Bonjour à tou(te)s !

Tout d'abord et comme toujours : des milliers de milliards de mercis à l'ensemble de mes revieweurs/euses ! Vous êtes au top, merci à vous ! :)

Sinon, voici un chapitre que vous attendiez, je pense, avec une certaine impatience... notamment afin de découvrir comment va se dérouler la rencontre entre nos Serpentard (Pansy et Blaise) et notre petite Hermione... Drago va-t-il prendre son parti ? Ou bien se rallier à ses camarades de maison ? Y-aura-t-il altercation ? Suspens, suspens !

.

RàR anonyme :

Titis : C'est vrai qu'en comparaison du 21e, le chapitre précédent était bien plus calme. Je suis donc ravie s'il a fait du bien à tes nerfs ;). Pour autant, il semblerait bien que celui-ci soit « un trop peu plus moins calme » (Jugeons, s'il-vous-plaît, de la qualité de mes références !)… Ou pas, nous verrons bien ! ^^

Tu penses que Drago prendrait la défense d'Hermione si toutefois elle en avait besoin ? C'est vrai qu'il a clairement dit qu'il remettrait Pansy à sa place en cas de nécessité mais le fera(it)-t-il vraiment ? Je pense également que, s'il le faisait, cela ferait plaisir à Hermione de se sentir épaulée mais ne mettons pas le carrosse avant les Sombrals à propos d'une affection réciproque et voyons déjà comment va se dérouler cette soirée ;).

Je te remercie mille fois pour ta nouvelle review, ma chère Titis ! J'espère que tu apprécieras ce nouveau chapitre ! Bisous :).

.

Voilà ! Je vous souhaite une très bonne lecture et à tout à l'heure pour la note de fin de chapitre !

Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


Chapitre 23 : Sang-Pur contre Sang chaud

La boîte de nuit était littéralement bondée et Hermione restait précautionneusement dans le sillon que Malefoy créait si bien qu'elle était tout simplement invisible derrière lui.

La musique était assourdissante mais cela n'empêchait absolument pas son cerveau de tourner à plein régime. Elle avait beau avoir prétendu le contraire au Serpentard, elle n'était absolument pas rassurée. Non qu'elle ait « peur » de Pansy Parkinson mais elle savait que la brune était instable. Enfin, elle l'était à Poudlard mais Hermione doutait sincèrement que son comportement ne se soit positivement amélioré. De même, elle ne doutait pas de ses propres capacités pour la remettre à sa place à la moindre remarque que la Serpentard lui ferait mais Hermione était tout de même assez perturbée. Elle avait imaginé que sa soirée ne se déroulerait qu'avec Malefoy et y ajouter ses deux amis rebutait grandement la Gryffondor.

Cependant deux choses la poussèrent à ne pas rentrer directement chez elle. Déjà, elle n'avait certainement pas l'intention de passer pour une froussarde et, ensuite, elle était tout de même très curieuse de voir la réaction qu'auraient les deux amis de Malefoy lorsqu'ils constateraient qu'elle était son « rendez-vous ». Et, encore plus que tout le reste, elle attendait avec impatience les explications que Malefoy fournirait. Parce qu'aussi loin qu'Hermione pouvait se souvenir, Pansy avait toujours eu un faible pour le beau blond et elle ne doutait pas un seul instant que sa présence, en tant que femme à son bras, ne plairait que très moyennement à la Serpentard. Enfin… encore faudrait-il que l'attention qu'elle lui portait il y a plus de douze ans soit toujours d'actualité... Hermione espérait que Merlin serait de son côté durant la soirée.

.

Ils arrivèrent assez rapidement à proximité de plusieurs tables autour desquels des banquettes étaient disposées et les battements du cœur d'Hermione s'accéléreraient sensiblement. Ils avançaient toujours l'un derrière l'autre et la jeune femme sentit la main de Malefoy frôler la sienne avant de s'en emparer. Il y exerça une légère pression, rassurante et la jeune femme en resta totalement pantoise. Depuis quand Malefoy se montrait-il avenant ?

Il la relâcha toutefois assez rapidement et Hermione comprit qu'ils arrivaient en vue de la table de ses deux amis. Aussi courageuse qu'une Serpentard, elle resta cachée derrière la large carrure de Malefoy.

Après tout, elle accompagnait le blond et c'était lui qui lui avait demandé de venir avec elle. Elle n'avait pas à se cacher. S'il n'avait pas souhaité qu'ils soient vus ensemble, il ne l'aurait tout simplement pas invitée. Et elle même s'en fichait comme de l'an quarante d'être aperçue en compagnie de Drago Malefoy. Elle assumait absolument ses fréquentations.

Hermione songea également que Parkinson serait d'autant plus choquée si elle la voyait débarquer avec assurance au bras de Malefoy et un petit sourire malicieux prit place sur ses lèvres. Elle avait parfaitement conscience que son comportement relevait plutôt de celui d'une adolescente Serpentard que de celui d'une Gryffondor de trente ans mais... elle n'était plus à cela près !

Sans attendre, Hermione fit alors un pas de côté et marcha au niveau de Malefoy. Ce dernier tourna légèrement les yeux vers elle et elle se redressa de toute sa hauteur, la tête bien droite avant d'afficher son regard le plus antipathique et glacial. Elle avait, à présent, hâte d'arriver à destination.

.

Elle les repéra d'assez loin. Zabini arborait un sourire jovial et avenant tandis qu'il parlait en faisant de grands gestes à une Pansy Parkinson qui semblait ne pas avoir pris une ride. Même si elle était à une dizaine de mètres, Hermione remarqua immédiatement qu'elle avait eu recours à de la chirurgie magique. Son visage semblait aussi lisse que celui d'une jeune fille de dix-sept ans. Hermione leva instinctivement les yeux au ciel. Elle ne comprenait tout simplement pas que l'on puisse avoir recours à ce genre de pratiques qui, au lieu d'embellir, rendaient plus ridicule qu'autre chose.

Toutefois, Hermione était ravie, elle aurait au moins de la matière pour attaquer la Serpentard si cette dernière s'en prenait à elle d'une quelconque façon.

.

Ils continuèrent de s'approcher et le cœur d'Hermione s'accéléra à nouveau lorsqu'elle vit Parkinson lever le regard de son verre pour le poser sur Malefoy.

- Dray ! Tu es venu ! s'exclama-t-elle en se levant avant de lui sauter dans les bras.

Bon... au moins, Hermione était fixée : Parkinson était toujours amourachée de Malefoy...

« Merci Merlin » pensa-t-elle alors qu'un petit sourire satisfait prenait place sur ses lèvres.

- Pansy, je t'avais dit que je venais, répondit le blond en la repoussant légèrement.

- Oui je sais mais...

Sa phrase resta en suspens lorsqu'elle remarqua qu'il n'était pas venu seul. Ses yeux voyagèrent de Malefoy jusqu'à Hermione et inversement, durant de longues secondes. Finalement, son regard perçant se posa sur la Gryffondor et un sourire hypocrite se forma sur sa bouche pulpeuse et barbouillée de rouge.

- Dray, tu es venu accompagné ! Pansy Parkinson, se présenta-t-elle en tendant une main à Hermione qui pouffa intérieurement.

Elle ne s'était absolument pas attendue à ce qu'elle ne la reconnaisse pas. Voyant là un moyen de marquer le premier point de la soirée, Hermione joua le jeu. Un sourire tout aussi sincère étira ses lèvres pendant qu'elle serrait la main de la brune.

- Hermione Granger, se présenta-t-elle. Ravie de te revoir, Parkinson.

L'intéressée perdit instantanément son sourire et sa bouche s'entrebâilla légèrement. Elle leva un regard d'incompréhension vers son meilleur ami. Ses yeux étaient aussi ronds que des billes et sa bouche s'ouvrait et se refermait par intermittence. Cela lui donnait l'air d'une carpe et Hermione se pinça pour ne pas exploser de rire. Malefoy, près d'elle, n'eut pas autant de retenue et la Gryffondor l'entendit émettre un petit ricanement. Voyant que personne ne disait plus rien, Hermione décida de jouer la carte de la provocation jusqu'au bout et s'avança avant de contourner Parkinson.

Ses yeux se posèrent sur l'homme qui était toujours assis sur la banquette mais qui n'avait, de toute évidence, rien manqué de ce qu'il venait de se produire et elle lui tendit la main.

- Bonjour, Zabini.

Elle le vit arquer un sourcil mais il se reprit rapidement avant de se lever et de lui serrer la main.

- Granger, la salua-t-il à son tour.

Il semblait aussi étonné de la voir ici que son amie mais Hermione voyait que toute cette situation l'intéressait grandement. Comme si elle était subitement devenue l'attraction de la soirée et qu'il attendait impatiemment de voir la tournure que prendraient les événements.

Hermione se retourna et ses yeux croisèrent ceux de Malefoy. Elle comprit qu'il ne l'avait pas lâchée de vue et, devant l'intensité de son regard, la jeune femme se détourna.

Lentement, elle vit la brune pivoter dans sa direction et lui lancer un regard dégoûté auquel la Gryffondor fut enchantée de répondre par un petit sourire narquois. Parkinson enrageait sur place et semblait prête à lui sauter au cou. Hermione n'osait même pas imaginer ce qu'elle ferait si elle apprenait qu'elle avait couché avec son Drago ?

En pensant à Malefoy, il semblait être lassé de se tenir debout et amorça un mouvement en avant pour aller prendre place sur la banquette. Hermione faisait également un pas dans sa direction, avec l'intention de s'asseoir près de lui, lorsque Parkinson anticipa son geste et se jeta littéralement devant elle pour lui dérober sa place. Agacée par son comportement puéril, Hermione leva les yeux au ciel avant d'aller s'asseoir de l'autre côté, près de Zabini.

Ce dernier ne fit aucun commentaire. Un silence gênant s'installa entre eux, bientôt brisé par le noir lui-même :

- Bon, qui veut quoi ? C'est ma tournée.

- La même chose, marmonna Parkinson en désignant le verre qu'elle serrait compulsivement dans sa main, d'un mouvement du menton.

Hermione ne doutait pas un instant qu'elle eut espéré que ce verre fut son propre cou. Constater l'effet que son arrivée avait provoqué chez la brune la ravit presque autant que si on lui avait annoncé qu'une nouvelle édition de « L'Histoire de Poudlard » allait être commercialisée.

- Deux Pur Feu, annonça Malefoy après lui avoir jeté un regard.

Évidemment, Pansy n'avait absolument rien manqué de cet échange et elle s'empressa de placer un petit commentaire méprisant.

- Granger, un Pur Feu ?! fit-elle en haussant exagérément ses sourcils parfaitement épilés tandis qu'un léger ricanement s'échappait de ses lèvres.

- Oui, répondit calmement Malefoy. Tu serais étonnée de voir ce qu'elle peut avaler...

Hermione vit les sourcils de la Serpentard se froncer brutalement et elle tourna lentement la tête vers son ami. Soudain, Hermione comprit le sous-entendu et rougit jusqu'à la racine des cheveux. Bien entendu, elle n'avait jamais fait ce que le blond sous entendait qu'elle avait fait mais aucun d'entre eux n'ajouta de précision et un nouveau silence tomba sur la petite assemblée. Parkinson semblait au bord de la crise de nerfs, Zabini regardait Hermione comme s'il était impressionné et Malefoy avait apparemment l'air très satisfait de lui-même.

Elle entendit le noir lâcher un petit rire avant de briser la glace une nouvelle fois.

- Eh bien, d'accord. Pansy, tu m'accompagnes ?

- Non. Granger n'a qu'à le faire.

Hermione vit que Malefoy s'apprêtait à faire un commentaire mais elle décida de désamorcer le conflit.

- Laisse. Je vais y aller avec toi, Zabini, ajouta-t-elle à l'attention de son voisin de table.

- Blaise. Appelle moi Blaise, signifia-t-il en lui souriant.

Hermione n'y voyait là aucune arrière-pensée et lui retourna son sourire avant de lui demander d'en faire de même avec elle.

- Bien, Hermione et moi allons chercher tout ce qu'il faut dans ce cas, dit-il à l'adresse des deux autres.

La jeune femme avait pleinement conscience que, même après avoir couché ensemble, Malefoy et elle ne s'appelaient pas par leur prénom respectif mais c'était différent avec lui.

.

Ce dernier lui lança d'ailleurs un regard indéchiffrable alors qu'elle se levait et elle lui adressa un léger sourire. Sourire auquel il répondit. Encore une fois, Hermione remarqua que Pansy n'en avait pas perdu une miette et, en partant en direction du bar avec Zabini, fit volontairement rouler ses hanches, sachant pertinemment que les regards des deux Serpentard étaient braqués sur elle.

.

Ils arrivèrent rapidement aux abords du bar où Blaise passa commande. Tous les deux patientèrent en silence jusqu'à ce qu'il se tourne vers elle, un sourire énigmatique aux lèvres.

- Eh bien, Hermione, je dois avouer que je suis surpris de te voir ici.

A vrai dire, Hermione aurait bien aimé lui avouer qu'elle aussi mais elle jugea préférable de se taire. Elle lui sourit très légèrement mais le noir, qui s'avérait aussi curieux que sa camarde de maison, ne sembla pas s'en contenter.

- Alors toi et Drago... commença-t-il en lui adressant un regard lourd de sous-entendus.

Hermione fit appelle à tout son sang-froid pour s'empêcher de rougir et préféra le couper avant qu'il ne termine sa phrase.

- Sommes amis. Enfin... en quelques sortes, ajouta-t-elle après une seconde de réflexion.

Après tout, on ne pouvait pas réellement qualifier leur relation d'amitié et ce, qu'ils aient couché ensemble ou non.

- En quelques sortes, hein ? reprit Zabini, alors que ses lèvres s'étiraient en un sourire pervers.

Bien entendu, la Gryffondor comprit immédiatement l'insinuation sexuelle et elle ne parvint pas à empêcher ses joues de prendre une teinte légèrement rosée.

Il eut la courtoisie de ne pas la mettre davantage dans l'embarras mais Hermione savait pertinemment qu'elle venait, contre son gré, de lui avouer qu'il s'était passé quelque chose entre eux. La jeune femme s'attendit à une avalanche de moqueries ou bien encore à une leçon de morale, mais il n'en fit absolument rien et n'aborda plus le sujet. La jeune femme en fut assez surprise et se dit que, finalement, les Serpentard n'étaient peut-être pas tous aussi insupportables que Malefoy ou Parkinson.

Ils récupérèrent leurs boissons et repartirent en direction de leur table. Avant qu'ils n'arrivent, Blaise se rapprocha d'elle et lui murmura à l'oreille :

- Ne fais pas attention à ce que Pansy peut dire.

Il lui adressa un clin d'œil complice et Hermione lui fit un grand sourire. Cette soirée n'était peut-être finalement pas condamnée à se dérouler aussi mal qu'elle l'avait tout d'abord envisagé.

.

Enfin... elle révisa rapidement son jugement. Alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques mètres de leur table, Hermione avisa Parkinson et Malefoy blottis dans les bras l'un de l'autre. Enfin, dire qu'ils étaient blottis était un peu exagéré puisque Malefoy avait uniquement posé un bras sur la banquette derrière Parkinson et que c'était plutôt elle qui semblait s'être réfugiée contre lui. Une main parfaitement manucurée était positionnée bien en évidence et de façon possessive sur le torse du blond pendant que sa tête reposait au creux de son cou.

Hermione sentit instantanément son sang se glacer dans ses veines avant qu'une intense chaleur ne s'empare d'elle et lui donne l'impression de bouillir de l'intérieur. La sensation était très étrange mais elle ne s'attarda pas dessus. Tout ce qu'elle savait c'était qu'elle avait envie d'attraper la Serpentard par les cheveux et de la tirer jusqu'à l'extérieur de la discothèque avant de la gifler.

Cela manqua d'ailleurs de peu d'arriver lorsqu'en les voyant arriver vers eux, Malefoy et elle levèrent la tête vers eux et qu'Hermione distingua parfaitement le petit regard supérieur de Parkinson avant qu'elle se mette à balader sa main sur la chemise du blond. Ne voulant pas paraître aussi immature que sa rivale, la jeune femme se contenta de détourner le regard avant de s'asseoir à sa place et de déposer leur consommation sur la table. Mais ce n'était absolument pas l'envie d'arracher la tête de la brune qui lui manquait...

Zabini s'assit à son tour et déposa le reste des boissons avant de les distribuer à leur propriétaire respectif. Une fois devant son Whisky Pur Feu, Hermione n'attendit pas et en avala une grande partie cul sec. Malheureusement pour elle, la brûlure qui accompagnait l'ingestion de la boisson lui fouetta encore plus les sangs et un pic de violence afflua en elle. Elle tenta de se calmer en serrant compulsivement son verre entre ses mains et évita de regarder partout sauf droit devant elle.

Personne ne parlait, chacun se contentant de sombrer lentement dans un état second. Soudain, Hermione entendit la voix désagréable de Parkinson s'élever et elle grinça des dents.

- Et si on allait danser, Dray ? minauda-t-elle à l'adresse de Malefoy.

- Tu sais que je n'aime pas ça Pansy.

- Oh mais s'il-te-plaît, Drago ! On est en boite de nuit ! S'il-te-plaît ! le pressa-t-elle en papillonnant des yeux devant lui.

Hermione se retint difficilement de vomir. Cette fille n'avait définitivement aucun amour propre... Elle pensa que son comportement d'adolescente hormonalement détraquée allait faire fuir le Serpentard plus qu'autre chose et sa mâchoire manqua de se décrocher lorsqu'elle l'entendit accéder à sa requête. Elle vit la brune lever un regard triomphant vers elle et Hermione se recomposa instantanément un masque d'indifférence.

Elle posa un regard glacial sur Malefoy lorsqu'il emmena son amie danser mais il ne lui accorda aucune attention. La jeune femme fulminait littéralement. Pourquoi lui avait-il demandé de venir si c'était pour la laisser pour compte ?! Non pas qu'elle eût envie de danser avec lui mais tout de même...

Le silence s'abattit de nouveau sur la table mais Hermione n'en avait cure. Elle pouvait observer, légèrement plus loin, les deux Serpentard danser – enfin danser était un bien grand mot – et fut prise d'un nouveau haut-le-cœur. Parkinson se frottait d'une manière si obscène contre le corps de Malefoy qu'elle se demandait bien comment personne n'avait encore pu leur demander de quitter l'établissement pour outrage à la pudeur !

Elle entendit vaguement Zabini lui demander si elle souhaitait danser et lui fit signe que non. Il haussa les épaules avant de partir en direction de la piste de danse, certainement pour se chercher une cavalière et Hermione resta seule avec son verre.

Des hommes vinrent plusieurs fois lui demander de leur accorder une danse mais elle se contenta de les congédier d'un mouvement de la main. Elle avait arrêté de regarder Malefoy et sa « carpe » danser et se contentait à présent de siroter son verre, en observant les détails particulièrement inintéressants de la table.

.

Elle prit vaguement conscience, une dizaine de minutes plus tard, que quelqu'un venait de prendre place en face d'elle mais garda la tête résolument baissée. Il s'agissait très certainement d'un nouveau soupirant et Hermione préféra patienter en silence avant de le repousser comme tous les autres, une fois qu'il lui aurait demandé « une danse ». Toutefois, la personne en face ne pipait mot et Hermione releva immédiatement la tête en constatant que l'homme - puisque la main qui venait d'entrer dans son champ de vision ne pouvait décemment pas être celle d'une femme - se saisissait de l'un des verres d'alcool sur la table.

Elle fut surprise de constater qu'il s'agissait de Malefoy. Il haussa un sourcil d'incompréhension devant le regard, instinctivement noir, qu'elle lui lança et Hermione sentit un pic de rage s'emparer à nouveau d'elle. Comme s'il ne savait pas pourquoi elle était en colère contre lui ?!

Elle souffla d'agacement et elle le vit de plus en plus perdu. L'alcool avait déjà fait son petit chemin dans son corps et Hermione avait de plus en plus de difficultés à ne pas répondre instinctivement à ses pulsions. Elle se leva brutalement avant de s'approcher du Serpentard, qui était de toute évidence confus face à ses réactions. Elle le sentit se tendre alors qu'elle approchait son visage du sien. Il ne bougeait plus du tout et Hermione prit un plaisir sadique à s'approcher de lui le plus lentement possible.

Elle était seulement à quelques petits centimètres de sa bouche lorsqu'elle dévia brusquement vers son oreille.

- Les toilettes des hommes. Dans cinq minutes.

.

Alors qu'elle patientait, Hermione se sentit la plus idiote du monde et eut envie de se noyer dans la cuvette des toilettes. Non mais qu'est-ce qui lui avait pris ?! Elle devenait véritablement instable...

Elle n'avait même pas attendu la réponse du Serpentard avant de partir à la recherche des toilettes ! Parce qu'il n'y avait absolument aucun moyen pour que Drago Malefoy consente à la retrouver elle, Hermione Granger, dans les toilettes d'une boîte de nuit ! Et puis, d'ailleurs, pourquoi voulait-elle le faire venir ici ?

La Gryffondor n'était pas tout à fait certaine de la réponse à cette question. Tout ce qu'elle savait c'était qu'elle avait voulu éloigner le Serpentard de toutes les oreilles indiscrètes et qu'elle avait une furieuse envie de lui passer un savon.

Un bruit de porte se fit entendre, suivi de quelques pas et Hermione retint sa respiration. Les pas se rapprochaient immanquablement de sa cabine et la jeune femme vit rapidement deux Richelieu noires apparaître dans l'interstice entre le panneau et le sol.

- Granger ? l'appela une voix qu'elle reconnut aussitôt.

« Oh bordel ! »

Hermione se sentit perdre absolument tous ses moyens et ferma les yeux quelques secondes. Il ne fallait pas qu'elle perde la face devant lui. Surtout après l'assurance dont elle avait fait preuve. Mais elle ne s'était tellement pas attendue à ce qu'il vienne...

Elle respira lentement, se composa un masque d'impassibilité et de froideur digne de Drago Malefoy lui-même – le souvenir d'une Parkinson caressant lascivement le torse du Serpentard aida grandement – et ouvrit la porte.

Malefoy avait froncé les sourcils, signe qu'il était impatient de découvrir pourquoi elle l'avait fait venir ici. L'alcool mêlé aux images incessantes de la « danse » qu'il avait partagée avec sa « carpe » conditionnèrent automatiquement la Gryffondor et, comme souvent en sa compagnie, elle laissa son corps dicter sa conduite.

Elle se vit attraper la manche du Serpentard avant de le tirer sans ménagement vers elle. Surpris, il n'opposa aucune résistance et Hermione referma la porte derrière lui avant de plaquer ses lèvres sur les siennes avec force. Une seconde passa puis il commença à répondre à son baiser. La jeune femme le poussa franchement contre la porte et, tout en continuant de l'embrasser, le débarrassa de sa veste. Lui avait placé une main dans ses cheveux pendant que l'autre caressait délicieusement le bas de son dos.

Hermione essaya de garder la tête froide mais ses caresses étaient comme une drogue et elle se sentait doucement succomber. Pour une fois, son esprit reprit le dessus et elle se gifla mentalement pour se reprendre. La veste de costume de Malefoy alla s'écraser au sol et Hermione le sentit lâcher ses lèvres avant de se diriger vers son cou.

Il lui fallut toute la retenue du monde pour ne pas perdre totalement pied et elle profita qu'il soit occupé à l'embrasser sur les lèvres pour remonter discrètement sa manche gauche. Aussitôt fait, elle apposa sans ménagement sa main sur la cicatrice du Serpentard et elle le sentit se tendre avant de se laisser complètement aller jusqu'à pousser un léger gémissement contre son cou. Elle commença à caresser lentement son avant-bras et il quitta son cou pour se rapprocher de son oreille, sans oublier de déposer au passage une kyrielle de petits baisers.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Sa voix n'était qu'un souffle, rempli de désir.

Pour toute réponse, Hermione tourna la tête jusqu'à ce que ses lèvres rencontrent celles du Serpentard. Elle lui donna le baiser le plus sulfureux qu'elle put et fut très satisfaite lorsqu'elle sentit l'une de ses mains attraper sa cuisse pour la remonter au niveau de sa hanche avant de la caresser. Elle délaissa ses lèvres pour s'approcher, à son tour, de son oreille.

- J'ai pris ma décision...

- Hum... ? fit-il tout en déposant un baiser dans son cou.

- Je suis d'accord pour recommencer.

Elle le sentit revenir vers ses lèvres et il l'embrassa langoureusement. Elle continua à passer distraitement ses doigts sur sa cicatrice et elle le sentit grogner légèrement contre sa bouche. Il se détacha d'elle et la regarda droit dans les yeux.

- J'ai envie de toi, Granger.

Hermione sourit.

Elle reprit le chemin de son oreille, l'embrassant à la commissure des lèvres, puis au niveau de sa mâchoire et murmura :

- Alors ne la touche plus...

Elle le sentit se raidir immédiatement à ses paroles. C'était quitte ou double pour Hermione mais il était bien trop tard pour faire demi-tour.

- Tu me veux, Malefoy ? Alors ne la touche plus.

- Mais... commença-t-il.

Elle lui plaqua un doigt sur la bouche pour le faire taire.

- Je ne passerais certainement pas après elle, ajouta Hermione en lui adressant un regard lourd de sens avant de laisser lentement retomber son bras le long de son corps.

- Et si je refuse ? demanda le Serpentard en arquant un sourcil, une lueur amusée au fond du regard.

- Tu veux vraiment le savoir, Malefoy ?

La voix d'Hermione était grave, emplie du désir qu'elle sentait toujours irriguer son corps.

- Tu me connais, Granger, je suis curieux, fit-il, joueur.

Hermione voyait parfaitement qu'il ne la croyait pas capable de faire la moindre chose et elle se sentit piquée dans son orgueil. Il voulait savoir ?! Eh bien il allait savoir.

Elle lui lança un regard de défi et ôta abruptement sa main de sa cicatrice. Elle vit son regard se voiler légèrement et se recula.

- Ramasse ta veste, Malefoy, lui dit-elle.

Il obéit, sans la lâcher des yeux. Son regard perçant en aurait intimidé plus d'un mais Hermione commençait à le connaître. Il attendait avec impatience son prochain mouvement. Mouvement qui ne tarda pas. Elle se rapprocha une nouvelle fois de lui et se détourna au dernier moment pour poser sa main sur la poignée de la porte avant de l'actionner. Le blond fut obligé de se dégager et la Gryffondor ne lui accorda plus aucune attention. Elle savait, de toute façon, qu'il la suivrait.

.

Elle sortit rapidement des toilettes pour hommes et balaya la salle du regard. Ses yeux se posèrent sur l'un des types qui l'avait abordée un peu plus tôt et elle s'approcha de lui d'un pas assuré. Une fois à la hauteur de sa table, elle ne s'embarrassa pas de civilités.

- C'est toi qui voulait danser avec moi tout à l'heure ? s'enquit-elle abruptement.

- Euh oui…

- Parfait. C'est ton jour de chance.

Et elle l'entraîna sans plus de cérémonies vers la piste de danse. Elle prit grand soin d'être en vue de son ancienne table et commença à se trémousser. L'homme qui dansait avec elle était beaucoup trop entreprenant à son goût mais elle ne le repoussa pas, bien au contraire. Alors qu'il la faisait pivoter sur elle-même pour se placer dans son dos, Hermione regarda en direction de sa table et fut ravie de constater que Malefoy ne la lâchait pas du regard et arborait un visage antipathique. Hermione n'arrêta pas de danser pour autant. Elle laissait son corps onduler au son de la musique et ne remarqua même pas lorsqu'une seconde personne vint coller son corps au sien. Son regard voyageait très régulièrement en direction du blond. Alors qu'elle tournait une nouvelle fois la tête dans sa direction, elle vit que Parkinson– une Parkinson qui semblait de plus en plus éméchée - s'approchait de lui en ondulant des hanches. Hermione arrêta alors de danser et observa la scène.

Elle vit la Serpentard tenter d'attirer Malefoy à elle en l'attrapant par la main et un petit sourire de satisfaction prit place sur ses lèvres lorsqu'il la repoussa. Pas découragée pour une Mornille, la brune revint à l'assaut. Hermione, qui ne distinguait que son dos, la voyait agiter les bras avec véhémence. Malefoy se leva d'un bon avant de transpercer des yeux son amie et de lui dire quelque chose dont Hermione ne perçut évidemment rien. Satisfaite de voir que le blond avait de toute évidence choisi son camp, la Gryffondor allait repartir en direction du bar, avec l'intention de commander un nouveau verre, lorsqu'elle l'aperçut venir dans sa direction.

Son regard intense la liquéfia sur place et elle sentit ses joues se colorer légèrement. Arrivée à sa hauteur, il repoussa sans ménagement l'homme qui « dansait » toujours contre elle et la vrilla de ses yeux gris. Hermione ne cilla pas une seule seconde et ils restèrent ainsi jusqu'à ce que les lèvres du Serpentard s'étirent en un sourire en coin. Il lui attrapa la main avant de l'attirer à lui. Hermione se retrouva plaquée contre son torse et son odeur enivrante lui fit perdre ses moyens. Il embrassa son cou et elle fondit.

Soudain, il s'écarta d'elle pour la faire pivoter sur elle-même avant de se placer dans son dos, tout comme son précédent « cavalier ». La jeune femme pouvait sentir le corps de Malefoy contre le sien et elle ferma les yeux. Lorsqu'elle les rouvrit, elle croisa le regard furibond de Parkinson qui était restée piquée devant leur table.

Hermione sentit un sourire victorieux naître sur sa bouche tandis qu'elle levait un sourcil à l'adresse de la brune. La Serpentard semblait à deux doigts de se mettre à piétiner le sol comme une gamine et le sourire d'Hermione s'élargit encore plus.

Elle se tendit toutefois instantanément en sentant le souffle chaud de Malefoy contre son cou. Il remonta jusqu'à son oreille, laissant ses lèvres glisser sensuellement sur sa peau sensible.

- Je n'ai jamais couché avec Parkinson, Granger, lui souffla-t-il. Très Serpentard ton petit ultimatum, d'ailleurs... ajouta-t-il.

Hermione resta interdite quelques secondes et tourna la tête jusqu'à rencontrer ses yeux d'acier. Il lui sourit malicieusement et la Gryffondor comprit qu'elle s'était bien faite avoir. Elle avait voulu le mettre au pied du mur mais s'était faite prendre à son propre jeu. Agacée contre elle-même, Hermione reporta son regard au loin et sentit le blond sourire contre son cou.

- Je ne couche ni avec Parkinson ni avec personne.

Une vague de soulagement déferla en Hermione. Non qu'elle ne souhaite particulière qu'ils soient exclusifs mais, comme elle lui avait dit, passer après quelqu'un ne l'intéressait absolument pas. Elle trouvait cela carrément écœurant en fait.

- Je ne couche qu'avec toi, Granger.

Hermione sentit un frisson la traverser à ses paroles. Un frisson de pur désir. Leur petite « aventure » dans les toilettes l'avait laissée beaucoup plus frustrée qu'elle ne l'avait d'abord pensé et elle se retourna dans les bras de Malefoy.

- Et si on rentrait...

Les yeux du blond étaient noirs de désir Hermione s'empressa d'ajouter :

- ... chez toi.

Cette fois-ci, elle vit une lueur d'étonnement – mêlée d'inquiétude ? – passer dans ses pupilles.

- Chez moi ? Au Manoir ?

- Oui. J'ai très envie de visiter ta « vraie » chambre... susurra-t-elle en faisant référence à la « fausse » de la Salle sur Demande.

- Hum... Encore faudrait-il que nous l'atteignions...

Hermione sentit son bras ventre se contracter délicieusement et elle protesta lorsqu'il s'écarta d'elle.

- Reste ici, je vais dire aux autres qu'on rentre. J'en ai pour trente secondes, assura-t-il avant de passer son doigt sur ses lèvres.

La Gryffondor en resta pétrifiée et se mordit violemment la lèvre.

Malefoy revint au bout de, très exactement, vingt-huit secondes et attrapa la main d'Hermione avant de l'entraîner vers la sortie.

.

Il ne la lâcha pas et, à peine eurent-ils fait trois pas dehors que Malefoy les fit transplaner. Ils atterrirent abruptement sur un parquet qui craqua quelque peu sous leur poids et, avant même d'ouvrir les yeux, Hermione sentit la bouche du Serpentard contre la sienne. Il la repoussa sans ménagement contre un pan de mur avant de placer ses bras de chaque côté de sa tête et de continuer à l'embrasser. La jeune femme se laissa envahir par les délicieuses sensations que lui provoquait le contact de leur langue et gémit faiblement.

Cela encouragea encore davantage Malefoy qui la décolla légèrement du mur avant de placer ses mains sur ses fesses. Hermione, surprise, sentit ses joues prendre une teinte légèrement plus soutenue et, avant qu'elle n'ait pu comprendre ce qui lui arrivait sentit son corps se soulever dans les airs. Comprenant ce que cherchait à faire le blond, elle encercla ses hanches de ses jambes alors qu'il l'appuyait de nouveau contre le mur froid. Il abandonna sa bouche pour embrasser, lécher, mordiller son cou et Hermione rejeta la tête en arrière en fermant les yeux. Son ventre se contractait de plus en plus et son souffle devenait erratique. La position dans laquelle Malefoy l'avait placée avait fait remonter le bas de sa robe – déjà très haut sur ses cuisses – et un nouveau gémissement s'échappa de ses lèvres lorsque le blond commença à caresser ces dernières. Sa main glacée allait et venait contre sa peau et lui procurait mille-et-un frisson. Elle agrippa sauvagement ses cheveux au moment où ses doigts glissaient de plus en plus haut et plongea dans son cou. Alors qu'elle traçait de larges sillons avec sa langue, ses mains se placèrent sur ses épaules et le débarrassèrent – une seconde fois – de sa veste. Elle lui mordilla légèrement le cou à l'endroit où il arborait toujours la trace résultant de leurs ébats de la veille et elle l'entendit grogner. Elle se recula alors, un sourire amusée aux lèvres.

La jeune femme le vit plisser les yeux avant de replonger sur ses lèvres. Hermione hoqueta lorsqu'elle sentit qu'une de ses mains s'aventurait – elle ne savait comment – jusqu'à l'intérieur de ses cuisses. Prise de frénésie, elle entreprit de le débarrasser de sa chemise le plus rapidement possible. Elle eut même l'impression d'en arracher quelques boutons au passage et son empressement fit sourire Malefoy.

Elle s'apprêtait à s'occuper plus longuement de son torse lorsque l'un des doigts du Serpentard passa innocemment contre sa petite culotte. Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent et un gémissement franchit ses lèvres avant même qu'elle ne s'en rende compte. Son bas ventre semblait prêt à exploser et elle dut fermer les yeux devant la violence de cette sensation.

Décidément, Malefoy avait un effet dévastateur sur elle.

.

Elle attendait avec impatience qu'il réitère son geste mais, contre tout attente, tout s'arrêta subitement. Le Serpentard la reposa par terre – ses jambes manquèrent d'ailleurs de se résorber sous son poids tant les dernières secondes l'avait laissée groggy – et s'écarta rapidement d'elle. Hébétée par ce soudain revirement de situation, Hermione chercha le mur de sa main droite afin de s'en servir d'appui et héla le Serpentard.

- Oui, Granger ? fit-il le plus innocemment du monde en se retournant vers elle.

- Qu'est-ce que tu fous ? lui demanda-t-elle vivement en lui adressant un regard noir.

- Ni plus ni moins que la même chose que toi i peine trente minutes : je te laisse en plan...

Comprenant qu'il faisait référence à l'épisode des toilettes publiques, Hermione fronça les sourcils.

- Tu n'es qu'un... qu'un... qu'un serpent, Malefoy ! cracha-t-elle.

Le blond éclata de rire. La vision d'un Malefoy hilare, debout au milieu de son salon, les cheveux ébouriffés et le torse dépourvu de tout vêtement, fit monter une intense chaleur en elle et Hermione prit une grande inspiration. Cet homme venait de se moquer ouvertement d'elle et elle n'allait certainement pas lui faire étalage de tout le désir qu'il lui inspirait.

- Un verre ? lui proposa-t-il, une fois son fou rire passé.

- Hum... grogna la jeune femme en se dirigeant de mauvaise grâce vers l'un des fauteuils dans lequel elle se laissa tomber lourdement, non sans avoir, auparavant, veillé à rabaisser au maximum sa robe.

- Tiens, dit-il en revenant vers elle et en lui tendant un verre de Whisky.

Hermione ne s'embarrassa pas de remerciements avala plutôt une longue gorgée du liquide ambré.

- Oh ! Arrête de faire la tête, Grangie !

Elle lui lança un regard glacial.

- Ne m'appelle pas comme ça !

- Oh et comment veux-tu que je t'appelle, alors ? lui demanda Malefoy, un sourire en coin sur ses lèvres parfaites.

- Comme tu l'as toujours fait depuis vingt ans.

- Alors Blaise Zabini à le droit de t'appeler par ton prénom mais pas moi ? lança le Serpentard, l'air de rien.

Hermione manqua de s'étouffer. Elle toussa bruyamment et dut se tapoter la poitrine pour qu'une goulée d'air parviennent à se frayer un chemin jusqu'à ses poumons.

- C'est... C'est différent, crachota-t-elle.

- Et je peux savoir en quoi ?

Décidément Malefoy ne semblait pas prêt à lâcher l'affaire et Hermione tenta difficilement de chercher une raison valable. Le cours de ses pensées fut soudainement interrompu par de grands coups frappés à la porte d'entrée. Elle ne l'avait pas en visuel depuis le salon, puisqu'il fallait tout d'abord pénétrer dans un large vestibule mais Hermione était pratiquement certaine que le bruit venait de là-bas.

Elle leva un regard interrogateur vers le Serpentard et le vit froncer les sourcils.

- Micky ?! appela-t-il vivement.

Il y eut un « crac » sonore et Hermione vit un petit elfe émerger d'un nuage de fumée.

- Le maître a appelé Micky ? couina-t-il en s'inclinant légèrement.

- Oui. Va voir de qui il s'agit. Tu as l'autorisation de ne laisser entrer personne ici, sauf cas d'extrême urgence, est-ce clair ?

- Parfaitement clair, maître, répondit l'elfe.

.

L'elfe – dont Hermione supposait qu'il s'agissait d'une fille puisque sa voix était clairement plus aiguë que celles de Dobby ou de Kreattur, par exemple – fila rapidement en direction de la porte d'entrée. La jeune femme n'était pas très surprise de constater que Malefoy avait toujours un elfe de maison. Cependant, elle avait pu noter que l'habituelle accoutrement sale qui leur était réservé n'avait pas été imposé par le maître des lieux. L'elfe arborait en effet une petite robe, un chapeau ainsi que des chaussures. Et bien que ceux-ci fussent fait dans la même matière que la tenue de tout bon elfe de maison non affranchi, Hermione constata qu'ils étaient parfaitement propres. De même qu'elle n'avait remarqué aucune blessure sur le petit corps décharné de Micky. Elle en concluait donc que Malefoy fils n'était pas du genre à punir ses elfes de la même manière que le faisait son père.

Cela conforta la jeune femme dans l'idée que Malefoy avait définitivement évolué par rapport à Poudlard et aux préceptes moyenâgeux que lui avaient inculqués Lucius et les Mangemorts.

Perdue dans ses pensées, elle n'avait prêté aucune attention aux voix qui s'élevaient du hall d'entrée.

.

Elle vit donc avec surprise Malefoy se lever prestement de son fauteuil, très peu de temps avant que l'elfe ne revienne vers eux, une expression catastrophée sur le visage.

- Pardonnez Micky, maître, je vous en prie mais Miss Park... commença-t-elle d'une voix tremblante.

Sa voix fut soudainement couverte par le bruit sourd qu'émirent des talons de femme sur le parquet du Manoir.

}{

Drago vit avec agacement Pansy pénétrer dans la pièce. Il s'avança légèrement vers elle, pendant qu'elle-même faisait un pas dans sa direction.

- Drago, que signifie tout ceci, enfin ? lui demanda-t-elle.

Le jeune homme la vit le détailler des pieds à la tête, s'attardant beaucoup trop longuement à son goût sur son torse nu.

- Je te demande pardon ?

Sa voix était sèche. Il n'appréciait absolument pas qu'on le surveille d'autant plus lorsqu'il s'agissait de Pansy. Il était ami avec la brune mais il ne supportait que très moyennement son tempérament jaloux, possessif et colérique. D'autant plus qu'il avait toujours tenu à ce que les choses soient claires entre eux : il ne se passerait rien.

Bon, il l'avait laissée exercer son petit côté « Serpentard amourachée et possessive » sur lui un peu plus tôt dans la soirée mais c'était surtout pour voir la réaction qu'aurait Granger. Réaction qui ne lui avait, d'ailleurs, absolument pas déplu... bien au contraire – enfin peut être excepté la danse qu'elle avait échangée avec ces idiots de sorciers éméchés…

- Tu nous quittes avec précipitation et sans explication, tu ne m'accordes que DEUX danses, je te retrouve chez toi à moitié nu, un verre à la main et en plus tu débarque avec... GRANGER ?! s'écria soudainement Pansy alors que ses yeux furibonds se portaient sur la partie gauche de la pièce.

Drago suivit son regard et vit que la jeune femme s'était agenouillée devant l'elfe et tentait, apparemment, de la rassurer du mieux qu'elle le pouvait. Décidément... certaines choses ne changeraient jamais.

}{

- Ne t'inquiète pas, ton maître ne... commença Hermione à l'adresse de la petite Micky avant de s'interrompre en constatant le silence qui régnait autour d'elle.

Elle releva la tête. Elle aperçut tout d'abord Parkinson qui ressemblait à un Bouledogue prêt à se battre pour son os puis les yeux amusés de Malefoy. Se sentant légèrement acculée, elle se redressa et attendit que l'un d'entre eux ouvre la bouche.

Rapidement, la Serpentard reporta son attention sur Malefoy, non sans lui avoir balancé un regard dégoûté auquel Hermione répondit bien volontiers.

- Drago ? Que fait Granger dans ton salon ?! lui demanda-t-elle, sa voix partant dans les aiguës.

Elle faisait, de toute évidence, de gros efforts pour ne pas exploser et Hermione ne put empêcher un petit ricanement de s'échapper de ses lèvres.

- Hermione est ici car elle et moi, avions envie de nous retrouver seuls, expliqua lentement Malefoy en détachant chaque syllabe comme s'il s'en délectait.

Hermione retint un hoquet de surprise. Il l'avait appelée par son prénom. Aussitôt, elle darda un regard complice sur lui. Elle croisa ses prunelles grises et il lui adressa un sourire mutin. Imperceptiblement, il lui fit un signe de tête en direction de Parkinson et, lorsqu'elle vit la tête que cette dernière arborait, la Gryffondor comprit. Décidant d'entrer dans le jeu du blond, elle se rapprocha doucement de lui.

Mais avant qu'elle n'arrive à sa hauteur, « la carpe Parkinson » rouvrit la bouche.

- Drago ! Tu es tombé sur la tête ou quoi ?! hurla-t-elle presque.

- J'ai tous mes esprits, Pansy mais merci de te soucier de ma santé mentale.

- Mais... Mais... bredouilla la jeune femme.

Hermione, qui avait profité de ce laps de temps pour arriver à leur hauteur vrilla son regard dans les prunelles noires de la Serpentard.

- Ne t'inquiète pas, Parkinson, je m'occupe de lui... lui assura-t-elle d'un ton où perçait immanquablement de lourds sous-entendus.

La jeune femme sembla sur le point de lui sauter à la gorge et Hermione sentit Malefoy bouger à ses côtés. Elle leva les yeux vers lui et manqua de s'étouffer en voyant qu'il se retenait très difficilement de pouffer de rire.

- Drago…

La voix de la Serpentard sonna comme une complainte.

- Pansy, laisse nous s'il-te-plaît.

}{

Drago n'employait que très rarement ce genre de formule de politesse et espérait que cela suffirait pour que son amie se reprenne et rentre chez elle. Il avait en effet l'impression que la crise de nerfs n'était pas loin et n'avait absolument pas envie d'en faire les frais maintenant.

Il sentit avec étonnement Granger qui était à ses côtés, se rapprocher un peu plus de lui avant de poser une main possessive sur son torse nu. A son toucher, le blond se tendit légèrement avant d'être envahi de millier de petits picotements plus agréables les uns que les autres et il se retint difficilement de l'attirer dans ses bras.

- Oui, Parkinson. Rentre chez toi, s'il-te-plaît. Nous sommes occupés, ajouta la Gryffondor.

Drago se tendit de nouveau mais cette fois-ci pour une autre raison. Il n'y avait aucun moyen pour que Pansy, qu'il savait si sanguine, ne réponde pas aux pics lancés par la jeune femme. Et, au grand damne de Drago, cela ne manqua pas.

- Je n'ai aucun ordre à recevoir de toi, Sang-de-bourbe ! Et ôte tes sales mains de lui ! cracha-t-elle, plus véhémente que jamais.

Il allait lui faire savoir qu'elle n'avait absolument pas son mot à dire sur les mains qui pouvaient le toucher ou non... d'autant plus celles – merveilleuses – de Granger, mais cette dernière fut plus rapide que lui.

Il la sentit se détacher de lui et retint un mouvement pour la garder à ses côtés. La chaleur qu'elle dégageait lui manqua immédiatement et il ne put se retenir de lancer un regard de reproche à Pansy.

Ce faisant, il ne put manquer la gifle monumentale que lui asséna Granger. Il vit son amie se tenir la joue de douleur puis la voix de le Gryffondor emplit la salle. Une voix plus froide et hautaine que Drago ne lui avait jamais connue.

- Écoute-moi bien, Parkinson. Insulte-moi encore une fois et tu sauras pourquoi tu te rends chez le chirurgien esthétique. Maintenant, tu vas rentrer chez toi, te suicider, hurler à la mort dans ton jardin ou baiser avec le premier venu, j'en ai strictement rien à foutre. Mais tu vas dégager d'ici et vite fait !

Drago la vit se pencher légèrement pour lui murmurer quelque chose à l'oreille dont il ne saisit pas le sens. Toutefois, il comprit parfaitement qu'il ne s'agissait pas de gentillesses puisque le teint de Pansy passa instantanément du cramoisie au verdâtre.

.

Habituellement, Drago n'appréciait que très moyennement que l'on s'en prenne à son amie d'enfance – bien qu'il sache qu'elle pouvait parfaitement se défendre toute seule – mais, cette fois-ci, il dut reconnaître qu'elle l'avait cherché. Et puis Granger était tellement sexy quand elle s'énervait... Cela altérait donc nécessairement son jugement...

Décidé à calmer les choses entre elles, il s'approcha, attrapa Granger par la main pour la faire reculer légèrement.

- Pansy, rentre chez toi. Je ne te le redemanderai pas, lui dit-il d'une voix la plus calme possible.

Elle leva un regard brûlant de rage et de dégoût vers lui, puis il glissa vers Granger, qui se tenait toujours à ses côtés et elle se retourna en levant la tête avec toute la dignité qu'il lui restait.

.

Ils entendirent la porte d'entrée claquer violemment et, à peine cela fut fait, que Drago faisait pivoter la jeune femme dans ses bras et plaquait ses lèvres sur les siennes. Il glissa sa langue dans sa bouche et fut ravi de constater qu'elle répondait à son baiser. Il l'attrapa par le haut des cuisses avant de la porter jusqu'à lui. Il sentit le tissu soyeux de sa robe caresser délicieusement son torse et il la transporta jusqu'au canapé. Comme il l'avait envisagé, ils n'allaient certainement pas atteindre sa chambre avant le round numéro deux.

.

Il fut surpris lorsqu'il sentit la jeune femme se dégager habillement de son étreinte et, avant qu'il n'ait compris ce qu'il se passait, elle ôta ses vêtements et se plaçait au-dessus de lui. Apparemment, la petite altercation l'avait rendue beaucoup plus sûre d'elle et beaucoup plus Serpentard.

Drago sentit son érection devenir douloureuse lorsque, en le débarrassant de son pantalon, Granger passa largement ses mains sur la bosse qui y était visible. Un grognement sourd s'échappa de ses lèvres et il se redressa en position assise alors que la brune se repositionnait sur lui. Ses baisers brûlants descendirent le long de son cou gracile et se perdirent dans son décolleté. Habillement, il détacha son soutien-gorge et plongea sur sa poitrine, une fois celle-ci libérée.

}{

Leur désir mutuel était palpable et, ni tenant plus, Hermione le repoussa sauvagement du plat de la main. Il s'affala sur le canapé et elle s'empressa de délester leurs deux corps des derniers bouts de tissus qui les empêchaient d'atteindre le septième ciel.

OoOoOoO

Hermione poussa un dernier gémissement, qui se mêla à un grognement rauque provenant de la gorge de son amant. Sa tête tourna agréablement tandis que tout son corps semblait une nouvelle fois en feu. Elle sentit le blond se retirer d'elle avant de s'affaler à ses côtés sur les draps de satin vert de son lit.

Il venait de lui faire atteindre deux fois l'orgasme et Hermione se sentait épuisée. Si la première fois avait été assez rapide, autant dans leurs préliminaires que dans leurs ébats du fait de leur empressement, la seconde s'était largement prolongée, à leur plus grand plaisir.

Hermione avait osé des choses qu'elles n'avaient jamais expérimentées auparavant et avait l'impression de redécouvrir son corps ainsi que celui d'un homme.

Avec Ron, leurs relations sexuelles avaient surtout été centrées sur l'amour qu'ils se portaient l'un à l'autre mais, avec Malefoy, s'était totalement différent. Avec Ron, elle avait fait l'amour. Avec Malefoy, c'était purement physique et... Merlin que c'était bon !

.

Comme toujours, penser à Ron la fit instantanément redescendre sur Terre et son corps se glaça. Elle avait eu la présence d'esprit de prendre ses vêtements avec elle avant de monter jusqu'à la chambre de Malefoy et sauta à bas du lit afin de s'habiller.

- Tu ne restes pas, n'est-ce pas ? lui demanda-t-il.

Elle se retourna vers lui. Toujours nu et le corps légèrement soulevé par ses coudes, Hermione devait avouer qu'il était terriblement beau et attirant. Elle détourna le regard tout en enfilant sa robe.

- Non, je rentre à l'appartement.

Il ne répondit rien.

Hermione allait quitter la pièce et lui souhaiter bonne nuit lorsqu'il quitta à son tour le lit. Interdite, la jeune femme le vit commencer à s'habiller à son tour.

- Qu'est-ce que tu fais ? lui demanda-t-elle.

- Je... vais chercher mon fils chez ma mère, termina-t-il enfilant sa chaussette droite.

- Quoi ?! s'exclama Hermione. Malefoy, il est deux heures du matin !

- Ah tiens... nous en sommes revenus au nom de famille... Et puis je ne vois pas en quoi l'horaire est dérangeant.

- Non mais enfin, Malefoy, as-tu une once de bon sens et de savoir vivre en toi ? On ne débarque pas chez les gens à deux heures du matin ! le sermonna Hermione, en faisant fit se la première partie de sa tirade.

- Je vais juste chez ma mère, Granger.

- Raison de plus ! Et ton fils doit probablement être en train de dormir profondément à cette heure. Tu ferais mieux d'y aller demain matin, lui conseilla-t-elle.

Elle l'entendit soupirer et le vit se rasseoir lourdement sur le lit. Un léger sourire flotta sur les lèvres de la Gryffondor. Elle adorait lui prouver qu'elle avait raison et pas lui.

- Bonne nuit, Malefoy, fit-elle en ouvrant la porte.

- Bonne nuit, Granger. A demain, répondit-il d'une voix morne, visiblement affligé de devoir admettre sa défaite.

Hermione ne put s'empêcher de pouffer face à son attitude puérile et quitta la chambre avant de retourner dans le salon, de prendre une poignée de poudre de cheminette et de rentrer chez elle.


Alors, cette petite confrontation ?

Drago serait-il jaloux de Blaise ?

Quant à Pansy... Avez-vous apprécié son personnage ? Personnellement, j'ai adoré écrire le passage où elle débarque au Manoir et trouve Drago avec Hermione ! Et où cette dernière se rebelle ! Ce qui n'est clairement pas pour déplaire à notre cher Drago... Ce qu'il lui a plutôt clairement fait comprendre, d'ailleurs ! ^^

Qu'envisagez-vous pour la suite ?

A vos claviers, petits lecteurs (oui, oui, même toi petit lecteur fantôme) pour me dire tout ce que vous avez pensé de ce chapitre. :)

Je vous fais plein de bisous et je vous dis à dimanche pour le chapitre 24 !

Chalusse