que Granger avait vraiment besoin de quelqu'un et cela enchantait grandement le blond. Non pas qu'il se réjouissait de son mal-être, mais, au moins, son inquiétude se trouvait fondée.
Même si la jeune femme tentait de se donner bonne figure, Drago voyait bien qu'elle était au plus mal et le fait qu'elle ne se nourrisse pas correctement appuyait d'autant plus ses suppositions. C'est donc avec une certaine fierté pour avoir correctement anticipé les besoins de quelqu'un d'autre que lui-même, que Drago planta sa fourchette dans la salade préparée par Weasley mère.
Il dut avouer que la nourriture était excellente. Mâchonnant tranquillement, il pivota la tête d'un quart de tour vers la gauche et ses yeux rencontrèrent les cheveux de Granger. Ils semblaient particulièrement doux aujourd'hui et Drago eut une envie subite de passer ses doigts dedans pour confirmer sa théorie.
Quand il se rendit compte qu'il avait lâché sa fourchette et que sa main s'approchait dangereusement de la chevelure de la jeune femme, il fut pris d'une sorte de spasme et s'empressa de se gratter la joue pour faire illusion.
La Gryffondor ne remarqua cependant pas son geste ni même l'expression d'horreur qui avait traversé ses traits pendant une seconde. Son attention était totalement focalisée sur son assiette et elle n'en relevait la tête que pour saisir son verre d'alcool. Imitant son geste, Drago saisit son propre verre et le termina. Inconsciemment, son regard glissa une nouvelle fois vers la jeune femme qui était assise à ses côtés. Elle avait ramené tous ses cheveux par-dessus son épaule gauche, ce qui laissait la droite totalement dénudée. La même bouffée de chaleur que plus tôt dans la soirée le saisit et il ne parvint pas à détacher ses yeux de la peau laiteuse de Granger.
Lorsqu'il avait fait son entrée et qu'il était tombé sur la Gryffondor, nettoyant son appartement, seulement vêtue d'un mince débardeur et d'un short assez court, Drago avait senti son bas-ventre le chatouiller agréablement.
Maintenant qu'il avait ingurgité une bonne quantité d'alcool, ses pensées étaient beaucoup moins raisonnées et, paradoxalement, beaucoup plus directes. En cet instant, il n'avait envie que d'une chose : toucher l'épaule de Granger. Glisser ses doigts longs et fins sur sa peau blanche et pouvoir en savourer toute la douceur.
Dans un éclat de lucidité, il tenta vainement de détourner le regard mais ses yeux tombèrent sur ses cuisses dénudées. Son ventre gronda et tout son corps lui semblait ne vouloir plus qu'une chose : entrer en contact avec celui de la femme qui se tenait près de lui. Tentant de calmer ses ardeurs, Drago engagea une sorte de combat intérieur.
Il perdait rapidement du terrain face à la marée ardente que représentait son désir. Heureusement - ou malheureusement, pour lui, Drago n'était pas encore certain de la façon dont il voulait qualifier la situation - la Gryffondor finit par le sortir de sa torpeur en se raclant bruyamment la gorge.
Elle avait tourné la tête vers lui et le regardait étrangement. Elle semblait attendre quelque chose et Drago n'eut d'autre choix que de lui demander de répéter.
- Quoi ?
- Est-ce que tu peux me passer la bouteille ?
- Quoi ? répéta-t-il sans comprendre.
- La bouteille de Whisky... donne-la moi.
Drago se retourna sur sa chaise. Il attrapa la bouteille d'alcool la plus proche de lui, en ôta le bouchon mais ne la confia pas à la jeune femme.
- Tu veux te resservir ?
- A ton avis pourquoi je te demande de me donner cette foutue bouteille si ce n'est pas pour me resservir ?! s'agaça-t-elle, irritée par son manque de réactivité.
Le Serpentard resta interdit pendant quelques secondes, puis lui tendit la fameuse bouteille. La jeune femme la réceptionna et se servit sous les yeux médusés de Drago.
Décidément, Granger n'était clairement pas dans son état normal. Jamais il ne l'avait vu autant boire et surtout, prendre l'initiative de se resservir.
Toutefois, il n'était clairement pas du genre à lui faire un quelconque sermon et entra plutôt dans son jeu. Après tout, il avait déjà constaté qu'une Granger qui avait bu était une Granger nettement plus détendue et cela ne pouvait être que bénéfique pour lui. Ce fut donc avec un petit sourire en coin qu'il tourna une nouvelle fois la tête vers elle.
- Et moi Granger ? Tu m'oublies ? s'insurgea-t-il en faisant glisser son verre vide dans sa direction.
- Tu débarrasses et j'accepte de te resservir, marchanda-t-elle, un sourire mutin étirant ses traits.
- Le chantage, c'est puéril Granger, maugréa Drago en se levant tout de même pour débarrasser.
Il l'entendit pouffer dans son dos tandis qu'il faisait le tour du bar. Une fois dans la cuisine, il posa le tout sur le plan de travail et lança un vif « Recurvite » puis rangea rapidement.
Alors qu'il refermait le placard, il sentit un lourd regard peser sur lui et il se retourna vivement. Granger, son verre d'alcool dans une main, semblait le détailler alors qu'il était de dos et se faire prendre sur le fait lui fit monter le rouge aux joues. Drago, qui n'en n'avait pas perdu une miette, se mit à la dévisager, un sourire sardonique aux lèvres. Elle tenta de détourner le regard mais en bon Serpentard qu'il était, il ne manqua pas de la mettre dans l'embarras :
- Alors Granger, on admire la vue ? railla-t-il tout en se dirigeant vers elle.
Cette dernière ne répondit rien et quitta rapidement sa chaise pour retourner vers le canapé. Drago, pas le moins du monde déstabilisé, saisit son verre, la bouteille et déposa le tout sur la table basse du salon avant de lui-même prendre place sur le large canapé. Il se versa son verre tant mérité et commença à le siroter en observant Granger d'un œil moqueur. Elle avait la tête baissée comme une enfant qui venait d'être prise en flagrant délit de bêtise.
}{
Hermione n'en menait pas large. Même si elle imputait son comportement aux nombreux verres d'alcool qu'elle avait ingurgités, les faits étaient là et elle ne pouvait pas démentir qu'elle avait, pendant de longues secondes, reluqué Malefoy. C'était tout naturellement que ses yeux s'étaient posés sur le bas de son dos et avait tranquillement poursuivi leur exploration jusqu'à ses épaules. Quand le blond s'était retourné vers elle et l'avait prise la main dans le sac, Hermione s'était immédiatement senti rougir et avait foncé vers le canapé. Non seulement elle avait ouvertement maté Malefoy mais, en plus, ce qu'elle avait vu ne l'avait clairement pas laissée de marbre. Les muscles qu'elle avait pu percevoir au travers de sa chemise, saillaient à chacun de ses mouvements et Hermione s'était rapidement posé la question de savoir si la vue aurait été aussi agréable si le jeune homme s'était tenu à la même place mais sans rien sur le dos...
L'image d'un Malefoy déambulant torse nu dans sa cuisine s'imposa à elle et le souffle lui manqua soudainement. Il fallait absolument qu'elle reprenne ses esprits. Elle releva rapidement la tête. Elle vit que le blond l'avait rejointe sur le canapé et se tenait à bonne distance. Hermione saisit son verre de whisky, posé sur la table basse, et le vida d'un trait. Elle n'était plus à cela près et la brûlure qu'elle ressentit dans sa gorge eut au moins pour avantage de la sortir de sa torpeur. Elle ne devait plus penser à ce qui venait de se passer et posa au blond la première question qui lui passa par la tête.
- Malefoy ?
- Hum ? fit-il en levant les yeux de son verre pour les poser sur elle.
- A quoi il te servait cet appartement ?
- Ah ça, Granger, c'est un secret, dit-il en tentant de se donner un air mystérieux.
- Oh allez, Malefoy, tu avais promis de me le dire ! le supplia-t-elle comme une enfant de cinq ans. Une promesse est une promesse, reprit-elle avec le plus de sérieux possible.
- Ok, je veux bien te le dire. A une condition, Grangie, accorda Malefoy en affichant un petit sourire en coin.
Hermione aurait clairement dû se méfier de son ton doucereux et du petit surnom qu'il venait d'employer mais son esprit était beaucoup trop embrumé par l'alcool pour qu'elle y prête la moindre attention.
- Laquelle ? demanda-t-elle plutôt.
- Tu dois me dire pourquoi tu pleurais hier. Et tu dois me le dire en premier.
- Qu... quoi ? articula difficilement Hermione.
Elle ne s'était clairement pas attendue à ce genre de « condition » et devint livide.
- Tu m'as parfaitement entendu, Granger, c'est à prendre ou à laisser.
Hermione ne répondit rien. Le Serpentard venait de la replonger dans ses souvenirs de la veille et une larme coula, silencieusement, sur sa joue.
.
Avant qu'elle n'ait pu faire quoique ce soit, une main pâle et fine entra dans son champ de vision et attrapa délicatement la petite goutte salée avant qu'elle ne s'écrase sur le sol. La jeune femme releva lentement la tête et vit Malefoy observer sa larme. Ses yeux étaient rivés dessus et semblaient vouloir la faire disparaître par la simple pensée. Finalement, elle le vit reposer sa main sur sa cuisse et ses pupilles d'acier vrillèrent le regard d'Hermione. Il ne posa qu'une question :
- Weasley ou ta fille ?
Hermione déglutit difficilement, ouvrit lentement la bouche et, dans un souffle, répondit :
- Rose.
Le blond la regarda droit dans les yeux une nouvelle fois. Hermione ne vit aucune moquerie sur ses traits. Elle y perçut même une sorte de douceur qu'elle ne leur connaissait pas. Devant les iris gris de son interlocuteur, qui semblaient exercer sur elle un genre d'hypnotisme, elle se sentit ouvrir une nouvelle fois la bouche et un flot de paroles en sortit sans qu'elle ne puisse le retenir :
- Rose... Rose aurait eu onze ans hier. Le vingt-sept juillet. Et je ne m'en suis même pas souvenue. Il a fallu que je vois la date pour m'en rappeler. Je suis une mère tellement indigne ! Je n'ai pas pu la sauver et, maintenant, voilà que j'oublie son anniversaire. Je suis une mère affreuse... Tu avais raison, Malefoy, elle doit être bien mieux là où elle est plutôt qu'ici avec moi !
Hermione était hystérique, à présent et sa voix montait beaucoup trop dans les aiguës. Soudainement, elle sentit deux paumes glacées lui enserrer les poignets et tenter de dégager ses bras de devant son visage. Pendant un instant, elle avait totalement oublié la présence de Malefoy.
- Regarde-moi ! exigea-t-il d'une voix autoritaire.
La jeune femme tenta vainement de se dégager de son étreinte. Elle le sentit se déplacer et il se positionna face à elle.
- Granger je ne le répèterai pas, regarde-moi !
Doucement, comme une enfant devant un parent mécontent, elle releva timidement les yeux. Malefoy la transperça immédiatement de ses prunelles.
- Écoute, Granger, tu dois oublier toutes les conneries que j'ai pu te dire, ok ? Parce que ce ne sont que ça : des conneries. Tu comprends ?! J'ai dit ça pour te faire enrager mais je ne le pensais pas une seule seconde.
Hermione cessa de pleurnicher mais garda ses yeux sur le blond. Il ne semblait pas en avoir terminé.
- Et puis je suis certain que tu étais une très bonne mère. Alors arrêtes de te mettre dans tous tes états pour quelque chose qui n'en vaut pas la peine.
Cette fois-ci, Hermione ne put s'empêcher de répliquer :
- « Qui n'en vaut pas la peine » ?! J'ai oublié l'anniversaire de ma fille, Malefoy ! SON ANNIVERSAIRE !
- Je sais Granger, tenta rapidement de la calmer le blond. Ce que j'essaie seulement de te faire comprendre c'est qu'hier, tu étais complètement obnubilée par le déménagement. C'est tout à fait compréhensible que tu aies oublié. Cela ne fait pas de toi une mauvaise mère, cela signifie seulement que tu vas de l'avant.
Constatant que des paroles plus que sages venaient de sortir de la bouche de l'homme le moins fiable de la planète, Hermione resta muette. Le Serpentard en profita pour ajouter :
- Et je suis certain que tu n'oublieras plus jamais son anniversaire à l'avenir.
Retrouvant l'usage de la parole, Hermione fit une grimace et s'exclama :
- Il est tout bonnement impossible que j'oublie encore une fois !
Pour toute réponse, Malefoy sourit légèrement et retourna s'asseoir sur le canapé.
}{
Après la crise d'angoisse que venait d'avoir Granger et les mots qu'il venait de prononcer pour la rassurer, Drago ne se sentit bien que lorsqu'il replongea ses lèvres dans son verre. Granger, qui était partie quelques instants afin d'essuyer ses larmes, se rassit à ses côtés. Toutefois, Drago la vit changer rapidement de position. Elle venait de replier les jambes sous elle et s'était retournée vers lui en posant sa tête au creux de son coude, qui, lui-même, était en appui sur le dossier du canapé. Un peu décontenancé par son comportement, Drago préféra reprendre une gorgée d'alcool. Il faisait tourner le verre entre ses doigts lorsque la voix de la jeune femme brisa le silence qui s'était installé :
- J'ai rempli ma part du contrat, à toi, fit-elle d'une petite voix.
Drago tourna rapidement la tête vers elle et fit une moue irritée. Maudite soit Granger et sa foutue mémoire !
Il reporta son regard sur la cheminée qui était face à lui et expliqua :
- Cet endroit était comme notre second chez nous, à Scorpius et moi. Notre « vraie maison » en fait. J'ai acquis cet appartement peu de temps après mon mariage. Je n'ai jamais aimé Astoria et elle me le rendait bien. Les premières années de cohabitations étaient atroces alors je venais ici lorsque je ne pouvais plus supporter de rester dans la même demeure qu'elle. La plupart du temps, quand je venais, je me soûlais et je ne réapparaissais que quelques jours plus tard. Un jour, je suis rentré chez moi, Scorpius, qui n'avait que deux ans, était dans son lit et sa mère n'était nulle part. Je l'ai cherchée dans tout le Manoir mais elle avait tout bonnement disparu. Pendant une seconde, je me suis imaginé qu'elle nous avait tout simplement abandonné et j'en était plus que satisfait. Toutefois, c'était mal connaître ma cupide épouse. Jamais elle ne m'aurait quitté, je lui apportais un bien trop grand confort de vie. Lorsque je lui ai demandé pourquoi elle n'était pas restée avec son fils, elle m'a simplement répondu qu'elle avait des choses beaucoup plus importantes à faire que de - je cite - « s'occuper d'un gamin qui, en plus, passait son temps à dormir ». Depuis ce jour, j'ai veillé à ce que Narcissa, ma mère, passe très régulièrement à la maison pour que Scorpius ait une présence féminine auprès de lui. Dès que je le pouvais, je l'emmenais également ici, avec moi, dans cet appartement. Il est rapidement devenu notre petit secret, notre sanctuaire. Astoria ne nous demandait jamais où nous allions et nous ne l'en avons jamais informée. Bien que j'étais, le plus clair de mon temps, enfermé dans ma chambre à boire, je savais que mon fils préférait cet endroit au Manoir. Il pouvait jouer, lire et faire tout ce qu'il souhaitait sans que je ne lui dise quoi que ce soit et je sais que, parfois, il demandait en cachette à Micky, notre elfe de maison, de venir lui tenir compagnie.
La gorge sèche, Drago porta son verre à ses lèvres avant de reprendre :
- Voilà Granger, tu sais tout.
- ...
Voyant qu'elle ne répondait pas, Drago tourna la tête vers elle. Ses yeux étaient clos et sa respiration paisible et régulière.
Elle s'était endormie.
.
Drago reposa son verre sur la table basse en prenant garde de ne pas faire de bruit. Ses yeux papillonnèrent une nouvelle fois jusqu'à la jeune femme et s'arrêtèrent au niveau de son visage. Une mèche de cheveux avait glissé de long de sa joue.
Sentant une force invisible et irrésistible s'insinuer en lui, il leva sa main et l'approcha dangereusement de la peau blanchâtre de Granger. Ses doigts s'étirèrent et il saisit délicatement la mèche entre ses doigts et la replaça derrière son oreille. Ne se sentant pas rassasié par ce contact, Drago tendit son index et la toucha. Durant tout le trajet que son doigt fit entre le haut de la pommette et le bas de la mâchoire de la jeune femme, le blond ressentit les légers picotements et l'habituelle sensation de chaleur que créait le contact de leur peau.
La sienne était si douce que lorsque sa main rencontra le vide, Drago n'eut qu'une envie : la toucher de nouveau.
Il n'était pas fou et malgré tout l'alcool qu'il avait ingurgité, il avait conscience qu'il ne devait pas pousser sa chance au-delà de ses limites. Il avait déjà été très fortuné qu'elle ne se soit pas réveillée pendant qu'il était en train de passer son doigt le long de son visage. Il était parfaitement conscient que, si elle s'était réveillée à ce moment-là, cela aurait certainement été la dernière chose qu'il aurait touché de sa vie puisque la Gryffondor se serait empressée de lui couper la main.
L'image d'une Granger déchaînée, ses cheveux ébouriffés autour d'elle, lui donnant l'aspect d'une lionne, lui vint à l'esprit et il se surprit à sourire.
Il attrapa sa baguette, fit apparaître une large bassine qu'il déposa sur la table ainsi qu'une duveteuse couverture qu'il installa sur la jeune femme, en faisant bien attention de ne pas la toucher.
Ceci fait, il se rassit sur le canapé, attrapa un coussin et essaya de trouver la position la plus confortable pour s'endormir.
Avec un peu de chance, il aurait le droit à quelques heures de répit avant que Granger ne se réveille et ne se mette à vomir partout.
TADAM !
Alors là, vous ne pourrez pas dire que Drago ne fait pas d'effort ! Il vient prendre des nouvelles d'Hermione, il la console, il lui fait des confidences et - cerise sur le gâteau - il la touche !
Quant à notre pauvre Hermione, elle commence à véritablement sombrer et ne trouve pas d'autres moyens pour se rasséréner que de sombrer dans l'alcool... Espérons qu'elle ne deviendra pas une alcoolique avertie à l'image de notre Serpentard ! Mais bon, elle a tout de même accepté de déménager chez lui.
Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?
Appréciez-vous les efforts de Drago ?
Comprenez-vous l'attitude d'Hermione ?
A vos claviers... :)
Et à mercredi pour le prochain chapitre !
Kisses,
Chalusse
