Bonjour à tou(te)s !
Comme toujours, mille mercis à l'ensemble de mes super revieweurs de la mort qui tue ainsi qu'aux lecteurs qui ont fait des ajouts en fav'/alertes bien que je ne croie pas qu'il y en ait eu depuis dimanche. Cette fic' a dépassé les 10 000 lectures et c'est vraiment top ! Merci à vous ! :)
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RàR anonyme :
Guest : ça me fait vraiment chaud au cœur que tu aies autant apprécié ce nouveau chapitre ! :) J'espère qu'il en sera autant avec le 18e et je te remercie chaleureusement pour ta review !
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Je n'ai pas grand-chose à vous dire de plus en guise d'introduction, aujourd'hui, alors je pense que je vais simplement vous souhaiter une agréable lecture et vous dire à plus tard pour la note de fin de chapitre :).
Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 18 : Affronter ses peurs
- NOOON !
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Hermione se réveilla brusquement. Elle se redressa en haletant et la tête se mit à lui tourner violemment.
Elle était consciente qu'un cri l'avait tirée de son sommeil mais, comme tout était redevenu complètement silencieux, elle songea qu'il s'agissait peut-être simplement du sien.
Elle s'apprêtait à se rendormir lorsqu'un hurlement se fit de nouveau entendre. Angoissée, la jeune femme chercha sa baguette à tâtons. Elle lança un « Lumos » et la soudaine clarté de la pièce lui fit fermer les yeux quelques secondes. Le cri était provenu de sa droite. Elle tourna la tête mais, évidemment, il n'y avait personne.
En y réfléchissant mieux, il lui avait plutôt semblé provenir du mur en lui-même. Il fallut encore quelques secondes à Hermione et un nouveau cri déchirant la nuit, pour se souvenir qu'elle hébergeait un invité.
Malefoy.
Soudain inquiète, elle se précipita, baguette en main, vers la chambre du blond. En passant dans le salon, elle s'arrêta quelques secondes devant la petite réserve de potion anti gueule de bois qu'il lui avait apporté et en saisit une. Elle l'avala d'une traite et sentit instantanément ses pensées devenir plus clairs. Mieux valait être en pleine possession de ses moyens avant de se diriger plus loin.
Ceci fait, elle emprunta le second couloir et arriva finalement devant la porte. Elle n'hésita qu'une seconde avant de l'ouvrir en grand.
Elle ne voyait absolument rien mais la respiration saccadée du Serpentard la convainquit de lancer un nouveau « Lumos » avant de s'approcher de lui.
Hermione s'était attendue à tout sauf à la vision qui s'offrit à elle. Dans un élan de paranoïa, elle avait même envisagé la possibilité que quelqu'un soit en train d'attaquer Malefoy. Elle ne s'était donc certainement pas attendue à le trouver dans son lit, en boxer, couvert de sueur, une expression d'intense souffrance collée sur le visage et visiblement en train de cauchemarder.
La Gryffondor en resta pantoise pendant quelques secondes avant que Malefoy se remette une nouvelle fois à hurler. Elle s'approcha alors doucement de lui, ne sachant pas vraiment comment procéder. Dans cet état, il serait certainement perdu à son réveil et elle avait peur que, dans un accès d'elle-ne-savait-quoi, il s'en prenne à elle.
Elle tenta tout d'abord de le réveiller en l'appelant mais, voyant qu'il n'avait aucune réaction, elle eut alors l'attitude la moins courageuse de toute sa vie. Elle s'approcha jusqu'à arriver à sa hauteur, le gifla violemment puis se recula précipitamment en tenant sa baguette devant elle comme un bouclier.
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Cette fois-ci, elle n'eut pas à attendre pour le voir réagir. Il se réveilla, demeura immobile pendant quelques instants et, constatant qu'elle se tenait dans un coin de la chambre, se leva. Il s'avança rapidement vers elle. Devant un Malefoy à moitié nu, les traits déformés par son cauchemar et les prunelles noires de rage - et de... peur ? -, Hermione n'eut aucune réaction.
- OÙ EST-CE QU'IL EST ? lui hurla-t-il au visage.
La jeune femme, qui ne comprenait évidemment pas de qui il voulait parler, se recula un peu plus de lui avant de tenter de le raisonner.
- Malefoy, calme... commença-t-elle.
- DIS-MOI OÙ IL EST ?!
- Je ne sais pas de qui tu parles, Malefoy !
- MON FILS ! OU EST MON FILS, PUTAIN ?!
La jeune femme resta interdite quelques secondes et, comprenant que le blond ne se calmerait pas avant d'avoir eu une réponse, lui dit d'une petite voix :
- Je ne sais pas. Je pense qu'il est chez toi. Au Manoir...
- Au Manoir... répéta-t-il en murmurant presque.
Son comportement était tellement étrange qu'Hermione se contenta de l'observer pendant qu'il se retournait et s'habillait prestement. Elle ne comprenait absolument pas ce qu'il venait de se passer mais Malefoy semblait comme possédé.
Lorsqu'il quitta la chambre, elle sortit enfin de sa torpeur et le suivit. Elle était à peine arrivée dans le salon qu'elle le vit, sa chemise complètement ouverte sur son torse nu, se ruer dans la cheminée, saisir un peu de poudre et lâcher un « Manoir Malefoy » d'une voix rauque avant de disparaître dans un torrent de flammes vertes.
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Il fallut plusieurs minutes pour que le cerveau de la Gryffondor arrive à intégrer tout ce qui venait de se produire. Elle jeta un regard vers l'horloge accrochée dans la cuisine. Lorsqu'elle remarqua qu'il était cinq heures du matin et qu'elle avait encore une bonne heure et demie de sommeil devant elle, elle se précipita jusqu'à sa chambre afin de s'écrouler sur son lit. Elle aurait largement le temps de penser à Malefoy et à cette étrange nuit, un peu plus tard.
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La journée suivante fut aussi atroce qu'Hermione avait pu le prévoir, considérant le fait qu'elle s'était couchée à trois heures, très alcoolisées, qu'elle avait dû se lever à six heures et demie et que Malefoy lui avait bousillé une partie de sa, très courte et très précieuse, nuit.
Des cernes, que même la magie ne put effacer, s'étalaient sous ses yeux et elle avait une indéniable envie de se porter malade pour la journée. Toutefois, sa conscience et son sens des responsabilités la poussèrent à tout de même se rendre au travail. A midi, elle ne se rendit même pas au réfectoire pour déjeuner et préféra passer une heure à somnoler, la tête sur un dossier particulièrement épais.
Elle ne croisa personne et, lorsqu'elle se sortit finalement du travail, à dix-huit heures, elle n'avait qu'une seule envie : prendre un bain. Malheureusement pour elle, avant de pouvoir goûter à un repos bien mérité, il devenait plus qu'urgent qu'elle se rende à l'épicerie du Chemin de Traverse afin de se ravitailler un peu.
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Il était dix-neuf heures lorsqu'elle rentra enfin chez elle. Après avoir pris le temps de ranger ses achats dans les placards et le réfrigérateur, Hermione fonça dans la grande salle de bain. Elle s'endormit dans son bain si bien que lorsqu'elle se réveilla, l'eau était presque froide et il était vingt-et-une heures. La jeune femme se prépara ensuite un repas sommaire. Se sentant piquer une nouvelle fois du nez dans son assiette, elle alla déposer tout cela dans l'évier, jeta un sort et partit en direction de sa chambre où elle s'endormit comme un bébé.
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Le vendredi matin, Hermione se sentait reposée et prête à affronter sa journée d'une bien meilleure façon que la veille. Elle était même d'une relative bonne humeur. Ce soir-là aurait lieu une réunion du Conseil et Hermione comptait bien faire d'une pierre deux coups. Tout d'abord, sa curiosité avait été piquée et elle désirait savoir à quoi avait rimé le comportement de Malefoy. Même si elle se doutait bien que, comme d'habitude, il serait aussi loquace qu'un chaudron rouillé, elle souhaitait tout de même lui parler et peut-être même s'asseoir à ses côtés durant la réunion. Elle savait parfaitement que Percy ne manquerait pas de remarquer son manège et irait directement le rapporter à Ginny. Et là était bien l'intention de la brune. Elle savait que même si tout le monde avait semblé effaré par sa mention de Malefoy, lors de l'anniversaire d'Harry, beaucoup, si ce n'était pas tous, penseraient qu'elle bluffait. Elle avait donc l'intention de leur prouver qu'elle disait la pure et simple vérité. Ainsi, peut-être arrêteraient-ils enfin de la considérer comme une petite chose blessée et sans défense. Elle savait que son comportement relevait plus d'une parfaite petite Serpentard qu'autre chose mais après tout...
Il demeurait cependant une ombre au tableau. Elle n'avait jamais parlé avec Malefoy du fait qu'ils puissent être vu ensemble et elle ne savait pas vraiment comment il pourrait réagir. Mais qui ne tentait rien n'avait rien !
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A peine Drago avait-il mis les pieds chez lui, dans la nuit de mercredi à jeudi, qu'il s'était précipité dans la chambre de son fils. En le voyant, endormi, sain et sauf, l'étau qui enserrait son cœur s'était immédiatement relâché bien que pas complètement. Alors il se dirigea vers l'une des nombreuses chambres d'ami de son Manoir et fut enfin en mesure de respirer normalement lorsqu'il constata que sa mère était également vivante.
Rassuré, il se dirigea vers sa propre chambre. Il se recoucha et, cette fois-ci, aucun cauchemar ne vint le troubler jusqu'au matin.
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Toutefois, une affreuse sensation, en plus d'un terrible mal de crâne, l'envahit lorsqu'il ouvrit les yeux, un peu plus tard et qu'il repensa à cette nuit. Il n'avait absolument pas envisagé qu'il puisse cauchemarder chez Granger et qu'elle soit témoin de tout ceci. Surtout, il se sentait affreusement embarrassé. La jeune femme l'avait vu au moment où il était le plus vulnérable et il détestait apparaître faible aux yeux des autres. Il se sentait également coupable. Coupable parce que, maintenant qu'il y repensait, elle avait paru quelque peu apeurée devant lui. Il savait parfaitement que, dès qu'il se réveillait de l'un de ses terreurs nocturnes, il était plus que désorienté et celle de cette nuit avait été si violente, si affreuse, que la première pensée qui lui avait traversé l'esprit en émergeant avait été de frapper quelque chose ou quelqu'un.
Heureusement, à la vue de Granger, il avait réussi à éviter le pire mais il n'avait pas pu s'empêcher de lui demander, d'une façon plus que brutale, où était Scorpius avant d'aller lui-même vérifier comment il allait.
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Lorsqu'il descendit jusqu'à la cuisine, où il retrouva son fils et sa mère, il ne fit mention de rien. Toutefois, il vit clairement les yeux suspicieux que Narcissa posa sur lui et préféra se dépêcher d'engloutir son petit déjeuner.
Il allait partir lorsque sa mère le rejoignit dans le salon.
- Drago ? l'interpella-t-elle.
Le blond se tendit immédiatement. Sa mère n'avait absolument pas pour habitude de venir lui parler de manière si conventionnelle et il redouta le pire. Préférant rassembler ses pensées avant de l'affronter véritablement, il se retourna vers elle dans l'intention de couper court à la conversation :
- Mère, je me doute que tu veux me parler mais il faut absolument que je parte. Pourrions-nous repousser cette conversation à ce soir ? S'il-te-plaît, ajouta-t-il.
- Très bien, accorda Narcissa après quelques secondes et en souriant à son fils.
Il lui retourna son sourire puis disparut dans la cheminée.
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La journée de Drago fut aussi pénible que la précédente mais il put au moins s'offrir une heure pour déjeuner et réfléchir à la conversation qu'il aurait le soir avec sa mère. Il n'était pas idiot, il savait qu'elle voulait lui parler de ses nombreuses absences. Toutefois, il n'était absolument pas prêt à lui avouer avec qui il passait tout ce temps et, surtout, n'était pas certain que cela soit une bonne idée. Après tout, il n'avait jamais parlé avec Granger du fait qu'ils puissent ouvertement aborder le sujet du temps qu'ils passaient ensemble avec leurs proches. Il ne voulait pas faire de faux pas alors que la jeune femme commençait tout juste à lui faire confiance.
Il songea à la soirée qu'ils avaient passé ensemble, plus spécifiquement au moment où il l'avait embrassée et un léger sourire fleurit sur ses lèvres. Il ne la verrait certainement pas aujourd'hui mais ils auraient, le lendemain soir, une réunion en commun et il angoissait légèrement de se retrouver face à elle après ce qui s'était passé au cours de la nuit.
Il se remémora soudainement la demande que lui avait faite la jeune femme et il fut finalement relativement satisfait que sa mère soit au Manoir, au cours de la soirée, pour lui parler. Il avait une nouvelle fois besoin de ses services et même s'il savait que cela la conduirait à se poser – et par conséquent à lui poser – encore plus de questions, il ne pouvait pas se défiler. Il avait donné sa parole à Granger.
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A peine Drago arriva-t-il chez lui, ce soir-là, que Scorpius accourut pour lui expliquer en long, en large et en travers qu'il avait fini ses révisions d'histoire de la Magie pour la rentrée et qu'il allait maintenant s'attaquer à tous ce qui touchait au domaine des enchantements. Il répétait inlassablement que, même s'il ne pouvait pas se servir de sa baguette, cela ne l'empêchait nullement d'apprendre tout ce qui était relatif à la théorie. Drago soupira. À cette allure, Scorpius n'avait aucune chance d'intégrer la maison Serpentard. Il lui rappelait plutôt une certaine Gryffondor et le blond songea que si ces deux-là se retrouvaient un jour dans la même pièce, ils ne peineraient pas à trouver un sujet de conversation dont il se sentirait rapidement exclu.
Drago se contenta donc d'acquiescer à tout ce que son fils pouvait lui dire alors qu'il se débarrassait de sa veste et retroussait les manches de sa chemise.
Inquiète de ne plus voir son petit-fils et surtout de ne plus l'entendre, Narcissa arriva finalement dans la pièce et lança un regard interrogateur à son fils. Ce dernier hocha lentement la tête avant de se retourner vers Scorpius.
- Scorp', veux-tu bien nous laisser quelques minutes, s'il-te-plaît ? Ta grand-mère et moi devons discuter.
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Habitué à ce que son père l'exclue de ses « conversations d'adultes », le gamin ne répliqua pas et remonta d'un pas énergique vers la bibliothèque. Il avait encore tellement à faire avant la rentrée !
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Narcissa s'avança doucement vers Drago qui lui fit signe de prendre place dans l'un des fauteuils du salon. Elle s'y assit avec grâce tandis que son fils prenait lui-même place sur le fauteuil opposé.
- De quoi voulais-tu m'entretenir, Mère ? se renseigna le Serpentard.
- Je t'en prie, Drago, pas tant de manières entre nous ! quémanda Narcissa en partant d'un petit rire, comprenant que son fils cachait tant bien que mal son appréhension derrière son masque de « parfait gentleman ».
Drago ne répondit pas, attendant qu'elle prenne la parole.
- Je remarque que tu es très souvent absent, mon fils, commença-t-elle alors.
- Scorp' t'as demandé d'enquêter, n'est-ce pas ?
- Eh bien, il s'inquiète pour toi, Drago... Je lui ai évidemment assuré qu'il n'y avait rien à craindre mais je sais qu'il s'imagine toujours que tu as des ennuis, révéla Narcissa.
- Je n'ai absolument aucun ennui, Mère, la rassura-t-il d'une voix calme. Je m'excuse de faire si souvent appel à toi pour garder Scorpius, surtout dans ta condition. Si cela te pèse trop, je trouverais une autre solution, il n'y a aucun...
- Cesse tes bêtises ! le coupa Narcissa d'une voix forte. Garder mon petit-fils m'apporte une grande joie et je ne suis certainement pas en train de m'en plaindre.
Seulement, je remarque que tu es un homme très occupé et je pense que Scorp a besoin de la présence de son père... Il est véritablement angoissé pour la rentrée, tu sais. Il ne veut tellement pas te décevoir.
- Sottises ! s'exclama le blond à son tour. Scorpius sais parfaitement qu'il ne me décevra pas ! Enfin sauf peut-être s'il se retrouve à Poufsouffle... ajouta-t-il après une seconde de réflexion.
- Drago ! s'insurgea sa mère.
Devant le regard noir qu'elle lui lançait, il baissa instinctivement la tête.
- Bref, reprit Narcissa après que son fils ait capitulé. Je pense que tu devrais tout de même prendre un peu de temps pour lui avant la rentrée, lui conseilla-t-elle, d'une voix plus douce.
- Je le ferai, lui assura-t-il.
- Bien. Je suppose que tu ne comptes pas me dire ce que tu fais lorsque tu n'es pas à la maison...
- Tu supposes bien.
- ...
- A ce propos, Mère... commença le blond qui ne savait pas comment il réussirait à échapper aux questions de Narcissa après cela.
- Oui ?
- J'ai un nouveau « service » à te demander.
- Je t'écoute.
Elle était visiblement assez étonnée que son fils tourne autant autour du chaudron alors qu'il était habituellement très direct. Le blond remarqua que la curiosité de sa mère était piquée et son anxiété augmenta légèrement.
- Il faudrait que tu gardes Scorpius samedi matin...
- C'est tout ? demanda sa mère, visiblement déçue.
- Pas vraiment, il faudrait que tu le garde chez toi.
- Ah... Je vois.
Sa voix était calme et posée mais Drago savait qu'elle mourrait littéralement d'envie de savoir ce qu'il pouvait bien se passer samedi matin pour qu'il lui demande d'emmener Scorp' chez elle.
- Ai-je le droit de savoir pourquoi ? l'interrogea-t-elle justement.
- Non. Excuse-moi pour tous ces mystères mais cela est nécessaire.
- Très bien. Mais Drago, fit-elle pendant que son fils se relevait prestement, promets-moi que tu n'as pas d'ennuis.
Le visage du blond se radoucit avant d'ajouter :
- Je te promets que je n'ai pas d'ennuis.
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Son fils avait ponctué la fin de sa phrase par un léger sourire en coin, comme si ses paroles lui faisaient se remémorer un souvenir assez agréable ou drôle et Narcissa en resta interdite. Se pouvait-il qu'il voit quelqu'un en secret ? Une personne dont il était particulièrement proche, autre que cette potiche de Pansy Parkinson ?
La curiosité de Narcissa était piquée au vif, à présent et elle se promit de prêter plus d'attention au comportement de Drago lorsqu'il partirait et reviendrait de ses « rendez-vous » secrets.
En attendant, elle remonta rapidement pour dire au revoir à son petit-fils et le rassurer sur les activités de son père.
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Drago fut de très bonne humeur pour le reste de la soirée. Finalement, la conversation avec sa mère ne s'était pas si mal passée et, même s'il avait conscience qu'elle commençait à se poser des questions, cela ne le dérangeait finalement pas plus que cela. Après tout, elle pouvait bien envisager ce qu'elle souhaitait, du moment qu'elle n'apprenait pas avec qui il passait son temps libre. Maintenant, il faudrait qu'il dise à Granger qu'elle pouvait venir chez lui, le samedi suivant dans la matinée, sans problème. Avant cela, il devrait toutefois s'assurer qu'elle ne lui tenait pas rigueur de ce qu'il s'était passé la nuit précédente.
Scorpius et lui se mirent finalement à table et, tandis qu'ils mangeaient silencieusement, Drago se souvint des conseils de sa mère.
- Scorp' ? interpella-t-il.
Ce dernier avala rapidement le contenu de sa fourchette, puisqu'il savait que Drago détestait que l'on parle la bouche pleine et répondit :
- Oui, Papa ?
- Ça te dirait qu'on parte tous les deux, quelques jours avant la rentrée ? proposa-t-il prestement et sans vraiment y mettre les formes.
Le gamin ne répondit rien, les lèvres légèrement ouvertes de stupeur. Stupeur que le Serpentard interpréta de la mauvaise façon.
- Enfin… je veux dire... Narcissa pourra venir avec nous ? si tu préfères...
- Mais c'est... GÉNIAL ! brailla l'enfant en adressant un immense sourire à son père.
- Tu lui annonceras alors ?
- Quoi ? demanda Scorpius sans comprendre.
- Tu annonceras à Narcissa qu'elle viendra avec nous, fit Drago d'un ton beaucoup plus sec.
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Ceci ne passa pas inaperçu aux yeux de son fils et les joues de Scorpius prirent une teinte légèrement rosée quand il comprit la méprise de son père.
- Oh mais, Papa, je ne disais pas « génial » pour ça... En fait, j'ai même pas entendu ce que tu venais de dire, tenta-t-il maladroitement d'expliquer.
Cette fois-ci, ce fut au tour de Drago d'être plongé dans l'incompréhension.
- Je... Est-ce qu'on pourrait partir que tous les deux ? demanda finalement l'enfant en prenant son courage à deux mains. Je veux dire... ce n'est pas que je ne veux pas voir Grand-mère mais... je voudrais vraiment passer du temps avec toi, Papa !
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Comprenant finalement qu'il y avait eu méprise dans la conversation, Drago sentit une vague de chaleur envahir son corps. Pendant un instant, il avait imaginé que son fils ne voulait pas passer du temps seul avec lui et il en avait été particulièrement blessé. Maintenant qu'il comprenait que ce dernier avait juste été trop étonné par la proposition pour répondre quoique ce fut, il se sentait beaucoup mieux.
- Bien sûr, Scorp' ! le rassura-t-il en souriant.
- C'est vraiment GÉNIAL, Papa ! MERCI, MERCI, MERCI ! s'exclama l'enfant en venant – malgré le fait qu'il sache pertinemment que son père n'était pas adepte de ce genre de comportement – lui sauter au cou. Mais j'espère que Grand-mère ne sera pas fâchée... fit-il, un soupçon de remord dans la voix.
Encore une fois, Drago se demanda comment il était possible qu'il soit le père d'un enfant aussi altruiste et un rire léger franchit ses lèvres.
- Ne t'inquiète pas, elle comprendra parfaitement, assura le blond en adressant un clin d'œil pendant que son fils recommençait à engloutir le délicieux repas de Micky.
- Et on va aller où ? s'empressa-t-il de demander, une fois sa bouchée avalée.
- En France ? proposa Drago, sachant pertinemment que le domaine qu'ils possédaient sur la côte était l'un des endroits favoris de son fils.
- OH OUI ! beugla Scorpius.
Cette fois-ci et devant l'engouement évident du jeune blond, Drago ne put retenir un éclat de rire. Le gamin sembla ravi de parvenir à dérider son père, si austère habituellement et un sourire éclatant s'afficha sur son visage.
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Ils terminèrent leur repas dans une ambiance joyeuse et Drago parvint même à s'endormir d'un sommeil sans rêves sans prendre aucune potion.
OoOoOoO
Lorsque Percy ouvrit la porte de la salle de réunion, il évita consciencieusement de regarder Hermione. Cette dernière, absolument pas touchée par son comportement, préféra patienter encore quelques instants dans le couloir avant d'entrer. Malefoy n'était pas encore arrivé et la jeune femme ne voulait pas lui imposer sa présence sans lui en avoir, auparavant, demandé l'autorisation. Après tout, c'était elle qui souhaitait s'asseoir près de lui et non l'inverse.
Les minutes passèrent et l'angoisse d'Hermione s'accentua progressivement. Elle commençait véritablement à douter de sa venue et espérait que cela n'était pas lié à son étrange comportement de l'autre nuit. Finalement, voyant que tout le monde - hormis Malefoy et elle - était entré dans la pièce, elle s'y présenta à son tour, la tête baissée par la déconvenue que provoquait l'absence du blond.
Elle ne remarqua même pas que Cho lui avait gardé un siège près d'elle et s'en alla directement vers le fond de la salle où elle s'assit à la place de son nouvel « ami de dépravation ». Elle sentit sur elle le regard de Percy mais ne releva pas la tête. Elle avait abordé cette journée avec bonne humeur, sachant qu'elle reverrait le Serpentard à la réunion, qu'elle pourrait donc faire enrager le roux et, par extension, tous ces « amis » mais, maintenant, son plan tombait à l'eau, elle avait une furieuse envie de boire un verre.
Après quelques instants de silence, Percy entama finalement la réunion, considérant certainement qu'il avait suffisamment attendu Malefoy comme cela. Il commençait à distribuer de nombreux formulaires requérant la signature de tous les membres du Conseil lorsque de légers coups se firent entendre contre la porte.
Hermione, perdue dans ses pensées, se redressa immédiatement pendant que son cœur lui paraissait battre légèrement plus rapidement.
S'il s'agissait de Malefoy, la jeune femme redoutait la réaction qu'il pourrait avoir en la voyant assise à sa place. Toutefois, elle avouait préférer se sentir embarrassée vis-à-vis du blond mais qu'il fut là plutôt que de n'avoir près d'elle qu'une chaise vide. Car, s'il ne s'agissait pas de lui, Hermione pressentait qu'elle en serait très déçue.
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Percy lui-même alla ouvrir et la Gryffondor tenta de pencher la tête pour apercevoir quelque chose. Sa curiosité fut rapidement rassasiée lorsque Malefoy pénétra dans la pièce d'une démarche assurée.
- Veuillez excuser mon retard, une urgence au Magenmagot, déclara-t-il d'une voix très professionnelle.
Percy ne répondit rien mais Hermione le vit lui lancer un regard glacial. S'il le remarqua, Malefoy n'en fit aucun commentaire et s'avança plutôt vers le fond de la salle pour prendre place à sa table habituelle.
La jeune femme, qui avait, étrangement, un sourire collé sur les lèvres depuis l'entrée du blond dans la salle, sentit le rouge lui monter aux joues lorsque son regard croisa le sien. Ce dernier fut clairement surpris de la trouver à sa place. Ses yeux s'agrandirent et sa bouche s'entrouvrit légèrement, comme s'il allait dire quelque chose. Toutefois, Drago Malefoy étant Drago Malefoy, il reprit rapidement contenance et son masque d'impassibilité se réinstalla sur son visage. Hermione y détecta cependant un léger sourire en coin qui la rassura quelque peu.
Il prit place à ses côtés, sans un mot et, après que pratiquement toute la pièce leur ait jeté un regard choqué – Percy en tête – chacun retourna à ses signatures.
Hermione, elle, n'osait pas se tourner vers le nouvel arrivant, bien qu'elle sentit qu'il était actuellement en train de la dévisager. Devait-elle s'excuser ? Lui expliquer son comportement ? Lui demander s'il allait mieux que la dernière fois où il s'était vu ? Simplement continuer à l'ignorer ? Ou bien lui parler comme si de rien était ?
« Oh et puis zut ! » pensa la jeune femme. Elle était une Gryffondor et Malefoy et elle n'en étaient pas à leur premier moment de gêne. Ce fut ainsi qu'elle se retrouva à prendre les devants.
- Euh, Malefoy... je sais qu'on a jamais parlé de la possibilité qu'on puisse nous... nous voir ensemble... donc je ne sais pas trop ce que tu... marmonna rapidement la jeune femme en butant sur plusieurs mots et sans arriver à terminer sa phrase.
A côté d'elle, Malefoy eut un petit rire avant de prendre la parole à son tour.
- Ça ne me dérange pas, Granger. Je suis seulement surpris de te trouver ici, c'est tout, expliqua-t-il.
Hermione sentit son stress la quitter et elle parvint enfin à lever les yeux vers le Serpentard. Ses traits détendus conduisirent immédiatement son esprit à faire une comparaison avec la dernière fois qu'elle l'avait vu et le sourire d'Hermione s'évanouit. Un débat intérieur fit alors rage en elle. Devait-elle faire mention de la fameuse nuit ?
De toute évidence, Hermione commençait à en avoir plus que marre de se poser toutes sortes de questions existentielles car elle mit rapidement fin à ses interrogations. Elle se retourna plutôt une nouvelle fois vers Malefoy.
- Tu vas mieux ? demanda-t-elle à brûle-pourpoint et en tentant de contrôler les tremblements de sa voix.
Le blond releva la tête des parchemins qu'il devait signer et la dévisagea. Hermione pensa tout d'abord qu'il ne lui répondrait pas. Ou bien qu'il l'enverrait balader.
Visiblement, il eut tout d'abord les mêmes idées qu'elle et, devant le silence qui s'installait, Hermione songea qu'il venait de se décider pour la première option. Elle détourna alors le regard, légèrement déçue mais la voix de Malefoy finit par se faire entendre.
- Oui, je vais mieux. Je... Je m'excuse pour la dernière fois. Je sais que j'ai dû te paraître très étrange.
Pour toute réponse, Hermione approuva vigoureusement de la tête. Devant son entrain, Malefoy ne put retenir, pour la seconde fois, un ricanement.
- Excuse-moi... ce n'était pas volontaire.
Cela, Hermione en était certaine. Alors qu'il formulait verbalement sa pensée, le visage du blond s'était soudainement figé, comme s'il se remémorait la scène et toute trace de joie en avait disparue. Comprenant que se dévoiler de cette façon, devant elle, devait l'exaspérer au plus haut point, lui qui était habituellement maître de ses émotions, Hermione décida de ne plus en parler. Après tout, ni l'un ni l'autre ne semblait réellement affecté par cette nuit de toute façon.
D'ailleurs, depuis que Malefoy était arrivé, Hermione se rendait compte que ce n'était pas tant les évènements de cette fameuse nuit qui l'avaient affectée mais plutôt ceux de la soirée qui avait précédé. Notamment le baiser du jeune homme. Lorsque ses lèvres étaient entrées en contact avec la peau de son avant-bras et qu'elle avait ressenti tant de sensations...
Depuis quelques secondes maintenant, la Gryffondor ne parvenait pas à détacher son regard des lèvres de son interlocuteur et dut se faire violence pour retourner à ses signatures.
- Au fait, Granger, fit Malefoy d'une voix distraite.
- Oui ?
- Tu es libre demain matin ?
La jeune femme songea tout d'abord à lui dire non. Elle ne voulait pas paraître aussi inoccupée qu'elle l'était en réalité. Mais, après tout, elle savait qu'elle s'en voudrait de manquer une occasion de faire autre chose que de rester chez elle à boire. Et puis elle était assez curieuse.
- Oui. Pourquoi ? demanda-t-elle finalement.
- Pour venir chez moi.
Le cœur d'Hermione eut un raté. Elle ne s'était pas attendue à ce que le blond l'invite si rapidement. Elle n'avait pas vraiment repensé à son hypothétique visite du Manoir et elle se sentait légèrement prise de court. Le Serpentard sembla s'en rendre compte.
- Mais ça n'a pas à être si rapidement, si tu ne le veux pas, la rassura-t-il.
- Si. Demain matin, c'est parfait.
Hermione avait parlé d'une voix forte et claire qui ne laissait nulle place à une quelconque réplique. Visiblement, Malefoy n'était pas convaincu par son aplomb surfait mais il ne fit aucun commentaire à ce sujet.
- Bien, je viendrai te chercher à l'appartement. Dix heures ça t'ira ?
- C'est parfait, répéta Hermione.
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Elle ne remarqua même pas que Percy, qui avait été interpellé par l'un des membres proches d'eux, avait surpris la fin de leur conversation et leur jetait, à présent, un regard dégoûté.
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Le reste de la réunion se déroula dans un silence relatif entre Malefoy et elle, et, à dix-neuf heures trente, ils rentrèrent respectivement chez eux après s'être mutuellement souhaité de passer une bonne soirée.
OoOoOoO
Hermione était stressée. C'était simple, elle avait l'impression de repasser une nouvelle fois ses B.U.S.E. Elle n'avait que très peu dormi, angoissée par ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle avait eu beau lire, prendre une longue douche ou encore boire, la veille au soir, pour tenter de se détendre, rien n'avait fonctionné. Elle se sentait tantôt complètement idiote de vouloir faire cela, ou bien carrément folle, ou encore totalement pathétique pour oser imaginer qu'elle parviendrait à affronter cet endroit. Cet endroit où sa fille avait été violemment assassinée et où, elle-même, s'était fait torturer.
En plus de cela, elle redoutait la réaction de Malefoy. Elle ne savait pas comment il allait se comporter et toute cette imprévisibilité lui tournait la tête et lui donnait la nausée.
Après tout, elle aurait pu faire des « recommandations » à Malefoy mais elle ne savait même pas comment elle souhait qu'il se comporte vis-à-vis d'elle.
Préférerait-elle qu'il la laisse seule dans la pièce ? Hors de la pièce ? Qu'il reste avec elle ? Qu'il l'accompagne seulement puis qu'il parte ? D'ailleurs, voulait-elle entrer dans la pièce ? Ou simplement rester à l'extérieur ?
Peut-être ne parviendrait-elle même pas à passer le seuil du Manoir. Peut-être serait-elle prise de remords et voudrait tout arrêter...
Ce fut donc dans un état d'anxiété proche de la crise de panique qu'Hermione attendit que sonnent dix heures. A peine cela fut le cas que sa cheminée se para de vert.
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La première chose que Drago remarqua fut le regard de détresse que lui lança Granger. L'impression que tout ceci était une très mauvaise idée s'intensifia dans son esprit mais il s'efforça de la faire taire. Il ne pouvait pas aller à l'encontre de la volonté de la Gryffondor. Gryffondor qui semblait avoir, momentanément, perdu tout son courage. Il s'approcha lentement d'elle et, devant sa mine plus que découragée, décida de lui faire tout de même part de ses pensées.
- Écoute, Granger... je ne pense pas que cela soit une bon... commença-t-il d'une voix qu'il tenta de rendre la plus douce possible.
- Non ! Tais-toi. Je n'ai pas besoin de t'entendre dire que c'est une mauvaise idée, le coupa-t-elle faiblement.
- Mais...
- Non, Malefoy !
Le blond capitula. Apparemment, l'irritation que pouvait lui procurer la jeune femme n'avait pas disparu, elle. Drago se plia donc à ses exigences et ne fit plus aucun commentaire sur le sujet.
Comment aurait-il réagi à sa place ? Sans doute pas aussi dignement. Même si elle était Hermione Granger, Drago ne pouvait que s'incliner devant la force d'âme dont elle faisait preuve. S'il avait lui-même perdu son fils, il n'aurait sans doute jamais pu retourner sur les lieux du crime.
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Les minutes suivantes s'écoulèrent rapidement et, paradoxalement, beaucoup trop lentement pour Hermione. Maintenant qu'elle avait pris sa décision et qu'elle avait conscience que rien ne la ferait changer d'avis, elle avait hâte d'y être. Elle ne perdit donc pas une seconde supplémentaire lorsque le blond lui proposa son bras afin de transplaner.
Le cœur de la jeune femme se serra et sa respiration se fit plus saccadée lorsqu'un haut portail en fer forgé apparut sous ses yeux. Instinctivement, elle resserra sa prise autour du bras de Malefoy.
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Drago afficha un rictus de douleur lorsque les ongles de la Gryffondor s'enfoncèrent dans sa peau, pourtant protégée par le tissu de sa chemise, mais ne se dégagea pas. Il comprenait son besoin de se sentir rassurée. Et savoir qu'elle l'était en sa présence valait largement les cinq traces rouges qu'il aurait bientôt sur le biceps.
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Hermione ferma les yeux quelques secondes et tenta de calmer sa respiration. Lorsqu'elle les rouvrit, elle prit une grande bouffée d'air pour finir de se détendre et regarda enfin droit devant elle. Le portail n'était pas si différent de celui de ses souvenirs et c'était certainement lui qui lui avait fait se sentir aussi mal. Car, hormis ceci, rien de ce qu'elle n'apercevait ne l'aurait conduite à penser qu'elle se trouvait face au Manoir Malefoy.
La large bâtisse n'était plus aussi sombre qu'avant les rénovations et arborait désormais une façade plutôt clair percée d'immenses fenêtres. La première pensée qui vint à l'esprit d'Hermione fut que cet endroit était tout aussi beau que la demeure que le blond possédait en France et elle y retrouvait tout à fait la touche de Narcissa. Malefoy lui avait, en effet, appris que c'était elle qui avait dirigé la construction de l'une et la rénovation de l'autre. Cependant, à l'inverse de la première, cette demeure avait conservé son architecture classique et était surtout beaucoup plus noble. La grandeur d'antan de la famille Malefoy ne semblait pas vouloir quitter ces murs.
Quelque peu rassurée par l'aspect extérieur du Manoir, Hermione tourna la tête vers son propriétaire qui patientait en silence, à ses côtés. Il l'interrogea du regard et elle acquiesça légèrement.
Pour ouvrir le portail, il dut sortir sa baguette et donc se dégager de l'emprise d'Hermione. Cette dernière se sentit momentanément démunie mais son sentiment se dissipa lorsque, après avoir ouvert et rangé sommairement sa baguette dans la poche arrière de son pantalon, le blond revint près d'elle et qu'elle put se raccrocher une nouvelle fois à lui.
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Le chemin jusqu'à l'entrée se fit dans un silence pesant. A la vue de l'imposante porte d'entrée, Hermione fut prise d'une nouvelle crise d'angoisse au moment où elle se remémorait l'affreuse soirée durant laquelle elle avait, elle-même, enfoncé la porte à double battant du Manoir pour venir secourir sa fille. Ce souvenir était si présent dans son esprit qu'elle eut l'impression que cela s'était produit seulement la veille et elle se sentit légèrement défaillir.
Heureusement, Malefoy, à qui elle tenait toujours le bras, prit de lui-même l'initiative de se rapprocher encore un peu plus d'elle.
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Elle était tellement focalisée sur la large porte en chêne blanc qui se tenait devant elle qu'elle ne remarqua pas que le blond avait, à son tour, fermé les yeux pour essayer de se concentrer sur autre chose que les sensations que lui procurait leur proximité.
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Arrivés devant la porte, le même manège que devant le portail se répéta. Une fois que sa respiration et les battements du cœur d'Hermione se ralentirent, elle se tourna vers Malefoy pour lui faire signe qu'elle était prête à entrer.
Cette fois-ci, il ne la lâcha pas alors qu'il ouvrait l'un des panneaux de bois et Hermione lui en fut reconnaissante. Ils s'avancèrent lentement dans un vestibule avant de passer dans un immense salon/salle à manger et la jeune femme dut admettre qu'elle ne reconnaissait absolument pas l'endroit.
Tout comme la maison de France, les pages d'un catalogue semblaient avoir investies le Manoir. Absolument rien ne dépassait, tout était rangé à la perfection et, surtout, tout était très clair et plutôt lumineux. La jeune femme, qui ne pouvait s'empêcher de faire des rapprochements entre les deux propriétés du blond remarqua, qu'à l'instar de la façade, l'intérieur était plus chic et raffiné, si c'était encore possible, que le mobilier de l'autre demeure. Les fenêtres, qui avaient été créés, apportaient de la lumière à la pièce, somme toute, peu chaleureuse.
Les yeux d'Hermione se portèrent d'eux-mêmes vers le monumental escalier de marbre qui se tenait sur sa droite et elle ne put retenir un frisson. En haut des marches se trouvait la pièce qu'elle redoutait tant et elle eut un mouvement de recul instinctif. Immédiatement, une main vint se placer dans le bas de son dos et Hermione se rendit compte qu'elle avait lâché Malefoy pour reculer légèrement.
Elle tenta de dire quelque chose mais sa gorge, trop sèche, ne parvint qu'à émettre un son très rauque et dénué de sens. A présent effrayée à l'idée de monter, elle leva ses yeux vers Malefoy. Elle ne savait pas ce qu'elle y cherchait mais ce qu'elle y trouva lui fit l'effet d'un sort d'apaisement.
Ses prunelles grises étaient rivées dans les siennes. Par un simple regard, Hermione comprit que, quoique pourrait être son choix, le blond resterait à ses côtés pour la soutenir.
Légèrement rassurée de savoir qu'il ne la laisserait pas affronter ses démons seule, Hermione tenta de sourire mais ne parvint qu'à esquisser un rictus. Malefoy sembla toutefois comprendre son intention puisque ses propres lèvres formèrent un sourire encourageant.
Elle reporta son regard sur l'escalier mais ne parvenait pas à faire un pas. C'était comme si quelqu'un lui avait jeté un sort qui avait collé ses pieds sur le sol. Elle voulait avancer, monter mais ses jambes étaient comme pétrifiées.
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Comprenant qu'elle avait toutes les peines du monde à prendre les devants, Drago se décida. Il voyait bien que Granger était dans un état de panique avancé mais il savait également qu'au fond, elle voulait gravir cet escalier et retourner dans cette pièce. Ce fut donc pour cela qu'il ôta la main qu'il avait dans le bas du dos de la jeune femme pour venir saisir la sienne qu'il pressa gentiment.
- Viens.
Son ton était calme mais ferme. Il tira légèrement sur la main de la Gryffondor qui finit par le suivre docilement.
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Hermione ne remercierait jamais assez Malefoy pour ce qu'il venait de faire. Cet acte, en apparence relativement banal, signifiait énormément pour elle. Malefoy venait de faire ce que personne, dans son l'entourage, ne semblait être prêt à faire. Croire en elle. La pousser à se dépasser et à affronter ses peurs, ses angoisses et à aller de l'avant.
Mrs Weasley, Ginny, même Harry... personne ne la comprenait, ne la soutenait dans sa démarche. Personne sauf Malefoy. Malefoy qui venait de prendre sa main et l'entraînait à présent vers l'inconnu.
En ressortirait-elle plus forte ? S'effondrerait-elle pour le plus jamais se relever ?
Je sais que vous vous attendiez certainement à ce qu'Hermione « affronte toutes ses peurs » durant ce chapitre mais il faut bien couper quelque part... Alors, s'il-vous-plaît, ne m'en voulez pas trop. :)
Ne vous inquiétez pas... je compte me faire pardonner avec le prochain chapitre mais je n'en dis pas plus ! )
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Sinon, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Hermione en ressortira-t-elle plus forte ou cela sera-t-il l'inverse ?
Et notre petit Drago... n'est-il pas parfait en ce moment ? À croire qu'il est véritablement prêt à tout pour concrétiser son « plan »... Ou bien son comportement va-t-il au-delà d'une simple envie de faire craquer Hermione pour qu'elle finisse dans son lit ?
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Bref, j'attends vos retours avec beaucoup d'impatience. Je vous dis donc à très bientôt (pour les gentilles petites âmes qui prendront le temps de me laisser une review) ou à dimanche (pour les autres), pour la suite de la « visite » du Manoir... Une visite qui réservera assurément son lot de surprises !
Bisous, bisous,
Chalusse
