Bonjour à tou(te)s !
Je remercie extrêmement chaleureusement (oui, oui, rien que ça !) l'ensemble de mes revieweurs/euses d'amour pour leurs super reviews de la mort qui tue ! Vous êtes tou(te)s adorables, merci, merci, merci ! :)
Je n'ai rien de forcément très intéressant à vous annoncer aujourd'hui alors je passe tout de suite au RàRs anonymes !
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RàRs anonymes :
Audrey : Le W-E est peut-être une bonne idée… Encore faudrait-il qu'il ait lieu ! Penses-tu que Drago est seul ? Penses-tu que, si c'est le cas, lui et Hermione resteront ensemble tout le W-E ? Suspens, suspens ! ;)
Concernant Harry, je ne pense pas qu'il soit prêt à s'excuser et je ne suis pas certaine que l'on puisse un jour espérer qu'il le fasse. Il semble tout autant déçu par le comportement d'Hermione que cette dernière l'est par le sien si bien que leur amitié semble très fortement compromise. Il ne se montre pas compréhensif tout simplement car il est incapable d'envisager le fait que fréquenter Drago puisse être bénéfique pour Hermione…
Je te remercie mille fois pour tes deux reviews ! Ton enthousiasme me fait vraiment très chaud au cœur et j'espère que ce nouveau chapitre te plaira ! :) Plein de bisous et à très bientôt !
Guest (1) : Ça me fait super plaisir que tu aies autant apprécié le dernier chapitre ! Je te remercie très chaleureusement pour ta review et je te souhaite, avec quelques jours de retard, une très bonne soirée également. (Et une très bonne lecture !) J'espère que tu apprécieras ce chapitre ! Bisous et à très vite ! :)
Guest (2) : Selon moi également, Harry est très con ! ^^ Il ne peut pas comprendre Hermione tout simplement car il n'envisage pas que la relation qu'elle peut avoir avec Drago (ou même un autre homme) lui soit bénéfique. Lui et le reste des Weasley n'ont pas fait leur deuil de Ron et ils leur semblent donc totalement aberrant qu'Hermione puisse désirer être avec un autre homme seulement sept mois après le décès de son mari.
Le seuil point positif c'est que cette dispute entre Harry et Hermione nous a permis de voir que cette dernière tient réellement à aller de l'avant, même si elle doit le faire sans le soutien de sa famille par alliance et de ses « soi-disant » amis. Espérons que cela demeurera ainsi. Le seul qui semble la comprendre c'est « Magic Drago » comme tu le surnommes si bien ;). Et heureusement qu'il est là !
Je suis ravie que la décision d'Hermione de se rendre en France te plaise ! J'instaure effectivement le doute sur le fait que Drago puisse ne pas être seul, premièrement car c'est quelque chose qui est complètement plausible, mais également car Hermione ne l'a pas envisagé une seule seconde. Elle pense le retrouver seul, etc. mais que se passerait-il s'il était accompagné ? D'une femme, par exemple… Eh bien… suspens, suspens !
Un retour de Narcissa ou de Scorp' ? Suspens également ! ;)
En tout cas, je suis ravie que tu aies apprécié le dernier chapitre et j'espère qu'il en sera de même avec celui-ci :). Mille mercis pour ta loooooooongue super review de la mort qui tue ! Plein de bisous et j'espère à très bientôt !
PS : j'étais AU TAQUET pour le dernier épisode de GoT ! *-* J'étais prête devant mon écran à 3h du mat' et j'ai finalement été déçue…
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Voilà ! J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira ! Je vous souhaite à tous une très bonne lecture et je vous dis à tout à l'heure pour une note de fin de chapitre un peu plus fournie que celle-ci. :)
Comme toujours, seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 25 : Un week-end chez les Malefoy (Partie 1)
Ce fut d'un pas déterminé qu'Hermione s'approcha de l'immense portail blanc délimitant l'entrée de la propriété des Malefoy. Ce dernier lui était magiquement apparut lorsqu'elle s'était remémorée l'adresse, puisque toujours protégé par un Fidélitas. La soirée était douce en France et le léger coulis d'air qui jouait dans ses cheveux, emportant avec lui les embruns de la Manche toute proche, était très agréable. Ce fut donc avec entrain et bonne humeur que la jeune femme appuya sur le bouton de la sonnette. Elle dut, pour la seconde fois de la journée, décliner son nom, prénom, adresse et, enfin, le motif de sa visite. Elle resta relativement évasive en énonçant ce dernier point et expliqua seulement souhaiter s'entretenir avec Malefoy.
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La jeune femme patientait depuis maintenant quelques secondes lorsqu'un « plop » la fit se retourner, une main sur le cœur. C'était Malefoy. Il ne portait pas de veste et sa chemise était remontée sur ses avant-bras et la Gryffondor ne put s'empêcher de l'observer longuement, une douce chaleur s'emparant progressivement de son corps.
- Tu me cherchais ? lui demanda inutilement le Serpentard afin de l'encourager à lui expliquer le but de sa visite.
Hermione se secoua mentalement et déglutit difficilement avant de s'humidifier les lèvres. Elle était restée pendant quelques secondes immobile, la bouche légèrement entrouverte, à le détailler des pieds à la tête. Elle se fustigea pour son attitude si peu adulte et reprit contenance.
- Oui. Je... commença-t-elle en rougissant légèrement.
Malefoy ne fit aucun effort et la laissa se dépêtrer toute seule.
- Je... Enfin j'avais pensé qu'on aurait peut-être pu poursuivre ce qu'on avait commencé cet après-midi, expliqua-t-elle difficilement.
Elle n'y pouvait rien, parler de sexe la mettait terriblement mal à l'aise. Et cela n'échappa absolument pas à son amant qui ricana. Lorsqu'il reprit son sérieux, il darda sur elle son regard d'acier.
- C'est à dire que... je ne suis pas seul.
Tout d'abord, la jeune femme ne perçut que les accents déçus de sa voix. Puis, petit à petit, son esprit assimila ses paroles et son visage perdit immédiatement toutes ses couleurs. Elle sentit l'agacement poindre au loin mais tenta de demeurer la plus détachée possible pour ne pas le montrer à Malefoy.
- Ah... je vois. Eh bien excuse-moi de t'avoir dérangé, je vais rentrer chez moi.
Malgré ses efforts, sa voix restait désespérément sèche et elle avait grand peine à ne pas froncer les sourcils. En face d'elle, Malefoy éclata de rire, la sidérant totalement. Cette fois-ci, la ligne de ses sourcils se contracta délibérément et la Gryffondor croisa les bras sur sa poitrine, attendant qu'il explique sa soudaine hilarité. Chose qu'il ne tarda pas à faire, ce qui laissa Hermione encore plus hébétée qu'auparavant.
- Ne commence pas à te faire des idées, Granger. Je suis ici avec mon fils. Je lui avais promis de passer un peu de temps avec lui avant la rentrée.
Hermione s'empourpra immédiatement. Elle se sentait affreusement gênée de sa méprise. Involontairement, elle avait fait part d'une certaine forme de jalousie et qu'elle puisse ressentir cela la laissa encore plus consternée que tout le reste.
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Voyant que Granger ne semblait pas pouvoir se remettre de cette révélation, Drago pouffa de nouveau. Elle avait baissé les yeux tandis que ses joues avaient pris une teinte légèrement rosée mais son comportement ne lui déplaisait absolument pas. La réaction qu'elle avait eue lui prouvait au moins qu'elle prenait leur « relation » un minimum au sérieux. Et puis, constater qu'une femme pouvait être jalouse flattait toujours l'ego. Bien entendu, il avait parfaitement compris qu'elle voulait lui cacher son ressentiment mais Drago n'était certainement pas né de la dernière pluie et il avait, ce que l'on pouvait appeler, une « sacrée expérience » en matière de jalousie féminine. Granger n'égalait assurément pas Pansy mais la contrariété qu'il avait vu briller dans ses yeux n'avait pas échappé à son regard expert.
Comme il en avait l'habitude à chaque fois qu'elle baissait les yeux, il s'avança vers elle et lui remonta le menton d'une légère pression du doigt. Son regard était fuyant et Drago savait qu'elle s'en voulait de lui avoir, accidentellement, dévoilé une partie de ses pensées.
- Granger ?
Il attendit que ses pupilles se soient immobilisées en direction des siennes pour poursuivre.
- Viens passer la soirée avec nous.
Il la vit écarquiller les yeux.
En fait, il n'avait pas tellement réfléchi avant de lui proposer cela mais la laisser repartir aurait été bien trop dur. Depuis qu'il avait intercepté le regard plein de désir qu'elle lui avait lancé, peu de temps après qu'il ait transplané, les souvenirs du moment qu'ils avaient passé ensemble, dans son bureau, lui étaient revenus à l'esprit et une intense chaleur s'était emparée de lui, réveillant, au passage, une certaine partie de son anatomie qui n'appréciait pas être laissée pour compte.
Pourtant, il avait promis à son fils de passer ce week-end avec lui, ici et il ne pouvait décemment pas raccompagner la jeune femme chez elle pour mettre, une nouvelle fois, son « plan » à exécution. De même qu'il ne pouvait pas coucher avec elle dans l'immédiat. Il lui proposa donc de passer la soirée en leur compagnie et, une fois que l'heure serait venue pour Scorpius d'aller se coucher, il comptait bien profiter de la présence de la jeune femme pour réaliser ses fantasmes.
Bien entendu, sa présence conduirait nécessairement à un interrogatoire en bon et due forme de la part de son fils mais il n'était pas très inquiet. Après tout, ils s'étaient déjà rencontrés et n'était-ce pas Scorpius lui-même qui lui avait demandé à plusieurs reprises si Hermione reviendrait ? Lorsque le Serpentard était retourné le chercher chez Narcissa, le lundi précédant, le gamin s'était effectivement empressé de lui poser la question. D'après lui, il fallait absolument qu'elle revienne car il avait plein de questions à lui poser à propos de « L'Histoire de Poudlard ».
Cependant et même s'il connaissait déjà la réponse, Drago lui demanderait si la présence de la jeune femme ne le gênait pas. Après tout, il lui avait promis un week-end seul à seul et s'il recevait de la visite dès le premier soir... D'autant plus qu'il devait bien à son fils ce petit moment en tête à tête. Bien qu'il ne le lui ait pas avoué ouvertement, il reconnaissait s'être emporté avec lui lors de leur dernière dispute, alors que Granger et Narcissa étaient avec eux et il essayait, à sa manière, de réparer les chaudrons cassés.
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Pendant tout le temps qu'avait duré son monologue intérieur, Granger n'avait pas bougé. Ses sourcils étaient légèrement froncés et elle semblait réfléchir intensément, comme si elle tentait de déterminer s'il s'agissait, ou non, d'un piège. Drago soupira en secouant la tête, aussi amusé que découragé par son attitude défensive.
- Je ne veux pas imposer la présence de l'autre à aucun d'entre vous. Si passer la soirée avec mon fils te dérange, je comprendrais, déclara-t-il sur un ton calme.
Après tout, elle ne se sentait peut-être pas très à l'aise avec les enfants, tout simplement. Ce qu'il pouvait parfaitement comprendre, bien que le fait qu'elle puisse rentrer chez elle l'irrite profondément.
Granger sembla soudainement reprendre possession de son corps et s'agita légèrement sous ses yeux.
- Non ! Je veux dire, non ça ne me dérange pas du tout. C'est plutôt moi qui ne veux pas m'imposer, expliqua-t-elle d'une voix douce.
Drago sourit.
- Écoute, je vais aller poser la question à mon fils comme ça, il aura le dernier mot, proposa-t-il.
La jeune femme acquiesça. Il allait transplaner jusqu'à chez lui mais se ravisa au dernier moment et s'approcha plutôt de Granger.
- J'espère qu'il dira oui. J'ai déjà quelques idées pour notre fin de soirée, murmura-t-il à son oreille.
Il ponctua sa phrase par un léger baiser dans son cou et il la sentit frissonner contre lui. Un léger sourire étira ses lèvres et il se recula de quelques pas avant de transplaner.
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Hermione avait gardé les yeux clos pendant de longues secondes après que le Serpentard soit reparti jusque chez lui. Le pouvoir qu'il pouvait posséder sur son corps affligeait grandement la jeune femme. Elle avait l'impression de n'être qu'une poupée de chiffon entre ses mains. Mais elle aimait tellement lorsqu'il la touchait que c'était autant elle, que lui, qui réclamait la présence de l'autre. Si leur esprit était aux antipodes, ce n'était certainement pas le cas de leur corps. Et comme Hermione avait pris la décision d'écouter plus son corps que son cerveau... eh bien elle se retrouvait devant la maison de Malefoy, à vingt-heures, un vendredi soir, à espérer que le fils de ce dernier n'aurait rien contre sa présence, et elle comptait bien finir la soirée dans le lit du Serpentard.
Un rire quelque peu ironique s'échappa de ses lèvres. Et dire qu'une semaine auparavant, ils n'avaient encore même pas couché ensemble pour la première fois...
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Perdue dans ses pensées, la jeune femme sursauta violemment lorsqu'un grincement se fit entendre derrière elle. Le portail s'ouvrait magiquement. Les Malefoy l'invitaient chez eux.
Soudain, une légère angoisse s'insinua en elle. Elle n'avait vu le fils de son amant qu'une fois et, bien qu'il lui eût semblé tout à fait charmant, elle appréhendait les questions qu'il pourrait lui poser. Il lui avait donné l'impression d'être un enfant très curieux et la jeune femme redoutait qu'il se mette à l'interroger sur la « relation » qu'elle pouvait entretenir avec son père.
Ses préoccupations l'accompagnèrent durant toute la traversée du jardin, alors qu'elle marchait la tête baissée. Elle ne la releva que lorsqu'elle prit conscience qu'un puits de lumière s'étalait devant elle et vit que Malefoy et son fils l'attendaient sur le perron de la demeure. Son angoisse redoubla devant l'étrangeté de la situation et la Gryffondor préféra se concentrer sur sa respiration. Inspirer. Expirer. Inspirer. Expi...
- Salut Hermione ! s'exclama le jeune Scorpius en venant à sa rencontre.
Il arborait un large sourire, signe qu'il semblait plus enchanté par sa venue qu'autre chose et Hermione sentit son ventre se décontracter sensiblement.
- Bonjour Scorpius, répondit-elle en lui retournant son sourire.
- J'avais tellement hâte que tu reviennes !
- Ah oui ? s'étonna Hermione en levant un sourcil.
Décidément, ce gamin était beaucoup plus avenant que son père, même dans ses meilleurs jours, et qu'il lui fasse un accueil si chaleureux prit Hermione de court.
- Oh oui ! J'ai PLEIN de questions à te poser sur « L'histoire de Poudlard », expliqua-t-il en prenant un air grave.
Hermione allait lui dire qu'elle serait enchantée de répondre à toutes ses interrogations lorsque la voix de Malefoy les fit se retourner tous deux.
- Tu ne pouvais même pas attendre qu'elle soit rentrée ?! apostropha-t-il son fils sur un ton de reproche.
- Mais Papa...
- Tais-toi. Rentre, on verra ça à l'intérieur.
De mauvaise grâce, le gamin suivit les directives et se dirigea vers la porte d'entrée d'un pas raide. Hermione, qui était restée immobile, vit Malefoy s'approcher d'elle.
- Excuse-le, ça fait des jours qu'il m'exaspère à me demander quand est-ce que tu viendras pour qu'il puisse te poser ses questions.
Devant sa mine renfrognée, Hermione sourit.
- Ne t'en fais pas, je comprends. Et puis il faut bien que mes années de « Miss-je-sais-tout » en titre servent à quelque chose, glissa-t-elle en lui faisant un clin d'œil.
Il ne répondit rien mais l'entraîna vers la bâtisse qu'elle connaissait déjà pour y avoir passer une nuit. Une pensée traversa soudain l'esprit d'Hermione et elle se retourna vivement vers le Serpentard qui se tenait derrière elle, alors qu'ils allaient passer le pas de la porte.
- Ton fils sait-il que je suis déjà venue ici ? le questionna-t-elle.
- Non. Mais tu peux le lui dire, ce n'est pas un secret. A moins que tu préfères que cela en devienne un ?
Hermione ne réfléchit même pas avant de répondre.
- Non, non absolument pas. Je ne voulais pas faire de gaffe devant lui si jamais... enfin... si jamais toi tu avais préféré que cela reste secret, c'est tout, ajouta-t-elle en baissant les yeux.
- Si j'avais voulu que tu restes un secret, tu ne serais pas là.
Hermione ne répondit rien mais apprécia ses paroles à leur juste valeur.
- Et puis de toute façon, il aurait bien fini par le découvrir. Ce gamin lit en tout le monde comme dans un livre ouvert, marmonna le blond, visiblement très agacé par le trait de caractère de son fils.
Un rire léger s'échappa des lèvres d'Hermione et il lui adressa un regard noir.
- Tu rigoleras moins lorsqu'il t'aura mis face à tes propres pensées une ou deux fois, rétorqua le Serpentard.
Hermione leva les yeux au ciel et entra dans la maison. Elle prit la direction du salon et se mordit la lèvre en constatant qu'elle les avait interrompus en plein milieu de leur dîner.
- Je suis vraiment désolée de vous avoir dérangé pendant votre repas… se morfondit-elle.
- Oh, c'est rien ! Et puis ce n'est même pas vraiment bon, répondit Scorpius qui avait repris place sur sa chaise et triturait le contenu de son assiette avec sa fourchette, une expression dégoûtée sur le visage.
- Excuse-moi ?! s'étrangla Malefoy qui allait, à son tour, se rasseoir à sa place.
- Mais Papa, tu sais que je déteste les choux de Bruxelles ! se lamenta le gamin.
- Et alors ? rétorqua son père.
- Alors je ne veux pas les manger, s'obstina l'enfant.
- Oh si, tu vas les manger. Ou alors Granger, ici présente – il la désigna d'un mouvement de la main –, ne répondra pas à tes précieuses questions.
Ce chantage était tout bonnement ignoble mais il n'étonna que très peu Hermione. Ce genre de comportement était typiquement celui de Malefoy...
Elle vit les yeux de l'enfant faire la navette entre elle et les fameux choux de Bruxelles, comme s'il évaluait ce que chaque sacrifice représentait et il fronça les sourcils avant de piquer un chou avec sa fourchette et de l'engloutir en se bouchant le nez. Satisfait, Malefoy se remit lui-même à manger. Il leva cependant assez rapidement la tête entre deux bouchées.
- Assieds-toi, Granger, la pria-t-il.
Hermione s'exécuta. La table était immense et elle alla prendre place sur le côté gauche, en face de Scorpius pour ne pas s'exclure d'elle-même, pendant que Malefoy en occupait l'extrémité.
- Veux-tu te joindre à nous ? lui proposa ce dernier en lui désignant les plats d'un coup de menton.
- Non, merci. Je... commença-t-elle.
- Hermione n'aime certainement pas les choux de Bruxelles non plus. Mais tu ne peux pas la forcer, elle, la coupa Scorpius en adressant un regard noir à son père.
- En fait, j'aime beaucoup ça, le corrigea Hermione, un sourire aux lèvres. Mais j'ai déjà dîné.
Elle vit l'enfant baisser les yeux sur son assiette tandis que Malefoy arborait une moue suffisante. La Gryffondor soupira intérieurement. Apparemment, elle en serait réduite à faire l'arbitre entre eux.
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Les deux Malefoy terminèrent de dîner en silence et alors que le père apportait le dessert, le fils fut autorisé à débuter son interrogatoire. Les connaissances d'Hermione furent mises à rude épreuve. L'enfant semblait avoir dévoré le bouquin de nombreuses fois malgré sa taille et lui posait des questions assez pointues.
Hermione et Scorpius étaient à présent assis autour de la petite table du salon quand un drame se produisit pour la jeune femme. L'enfant lui posa une question à laquelle elle fut incapable de répondre. A peine eut-elle admis sa défaite que Malefoy, assit sur le canapé derrière elle, explosa de rire. Son brusque changement de comportement fit retourner les deux érudits qui échangèrent un regard d'incompréhension en haussant les sourcils.
Que Scorpius paraisse aussi étonné qu'elle ne rassura pas vraiment Hermione qui pivota complètement sur elle-même afin d'avoir le blond en ligne de mire.
- Tu nous explique ? requit-elle d'un ton sec pendant qu'il s'essuyait les yeux d'un revers de manche.
- Tu verrais ta tête, Granger ! Jamais je n'aurais cru voir ce jour arriver... Le jour où « Miss-je-sais-tout » sècherait face à une question !
Et il repartit d'un éclat de rire. Hermione, vexée, lui tourna le dos.
- Et c'est un Malefoy qui est à l'origine de cet exploit ! Je suis fier de toi, mon fils ! s'exclama le Serpentard à l'adresse de l'enfant.
Hermione tourna la tête vers ce dernier et vit un grand sourire éclairer instantanément son visage. Puis, semblant se souvenir qu'elle était là, il tourna ses yeux bleus teintés d'une nuance grise plus douce que celles son père vers elle. Son sourire se mua immédiatement en une expression d'excuses et Hermione lui fit signe qu'elle n'était pas fâchée.
L'hilarité de Malefoy était repartie de plus belle et elle-même ne put retenir un petit sourire. A dire vrai, elle avait plutôt l'impression que c'était une catastrophe mais elle pouvait comprendre que la situation soit risible. Elle n'avait pas la réponse à une question posée sur un livre qu'elle connaissait pourtant par cœur, son livre favori depuis qu'elle avait onze ans. Préférant en rire qu'en pleurer, elle s'esclaffa à son tour, sous les yeux médusés de Scorpius.
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Scorpius était immobile depuis quelques secondes à présent. Les deux adultes se tenaient chacun les côtes et ne parvenaient, de toute évidence, pas à endiguer leur fou rire. Pourtant il n'y avait pas, selon lui, de quoi en faire des montagnes. Toutefois et même s'il ne participait pas à l'hilarité générale, son cœur se réchauffa dans sa poitrine. Depuis quand n'avait-il pas entendu son père rire à gorge déployée de cette façon ? Il n'en avait strictement aucune idée et dut se rendre à l'évidence : cela n'était jamais arrivé. Tout au moins, jamais en sa présence.
Son père semblait heureux en cet instant, il semblait être un homme comme un autre et Scorpius savait que c'était en partie grâce à la présence d'Hermione Granger. Il n'était pas idiot, il avait pleinement conscience que ces deux-là se voyaient régulièrement. Il avait même entraperçu la jeune femme quitter le Manoir un soir, très tard, alors qu'il était sorti de son lit pour aller chercher un nouveau livre dans la bibliothèque familiale. Il s'était fait le plus discret possible pour ne pas se faire repérer mais, finalement, n'avait pas été plus surpris que cela. Il sentait bien qu'un étrange lien unissait les deux sorciers.
Scorpius avait également constaté que son père était de bien meilleure humeur depuis quelques jours. Il ne venait plus lui faire de confidences comme il en avait pris l'habitude mais le jeune sorcier ne s'en offusquait aucunement. Bien au contraire, il préférait voir son père ainsi plutôt que comme il l'avait été durant les derniers mois.
Ce fut donc pour cela que lorsque le bruit caractéristique de la sonnette d'entrée avait retenti et que Drago était revenu vers lui pour lui demander si cela le dérangeait qu'ils accueillent Hermione pour la soirée, le garçon n'avait pas réfléchit. Il avait accepté sur le champ. Il avait beaucoup apprécié la rencontrer et, depuis qu'il avait appris qu'elle était une fan inconditionnelle de « L'Histoire de Poudlard », il avait surtout préparé énormément de questions à son attention. Bien entendu, Scorpius avait longuement entendu parlé de la « fameuse Hermione Granger, grande amie d'Harry Potter » et de sa « fameuse intelligence » qu'il avait immédiatement eu envie de mettre à l'épreuve. C'était sûrement son côté « Malefoy » qui ressortait... Quoiqu'il en soit, il avait été très agréablement surpris pas la vivacité d'esprit et la pédagogie avec laquelle elle avait répondu à ses questions et, même si une était restée sans réponse, il avait immédiatement songé qu'elle ferait une excellente professeure. Si ceux de Poudlard étaient tous comme elle, il allait y passer les plus belles années de sa vie.
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Scorpius était perdu dans ses pensées lorsque quelque chose changea autour de lui. Il mit quelques secondes avant de se rendre compte que le silence s'était brutalement abattu dans le salon. Le garçon jeta un coup d'œil vers son père et comprit ainsi l'origine de ce soudain revirement de situation. Drago et Hermione avaient les yeux braqués sur quelques choses derrière le canapé. Scorpius, toujours assis devant de la table basse, son livre sur les genoux, referma ce dernier d'un coup sec et entreprit de se lever pour voir ce qui attirait à ce point leur attention.
Il s'agissait d'un Patronus. Scorpius en avait déjà vu plusieurs fois et savait parfaitement à qui appartenait la louve argentée qui venait d'apparaître au milieu du salon.
« Drago, mon fils, je suis désolée de te déranger mais il faut que je te voie. Je vais transplaner chez toi dans quelques minutes. J'espère ne pas te déranger. »
Une fois son message délivré, l'animal s'évapora et ne laissa derrière lui qu'un silence pesant. Scorpius ne s'était pas trompé, il s'agissait bien de sa grand-mère. Mais sa voix était grave, comme si elle avait des ennuis. Ses yeux se portèrent d'eux-mêmes jusqu'à son père et ses doutes se virent confirmer : quelque chose n'allait pas. L'enfant n'osa toutefois pas poser de question.
Plus personne ne bougea, attendant avec fatalisme le moment où Narcissa Malefoy ferait son entrée.
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Hermione sentait son cœur cogner dans sa poitrine. Cette soudaine interruption et les paroles déversées par le Patronus avaient fait tomber un froid intense dans la pièce. Elle vit le dos de Malefoy se tendre à l'extrême alors qu'il n'avait pas quitté des yeux l'endroit où la louve avait disparue. Elle jeta un coup d'œil discret au fils du blond et constata qu'il était aussi interloqué qu'elle, quoique légèrement inquiet.
Hermione n'avait peut-être pas la prétention de connaître Narcissa Malefoy par cœur mais elle savait reconnaître l'angoisse dans la voix de quelqu'un. Et bien que celle de la mère de son amant eût été très habilement dissimulée par son habituel ton détaché, la jeune femme n'était pas dupe, de même que les deux autres personnes dans la pièce.
Elle se rendit soudainement compte que sa présence était de trop et allait amorcer un mouvement en avant avec l'intention de sortir de la pièce lorsqu'elle fut prise de court. Un « plop » venait de retentir fortement, brisant le silence et une Narcissa Malefoy très élégamment vêtue apparut au milieu du salon.
Elle leur adressa un regard à tous les trois. En commençant par son fils, puis Scorpius, et terminant par elle. Hermione vit une lueur d'étonnement passer dans ses pupilles bleu électrique mais son visage resta de marbre. Ce fut d'ailleurs à ce moment-là que la jeune femme remarqua que son visage était blanc comme un linge. Quelque chose était arrivé, c'était certain et la Gryffondor sentit son cœur se serrer. Quoi qu'elle fut venue leur dire, il s'agissait de mauvaises nouvelles.
Voyant qu'elle n'ouvrait pas la bouche, le regard fixé sur son fils, Hermione comprit qu'elle souhaitait s'entretenir avec lui en privé et se tourna vers Scorpius.
- Et si tu me faisais visiter la bibliothèque ? lui proposa-t-elle en lui souriant.
Elle craint, pendant quelques secondes, qu'il ne comprenne pas le sous-entendu mais l'enfant acquiesça rapidement. Ils prirent la direction de la sortie et, en passant près de Narcissa, Hermione lui tendit la main, trouvant impoli de ne pas la saluer même si la situation était, de toute évidence, délicate.
- Mrs Malefoy.
- Miss Granger, la salua en retour la femme blonde, en lui serrant la main.
Voyant qu'Hermione s'était permise de dire bonjour à sa grand-mère, Scorpius revint rapidement sur ses pas et alla l'étreindre affectueusement. La Gryffondor vit la mère de Malefoy refermer les bras autour de son petit-fils et un mince sourire prit place sur ses lèvres.
- Va avec Miss Granger, s'il-te-plaît. Je dois parler à ton père.
Le gamin se détacha, de toute évidence à contre cœur, de sa grand-mère et, alors qu'elle allait se retourner et partir en direction des escaliers, Hermione croisa le regard du Serpentard. Ce dernier lui adressa un léger sourire et la remercia d'un signe de tête pour avoir pris la situation en main.
La jeune femme attendit que le petit sorcier soit arrivé à sa hauteur et ils quittèrent la pièce.
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Hermione connaissait déjà la direction de la bibliothèque mais se laissa tout de même guider par Scorpius. Une fois que l'enfant eut ouvert la porte, le même soupir impressionné que la première fois qu'elle était venue s'échappa de ses lèvres. Cette pièce était véritablement magnifique. Scorpius se dirigea immédiatement vers l'avant dernière rangée et la jeune femme l'y suivit, curieuse.
Il s'était arrêté et passait à présent son doigt sur la reliure des livres, lisant leur titre au passage. Il sembla trouver celui qu'il chercherait assez rapidement et le dégagea des autres. Pendant ce temps, Hermione observait les ouvrages par-dessus son épaule.
- Tu as énormément de contes, remarqua-t-elle.
- Oui. Ce sont mes livres préférés. Grand-mère m'en lisait beaucoup quand j'étais petit, expliqua l'enfant en repartant vers le milieu de la pièce.
Hermione tiqua. Elle n'avait jamais imaginé que Narcissa puisse avoir une fibre maternelle si développée. Toutefois, elle ne connaissait cette femme qu'au travers des ragots que l'on colportait à son sujet et qui étaient plutôt en rapport direct avec son patronyme ou son Mangemort de mari. Et comme elle avait pu le prouver au cours de ces dernières années, Mrs Malefoy ne partageait pas les idées et les convictions de ce dernier. Alors pourquoi ne pourrait-elle pas être une grand-mère comme n'importe quelle autre ? Décidant d'abandonner là ses réflexions sur cette mystérieuse femme, Hermione alla plutôt rejoindre le garçon qui avait pris place sur l'un des fauteuils noirs disposés devant une immense fenêtre d'où elle pouvait voir les rayons de lune se refléter sur la mer, calme à cette heure de la soirée.
- Tu peux te servir, Hermione ! Tu es comme chez toi ici, lui offrit le gamin en lui adressant un immense sourire et en désignant les rangées de livres en arrière-plan.
La jeune femme sentit un léger malaise l'envahir mais préféra ne pas s'attarder sur ce qu'elle ressentait. Elle répondit plutôt au sourire de l'enfant et retourna inspecter les rayonnages à la recherche de son bonheur. Le trouver ne fut pas simple. Malefoy avait là une telle collection qu'elle avait envie de dévorer chacun des ouvrages présents dans la bibliothèque. Elle en fit donc deux fois le tour avant de jeter son dévolu sur un volume semblant ancestral et qui retraçait l'histoire des fondateurs de Poudlard. Bien évidemment, elle avait lu beaucoup de livre à ce sujet mais elle n'avait jamais eu la chance de mettre la main sur celui-ci. Il était écrit par Fulbert Formalhaut et Hermione poussa une exclamation de surprise en en découvrant la date. Mille-deux-cent cinquante-six.
Elle avait entre les mains une véritable relique et le fait que Malefoy en prenne si peu soin, en le laissant prendre la poussière dans une bibliothèque, l'outragea. Serrant sa découverte dans ses bras, elle retourna près de Scorpius. Il leva le regard de son conte lorsqu'elle approcha et un grand sourire naquit sur ses lèvres lorsqu'il remarqua ce qu'elle tenait entre les mains.
- Tu l'as déjà lu ? se renseigna Hermione en s'asseyant.
- Non, pas encore. Mais je veux bien te le prêter s'il t'intéresse, lui proposa-t-il.
Hermione se mordit la lèvre.
- Je ne suis pas certaine que ton père serait d'accord. Il s'agit là d'un très vieil ouvrage et... commença-t-elle.
Le garçon balaya ses inquiétudes de la main.
- Papa ne s'intéresse pas tellement à ce qu'il y a dans la bibliothèque. Enfin en ce qui concerne ce genre de livres. Je suis certain qu'il ne remarquera même pas son absence.
- Mais, tout de même...
La jeune femme était très ennuyée. Elle aurait volontiers rapporté cet ouvrage chez elle afin de l'étudier mais il s'agissait d'une grande responsabilité. Lorsqu'elle fit part de ses doutes à l'enfant, il explosa de rire.
- Prend le, Hermione. De toute façon, je sais parfaitement que tu en prendras soin, lui assura l'enfant.
- D'accord. Merci beaucoup, acquiesça la jeune femme, ravie.
- Par contre, est ce que tu pourrais me le rendre avant la rentrée ? J'aimerais l'apporter avec moi à Poudlard, lui demanda Scorpius en lui adressant une moue d'excuses.
- Oui bien sûr ! assura la jeune femme.
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Ils se plongèrent - ou replongèrent – chacun dans leur lecture respective et le silence se fit entre eux. Hermione voyait très régulièrement l'enfant jeter de petits coups d'œil derrière lui. Il attendait visiblement avec autant d'impatience que d'inquiétude le retour de son père.
La Gryffondor se retourna également lorsque le bruit d'une porte qui s'ouvre se fit entendre et son regard croisa celui de Malefoy. Il était tendu. Un trait barrait son front et ses lèvres ne formaient qu'une ligne fine et stricte.
Hermione referma le livre sur ses genoux avant de se lever, imitée par Scorpius. Tous deux vinrent se placer face au blond, attendant qu'il prenne la parole. Au bout d'un certain temps, il s'adressa à son fils.
- Il est l'heure pour toi d'aller au lit. Je te rejoins dans ta chambre dans deux minutes.
Sa voix était sèche mais pas sévère.
- Oui Papa. Grand-mère est partie ?
- Oui. Elle s'excuse de ne pas avoir pu rester mais elle avait quelque chose à faire et te souhaite une bonne nuit.
Hermione vit l'enfant hocher lentement la tête, signe qu'il avait compris, avant de demander :
- Est-ce que je peux apporter mon livre avec moi ?
- Si tu veux.
- Merci. Bonne nuit Hermione, dit-t-il en se tournant vers elle.
- Bonne nuit Scorpius, répondit la jeune femme en souriant.
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Lorsque la porte se referma derrière lui, Malefoy reprit la parole.
- Va m'attendre dans le salon, je ne serais pas long.
- Ne t'en fais pas, tu peux prendre ton temps. Tu es ici avant tout pour être avec ton fils.
Le Serpentard se rapprocha d'elle.
- Pour l'instant, c'est avec toi que j'ai envie d'être, souffla-t-il.
Il ponctua sa déclaration par un léger baiser sur sa mâchoire.
Instinctivement, tout le corps d'Hermione frissonna, en réclamant davantage, et elle se colla un peu plus à lui. Il l'embrassa dans le cou avant de remonter jusqu'à son oreille.
- Dans le salon, il y a un placard comme dans ton appartement. Il est près de la télévision. Je pense que tu sauras te débrouiller, murmura-t-il.
Comprenant où il voulait en venir, Hermione hocha la tête.
- Bien.
Et il se détacha d'elle. Hermione sentit son corps crier à l'injustice et se retint de l'attraper par le col de sa chemise pour venir plaquer ses lèvres contre les siennes. Il avait toutefois un devoir à accomplir avant cela. Un devoir bien plus important que tout le reste, son devoir de père.
Cela ne l'empêcha cependant pas de rouler des hanches de façon aguicheuse en quittant la pièce. Elle entendit le Serpentard soupirer longuement derrière elle et un petit rire s'échappa de sa propre gorge.
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Une fois dans le salon, Hermione prit la direction indiquée avant de sortir sa baguette et de prononcer un simple « Alohomora ». Tout comme chez elle, une niche secrète apparut, remplie d'alcools en tout genre.
La jeune femme saisit trois bouteilles différentes, ne sachant pas laquelle Malefoy serait d'humeur à boire et les déposa sur la table basse. Elle se rendit ensuite dans la cuisine et attrapa deux verres à vin classiques, puisque ne trouvant pas ceux réservés à l'alcool fort.
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Lorsque Drago revint dans le salon, il trouva Granger assise sur le canapé. Plusieurs bouteilles étaient disposées devant elle ainsi que deux verres. Lorsqu'elle l'entendit arriver, elle tourna la tête.
- Je n'ai pas trouvé les verres adéquats, expliqua-t-elle en désignant les verres à pied.
- Ils sont dans le buffet, répondit-il en désignant un imposant meuble blanc, près de la table.
Il la vit acquiescer avant de se lever. Elle passa devant lui afin d'aller chercher ce qu'il fallait mais il lui attrapa le poignet avant qu'elle ne fasse un pas de plus.
- Et que dirais-tu d'un verre de vin à la place ? proposa-t-il.
A vrai dire, il n'avait pas tellement envie de s'enivrer comme il en avait l'habitude. Il aspirait plutôt à une soirée tranquille et il voulait surtout qu'ils soient en pleine possession de leurs moyens pour plus tard...
La jeune femme le dévisagea.
- Du vin ? Hum... D'accord, pourquoi pas, opina-t-elle avant de retourner s'asseoir.
- Reste là.
Drago partit en direction de la cuisine et revint, quelques secondes plus tard, une bouteille à la main.
Il s'assit aux côtés de Granger et entreprit de la déboucher.
- Qu'est-ce que c'est, comme vin ? demanda la jeune femme, intéressée.
- Un vin blanc français, un Sauternes. Je suis certain que tu vas apprécier, la rassura-t-il en versant une bonne quantité du liquide couleur or dans l'un des verres à pied avant de le tendre à la jeune femme.
Il en fit de même avec le sien et attendit qu'elle goûte la première. De toute évidence, Granger n'était pas une très grande connaisseuse. Toutefois, ses traits se détendirent instantanément lorsqu'elle avala la première gorgée et Drago vit avec contentement ses yeux se fermer.
Elle les rouvrit quelques instants plus tard.
- C'est vraiment délicieux !
Le Serpentard ne put s'empêcher de pouffer de rire devant son attitude si enfantine. Bien entendu que ce vin était délicieux, il s'agissait d'un très Grand Cru !
Elle lui adressa un regard peu amène et il préféra déguster, à son tour, le breuvage.
Il se laissa ensuite aller contre le dossier du canapé en fermant, lui aussi, les paupières. L'épisode du verre de vin avait été une agréable distraction mais il lui faudrait bientôt faire part d'un détail beaucoup moins frivole à la Gryffondor et il redoutait ce moment.
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Hermione se délectait du vin que Malefoy lui avait servi. C'était comme si elle buvait un élixir préparé par Merlin lui-même. Ce vin était liquoreux à souhait et se sirotait très aisément, même sans accompagnement. Rien à voir avec ce qu'elle avait déjà pu goûter à Londres et qui lui avait si peu ravi les papilles. Après trois gorgées, elle reposa toutefois son verre sur la table et se tourna vers son hôte. Malefoy avait les paupières closes et ses traits été tirés. Devant ce changement d'attitude, la jeune femme fronça les sourcils.
Elle commençait à suffisamment connaître le Serpentard pour savoir quand quelque chose le tracassait. Était-ce en rapport avec sa mère ? Que Narcissa était-elle venue lui dire ?
Hermione aurait bien aimé poser ces questions à Malefoy mais elle n'osa pas. Il s'agissait de sa vie privée, après tout. Elle préféra donc demeurer muette, attendant que le blond se confie à elle s'il en ressentait le besoin. Hermione pensait qu'il en était arrivé à la même conclusion mais, lorsqu'il reprit la parole, ce qu'il lui dit la laissa interdite.
- Granger je... euh... j'ai quelque chose à te demander...
Drago Malefoy n'avait jamais paru aussi hésitant et, surtout, n'avait jamais requis d'elle la moindre faveur. Aussi, après une seconde de latence, Hermione sentit son cœur se serrer dans sa poitrine et son ventre se contracter. Une angoisse palpable s'empara brutalement d'elle. Elle redoutait la suite.
Voyant qu'elle ne disait rien, le Serpentard continua d'une voix tout aussi dénuée d'assurance.
- Écoute, il faut que je parte demain toute la journée. Que je rentre à Londres. Et je me demandais... pourrais-tu garder mon fils ?
Avant qu'Hermione ait pu dire quoique ce soit, il reprenait son monologue.
- Bien sûr, si je te demande ça, c'est parce que je n'ai pas véritablement d'autre option. Mais je comprendrais que tu ne puisses ou ne veuilles pas. Auquel cas je me débrouillerai comme je pourrais.
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Hermione manqua d'exploser de rire. Elle s'était attendue à une demande extravagante ou même dangereuse, mais certainement pas à devoir jouer la nounou pour le compte de Drago Malefoy. Toutefois, cela lui convenait nettement plus que les deux premières options et ce fut pour cela qu'elle ne put retenir un soupir de soulagement.
Il lui demandait de garder son fils durant une journée... Hermione appréciait véritablement l'enfant et n'était pas plus inquiète ou ennuyée que cela de devoir passer une journée complète avec lui. D'autant plus qu'elle n'avait strictement rien à faire chez elle et que passer son samedi en compagnie du garçon ne pourrait s'avérer que plus distrayant que de rester seule chez elle à lire un livre.
Cependant, un léger pincement au cœur se fit ressentir. Elle n'avait pas gardé d'enfant ou même passé une journée complète en compagnie de l'un d'entre eux, depuis la mort de Rose. Parviendrait-elle à faire suffisamment la part des choses ? Cela ne lui ferait-il pas trop penser à sa fille ?
A cette idée, sa respiration s'accéléra et elle ne sortit de sa torpeur que lorsque Malefoy posa une main glacée sur son bras. Elle leva vers lui des yeux hagards.
- Il n'y absolument aucune obligation. Je vais faire autrement, ne t'inquiète pas.
- Je...
La voix d'Hermione était rauque et elle avait la bouche sèche.
- Non, je vais le faire. Je vais garder ton fils, assura-t-elle après s'être humecté les lèvres.
- Tu es sûre ? demanda-t-il en lui adressant un regard légèrement inquiet.
Hermione prit tout de même le temps de la réflexion. Si Malefoy lui demandait ce genre de chose, c'était certainement lié à Narcissa, sinon cela aurait été à elle qu'il aurait confié cette mission. D'ailleurs, pourquoi aurait-il eut subitement besoin de partir, seulement quelques minutes après sa venue, si cela n'avait pas été lié à sa mère ?
C'était donc dans une intention de pur altruisme qu'elle accepta.
- Merci Granger, soupira sincèrement le Serpentard.
Devant son attitude si peu habituelle, Hermione écarquilla les yeux. Entendre Drago Malefoy dire « Merci » c'était comme voir Severus Rogue se laver les cheveux. Autrement dit quelque chose que tout le monde espérait mais qui n'arrivait jamais. Le soupir de soulagement qu'il poussa mais qui ne détendit toutefois pas ses traits, fit également comprendre à la jeune femme qu'il était inquiet. Plus qu'il ne le laissait paraître et la Gryffondor espéra que rien de grave ne s'était produit. Comprenant cependant qu'il souhaite garder sa vie privée pour lui, elle ne poussa pas son inquisition jusqu'à lui poser la question.
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Elle préféra reporter son verre de vin à ses lèvres. Elle avait suffisamment à s'inquiéter à propos de la journée du lendemain. Le blond sembla percevoir son trouble.
- Je te revaudrai ça, Granger, promit-il sur un ton grave.
Elle lui fit un léger signe de la main mais suspendit son geste.
- Ton fils est au courant ?
- Oui. Je lui ai expliqué qu'il était possible que tu passes la journée avec lui. Bien évidemment et comme tu peux t'en douter, il était enchanté, ajouta Malefoy.
Hermione arqua un sourcil. Elle était toujours aussi surprise de l'affection que le jeune sorcier semblait lui porter.
- Et ne t'inquiète pas, je lui ai fait promettre de ne pas t'embêter avec ses questions.
La jeune femme leva les yeux au ciel.
- Tout se passera très bien et je suis certaine qu'il ne m'aurait pas embêtée, même si tu ne lui avais pas fait la morale, soupira-t-elle.
- Il peut être très agaçant quand il le veut, rétorqua le Serpentard.
- Ah oui ? Eh bien je pense que c'est le lot de tout bon Malefoy qui se respecte, se moqua Hermione.
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Le blond plissa les yeux avant de s'approcher d'elle. Il lui attrapa la main avant de déposer un baiser volage à l'intérieur de son poignet. Il reproduisit à nouveau son geste en remontant tout le long de son bras jusqu'à son épaule, puis son cou.
- Et là, tu me trouve agaçant ? souffla-t-il sensuellement en faisant glisser sa langue le long de sa mâchoire.
Pour toute réponse, Hermione soupira d'aise. Elle avait fermé les yeux et ; lorsqu'elle les rouvrit, après que les délicieuses lèvres de son amant eurent quitté sa peau, son visage ne se tenait plus qu'à quelques centimètres seulement du sien.
- Je te confie mon fils, Granger. Quoiqu'il arrive, tu pourras me joindre par Patronus et je reviendrai immédiatement.
Hermione se retint de lever les yeux au ciel une nouvelle fois.
- Ne t'en fais pas, tout se passera très bien. Maintenant, embrasse-moi, ordonna-t-elle en vrillant ses pupilles dans les siennes.
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Avant qu'elle n'ait pu comprendre ce qu'il se passait, elle se retrouva assise à califourchon sur les genoux de Malefoy. Son esprit se déconnecta totalement et, de même qu'auparavant, elle ne pourrait expliquer comment elle se retrouva soudainement plaquée contre le bois froid de la table où, encore quelques heures auparavant, Malefoy et son fils étaient en train de dîner. Retrouvant momentanément un semblant de conscience, la jeune femme se détacha des lèvres du Serpentard et le repoussa légèrement. Son souffle était erratique.
- Ton fils...
- Ne t'inquiète pas, une alarme est placée sur sa porte. S'il l'ouvre, je le saurais immédiatement. J'ai aussi jeté un « Assurdiato », ajouta-t-il en lui faisant un clin d'œil.
- Oh... s'empourpra la jeune femme.
- Rassurée ? demanda-t-il, une lueur amusée dans le regard.
Elle acquiesça.
- Bien.
Et sa langue s'empressa de recommencer à tracer des sillons sur sa peau.
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Tous les sens d'Hermione étaient en émois. Elle reporta son regard devant elle et, en avisant son amant, comprit qu'il était dans le même état. Après avoir étrenné la table du salon, ils s'étaient rendus dans la chambre du bas où c'était, cette fois-ci, Hermione qui avait mené la danse. Ce qui avait semblé particulièrement plaire au jeune homme.
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La Gryffondor reporta son regard sur le plafond immaculé et ferma les paupières, le temps que sa respiration se calme. Elle sentit Malefoy bouger à ses côtés. Son nez caressa sa joue avant de remonter jusqu'à son oreille.
- Tu deviens aussi Serpentard en société qu'au lit, Granger.
Hermione sourit et se tourna vers lui.
- Je ne suis pas certaine que tu en dises autant lorsque tu regarderas l'état de ton dos demain matin, murmura-t-elle contre sa bouche avant d'attraper sa lèvre inférieure et de la mordre légèrement.
Elle le sentit sourire et se dégagea de lui. Elle avait en effet très largement griffé son dos lorsqu'ils étaient encore dans le salon. Une attitude qui relevait plutôt de la lionne que du serpent.
- On verra, éluda le blond.
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Un léger ricanement s'échappa des lèvres d'Hermione qui recommença à observer le plafond. Rapidement, elle sentit une vague de fatigue s'emparer d'elle. Manifestement, cela fut contagieux puisque le Serpentard se leva. Il attrapa son boxer et sa chemise, qu'il enfila, puis retourna vers elle.
- Garde cette chambre, je prends celle du haut. Bonne nuit Granger, à demain soir.
Hermione acquiesça.
- Bonne nuit Malefoy.
Elle le vit s'approcher de la porte, qu'il ouvrit, avant de pivoter une nouvelle fois vers elle.
- N'oublie pas, s'il y a quoique ce soit, tu m'envoies un Patronus.
- Oui, Malefoy... soupira Hermione. Tu peux parler de moi et de mes tendances « Serpentardes » mais tu ne vaux pas mieux. On dirait une véritable lionne qui cherche à protéger son lionceau, railla la jeune femme.
Ladite « lionne » lui adressa un regard furibond auquel Hermione répondit par un éclat de rire. Merlin qu'elle aimait mettre Malefoy en rogne !
Faussement vexé, ce dernier ferma la porte un peu brutalement et Hermione se retrouva soudainement dans le silence le plus complet.
Pas perturbée pour une Noise, elle attrapa son sac à main et fouilla dedans à la recherche de ses vêtements de nuit. Une fois qu'elle les eut trouvés, elle fit un rapide passage par la salle de bain avant de s'étaler de nouveau de tout son long sur le lit, moelleux à souhait.
Elle savait que le lendemain serait une journée mentalement difficile mais, pour le moment, elle n'aspirait qu'à une bonne nuit de sommeil. Encore une fois, Malefoy était parvenu à occulter toutes ses mauvaises pensées.
Ah ! Je suis certaine que vous ne vous attendiez pas à ça ! :P J'entrevoyais déjà vos petits minois inquiets à l'idée que Drago puisse avoir une maîtresse ou bien qu'il soit furax qu'Hermione débarque sans prévenir... Roh ! Franchement ! Ça ne serait tellement pas son style...
Et, en plus de ne pas avoir de maîtresse et de ne pas s'être énervé contre Hermione, Drago était là avec Scorpius ! Eh oui, le petit Scorpinou chéri fait un retour fracassant... Et c'est loin d'être terminé !
D'ailleurs, si vous vous souvenez bien (et je sais que ça a été le cas pour certains revieweurs qui l'ont mentionné dans leur dernière review) la présence de Scorpius au côté de son père avait déjà été évoquée quelques chapitres auparavant lorsque Drago avait proposé à son fils de partir pour quelques jours avant la rentrée... (Eh oui, je sème les indices comme le petit Poucet ! :P). (Pour la référence : chapitre 18 : Affronter ses peurs.)
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Qu'avez-vous pensé de cette première partie de « Un week-end chez les Malefoy » ?
Avez-vous des théories concernant la soudaine venue de Narcissa ? Et le départ précipité de Drago ?
Comment pensez-vous que va se dérouler la journée entre Hermione et Scorpius ? Hermione parviendra-t-elle à faire la part des choses ou se laissera-t-elle submergée par ses souvenirs et ses doutes ?
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Voilà ! J'espère avoir plein de reviews parce que vous devez avouer que je vous ait fait une super surprise avec ce chapitre, alors REVIEWS, REVIEWS ! :D D'autant plus que nous approchons à très grands pas des 200 reviews. Sur l'autre site où je publiais, les revieweurs entraient dans une sorte de « compétition » pour célébrer les « reviewersaires » de cette fic' (autrement dit, les paliers : 100, 200, 300, etc.). Je ne sais pas si cela va se reproduire ainsi mais, pour vous motiver et parce que je constate une légère baisse au niveau du nombre de reviews mais une augmentation du nombre de lecteurs, je vous motive en vous disant que j'offre un bon cadeau valable pour une nuit enchanteresse avec Drago Malefoy à la personne qui laissera la 200e review ! (Oui, oui, je « vends » Drago comme ça, au calme ;).) Cette personne aura le droit de lui faire faire tout ce qu'elle veut, etc. etc. ^^
BREEEF ! J'espère vraiment que ce chapitre vous aura plu !
Je vous fais plein de bisous et je vous dis à dimanche (pour le moment, je ne change pas mes habitudes de publication).
Chalusse
