Bonjour à tou(te)s !

As always : des millions de mercis à l'ensemble de mes revieweurs/euses d'amour ! :) La fic' n'a pas atteint les 200 reviews encore mais j'ai bon espoir que nous y parvenions avec la publication de ce chapitre. D'autant plus car je tiens de source sûre que certaines (et peut-être certains aussi, ça, je ne sais pas), ont bien envie de ramener Drago chez elles ;). Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire pour gagner le bon-cadeau valable pour une nuit enchanteresse avec notre beau blond !

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RàRs anonymes :

Guest (1) : Eh oui, Drago était « simplement » avec Scorpius et je suis ravie que tu sois rassurée ;). Notre petit blond apprécie effectivement beaucoup Hermione et il semblerait que la réciproque soit toute aussi exacte. Ils ont, de toute évidence, certains points communs qui les rapprochent d'autant plus et ça me fait très plaisir que tu apprécies leur « relation ». Est-ce que leur journée ensemble se déroulera bien ? Suspens, suspens !

Sinon, notre Gryffondor nous a effectivement fait une petite crise de jalousie qui n'est pas pour déplaire à notre Serpentard préféré...

Je te remercie mille fois pour ta review et j'espère que tu apprécieras le prochain chapitre ! Je te souhaite, avec une quelques jours de retard encore une fois, une très bonne soirée également ainsi qu'une très bonne lecture ! Bises et à bientôt !

Guest (2) : Je suis ravie que le précédent chapitre t'ait autant plu ! J'espère qu'il en sera de même avec celui-ci et les suivants. Mille mercis pour ta review et à très bientôt, je l'espère ! :)

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Je vous offre, aujourd'hui, le chapitre le plus long depuis le début de cette fic'. J'espère sincèrement qu'il vous plaira et vous donnera envie de m'écrire, à votre tour, un petit mot !

Très bonne lecture à vous et à tout à l'heure pour le blabla de fin de chapitre !

Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


Chapitre 26 : Un week-end chez les Malefoy (Partie 2)

Il était huit heures, ce samedi matin, lorsque le réveil posé sur la table de chevet de Malefoy sonna et réveilla Hermione. Elle l'avait programmé à cette heure, la veille, afin d'être levée avant Scorpius. Elle devait, ce jour-là, surveiller l'enfant et elle prenait son rôle très au sérieux. Elle n'osait même pas imaginer l'état du Serpentard si quelque chose arrivait à son fils alors qu'il était sous sa garde à elle.

Hermione enfila un peignoir, bien trop grand pour elle, qu'elle trouva dans la salle de bain et s'en alla dans la cuisine. Elle y agita sa baguette en direction de la machine à café magique et, instantanément, le précieux liquide noir coula dans la tasse qu'elle avait placé au-dessous. Baillant aux corneilles, la jeune femme se retourna face à la verrière et s'immobilisa. Elle avait une vue parfaite sur pratiquement tout le salon et, au premier plan, Scorpius Malefoy lui faisait un signe de la main.

Il était attablé devant son petit déjeuner et entouré de lourds volumes. Hermione lui fit un léger signe de tête et sortit de la cuisine. Quelques secondes plus tard, elle entrait dans le salon/salle à manger et allait s'asseoir en face de l'enfant.

- Salut, Hermione ! lui lança-t-il d'un ton joyeux.

- Salut. Comment se fait-il que tu sois déjà réveillé ? s'enquit-elle.

- Oh, ça fait déjà une heure que je suis debout. Je me suis réveillé tôt et comme je savais que Papa devait partir tôt, lui aussi, je me suis levé pour le voir. Mais il n'était déjà plus là, termina l'enfant, une pointe de regret dans la voix.

- Je suis certaine qu'il est passé te voir pendant que tu dormais, le rassura-t-elle. Je pense qu'il ne voulait pas te réveiller en te souhaitant une bonne journée.

- Papa ne me souhaite que très rarement une bonne journée. Mais j'y suis habitué, expliqua-t-il d'une voix légère.

Hermione ne sut que répondre et préféra avaler une gorgée de café avant d'attraper un croissant.

- Vous avez une réserve ? l'interrogea la Gryffondor en désignant les viennoiseries d'un signe de tête.

Elle se souvenait parfaitement avoir déjà eu droit à ce même petit déjeuner lorsqu'elle était venue dans cette maison la première fois.

- Non, rigola l'enfant. Ils étaient déjà sur la table lorsque je suis descendu.

Comprenant que c'était Malefoy qui les leur avait laissés, Hermione ne put réprimer un sourire.

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Chacun termina de manger en silence puis Hermione demanda au jeune blond ce qu'il voulait faire au cours de la journée.

- J'ai encore des questions à te poser sur Poudlard. Si tu acceptes d'y répondre, bien entendu. Mais, ce matin, j'aimerai bien qu'on aille se promener, répondit Scorpius.

- Se promener ?

- Oui. Je ne sais pas si Papa te l'a dit mais nous sommes juste à côté d'une ville française, Saint-Malo.

- Oui, je le sais, sourit Hermione.

L'enfant répondit à son sourire avant de poursuivre.

- Avec Grand-mère, on allait souvent se balader dans la ville, sur les remparts ou même à la plage. On pourrait y aller ensemble, non ?

Hermione réfléchit quelques secondes. Sortir un peu leur ferait certainement du bien à tous les deux, surtout s'ils passaient l'après-midi à travailler en prévision de la rentrée de l'enfant.

- D'accord. On se retrouve dans l'entrée dans une heure ? demanda Hermione.

- OK, acquiesça-t-il en refermant le lourd volume qui traînait à côté de son bol de céréale.

La Gryffondor le vit s'en saisir avec l'intention de le rapporter à la cuisine et s'interposa.

- Laisse tout ça ici, je m'en occuperai.

- Tu es sûre ? Papa dit toujours que quand Micky n'est pas ici, c'est à moi de débarrasser, expliqua-t-il, un peu gêné.

- Oui eh bien Malefoy n'est pas là, alors laisse-moi le faire, offrit Hermione en lui adressant un clin d'œil complice.

- Merci !

La jeune femme lui fit un signe désinvolte de la main et le regarda quitter la pièce.

Elle s'y attarda elle-même quelques secondes supplémentaires, afin de terminer son café, puis débarrassa la table d'un coup de baguette. Elle vit la vaisselle prendre la direction de la cuisine avant de se nettoyer toute seule dans l'évier, pendant que la nourriture reprenait place dans les placards. Satisfaite, Hermione se leva à son tour et retourna dans la chambre du Serpentard. Elle récupéra ses vêtements dans son sac à main magiquement agrandi et se rendit dans la salle de bain.

OoOoOoO

Une heure plus tard, tous deux étaient debout dans l'entrée. Hermione regarda la porte et fut soudainement prise d'un doute.

- Euh... ton père ne m'a pas confié les clefs de la maison... commença-t-elle à l'adresse de Scorpius.

- Tiens ! s'exclama-t-il en tirant un trousseau de la poche de son jean.

Hermione tendit la main et il les déposa. Sans la serrure magique, la demeure ne serait pas totalement protégée contre les instruisons. Bien entendu, le sortilège de Fidélitas la protégeait déjà très bien mais, de même qu'avec Scorpius, Hermione préférait ne prendre aucun risque avec la maison de Malefoy. Elle referma donc la porte derrière eux et se tourna une nouvelle fois vers l'enfant en lui tendant les clefs.

- Garde-les, je préfère que ce soit toi qui les aies. J'ai plutôt tendance à perdre des choses en ce moment, confia-t-il en baissant les yeux.

Hermione acquiesça et rangea le trousseau dans son sac à main. Elle jeta un coup d'œil en direction de l'immense jardin et dut, une nouvelle fois, s'en remettre au petit sorcier qui se tenait à ses côtés.

- Est-ce que tu sais comment se rendre en ville ? demanda-t-elle.

- Oui, sourit l'enfant. Viens, c'est par là.

Joignant le geste à la parole, il se mit en marche. Tous les deux contournèrent la maison et Hermione songea, pendant quelques secondes, que Scorpius lui faisait une farce. La barrière qui entourait la propriété formait comme un mur au-delà duquel seule une épaisse forêt s'étendait à perte de vue.

Pourtant, au bout d'un certain temps et alors qu'ils s'approchaient des limites du terrain, la Gryffondor distingua un petit portail qui était apparu magiquement sous leurs yeux. Finalement, ils s'arrêtèrent devant et la jeune femme constata qu'un chemin sinueux avait été tracé au cœur du bois.

- C'est Papa qui la créé, expliqua l'enfant qui suivait ses pensées. Il traverse toute la forêt et mène jusqu'à une plage. Ensuite, il faut faire le reste à pied mais ce n'est pas très long. D'habitude je transplane avec Grand-mère, ou Papa quand il vient avec nous mais comme tu n'y as jamais été, il faudra faire tout le chemin.

- Comment ça, il faut faire le reste à pied ? l'interrogea Hermione en fronçant les sourcils.

Elle avait tiqué sur cette partie du discours de l'enfant et avait déjà une petite idée de ce que cela signifiait, et impliquait, mais espérait de tout son cœur se tromper.

Pour toute réponse, Scorpius lui fit signe de le suivre. Il ouvrit le portail, laissa passer Hermione et referma derrière lui. Ils s'avancèrent ensuite quelque peu sur le chemin en terre et l'enfant le quitta rapidement en demandant à Hermione de l'attendre.

La jeune femme sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Seul Merlin pouvait encore lui venir en aide. Pourtant, l'ancestrale sorcier ne semblait pas être de son côté ce jour-là puisque ce fut bien avec deux balais dernier cri sous le bras que Scorpius revint vers elle.

La jeune femme se sentit pâlir subitement et le jeune Malefoy ne mit pas très longtemps à s'en rendre compte car il lui demanda si elle allait bien.

- Oui, merci, tenta de sourire Hermione. C'est juste que... moi et les balais, nous ne sommes pas ce que l'on pourrait appeler de vieux amis, expliqua-t-elle en insistant bien sur le dernier mot.

Le garçon, en face d'elle, paraissait embêté.

- Je comprends. On peut rentrer si tu préfères...

En sentant qu'il cachait autant que possible sa déception, Hermione fut prise d'un élan de compassion et décida d'affronter sa peur. Elle espérait seulement que le chemin ne serait pas trop long jusqu'à la plage. Merlin, lorsque Malefoy apprendrait cela...

Hermione respira un bon coup et enfourcha le balai que lui avait confié le garçon. Elle vit ce dernier grimper sur le sien avec une aisance non feinte et n'en fut absolument pas étonnée. Après tout, Malefoy avait lui-même été un bon joueur de Quidditch à l'époque de Poudlard, bien que toujours battu par Harry et il s'était certainement empressé de transmettre tout ce qu'il savait à son fils pour qu'il fasse, à son tour, briller son patronyme lorsqu'il serait à l'école.

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Scorpius allait s'envoler lorsqu'Hermione, qui se tenait derrière lui, poussa un petit cri. Inquiet, il se retourna prestement et resta plus que circonspect en constatant qu'un immense sourire venait de prendre place sur son visage. Il fronça les sourcils en signe d'incompréhension.

- Nous n'avons pas à vous servir des balais ! Je peux nous faire transplaner jusqu'à la ville, assura-t-elle avec gaieté.

- Mais... tu es déjà venue ici ?

La jeune femme sembla tout à coup légèrement ennuyée. Son regard devint fuyant lorsqu'elle lui confirma qu'en effet, elle s'était déjà rendue dans cette ville et qu'elle ne savait pas pourquoi elle ne s'en était pas souvenue plus tôt.

L'enfant plissa les yeux. Était-elle déjà venue ici avec son père ? Après tout, elle avait semblé se repérer beaucoup plus facilement dans leur maison que s'il s'agissait simplement de sa première visite. D'ailleurs, comment avait-elle sut qu'il y avait une bibliothèque lorsqu'elle lui avait demandé de la lui faire visiter, la veille, alors que sa grand-mère venait d'arriver ?

Scorpius haussa les épaules, un peu déçu de ne pas pouvoir montrer à Hermione ses talents sur un balai magique mais tout de même content de ne pas avoir à terminer le chemin, menant à la ville, à pied. Il alla replacer les balais dans un coin de la forêt aménagé à cet effet puis revint vers sa nouvelle amie.

OoOoOoO

A peine les eut-elle fait transplaner que Scorpius comprit qu'Hermione était déjà venue ici avec son père. Ils venaient en effet d'apparaître dans la même ruelle sombre et reculée que Drago ou Narcissa utilisait à chaque fois qu'ils avaient besoin de se rendre en ville. L'endroit était très rarement fréquenté, bien qu'au cœur de la vieille ville et cela en faisait un endroit parfait pour les apparitions magiques.

Cette nouvelle révélation renforça encore davantage l'intuition qu'avait eu Scorpius, la veille. Quelque chose d'autre que de simples rencontres occasionnelles se tramait entre son père et Hermione. Car, de ce qu'il en savait, Drago n'avait jamais parlé de leur maison de France à quiconque. Pas même à « Tatie Pansy ». Mais cela ne le dérangeait absolument pas. Il appréciait de plus en plus la gentille et intelligente Hermione. Certainement bien plus que cette idiote de « Tatie Pansy ». Et si l'une d'entre elles devait devenir sa belle-mère, Scorpius accueillerait la première avec joie tandis qu'il se contenterait de frapper son père sur la tête avec virulence jusqu'à ce qu'il reprenne ses esprits et se débarrasse de la Serpentard.

Celle qu'il espérait donc, un jour, voir devenir sa belle-mère, se tourna vers lui. Elle ne s'était pas départie de son sourire.

- C'est tout de même bien plus confortable comme moyen de locomotion.

Le garçon acquiesça et pouffa en se souvenant de la tête qu'Hermione avait tirée en le voyant arriver avec les balais.

}{

Tous les deux passèrent les minutes suivantes à déambuler dans la vieille ville et ne s'arrêtèrent que lorsque Scorpius emmena Hermione sur les remparts.

- C'est très beau, apprécia la jeune femme alors que son regard se perdait sur la mer, calme à cette heure et qui s'étendait à perte de vue sous ses yeux.

- Oui. J'aime beaucoup venir ici avec Grand-mère, confia l'enfant.

- Je comprends, c'est calme et apaisant.

Hermione ferma les yeux et respira l'air iodé à plein poumons. De nombreux Moldus admiraient également la vue mais l'ambiance demeurait très silencieuse et sereine, chacun respectant et appréciant la quiétude qu'apportait avec elles les lourdes vagues qui s'écrasaient à intervalle régulier contre le rempart de pierre.

Finalement, Scorpius et Hermione quittèrent le promontoire et retournèrent au cœur de la ville. Là, la Gryffondor partit à la recherche d'une boutique bien spécifique. Elle finit par dénicher son bonheur et pénétra dans une librairie, d'une taille raisonnable, avec l'enfant.

- Je suis certaine que tu n'as jamais lu de contes Moldus, dit-elle en se retournant vers lui.

- Non, concéda-t-il, un brin curieux.

Hermione sourit et prit la direction de la section réservée à ce genre de littérature, suivie du jeune Malefoy, dont la curiosité était à présent piquée au vif. Rapidement, Hermione mit la main sur ce qu'elle cherchait et tendit un ouvrage assez volumineux à l'enfant.

- Voici les contes de Charles Perrault. C'est un Moldu qui a vécu au XVIIe siècle, ici même, en France. Ses contes sont connus par beaucoup d'enfants Moldus partout à travers le monde. J'ai pensé que cela pourrait te plaire, puisque tu m'as confié aimer ce genre d'histoires.

La jeune femme savait bien qu'elle s'adressait à un Malefoy et que, si le fils avait les mêmes a priori que le père, il n'était pas près de quitter cette boutique, un livre Moldu sous le bras. Elle avait toutefois l'espoir que Scorpius soit justement plus ouvert d'esprit.

Comme pour lui donner raison, le garçon observa le livre sous toutes les coutures, avant d'en lire la quatrième de couverture. Ceci fait, il le serra contre lui avant de remonter la tête en direction d'Hermione.

- J'adorerais le lire ! s'exclama-t-il.

Son enthousiasme fit rire la Gryffondor.

- Eh bien c'est parfait, répondit-elle en prenant la direction de la caisse.

Elle s'arrêta cependant et se retourna avec vivacité en constatant que Scorpius ne lui emboîtait pas le pas. Il était resté immobile, un air ennuyé collé sur le visage. Elle revint vers lui en lui demandant ce qu'il se passait.

- C'est à dire que... je n'ai pas d'argent Moldu, expliqua-t-il en levant les yeux vers elle et en lui adressant une moue désolée.

Hermione ne put empêcher un petit rire de s'échapper de ses lèvres à nouveau. Ne comprenant pas pourquoi elle réagissait ainsi, Scorpius fronça les sourcils et Hermione eut l'impression que Malefoy en personne se tenait devant elle. Ces yeux bleu/gris agacés par l'incompréhension, elle avait l'impression de les connaître par cœur.

- Ne t'en fait pas, le rassura-t-elle en se baissant pour être à sa hauteur. C'est moi qui te l'offre.

Le gamin parut encore plus mal à l'aise qu'avant et se mordit la lèvre.

- Tu es sûre ?

- Oui, sourit-elle. Considère ceci comme un cadeau pour te féliciter de tout le travail de pré-rentrée que tu as accompli.

Les yeux de l'enfant s'égaillèrent soudainement et un immense sourire élargit ses lèvres.

- Merci Hermione ! s'écria-t-il en l'enlaçant un peu gauchement.

Étonnée par tant d'effusions, la Gryffondor resta hébétée pendant quelques secondes avant de refermer ses bras sur lui.

- Ce n'est rien, voyons, répondit-elle, légèrement mal à l'aise à son tour.

- Oh si ! Personne ne me fait jamais de cadeaux. Bien évidemment, Papa et Grand-mère m'achètent plein de choses, mais c'est pas pareil.

- J'espère au moins que celui-ci te plaira.

- Oh oui, j'en suis certain, assura-t-il.

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Hermione régla son achat avec l'argent Moldu qu'elle conservait toujours sur elle, puis sortit de la boutique. Une fois dehors, elle tendit son cadeau à l'enfant qui la remercia une nouvelle fois. Ils continuèrent de déambuler dans les ruelles, observant les marchandises exposées en vitrine et discutant de tout et de rien. Rapidement et à force de passer devant des étalages ou des boutiques qui sentaient bon la nourriture française, leur estomac se manifesta.

- As-tu déjà mangé dans une crêperie ? se renseigna Hermione.

- Non. C'est quoi ?

Sa réponse n'étonna que très peu la jeune femme. Elle voyait mal les Malefoy se rendre dans un restaurant Moldu, même si les crêpes étaient l'une des spécialités de l'endroit où ils avaient élu domicile. Elle éclaira donc la lanterne du jeune sorcier.

- C'est un restaurant qui sert exclusivement des crêpes.

- On ne mange que des desserts ? s'étonna Scorpius en faisant certainement le rapprochement avec les crêpes qu'il pouvait déguster chez lui et qui étaient exclusivement sucrées.

- Non, rigola Hermione. Ici, on en fait également des salées. Tu aimerais y goûter ?

Le garçon prit le temps de la réflexion avant de hocher frénétiquement la tête en signe d'acquiescement.

- Ok, viens.

Ils se remirent en marche et le gamin lui demanda rapidement :

- Et toi, comment tu connais les crêperies ?

- Je suis déjà venue en France avec mes parents quand j'étais petite, pour les vacances d'été. J'ai donc déjà pu goûter à certaines spécialités, expliqua Hermione en tournant à un angle de rue.

- Ah d'accord. Et tes parents, ce sont des Moldus, c'est ça ?

- Oui.

- Ils font quoi dans la vie ?

- Ils étaient dentistes, répondit Hermione d'une voix plus dure qu'elle ne l'aurait souhaité.

Devant son soudain changement de ton, Scorpius tira des conclusions et s'excusa. Hermione lui fit signe qu'elle n'était pas fâchée mais garda le silence. La dernière chose dont elle avait besoin en ce moment, c'était de penser à ses parents.

OoOoOoO

Quelques minutes plus tard, Hermione avait retrouvé sa bonne humeur et pénétrait dans la première crêperie qu'elle avait trouvé, suivie de près par le jeune Malefoy. Un serveur les accueillis très chaleureusement et, en constatant qu'ils étaient anglais, alla chercher sa supérieure, qui était la plus à l'aise avec cette langue. Hermione en profita pour s'éclipser quelques secondes en direction des toilettes. Elle revint rapidement vers sa table où une jeune femme aux cheveux roux et extrêmement bouclés, des taches de rousseur parsemée sur tout le visage, tendait une carte à Scorpius.

- Voici pour toi et ta maman, annonça-t-elle avec un accent anglais tout à fait correct, en déposant le second menu à la place d'Hermione.

La jeune femme, qui avait pu percevoir ses paroles de là où elle se tenait, se pétrifia instantanément. Elle vit que Scorpius s'était également tendu et quelques secondes s'écoulèrent avant qu'il ne remercie la serveuse.

Cette dernière, se retourna et manqua de percuter Hermione qui était toujours immobile.

- Veuillez m'excuser, Madame ! s'exclama-t-elle.

La Gryffondor lui adressa un petit sourire contrit, pour lui faire comprendre qu'il n'y avait pas de mal et alla s'asseoir à sa place. Lorsque ses yeux croisèrent ceux de l'enfant assis en face d'elle, Hermione se sentit doublement mal à l'aise.

Premièrement parce qu'elle ne comprenait pas pourquoi Scorpius n'avait pas repris la serveuse. Après tout, sa propre mère était morte quelques mois auparavant et qu'on donne à une autre femme que sa véritable mère ce titre devait le chambouler. Hermione se doutait bien et d'ailleurs Malefoy le lui avait confirmé, qu'Astoria n'avait pas été une mère particulièrement aimante, ou proche de son fils, mais tout de même...

Elle se sentait également terriblement mal à l'aise parce qu'une puissante vague de tristesse l'avait envahie elle-même. S'entendre appeler la mère de Scorpius l'avait immanquablement conduit à penser à Rose, sa seule et unique fille. La seule et unique enfant qui ne l'avait jamais appelée « Maman ». Sentant sa peine, ainsi que l'affreuse sensation qu'on lui enserrait le cœur, affluer, la jeune femme tenta de se focaliser sur sa respiration.

Inspirer. Expirer. Ne pas penser. Inspirer. Expirer. Ne pas penser. Inspirer. Expirer. Ne pas penser. Inspirer. Expirer. Ne pas penser...

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Ce fut au bout de deux longues minutes qu'elle se rendit compte qu'elle avait fermé les yeux. Ouvrant les paupières, elle constata que Scorpius ne l'avait pas quittée du regard et que tous les traits de son visage étaient tirés, comme s'il pouvait ressentir sa peine.

- Hermione, je suis vraiment désolé, bredouilla-t-il, les yeux larmoyants.

Touchée, la Gryffondor se força à lui sourire. Cet enfant était définitivement bien plus empathique et sensible que son père.

- Ça va. Et puis ce n'est pas de ta faute, le rassura-t-elle comme elle le pouvait.

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Scorpius se sentait affreusement mal. Que la serveuse se soit trompée ne le dérangeait absolument pas. Sa propre mère avait beau être morte, depuis qu'il était petit, c'était pour lui Narcissa, sa grand-mère, qui remplissait ce rôle. Aussi, que quelqu'un nomme une autre femme que sa véritable mère ainsi ne le dérangeait pas plus que cela. Il savait cependant qu'Hermione avait entendu et, sachant qu'elle avait perdu sa fille, il ne pouvait qu'imaginer la douleur qu'elle ressentait en cet instant.

D'autant plus que c'était une partie de sa propre famille qui avait assassinée la pauvre enfant et Scorpius se sentait terriblement honteux. Il avait envie de se cacher sous la table pour pleurer. Le pire c'était qu'il ne savait pas quoi faire pour réconforter la jeune femme. Il aurait bien été tenté de lui dire que lui-même aurait été très fier et heureux d'avoir une mère comme elle mais il n'était pas certain que cela soit véritablement la bonne chose à dire à ce moment-là. Étant totalement démuni, il préféra adopter la même attitude que lorsque son père se perdait dans ses pensées : attendre en silence que son interlocuteur – interlocutrice, en l'occurrence - ne reprenne de lui-même la parole.

Toutefois, Hermione restait invariablement muette et le garçon fit la première chose qui lui passa par la tête. Il se leva d'un bond et alla serrer la jeune femme dans ses bras. Il la sentit se tendre et la serra encore plus fort.

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Depuis quand quelqu'un ne l'avait-il pas serré contre lui ? Hermione n'en avait aucune idée. Mais, une fois l'étonnement passé, elle trouva un certain réconfort dans cette étreinte. Etrangement, Scorpius Malefoy semblait être la personne qui la comprenait le mieux en ce moment. Ils restèrent ainsi pendant plusieurs minutes. L'enfant ne bougeait plus et, une fois qu'elle eut repris son aplomb, Hermione se détacha lentement de lui.

- Merci, souffla-t-elle, la voix pleine de trémolos.

Il lui sourit avant de retourner à sa place.

- Et si on commandait, proposa Hermione, essayant de faire fi de sa douleur et de sa peine.

Chacun se plongea dans son menu mais Scorpius releva rapidement la tête.

- Hermione, je ne comprends rien au menu, se plaignit-t-il.

En effet, l'ensemble était en français et, même s'il maîtrisait quelque peu la langue, Scorpius semblait tout ignorer de l'écrit.

Hermione, qui avait légèrement plus de notion que lui, l'aida à décrypter une partie du menu mais dut s'avouer vaincue au bout d'un certain temps. Au début, cela allait. Les crêpes se composaient d'ingrédients très communs comme du fromage, du jambon ou encore des œufs ou des tomates. Ça, elle comprenait. Mais elle n'avait tout bonnement aucune idée de ce que pouvait être un « escargot », des « Saint-Jacques » ou bien encore de « l'Andouille ». Se résignant, elle interpella leur serveuse et lui demanda des précisions.

Elle faillit exploser de rire devant l'expression de dégoût qu'arbora Scorpius lorsque la jeune femme leur expliqua ce qu'était un « escargot ». Finalement, l'enfant resta très sobre dans son choix en commandant une crêpe jambon, fromage, œuf tandis qu'Hermione se laissait tenter par une au saumon fumé et crème fraîche.

- Ils sont super bizarres, les français, commenta l'enfant en ouvrant des yeux ronds, une fois la serveuse repartie. Ils mangent des escargots ! Beurk !

- En fait... c'est plutôt bon, avoua Hermione.

- Quoi ? Tu en as mangé ?!

- Oui, rigola-t-elle. Mais je ne savais pas que ça se nommait ainsi.

L'enfant lui adressa un regard peiné et Hermione pouffa de nouveau.

- Je te promets que je ne mens pas. C'est bon !

- Mouais... fit Scorpius, pas convaincu pour une Noise. Quand j'expliquerai à Papa que tu as déjà mangé un escargot, il va exploser de rire !

- Ou vomir, rectifia Hermione en s'imaginant la scène.

- Ou vomir, confirma-t-il. Bon alors je ne dirai rien.

Hermione pouffa de nouveau devant le regard dégoûté qu'affichait l'enfant à l'idée que son père ne vomisse. Semblant ravi de constater qu'elle ait retrouvé un peu de sa bonne humeur, Scorpius sourit de toutes ses dents.

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Ils discutèrent de tout et de rien le temps que leur crêpe n'arrive. Une fois attablé devant son repas, Scorpius se jeta comme un ogre sur son assiette pendant qu'Hermione montrait un peu plus de retenue, sans être moins affamée pour autant.

- Dis Hermione ? l'interpella l'enfant, une fois sa bouchée avalée.

- Oui ?

- Pourquoi toi et Papa vous vous appelez par vos noms de famille ?

Hermione fut si surprise par sa question que sa fourchette s'arrêta à mi-distance entre sa bouche et son assiette. Lentement, son bras se remit en mouvement. Une fois la bouche vide, Hermione posa ses yeux sur le jeune blond.

- C'est devenu une habitude entre nous. Depuis qu'on se connaît, ton père et moi nous sommes toujours appelés ainsi, expliqua-t-elle.

- Oui mais vous n'étiez pas amis. Avant, rétorqua l'enfant.

- C'est vrai, concéda Hermione.

Bon, on ne pouvait pas réellement qualifier leur relation actuelle « d'amitié » mais elle préférait cent fois que l'enfant pense ceci plutôt que de savoir en quoi elle consistait réellement.

- Alors, continua-t-il, vous pourriez vous appeler par vos prénoms, non ? Maintenant que vous êtes amis…

Hermione soupira.

- C'est plus compliqué que cela. Et puis, je ne pense pas que ton père serait d'accord...

Le gamin balaya son argument d'un revers de la main.

- Je lui en parlerai ce soir, ou demain. On verra bien ce qu'il dira. En tout cas, moi, j'aimerais bien que vous vous appeliez par vos prénoms. Parce que là, c'est trop bizarre.

Hermione soupira de nouveau. Cet enfant était bien le digne fils de son père. Il était aussi têtu que lui et la Gryffondor espérait qu'avant le lendemain, il aurait oublié son idée, même si elle ne se faisait pas tellement d'illusions. Elle se sentait mal à l'aise à l'idée d'appeler Malefoy par son prénom et qu'il en fasse de même avec elle et elle savait pertinemment que le Serpentard ressentait la même chose, voire même une totale répulsion.

OoOoOoO

- Souhaiterez-vous un dessert ? proposa la serveuse après les avoir débarrassés.

Hermione n'avait plus faim mais elle ne pouvait pas en dire autant de l'enfant qui se tenait en face d'elle. Scorpius ne disait rien mais ses yeux brillaient d'une étrange façon. Ils brillaient de gourmandise. Comprenant que si elle ne demandait pas elle-même, le blond, beaucoup trop bien élevé, n'en ferait rien, la jeune femme se retourna vers la serveuse qui patientait toujours.

- Apportez-nous la carte, s'il-vous-plaît.

- Bien sûr, Madame.

Elle vit que l'intérêt de Scorpius avait été piqué. La serveuse revint quelques secondes plus tard et lui tendit la carte des desserts. La jeune femme lui fit signe de la donner à Scorpius et ce dernier haussa un sourcil.

- Tu ne prends pas de dessert, Hermione ?

- Non, je n'ai plus faim. Mais prends-en un, toi, sourit-elle.

- Tu es sûre ?

- Mais oui, commande ce qui te fait plaisir.

Il lui adressa un grand sourire avant de se plonger dans la carte. Quelques minutes plus tard, la jeune femme rousse vint prendre sa commande.

- Une crêpe au caramel au « beurre salé » s'il-vous-plaît, lut l'enfant en essayant de ne pas écorcher ce terme qu'il ne connaissait pas mais qui, après que la serveuse lui eut expliqué de quoi il s'agissait, lui faisait terriblement envie.

- Très bien, répondit-elle en prenant note sur son petit carnet. Et vous, Madame ?

- Un café, s'il-vous-plaît.

- Parfait. Je reviens bientôt avec tout cela.

Ils patientèrent pendant quelques minutes au cours desquels le jeune sorcier demanda à Hermione si elle avait déjà goûté au caramel au beurre salé.

- Jamais, répondit-elle. Mais j'ai entendu dire que c'était vraiment très bon.

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Cela se confirma lorsqu'après avoir englouti une première bouchée de sa crêpe, la jeune femme vit le visage du jeune Malefoy s'illuminer.

- Ch'est vraiment cro bon ! s'exclama-t-il, la bouche pleine.

Un rire léger s'échappa des lèvres d'Hermione en le voyant enfourner une seconde bouchée, la première à peine avalée.

- Tu veux goûter, proposa-t-il, après avoir dégluti.

- Non merci, je te crois sur parole, déclina la jeune femme en sirotant son café.

Une fois qu'ils eurent terminé, Hermione alla régler leur déjeuner.

- Merci Madame, jeune homme, j'espère vous revoir très bientôt. Passez une bonne journée, les salua leur serveuse alors qu'ils s'apprêtaient à partir.

- Merci, vous de même, répondit Hermione.

- Au revoir, dit l'enfant au même instant.

Une fois dehors, ils reprirent lentement la direction de la petite ruelle isolée qui leur permettrait de rentrer au domaine Malefoy.

- J'aimerais bien revenir avec Papa, fit savoir le fils du Serpentard, sur le ton de la conversation alors qu'ils déambulaient parmi les Moldus.

- Tu pourras toujours le lui proposer, répondit Hermione, qui doutait fortement que Drago Malefoy soit du genre à mettre les pieds dans un restaurant Moldu qui ne possédait pas, au minimum, trois ou quatre étoiles.

- Tu penses qu'il refusera ? s'enquit Scorpius, perspicace et en se mordant la lèvre.

Il paraissait vraiment déçu et Hermione lui promit de l'aider à plaider sa cause auprès du Serpentard.

- Merci Hermione ! s'écria-t-il, pour au moins la quatrième ou cinquième fois de la journée.

.

Une fois rentrés, la jeune femme lui demanda ce qu'il aimerait faire en ce début d'après-midi.

- Hum... réfléchit le blond. Est-ce qu'on pourrait travailler sur la métamorphose ?

- La métamorphose ? Oui, bien sûr. Tu sais, c'était ma matière préférée à Poudlard, confia la jeune femme alors qu'ils entraient dans le salon.

- Ah oui ? Moi, ça me semble très, très dur comme matière.

- Ça l'est. Mais avec du travail et en écoutant les conseils du professeur McGonagall, tu ne pourras que réussir, ajouta-t-elle en voyant la tête dépitée qu'il tira lorsqu'il eut confirmation de ce qu'il redoutait.

- J'espère.

- Mais oui, ne t'en fait pas. Allez, va chercher tes livres.

Le garçon ne se fit pas prier et revint quelques minutes plus tard, les bras chargés de deux imposants manuels. Hermione reconnut immédiatement le « Manuel de métamorphose à l'usage des débutants » exigé dès la première année au collège mais demanda des précisions quant au second.

- Je l'ai trouvé dans la bibliothèque, chez moi, au Manoir. Il parle de métamorphose mais ça m'a l'air trop avancé pour moi, expliqua Scorpius.

- Laisse-moi y jeter un coup d'œil, offrit Hermione.

Il lui tendit l'épais volume relié de cuir. « La métamorphose » par Edward W. Wilbert. Le moins que l'on pouvait dire était que tout se trouvait dans le titre... La jeune femme l'ouvrit au hasard. « Comment réussir votre sortilège d'Inanimatus Apparitus sans vous même disparaître au cours du processus ? » Hermione se souvint que ce sortilège était au programme de cinquième année et continua à feuilleter le manuel. Il lui apparut assez rapidement que tout son contenu s'adressait à un sorcier bien plus expérimenté qu'un simple débutant. Il y avait même des sortilèges dont la jeune femme n'avait jamais entendu parler.

- Tu as raison, il est beaucoup trop précis pour toi, le rassura Hermione en rendant son livre à l'enfant. En première année, tu ne feras rien de tout ceci. D'ailleurs, tu ne feras rien de tout ceci avant au moins la cinquième année.

- Ouf ! soupira-t-il. Je m'étais bien rendu compte que les programmes entre les deux ne correspondaient pas vraiment mais bon...

- Rassure-toi, le manuel proposé par le collège est très complet et pédagogique. Bien entendu, il te faudra aller faire des recherches à la Bibliothèque pour tes devoirs mais tu trouveras déjà pas mal de choses dedans, ajouta Hermione.

- J'ai tellement hâte de voir la Bibliothèque !

- Elle va beaucoup te plaire, j'en suis certaine. Poudlard dans sa globalité va te plaire.

- Sûrement...

Hermione perçut un léger accent d'inquiétude dans sa voix.

- Quelque chose ne va pas ? s'enquit-elle en s'asseyant à ses côtés.

- C'est juste que... j'ai peur pour la répartition.

- Oh, il ne faut pas. Moi aussi j'avais très peur mais ils vont juste déposer le Choixpeau sur ta tête et c'est lui qui t'enverra dans ta maison.

- C'est justement ça qui me fait peur...

- Ta future maison ?

- Oui... J'ai peur de décevoir mon père, avoua l'enfant après une second d'hésitation.

Son besoin de reconnaissance et son envie de faire plaisir et de ne pas décevoir Malefoy toucha Hermione.

- Ne t'inquiète pas, ton père ne sera pas déçu. Tu es son fils, il sera toujours fier de toi, tenta-t-elle de le rassurer.

- Il m'a dit que j'avais interdiction d'aller à Poufsouffle. Sinon, il va me déshériter...

Hermione se doutait bien que ces menaces n'étaient rien d'autre que des paroles en l'air mais elle fut tout de même scandalisée par les propos du Serpentard.

- Écoute-moi. Toutes les maisons de Poudlard ont leurs avantages et leurs inconvénients. Aucune n'est parfaite mais toutes sont très bien. Et puis, la répartition n'est pas une punition. Bien au contraire, elle est faite en fonction de ta personnalité.

- Je sais... mais j'ai peur quand même. Je sais que Papa voudrait que j'aille à Serpentard, comme lui et ma grand-mère.

La Gryffondor était maintenant révoltée.

- Rassure-toi, je parlerai à ton père. Tu as le droit d'aller dans n'importe quelle maison !

- C'est ce que m'a également dit Grand-mère.

La jeune femme tiqua. Narcissa Malefoy se révélait être de moins en moins conforme à l'image qu'Hermione avait d'elle. Ce qui était une très bonne surprise.

- Eh bien elle a raison ! N'écoute pas ton père. En plus, je suis certaine qu'une fois que l'année aura débuté, il ne prêtera pas plus d'attention que cela à la maison dans laquelle tu as été envoyé.

- Je n'en suis pas si sûr...

- Je ne connais pas ton père par cœur mais s'il y a une chose dont je suis certaine c'est que, sous ses faux airs et malgré ce qu'il peut dire, tu es ce qu'il a de plus précieux au monde. Tu es son fils et il sera toujours fier de toi, même si tu ne vas pas à Serpentard.

Une seconde de silence s'écoula, au cours de laquelle Hermione vit Scorpius assimiler ses paroles. Finalement, il releva la tête vers elle.

- Merci, Hermione, murmura-t-il avec gratitude.

- De rien. Et puis, tu sais, quand tu seras à Poudlard, tu pourras toujours m'envoyer des hiboux si ça ne va pas.

- Vraiment ? demanda le garçon, que la proposition semblait véritablement rassurer.

- Oui bien sûr ! affirma Hermione en souriant. Si tu as des questions pour les cours ou les devoirs, ou pour n'importe quoi.

- Merci ! s'exclama-t-il avant de lui sauter au cou.

Hermione rigola devant son entrain. Ravie de constater qu'elle avait réussi à le rasséréner quelque peu.

.

Ils passèrent les deux heures suivantes à aborder tous les nombreux pièges dont recelait la matière, puisque Scorpius ne pouvait pas encore passer aux travaux pratiques. Il assimilait rapidement tout ce que lui disait sa professeure du jour et Hermione ne douta pas un seul instant qu'il serait, si ce n'était le meilleur, au moins l'un des premiers de sa promotion. Elle décelait un fort potentiel en lui. Pour le féliciter et pour détendre un peu l'atmosphère studieuse, Hermione se proposa de lui faire quelques petites démonstrations. Elle transforma de nombreux objets autour d'elle et bluffa littéralement l'enfant lorsqu'après avoir pointé sa baguette sur lui, son visage se métamorphosa trait pour trait en celui de son père. Hermione éclata de rire devant la vision.

- Wow ! s'exclama l'enfant en s'admirant sous toutes les coutures devant un miroir accroché au mur du salon. Tu es vraiment très, très douée, Hermione ! s'émerveilla-t-il.

- Merci, répondit l'intéressée, un peu gênée.

Au bout de quelques minutes, le visage de Scorpius redevint normal.

- Et que dirais-tu si nous faisions des biscuits pour le goûter ? proposa la Gryffondor.

- Oh ouais ! Je vais appeler Micky.

- Pas besoin de prévenir l'elfe. Nous allons nous débrouiller tout seuls, expliqua Hermione en lui faisant un clin d'œil.

- Sérieusement ?

- Oui, rigola-t-elle. Tu n'as jamais préparé de gâteau sans son aide ? demanda la jeune femme, étonnée.

- Non. Papa n'aime pas vraiment cuisiner et Grand-mère ne fait jamais de gâteau.

- Je vois. Eh bien je ne suis pas ce qu'on peut appeler un « cordon bleu » moi-même mais je connais tout de même une recette assez simple qui devrait te plaire.

- C'est quoi un « cordon bleu » ?

- C'est une expression Moldue, sourit la jeune femme. Ça veut dire que je ne suis pas une très bonne cuisinière.

- Oh ! Eh bien Papa non plus n'est pas un « cordon bleu » !

Il ponctua sa déclaration par une moue dégoûtée que la Gryffondor mit sur le compte des choux de Bruxelles de la veille.

- Ne lui dit pas ça, surtout, recommanda-t-elle en riant. Même si je ne pense pas qu'il connaisse cette expression.

- Ne t'inquiète pas, je n'ai pas envie de mourir si jeune, répondit-il en faisant de grands gestes théâtraux pour mimer une mort lente et douloureuse.

OoOoOoO

Une délicieuse odeur sucrée se répandit bientôt dans toute la maison. Scorpius, assis sur une chaise devant le four, scrutait avec attention les cookies qu'il avait préparé avec Hermione. Il ne connaissait pas ces gâteaux Moldus mais les ingrédients qu'il avait vu défiler sous ses yeux lui avait mis l'eau à la bouche.

- Hermione, je crois que c'est prêt ! l'interpella-t-il une fois que les biscuits eurent pris une jolie couleur dorée.

- Oui, nous pouvons les sortir, confirma-t-elle après y avoir jeté, à son tour, un coup d'œil.

La jeune femme les récupéra et, pendant qu'elle tenait la plaque, après qu'elle eut jeté un sortilège pour qu'il ne se brûle pas les doigts, Scorpius s'empressa de placer les gâteaux sur une assiette. Il ne prit même pas la peine de mettre le dernier avec ses congénères et croqua dedans à pleines dents.

- Attention, ça doit être très chaud ! s'exclama Hermione en le voyant faire.

Trop tard... Il ne sentait plus sa langue et le morceau de gâteau qu'il avala précipitamment lui incendia toute la trachée. Après avoir affirmé à Hermione que ses biscuits étaient très bons, il l'autorisa à lui jeter un nouveau sortilège pour faire passer la brûlure de sa langue.

- Comment tu fais pour connaître autant de sorts ? s'étonna l'enfant en croquant de nouveau dans son cookie mais en ayant, cette fois-ci, longuement soufflé dessus pour le faire redescendre en température.

- J'ai été Médicomage, révéla-t-elle.

Le gamin fut véritablement stupéfait. Il avait toujours imaginé Hermione sous les traits d'une professeure ou quelque chose dans la même veine. Il ne l'imaginait absolument pas avec une blouse de docteur. Mais bon... il fallait avouer que c'était pratique.

OoOoOoO

Après le goûter, il exprima l'envie d'aller lui faire une démonstration de ses talents sur un balais volant, puisqu'il n'avait pas pu le faire le matin même. Il demanda donc à la jeune femme de l'attendre dans le jardin pendant qu'il allait chercher son Nimbus 2016. D'habitude, il n'avait pas le droit de voler dans le jardin. Pendant qu'ils avaient vécu ici, Narcissa avait catégoriquement refusé que Drago enseigne à son petit-fils le maniement d'un balai volant sous ses yeux. Comme la maison étaient en grande majorité pourvues de baies vitrées, Drago et Scorpius avaient dû se trouver un coin tranquille dans la forêt. Mais comme ce jour-là sa grand-mère n'était pas là, le jeune sorcier ne s'embarrassa nullement de telles restrictions. Il revint rapidement vers Hermione et s'apprêtait à enfourcher son balai lorsqu'un imposant loup translucide se matérialisa soudainement devant eux.

« Je risque de rentrer tard. Granger, j'espère que cela ne te dérange pas de rester ici jusqu'à ce que je revienne. Si c'est le cas, envoie-moi un Patronus, je te prie, pour que je prenne mes dispositions. Sinon, merci à toi d'envoyer Scorpius se coucher à vingt-deux heures maximum. Je rentre dès que possible. »

}{

Hermione resta interdite quelques secondes après que le Patronus de son amant eut disparu et ne reprit contenance que lorsque le fils de ce dernier pesta fortement. La jeune femme, surprise par son attitude, tourna la tête vers lui en haussant un sourcil.

- Je ne comprends pas pourquoi il me paterne autant. J'ai onze ans, je peux me garder tout seul pendant une heure ou deux ! grommela-t-il. Non pas que je veuille que tu t'en ailles, hein ? ajouta-t-il à son attention.

Cette dernière ne répondit rien.

- Tu vas t'en aller ? lui demanda le garçon d'une voix où perçait déjà une note de regret.

Hermione réfléchit quelque seconde. Maintenant qu'elle était ici, ce n'étaient pas quelques heures de plus ou de moins qui allaient changer grand-chose. Et puis, ce n'était pas comme si un programme passionnant l'attendait chez elle.

- Non, je vais rester ici jusqu'à ce que ton père rentre.

- Ouf ! soupira le garçon, visiblement rassuré. Moi, j'aimerais bien que tu restes tout le week-end, Hermione.

La jeune femme tiqua.

- Pardon ?

- Bah ouais. Quand t'es là, Papa il est plus cool et puis je t'aime bien… beaucoup même.

Hermione fut touchée par ses paroles. Elle aussi appréciait grandement cet enfant qu'elle apprenait à découvrir au fil des heures.

- Moi aussi, Scorpius mais je ne suis pas certaine que ton père serait d'accord. Et puis vous étiez venu ici pour passer du temps ensemble, tous les deux. Je ne veux surtout pas m'imposer.

Une fois encore, le blond balaya ses arguments d'un revers de la main.

- Mais toi, tu voudrais bien rester avec nous ? insista-t-il.

Hermione se perdit dans ses pensées. Elle appréciait les deux Malefoy. D'une façon très différente, elle en convenait mais passer du temps avec chacun séparément ne la dérangeait absolument pas, bien au contraire. Toutefois, passer une journée entière avec le père et le fils était complètement différent qu'une simple journée de babysitting.

- Je... je ne sais pas, Scorpius. De toute façon, je ne pense pas que ton père serait d'accord, éluda-t-elle de nouveau.

Bien sûr, elle ne pouvait pas prétendre connaître les pensées du Serpentard mais elle devait avouer que cette échappatoire tombait à point nommé.

- Hum... Je lui en parlerai ce soir. J'espère qu'il ne reviendra pas trop tard. Sinon, je lui écrirai un mot, ajouta le gamin après une seconde de réflexion. Tu voudras bien lui donner ?

- Oui, promit la jeune femme.

.

Soulagée que le sujet soit clos, Hermione passa les deux heures suivantes à regarder l'enfant progresser sur son balai. Enfin, après une démonstration de vingt minutes Scorpius lui fit savoir qu'il allait dorénavant s'entraîner à attraper le petit vif d'or le plus rapidement possible et que, comme cela n'était pas très passionnant, elle ferait peut-être mieux de trouver une occupation plus intéressante. Le prenant aux mots, la Gryffondor alla chercher le livre qu'il lui avait prêté et s'assit dans l'herbe afin d'en poursuivre la lecture. Elle voyait régulièrement le jeune Malefoy passer devant elle en pourchassant la petite balle dorée tout autour de la maison. Finalement, le gamin se lassa et revint vers elle, les cheveux ébouriffés et les joues rougies.

- Je vais aller prendre une douche, annonça-t-il.

- D'accord. Mais avant, viens avec moi quelques minutes, s'il-te-plaît, le pria Hermione en se levant.

Il la suivit jusqu'à la cuisine.

- Il va bientôt être l'heure du repas et je ne sais pas vraiment ce que tu aimes, expliqua-t-elle. J'ai vu qu'il y avait des cuisses de poulet dans le garde-manger, est-ce que cela te plairait ?

- Oui, j'adore ça, assura l'enfant.

- Ok. Et comme légumes ?

- Tout mais pas des choux de Bruxelles, s'il-te-plaît ! s'exclama-t-il vivement.

- Non, ne t'inquiète pas, j'ai bien compris que tu ne les portais pas dans ton cœur, rigola la sorcière.

Elle ouvrit de nouveau le garde-manger à la recherche d'une idée. Ses yeux se posèrent sur des haricots verts frais. Après avoir obtenu l'assentiment de Scorpius, Hermione les sortit et commença à les équeuter pendant que ce dernier allait prendre une douche. Trente minutes plus tard, il était de retour et demanda la permission d'aller regarder un peu la télévision avant le dîner.

Pendant ce temps, la Gryffondor fit de son mieux pour rendre ce dîner très simple le plus savoureux possible et appela l'enfant lorsque tout fut prêt.

Hermione fut relativement satisfaite et le gamin lui assura qu'elle était un bien meilleur « cordon bleu » que son père. Elle rigola de sa remarque tout en allant chercher la corbeille de fruits dans la cuisine. Une fois leur repas terminé, la Gryffondor insista pour débarrasser et Scorpius retourna regarder la télévision. Contrairement au petit déjeuner, Hermione nettoya tout à la manière des Moldus avant d'aller retrouver le jeune Malefoy sur le canapé. Ils visionnèrent la fin de la comédie qu'il avait commencé à regarder un peu plus tôt dans la journée et, à vingt-et-une heures cinquante, la jeune femme lui rappela les consignes qu'avaient imposées son père. Scorpius soupira, visiblement agacé d'être traité comme un enfant mais, sachant qu'Hermione n'y était pour rien, se leva tout de même de bonne grâce du canapé. Il s'arrêta tout d'abord dans la salle de bain de l'étage pour passer son pyjama et se brosser les dents puis, lorsqu'il ressortit, la jeune femme le suivit jusqu'à sa chambre où elle le vit s'attabler à son bureau. Il attrapa une feuille, un crayon et lui tendit, quelques secondes plus tard, un bout de papier plié en quatre.

- Tu voudras bien le donner à mon père quand il rentrera ? demanda-t-il.

- Bien sûr, lui sourit Hermione.

- Merci. Bonne nuit, Hermione, j'espère que tu seras toujours là à mon réveil demain matin, ajouta-t-il en se dirigeant vers son lit.

- Bonne nuit, Scorpius, répondit la jeune femme en éteignant sa lumière une fois qu'il se fut glissé sous les draps et avant de refermer doucement sa porte.

Elle n'avait pas répondu au reste de sa tirade mais que pouvait-elle dire ? Elle-même ne savait pas vraiment ce qu'elle voulait.

.

Elle redescendit l'escalier et alla s'assurer que la porte d'entrée était bien fermée à clé. Comme elle ne savait pas à quelle heure allait rentrer Malefoy, la jeune femme prit la direction de la salle de bain, attenante à la chambre du bas, avec l'intention de prendre un bon bain. Elle repoussa son envie d'apporter avec elle l'épais volume que lui avait gentiment prêté Scorpius. Bien qu'elle puisse le protéger contre l'eau et l'humidité à l'aide d'un sort, elle ne se sentait pas très à l'aise à l'idée qu'il puisse tout de même entrer en contact avec de l'eau. Cet ouvrage était très ancien et si ses sortilèges se révélaient inefficaces et qu'elle l'abîmait par mégarde, elle ne se le pardonnerait jamais. D'autant plus qu'elle n'avait absolument pas les moyens de le remplacer, si toutefois ce livre était encore commercialisé quelque part...

Elle se débarrassa de ses vêtements qu'elle déposa sur une chaise dans la chambre et plaça le petit mot de Scorpius bien en évidence sur le lit pour ne pas oublier de le donner à Malefoy.

Ceci fait, la Gryffondor se dirigea rapidement jusqu'à la baignoire qu'elle remplit d'eau et de sels de bains magiques et odorants. Elle releva ses cheveux en un chignon bâclé et se délassa dans l'eau tiède. Ses muscles se relaxèrent instantanément et elle ferma les yeux.

OoOoOoO

Un léger grincement la fit rouvrir les paupières. Hermione fronça les sourcils et attrapa sa baguette. Rapidement, des bruits de plus en plus forts et proches se firent entendre jusqu'à ce que :

- Granger, c'est moi. Je suis rentré.

Reconnaissant la voix de Malefoy, Hermione soupira de soulagement et relâcha sa prise sur sa baguette.

- Je peux entrer ?

- Oui, répondit-elle, bien trop soulagée pour se soucier de paraître pudique.

Malefoy ne se fit pas prier et pénétra dans la salle de bain. Ses cheveux étaient ébouriffés et il ne portait plus sa veste. Deux boutons de sa chemise étaient défaits et il avait un cookie à la main.

- Ça s'est bien passé ? s'enquit-il à brûle-pourpoint.

- Très bien.

- Certaine ?

- Oui, Malefoy, sourit la jeune femme.

- Hum... Qu'avez-vous fait ?

- Ton fils te racontera tout cela demain, je ne veux pas gâcher la surprise, répondit-elle en lui faisant un clin d'œil. En parlant de ton fils, d'ailleurs. Comme convenu il est allé se coucher à vingt-deux heures.

- Bien. Je suis passé le voir, il dormait à poings fermés.

- Très bien. Tu as faim ? demanda Hermione le voyant engloutir la fin de son cookie. J'ai laissé une assiette pour toi dans la cuisine comme je ne savais pas à quelle heure tu rentrerais.

- Merci mais j'ai déjà mangé. Ça, fit-il en faisant référence au gâteau, c'était de la pure gourmandise. Très bon d'ailleurs. C'est toi qui les a faits ?

- Oui. Avec Scorpius, cet après-midi, acquiesça-t-elle.

Le Serpentard ne répondit rien et le silence s'abattit entre eux.

- Je peux te rejoindre ? s'enquit-il soudainement.

Un peu surprise par sa demande, Hermione mit quelques secondes avant d'opiner du chef.

- Je reviens dans deux minutes, annonça le blond en lui adressant un regard lourd de sous-entendus.

- Oh, Malefoy ?! l'interpella Hermione alors qu'il était reparti dans la chambre.

- Oui ? l'entendit-elle l'encourager.

- Le papier sur le lit est pour toi. Ton fils m'a fait promettre de te le remettre dès que tu reviendrais.

- Ok.

.

Attendant qu'il revienne, Hermione referma les yeux. Elle entendit le Serpentard pousser un long soupir avant de pouffer légèrement et, quelques secondes plus tard, il était de retour dans la salle de bain, dans son plus simple appareil. La vision d'un Malefoy nu devant elle fit monter le rouge aux joues d'Hermione. Comme toujours, elle se sentit idiote et détourna le regard. Elle s'avança dans l'eau lorsqu'il lui apparut clairement qu'il avait l'intention de se placer dans son dos.

Les mains et les jambes du Serpentard chatouillèrent sa peau pendant qu'il prenait place et la jeune femme retint un hoquet de surprise lorsqu'il l'attira à lui. Elle se retrouva plaquée contre son torse, le souffle du blond se perdant dans son cou. Elle sentait littéralement tout son corps contre le sien et, bien qu'ils soient devenus très intime ces derniers temps, cela n'empêcha pas Hermione de s'empourprer de nouveau.

- Pourquoi rigolais-tu ? demanda-t-elle pour se donner contenance.

- Scorpius. Tu as lu le mot ?

- Non, il t'était adressé.

- Tiens, dit-il en lui donnant le papier qu'il avait apporté avec lui.

Hermione se sécha les mains avec la serviette qui était à sa portée et attrapa le bout de parchemin. Elle était un peu mal à l'aise à l'idée de lire quelque chose qui ne lui était pas destiné mais y jeta tout de même un coup d'œil.

.

Papa,

Il ne faut pas laisser Hermione repartir ! Je voudrais vraiment, vraiment beaucoup qu'elle reste avec nous jusqu'à la fin du week-end et, même si elle ne l'a pas avoué, je pense qu'elle en a aussi envie.

J'espère que tu ne lui demanderas pas de partir. S'il-te-plaît. J'ai passé une super journée avec elle. Bonne nuit.

S.M.

.

La jeune femme ne put réprimer le sourire attendri qui étira ses lèvres. Elle ne s'était pas attendue à ce que le petit blond demande véritablement à son père la permission pour qu'elle reste ici, avec eux. Malgré sa syntaxe un peu approximative il avait réellement pris l'écriture de sa « lettre » à cœur et Hermione ne put que s'en sentir touchée. Elle rendit le mot à son destinataire.

- Tu veux rester avec nous ? lui demanda Malefoy en l'attirant un peu plus à lui après avoir reposé le papier par terre.

Hermione resta silencieuse. Elle n'avait pas vraiment de réponse et préféra éluder par une autre question.

- Et toi, qu'en penses-tu ?

Il embrassa son cou, juste au-dessous de son oreille et Hermione frémit.

- Hum..., je ne sais pas pour demain mais, ce qui est certain, c'est que tu ne rentreras pas chez toi ce soir, susurra-t-il.

Surprise, Hermione tourna la tête sur le côté jusqu'à rencontrer ses prunelles grises.

- Ah oui ? Et pourquoi cela ? demanda-t-elle innocemment.

- Parce que je compte bien coucher avec toi jusqu'à ce que tu en tombes de fatigue, répondit-il du tac-au-tac.

Face à ses paroles explicites Hermione rougit et détourna le regard avant de replacer sa tête contre son torse.

- Ce programme te pose-t-il problème ? s'enquit-il.

- Pas le moindre, répondit la jeune femme d'une petite voix.

- Parfait.

Et il ponctua sa réponse par un nouveau baiser au creux de son cou.

- Détends-toi, Granger.

C'est à ce moment-là qu'Hermione remarqua que tout son corps était très fortement crispé. Son bain ne l'avait apparemment pas tant relaxée que cela et elle se demandait depuis combien de temps elle était ainsi. Même si elle faisait tout pour l'occulter, cette journée avait tout de même été assez éreintante psychologiquement parlant. Surtout au moment du déjeuner...

- Il s'est passé quelque chose ? murmura le Serpentard en commençant à lui masser les épaules.

- Je... Me retrouver seule avec un enfant, toute une journée, n'a pas été aussi simple que je l'avais envisagé, avoua-t-elle après quelques secondes de silence.

- Je suis désolé de t'avoir imposé ça. Je me ferais pardonner, promit-il.

- Hum... Tu peux déjà commencer par continuer ce que tu es en train de faire, répondit la Gryffondor en fermant les yeux de bien-être.

Elle l'entendit ricaner mais ne répondit rien. Ses mains caressaient, pinçaient, malaxaient sa peau et elle sentit ses muscles se relâcher instantanément.

.

Le Serpentard continua ainsi jusqu'à ce qu'elle soit totalement détendue. Hermione poussa un soupir d'aise alors qu'elle le sentait descendre lentement le long de son dos avant de poursuivre sur ses hanches puis sur ses cuisses. Instinctivement, la jeune femme frissonna de désir. Elle se retourna vers le blond et lui adressa un sourire mutin. C'est alors qu'elle remarqua que lui-même était très tendu. Les traits de son visage étaient stricts, malgré la fièvre qui s'emparait de lui un peu plus à chaque caresse qu'il prodiguait.

Hermione se souvint soudainement des raisons de son absence et son ventre se contracta légèrement. Malefoy, qui ne lassait pourtant jamais rien transparaître, portait sur son visage les stigmates d'une journée qui avait, de toute évidence, été très intense et éprouvante. Un brin de curiosité s'insinua en elle mais Hermione préféra en faire abstraction. Si Malefoy avait voulu lui en parler, il l'aurait fait. De même qu'il lui aurait fait savoir si quelque chose de grave et pouvant avoir des répercussions sur leur vie, était arrivé.

- Tu sembles être celui qui a le plus besoin d'un massage, murmura-t-elle plutôt en faisant glisser ses doigts sur les traits contractés de son visage.

Il soupira avant de lui attraper le poignet et de le porter à ses lèvres. Il y déposa un léger baiser.

- Seulement si c'est toi qui le fait.

- Qui d'autre ? rigola la jeune femme avant de l'embrasser chastement sur les lèvres, alors qu'il avait fermé les yeux. Je t'attends dans la chambre.

OoOoOoO

Hermione patientait depuis maintenant cinq minutes, assise sur le lit, enroulée dans un peignoir bien trop large pour elle. Elle avait pu entendre le Serpentard se laver avant de se brosser les dents. Cela faisait quelques secondes maintenant que plus aucun son ne parvenait de la salle de bain dont la porte était restée entrebâillée. Hermione haussa les sourcils en voyant cette dernière s'ouvrir finalement avant qu'un Malefoy, toujours dans le plus simple appareil, n'en sorte. Il alla s'allonger sur le lit, à plat ventre et la Gryffondor comprit que c'était à elle de jouer. Elle s'assit tout d'abord à ses côtés avant de commencer à pétrir doucement ses épaules contractées. Elle dut toutefois se rendre rapidement à l'évidence, cela n'était pas la meilleure position pour accomplir son travail de la meilleure des manières.

Elle se mordit la lèvre. Elle était tentée de s'asseoir à califourchon sur lui mais le fait qu'il ne porte même pas de boxer la fit hésiter. Elle-même était complètement nue sous son peignoir et elle s'empourpra à l'idée que son intimité serait en contact direct avec la peau de son amant. S'il avait su ses pensées, ce denier l'aurait certainement traitée de « prude » mais la jeune femme n'y pouvait rien...

Pourtant, sa position actuelle devenait vraiment inconfortable alors que faire…

Prenant son courage à deux mains, Hermione commença tout d'abord par se mettre sur les genoux puis passa lentement une jambe par-dessus le bassin de Malefoy. Elle frissonna instinctivement lorsque leur peau entra en contact et le pic de désir qui venait de s'emparer d'elle la poussa à poursuivre son geste jusqu'à être assise sur lui. Malefoy, quant à lui, ne fit aucune remarque mais sa main droite vint immédiatement caresser son genou et le bas de sa cuisse. Légèrement rassuré et tentant au maximum d'occulter les sensations que lui procurait son entrejambe, la Gryffondor reprit son massage. Parfois, lorsque ses doigts dénouaient un nœud de son dos, le blond poussait de petits soupirs de bien-être. Après de longues minutes à masser le jeune homme, Hermione pensa qu'il s'était endormi. Il ne bougeait plus du tout et sa respiration était régulière. Muée par une envie soudaine, elle se pencha en avant et alla embrasser la peau diaphane entre ses omoplates.

Aucune réaction. Se rendant à l'évidence, Hermione s'apprêtait à passer sa jambe par-dessus lui afin de prendre place à ses côtés. Toutefois, rien ne se passa comme prévu. Au moment où elle commença à se dégager, le Serpentard bougea sous elle et - ne sachant comment - elle se retrouva sous lui en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire « Quidditch ». Il était en appui sur ses avant-bras, placés de chaque côté de la tête d'Hermione. Son regard était voilé par le désir et la jeune femme comprit qu'il avait seulement « joué » à l'endormi, attendant son heure, comme le serpent attendait que sa victime soit avantageusement placée pour l'attaquer.

- Je te nomme officiellement ma masseuse attitrée, susurra-t-il en se penchant sur son cou.

- Ah... Parce qu'il y en a des non-officielles ? demanda la Gryffondor en entrant dans son jeu.

Il ne répondit pas tout de suite et alla plutôt défaire le nœud qui retenait son peignoir en place. Une fois détaché, il l'ouvrit et Hermione sentit un frisson la parcourir alors que son corps nu s'offrait à la vue de Malefoy. Il embrassa son ventre avant de remonter lentement jusqu'à ses seins. Il lécha puis mordilla sa poitrine qui se durcit instantanément de plaisir. Il partit ensuite à l'assaut de sa gorge qu'il parsema de baisers volages. Alors qu'il arrivait au niveau de sa mâchoire, Hermione sentit sa virilité entrer lentement en contact avec la peau si sensible de sa féminité. Son bas ventre entra comme en éruption et elle poussa un léger gémissement. Le visage de son amant apparut alors pleinement dans son champ de vision. Il la regarda intensément.

- Non. Il n'y a que toi, souffla-t-il avant de plonger sur ses lèvres.

Il fallut quelques secondes à la jeune femme pour comprendre qu'il venait de répondre à la question qu'elle lui avait posé auparavant. Elle sourit contre la bouche du Serpentard et répondit à son baiser avec encore plus d'ardeur.

OoOoOoO

Un violent orgasme la secoua tandis que Malefoy donnait un dernier coup de rein avant de, lui-même, trouver la délivrance. Comme souvent, leurs gestes avaient cruellement manqué de tendresse mais cela n'avait déplu à aucun d'entre eux, bien au contraire. Hermione rouvrit les yeux et croisa les prunelles acier du Serpentard. Il lui adressa un sourire en coin avant de se détacher d'elle, s'allongeant à ses côtés, sur le flanc, pendant qu'elle en faisait de même. Ils se regardèrent dans les yeux pendant de longues secondes. Aucun d'entre eux ne voulant ciller devant l'autre. Toutefois, chacun était épuisé de sa journée respective et ce fut Hermione qui craqua la première. Elle ferma les paupières quelques secondes avant de se tourner complètement. Elle était à présent dos à Malefoy et le sentit bouger dans le lit.

- Tu peux rester.

Sa voix n'était qu'un murmure mais elle savait qu'il l'avait parfaitement entendue. Ses mouvements s'étaient arrêtés et la jeune femme ne percevait plus que sa respiration. Lentement, elle le sentit se glisser sous les draps.

Elle s'endormit avant même d'avoir pu réfléchir à ce qu'elle venait de dire.


Alors là, vous ne pouvez pas dire que je ne vous gâte pas ! ;)

Une journée Scormione, un lemon et, en ultra bonus, une Hermione qui autorise Drago à dormir avec elle pour la toute première fois !

Et... comme si cela n'était pas suffisant, je vous offre le plus long chapitre depuis le début de cette fanfic' : 17 longues pages Word !

J'espère avoir mérité de gentilles reviews après tout cela (SURTOUT DE LA PART DES LECTEURS FANTOMES) ;). Plus sérieusement, j'attends avec impatience d'avoir votre ressenti sur la journée de Scorpius et d'Hermione car je sais que beaucoup d'entre vous l'attendaient et j'espère donc n'avoir déçu personne.

Ah oui... j'ai presque oublié de vous dire que ce chapitre « Un week-end chez les Malefoy » n'était pas découpé en deux parties, comme d'habitude, mais en trois. Trois pour les trois jours... (Oui bon... je n'avais pas tellement d'imagination pour les titres de chapitres alors j'avoue avoir été au plus simple pour une fois. :P)

BREEEF, je vous retrouve donc mercredi prochain pour la troisième et dernière partie de « Un week-end chez les Malefoy » !

A vos claviers mes petits lecteurs adorés ! Plein de gros bisous !

Chalusse