Bonjour à tou(te)s !
Plein de mercis à tous mes super revieweurs de la mort qui tue ainsi qu'aux lecteurs qui ont fait des ajouts en fav'/alertes. Vous êtes toujours plus nombreux à lire, reviewer et faire des ajouts et ça me fait SUPER PLAISIR ! Merci, merci, merci !
Je vous retrouve donc aujourd'hui avec le chapitre 19 et la suite de la visite du Manoir.
Une visite qui, comme j'ai pu vous l'annoncer mercredi, risque d'en surprendre plus d'un. J'espère que ce chapitre vous plaira !
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RàR anonyme :
Guest : Ça me fait super plaisir d'apprendre que tu as autant apprécié le dernier chapitre ainsi que Scorpinou ! C'est vraiment mon petit chouchou et j'espère qu'il te plaira jusqu'au bout. De même, j'espère que tu apprécieras ce nouveau chapitre !
Merci beaucoup pour ta review. :)
PS : pourrais-tu laisser un pseudo pour que je sache si c'est toi qui reviewe les chapitres à chaque fois depuis quelques temps ? :)
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Voilà ! Je vous souhaite donc une très bonne lecture et vous dit à tout à l'heure pour la note de fin de chapitre.
Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 19 : Rencontres
La montée de l'escalier de marbre du Manoir parut interminable pour Drago. Il essayait tant bien que mal de garder une allure constante mais le fait était que Granger s'arrêtait très régulièrement. Comme il lui tenait toujours la main, il devait donc suivre le train qu'elle imposait. Chaque marche rapprochait un peu plus la Gryffondor de ses démons et le blond se rendait bien compte qu'il en fallait peu pour qu'elle décide de tout abandonner pour rentrer chez elle et pleurer tout son saoul. Aussi, s'adapta-t-il à sa progression d'une lenteur exaspérante.
Finalement, ils mirent le pied sur la dernière marche et, sentant que les jambes de la jeune femme menaçaient de se dérober sous son poids, Drago se rapprocha vivement d'elle pour la soutenir. Elle pouvait remercier ses réflexes d'ancien attrapeur car, une seconde supplémentaire et elle dévalait les escaliers dans l'autre sens.
Elle le remercia d'un faible hochement de tête et il n'ôta le bras, qu'il avait instinctivement passé autour de sa taille, que lorsqu'il jugea raisonnable la distance entre elle et le vide.
Ils pénétrèrent ensuite dans un étroit couloir et le peu de couleur qui était encore visible sur les joues de Granger s'évapora comme neige au soleil.
L'ancien salon du Manoir était la première pièce qui se présentait à eux. Évidemment, Drago et Narcissa l'avaient fait rénover en même temps que le reste de la demeure mais, depuis qu'ils étaient revenus y vivre, personne d'autre que lui-même n'y avait mis les pieds. Il n'était pas fermé à clef mais le Serpentard n'avait jamais souhaité y entreposer quoique ce fut. Quant à Scorpius, il refusait purement et simplement d'y pénétrer.
Drago ne s'y était rendu qu'une fois, peu de temps après qu'ils se soient réinstallés avec son fils. Une seule fois durant laquelle il s'était dit que plus jamais il n'y remettrait volontairement les pieds. Cette pièce le rendait affreusement mal à l'aise et il se revoyait sans cesse assister aux diverses tortures auxquelles s'adonnait régulière sa tante Bellatrix. Celle de Granger lui étant la plus abominable et ne quittant, depuis cette abominable nuit, plus jamais son esprit.
Chassant ses sombres pensées de son esprit, Drago préféra se reconcentrer sur la Gryffondor. Un coup d'œil vers elle suffit à lui faire comprendre qu'elle se sentait réellement très mal. Comme précédemment, il tenta de prendre les choses en main, sachant que, d'elle-même, la jeune femme ne prendrait pas d'initiatives dans l'immédiat. Bien entendu, il ne souhaitait absolument pas la brusquer et respecterait son choix, peu importe ce qu'elle déciderait.
- Je vais ouvrir la porte, Granger. Ça va aller ? lui demanda-t-il d'une voix calme qu'il tenta de rendre la plus douce possible.
Elle sembla subitement se remémorer sa présence et tourna difficilement la tête vers lui. Il y eut un moment de flottement avant qu'elle n'acquiesce, finalement, très brièvement.
Il fit alors un pas en avant dans l'intention d'ouvrir la porte qui menait à l'ancien salon du Manoir mais, avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce fut, la main de la Gryffondor se fraya un chemin jusqu'à la sienne et la serra compulsivement. Légèrement désarçonné par son comportement, Drago se retourna vers elle et arqua un sourcil.
- Ne me laisse pas toute seule là-dedans, s'il-te-plait, l'implora-t-elle d'une toute petite voix en regardant ses chaussures.
Pris d'un élan de compassion, Drago lui releva délicatement le menton grâce à sa main libre et plongea son regard dans les prunelles chocolat de son ancienne ennemie.
- Je ne te laisserai pas, Granger.
Son ton était franc et sa voix, claire.
Drago vit qu'elle semblait légèrement rassurée et elle prit une longue inspiration avant de lui signifier, d'un mouvement de tête, qu'elle était prête à ce qu'il ouvre la porte.
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Contrairement à ce à quoi il s'était attendu, Granger parvint à pénétrer dans la pièce sans trop de soucis. Toutefois, à peine quelques secondes plus tard, le Serpentard remarqua que ses yeux se posaient d'eux-mêmes sur une zone du parquet et il comprit bien rapidement que c'était l'endroit où s'était tenu, pour la dernière fois, le corps de sa fille. A peine en arriva-t-il à ces conclusions qu'une larme roula sur la joue de la jeune femme avant de venir s'écraser au sol.
D'autres les rejoignirent bientôt, traçant de larges sillons sur sa peau pâle, et, tandis qu'elle pleurait en silence, Drago restait pétrifié. Il ne savait que faire en pareille situation alors il se contenta de lui tenir la main.
Au bout de ce qui lui sembla être des heures, Granger relâcha légèrement son emprise. Le blond se hasarda alors à lui demander :
- Souhaiterais-tu être seule quelques instants ?
Il avait plus demandé cela par acquis de conscience et fut donc réellement surpris lorsque les yeux rougis de Granger se posèrent sur lui et qu'il la vit sourire légèrement.
- Oui, si cela ne te dérange pas.
- Je serais juste derrière la porte, si jamais tu as besoin.
Une nouvelle fois, elle lui sourit et le blond en resta légèrement pantois.
- Merci.
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Lorsqu'elle entendit la porte se refermer délicatement sur Malefoy, Hermione sentit une nouvelle fois les larmes lui monter aux yeux. Arriver jusqu'ici lui avait énormément coûté mais rien ne l'avait préparée à la vague de tristesse qui l'avait envahie, à peine son regard s'était-il posé sur l'emplacement où, durant de longues minutes, avait gît le corps sans vie de Rose.
Les larmes avaient alors coulé, silencieuses, sur ses joues pendant qu'elle se repassait inlassablement le film de l'assassinat de sa fille.
Des heures avaient semblé passer sans que ni elle ni Malefoy ne bougent. La présence du blond à ses côtés et la main qu'elle serrait dans la sienne lui apportait le soutien nécessaire mais, après avoir longuement pleuré, Hermione exprima le souhait de rester seule pendant quelques instants.
Malefoy lui avait permis de tenir debout et, maintenant qu'elle sentait que le plus dur était passé, elle avait besoin de quelques minutes de solitude.
Des larmes plein les yeux, elle marcha lentement vers l'endroit où sa fille était tombée. Arrivée à destination, elle s'accroupit et avança légèrement sa main jusqu'à toucher le parquet, froid sous ses doigts.
Cette pièce avait de toute évidence était rénovée mais aucun décor n'aurait empêché Hermione de retrouver cet emplacement.
Sa main resta de longues secondes contre le bois et, lorsqu'elle le sentit se réchauffer à son contact, elle s'éloigna.
Elle essuya maladroitement ses larmes d'un revers de manche puis s'approcha de l'une des fenêtres. Elle l'ouvrit en grand et le vigoureux courant d'air qui lui fouetta le visage lui fit le plus grand bien. Puis elle répéta son geste pour les quatre autres fenêtres de la pièce.
Cette journée d'août était magnifique et les rayons du soleil qui entraient à présent dans la pièce firent sourire Hermione. La jeune femme s'approcha une nouvelle fois d'une fenêtre et s'agrippa à la rambarde de fer forgé. Ses yeux se perdirent à l'horizon et elle murmura :
- Va ma fille, tu es libre désormais.
Une légère brise joua un instant dans ses cheveux et Hermione se mit franchement à sourire tandis que ses larmes se tarissaient enfin.
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Drago n'était finalement pas si rassuré que cela de laisser Granger seule dans ce sinistre endroit. Ce fut ainsi que lorsqu'il vit une intense lumière suivie d'un infime vent coulis s'insinuer dans l'interstice entre la porte, fermée et le sol, il se précipita en avant.
Il n'avait clairement pas fait dans la discrétion mais Granger ne le remarqua pas. Elle était accoudée au balcon de l'une des fenêtres et semblait perdue dans ses pensées. Le cœur du Serpentard se relâcha instantanément.
La vision qui s'offrait à lui, lui coupait le souffle et il préféra demeurer légèrement en retrait plutôt que de se manifester. Il ne s'était clairement pas attendu à ce que la jeune femme ouvre toutes les fenêtres et à ce que la pièce soit ainsi baignée de lumière. Etrangement, cette vision l'apaisa et il se surprit à fermer les yeux.
Lorsqu'il les rouvrit, Granger s'était retournée et le fixait avec une expression étonnée. Toutefois, la seule chose que Drago vit fut le soulagement qui transparaissait de l'ensemble son corps.
La Gryffondor ferma ensuite chaque fenêtre, passa près de lui et, sans un regard en arrière, s'avança vers la porte qu'elle tint ouverte.
Comme un automate, Drago sortit et, une fois sur le seuil, se retourna. Il la vit refermer doucement le battant de bois avant de poser délicatement sa main contre, pendant quelques secondes.
Le blond s'attendait à une nouvelle effusion de larmes mais, lorsqu'elle pivota vers lui, il remarqua qu'elle n'était secouée d'aucun sanglot. Bien au contraire, ses traits s'étaient comme relâchés d'un seul coup. Ce fut alors sous le regard stupéfait du Serpentard qu'elle entreprit de descendre tranquillement les escaliers.
Décidément, Granger était la personne la plus forte qu'il connaissait, une véritable Gryffondor.
Prenant conscience qu'il était resté immobile, Drago secoua légèrement la tête comme pour remettre ses idées en place et descendit rejoindre son invitée.
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Elle patientait en bas des marches, visiblement assez mal à l'aise au milieu de son salon et Drago eut un petit rire. Il n'y avait que Granger pour redevenir complètement coincée et stressée pour des choses futiles, quelques minutes seulement après avoir délibérément mis son cœur à nu. Décidant de ne pas la laisser plus longtemps dans l'embarra, il s'approcha d'elle.
- Tu veux visiter le reste de la maison ?
- Oh euh... oui... Oui, si tu veux, bredouilla-t-elle, visiblement étonnée par sa proposition.
La descente des marches signifiait certainement pour elle qu'il était temps de rentrer mais Drago n'avait finalement pas plus envie que cela qu'elle parte et puis, se répétait-il, mieux valait avoir un œil sur elle pendant les prochaines minutes au cas où elle se remettrait à pleurer.
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Il prit alors les devant, lui faisant signe de la suivre pendant qu'il prenait la direction de la cuisine. Ils allaient s'engager dans le couloir attenant au salon lorsque de légers crépitements se firent entendre derrière eux.
Ni une ni deux, Drago se retourna et se posta devant Granger quelques dixièmes de seconde avant que la cheminée ne se colore en vert.
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Tout c'était passé bien trop rapidement pour les yeux, encore fatigués d'avoir tant pleuré, d'Hermione. Tout ce qu'elle comprit fut qu'en ce qui lui semblait être un quart de seconde, Malefoy avait fait marche arrière, se plaçant devant elle et qu'après avoir aperçu la cheminée se colorer rapidement de vert émeraude, quelqu'un en était sorti prestement. Un silence de plomb tomba alors, simplement rompu par l'arrivé d'une seconde personne.
Hermione, cachée par le corps de Malefoy, ne percevait pas qui était là. Toutefois, ce dernier se dégagea rapidement afin de s'avancer de quelques pas et elle put enfin apercevoir les nouveaux venus.
Une lourde pierre sembla tomber dans son estomac lorsque ses yeux se posèrent, tout d'abord, sur un enfant qui était le portrait craché de Malefoy, malgré ses cheveux blonds légèrement plus foncés et qui ne pouvait donc n'être que le fils de ce dernier ; puis sur une femme d'un certain âge, les traits aussi sévères que ceux du professeur McGonagall et qu'Hermione reconnut immédiatement comme étant Narcissa Malefoy, la mère du Serpentard.
Ses joues se colorèrent immédiatement en rouge et elle tenta de se faire discrète au maximum puisque, pour l'instant, personnes ne semblait avoir remarqué sa présence. Sa tentative dura approximativement cinq secondes jusqu'à ce que les yeux bleus et perçants de Narcissa Malefoy ne se posent sur elle.
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Narcissa fut si stupéfaite lorsqu'elle reconnue Hermione Granger que ses yeux s'écarquillèrent d'eux-mêmes tandis que le reste de son corps se pétrifiait. Elle ne s'était clairement pas attendue à trouver la Gryffondor chez son fils. D'autant plus au cours de cette matinée à propos de laquelle ce dernier avait été si énigmatique.
La blonde additionna rapidement deux plus deux et lorsqu'elle comprit qu'Hermione Granger était le mystérieux rendez-vous de Drago, ces yeux se posèrent sur son fils dans une expression interrogative. Ce dernier semblait toutefois bien trop occupé à attendre des explications de la part de Scorpius pour remarquer quoique ce fut.
- J'attends, s'impatientait-il d'une voix glaciale.
- C'est que... euh... j'ai oublié mon... marmonna timidement le garçon si bas que Narcissa ne perçu pas le dernier mot.
Drago, lui, avait clairement compris ce dont il retournait puisque son visage, d'habitude si pâle, prit soudainement une teinte bien plus soutenue.
- Es-tu en train de me dire que tu m'as désobéi pour un BOUQUIN ?! UN VULGAIRE BOUQUIN ?!, aboya-t-il.
Narcissa vit très nettement son petit-fils baisser la tête en signe de soumission.
Habituellement, Drago n'était pas aussi virulent à l'égard de l'enfant et la grand-mère de ce dernier sentit son cœur se serrer légèrement. De toute évidence, aujourd'hui n'était pas un jour comme les autres et les impertinences de Scorpius n'allaient certainement pas rester impunies.
Voyant que plus personne n'osait dire un mot, Narcissa, qui avait momentanément oublié la présence d'Hermione Granger, s'avança vers son fils.
- C'est de ma faute, Drago, je l'ai laissé sans surveillance, tenta-t-elle d'expliquer.
Comprenant que sa grand-mère venait à son secours, Scorpius releva la tête.
- N'essaie pas de lui trouver des excuses, Mère, je t'en prie ! Il n'a pas cinq ans ! Il en a onze ! Onze ans et pas foutu de respecter la moindre règle ! s'époumona Drago en se tournant une nouvelle fois vers son fils.
Ce dernier ne tint pas longtemps face au regard enragé de son père et baissa de nouveau la tête.
- Maintenant, tu vas aller chercher ton putain de bouquin et retourner chez ta grand-mère jusqu'à ce que je décide que tu peux revenir ici. Est-ce bien clair ? Demanda le père.
- Oui... marmonna une nouvelle fois l'enfant. Je suis désolé Papa, fit-il pendant que ses yeux s'embuaient irrémédiablement devant la sévérité dont son père faisait preuve.
- J'espère bien que tu l'es. Mais sache que cela ne change rien. Je suis très en colère contre toi, Scorpius Hyperion Malefoy !
Le gamin préféra ne rien dire et monta directement à l'étage pour aller chercher son livre.
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Hermione était abasourdie par la scène qui venait de se jouer devant ses yeux et se sentait comme une intruse. Elle tenta de reculer jusqu'à atteindre le couloir qui jouxtait le salon afin de s'y « cacher » le temps que la famille Malefoy règle ses différends mais, alors qu'il ne lui restait plus qu'un pas, Narcissa se retourna une nouvelle fois vers elle. Ses prunelles bleues la clouèrent sur place et Hermione sentit le rouge lui monter de nouveau aux joues.
Elle ne voulait pas paraître impolie mais elle doutait fortement que la mère du Serpentard apprécie qu'elle lui serre la main, alors elle était volontairement restée en retrait tandis que Malefoy, lui-même, semblait avoir oublié sa présence.
Elle fut donc sidérée lorsque Narcissa s'approcha et tendit une main vers elle.
- Miss Granger, fit la blonde d'une voix sèche mais tout de même polie.
Sortant de son état second, Hermione s'empressa de faire un pas en avant et de serrer la main de la femme qui se tenait devant elle.
- Mrs Malefoy, la salua-t-elle à son tour d'une petite voix.
Ceci fait, chacune se recula légèrement avant de tourner, d'un même mouvement, la tête vers l'homme de la maison.
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Un regard interrogateur et un regard paniqué posés sur lui, Drago eut un mouvement de recul instinctif. Il ne pouvait ni répondre aux interrogations de sa mère ni rassurer la Gryffondor. Lui-même ne sachant comment gérer cette situation. Un silence de plomb s'installa alors entre les trois adultes. Silence seulement rompu lorsque Scorpius refit son apparition.
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L'enfant était particulièrement affecté par les propos et la colère de son père. S'il avait imaginé qu'il se mettrait dans un tel état, il ne serait jamais revenu, même pour ce livre. Néanmoins, sa grand-mère l'avait prévenu que son père désirait être seul et il aurait dû se douter qu'il y avait une bonne raison à cette mise en garde. En parlant de cela, d'ailleurs...
Scorpius descendait lentement l'escalier de marbre lorsque ses yeux se posèrent sur une personne qu'il n'avait tout d'abord pas remarquée. Elle lui était vaguement familière et il fit instantanément travailler ses méninges pour se souvenir de qui il pouvait bien s'agir. Il allait poser les pieds sur la dernière marche lorsqu'il se souvint et faillit en tomber par terre.
Non, ce n'était pas possible ! Il ne pouvait tout de même pas s'agir d'Hermione Granger ?! Hermione Granger dont le mari et la fille avaient été massacrés par sa mère et son grand-père, sept mois auparavant.
Faisant fi du regard menaçant que lui lançait son père, le gamin s'approcha de la jeune femme qui se trouvait au fond de la pièce.
Aucun doute, il s'agissait bien d'Hermione Granger. Mais que faisait-elle ici ? Son père était-il en danger ?
Soudain paniqué, il se précipita vers la jeune femme.
- Êtes-vous ici pour mettre mon père en prison ? lui demanda-t-il de sa voix sèche d'enfant de onze ans.
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Hébétée par les propos du jeune Malefoy, Hermione resta interdite quelques instants. Instants durant lesquels elle vit le père de l'enfant s'approcher vivement de lui et Narcissa détourner le regard.
Comprenant ce qui allait se passer, Hermione se secoua mentalement et s'interposa, au dernier moment, pour retenir la main du blond qui prenait dangereusement la direction de la joue de son fils.
- Granger, écarte-toi, menaça Malefoy.
- Non, laisse. Je comprends qu'il soit confus, dit Hermione d'une voix douce en lâchant le bras du Serpentard.
Malefoy capitula mais s'adressa toutefois à son fils :
- Tu me fais honte, lui cracha-t-il avant de s'éloigner de quelques pas.
Hermione vit les yeux de l'enfant s'embuer de larmes et décida donc de prendre le relai.
- Bonjour, Scorpius, j'ai beaucoup entendu parler de toi, tu sais ?
- Ah... ah oui ? demanda le gamin d'une voix tremblotante.
- Oui, beaucoup. Et sois rassuré, je ne suis pas ici pour mettre ton père en prison.
- Pourquoi vous êtes là alors, Miss Hermione Granger ? l'interrogea l'enfant.
Hermione se retint difficilement de rire devant le ton très formel qu'avait pris le gamin. Cependant, sa bonne humeur s'évapora bien vite lorsqu'elle comprit qu'il attendait une réponse. Réponse qu'elle ne parvenait tout simplement pas à lui donner.
Heureusement, Malefoy arriva à son secours.
- Cela ne te regarde pas. Cesse tes questions impertinentes.
Sa voix claqua et Hermione vit les sourcils du garçon se froncer légèrement. Visiblement, Scorpius était aussi respectueux de la bienséance que son père au même âge...
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- Pardonnez-moi, Miss Hermione Granger, s'excusa l'enfant devant le regard furibond que lui lançait son père.
- Tu peux m'appeler Hermione, tu sais, répondit la jeune femme en lui faisant signe qu'elle ne lui tenait pas rigueur de sa conduite.
Elle vit Scorpius rechercher l'assentiment de son père mais, comme elle se tenait dos à lui, elle ne perçut pas sa réponse.
L'ambiance était pesante. Hermione s'apprêtait à annoncer son départ lorsque ses yeux se posèrent sur l'ouvrage que tenait fermement le fils de Malefoy.
- Oh ! Tu as acheté « L'histoire de Poudlard », s'étonna la Gryffondor en revoyant son livre préféré.
- Oui, Miss Hermione, je l'adore.
- Moi aussi, c'est mon livre favori !
- C'est vrai ?! s'exclama l'enfant, visiblement ravi de trouver quelqu'un qui partageait son opinion sur le vieil ouvrage.
- Oh oui ! Il te sera très utile, tu verras, lui assura Hermione en souriant.
- Il l'est déjà ! Je m'en sers pour compléter celui d'Histoire de la magie.
- Tu l'as déjà lu ? l'interrogea-t-elle, quelque peu étonnée que le fils de Malefoy s'intéresse à ce point à sa scolarité.
- Bien sûr ! En ce moment, j'essaie d'apprendre toute la théorie concernant les enchantements, puisque je ne peux pas encore me servir de ma baguette, expliqua Scorpius, très fier de lui-même.
Hermione était véritablement très impressionnée et ne put s'empêcher de se retourner vers Malefoy pour voir sa tête. Cette fois-ci, elle ne put retenir un ricanement. Son expression reflétait clairement ses pensées. Un mélange entre « comment ce gamin peut-il être le mien ? » et « je savais bien que ça finirait comme ça ». En l'entendant rire, le visage du blond se ferma instantanément et il la fusilla du regard. Pour toute réponse, Hermione lui fit un immense sourire et se retourna une nouvelle fois vers le gamin.
- Eh bien je te souhaite de bonnes révisions de pré-rentrée. Et j'espère que tout se passera bien pour toi à Poudlard. Tu verras, c'est génial, ajouta Hermione en lui faisant un clin d'œil.
- Vous ne reviendrez pas nous voir Miss Hermione ? demanda l'enfant, de toute évidence déçu que la seule personne qui comprenne sa passion pour le travail scolaire ne l'abandonne déjà.
Le silence s'abattit et Hermione espérait que Malefoy n'intervienne une nouvelle fois mais il n'en fit rien. Elle ne connaissait pas la réponse à la question de l'enfant et ne se sentait absolument pas la force d'y réfléchir pour le moment.
- Je... je ne sais pas, Scorpius, éluda-t-elle. Et, s'il-te-plaît, tutoie-moi, ajouta-t-elle.
- C'est trop nul ! J'aimerais bien parler de Poudlard avec toi, Hermione ! Papa ne veut jamais en parler et Grand-mère dit que sa jeunesse est trop loin pour qu'elle ne s'en souvienne.
Les deux Malefoy manquèrent de s'étouffer et Hermione fit semblant de ne rien remarquer pour ne pas paraître impolie.
- Je ne peux rien t'assurer, Scorpius, je suis désolée, s'excusa la jeune femme, faute de pouvoir lui donner une meilleure réponse.
Elle pensa que cela suffirait pour que le gamin abandonne mais, visiblement, il avait hérité de l'entêtement de son père.
- Papa ! Il faut qu'Hermione revienne ! S'il-te-plaît ! le supplia littéralement son fils en lui faisant son regard le plus attendrissant.
Malefoy n'y fut, de toute évidence, pas sensible puisqu'il répondit d'une voix sèche :
- On verra, Scorp'. Maintenant, retourne chez ta grand-mère.
- Mais, Papa...
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Hermione vit que Malefoy allait recommencer à s'agacer et s'imposa de nouveau.
- Non, il peut rester ici, je vais rentrer.
- Qu...Quoi ? souffla Malefoy, visiblement pris de court.
- Je vais rentrer, Malefoy.
- Tu n'es pas obligée.
- Je sais. Mais j'ai besoin de rentrer, insista Hermione en lui lançant un regard lourd de sous-entendu.
Apparemment, il comprit qu'elle avait besoin de se retrouver seule car il se tourna vers son fils.
- Toi, tu restes là. Nous n'avons pas fini de discuter, le prévint-il d'une voix forte.
Puis il se retourna vers Hermione.
- Viens, je te raccompagne.
- Je peux rentrer seule, lui assura-t-elle.
Mais il venait déjà de passer sa veste et marchait résolument vers la porte d'entrée. Restée en arrière, Hermione se sentit momentanément gênée par toute l'attention que le blond lui portait alors qu'ils étaient toujours en présence de sa famille.
- Granger, tu viens ? l'appela Malefoy depuis l'entrée.
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Sortant de sa torpeur, Hermione se retourna vers Narcissa et, après un léger temps d'hésitation, lui serra la main. Elle fit ensuite un signe à Scorpius, qui le lui retourna, tout sourire, puis alla retrouver le Serpentard qui patientait.
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Hermione et Drago marchaient tranquillement, chacun perdu dans ses pensées. Soudain, ils s'arrêtèrent et soupirèrent :
- Je suis désolé(e).
Leurs yeux s'agrandir de surprise et d'incompréhension face à l'attitude de l'autre et demandèrent d'une seule et même voix :
- Pourquoi ?
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Cette fois-ci, Hermione entendit Malefoy lâcher un petit rire. Elle décida de garder le silence le temps que le blond s'explique mais il lui renvoya la pareille.
- Dis-moi pourquoi tu t'excuses, Granger, l'intima-t-il.
La réponse était si évidente pour Hermione que le fait qu'il lui pose la question la décontenança au plus haut point.
- Eh bien je m'excuse d'avoir été là quand ta famille est arrivée ! expliqua-t-elle comme si cela était la chose la plus évidente du monde. Pourquoi tu t'excuses, toi ?
- Parce que ma famille est arrivée alors que tu étais là, souffla-t-il.
- Et ? C'est à moi de m'excuser... Je sais que tu ne leur as jamais dit qu'on se fréquentait et je sais aussi que tu ne voulais pas qu'ils l'apprennent.
Hermione ne faisait qu'exposer ce qu'elle pensait être la pure vérité et, au fond, savoir que le blond ne voulait pas que sa famille soit au courant de leurs rendez-vous réguliers ne la dérangeait absolument pas.
Visiblement, la jeune femme s'était quelque peu trompée sur les intentions du Serpentard.
- C'est vrai que je ne leur ai pas parlé de toi, Granger, avoua-t-il. Mais c'est seulement car je n'en n'ai jamais réellement vu l'intérêt. Et puis, je connais mon fils, si je lui en avais parlé, avec tout ce qu'il sait déjà à ton sujet, il ne m'aurait plus lâché avec ses questions...
Devant l'air blasé de Malefoy, Hermione ne put retenir un petit rire. Elle-même avait pu constater que le jeune Scorpius Malefoy avait un caractère bien trempé et semblait très curieux et tenace.
- La raison pour laquelle je m'excuse, Granger, c'est parce que je ne voulais pas t'imposer leur présence, surtout aujourd'hui, ajouta le blond en faisant référence à l'épreuve morale qu'Hermione venait d'affronter.
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La Gryffondor resta muette devant ces révélations. Décidément, Malefoy devenait véritablement quelqu'un d'altruiste. Tout au moins, bien plus qu'il ne l'avait été par le passé.
- Tu n'as absolument pas besoin de t'excuser. Je sais que ce n'était pas quelque chose de planifié et puis, même si j'étais assez mal à l'aise vis-à-vis de ta mère, je dois avouer que j'étais curieuse à propos de ton fils, révéla Hermione en souriant.
Malefoy lui répondit par un sourire en coin dont lui seul avait le secret.
- Et je suppose que tu n'as pas été déçue ?
- Absolument pas ! Voir Drago Malefoy avoir du mal à se faire respecter par un enfant de onze ans vaut véritablement tout l'or du monde ! rigola franchement Hermione.
En face d'elle, le Serpentard serra les poings et perdit son sourire, bien vite remplacé par une grimace trahissant son agacement.
- Ce maudit gamin ! Il ne perd rien pour attendre !
- Ça va, il n'y a pas mort d'homme non plus, tenta de l'adoucir Hermione.
Mais elle ne put réprimer un nouveau ricanement moqueur en se remémorant la scène.
- Bordel, Granger, arrête de te foutre de ma gueule ! s'exclama le blond.
La seule image qui vint à l'esprit d'Hermione fut celle d'un Malefoy enragé devant son fils qui avait osé défier ses ordres et son hilarité redoubla. En temps normal, elle n'aurait certainement pas explosé de rire comme une idiote pour quelque chose qui, finalement, n'était pas aussi divertissant que cela – quoique... Mais, après la nuit stressante qu'elle avait passée et la matinée très dure, émotionnellement parlant, relâcher la pression lui fit énormément de bien.
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Devant une Granger pliée de rire et les larmes aux yeux, Drago ne put s'empêcher de se mettre lui-même à rigoler. Il pouvait bien lui accorder ce moment de désinvolture après l'épreuve qu'elle venait d'affronter. D'ailleurs, depuis quand lui-même ne s'était-il pas laissé aller à rire de cette façon ? Il eut beau chercher dans sa mémoire, rien ne lui vint.
Finalement, leur hilarité s'atténua au terme de longues secondes et, lorsque Granger releva la tête vers lui, Drago constata qu'il ne l'avait jamais vu aussi détendue. Même l'alcool ne lui réussissait pas aussi bien. Le jeune homme conserva cette observation dans un coin de sa tête puis tendit le bras vers la jeune femme pour qu'ils transplanent chez elle.
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A peine fut-elle de retour dans son appartement qu'Hermione sentit un léger malaise s'insinuer en elle. Bien que, dans l'ensemble, le fait de se rendre au Manoir lui avait permis de faire un peu plus son deuil et semblait avoir été une bonne idée, la Gryffondor appréhendait énormément de se retrouver seule avec ses pensées. Si jamais elle se remettait encore à pleurer toutes les larmes de son corps… Et si, finalement, le fait d'y retourner ne faisait que raviver le souvenir de la mort de sa fille…
Elle se sentit blêmir. Sa nausée venait de refaire surface.
Malefoy suivait de toute évidence le cours de ses pensées puisqu'il s'approcha d'elle.
- Eh Granger ! Ça va aller ? s'enquit-il.
- Oui, ne t'inquiète pas pour moi, Malefoy, répondit Hermione en tentant de conserver une voix assurée.
Cela eut à peu près le même effet que si elle n'avait rien dit du tout et le Serpentard se rapprocha un peu plus d'elle. Distraite par sa soudaine proximité, les pensées d'Hermione eurent des ratés. Un trou noir sembla même envahir son cerveau lorsque sa main s'avança lentement vers elle, lui toucha le menton et le remonta d'une légère pression.
- Tu veux que je reste ici, avec toi ? demanda Malefoy dans un souffle.
Il était si proche que son odeur envoûtante envahit rapidement ses narines et Hermione se sentit perdre légèrement pied. La sensation s'accentua lorsqu'il lui posa une question. Question dont elle ne saisit absolument pas la teneur puisque l'haleine du jeune homme, aussi glaciale que ses yeux d'acier, venait de lui balayer le visage, emportant avec elle la moindre parcelle de son attention.
Se rendant compte que Malefoy attendait quelque chose, elle s'écarta légèrement pour reprendre contenance. Merlin, que venait-il de se passer ?!
A une distance respectable, elle se décida à prendre la parole.
- Je... Je n'ai pas compris, tu peux répéter, s'il-te-plaît ? demanda-t-elle d'une toute petite voix.
- Ton esprit est décidément ailleurs...
- Euh... hésita Hermione en détournant le regard, les joues rougies.
Merlin merci, Malefoy ne la connaissait pas suffisamment pour interpréter ce moment de gêne.
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Enfin, c'est ce qu'elle pensait. Jusqu'à ce que :
- Granger, tu ne vas pas me dire que je te fais de l'effet ? s'esclaffa le blond.
Vexée qu'il l'ait percée à jour, Hermione se renfrogna avant de cingler d'une voix sèche :
- Ne prends pas tes rêves pour une réalité, Malefoy !
Pour toute réponse, il fut pris d'un ricanement goguenard et cela irrita prodigieusement la brune.
- Bon, tu me la répète, ta question ?! s'impatienta-t-elle.
- Il semble déjà bien loin le temps où tu rigolais comme une écervelée, remarqua-t-il, agacé par le comportement de son interlocutrice.
- Malefoy, j'attends !
- Ok, ok ! Je t'ai demandé si tu voulais que je reste avec toi puisque tu n'avais pas l'air dans ton assiette ! Mais, à ce que je vois, tu vas déjà beaucoup mieux, ajouta-t-il, acide.
L'énervement d'Hermione retomba comme un soufflet. Elle n'était pas juste avec Malefoy. Après tout, il avait tout fait pour la soulager, le matin même et elle, tout ce qu'elle parvenait à faire, c'était à le mettre en rogne.
Aussi soupira-t-elle longuement avant de reprendre la parole d'une voix plus calme.
- Non, rentres chez toi, tu en as déjà assez fait pour moi aujourd'hui, mais merci, dit-elle en parvenant même à lui sourire timidement.
Le fait qu'elle se soit détendue, sembla également calmer le Serpentard.
- Tu es sûre ? Je ne tiens pas à ce que...
- A ce que je fasse déborder la Tamise en ton absence, je sais, rigola la jeune femme reprenant sa propre expression. Ne t'inquiète pas, je ne pense pas que cela sera le cas.
Malefoy sembla peser le pour et le contre quelques instants.
- Bon, très bien. Je reviendrai te voir ce soir.
- Mais... commença Hermione.
- « Mais » rien du tout, Granger. Je viens te voir ce soir, ce n'est pas négociable, la coupa-t-il en ponctuant toutefois sa phrase d'un sourire en coin.
Hermione ne répondit rien et, satisfait, le blond tourna les talons.
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Drago allait quitter l'appartement de Granger lorsque cette dernière l'interpella :
- Oh ! Et, Malefoy ? Ne sois pas trop dur avec ton fils...
Il leva un sourcil interrogateur.
- Et on peut savoir depuis quand j'ai besoin de tes conseils sur « comment être un père parfait », Granger ?
Il regretta aussitôt ses paroles. Il ne voulait pas que la jeune femme songe à sa propre expérience en tant que parent sinon elle allait évidemment se mettre à pleurer en repensant à sa fille. Contre toute attente, elle se contenta de lever, à son tour, un sourcil.
- Peut-être depuis que j'ai pu constater, de mes propres yeux, à quel point tu parviens à te faire respecter ? fit-elle, sarcastique, une lueur de défi dans les yeux.
Drago souffla, piqué dans sa fierté.
- Et parce que, selon toi, le laxisme est la solution ?
- Je ne te parle pas de laxisme mais d'indulgence, Malefoy ! contrecarra la Gryffondor.
- Je n'ai pas besoin de tes conseils, Granger !
- Je plains ton fils...
- Forcément, il t'a parlé de bouquin alors, toi, tu le défends, s'insurgea le blond.
- Tu es jaloux, Malefoy ? le provoqua Hermione.
Pour toute réponse, ce dernier soupira devant l'attitude qu'il jugea puérile de la jeune femme et saisi une poignée de poudre de cheminette.
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- A ce soir, Granger, dit-il avant de jeter la poudre à ses pieds.
- On verra, Malefoy, lança distraitement la jeune femme, décidée à le faire enrager jusqu'au bout.
Au même moment, il prononçait le lieu de sa destination mais Hermione nota qu'il avait tout de même parfaitement saisit ses paroles puisque, la dernière chose qu'elle vit, fut deux prunelles grises porteuses d'un message on ne peut plus clair. Mieux valait qu'elle soit là lorsqu'il se pointerait le soir...
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Pendant une bonne partie de l'après-midi, Hermione songea réellement à quitter l'appartement le soir venu mais elle abandonna bien vite cette idée. Premièrement parce qu'elle n'avait pas vraiment d'endroit où aller et, deuxièmement, car, bien que le reste de sa journée ne se soit pas aussi mal passé qu'elle ne l'avait tout d'abord envisagé, elle ne cessait de ruminer ses pensées et elle n'avait présentement envie que d'une chose : que Malefoy arrive et qu'il lui change les idées. Peut-être grâce à une nouvelle « soirée de dépravation » ?
Cependant, le blond n'ayant pas été très clair, Hermione ne savait pas s'il comptait juste passer en coup de vent pour constater qu'elle ne s'était pas remise « à faire déborder la Tamise » ou s'il planifiait de passer la soirée en sa compagnie. La jeune femme espérait secrètement qu'il opte pour la seconde option. Surtout que, depuis qu'elle s'était installée dans le salon, son propre exemplaire de « L'Histoire de Poudlard » ouvert sur les genoux, une idée venait de germer dans son esprit.
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Il semblait à Drago que tout, depuis le matin, allait de mal en pis. Déjà, il y avait eu « l'épreuve » que c'était imposée Granger et qui, finalement, c'était révélée être presque autant difficile pour lui que pour elle. La voir aussi mal lui avait miné le moral et toutes les émotions qu'il avait ressenties l'avaient vidé de son énergie. Ensuite, il y avait eu l'interruption intempestive de son fils et de Narcissa. Détestant les surprises, surtout les mauvaises, Drago avait tenté le plus possible de prendre sur lui pour ne pas exploser en constatant la désobéissance de Scorpius. Il avait pensé, en raccompagnant la Gryffondor chez elle, que ce laps de temps lui permettrait de se calmer légèrement. Manque de chance, l'attitude immature qu'avait eu la jeune femme à son égard lui avait remis les nerfs en pelote.
C'était donc très remonté qu'il passa le pas de la porte du Manoir. Dans le salon, le temps semblait s'être figé durant son absence et il retrouva les deux personnes qu'il chérissait le plus au monde aux mêmes endroits que lorsqu'il les avait quittés.
Ses yeux perçants tombèrent sur son fils qui baissa immédiatement la tête, comprenant qu'il allait en prendre pour son grade. Toutefois, avant de lui passer le savon de sa vie, Drago lança un regard dérobé à sa mère. Il appréhendait sa réaction maintenant qu'elle venait de placer un visage sur « la mystérieuse personne pour laquelle il lui demandait sans cesse de garder Scorpius ». Ses yeux gris rencontrèrent les prunelles bleues de Narcissa et il sentit imperceptiblement le rouge lui monter aux joues.
« Bordel, Drago, ressaisis-toi ! » s'admonesta le blond en se giflant mentalement pour laisser si facilement paraître ses émotions.
Ses craintes s'évaporèrent légèrement lorsqu'il constata que le sort qu'il réservait à Scorpius semblait occuper les pensées de sa mère bien plus que le fait qu'il puisse entretenir une quelconque relation avec Hermione Granger. Narcissa le supplia du regard de ne pas être trop sévère avec Scorpius avant de s'effacer pour le laisser exercer son rôle de père.
Lentement, Drago se retourna vers son fils et alla se poster juste devant lui. Ce dernier n'avait pas bougé d'un pouce et le Serpentard savait qu'il redoutait ce qui allait se passer.
- Regarde-moi, lui intima Drago d'une voix sèche.
Le gamin releva timidement la tête.
- Scorpius Hyperion Malefoy, ce que je vais te dire, je ne le dirai qu'une seule et unique fois. J'espère donc que tes oreilles d'enfant désobéissant sont grandes ouvertes.
L'intéressé hocha lentement la tête, un air passablement effrayé sur le visage.
- Oui, Papa, je... je t'écoute, bégaya-t-il.
- Bien. Première chose, je ne veux plus jamais que tu me désobéisses de cette façon. Je t'avais demandé de rester chez Narcissa. Quand je te demande de faire quelque chose tu le fais, est-ce que c'est clair ?!
- Oui.
- Deuxièmement, tu m'as rendu honteux de ton comportement puéril en accusant Granger. Et je ne supporterais pas que mon fils me fasse honte, tu m'entends ?! le sermonna Drago d'une voix qu'il tentait le plus possible de maîtriser pour ne pas hurler.
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Scorpius avait une furieuse envie de faire remarquer à son père que lui-même n'était certainement pas en reste en matière d'accusations infondées et autres attitudes puériles mais il préféra se retenir de faire le moindre commentaire. Après tout, il ne l'avait pas vu si énervé depuis qu'il avait pénétré dans sa chambre sans son consentement, deux ans plus tôt, alors qu'ils se trouvaient en France, et il se sentait un peu honteux. Se faire réprimander par son père pour désobéissance n'était absolument pas digne d'un enfant de onze ans qui allait faire sa rentrée à Poudlard dans moins d'un mois.
- Et troisièmement, continua Drago sans le lâcher du regard, tu vas rester chez Narcissa jusqu'à la fin du week-end. Dimanche soir, si je suis disposé à te pardonner, je viendrais te chercher. Sinon, tu y resteras jusqu'à nouvel ordre.
Cette fois-ci, Scorpius ne put se retenir de prendre la parole.
- Mais Papa ! Je suis désolé ! Tu dois me pardonner !
Drago leva un sourcil interrogateur et l'enfant sentit qu'il allait, une nouvelle fois, passer un sale quart d'heure.
- Je dois ? répéta Drago d'une voix sarcastique. Alors en plus de me désobéir tu prétends m'imposer une ligne de conduite ?!
- Je... non ! Non, non, je ne veux juste pas que tu sois fâché contre moi ! s'exclama vivement l'enfant, scandalisé par le tournant que prenait la conversation.
- Oui et bien, pour ta gouverne, mon fils, il fallait réfléchir avant aux conséquences de tes actes. Sache que je ne suis pas seulement fâché contre toi, je suis aussi extrêmement déçu.
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Drago savait parfaitement qu'il appuyait là où ça faisait mal et que son fils n'avait jamais pu penser une seule seconde que revenir chercher son bouquin aurait tant de répercussions mais il avait été atteint dans sa fierté en constatant que l'enfant lui avait désobéit. Même si sa réaction était très certainement exagérée - et n'aurait pas manqué de faire bondir Granger - il devait avouer que passer ses nerfs sur Scorpius lui faisait du bien. Il n'aurait certainement pas la palme du « Père de l'année » mais, après tout, il n'avait jamais prétendu pouvoir concourir dans cette catégorie.
A peine avait-il fait part de sa déception que les yeux de Scorpius s'embuèrent. Drago savait que son fils faisait tout son possible pour le rendre fier et que ses paroles devaient lui briser le cœur mais il savait aussi que son fils avait une grande force mentale et qu'il ne se mettrait pas à pleurer comme un enfant de cinq ans devant lui. Comme pour lui donner raison, le gamin leva un regard de défi vers lui et demanda d'une voix qu'il tenta de rendre assurée :
- Puis-je aller préparer mes affaires pour me rendre chez Grand-mère ?
- Tu le peux, accorda Drago.
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Son fils passa en coup de vent devant lui et se dirigea vers l'escalier de marbre. Il prit lui-même la direction de la cuisine dans l'intention de demander à Narcissa si cela ne la dérangerait pas de garder le gamin le week-end entier. Il allait quitter la pièce quand ce dernier l'interpella :
- Papa ?
Drago se retourna, surpris qu'il ne se soit pas déjà réfugié dans sa chambre. Il fit quelques pas vers le milieu de la pièce pour avoir son fils en ligne de mire.
- Quoi ? lui demanda-t-il.
- Est-ce que Miss Granger est ta petite copine ?
Drago manqua de s'étouffer avec sa propre salive et ne put retenir un toussotement.
- Pardon ?!
- Visiblement, ce n'est pas le cas... soupira le gamin, déçu. C'est dommage, elle a l'air gentille, elle...
Devant l'affront de son fils, Drago resta de nouveau sans voix et s'apprêtait à faire une démonstration de son « autorité parentale » quand le gamin le prit de court.
- J'espère qu'elle reviendra. Enfin, pour cela, il faudrait déjà que ton sale caractère ne la fasse pas fuir, lâcha le gamin en montant prestement les dernières marches sans attendre son reste.
Drago, resté interdit au milieu du salon, se passa une main sur le visage et soupira longuement. Cette journée devenait aussi agréable qu'une promenade dans le jardin avec Voldemort.
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Il ne monta même pas pour enguirlander son fils et préféra aller voir sa mère.
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- J'espère que tu n'as pas été trop dur avec lui, s'enquit Narcissa, alors qu'il s'asseyait à la table. Après tout, c'est en partie ma faute. S'il n'avait pas échappé à ma surveillance...
- T'en fait pas, il s'est empressé de me faire payer mon autorité... lui apprit-il dans un soupir.
Narcissa leva un regard interrogateur devant la mine déconfite de son fils et son ton désabusé.
- Depuis quand est-il devenu un gamin aussi irrespectueux et insolent ?! s'exclama Drago en se prenant la tête dans les mains.
- C'est l'âge, je suppose, répondit Narcissa avec prudence.
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Elle aurait aimé dire à Drago qu'il avait été le même enfant irrespectueux et insolent au même âge mais elle savait que son fils n'acceptait aucune critique et, d'après ce qu'elle avait compris, il avait déjà eu son compte en la matière.
Elle se contenta donc d'attendre en silence que son fils reprenne la parole. Cependant, il semblait muré dans ses pensées et Narcissa ne peina pas à en comprendre la cause. Après tout, elle n'était pas sa mère pour rien. Décidant de ne pas laisser la gêne subsister plus longtemps, elle se lança.
- Je suis heureuse que tu sois parvenu à prouver ton innocence et à déposer les armes avec Miss Granger, dit-elle d'une voix douce.
Il lui sembla que le teint d'albâtre de Drago prit soudainement une teinte légèrement plus soutenue et il resta si longtemps silencieux qu'elle n'attendait plus aucune réponse lorsqu'il reprit finalement la parole :
- Moi aussi.
Sa voix n'était qu'un souffle et Narcissa pu percevoir toute la sincérité de son propos et en fut émue.
- Si tu es parvenu à la convaincre, je ne doute pas que tu parviendras à démontrer à quiconque que tu es un homme irréprochable, lui assura-t-elle.
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Drago se garda bien de lui dire que c'était surtout l'avis de la Gryffondor qui lui importait et se contenta de lui adresser un sourire timide.
- Mère ?
- Oui ?
- Cela te dérangerait de garder Scorpius chez toi, pour le reste du week-end ? demanda Drago d'une voix mal assurée.
- Tu as quelque chose de prévu avec Miss Granger ? s'enquit Narcissa, visiblement curieuse.
Sa question perturba grandement Drago qui resta muet. Silence qu'interpréta immanquablement sa mère.
- Excuse-moi, Drago, c'était très indiscret de ma part, s'excusa la blonde. Je n'ai évidemment pas mon mot à dire sur la façon dont tu vis ta vie ni sur tes fréquentations...
- Non, Mère, la reprit Drago. Ça n'a rien à voir avec Granger. J'ai juste dit à Scorpius qu'il irait chez toi jusqu'à ce que je lui pardonne son comportement immature, expliqua-t-il.
- Je vois. Tu sais que l'envoyer chez moi n'est clairement pas une punition pour lui ? rit Narcissa.
- Oui, je le sais, mais je ne veux juste pas l'avoir dans les pattes pendant au moins vingt-quatre heures. Surtout après ce qui vient de se passer... grimaça Drago en se remémorant la façon dont son fils lui avait tenu tête quelques minutes auparavant.
- Très bien, accepta sa mère.
- Encore une fois, je m'excuse...
- Je te l'ai déjà dit, Drago, cela ne me dérange pas.
- Mais je sais qu'il peut être fatiguant parfois.
- Oui, ce n'est pas faux, acquiesça-t-elle en partant d'un petit rire.
- Je ne veux pas qu'il t'épuise, Mère, surtout avec... commença le blond.
- Drago, j'ai dit que ça allait, le coupa-t-elle d'une voix sèche.
Le Serpentard capitula et la raccompagna jusqu'au salon.
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Lorsqu'ils y parvinrent, Scorpius était assis sur l'un des fauteuils et lisait un livre. Il n'accorda aucun regard à son père tandis qu'il partait avec sa grand-mère pour la fin du week-end et Drago ne fit aucun pas vers lui non plus.
Il savait que Scorpius avait hérité d'une partie de son mauvais caractère - en l'occurrence de son entêtement - et si l'enfant avait décidé de ne plus lui adresser la parole, cela pouvait durer un moment. Alors Drago se promit, une fois que leurs deux esprits échauffés se seraient calmés, de tenter de faire un pas vers l'enfant.
En attendant, il avait terriblement besoin de se défouler et envoya de ce pas un hibou à Blaise pour lui proposer une séance de Quidditch intensive.
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Ils passèrent près de cinq heures ensemble, alternant entre acrobaties sur leur balai et chronométrage du temps que Drago mettait pour attraper le Vif d'or et, lorsque ce dernier rentra enfin chez lui, son agacement du matin lui semblait bien loin.
Il prit une longue douche avant de mettre des vêtements propres et de prendre la direction de sa cheminée. Il était dix-huit heures quarante-cinq et cela semblait être une heure raisonnable pour se rendre chez la Gryffondor. Peu avant de partir, Drago repensa à ses paroles du matin même et il se demanda si cette tête de mule irait jusqu'à mettre ses menaces à exécutions.
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Ses doutes furent rapidement balayés lorsqu'en se matérialisant chez elle, il vit la jeune femme assise sur son canapé. Son regard était rivé sur lui et Drago comprit qu'elle l'attendait.
Et voilà... la rencontre tant attendue a (enfin) eu lieu ! J'espère que vous n'avez pas été déçu et que cela a été une bonne surprise ! :)
On voit, par ailleurs, que le retour d'Hermione au Manoir Malefoy ne semble pas avoir été une mauvaise idée. Même si elle est encore un peu secouée, on peut penser qu'elle en ressortira plus forte. Notons, au passage, la « dispute » de nos deux protagonistes à propos de l'éducation des enfants. ^^
Comme toujours, j'attends avec beaucoup d'impatience vos retours sur le comportement d'Hermione, la rencontre avec Scorpius, l'attitude de Drago ainsi que vos théories pour la suite...
Plein de bisous et à mercredi pour le chapitre 20 ! :)
Chalusse
