Bonjour à tou(te)s !
Je remercie très chaleureusement mes génialissimes revieweurs/euses qui m'ont laissée de magnifiques commentaires. Cette fic' vient de franchir la barre des 100 reviews, ce qui est top, alors merci beaucoup à vous tous :). Je remercie également les lecteurs qui ont fait des ajouts en favoris/alertes.
Je sais que beaucoup d'entre vous ont hâte de découvrir comment va se dérouler l'anniversaire d'Harry et le petit after entre Hermione et Drago. Je pense donc que vous serez satisfaits (ou pas, nous verrons bien… ^^) puisque les deux sont réunis dans ce nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira et vous donnera envie de m'écrire, à votre tour, un petit mot.
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RàRs anonyme :
Guest : ça me fait très plaisir que tu aies apprécié le précédent chapitre. J'espère qu'il en sera autant avec celui-ci. Merci beaucoup pour ta review ! :)
Pauline : tout d'abord : merci infiniment de t'être lancée et d'avoir laissé ta toute première review ! Je suis touchée et me sens très privilégiée. :)
Ça me fait super plaisir que tu apprécies autant cette fic' et que tu la trouves bien écrite. Pour ce qui est du rythme, je tiens effectivement à ce que les choses n'aillent pas trop vite. J'ai trop souvent lu des Dramione (ou même des romances en général) ou les rapprochements se produisaient trop rapidement et facilement. Ce n'est pas ce que j'ai voulu ici. De même, j'ai tenu à véritablement développer les caractères des personnages. Je trouvais très intéressant que l'on puisse voir évoluer une Hermione plus « sombre » que dans le canon. Chose qui était logique au vu de ce qu'il a pu lui arriver six mois plus tôt. Bref, je suis également ravie que son personnage te plaise. « Drago est parfait » ? Oui, je suis plutôt d'accord P.
Je le répète mais je suis très touchée que tu apprécies cette fic' au point que tu « trépigne d'impatience » de lire les nouveaux chapitres.
Concernant la fin du chapitre, eh bien… j'aime beaucoup faire des cliffhangers et instaurer une certaine forme de suspens.
Comment va se passer l'anniversaire et l'after ? Ça, tu vas pouvoir le découvrir dès à présent. :)
Voilà, merci mille fois pour ta review qui m'a fait super plaisir !
Yazune : je te remercie très chaleureusement pour tes magnifiques compliments qui me font très chaud au cœur. Je tenais effectivement à conserver les caractères originels des personnages au maximum mais tout en les adaptant à ce qu'ils avaient pu vivre afin que ce soit le plus crédible et cohérent possible. Ne t'inquiète pas, cette fic' étant déjà écrite, il n'y a aucun risque pour que j'en arrête la publication. J'espère qu'elle continuera à te plaire jusqu'au bout :). Concernant Hermione, je ne peux rien te dire d'autre hormis « suspens » ;). Mille mercis pour ta super review !
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Voilà ! Je vous souhaite à tous une très bonne lecture :).
Comme toujours : seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 17 : Joyeux anniversaire Harry
Drago avait attendu toute la soirée que Granger réponde à sa lettre. Lorsqu'il était devenu évident qu'elle ne comptait pas le faire, il était parti se coucher agacé et un peu inquiet. Et si elle avait refait une crise ?
Quoique, peut-être ne souhaitait-elle tout simplement pas lui répondre, considérant que sa vie privée ne le regardait pas. Sauf qu'il se souvenait parfaitement de l'état dans lequel elle s'était trouvée, quelques jours auparavant et elle serait certainement encore en train de verser toutes les larmes de son corps s'il n'était pas venu la voir pour lui changer les idées. Après ce qu'il avait fait, elle lui devait au moins une réponse !
Il se tourna et se retourna plusieurs fois dans son lit avant de trouver le sommeil. Finalement, il fut réveillé aux aurores par un petit crissement contre la fenêtre de sa chambre. Un hibou.
Drago se précipita si rapidement sur la fenêtre qu'il se tapa l'orteil sur l'un des montants en bois de son lit et jura bruyamment. Finalement, il arriva en claudiquant et ouvrit à l'oiseau. Drago détacha la missive qu'il portait avant qu'il ne s'envole.
Il était vraiment très tôt mais cela ne sembla pas interloquer le Serpentard qui pensait vraiment que Granger lui avait finalement envoyé une réponse.
Manque de chance, il s'agissait plutôt de Mrs Marsh, sa supérieure, qui l'enjoignait de venir le plus rapidement possible au bureau. Les Aurors venaient de mettre la main sur un gang de sorciers et ils avaient besoin de tout le monde aux Services administratifs du Magenmagot. La déconvenue de savoir que ce n'était pas Granger qui lui avait écrit, ajoutée au fait qu'il allait certainement passer une journée éreintante eut un effet immédiat sur son humeur. Humeur que l'on pouvait dorénavant qualifier de passablement mauvaise.
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Malheureusement pour lui, sa journée se déroula aussi mal qu'il l'avait envisagé, si ce n'était pire. Il avait espéré pouvoir croiser Granger au Ministère mais on lui avait assigné une telle charge de travail qu'il ne sortit le nez des dossiers, qui s'étalaient sur son bureau, qu'à dix-huit heures trente. Il était là depuis sept heures du matin et n'arrivait plus à réfléchir. Il avait besoin d'un verre mais, plus que tout, il voulait voir Granger. Son agacement contre elle s'était intensifié au fil des heures. Le matin, il avait encore eu l'espoir qu'elle n'avait pas eu le temps de lui répondre, la veille au soir et qu'elle viendrait lui rendre visite dans son bureau ou qu'elle lui enverrait, au moins, une note volante. Il venait cependant de passer près de onze heures trente dans la même pièce et n'avait eu aucune nouvelle d'elle.
Alors qu'il s'apprêtait à enfin rentrer chez lui, une idée germa dans son esprit : il irait voir Granger. Il ne voulait toutefois pas qu'elle pense qu'il avait attendu une réponse de sa part toute la journée alors il allait lui apporter quelques petites choses pour se constituer une excuse. Il savait que ce prétexte était plus que minable et définitivement pas digne d'un homme de trente ans mais il fallait qu'il trouve un moyen de la voir. Surtout après la journée prodigieusement merdique qu'il avait passée. En plus, il avait envie de boire et, malgré ce que l'on pourrait penser, il n'appréciait pas plus que cela de se soûler en solitaire. Il fallait en plus avouer que boire avec Granger était très divertissant.
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Il rentra donc rapidement chez lui, saisit ses trois « cadeaux » et partit à la recherche de son fils. Il le trouva en compagnie de Narcissa. La chance lui souriait enfin. Après avoir obtenu de sa mère qu'elle reste avec son fils pour la soirée et la nuit, Drago prit une poignée de poudre de cheminette et s'en alla en direction de son appartement.
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- Drago est assez étrange en ce moment, commenta Narcissa, plus pour elle-même.
- Oui. Il n'est pas souvent à la maison et quand il rentre, il est soit joyeux soit super énervé...
- Tu as une idée de l'endroit où il se rend ?
- Non... répondit Scorpius avec une moue d'excuse. J'espère qu'il n'a pas d'ennuis.
- Ne t'inquiète pas, le rassura Narcissa. Je ne pense pas que cela soit le cas. Mais j'essaierais de lui poser la question si cela peut te rassurer.
- Oui, merci Grand-mère. Pouvons-nous continuer ?
- Oui, bien sûr. Alors, en quelle année fut fondé Poudlard ? le questionna sa grand-mère en se replongeant dans le livre ouvert devant elle.
}{
Lorsque Drago arriva dans son ancien appartement, il s'attendait à tout sauf à ce qui se présenta sous ses yeux. Il comptait exposer sa mauvaise humeur à Granger pour ne pas lui avoir répondu mais toutes ses résolutions s'envolèrent aussi rapidement que le Vif d'or lorsqu'il la vit.
Granger.
À moitié nue au milieu du salon.
Elle semblait aussi surprise que lui et Drago la vit resserrer instinctivement sa serviette autour d'elle. Cela n'empêcha nullement ses yeux de se balader librement sur toute la peau qu'il pouvait voir, ainsi que sur celle qu'il ne pouvait pas voir. Il avait plus ou moins conscience d'être immobile et de la mater ouvertement mais cela ne le dérangea pas le moins du monde.
Sa température corporelle augmenta rapidement et Drago se força finalement à arrêter de laisser ses yeux se promener sur tout le corps de la jeune femme. Il les planta plutôt dans ses prunelles chocolat et patienta quelques secondes avant qu'elle ne prenne la parole.
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Une agréable sensation l'envahit lorsqu'elle lui apprit qu'elle n'avait pas volontairement omit de répondre à sa lettre et elle s'accentua même quand elle lui expliqua l'avoir attendu aujourd'hui, au ministère, pour le lui dire.
Toutefois, ce sentiment inqualifiable fut bien vite remplacé par un autre, bien plus connu. La colère monta rapidement en lui lorsqu'elle lui annonça qu'elle devait se rendre à l'anniversaire de ce connard de Potter. Il ne s'était certainement pas attendu à ce qu'elle soit prise pour la soirée. Et il s'était encore moins attendu à ce qu'elle lui fasse la proposition qu'elle lui fit quelques secondes plus tard.
Rester chez elle et attendre qu'elle rentre de l'anniversaire de Potter pour pouvoir se soûler ensemble.
Il était tellement surpris par sa proposition qu'il lui fallut un moment pour l'assimiler correctement. Lorsqu'il prit pleinement conscience de ce que cela impliquait, notamment le fait qu'elle lui fasse suffisamment confiance pour l'autoriser à rester chez elle pendant qu'elle n'était pas là, mais surtout qu'elle ne comptait pas le laisser sur le banc de touche alors même qu'elle se rendait à l'anniversaire de son meilleur ami, il s'empressa d'accepter.
Décidément, cette soirée lui réservait bien des surprises et s'avérait surtout beaucoup plus agréable que le reste de sa journée. En témoignait le fait que Granger lui demande de choisir ses vêtements pour la soirée. Tâche qu'il prit au sérieux. Lorsqu'elle ressortit de la salle de bain, il ne put s'empêcher de la dévorer du regard. Granger était définitivement devenue très belle et séduisante. Le pire était qu'elle ne semblait même pas en avoir conscience.
Tandis qu'elle se détaillait sous toutes les coutures devant le miroir, Drago n'eut d'autre choix que de détourner les yeux avant qu'une certaine partie de son anatomie ne se réveille. Malheureusement, alors qu'ils se dirigeaient vers le salon, elle s'arrêta abruptement et il faillit la percuter. Cette soudaine proximité avec elle le mit mal à l'aise d'autant plus lorsque le parfum de la jeune femme s'insinua sournoisement dans ses narines. Son odeur sucrée l'enserra de toute part il dut faire un pas en arrière pour retrouver ses esprits.
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Il fut légèrement soulagé lorsqu'il la vit quitter l'appartement pour se rendre chez Potter. Il avait maintenant quelques heures devant lui pour tenter de se remettre de ce qu'il venait de se passer et retrouver toutes ses facultés avant qu'elle ne revienne. Drago commença par ouvrit le frigo. Il avait une faim d'ogre et, même s'il ne l'avouerait jamais à voix haute, Mrs Weasley était vraiment une bonne cuisinière. Il n'allait donc certainement pas se priver.
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Pendant ce temps-là, Hermione venait d'arriver à Godric's Hollow. Elle s'approcha rapidement de la maison des Potter et sonna en tirant sur sa jupe pour la descendre au maximum. Elle n'avait vraiment pas l'habitude de s'habiller de cette façon et, même si elle n'avait maintenant plus de problème de confort avec ses chaussures, elle se sentait toujours assez mal à l'aise.
Ce fut Ginny qui lui ouvrit.
Leur étreinte fut assez froide mais aucune ne fit de commentaire. Elles étaient là pour Harry et, visiblement, Ginny n'avait pas estimé que le cas d'Hermione soit suffisamment désespéré pour qu'elle mette son mari au courant. La brune vit toutefois son amie détailler longuement sa tenue avant de hausser un sourcil.
La maîtresse de maison invita ensuite la jeune femme à passer au salon et Hermione salua tout le monde en finissant par le roi de la soirée.
- Harry ! Joyeux anniversaire ! s'écria-t-elle en lui sautant au cou et en lui plantant un baiser sonore sur la joue.
- Merci Herm', rigola le brun, gêné par tant d'effusions.
Hermione lui donna son cadeau et Harry l'ajouta à ceux des autres invités, qu'il ouvrirait en temps voulu.
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Les conversations reprirent lentement mais Hermione avait vu juste, l'ambiance n'était vraiment pas au rendez-vous. Personne ne parlait trop fort et aucun éclat de rire ne se faisait entendre. La veuve savait que cela été lié à Ron et Rose et que la plupart des personnes ici présentes considéraient certainement que ne pas paraître réjoui ou heureux respectait leur mémoire. La jeune femme avait une opinion bien différente. Ron aurait détesté une ambiance aussi morne et aurait été le premier à leur faire une réflexion. A cause de tout cela, Hermione avait la désagréable impression de pouvoir se mettre à pleurer à n'importe quel moment.
Elle songea à Malefoy, seul chez elle, certainement en train de boire et eut subitement envie de transplaner pour le rejoindre. Malheureusement, c'était l'anniversaire d'Harry et elle ne pouvait pas partir aussi tôt et de cette façon.
Elle s'approcha plutôt d'une table où des boissons avaient été disposées et attrapa un verre de Whisky Pur Feu qu'elle but cul sec. Apparemment, Ginny s'était attendue à ce qu'elle adopte ce genre de comportement puisqu'elle entra rapidement dans son champ de vision.
- Alors c'est vrai ? demanda-t-elle sans autre préambule.
- Quoi, Ginny ? souffla Hermione, qui sentait déjà l'agacement se manifester.
- Tu bois.
- Eh bien oui. Cela semble plutôt évident, non ? fit Hermione en levant le verre vide qu'elle tenait à la main pour l'agiter sous les yeux de son amie.
- Écoute, Hermione, si tu veux... commença la rousse.
- Je t'arrête immédiatement, Ginny. Je n'ai absolument pas besoin de parler je vais parfaitement bien, la coupa Hermione d'une voix sèche.
- Très bien, répliqua-t-elle avant de repartir vers son mari.
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Hermione discuta ensuite avec George, Andromeda et le jeune Teddy Tonks avant que Ginny ne les convie à passer à table. Le repas fut délicieux et la brune soupçonna sa belle-sœur d'avoir demandé de l'aide à sa mère. En parlant de Molly, cette dernière était assise à côté d'Hermione et tentait le plus possible de lui tirer les vers du nez à propos de son nouvel appartement. Elle se calma après qu'Hermione lui ait promis de lui faire visiter dès qu'elle en aurait l'occasion. La jeune femme profita ensuite du répit qui lui était offert pour s'excuser et sortir de table quelques instants.
L'ambiance de plomb additionnée aux questions incessantes de Molly avaient de plus en plus raison d'elle et Hermione préférait aller prendre l'air pendant quelques minutes avant de revenir pour entamer le gâteau.
Elle passa par le salon afin de récupérer un verre de Whisky et sortit dans le jardin. L'alcool et l'air frais lui firent du bien et elle inspira profondément. Elle ne supportait vraiment plus tous les regards emplis de pitié qu'on pouvait lui lancer. Comme si cela allait changer quelque chose ! Hormis lui rappeler que sa fille et son mari avaient été violemment assassinés, cela ne lui apportait vraiment rien d'autre.
Personne n'allait donc comprendre qu'elle en avait assez qu'on la traite comme une petite chose fragile ?!
L'image de Malefoy s'imposa une nouvelle fois à elle et Hermione sentit un petit sourire étirer ses lèvres. Savoir que c'était avec le Serpentard qu'elle arrivait à se sentir véritablement elle-même était plus que paradoxal quand on savait que c'était sa famille à lui qui l'avait conduite dans cette situation.
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Hermione était perdue dans ses pensées et n'entendit donc pas que quelqu'un s'approchait dans son dos.
- Je suis désolé, entendit-elle.
Elle se retourna vivement, une main sur le cœur.
- Harry ! Je ne t'ai pas entendu arriver !
Ce dernier eut un petit sourire. Sourire qui s'évanouit rapidement lorsqu'il avisa le verre d'alcool qu'elle tenait à la main.
- Hermione... commença-t-il.
- Oh non Harry Potter, pas toi aussi ! Ta femme m'a déjà fait la morale. Je n'en peux plus de votre pitié ! Personne ne peut comprendre ça ?! explosa la jeune femme.
Harry eut un léger mouvement de recul et leva les mains en signe de paix.
- Calme-toi, Hermione, je ne comptais absolument pas te faire la morale ou quoique ce soit.
- Qu'est-ce que tu fais là alors ? demanda sa meilleure amie d'une voix un peu plus sèche qu'elle ne l'aurait souhaité.
- Je suis simplement venu te dire que je te comprenais et que j'étais désolé de tout ceci, fit-il en faisant un signe vague de la main en direction de la maison.
- Harry... je n'en peux vraiment plus de leur regard empli de pitié, de ce silence lorsque j'entre dans une pièce. On dirait que tout le monde s'attend à ce que j'explose en sanglots à chaque seconde ou que je devienne folle.
- Je sais Herm' je suis désolé, répéta-t-il.
- Je te jure Harry que je ne serais pas capable de répondre de moi même si on me regarde encore une fois de cette façon. Je tente par tous les moyens de reprendre ma vie en main, de me changer les idées, ce n'est pas pour qu'à chaque fois que l'on me voit, on me lance ces regards.
- Ils essayent seulement de te montrer qu'ils tiennent à toi.
- Oui eh bien je m'en fiche ! J'ai perdu ma fille et mon mari, Harry ! Pas eux ! Si j'arrive à ne pas me mettre à chialer comme une idiote à chaque instant de ma putain de vie, pourquoi ne peuvent-ils pas arrêter de tirer ces têtes d'enterrements ?!
- Hermione, calme-toi, fit Harry d'une voix apaisante
Mais la Gryffondor n'avait aucune envie de se calmer. Au contraire, elle avait l'impression d'avoir retenu depuis bien trop longtemps sa colère et, malheureusement, Harry semblait être celui qui en ferait les frais.
- Je ne veux PAS me calmer Harry ! aboya-t-elle.
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Son éclat de voix avait dû s'entendre par les fenêtres ouvertes de la maison car de nombreux invités avaient accouru pour savoir ce qu'il se passait.
- Hermione, s'il-te-plaît, viens, nous allons manger le gâteau, tenta de l'apaiser une nouvelle fois le brun.
- Je ne veux pas de gâteau, dit la jeune femme, butée.
Harry lui lança un regard blessé.
- Hermione... commença-t-il.
- Non, Harry, laisse-la. Elle est déterminée à n'en faire qu'à sa tête et à tout gâcher.
- Ginny, je ne pense pas que... commença son mari tandis qu'elle arrivait à leur hauteur.
- Oh mais non, Harry, ne l'interrompt pas ! Je t'en prie, Ginny, continue, l'invita Hermione d'une voix faussement mielleuse.
Elle se sentait au bord de la crise de nerf et ses yeux lançaient des éclairs. Elle ne pouvait plus retenir ce qu'elle avait sur le cœur.
- Tu agis comme si tu étais la seule à avoir perdu ta famille, Hermione. Mais nous les avons perdus également. Moi aussi j'ai perdu mon frère et ma nièce. Harry a perdu son meilleur ami et sa filleule. Maman a également perdu un fils, pour la deuxième fois, ainsi que sa petite fille ! Nous les avons tous perdus, Hermione ! Alors arrête de faire comme si cela ne tournait qu'autour de ta petite personne parce que ce N'EST PAS LE CAS ! explosa la rousse.
Hermione songea que si Ron avait été là, le surnom de « Ginny la Furie » aurait fait son grand retour. Elle se mit alors à rire à gorge déployée devant une assemblée plus que perplexe.
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Lorsque son fou rire finit par se tarir, elle essuya ses yeux, qui étaient humides d'avoir tant ris, et se tourna vers Ginny.
- Et bien alors je pense que je n'ai plus rien à faire ici. Harry, fit-elle en se tournant vers lui, je te souhaite encore un joyeux anniversaire. Et vous tous, déclara-t-elle d'une voix plus forte en se tournant vers les autres invités, vous me voyez désolée de ne pas avoir été suffisamment présente pour vous accompagner dans votre perte. Je vous présente donc toutes mes condoléances pour la mort de votre ami, fils, frère, beau-frère, etc. Ainsi que pour celle de votre nièce, filleule, petite fille, et autres.
Elle allait transplaner quand Harry lui attrapa le bras.
- Hermione, s'il-te-plaît, ne pars pas comme ça, l'implora-t-il.
Hermione était dans une telle rage qu'elle n'écoutait plus un mot de ce qu'on pouvait bien lui dire. Elle n'avait même pas réellement conscience que Molly s'était mise à pleurer et qu'Arthur venait de la prendre dans ses bras.
Elle se dégagea vivement de la poigne d'Harry et ses yeux rencontrèrent malencontreusement les prunelles de feu de Ginny. Ce fut le mépris mêlé à de la pitié qu'elle y vit qui la poussa à ajouter d'un ton très calme et en souriant sarcastiquement :
- De toute façon, je ne devais pas rentrer tard. Malefoy m'attend à la maison.
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Avant de transplaner, elle eut tout de même le temps d'apercevoir l'expression d'incompréhension qui avait pris place sur pratiquement tous les visages tournés vers elle. Certaines bouches s'étaient mêmes ouvertes pour former un « o » de surprise à la mention d'une phrase contenant à la fois les mots « Malefoy » et « maison ».
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Drago en était à son second verre et venait tout juste de commencer un nouveau chapitre de son livre lorsqu'il entendit la serrure cliqueter. Il vit la poignée tourner, la porte s'ouvrir et une Granger aux yeux enragés entrer dans l'appartement. Son visage était fermé, ses lèvres formaient une ligne stricte et Drago sentit une nouvelle fois sa température corporelle augmenter.
Elle semblait sur le point de tuer quelqu'un et le blond la trouva plus sexy que jamais.
Elle n'avait jamais paru aussi tourmentée et sombre et son fantasme d'une Granger nue, sur les draps de satin de son lit, refit surface.
Il la vit avec plaisir se débarrasser de son sac à main puis de son blazer qu'elle jeta sur un fauteuil. Lui-même n'avait toujours pas bougé d'un pouce et regardait ses moindres faits et gestes. Finalement, elle posa également son regard sur lui et Drago se leva avant même qu'elle n'ouvre la bouche.
Il se dirigea vers la cuisine et revint rapidement dans le salon avant de s'asseoir et de saisir la bouteille qu'il avait ouverte. Il lui servit un verre et le lui tendit. Elle n'avait pas bougé et le regardait toujours avec ses yeux colériques. Drago savait toutefois que sa colère n'était pas dirigée vers lui et cela accentua davantage son désir pour elle.
Lorsqu'elle saisit le verre d'alcool, leurs doigts entrèrent largement en contact et il sentit son corps se contracter instantanément.
Il ne détacha pas son regard de la Gryffondor. Elle avala son verre en deux gorgées et il la vit fermer les yeux de relâchement.
Elle offrait une vision si irréelle, là, au milieu de son apparentement, dans des vêtements qui mettaient ses magnifiques jambes en valeur, en train de boire pour soulager ses élans de colère, que Drago se leva instinctivement du canapé. Il avait envie de l'embrasser. Il la désirait tellement. Mais il fallait qu'il se contienne. Il ne pouvait pas se laisser aller. Pas encore.
- Je te laisse te calmer, je vais prendre une douche, lança-t-il à brûle-pourpoint avant de se diriger rapidement vers la grande salle de bain.
Il avait conscience que c'était plus pour se « calmer » lui-même qu'il avait fui mais elle n'avait pas l'air de se poser de questions concernant son étrange comportement.
Drago se retourna une nouvelle fois avant de pénétrer dans la pièce d'eau et l'entre-aperçut en train de se resservir un verre.
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Hermione n'avait pas vraiment la patience d'attendre que Malefoy sorte de la douche pour se resservir à boire. Ainsi, à peine avait-il quitté la pièce qu'elle trempait de nouveau ses lèvres dans la boisson ambrée. Pourquoi Malefoy avait-il décidé si soudainement d'aller se laver ? Elle n'en savait absolument rien et avait bien d'autres choses en tête pour s'en préoccuper.
Elle était tellement furieuse contre Ginny, Harry et finalement toutes les personnes présentes à ce fichu anniversaire qu'elle n'avait qu'une seule envie : se prendre la cuite de sa vie pour tout oublier, comme le lui avait si pertinemment suggéré Malefoy avant qu'elle parte.
Elle se débarrassa rapidement de ses chaussures mais ne savait pas quoi faire. Elle avait l'impression qu'elle aurait pu tout aussi bien exploser de rire que de se mettre à pleurer comme une madeleine. Pourquoi personne ne la comprenait ?
Si quelqu'un pouvait le faire, c'était bien Ginny et Harry... Sauf qu'apparemment, même eux étaient à des lieux de son état d'esprit actuel.
Est-ce que c'était elle qui avait un problème ? Etait-ce anormal qu'elle souhaite faire son deuil seulement six mois après les décès alors qu'à l'évidence, ce n'était pas le cas pour le reste des proches de Ron et Rose ? Cela faisait-il d'elle une mauvaise femme ? Une mauvaise mère ?
Hermione se prit la tête dans les mains. Elle ne savait plus quoi faire. Elle voulait avancer, elle s'en sentait capable mais lorsqu'elle voyait la mentalité de son entourage, elle avait l'impression d'être un monstre et toutes ses résolutions volaient en éclat.
Un soupir à fendre l'âme s'échappa de ses lèvres et une larme roula lentement sur sa joue.
Décidée à ne pas pleurer, elle se redressa avec l'intention de saisir son verre lorsqu'elle arrêta son geste. Elle était assise sur le canapé du salon et quelque chose venait d'entrer dans son champ de vision, sur sa droite. Ou plutôt quelqu'un. Malefoy.
Elle s'était morfondue sur son sort apparemment beaucoup plus longtemps qu'elle ne l'avait imaginé et il était, à présent, revenu vers elle. Son regard se leva de lui-même dans sa direction. Il avait remis son costume noir mais sans sa veste et les manches de sa chemise étaient à présents relevées jusqu'à ses coudes. Ce qui attira immédiatement l'œil de la Gryffondor fut les petites gouttes d'eau qui étaient encore accrochées dans la chevelure blonde du jeune homme.
Légèrement ébouriffés, ses cheveux lui donnaient un air beaucoup plus enfantin et Hermione eut une soudaine envie de passer sa main dedans pour voir s'ils étaient aussi soyeux qu'ils le paraissaient. Prenant conscience de ses pensées, elle se mit momentanément à rougir et détourna rapidement le regard.
Le blond, lui, s'avança vers elle, s'assit sur le canapé et se resservit un verre. Il tourna alors la tête vers elle
- Tu veux m'en parler ?
La question mit de longues secondes avant de monter jusqu'au cerveau d'Hermione. Malefoy l'invitait-il à se confier ?! De toute évidence...
Mais, voulait-elle se confier à lui ? Pas le moins du monde.
Ce n'était pas, en soit, le fait de se confier à Malefoy qui lui posait problème mais plutôt celui qu'elle doive encore ressasser les mêmes pensées, les mêmes doutes. Surtout, elle avait peur de ce que pourrait lui dire le blond si elle lui annonçait la façon dont elle avait quitté ses « amis » quelques minutes auparavant et le fait qu'elle leur ait plus ou moins annoncé qu'ils se fréquentaient. Ce fut donc avec aplomb qu'elle se tourna vers lui et répondit :
- Il me semblait qu'en rentrant, j'aurais le droit de prendre la cuite de ma vie et de tout oublier ?
Pour toute réponse, le blond lui adressa un sourire.
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Il remplit une nouvelle fois leur verre respectif et leva le sien :
- A ta première soirée de dépravation, annonça-t-il en lui faisant un clin d'œil.
Hermione rigola et cogna son verre contre celui de Malefoy. Ils burent chacun une longue gorgée avant que la brune reprenne la parole.
- Première soirée ?
- Quand tu y auras pris goût, tu ne voudras plus qu'elles s'arrêtent, expliqua-t-il, un petit sourire en coin accroché à ses lèvres.
Hermione préféra ne rien répondre. L'alcool commençait doucement à altérer son jugement et elle n'était, de toute façon, pas vraiment certaine de la réponse qu'elle aurait voulu donner.
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Ils passèrent les minutes suivantes en silence jusqu'à ce que le blond se lève.
- Bon ok, Granger, si tu veux faire ça, autant bien le faire, annonça-t-il d'une voix mystérieuse.
Hermione lui jeta un regard interrogateur tandis qu'il partait chercher sa baguette qu'il avait laissée dans la poche de sa veste. Une fois de retour, il fit un délicat mouvement du poignet et Hermione vit avec effarement, un placard apparaître magiquement sur le mur à côté de la cheminée. Le blond s'en approcha, l'ouvrit et, lorsqu'il se retourna vers la jeune femme, ses bras étaient chargés de bouteilles en tout genre.
Hermione ouvrit la bouche d'étonnement et d'incompréhension. Ces deux émotions s'accentuèrent davantage lorsqu'il posa les bouteilles sur la table basse et qu'elle put lire les étiquettes qui les ornaient.
De l'alcool... moldu ?
- Qu'est-ce que tu fiches avec de l'alcool moldu, Malefoy ? demanda-t-elle.
- Tu veux un mode d'emploi ?
- Non je veux dire que c'est de l'alcool moldu, Malefoy !
- Et alors ?
- Je pensais que les moldus étaient inférieurs aux sorciers ? Ou alors as-tu subi un lavage de cerveau, Monsieur le Sang-Pur ?
- Granger... Granger... Granger... Les moldus sont inférieurs aux sorciers, c'est indéniable... sauf peut-être dans le domaine de l'alcool ! rigola-t-il.
Hermione avait l'impression de nager en plein rêve. Non, cette soirée n'existait que dans son subconscient et elle allait se réveiller dans 3...2...1...
Au lieu de se réveiller, elle vit plutôt le blond retourner vers son « placard pour alcoolique » et en revenir avec de petits verres. Hermione le regarda en remplir plusieurs avec une boisson qui ressemblait à de l'eau mais qui n'en était pas car elle put clairement lire le terme « Vodka ».
Elle connaissait bien évidemment certains alcools moldus, puisqu'il s'agissait également de son monde mais elle n'y avait jamais gouté. D'ailleurs, elle n'avait même jamais envisagé la possibilité que les sorciers puissent en consommer. D'autant plus un Sang-Pur rigide comme Malefoy.
- Tiens, lui fit-il en poussant l'un des petits verres pleins vers elle.
« Euh, merci » fut tout ce qu'elle réussit à répondre. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi Malefoy les avait servis dans des verres aussi petits mais ce dernier l'éclaira bien vite lorsqu'elle le vit vider son contenu d'une traite.
- A ton tour, Granger.
- Pourquoi j'ai l'impression que tu jubiles à l'idée que je me soûle ?
- Peut-être parce que c'est le cas.
- Humph.
Décidée à prouver à Malefoy qu'elle n'était pas une frêle petite chose, elle l'imita. Cet alcool était moins fort que le Whisky Pur Feu typiquement sorcier mais ses effets semblaient tout aussi dévastateurs. Sa tête tourna légèrement lorsqu'elle déposa le petit verre, vide, sur la table. Le blond ne manqua, de toute évidence, pas son trouble car elle l'entendit pouffer à droite.
Elle le foudroya du regard et il leva un sourcil interrogateur. Pour toute réponse, Hermione attrapa un second verre et, ne lâchant pas Malefoy du regard, en avala le contenu. Cette fois-ci, elle prit soin de ne pas montrer les effets que l'alcool avait sur elle et ce fut à elle d'arquer un sourcil pendant qu'un petit sourire de satisfaction prenait place sur ses lèvres.
Toutefois, ce dernier s'effaça bien vite lorsque le Serpentard l'imita traits pour traits. Apparemment, elle avait lancé une « compétition » et Malefoy venait de répondre à ses provocations. Hermione n'allait certainement pas se laisser rabaisser et saisit un troisième verre.
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Elle se sentait de moins en moins bien à mesure que la « compétition » se poursuivait et elle abandonna aux alentours du sixième verre. Elle reçut un grand sourire de la part du blond qui était manifestement très content d'avoir gagné. Elle lui adressa une moue de dégoût et il se mit à rigoler franchement.
Ecouter Malefoy rire était assez étrange mais nullement désagréable. Hermione sentit même un sourire naître sur ses propres lèvres.
Soudain, elle eut envie de se lever. Elle en avait assez de rester assise et commençait à sentir des fourmis dans ses jambes. Elle se retrouva si vite debout que la tête lui tourna rapidement mais elle n'y prit pas plus attention que cela. Elle se dirigea plutôt vers le « placard pour alcoolique ». Malefoy n'avait pas sorti toute sa collection de bouteilles, puisqu'Hermione en vit de nombreuses autres.
Le blond avait clairement de quoi se soûler pendant un long moment si jamais une pénurie d'alcool était déclarée.
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Elle continua à se déplacer dans l'appartement alors que Malefoy était toujours confortablement assis dans le canapé, ses longues jambes croisées devant lui, à la regarder. Elle s'arrêta devant sa chaine Hifi typiquement moldue et se mordit la lèvre. Elle avait très envie de mettre de la musique et de danser mais elle avait encore assez de discernement pour se demander comment réagirait Malefoy. Finalement, elle décida de l'allumer mais baissa le volume pour que cela s'apparente seulement à une musique d'ambiance. Elle se retourna et leva timidement les yeux vers le Serpentard mais il ne semblait absolument pas dérangé. Il était présentement en train de se resservir un verre d'un alcool très jaune qu'Hermione ne connaissait pas.
La Gryffondor, rassurée qu'il ne lui fasse aucune réflexion, continua à se balader dans l'appartement. Elle passa près du petit calendrier magique qu'elle avait déposé sur l'un des guéridons du salon.
1er août
Elle repensa au samedi précédent, lorsque son esprit avait volontairement occulté la date d'anniversaire de sa fille jusqu'à ce qu'elle s'y retrouve confrontée. Cette fois-ci, la date du jour lui rappela un tout autre évènement. Le dîner organisé par Malefoy, dans son Manoir, à la fin du mois.
Un choix s'offrit alors à elle.
Un choix en apparence simple mais pourtant si compliqué.
Elle pouvait essayer d'aller réellement de l'avant. Ou bien elle pouvait faire ce que tout le monde semblait attendre d'elle : demeurer une femme brisée.
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Hermione ne sut jamais si ce fut l'alcool qui la poussa ou bien simplement son courage de Gryffondor, mais, lorsqu'elle se retourna vers le blond, elle s'était décidée.
- Malefoy ? l'interpella-t-elle.
Celui-ci sembla surpris par le ton sérieux et l'empressement de sa voix. Il posa ses prunelles d'acier sur elle et Hermione sut qu'elle avait toute son attention. Elle se dépêcha alors de lui annoncer son choix avant de changer elle-même d'avis :
- J'ai besoin que tu m'emmènes chez toi.
- Pardon ?!
Hermione prit conscience de ce qu'elle venait de dire et se sentit rougir. Maudit alcool qui lui faisait perdre tous ses moyens !
- Je… euh... j'aimerais, si possible, venir chez toi avant le repas, se reprit-elle.
- Le repas ? demanda-t-il.
Hermione songea que son esprit devait être tout aussi embrumé que le sien par l'alcool et elle allait lui apporter des précisions lorsqu'il reprit la parole.
- Hum oui... le dîner. Écoute, Granger, je peux annuler, tu sais...
- Non.
Sa réponse s'était échappée de ses lèvres avant même qu'elle n'ait pu y réfléchir.
- Je sais que cela peut sembler étrange mais je pense que j'ai... besoin d'y retourner pour réellement pouvoir reprendre ma vie en main.
Elle avait conscience que ses explications étaient plus que vagues et pas vraiment compréhensibles mais Malefoy sembla en saisir la teneur.
- Es-tu certaine de vouloir y retourner ? Je veux dire... bien sûr, tout a été, comme j'ai déjà pu t'en faire part, rénové mais...
- Oui, je veux y retourner. Mais j'aimerais pouvoir venir seule, une première fois, avant le dîner.
La vérité c'était qu'elle avait tellement peur de s'effondrer en mettant les pieds là-bas qu'elle préférait que Malefoy en soit le seul témoin. Mais elle voulait y retourner. Elle sentait que c'était ce dont elle avait besoin pour pouvoir réellement avancer. Car là, elle avait l'impression de se tenir hors de sa propre vie, attendant que quelque chose la pousse à se reprendre en main ou bien à sombrer définitivement.
Elle allait donc saisir cette opportunité et si cela n'avait pas l'effet escompté, eh bien... Non, elle ne devait pas penser comme ça. Elle retournerait sur les lieux du drame, pleurerait certainement toutes les larmes de son corps mais elle en ressortirait plus forte.
Pendant le temps que dura son débat intérieur, Malefoy resta immobile et muet.
- Si c'est ce que tu veux, Granger...
- C'est ce que je veux.
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Merlin ! Cette conversation semblait l'avoir vidée de toutes ses forces. Elle avait repensé aux décès et avait une nouvelle fois envie de pleurer.
Comme s'il lisait dans ses pensées, Malefoy se leva et s'approcha d'elle, un verre à la main. Il le lui tendit et la gorgée qu'elle but la ragaillardit instantanément. Son regard papillonna jusqu'à Malefoy. Il lui prit le verre des mains et alla le redéposer sur la table.
Lorsqu'il revint vers elle, Hermione nota que son regard avait changé. Il semblait lui-même en plein débat intérieur et ses yeux avaient perdu de leur assurance habituelle.
La jeune femme le vit sortir sa baguette et l'agiter en direction de la chaine hifi. Aussitôt, le son s'intensifia et la musique changea pour quelque chose de beaucoup plus entraînant.
Comme si quelqu'un avait soudainement appuyé sur le bouton « ralenti », Hermione vit Malefoy tendre lentement la main dans sa direction, tandis qu'elle-même levait un regard incompréhensif lui. Il lui adressa un léger sourire. Perdue dans les nuances grises de ses prunelles, elle se sentit vaguement le lui rendre avant que leur peau n'entre en contact.
La brune ne savait absolument pas si c'était Malefoy qui avait saisi sa main ou bien elle qui la lui avait volontairement tendue. Quoi qu'il en fut, elle se retrouva rapidement à éprouver des milliers de petits picotements dans sa main droite. Ce qui n'était nullement désagréable et elle sentit bientôt une douce chaleur remonter le long de son bras.
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Drago ne comprenait pas vraiment comment il en était arrivé à attirer Granger vers le milieu de la pièce pour danser – preuve qu'il fallait rapidement qu'il arrête l'alcool avant de faire quelque chose qu'il regretterait – mais ce qu'il savait c'était que voir la jeune femme ressasser sans cesse sa peine lui était de plus en plus désagréable.
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Ils étaient à présent tous deux très mal à l'aise et ne se touchaient plus. L'esprit de chacun les persuadant de surtout éviter toute proximité alors que leur corps et surtout l'alcool qui circulait librement à l'intérieur, leur hurlait d'établir un contact. Ils étaient perdus, absorbés dans leurs pensées qu'ils croyaient individuelles mais qui, en fait, étaient plus que partagées.
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Hermione ne comprenait absolument pas pourquoi le blond l'avait entraînée jusqu'au milieu du salon et augmenté le son de la musique alors qu'il ne faisait rien d'autre. Il semblait très crispé et toujours en plein débat intérieur. Son acte avait tout de même eu pour bénéfice d'ôter les sombres réflexions de l'esprit de la jeune femme et celui-ci semblait, désormais, nettement plus enclin à se concentrer sur la musique qui s'élevait de la chaine hifi. Cette dernière était très entraînante et Hermione ressentait une irrésistible envie de se déhancher comme une adolescente insouciante. Finalement, elle adorait l'effet que l'alcool avait sur elle.
« Oh et puis au diable Malefoy » pensa-t-elle en s'éloignant légèrement de lui. Elle avait besoin de se débarrasser de ses démons et si danser comme une idiote au milieu de son salon pouvait lui permettre de réduire ses pensées au silence, alors soit.
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Les yeux de Drago s'élargirent d'ébahissement lorsqu'il vit Granger s'éloigner de lui et commencer à se déhancher dans sa jupe moulante. Elle avait relâché ses cheveux et ceux-ci voltigeaient autour d'elle au gré des mouvements de son corps. Cette vision lui fit l'effet d'un coup de fouet et il n'arriva pas à détacher son regard de Granger.
Lorsque le morceau se termina finalement, elle s'arrêta quelques secondes de bouger et le Serpentard songea qu'elle venait de se rendre compte de l'étrangeté de son comportement et s'attendait donc à voir le rouge lui monter aux joues mais elle se retourna plutôt vers lui en lui adressant un sourire. Un sourire si sincère, si empreint de légèreté que le jeune homme se surprit à lui sourire également en retour.
Une nouvelle musique commença et était, de toute évidence, l'une des favorites de la Gryffondor puisque Drago la vit reprendre sa danse et l'entendit même chanter quelques paroles.
Le morceau était très entraînant et le Serpentard commençait à le sentir doucement envahir son esprit, déjà très embrumé par l'alcool qu'il avait ingéré. Une pulsion le poussa à s'avancer vers la jeune femme lorsqu'il la vit relever les bras au-dessus d'elle tandis qu'elle continuait à se déhancher devant lui.
Il se reprit toutefois au dernier moment et, comme s'il avait été brutalement ramené à la réalité, préféra se rasseoir sur le canapé. Granger, elle, ne semblait pas avoir remarqué son soudain éloignement et continuait son petit manège. Se sentant une nouvelle fois violemment attiré par elle, Drago préféra se resservir un énième verre.
Ses gestes étaient empressés et la bouteille heurta assez violemment le verre, produisant un bruit sec qui fit se retourner la jeune femme, qui ne fit aucun commentaire.
Cependant, lorsque le morceau s'arrêta et qu'un nouveau le remplaça, elle s'approcha doucement de lui. Hypnotisé par ses mouvements et surtout intrigué par son petit jeu, Drago ne quitta son visage des yeux que pour observer la main qu'elle lui tendait.
Il releva vers ses prunelles grises et leva un sourcil interrogateur. Pour toute réponse, elle lui prit d'elle-même la main et le tira vers elle pour qu'il se lève du canapé.
Il sembla au Serpentard qu'il abandonna, sur celui-ci, ses dernières retenues puisqu'il la suivit sans piper mot. Elle lâcha sa main pour se reculer un peu et recommencer à danser et Drago s'en sentit immédiatement frustré.
Il avait envie de la toucher.
Dans sa jupe moulante et son chemisier décolleté, se déhanchant sans retenue ni pudeur devant lui, Granger était comme un appel à la luxure pour lui et il ne put, cette fois-ci, réprimer un pas en avant. Puis un deuxième. Et il se retrouva devant elle.
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Pour une fois, Hermione avait décidément envoyé balader toute sa retenue naturelle et s'en sentait merveilleusement bien. Danser comme une idiote, chanter et se sentir aussi insouciante lui faisait un bien fou. C'était simple, elle sentait la vie affluer vers elle et s'insinuer par tous les pores de sa peau. Elle se sentait, en ce moment même, vivante. Plus vivante qu'elle ne l'avait jamais été ces derniers temps. Une énergie nouvelle semblait la parcourir.
Ceci, elle le devait en partie à Malefoy. Ce fut pour cela que, lorsqu'elle le vit sur le canapé, les traits tendus, elle ne put retenir un mouvement vers lui.
Elle savait parfaitement qu'il était tout aussi torturé qu'elle-même et elle avait envie de lui faire partager sa bonne humeur, qu'il laisse, pour une fois, tomber ses barrières.
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Malheureusement pour elle, le Serpentard semblait toujours aussi « coincé » et se contentait de la regarder étrangement. Hermione savait qu'elle ne répondait absolument plus de ses actes. Sinon, pourquoi aurait-elle délibérément posé la main sur son épaule tout en recommençant à danser ?
Elle sentit ses muscles se tendres sous sa main pendant que ses yeux devenaient étrangement sombres.
La jeune femme préféra détourner légèrement le regard mais laissa sa main sur lui.
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Drago pensa que son corps était arrivé à l'apogée de la tension dont il était capable. Cependant, il n'eut d'autre choix que de revoir son jugement lorsqu'il sentit la petite main de Granger descendre lentement de son épaule jusqu'à son pectoral gauche. A partir de ce moment, il laissa toute retenue derrière lui et s'empara vivement de sa main.
Elle sembla étonnée de son geste mais ne tenta pas de se dégager, bien au contraire.
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Ils passèrent l'heure suivante à danser comme deux adolescents frivoles. Faisant tomber tous les masques.
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Hermione était montée sur la table basse et continuait ses déhanchements endiablés tandis que Drago, légèrement moins démonstratifs, fermait parfois les yeux pour profiter de ce moment de pure décontraction.
A certains moments, ils se rapprochaient et leur corps se frôlait, déclenchant, immanquablement, de nombreuses sensations chez les deux anciens ennemis.
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Ils se tenaient justement très proches l'un de l'autre lorsqu'Hermione fut prise d'une pulsion. Elle s'approcha de Malefoy, tendit la main en direction de son bras et recouvrit la cicatrice de ce dernier de sa paume. Le blond s'arrêta aussitôt de bouger et ferma les yeux. Ses traits étaient totalement détendus, comme le soir sur le toit du restaurant et Hermione se surprit à le trouver beau.
Avant qu'elle n'ait pu approfondir sa réflexion, le Serpentard avait rouvert les paupières et plantait, à présent, ses prunelles dans les siennes. Hermione resta pétrifiée devant son regard. Pour une fois, il lui laissait volontairement accès à ses pensées et elle put y lire toute la gratitude qu'il éprouvait vis-à-vis de ce geste, pourtant si simple.
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Drago avait l'impression de ne s'être jamais sentit aussi bien qu'en cet instant. Toutes ses peurs et ses interrogations semblaient s'être envolées, ses démons n'avaient pas refait surface et, en plus, Granger le touchait. Son contact sur sa cicatrice était une véritable bouffée d'apaisement. Rien n'aurait pu lui faire plus de bien en cet instant et il ne savait pas comment lui exprimer sa gratitude. Ce fut pour cela qu'au lieu d'utiliser des mots, Drago préféra le lui montrer.
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Ils étaient à présent immobile. Granger n'avait pas bougé et Drago aurait aimé qu'elle ne retire jamais sa main mais même lui savait que toutes les bonnes choses avaient une fin. Il l'ôta alors de lui-même en lui adressant un petit sourire en coin.
Sourire qui s'évapora cependant bien vite.
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Hermione ne comprenait pas. Quelques secondes auparavant, le blond lui faisait le sourire le plus craquant qu'elle n'ait jamais vu et, soudain, son visage se crispa violemment. Elle déglutit péniblement, espérant que Malefoy ne fut pas subitement pris de remords concernant la soirée et se mette à redevenir un homme froid et distant.
Cependant, Hermione remarqua que son regard fixait, depuis plusieurs secondes, quelque chose et tenta de saisir ce qui pouvait bien retenir son attention de cette façon.
Ses propres yeux suivirent donc ceux du blond et une vague d'angoisse la prit alors qu'elle frissonnait inconsciemment lorsqu'elle comprit ce qu'il regardait.
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Drago la vit ramener rapidement son bras gauche contre elle et le serrer contre l'autre. Il ne l'entendait certainement pas de cette oreille. Il avança prudemment sa main vers elle et saisit son bras assez fermement. Il planta son regard dans ses prunelles chocolat et y vit un léger mouvement de recul. Sa réaction lui fit l'effet d'un coup de poing à l'estomac et il desserra un peu son étreinte sans pour autant lâcher totalement le bras de la Gryffondor.
Il sourit légèrement, lui faisant comprendre qu'elle n'avait absolument rien à craindre et tenta une nouvelle fois d'attirer son bras vers lui. Elle le laissa faire, méfiante.
Les yeux de Drago quittèrent ses prunelles pour se poser une nouvelle fois sur son avant-bras, qu'il tenait dans sa main.
La trace qu'il y vit le replongea de nombreuses années auparavant.
Cette cicatrice.
Sa cicatrice, « Sang-de-Bourbe » ou plutôt ce qu'il en restait. Le Serpentard se demandait pourquoi elle ne l'avait pas faite enlever mais sa bouche était bien trop sèche pour lui poser la question. Voir ce vestige de la Grande Guerre lui donna l'impression d'avoir avalé un litre d'acide. Car ce n'était pas seulement un vestige de guerre, c'était avant tout un vestige de sa superbe lâcheté.
Il avait été si lâche, ce jour-là, dans son Manoir, lorsque sa folle de tante avait délibérément torturé la jeune femme. Drago ne portait absolument pas Granger dans son cœur, à cette époque, mais les cris qu'elle avait poussés et la délectation avec laquelle Bellatrix l'avait mutilée l'avait absolument révolté et lui avait retourné l'estomac. Pourtant, il avait été couard, il ne s'était nullement opposé à tout ceci et cela faisait dorénavant partie des choses qui le hantaient chaque jour.
Il leva un regard douloureux vers la jeune femme. Elle ne semblait pas saisir tout ce qui se tramait dans son esprit et Drago reporta ses prunelles sur sa cicatrice.
Il se vit alors soulever l'avant-bras de la jeune femme vers lui.
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Hermione était confuse face au comportement de Malefoy. Sa stupéfaction atteint toutefois son paroxysme lorsque les lèvres de ce dernier s'approchèrent dangereusement de sa cicatrice.
Son baiser ne dura qu'une seconde. Une seconde durant laquelle Hermione ressentit des milliers de petits picotements qui semblaient maintenant s'incruster en elle.
Ses prunelles vrillèrent celles du blond, cherchant une explication à ce geste. Elle aperçut ses lèvres s'entrouvrir. Dans un souffle, il lâcha :
- Je suis désolé.
On aurait pu penser qu'il s'excusait de l'avoir embrassée mais Hermione comprit, par l'intensité de sa voix ainsi que par celle de son regard, qu'il s'excusait pour son inaction, ce jour-là.
Devant ses paroles, la Gryffondor fronça les sourcils. Alors comme cela, Malefoy prenait une part de responsabilité dans sa torture.
Hermione n'était pas d'accord. Ce jour-là, elle l'avait vu détourner le regard, être dégoûté par le comportement de sa tante et elle savait pertinemment qu'il n'aurait rien pu faire pour lui éviter d'être torturée. Hermione n'avait jamais considéré que Malefoy avait une quelconque part de responsabilité dans tout ceci.
Elle releva donc la tête vers lui et lui sourit.
- Tu n'es pas responsable, Malefoy. Tu n'aurais rien pu faire pour empêcher cela, lui dit-elle d'une voix calme et douce en désignant les ruines de la marque que lui avait infligée Bellatrix d'un mouvement du menton.
Malefoy ne sembla absolument pas convaincu par ses paroles mais la brune remarqua que ses traits s'étaient tout de même légèrement décrispés.
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Ce moment assez gênant pour chacun avait définitivement cassé l'ambiance festive qui s'était installée et, lorsqu'Hermione avisa l'heure, elle poussa un cri. Il était trois heures du matin et elle devait se rendre au travail à neuf heures le lendemain. Malefoy, pour sa part, ne semblait pas particulièrement inquiet par cette annonce et rangeait tranquillement les bouteilles dans son placard secret. Ceci fait, il le referma d'un coup de baguette et se retourna vers la brune qui n'avait toujours pas bougé. Hermione anticipa sa question.
- Tu peux prendre l'autre chambre. Bonne nuit Malefoy.
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Maintenant qu'elle avait vu l'heure qu'il était, toute l'euphorie de la soirée était retombée et une intense culpabilité, mêlée d'un début de mal de crâne, s'insinuaient sournoisement en elle.
Le blond acquiesça et partit en direction de l'ancienne chambre de son fils tandis qu'Hermione prenait la direction de la sienne.
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Elle se brossa les dents, enfila son « pyjama » - un débardeur et un short fait d'un tissu fin – et se coucha. Lorsqu'elle s'allongea dans le lit moelleux à souhait, elle ne put retenir un soupire d'aise et ne tarda pas à tomber de fatigue.
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Elle dormait à poings fermés lorsqu'un cri déchira la nuit.
- NOOON !
Et voilà !
Certains espéraient sûrement un baiser mais bon... on ne peut pas tout avoir dans la vie ! Et puis Drago s'est tout de même laissé aller à l'embrasser - sur l'avant-bras uniquement, je vous le concède mais c'était un baiser quand même. ;) D'ailleurs qu'en pensez-vous ? Et de leur petit after ?
On voit aussi qu'en plus des Weasley et d'Harry, Narcissa ainsi que Scorpius commencent à se poser des questions...
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Qu'avez-vous pensé de la réaction d'Hermione pendant l'anniversaire de notre brun à lunettes ? De la réaction des autres convives ainsi que celle d'Harry, lui-même et de Ginny ?
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Ne trouvez-vous que pas la phrase « Malefoy m'attend à la maison » est juste génialissime ? ^^ Personnellement, j'ai adoré écrire ce passage ! *-*
A votre avis, que va-t-il se passer durant cette nuit... ?
Comprenez-vous la décision d'Hermione de retourner au Manoir Malefoy ?
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Bref, j'attends vos reviews avec beaucoup d'impatience alors on prend quelques secondes/minutes supplémentaires, s'il-vous-plaît, et on me laisse un petit mot, merciii ! :)
A mercredi avec le prochain chapitre !
Bisous, bisous,
Chalusse
