Bonjour à tou(te)s !
Comme toujours, mille mercis à mes génialissimes revieweuses ainsi qu'aux super lecteurs qui ont fait des ajouts en favoris/alertes.
Je dois vous avouer avoir été très déçue en constatant que je n'avais reçu que trois reviews sur le dernier chapitre. Je prends le temps de retravailler mes chapitres avant de les publier ici, je fais deux publications par semaines en plus de mes publications sur l'autre site, ce qui me prend beaucoup de temps, alors ce serait vraiment gentil que plus de lecteurs se mobilisent pour me laisser leurs impressions…:(
Bref, je vous propose, aujourd'hui, le 16e chapitre de cette fic', j'espère qu'il vous plaira et vous donnera donc envie de m'écrire à votre tour ! Je vous souhaite une bonne lecture. :)
Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 16 : Premières interrogations
Ce fut une crampe à l'estomac qui réveilla Hermione. Papillonnant difficilement des yeux, la jeune femme mit plusieurs secondes avant de se rendre compte qu'elle était toujours sur son nouveau canapé. Elle ne sentait plus du tout son bras droit et dut le secouer pendant un certain temps avant de retrouver quelques sensations. Elle tenta de regarder autour d'elle mais une nausée particulièrement forte la prit et l'obligea à se plier en deux.
Elle releva lentement la tête. Tout tournait autour d'elle ce qui accentua son mal-être. Un son régulier provenait de sa droite et la jeune femme en chercha l'origine.
Son cœur sembla faire une embardée lorsqu'elle reconnue Malefoy, endormi mais surtout à moitié avachi sur son canapé, à côté d'elle. Cette soudaine montée d'adrénaline ne plut absolument pas à son corps et la tête se mit à lui tourner encore davantage. Elle n'allait pas pouvoir se retenir très longtemps. Elle allait vomir. Un nouveau haut-le-cœur se fit ressentir. Hermione attrapa la première chose qui lui tombait sous la main et vomit abondamment tout l'alcool qu'elle avait ingurgité.
Les sons écœurants qu'elle produisait réveillèrent partiellement Malefoy et elle l'entendit coasser un « amatrice » avant de se retourner et de se rendormir. A ce moment-là, Hermione songea fortement à lui vider tout le contenu de sa bassine sur ses précieux cheveux blonds mais se retint au dernier moment.
Une fois que son corps se fut débarrassé de tout ce qu'il avait avalé quelques heures auparavant, la Gryffondor se sentit légèrement mieux. Sa tête tournait moins et les nausées étaient passées. Maugréant une nouvelle fois contre elle-même pour avoir bu autant, mais également contre Malefoy pour l'avoir laissé faire, elle alla vider sa bassine, passa par la salle de bain pour se brosser furtivement les dents et regagna sa chambre. Tant pis pour lui si Malefoy souhaitait rester dormir sur le canapé au lieu d'emprunter la chambre de son fils ou de rentrer chez lui. Hermione n'allait certainement pas risquer de se faire enguirlander par une fouine mal réveillée. Le confort de Malefoy lui passait bien au-dessus de la tête.
Hermione s'assit brusquement sur son lit et allait se coucher lorsque ses yeux tombèrent sur son réveil moldu. Il affichait quatre heures trente du matin. Merlin, elle n'osait même pas imaginer sa tête au réveil. Penser à ceci lui rappela que le lendemain - enfin, plus tard dans la matinée – était un jour où elle travaillait et elle programma donc l'objet afin qu'il sonne à six heures avant d'enfouir sa tête dans les oreillers.
OoOoOoO
Lorsque son réveil se manifesta, Hermione crut qu'un train lui était passé dessus. Ses muscles la mettaient au supplice mais, surtout, sa tête semblait sur le point d'exploser à tout moment.
Elle s'extirpa du mieux qu'elle le put de son lit et commença à marcher, ou plutôt se traîner, vers la salle de bain. Le jet d'eau brûlante n'eut pas tellement l'effet escompté. Elle eut beau frotter sa peau avec vigueur, elle avait toujours l'impression qu'une affreuse odeur d'alcool y restait incrustée. En plus, la douleur était toujours présente dans sa tête et elle avait envie de dormir.
Trente minutes plus tard, la jeune femme sortait de la pièce, habillée, maquillée et coiffée plus que sommairement. Ce fut lorsqu'elle arriva dans le salon et qu'elle l'avisa, toujours aussi avachi sur son canapé, qu'Hermione se souvient de la présence de Malefoy. Il dormait à poings fermés et une légère angoisse s'empara d'elle. Fallait-il qu'elle le réveille ? Certainement. Oui, d'accord mais, comment ? L'idée de lui jeter un verre d'eau à la figure puis de fuir comme une enfant germa dans son esprit mais Hermione l'oublia. Elle avait assez à faire avec elle-même pour, en plus, devoir supporter un Malefoy de mauvaise humeur. Elle était persuadée qu'il n'aurait fait que lui hurler dessus et la douleur qui lui vrillait le crâne lui fit totalement abandonner cette idée stupide.
Elle s'approcha plutôt de la cuisine, ouvrit un placard et le referma fortement. Le claquement sec qui retentit amplifia la douleur de son cerveau mais eut au moins pour avantage de tirer Malefoy de son sommeil.
Elle l'entendit tout d'abord ronchonner puis elle le vit ouvrir les yeux. Il sembla légèrement perdu pendant quelques secondes puis il sauta sur ses pieds avec agilité. Lorsqu'il remarqua qu'Hermione était là, en train de le regarder, il se tourna vers elle et lui demanda à brûle-pourpoint :
- Quelle heure il est ?
- Il est, très précisément, sept heures vingt-trois.
Hermione le vit se détendre instantanément puis aller en direction de la chambre de son fils. La jeune femme en resta mortifiée. Elle ne l'avait certainement pas réveillé pour qu'il aille se recoucher sagement. Non, s'il voulait dormir, il le ferait chez lui, enfin... au Manoir.
Elle se décida à aller lui dire sa façon de penser lorsqu'elle le vit ressortir rapidement du couloir, un petit paquet de vêtements sous les bras, venir récupérer sa baguette puis se diriger vers la grande salle de bain.
Pendant ce temps, Hermione sortit le plat de pancakes du réfrigérateur ainsi qu'une bouteille de jus d'orange. Elle fut instantanément prise d'un nouveau haut-le-cœur lorsqu'elle avisa la nourriture et repoussa l'assiette un peu plus loin. Elle patienta quelques minutes, les yeux dans le vide, en espérant que sa nausée passerait mais elle n'en fit rien.
Lorsqu'elle vit Malefoy sortir de la salle de bain, la jeune femme ressentit instantanément une pointe de jalousie. Il n'avait assurément pas passé la meilleure nuit de sa vie, mais il n'avait tout de même pas autant de cernes qu'elle et son teint n'était définitivement pas verdâtre.
Elle lui lança un regard peu amène et le vit sourire.
« Maudit Malefoy » pensa-t-elle.
- Je meurs de faim, lui annonça ce dernier.
- Mais je t'en prie, sers-toi, ironisa Hermione en lui désignant les pancakes auxquels elle n'avait pas touché.
Il n'avait apparemment pas saisi qu'elle plaisantait ou alors il avait volontairement ignoré ce point, puisqu'il se servit généreusement avant de se retourner vers elle, un sourire en coin collé sur la bouche.
- Tu ne déjeunes pas, Granger ?
- Ta gueule, Malefoy !
Il pouffa avant d'engloutir une bonne partie d'un pancake.
- Tu sais, je pourrais peut-être te donner quelque chose pour t'aider... Mais si tu continues à être aussi agréable, ça ne risque pas d'arriver, ironisa-t-il à son tour.
- Pas besoin de ton aide, Malefoy, grommela Hermione.
- Tu es sûre ? Alors je vais rapporter ceci avec moi puisque tu n'en veux pas...
Il sortit un petit flacon de la poche de sa veste et l'agita sous le nez d'Hermione. Celle-ci le reconnut aussitôt ou plutôt, reconnut la substance qui était à l'intérieur : la super potion de Malefoy contre la gueule de bois. Elle se mordit les lèvres. Cette aide-là, elle l'acceptait bien plus que volontiers.
Elle tendit la main pour s'en saisir mais le blond la retira au dernier moment.
- Alors Granger, tu n'as toujours pas besoin d'aide ? demanda-t-il, son sourire moqueur s'accentuant davantage.
- Oui, bon... ça va, Malefoy. Donne-moi la potion, s'il-te-plaît.
- Tu as de la chance, je suis d'excellente humeur aujourd'hui, dit-il avant de lui tendre ladite potion.
Hermione l'avala sans ménagement et se sentit instantanément mieux. Bien qu'elle ressentait toujours une irrésistible attraction vers son lit. La journée allait être longue...
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Comme Hermione n'avait pas de poudre de cheminette, Malefoy et elle durent transplaner et entrer par les toilettes publiques. A partir du moment où Hermione eut magiquement refermé son appartement, plus un mot ne fut échangé entre eux et il ne se recroisèrent pas avant la fin de la journée.
Alors qu'elle allait pénétrer dans le couloir du Service de détournement de l'artisanat moldu, Hermione percuta de plein fouet quelqu'un qui en sortait. Un peu sonnée, elle releva rapidement la tête afin de s'excuser.
- Percy ? s'étonna-t-elle en reconnaissant son beau-frère.
- Oh, bonjour Hermione. Ex... excuse-moi, balbutia-t-il en essayant tant bien que mal de garder tous ses dossiers sous le bras.
Manque de chance, ceux-ci s'écrasèrent au sol et des feuilles volèrent en tous sens.
- Oh non ! gémit Percy en se baissant prestement afin de tout ramasser.
- Laisse-moi t'aider, offrit Hermione en commençant à cueillir des papiers à son tour.
Au bout de quelques secondes de silence, cette dernière reprit la parole.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? Je veux dire, dans ce service ?
- Je suis venu te voir, ainsi que Papa. Ginny m'a demandé de vous transmettre les invitations pour l'anniversaire d'Harry.
Hermione se souvint soudainement que le mercredi suivant était le trente-et-un juillet et qu'elle serait, bien évidemment, invitée à célébrer l'anniversaire de son meilleur ami. Une intense panique la submergea lorsqu'elle réalisa qu'elle n'avait toujours pas acheté son cadeau. Elle n'avait même, d'ailleurs, aucune idée de ce qu'elle allait bien pouvoir lui offrir.
- Pourquoi ne les a-t-elle pas envoyées par hiboux ?
- Après le fiasco de l'an passé, je crois qu'elle n'a plus vraiment confiance, lui confia Percy en ramassant les derniers parchemins qui trainaient au sol.
L'an passé, Ginny avait décider d'utiliser le Service de Hibou Postal pour ne pas surmener leur propre chouette mais il y avait eu un problème et seulement la moitié des convives avaient reçu leur invitation. Hermione se souvenait comme si c'était hier de l'état de rage dans lequel Ginny avait été et la beuglante qu'elle avait envoyé aux gérants de la boutique. Ils avaient tellement ri, ce jour-là, qu'elle pouvait encore sentir les crampes qu'elle avait eu dans la mâchoire. Pendant de longues semaines, Ron avait décrété que le surnom de Ginny serait « Ginny la Furie » et il n'avait jamais manqué une occasion de le rappeler à quiconque osait n'utiliser que le prénom de la jeune femme.
Cette année, sans Ron et Rose, cela serait totalement différent et Hermione redoutait plus que tout cette réunion de famille. Elle pouvait d'ores-et-déjà imaginer l'ambiance de plomb qui y règnerait et ce, même s'il s'agissait de l'anniversaire d'Harry.
Sentant les larmes affluer vers ses canaux lacrymaux, Hermione tenta de chasser tout ceci de sa tête. Lorsqu'elle releva les yeux, elle remarqua que Percy la regardait étrangement mais il se contenta seulement de lui tendre le carton d'invitation avant de repartir sans un mot.
La Gryffondor ne chercha pas d'explications à ce soudain mutisme. Elle était en retard et avait grandement besoin de s'asseoir. Le manque de sommeil et de nourriture se faisaient cruellement ressentir et ses jambes étaient plus que flageolantes.
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De son côté, Percy était interloqué. Depuis quand Hermione Granger avait-elle la tête de quelqu'un qui venait de passer sa nuit à boire et à ne dormir que quelques heures ?
Il avait été très étonné lorsqu'il avait vu les yeux hagards et injectés de sang que la jeune femme avait posés sur lui. Sa tenue ne semblait pas aussi soignée qu'à l'accoutumée et, surtout, Percy aurait juré que de très légers effluves d'alcool se dégageaient d'elle.
Se pourrait-il qu'elle se soit mise à boire en cachette pour cacher son mal-être ? Etait-elle en pleine dépression ? Fallait-il prévenir quelqu'un ?
Toutes ces questions tourbillonnaient dans sa tête mais il n'eut pas le temps de trop s'y attarder. Quelques minutes plus tard, il se trouvait devant le bureau du ministre de la Magie avec lequel il avait un entretien et il se reconcentra bien vite, affichant un sourire de circonstance, avant de toquer doucement contre le panneau de bois sculpté.
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Le reste de sa journée passa relativement rapidement et Percy n'eut guère le temps de repenser à ce qui c'était produit le matin même. Il croisa brièvement Hermione à l'heure du déjeuner mais, tout comme lui, elle semblait pressée et aucune parole ne fut échangée. Toutefois, ses inquiétudes se confirmèrent lorsqu'ils se rendit à la réunion qu'il devait présider. Une fois qu'il eut déverrouillé la porte, Percy la tint ouverte pour ses condisciples. Leur entrée à tous fut suffisamment longue pour qu'il capte un bout de conversation qui provenait du couloir. Conversation entre Hermione et... Drago Malefoy ? Percy était prêt à aller prêter main forte à sa belle-sœur mais fut sidéré en voyant qu'elle ne semblait absolument pas hostile au blond.
- N'empêche que tu as vraiment une sale tête, Granger ! raillait ce dernier.
- Pff... La faute à qui, franchement, Malefoy ? Et puis ma tête n'a pas vraiment changé depuis ce matin.
- Si, si c'est pire ! affirma-t-il en lui adressant un sourire moqueur.
Percy était déjà plus qu'ébahi par cette conversation mais la suite lui donna réellement matière à s'inquiéter.
- Et puis je te signale, au passage, que tu n'avais clairement pas besoin de moi, hier soir, pour te resservir à boire, continua Malefoy.
Hermione ne répondit rien mais Percy la vit très clairement rougir lorsqu'elle passa devant lui. Non qu'elle se soit rendu compte qu'il venait de les surprendre… Elle rougissait uniquement aux propos de Malefoy.
Le Gryffondor était tellement choqué par ce qu'il venait d'entendre qu'il faillit se prendre les pieds dans l'estrade. Un rire goguenard, bien que relativement bas, se fit entendre et il se retourna vivement pour fusiller Malefoy du regard. Malefoy, car c'était bien lui qui venait de se moquer – qui d'autre ? – avait levé un sourcil devant le regard glacial qu'il venait de lui jeter. Percy n'allait, toutefois, pas baisser les yeux devant la fouine. Au bout de longues et interminables secondes, ce fut ce dernier qui craqua.
Lorsque qu'il se rendit compte sur qui son regard était maintenant posé, Percy crut s'étouffer. Hermione. Malefoy regardait Hermione et certainement pas avec le dégoût qu'il lui réservait habituellement. Non, ses yeux étaient plutôt moqueurs et il arborait un sourire en coin comme si elle venait de lui remémorer un événement particulièrement drôle.
L'ancien Préfet-en-chef était, à présent, complètement désarçonné. Il fit quelques propos introductifs avant de se plonger dans ce qu'il les retiendrait réellement durant cette séance mais, pour une fois, son esprit était complètement ailleurs. Il n'arrêtait pas de penser à la conversation qu'il venait de surprendre et tentait d'en comprendre les tenants et les aboutissants.
Apparemment, ses présuppositions du matin, concernant l'hypothétique alcool qu'Hermione avait ingurgité la veille, s'avéraient fondées. Ce que Percy n'avait absolument pas prévu était le fait que Malefoy puisse y être, d'une quelconque façon, mêlé. Pourtant, il semblait clairement que ce soit le cas. Hermione ne donnait même plus l'impression d'éprouver une lueur d'aversion à son égard.
Se pourrait-il que Malefoy lui ait jeté un sort ?! Parce qu'après tout, il n'y avait aucune raison, absolument aucune, pour qu'Hermione se mette subitement à pactiser avec l'ennemi. Celui dont la famille avait décimé la sienne. Celui qui était même probablement lié à tout ceci !
Lorsqu'on lui avait appris que Malefoy avait été innocenté par Veritaserum, Percy avait tout d'abord accepté cette décision. Au fond, il était possible, bien que cela relève tout de même de l'étrange, que Malefoy ait réellement fuit. D'ailleurs, le Veritaserum n'était-il pas l'un des moyens les plus sûrs que les Aurors et le Magenmagot possédaient afin de déterminer la vérité ?
Sauf qu'après avoir écouté sa famille lui rabâcher encore et encore que Malefoy avait nécessairement quelques choses à voir dans toute cette abomination et que c'était sûrement grâce à ses pouvoirs de Mangemort qu'il avait réussi à s'immuniser contre l'action de la potion, Percy avait revu son jugement et s'était rangé à l'avis familial. Pour le convaincre, Percy se souvenait parfaitement qu'Hermione avait été la plus véhémente à l'égard du Serpentard. Elle avait d'ailleurs tenu à ce que la décision de le relâcher soit revue et avait bataillé très durement contre les Aurors et le Magenmagot. Bien que sa requête n'ait pas abouti, Hermione était restée intimement convaincue de la culpabilité de Malefoy.
Alors comment, par Merlin, aurait-elle pu, consciemment, lui adresser la parole et passer du temps avec lui ?
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Percy devait absolument tirer cette affaire au clair. Avant tout, il devait en parler avec Ginny. Sa sœur était la personne la plus proche d'Hermione et si le comportement de cette dernière avait évolué d'une quelconque façon, Ginny le saurait.
Percy mit donc un terme, légèrement prématuré, à la réunion. Il n'oublia toutefois pas de rappeler que la suivante, soit celle du mercredi, était annulée. Il était lui-même invité à l'anniversaire d'Harry et Ginny n'aurait jamais accepté qu'il se défile sous prétexte qu'il devait présider une réunion du Conseil d'administration de Poudlard.
Il ne tenta pas de savoir si Hermione et Malefoy s'étaient reparlés en sortant. Il avait dépassé tout le monde et s'engageait déjà dans l'ascenseur alors que personne n'avait encore quitté le couloir réservé habituellement au Bureau des Aurors.
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Deux heures plus tard, il rentrait enfin chez lui afin de retrouver sa femme et ses deux filles. Ginny avait été étonnée de le voir débarquer chez elle à cette heure-là. Lorsque Percy lui avait annoncé vouloir lui parler d'Hermione, il avait tout de suite noté que le regard de sa sœur était devenu inquiet et qu'il avait toute son attention.
Il lui avait alors expliqué cette étrange journée et le moins que l'on puisse dire était que Ginny avait été surprise. Lorsque l'on savait qu'Hermione ne touchait pourtant jamais une goutte l'alcool et avait juré de haïr Drago Malefoy jusqu'à son dernier souffle, ce récit s'avérait, effectivement, plus que troublant. Avant que Percy ne reparte, Ginny avait promis de mener sa petite enquête et de demander à Hermione de lui rendre visite dès le lendemain. Elle ne voulait pas attendre le mercredi d'autant plus que l'anniversaire d'Harry ne serait certainement pas le meilleur moment pour avoir ce genre de conversation.
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Ginny était circonspecte face aux propos de son frère. Après son départ, plus les minutes s'écoulèrent, plus l'angoisse monta en elle. Serait-il possible que les suppositions de Percy soient exactes et que Malefoy ait ensorcelé Hermione ? Mais dans quel but ? La rendre encore plus malheureuse qu'elle ne l'était en la faisant boire à outrance jusqu'à ce qu'elle devienne alcoolique ? C'était assez tiré par les cheveux comme procédé, même pour Malefoy.
Ginny demeura perdue dans ses pensées pendant de longues minutes. Elle ne réprimanda même pas ses fils lorsqu'ils commencèrent à se disputer et à se jeter mutuellement de la nourriture au visage. Il fallait qu'elle voit Hermione rapidement pour mettre toute cette histoire au clair. Elle pressa donc les garçons de monter se préparer pour dormir et se dirigea vers le bureau qu'elle partageait avec Harry, ou plutôt qu'Harry partageait avec elle. Elle saisit une plume et un parchemin et allait commencer à écrire lorsque la sonnette de la maison retentit.
De plus en plus gênée par sa condition de femme enceinte, Ginny mit relativement longtemps avant de parvenir jusqu'à la porte d'entrée. Il était prêt de vingt-et-une heures et elle préféra donc jeter un sortilège afin de savoir qui se tenait sur le pas de sa porte. Elle eut un hoquet de surprise en constatant que cela n'était ni plus ni moins que la personne qui occupait ses pensées.
Elle ouvrit la porte d'un coup de baguette et Hermione entra avant de la serrer rapidement contre elle.
- Salut Gin', j'espère que je ne te dérange pas mais j'ai absolument besoin de toi ! Est-ce qu'Harry est rentré ?
La rousse cessa immédiatement de bouger. Allait-elle lui parler de Malefoy ? Elle jurait que si jamais ce connard avait osé lui faire quelque chose, elle ne répondrait plus d'elle-même.
Ce fut donc d'une voix mal assurée qu'elle encouragea son amie à lui révéler le but de sa visite :
- Tu ne me dérange pas du tout, Hermione ! Je t'en prie viens au salon et dis-moi ce que je peux faire pour toi. Et non, Harry n'est pas là, il est encore au ministère.
Les deux jeunes femmes s'installèrent sur le canapé. Ginny abandonna son invitée pendant quelques minutes et revint avec deux tasses de thé fumant. La brune l'accueillit avec un léger sourire et Ginny se surprit à penser qu'elle aurait peut-être préféré y ajouter de l'alcool. Maudit Malefoy !
- J'ai besoin de toi, Gin', répéta Hermione.
- Tu sais que tu peux tout me demander Hermione et surtout tout me dire, lui assura Ginny d'un ton grave.
- Eh bien voilà, j'ai... j'ai comme qui dirait... commença Hermione avec difficulté.
- Oui ?
- J'ai oublié l'anniversaire d'Harry et je n'ai aucune idée pour son cadeau... Je sais, je suis une meilleure amie horrible ! gémit Hermione.
Ginny ne s'attendait tellement pas à cela qu'elle resta muette pendant de longues secondes. Mutisme qu'Hermione interpréta comme de la déception.
- Je suis tellement désolée, Gin' ! Mais je t'en prie, non, je t'en supplie, tu dois me donner une idée pour le cadeau d'Harry.
- Tu voulais me parler du cadeau d'Harry ?! l'interrogea Ginny, toujours hébétée.
- Hum, eh bien oui. Pourquoi ? Tu pensais à autre chose ?
- Non, à rien, mentit-elle.
Hermione ne sembla pas y croire une seule seconde mais ne fit aucun commentaire.
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La rousse, quant à elle, était totalement perdue à présent. Elle ne savait vraiment pas ce qu'elle devait faire. Devait-elle parler à Hermione de ce que Percy lui avait dit ? Et si oui, comment aborder le sujet ?
- Ginny ? Tu vas bien ? s'enquit Hermione d'une voix inquiète.
- Parfaitement bien, mentit-elle une nouvelle fois.
- Hum... Tu as un problème avec ta grossesse ? Avec Harry ? Il angoisse à l'approche de ses trente-et-un ans ? Tu veux que je lui parle ?
Ginny ne put s'empêcher de sourire. A poser toutes ces questions et à paraître aussi angoissée, il n'y avait aucun doute : il s'agissait bien d'Hermione Granger, en chair et en os.
- Non, Hermione, je n'ai aucun problème avec ma grossesse et Harry va parfaitement bien je te rassure, lui sourit-elle.
- Ah...
Un silence s'installa entre les deux femmes avant que Ginny ne reprenne la parole.
- Concernant son cadeau, j'ai peut-être une solution.
- Je t'écoute !
- Et bien je compte lui offrir le tout dernier Comète 530. J'ai réussi à en ajouter un de plus à la liste lorsque l'équipe a fait sa commande. Je comptais également lui offrir un nouveau nécessaire à balais mais je peux te laisser t'en charger, si tu le souhaites.
- Oh Ginny, ce serait parfait ! s'exclama vivement Hermione.
- Bon eh bien voilà qui est réglé, rigola la rousse.
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Les deux femmes bavardèrent encore quelques minutes et parlèrent notamment du déménagement d'Hermione. Ginny n'osait pas aborder le sujet qui lui brûlait pourtant les lèvres et Hermione annonça, finalement, quelle repartait. Toutefois, lorsque la jeune femme la serra une nouvelle fois dans ses bras et que la rousse détecta une légère odeur d'alcool accrochée aux boucles de son amie, elle ne put retenir sa question.
- Hermione, est-ce que tu bois ? demanda-t-elle dans un souffle.
- Pardon ?! s'exclama l'intéressée, se figeant tout à coup.
- Tu sens l'alcool, Hermione.
- Oh... Il est possible que j'aie bu un ou deux verres, hier soir...
- Est-ce que c'est Malefoy qui t'obliges à boire ?
- Qu… QUOI ?!
Ginny nota que les joues d'Hermione se colorèrent légèrement en rouge.
- Réponds-moi, Hermione !
- Non, je ne vais pas te répondre. Il n'y a rien à répondre. Je ne bois pas, hormis pour ce qui est d'hier soir et je ne vois absolument pas ce que Malefoy vient faire dans la conversation !
Hermione avait parlé très froidement et le regard qu'elle lui lança fut encore pire. Ginny en resta pantoise. Elle n'osa même pas répliquer. Ce ton cassant ne ressemblait tellement pas à Hermione.
- A mercredi, Ginny, mes amitiés à Harry.
Lorsque la porte se referma d'un coup sec, Ginny eut l'impression de recevoir une claque. Jamais Hermione n'avait eu des paroles si rudes à son encontre. Son ton cassant et ses prunelles aussi froides que de la glace lui étaient totalement étrangers. A ce moment-là, elle n'avait rien eu à voir avec la Hermione qu'elle connaissait. Non, elle semblait plutôt n'être qu'une pâle représentation d'elle-même. Une représentation torturée, distante et glaciale. En cet instant, elle avait ressemblé à Malefoy.
OoOoOoO
Arrivée chez elle, Hermione se dirigea rapidement vers le réfrigérateur. Faisant face à toute la nourriture qu'il contenait, elle se rendit cependant compte qu'elle n'avait pas plus faim que cela. Elle avait plutôt soif.
La jeune femme s'obligea toutefois à mettre une part de pâté en croûte dans une assiette. Il fallait qu'elle mange quelque chose. Ceci fait, elle se dirigea vers l'évier, saisit un verre et le remplit d'eau glacée. Elle l'avala en quelques gorgées mais se rendit vite compte qu'elle avait encore soif.
Ce fut lorsqu'elle avisa la bouteille, non entamée, de Whisky Pur Feu que Malefoy avait rapporté la veille qu'elle comprit. Elle n'avait pas soif, elle avait… envie de boire.
Désarçonnée, la jeune femme resta plantée devant ladite bouteille de longues secondes. Puis, comme contrôlée par une force extérieure, elle s'en empara et alla s'asseoir sur le canapé du salon. Elle déposa son assiette, son verre et l'alcool sur la table basse avant de se reculer légèrement.
Allait-elle réellement se mettre à boire en solitaire ? Sa soudaine envie signifiait-elle qu'elle devenait alcoolique ?
Cette dernière question lui fit se remémorer les paroles de Ginny et Hermione sentit instantanément la colère monter en elle. Refoulant sans ménagement ses dernières réserves, la Gryffondor déboucha la bouteille et versa un peu de son contenu dans le verre qu'elle porta rapidement à ses lèvres. Une fois sa gorgée avalée, elle se sentit légèrement ragaillardie et s'attaqua à sa fine tranche de pâté en croûte.
Tandis qu'elle mâchonnait paresseusement sa bouchée, ce qui s'était passé entre Ginny et elle, une heure plus tôt, refit, une nouvelle fois, surface. Hermione ne comprenait tout simplement pas comment sa meilleure amie avait pu lui poser une question pareille. Elle ne voyait absolument pas où Ginny était allé chercher une telle idée. Toutefois, ce qui inquiéta davantage Hermione était le fait que Ginny ait mentionné Malefoy. Qu'elle eût légèrement abusé de l'alcool, la veille au soir, pouvait se percevoir assez facilement. Tant par le regard vide et hagard qu'elle arborait que par l'odeur peu alléchante qui semblait lui avoir collé à la peau toute la journée, malgré sa douche du matin. Néanmoins, que Ginny ait pu associer Malefoy à tout ceci était totalement inconcevable pour Hermione. Après tout, elle avait fait très attention à ne pas mentionner le blond ces derniers temps et à chaque fois que son nom était prononcé, elle veillait à afficher toujours un visage antipathique.
Alors... ce pourrait-il que Ginny soit au courant que les choses avaient évolué entre eux ?
La première réponse qui lui vint fut un franc « Non ». Non, Ginny ne pouvait pas être au courant. Sinon, elle n'aurait jamais patienté autant de temps avant de lui en parler. Elle connaissait parfaitement sa belle-sœur et savait qu'elle n'allait jamais par quatre chemins pour avoir des réponses à ses questions – preuve en était de son comportement, un peu plus tôt dans la journée – et savoir qu'Hermione pouvait entretenir une relation « amicale » avec son ennemi de toujours ne l'aurait certainement pas laissée indifférente.
Non, Ginny n'était pas au courant de tout ce qui avait pu se passer entre Malefoy et elle. Toutefois, Hermione n'était pas idiote et elle savait parfaitement que sa question n'avait été ni innocente, ni une simple coïncidence. Ginny se doutait de quelque chose. Hermione ne comprenait tout simplement pas comment elle avait pu en arriver à de telles conclusions...
Se repassant sans cesses les derniers jours en tête afin de comprendre à quel moment Ginny avait pu avoir la puce à l'oreille, Hermione alla nettoyer puis ranger son assiette. Ce fut au moment où elle se rassit que la jeune femme eut une sorte d'illumination.
Percy.
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Maintenant qu'elle y repensait, Hermione avait envie de se gifler pour avoir été si idiote et imprudente. Il lui semblait évident que Percy avait entendu, si ce n'était toute, au moins une partie de la conversation qu'elle avait eue avec Malefoy avant la réunion. La Gryffondor se remémorait parfaitement les mots échangés, leurs sourires respectifs à l'évocation de la soirée de la veille ainsi que leur ton jovial. Percy avait forcément entendu et perçu tout cela. Elle n'y avait pas prêté plus d'attention que cela, puisque bien trop occupée par les railleries de Malefoy, mais elle se souvenait, maintenant, que le roux avait attendu près de la porte que tout le monde entre. En plus d'avoir assisté à toute la conversation, Hermione était pratiquement certaine qu'il l'avait également vu rougir.
« Oh Merlin ! » s'écria-t-elle. Elle était dans de beaux draps à présent. Ginny n'allait sûrement pas la laisser s'en sortir aussi facilement et la jeune femme savait que trouver une bonne excuse à ce comportement étrange tout en ne révélant pas la vérité – soit que Malefoy et elle étaient, plus ou moins, amicaux l'un envers l'autre – relevait pratiquement de l'impossible.
Elle aurait pu prétexter, comme Ginny l'avait suggéré, que Malefoy l'obligeait à faire des choses mais elle se sentait mal à l'aise vis à vis de cette idée.
Après tout, le Serpentard n'avait certainement pas à payer pour son manque de courage à elle. Car, il ne s'agissait que de cela : de la lâcheté pure et simple.
C'était elle qui avait, pendant de longs mois, soutenu que Malefoy avait quelque chose à voir avec le double meurtre et qui avait même fini par en convaincre un bon nombre de personnes, la famille de Ron en tête. Elle ne se voyait tout simplement pas débarquer un jour, et se mettre à leur expliquer qu'en fait, elle s'était trompée, qu'elle était devenue amie avec Malefoy, qu'elle passait de plus en plus de temps avec lui, qu'elle vivait maintenant dans un appartement dont il était le propriétaire et qu'en plus, elle s'était mise à boire.
Les Weasley et Harry croiraient, au mieux à une immense farce, au pire que Malefoy l'avait soumise à l'Impérium.
Non, elle ne pouvait tout bonnement pas leur révéler tout ce qui touchait de près ou de loin au Serpentard et elle devrait rapidement trouver une parade pour expliquer son « écart de conduite ».
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Hermione soupira. Il lui semblait être bien loin le temps où elle était considérée comme la parfaite petite Gryffondor. Là, assise seule, noyant ses peines dans l'alcool et réfléchissant au meilleur mensonge qu'elle pourrait servir à sa belle-famille pour justifier son comportement, la jeune femme avait plutôt l'impression d'avoir subi une formation accélérée chez les Serpentard.
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Hermione préféra laisser là ses réflexions et se dirigea plutôt vers la grande salle de bain. Il fallait qu'elle débarrasse ses cheveux de l'effroyable odeur d'alcool qui s'y était incrustée et elle ne put résister à l'appel que la large baignoire lui faisait.
Elle força un peu sur les sels de bain magiques et se retrouva rapidement envahie de mousse colorée. Cela ne la gêna, toutefois, pas le moins du monde et, prenant sa respiration, elle plongea la tête dans l'eau chaude. Elle frictionna ensuite sa chevelure avec son shampoing puis les releva en un chignon sommaire après les avoir enduits d'un baume particulièrement odorant.
Hermione se retrouva rapidement inactive et, bien que l'eau chaude la relaxât, elle ressentait encore l'envie de boire. Elle avisa sa baguette, posée au sol près d'elle, l'attrapa et, d'un délicat mouvement du poignet, psalmodia un « Accio verre de whisky ». Ce dernier ne mit pas plus de deux secondes avant d'atterrir dans sa main. Elle le tourna entre ses doigts et laissa ses yeux se plonger dans la jolie couleur ambrée du liquide.
Elle ne comprenait pas comment une simple boisson parvenait à, en quelque sorte, la réconforter. Lorsqu'elle buvait, elle avait l'impression que ses soucis s'estompaient et que son esprit se laissait tranquillement aller à quelques divagations beaucoup plus légères.
Ce fut ainsi qu'après avoir avalé cul-sec le reste du verre, Hermione se mit à penser à Malefoy. C'était la seconde fois qu'elle prenait un bain dans une baignoire où ce dernier c'était lui-même lavé. Mais, cette fois-ci, la pensée d'un Malefoy nu, prenant un bain à la même place qu'elle occupait en cet instant, ne la rebuta aucunement. Venant de réaliser l'étrangeté de ses réflexions, Hermione rosit légèrement et mit tout ceci sur le compte de l'alcool.
Voilà un effet dont elle aurait bien aimé se passer. Elle s'était rendu compte que lorsqu'elle était sous l'emprise de l'alcool, même si cela n'était que léger, ses pensées prenaient un tournant beaucoup plus lubrique. Dernier exemple en date : le fait qu'elle ait imaginé, la veille, un Malefoy torse nu dans sa cuisine.
Une dose importante de culpabilité commença à s'immiscer en elle et Hermione préféra faire venir à elle la bouteille et se resservir un grand verre d'alcool.
Le sentiment finit par se dissiper et même ses pensées semblaient s'être passé le mot pour se faire oublier. La jeune femme pu donc profiter pleinement de son bain et lorsqu'elle se coucha, une heure et demie plus tard, elle était totalement relaxée.
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Le lendemain, Hermione ne rencontra ni Percy ni Malefoy. Sa journée se déroula le plus normalement du monde et elle prit grand soin de s'asseoir à une table excentrée, à l'heure du déjeuner, afin que personne ne vienne l'importuner.
A dix-huit heures, elle s'empressa de remettre son rapport à Mr Perkins et quitta le Ministère. La jeune femme transplana tout d'abord chez elle afin de déposer le dossier qu'elle avait rapporté puis ressortit du bâtiment.
Il n'y avait pas grand monde à cette heure de la journée, un mardi soir et Hermione fut ravie de constater que la boutique de Quidditch était presque vide. Elle trouva rapidement un vendeur et lui demanda conseil. Quinze minutes plus tard, elle quittait la boutique, le cadeau de Harry sous le bras.
Même si elle en voulait à Ginny d'avoir eu cette attitude à son égard, la veille, elle ne pouvait s'empêcher de la remercier pour lui avoir rendu la tâche du cadeau d'anniversaire si facile.
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Une fois chez elle, Hermione fit un peu de ménage puis s'attela à la préparation de son dîner. Cette dernière fut plutôt sommaire puisqu'elle consista simplement à réchauffer l'un des plats de Molly. Hermione n'était toujours pas allée se ravitailler mais, au vu de la montagne de nourriture que lui avait offerte sa belle-mère, la brune pressentait que cela ne se ferait pas avant au moins une bonne semaine.
Elle dégusta son repas tout en annotant le nouveau dossier que lui avait remis son patron. Une fois qu'elle eut terminée, elle fit sa vaisselle à la façon moldue puis se dirigea vers l'une des étagères du salon. Elle attrapa un épais volume et ce fut tout naturellement qu'elle en commença la lecture, non s'en s'être auparavant servi un verre de Whisky Pur Feu.
Elle était totalement plongée dans sa lecture lorsqu'elle entendit de petits crissements contre l'une des fenêtres de l'appartement. Étonnée de recevoir du courrier si tard, la jeune femme referma son ouvrage après avoir marqué sa page, s'approcha puis ouvrit. Elle reconnut immédiatement l'oiseau qu'elle avait en face d'elle. Un magnifique hibou Grand-duc au plumage noir. Celui de Malefoy.
Hermione était très intriguée. Que pouvait bien avoir à lui dire Malefoy à vingt-deux heures trente, un mardi soir ?
Elle détacha la missive de la patte de l'oiseau qui s'ébroua vivement et repartit prestement par la fenêtre.
« Aussi aimable que son propriétaire » pensa la Gryffondor.
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Elle retourna s'asseoir, but une gorgée d'alcool puis décacheta la lettre. Elle ne s'était pas trompée, Malefoy en était bien l'expéditeur.
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Granger,
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Je voulais simplement savoir si tu t'étais finalement remise de notre soirée de dimanche.
Je te l'aurais bien demandé en personne aujourd'hui mais je n'ai pas eu le déplaisir de te croiser...
Ne vas pas t'imaginer que je me soucie d'une quelconque façon de ton bien être mais j'espère tout de même que tu as fini par arrêter de pleurer.
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En attendant de tes nouvelles,
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Drago Malefoy
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Une fois qu'elle eut terminé sa lecture, Hermione ne put s'empêcher de reporter son verre à ses lèvres. Malefoy venait de lui envoyer une lettre. Une lettre dans laquelle il lui demandait de ses nouvelles. Dans laquelle il lui disait qu'il espérait qu'elle avait arrêté de pleurer.
Etonnamment, la Gryffondor se sentait flattée qu'il prenne ainsi de ses nouvelles. Et même s'il mentionnait le « déplaisir » qu'il avait de la voir, Hermione savait parfaitement qu'il n'en était rien.
Un léger sourire flotta sur ses lèvres tandis qu'elle se dirigeait vers sa chambre pour prendre un parchemin et une plume. Elle allait s'asseoir à son bureau afin de rédiger une réponse lorsque la réalité la rattrapa comme un hippogriffe au galop. Elle n'avait pas de hibou et il était bien trop tard pour se rendre au Service de hibou postal. Pourquoi, par Merlin, le maudit oiseau de Malefoy était-il parti sans attendre qu'elle lui remette sa missive ?!
Maugréant, Hermione retourna au salon ainsi qu'à sa lecture. Ne pas pouvoir répondre la faisait se sentir un peu coupable. Elle savait que, d'ordinaire, Malefoy n'était pas du genre à prendre des nouvelles de qui que ce soit et le fait qu'il s'enquiert de son bien être – même s'il réfutait cette idée – faisait très plaisir à Hermione. Il avait dû prendre sur lui et elle ne savait pas ce que penserait le blond en voyant qu'elle ne répondait pas. Peut-être penserait-il qu'elle dormait déjà ? Ou qu'elle considérait tout simplement que lui répondre n'était pas nécessaire ? Peut-être renverrait-il une lettre... ? Auquel cas Hermione s'empresserait de séquestrer son oiseau pour qu'il ne reparte pas sans une réponse. La jeune femme en vint même à imaginer que, face à son absence de réponse, Malefoy en viendrait à la conclusion qu'elle avait toujours le moral au plus bas et qu'il se présenterait, en personne, pour prendre de ses nouvelles.
Étrangement, cette idée ne déplut pas à la Gryffondor.
Toutefois, aucun blond ne se présenta à sa porte et Hermione partit se coucher, très légèrement déçue.
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Le lendemain, Hermione était bien décidée à voir Malefoy. Elle arriva quelques minutes en avance et attendit dans le couloir du Département de la justice magique. Elle patienta mais, dans tous les employés du Ministère qui défilèrent devant elle, aucune tête blond platine n'était présente. Elle hésita quelques secondes à aller toquer à la porte du bureau du Serpentard mais ne le fit pas. Après tout, s'il avait tellement eu envie d'avoir de ses nouvelles, il serait venu directement chez elle, la veille au soir.
Elle se dirigea donc vers son propre Service.
Le reste de sa journée passa aussi rapidement que la veille. La jeune femme tenta de nouveau de croiser Malefoy à l'heure du déjeuner mais il ne semblait tout simplement pas présent. A dix-sept heures trente, elle alla rendre ses observations sur le dossier que lui avait confié Perkins et ce dernier l'autorisa à rentrer chez elle.
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Une fois à l'appartement, Hermione fonça vers son dressing. Elle avait exactement une heure et quinze minutes pour se préparer et n'avait absolument aucune idée de ce qu'elle allait porter. Au bout de dix minutes à attendre bêtement que Merlin, lui-même, lui en souffle une, la Gryffondor préféra aller prendre sa douche, se coiffer et se maquiller et passa donc dans la pièce attenante.
Elle s'était lavée les cheveux la veille et sa douche ne dura donc pas plus d'un bon quart d'heure. Toutefois, lorsque fut venue l'heure de s'occuper de sa tignasse pour la mettre en forme, elle perdit nettement plus de temps. C'était simple, il lui semblait que ses cheveux avaient décidé de s'allier contre elle. Rien ne marchait. Elle leur jeta quelques sorts mais ils semblaient toujours aussi rebelles et elle préféra oublier l'idée de se servir d'une brosse moldue. Finalement et au terme de pas moins de trente minutes, elle parvint enfin à les faire tenir en un semblant de chignon bâclé. Hermione se lava les dents puis passa au maquillage. Elle ne s'attarda pas vraiment sur ce dernier point et revint rapidement vers son dressing.
Merlin ne semblait toujours pas prêt à lui accorder ses lumières et elle se retrouva, une nouvelle fois, comme une idiote. Si cela n'avait tenu qu'à elle, elle se serait habillée comme d'habitude mais elle n'osait imaginer ce que dirait Ginny si elle ne faisait pas un petit effort pour se vêtir de manière un peu plus festive.
Irritée, Hermione poussa un petit cri d'agacement. Elle avait besoin d'un verre pour se détendre. Elle se dirigea donc d'un pas rapide vers la cuisine mais n'y parvint jamais.
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Malefoy se tenait au milieu de son salon et époussetait ses vêtements. De surprise, Hermione en aurait lâché la serviette qu'elle avait autour d'elle, si le regard que le blond lui lança ne la poussa pas plutôt à la resserrer au maximum. Leur corps était immobile mais les yeux de Malefoy, eux, semblaient comme possédés. Ils descendaient puis remontaient en la détaillant sous toutes les coutures. Il semblait vouloir la déshabiller du regard et Hermione en fut très gênée. Elle baissa la tête et s'assura que sa serviette la couvrait du mieux possible.
Quelques secondes s'écoulèrent avant que Malefoy ne sorte de sa torpeur et que ses yeux arrêtent de se balader librement. Il fixa son regard d'acier dans les prunelles de la jeune femme et un frisson la parcourut :
- Qu'est-ce que tu fais là ? souffla-t-elle.
- Tu n'as pas répondu à mon hibou.
Il ne parlait pas plus fort qu'elle et sa voix était légèrement rauque.
- Je sais. Je n'ai pas de hibou et le tien était reparti avant que je n'aie pu lui donner une réponse.
- Tu comptais répondre ?
- Oui. Je t'ai attendue aujourd'hui, au Ministère, pour t'expliquer mais je ne t'ai vu nulle part.
- Excuse-moi. J'ai eu beaucoup de travail. Je suis arrivé très tôt ce matin et je viens juste de repartir.
- Oh...
Un silence gêné s'abattit. Silence que Malefoy ne tarda toutefois pas à rompre.
- Je t'ai apporté quelques trucs, fit-il en lui désignant un sac en papier posé à ses pieds.
- Oh... répéta Hermione, surprise. Qu'est-ce que c'est ?
Le Serpentard ne répondit pas mais plongea sa main dans le sac. Il en ressortit tout d'abord un grand pot de poudre de cheminette puis quelques petites fioles de sa potion « Anti gueule de bois ». En les avisant, les joues d'Hermione prirent une teinte légèrement rosée. Finalement, Malefoy sortit une grande bouteille d'alcool et un petit sourire en coin apparut sur ses lèvres.
- C'est pour moi tout ça ? demanda la brune.
- Pas tout à fait.
- Pardon ?
- Je compte bien me servir de tout ceci, moi aussi.
- Pardon ?! répéta Hermione d'une tonalité plus aiguë.
- Quoi ? Je ne vais pas sans arrêt sortir de l'appartement pour pouvoir transplaner afin de rentrer chez moi, d'où l'utilisation de la poudre de cheminette. Pour ce qui est des deux autres « cadeaux », je pense que tu sais très bien comment je compte les utiliser...
Oh Hermione savait. Elle comprenait que Malefoy était venu se « soûler avec elle » comme il le disait si bien et la jeune femme en était un peu perturbée. Elle ne s'était pas vraiment attendue à ce qu'il souhaite renouveler l'expérience et elle ne savait pas quoi en penser elle-même. Passer du temps avec Malefoy ne la dérangeait plus mais c'était plutôt ce qu'ils faisaient ensemble qui la mettait mal à l'aise. Se rencontrer pour boire, ce n'était absolument pas sain.
Toutefois, une petite voix en elle s'éleva et lui signala qu'elle n'avait certainement pas attendu Malefoy, la veille ainsi que le jour précédent, pour boire. Sa bouche s'ouvrit alors toute seule et elle s'entendit dire :
- Je ne peux pas ce soir, Malefoy.
Ce dernier sembla, lui-même, assez déconcerté par sa réponse. Apparemment, il ne s'était pas du tout attendu à ce qu'elle ne lui dise pas tout simplement non. Enfin ça... c'est ce qu'elle pensa premièrement. Mais la réplique qui suivit fut d'une toute autre nature :
- Comment ça tu ne peux pas ce soir, Granger ?
Il avait froncé les sourcils et semblait agacé que ses plans ne se déroulent pas comme ils les avaient prévus.
- Je me rends à l'anniversaire d'Harry, si tu veux tout savoir. Même si je n'ai absolument pas de compte à te rendre.
- Encore et toujours ce Saint Potter, l'entendit-elle siffler.
- Désolée, Malefoy.
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Lui-même semblait encore plus désolé qu'elle et cela troubla légèrement Hermione. Ce qui la perturba d'autant plus fut qu'en cet instant, si on lui avait posé la question, elle aurait répondu qu'elle préférait rester ici, avec Malefoy, et boire plutôt que de se rendre à l'anniversaire où elle savait que l'ambiance serait déprimante. Elle s'imagina, entourée de la famille Weasley-Potter qui lui lancerait des regards plus tristes et compatissants les uns que les autres et eut envie de vomir. En plus, elle était presque persuadée que Ginny allait lui tirer les vers du nez à propos de son comportement du lundi soir. C'est sûrement cette perspective de passer un si mauvais moment qui la poussa à ajouter :
- Mais tu peux m'attendre ici, si tu veux...
- Quoi ? demanda le blond, étonné par sa proposition.
- Euh oui... enfin, si tu le souhaites. Je ne vais sûrement pas rentrer tard et j'aurais assurément besoin d'un verre de toute façon. Alors si tu veux rester ici pour boire, ça ne me dérange pas.
Malefoy la regarda étrangement, comme s'il tentait de déterminer si elle pensait ce qu'elle disait puis il haussa les épaules.
- Ok, Granger. Mais tu ne devrais pas être en train de te préparer pour l'anniversaire de Saint Potter ?
- Oh Merlin ! s'exclama Hermione.
Elle avait complètement oublié l'heure. Il ne lui restait plus que cinq minutes, à présent, avant d'être en retard et elle n'avait toujours pas fait son choix de tenue. Alors qu'elle s'apprêtait à faire demi-tour pour se diriger vers son dressing, ses yeux tombèrent sur le blond et elle remercia intérieurement Merlin.
- Malefoy, j'ai besoin de toi.
- Pourq... commença-t-il.
- Viens, l'intima-t-elle en se dirigeant vers la chambre.
Il la suivit sans faire d'histoire, certainement curieux de savoir pourquoi ils prenaient la direction de son ancienne chambre.
Hermione s'arrêta devant le dressing. Le Serpentard lui lança un regard interrogateur et elle fut donc obligée d'expliquer.
- Il faut que tu me trouves une tenue potable pour ce soir.
- Pardon ?!
- Hum... oui. Après tout, tu es toujours si propret sur toi... Tu devrais bien être capable de me trouver quelque chose pour un anniversaire dans tout cela, expliqua-t-elle en désignant ses vêtements d'un mouvements vague de la main.
Le blond semblait réellement déconcerté par sa demande et il resta interdit quelques secondes. Puis, comme s'il était soudainement contrôlé par une force extérieure, il se dirigea vers le dressing et commença à fouiller dans les vêtements.
- Alors, comme ça, tu trouves que je m'habille bien, Granger ? demanda-t-il en ôtant un petit haut de sur son cintre.
- Je n'ai pas dit ça, Malefoy. J'ai dit que tu étais propret sur toi, rien de plus, spécifia-t-elle.
Elle entendit le blond ricaner légèrement puis il se retourna vers elle, quelques secondes plus tard.
- Tiens, vas mettre ça.
- Je ne vais pas mettre... commença la Gryffondor.
- Tu m'as demandé mon aide, je te dis de mettre ça, tu mets ça, déclara le blond d'un ton sans appel.
Hermione maugréa mais s'enferma tout de même dans la salle de bain. Elle était déjà en retard et elle accepterait toutes les propositions.
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Elle ressortit deux minutes plus tard, vêtue d'un chemisier léger, ample et décolleté ainsi que d'une jupe assez courte et près du corps. En s'avançant dans la chambre, où le blond l'attendait, Hermione se sentit rougir en avisant, sur elle, son regard appréciateur qu'il ne tenta absolument pas de dissimuler.
- Tiens, lui dit-il simplement en lui tendant une paire d'escarpins à talons hauts ainsi qu'un blazer.
- Mais... ce ne sont pas mes chaussures, s'étonna la jeune femme.
- Techniquement si, j'ai juste augmenté un peu le talon, indiqua Malefoy.
Hermione ouvrit la bouche pour répliquer mais s'empressa de prendre les chaussures des mains du Serpentard et de les enfiler lorsqu'elle avisa l'heure sur son réveil moldu.
Elle n'avait pas du tout l'habitude de mettre de si hauts talons et se sentit instantanément mal à l'aise.
Elle attrapa également le blazer qu'il lui tendait et l'enfila avant de se rendre devant le miroir psyché qui était dans un coin de la chambre et ne put retenir un hoquet d'étonnement.
Malefoy avait définitivement un don stylistique. Sa jupe assez courte et près du corps apportait le côté « soirée » mais comme le haut restait assez classique et chic, elle n'avait pas l'air déguisée. Les talons hauts ajoutaient une touche de sexy à la tenue et son blazer apportait la sophistication qui lui manquait. Bien sûr, toute sa tenue était noire, puisque c'était l'unique couleur qui était présente dans son dressing.
Hermione se retourna vers le blond et la seule chose qu'elle put lui dire fut :
- Merci.
- Avec plaisir, Granger, répondit-il avec un petit sourire en coin.
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Hermione n'en chercha pas la signification et s'avança plutôt vers le salon. Toutefois, un problème de taille se manifesta rapidement. Elle n'arrivait tout simplement pas à marcher avec ses chaussures et elles la faisaient déjà affreusement souffrir.
- Malefoy, se plaignit-elle en se retournant vers lui, je ne peux pas marcher avec ça.
- Bordel, Granger, tu es vraiment déprimante. Tu es une sorcière oui ou non ?!
- Oui mais...
Hermione comprit tout à coup ce qu'il voulait dire et s'insulta mentalement d'idiote.
Elle s'empara de sa baguette qui était posée sur un guéridon, la pointa vers ses pieds et, deux sorts plus tard, elle avait l'impression d'être dans des baskets. Vraiment, la magie était merveilleuse.
Elle attrapa son sac à main et se tourna vers le blond.
- Bon, j'y vais.
- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu n'as pas envie d'y aller ?
- Sûrement parce que c'est le cas.
Malefoy sembla surpris de sa réponse mais ne fit aucun commentaire.
- Eh bien dis-toi simplement que, quand tu rentreras, tu pourras prendre la cuite de ta vie et que tous tes soucis s'envoleront... dit-il plutôt.
Etrangement cette perspective lui donna un peu plus de courage et Hermione se retourna une dernière fois vers lui avant de partir.
- Je ne rentrerai pas tard.
- Ne t'inquiète pas, je ne bouge pas d'ici. Passe une bonne soirée.
Hermione referma la porte d'entrée avant de transplaner chez son meilleur ami.
Et voilà ! Alors que pensez-vous de leur petit after en perspective... ?
Sans parler du fait que Drago ait vu Hermione à moitié nue ...
Avouez que vous aimeriez bien que Drago joue les stylistes de Noël pour vous ? )
Sinon, que pensez-vous du fait que Percy et Ginny aient, en quelque sorte, percé Hermione à jour ?
En bref : je veux TOUT savoir alors on reviewe pour faire plaisir à l'auteure, s'il-vous-plaît ! :)
Bisous, bisous et à dimanche !
Chalusse
