Bonjour à tou(te)s !

Tout d'abord : des MILLIONS de mercis à tou(te)s mes revieweurs/euses ! Vous êtes tout bonnement géniaux/ales ! Le compteur revieweutique a littéralement explosé depuis dimanche si bien que la fic' a dépassé les 200 reviews ! C'est vraiment top ! Merci, merci, merci ! *-*

J'en profite pour féliciter dramione7980 qui a laissé la 200e review et donc gagné la nuit enchanteresse avec le beau Drago ! Bravo ! ;)

Je remercie également les lecteurs qui ont fait des ajouts en fav'/alertes !

Je vous retrouve donc aujourd'hui avec la troisième et dernière partie de « Un week-end chez les Malefoy ». J'espère qu'elle vous plaira !

.

RàRs anonymes :

Guest : Je suis ravie que tu aies apprécié le précédent chapitre et qu'il t'ait fait passer un bon moment ! Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que ce nouveau chapitre te satisfera tout autant. Bises et à bientôt :).

Bellasidious : Ça me fait vraiment super plaisir d'apprendre que cette fic' te plait à ce point ! J'espère que ça demeurera ainsi jusqu'à la toute fin. Mille mercis pour ta review et à très bientôt, j'espère ! :)

.

Voilà ! Sans plus de blabla, je vous laisse avec le nouveau chapitre ! Très bonne lecture à vous et à tout à l'heure dans la note de fin !

Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


Chapitre 27 : Un week-end chez les Malefoy (Partie 3)

Quelque chose de doux, fluide et soyeux caressait la main droite de Drago lorsqu'il se réveilla en ce dimanche matin et il cligna des yeux. Il lui fallut de longues secondes avant de parvenir à se remémorer les évènements de la veille et donc, par extension, pour comprendre pourquoi ses doigts étaient présentement perdus dans la chevelure embroussaillée d'Hermione Granger.

La journée passée avec sa mère, sa rage, son inquiétude, le retour en France, Granger dans le bain, la lettre de Scorpius, les massages, le sexe, la permission de dormir dans son lit.

Drago rouvrit ses paupières qu'il avait momentanément closes. Son regard se perdit pour la seconde fois dans les boucles brunes de son amante puis glissa délicieusement sur son épaule gauche, dénudée. De là où il était, il pouvait voir une partie de son dos qui n'était ni recouvert par ses cheveux ni par le drap blanc de son lit. Elle était toujours nue. Une sensation de désir pur s'empara de lui, le réveillant pleinement et sa main droite suivit le même mouvement que celui de ses yeux. Il pouvait l'entendre respirer à un rythme régulier, apaisant. Elle dormait encore. Il n'avait absolument aucune idée de ce qui lui avait fait changé d'avis et l'avait conduite à l'accepter dans son lit mais Drago ne s'était certainement pas fait prier pour accéder à sa demande et il avait bien l'intention d'en profiter pleinement.

Sa main gauche remplaça la droite et traça des arabesques invisibles sur sa peau de velours. Attirée comme un papillon de nuit par une flamme, il se mit en appui sur son bras droit afin de s'approcher un peu plus d'elle. Il était maintenant très près et pouvait sentir la chaleur que son corps propageait sur sa propre peau. Ses doigts poursuivirent leur route sur la cuisse nue de Granger. Il en fit le tour avant de remonter bien plus à l'intérieur. Il ne put s'empêcher de frôler son sexe avant de poursuivre sa caresse sur son ventre et il la sentit se contracter légèrement. Son souffle, lui aussi, était différent. Elle était réveillée. Drago fit toutefois comme si de rien était et continua à balader librement sa main sur son corps. Granger était immobile mais le Serpentard la sentit se coller imperceptiblement contre lui lorsque ses doigts froids atteignirent sa poitrine. Elle se durcit progressivement, tandis que sa propre virilité opérait la même variation, au fur et à mesure qu'il partait à la découverte du corps de son amante. Il remonta finalement jusqu'à sa clavicule et enfouit sa tête dans son abondante chevelure. Il en respira l'odeur à plein poumons pendant que ses doigts caressaient lascivement le bras gauche de la jeune femme, posé le long de son flanc. Arrivé au niveau de son coude, il poursuivi jusqu'à sa hanche. D'un mouvement brusque il l'attira encore plus à lui et il ne put retenir un léger soupir d'aise lorsque sa virilité, à présent douloureuse, entra en contact avec la peau délicate de ses fesses.

C'est le moment que choisit Drago pour partir à l'assaut de son cou qu'il couvrit de baisers brûlants. Il mordilla légèrement le lobe de son oreille et la jeune femme tourna la tête vers lui. Ses pupilles chocolat le transpercèrent et le Serpentard remarqua immédiatement la nuance de désir qui les voilaient.

Il voulut la faire se retourner complètement afin de continuer à caresser tout son corps et la couvrir de baisers mais Granger en décida autrement. Elle se déplaça rapidement et, avant qu'il ait comprit ce qu'il lui arrivait, Drago se retrouvait allongé sur le dos, la Gryffondor assise à califourchon sur lui. Son sexe se tendit davantage – si toutefois c'était encore possible – lorsque que la chaleur de celui de la jeune femme se fit ressentir contre sa peau si sensible. Et il serra les dents lorsqu'en se penchant avec une lenteur exaspérante pour embrasser son torse, la jeune femme se frotta volontairement contre lui. Il ne voulait pas lui monter à quel point elle lui faisait de l'effet. Pourtant, il ne put retenir un gémissement de plaisir – et aussi d'étonnement – lorsqu'il sentit la langue chaude de Granger entrer en contact avec sa virilité. Il avait fermé les yeux de délice, alors qu'elle parsemait son corps de baiser, aussi ne l'avait-il pas vu se diriger vers la partie de son corps qui réclamait pourtant le plus d'attentions de sa part.

Il se tendit violemment lorsque la bouche de son amante remplaça bientôt sa langue. Il lui fallait toute la retenue dont il était capable pour ne pas exploser. La sensation devenant aussi délicieuse que frustrante, il se releva finalement, agrippa Granger et la fit basculer sous lui.

Joueuse, elle ne le laissa cependant pas prendre les rênes de leurs ébats et tenta de se soustraire à lui afin de reprendre l'avantage mais Drago ne l'entendait certainement pas de cette oreille. Aussi et alors qu'elle se redressait sur les genoux tout en l'embrassant lascivement dans le cou afin de le faire céder, il la prit à son propre jeu et la fit pivoter. Surprise, la jeune femme se réceptionna, les mains en appuis sur le matelas et le Serpentard ne laissa pas sa chance lui échapper. Il posa une main possessive sur son dos, une autre sur ses hanches et la pénétra violemment.

Granger poussa un gémissement de plaisir de concert avec le sien. Bien décidé à lui faire payer son impertinence, Drago entama une longue et délicieuse torture. Elle était entièrement à sa merci et, pendant qu'il pétrissait sa poitrine d'une main, l'autre alla à la rencontre du bouton de chair de son entrejambe. La respiration de Granger était hérétique, entrecoupée de gémissements de plus en plus sonores.

Drago avait, lui aussi, beaucoup de difficultés à empêcher sa gorge d'émettre des sons de plus en plus rauques à chaque coup de reins. Finalement et après de longues minutes de pur plaisir, chacun trouva sa délivrance.

Le Serpentard relâcha doucement sa prise sur la jeune femme avant d'aller s'allonger à ses côtés. De même que la veille, aucun ne prononça le moindre mot. Ils se regardèrent une nouvelle fois dans les yeux tandis que chacun tentait tant bien que mal de reprendre un rythme cardiaque acceptable.

La même « compétition » que quelques heures auparavant s'engagea alors entre eux et personne ne bougea d'un millimètre lorsqu'une légère mélodie se fit entendre, signifiant que Scorpius avait quitté sa chambre.

}{

Hermione était bien décidée à ne pas perdre cette fois-ci. Elle ne cillait que très rarement et ne lâchait pas son amant du regard. Son corps s'était petit à petit détendu, après avoir été violemment sollicité quelques minutes auparavant. Elle avait vécu des réveils plus doux mais la jeune femme ne s'en plaignait certainement pas. De même qu'elle ne se plaignait finalement pas du fait que Malefoy ait pris les rênes de leurs ébats. D'ailleurs, ça avait certainement été l'orgasme le plus violent qu'il lui avait donné.

Finissant par se lasser de leur duel, la Gryffondor commença à plisser les yeux de façon exagérée avec l'intention de dérider le blond et de le distraire par la même occasion. Cela n'eut toutefois pas l'effet escompté et il demeura de marbre. Il ne cilla même pas lorsque la voix de son fils s'éleva derrière le panneau de bois de leur porte.

- Papa ? Tu es rentré ?

- Que veux-tu ? demanda placidement Malefoy, ne quittant pas la jeune femme des yeux.

- Tu vas venir prendre ton petit déjeuner ? l'interrogea l'enfant d'une voix légèrement étouffée.

- Oui, dans quelques minutes.

.

Il semblait prêt à faire attendre son fils aussi longtemps qu'il le faudrait pour qu'Hermione craque mais la jeune femme n'avait certainement pas l'intention de demeurer ainsi toute la journée. Même si elle ne savait pas en quoi consistait le programme de cette dernière. Resterait-elle ici avec Malefoy et son fils ou rentrerait-elle en Angleterre ?

Pendant qu'elle en était à se poser des questions, celle de savoir pourquoi elle avait autorisé le Serpentard à dormir dans son lit s'imposa sournoisement dans son esprit mais Hermione préféra la chasser. Elle ne se sentait pas prête à y répondre et n'était même pas certaine d'avoir une réponse digne de ce nom. Non, elle préférait grandement se focaliser à nouveau sur le duel qui s'était engagé et tout tenter pour faire perdre son adversaire.

Malefoy était toujours aussi imperturbable. C'est alors qu'une idée saugrenue et plutôt déloyale, se présenta à elle. Hermione adressa tout d'abord un regard lubrique au Serpentard qui leva imperceptiblement un sourcil et la jeune femme ne s'arrêta certainement pas en si bon chemin. En s'allongeant, ils s'étaient tous deux replacés sous le drap aussi parvint-elle à bouger sa main gauche, libre de tout mouvement, sans être repérée. Leurs deux corps étaient très proches aussi ne fallut-il pas plus de quelques centimètres pour que les doigts d'Hermione entrent en contact avec la peau fine du sexe de son amant. Un éclair de surprise traversa ses traits lorsqu'il la sentit mais la jeune femme le vit se reconcentrer bien vite. Il voulait jouer ainsi ? Parfait, ils allaient jouer.

Aussi lentement que possible, la Gryffondor fit glisser ses doigts puis sa paume sur toute la longueur de sa virilité et elle la sentit se durcir progressivement. Le visage de Malefoy, quant à lui, se contractait à mesure que la jeune femme le « torturait ». Un sourire mutin prit place sur ses lèvres et le Serpentard fronça les sourcils, lui lançant un regard noir. Pas impressionnée pour une Noise, la Gryffondor continua à le caresser, allant même jusqu'à passer l'une de ses jambes entre celles de son amant.

Il fallut encore trois minutes et dix-huit secondes, très précisément, avant que ce dernier pousse un long soupir, ferme les yeux de délectation et l'attrape par la hanche afin de la plaquer contre lui. Hermione en eut le souffle coupé et son odeur masculine l'envahit lorsqu'elle inspira, une fois la surprise passée.

- Tu n'es qu'une Serpentard, tu le sais, ça ? grogna-t-il à son oreille.

Pour toute réponse, Hermione ricana.

- Je te ferai payer ton comportement impétueux, menaça-t-il en mordillant son cou.

- Hum... j'attends ce moment avec impatience, rétorqua la jeune femme dans un soupir d'aise.

- Tu ne perds rien pour attendre.

Hermione ne put se retenir de pouffer lorsque, en s'écartant de lui, elle remarqua le regard frustré de son amant.

}{

Malheureusement pour lui, Drago devait remplir son devoir de père avant tout. Il ne pouvait pas faire languir son fils davantage, ayant déjà été absent toute la journée de la veille. Pestant contre cette petite sournoise qu'était devenue Granger, il alla enfiler son boxer ainsi qu'un peignoir puis sortit de la pièce sans un regard en arrière.

}{

La Gryffondor, quant à elle, profita encore quelques minutes des bienfaits que le matelas moelleux procurait à son corps puis se leva. Elle attrapa le second peignoir et l'enfila. Il n'avait toutefois pas rétréci au cours de la nuit et restait définitivement bien trop grand pour elle. Avisant sa baguette sur la table de chevet, Hermione s'en empara et la pointa sur le tissu duveteux. Aussitôt, elle le sentit se resserrer autour d'elle. Une fois le résultat contrôlé dans le miroir psyché, elle sortit à son tour de la pièce.

.

- HERMIONE ! beugla Scorpius, à peine eut elle mit un pied dans le salon/salle à manger.

La jeune femme lui retourna l'immense sourire qui illuminait son visage. Il en avait même occulté ce que lui disait son père et la Gryffondor réprima un ricanement moqueur en voyant Malefoy froncer les sourcils pour avoir été si facilement relégué au second plan. L'enfant se remémora toutefois assez rapidement la présence de son paternel et s'empressa, une fois la surprise passée, de le remercier de permettre à Hermione de rester ici pour la journée.

- Tu n'as pas à me remercier. Remercie-la plutôt que moi. Je ne décide pas à sa place, rétorqua Malefoy d'une voix distraite en beurrant un petit pain.

- Merci de rester, Hermione, se reprit alors Scorpius en se tournant vers elle.

- De rien, rigola la jeune femme en s'asseyant à son tour.

Si elle n'avait encore, quelques minutes auparavant, pas de projets pour sa journée, voilà qui était désormais le cas. Comment pouvait-elle résister à l'adorable minois enfantin de Scorpius Malefoy qui l'avait, depuis la veille, suppliée de rester ? Le père de ce dernier ne semblait pas perturbé ou agacé par cette idée et cela finit de convaincre Hermione. Elle resterait donc avec les Malefoy ce jour-là.

Attrapant la marmelade, elle entreprit d'en recouvrir le petit pain que le Serpentard lui avait tendu. Elle le trempa ensuite dans son café et mâchonna lentement, n'écoutant que d'une oreille le récit que Scorpius faisait à son père du programme de la journée du samedi.

.

- Et là, Hermione m'a dit qu'elle me l'offrait ! s'exclama-t-il.

Sortant de sa torpeur, la jeune femme releva la tête et croisa immédiatement les yeux gris de son amant. Il avait froncé les sourcils et ses pupilles vrillaient à présent les siennes.

- Elle a quoi ?! tiqua Malefoy.

- Elle m'a offert un livre ! Un recueil de contes Moldus. Il est trop génial d'ailleurs, Hermione ! J'ai commencé à le lire ce matin en attendant que vous vous leviez, ajouta l'enfant en se tournant vers sa nouvelle bienfaitrice.

- Je suis ravie qu'il te plaise, répondit la Gryffondor, faisant fi du regard agacé posé sur elle.

Elle eut tout juste le temps d'avaler une gorgée de café avant que la voix sèche de Malefoy ne se fasse entendre.

- Tu n'avais pas à lui offrir quoique ce soit.

- Ça me faisait plaisir, rétorqua la Gryffondor en levant une nouvelle fois le regard de son bol.

Elle le vit grimacer mais il ne répondit rien. Malheureusement, ce mutisme se brisa bien trop rapidement à son goût après que Scorpius eut repris son monologue.

- Tu l'as amené au restaurant ?! s'exclama Malefoy, aussi effaré qu'agacé.

- Oui, Malefoy, soupira la jeune femme qui commençait à sentir la moutarde lui monter au nez. J'ai encore le droit de dépenser mon argent comme je l'entends que je sache.

- Mais...

- Pas de « mais », le coupa-t-elle en levant la main pour le faire taire. Tu as passé un bon moment, n'est-ce-pas ? demanda-t-elle en se tournant vers Scorpius.

- Oh oui ! s'exclama le concerné avec entrain.

- Bon eh bien c'est tout ce qui m'importe.

Malefoy lui lança un regard indéchiffrable mais ne se dérida pas pour autant.

Comprenant certainement que sa nouvelle amie avait besoin de soutien, Scorpius reprit rapidement la parole.

- C'était super génial, Papa ! On a mangé des crêpes ! Il y en avait des salées et des sucrées et c'était trop bon. En dessert, j'ai mangé une crêpe au caramel au « bœuf salé », j'ai ado... Quoi, Hermione ? demanda-t-il en la voyant pouffer discrètement.

La jeune femme eut du mal à retrouver son sérieux, sous les yeux interloqués des deux blonds.

- On dit « caramel au BEURRE salé », expliqua-t-elle finalement.

Le garçon devint rouge de honte en comprenant sa méprise. Décidément, le français ne s'apprenait pas en vingt-quatre heures.

- Oui enfin c'était super bon, finit par reprendre Scorpius. Ensuite, on est rentré ici, on a travaillé sur la métamorphose... Hermione est super douée, tu savais ? Elle a réussi à transformer mon visage pour le rendre comme le tien. C'était super bizarre mais plutôt cool !

Il s'arrêta pour reprendre son souffle ainsi qu'une cuillère de ses céréales.

- Après, Hermione a proposé de faire des « cookies ». C'est ça, Hermione ?

La jeune femme hocha la tête et il poursuivit son récit après avoir reçu la confirmation qu'il ne s'était pas trompé sur le terme, cette fois-ci.

- C'était aussi super bon !

- Je sais, acquiesça Malefoy.

Son fils fut surpris.

- Tu en avais déjà mangé ?

- Non. J'ai gouté à ceux que vous avez fait hier, révéla-t-il.

- Et c'était bon, hein ?

- Oui, Scorpius, je viens de te le dire.

- Je sais. C'est moi qui ai pratiquement tout fait mais Hermione m'a tout expliqué, bien sûr. J'ai même surveillé la cuisson !

Cette fois-ci, le Serpentard ne répondit rien mais cela ne nuit en rien à la bonne humeur de Scorpius qui reprit rapidement son récit là où il l'avait laissé.

- Ensuite on a été dans le jardin où j'ai montré à Hermione comment je volais. Et puis ensuite, elle m'a laissé m'entraîner à attraper le vif d'or pendant qu'elle lisait un livre. Mais ne t'inquiète pas, Papa, elle m'a bien surveillé ! ajouta-t-il en constatant que le regard gris de son père coulait doucement vers la jeune femme, tandis qu'un pli barrait son front. Et puis, après, j'ai été me doucher et Hermione a préparé le repas. J'ai eu le droit de regarder un peu la télévision et puis, à vingt-deux heures, Hermione m'a demandé d'aller me coucher puisque c'est ce que tu avais dit.

- Hum... commenta Malefoy. J'espère que tu l'as aidée à mettre le couvert et à débarrasser.

- Euh...

Scorpius la regarda, indécis et Hermione décida de lui venir en aide.

- Il me l'a proposé mais je me suis débrouillée seule.

Apparemment, cette initiative ne plut que très moyennement au Serpentard mais il n'ajouta rien.

.

Ils terminèrent de petit déjeuner en silence et, cette fois-ci, Scorpius ne put échapper à la corvée de débarrassage. Pendant qu'il rapportait tout dans la cuisine, Malefoy reprit la parole.

- Je constate qu'il a passé une très bonne journée, merci.

Surprise, Hermione hocha la tête pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas à la remercier pour cela.

- Laisse-moi te rembourser pour le restaurant.

- Non. Ça m'a fait plaisir, Malefoy, vraiment.

- Hum... grogna-t-il.

Se souvenant de l'une de ses promesses, Hermione sauta sur l'occasion.

- En fait, tu peux faire quelque chose pour moi en contrepartie.

- Dis-moi, l'intima-t-il, visiblement intéressé.

- Accepte d'emmener ton fils de nouveau là-bas, un de ses jours. Je sais qu'il va te le proposer et il craint ton refus.

- Et pour cause...

- Malefoy, s'il-te-plaît. Considère ceci comme le « remboursement » du déjeuner que je lui ai offert hier, insista-t-elle.

Elle le vit froncer les sourcils. De toute évidence, sa défaite d'un peu plus tôt dans la matinée, n'avait qu'accentué sa mauvaise humeur innée.

- On verra, grommela-t-il.

.

La jeune femme se contenta de cette réponse, sachant parfaitement qu'elle ne pourrait rien obtenir de plus venant de sa part.

- Je vais prendre une douche, annonça-t-elle.

Malefoy ne répondit rien alors elle se leva. En sortant de la pièce, elle croisa Scorpius et lui fit un clin d'œil complice auquel il répondit par un sourire espiègle, les yeux pétillants de malice. Décidant de s'attarder quelques secondes supplémentaires, la jeune femme joua les indiscrètes.

- Papa, tu voudrais bien qu'on retourne dans le restaurant des crêpes un jour ? entendit-elle Scorpius lancer avec espoir.

Elle pouffa silencieusement en voyant Malefoy se prendre la tête dans les mains. Elle allait franchir la porte de la chambre lorsqu'elle entendit le gamin pousser une exclamation de joie. Apparemment, le Serpentard avait finalement cédé.

OoOoOoO

Lorsqu'elle revint dans le salon, l'enfant, toujours en pyjama, était devant la télévision. Hermione savait que Malefoy était sous la douche pour l'avoir elle-même croisé et elle s'approcha donc de Scorpius.

- Alors, il a dit oui ? se renseigna-t-elle inutilement.

- Oui ! s'exclama l'enfant. Merci, merci, merci !

- De rien, rigola Hermione. Je n'y suis pratiquement pour rien, tu sais.

- Oh si ! Papa n'aurait jamais dit oui si tu ne lui avais pas demandé, affirma-t-il en plantant ses yeux bleu/gris dans les siens.

- Je suis certaine que si...

- Non, non, assura l'enfant en reportant son attention sur la télévision.

Décidant de stopper là cette conversation avant qu'elle ne dérive sur un terrain glissant, Hermione s'assit en silence sur le canapé, près de l'enfant.

.

La jeune femme somnolait légèrement lorsqu'une voix puissante retentit derrière elle, la faisant sursauter autant que Scorpius qui était assis près d'elle, son attention totalement rivée sur le dessin animé qui passait à l'écran.

- Qu'est-ce que tu fais encore en pyjama ?! tonna Malefoy en entrant dans la pièce. Tu vas me faire le plaisir d'aller te laver et te vêtir ! Et plus vite que ça si tu ne veux pas que je revienne sur ma décision.

Hermione n'eut même pas le temps de tourner la tête que le gamin passait devant-elle comme si le Spectre de la Mort en personne était à ses trousses.

.

- Tu regardes ? l'interpella Malefoy en désignant l'immense télévision d'un mouvement de tête.

Hermione fit signe que non et il l'éteignit d'un coup de baguette.

- J'ai un courrier à rédiger. Je ne serai pas long. En attendant, fais comme chez toi, annonça-t-il.

Il n'attendit pas sa réponse et, joignant le geste à la parole, se dirigea vers l'escalier, certainement afin de gagner son bureau qui se trouvait dans la bibliothèque.

Hermione resta interdite quelques secondes puis se dirigea vers la chambre du bas. Elle profiterait de ces quelques minutes de calme pour poursuivre la lecture de son livre.

Elle revint rapidement dans la pièce à vivre et s'assit au bout de la large table en bois de la salle à manger. Elle ouvrit son livre à la bonne page mais son regard fut irrésistiblement attiré par un objet qui l'intriguait depuis sa première venue. Incapable de résister, elle se leva.

Ses doigts glissèrent lentement sur les touches froides de l'imposant piano à queue. Depuis quand n'avait-elle pas joué ? Elle n'en avait aucune idée mais l'instrument d'un blanc nacré semblait l'appeler, la poussant à jouer quelques notes. Se prenant au jeu, Hermione s'assit lentement sur le petit tabouret capitonné. Elle ne savait même pas si elle serait encore en mesure de produire une mélodie convenable.

OoOoOoO

Drago était en train de mettre un point final à sa lettre lorsque le son d'un morceau de piano se fraya un chemin jusqu'à ses tympans. Interloqué, il reposa le parchemin qu'il tenait entre les mains et tendit l'oreille. Non, il ne rêvait pas, quelqu'un était en train de jouer. Et ce quelqu'un ne pouvait être autre que Granger. Il ne savait même pas qu'elle savait jouer. Après réflexion, ce n'était pas si étonnant que cela. Y-avait-t-il quelque chose que cette femme ne sache faire ?

Il allait s'emparer de son sceau lorsque sa main s'arrêta à mi-chemin. La mélodie s'était modifiée et la Gryffondor jouait à présent un morceau qu'il connaissait. Qu'il connaissait même parfaitement. Celui que sa mère avait joué pendant de si nombreuses années. Une berceuse pour les enfants sorciers.

Drago ferma les yeux alors que sa mâchoire se contractait instinctivement. Brusquement, il scella sa lettre alla ouvrir la fenêtre avant de siffler un magnifique hibou. Lui confiant la missive, il le regarda s'envoler, le cœur lourd et mélancolique.

Il se fustigea pour sa faiblesse et s'empressa de quitter la pièce. Il s'immobilisa cependant rapidement une nouvelle fois.

Assis sur la première marche de l'escalier, propre et habillé, Scorpius semblait profiter du petit concert improvisé. La porte de la bibliothèque se referma un peu brusquement et le fit se retourner. Un grand sourire, qui ne semblait pas vouloir le quitter depuis que Granger était arrivée, illuminait son visage et d'un regard, les deux Malefoy prirent la direction du rez-de-chaussée.

OoOoOoO

Hermione était assez satisfaite. Elle n'avait finalement pas autant perdu qu'elle l'avait tout d'abord pensé. Un gros pincement au cœur s'était fait ressentir lorsqu'elle avait entamé la berceuse qu'elle jouait auparavant pour sa fille et avait décidé de changer rapidement de morceau au risque de voir ressurgir des démons qu'elle préférait conserver endormis. Elle jouait à présent quelque chose de beaucoup plus entraînant qu'elle avait appris à l'école de piano Moldue lorsqu'elle était encore enfant.

Soudain, un crissement se fit entendre suivit d'une réprimande.

- Scorpius ! entendit-elle Malefoy siffler entre ses dents.

Ainsi donc, père et fils étaient descendus et l'écoutaient à présent en catimini.

.

Ses doigts se baladèrent encore quelques minutes sur le clavier. Une fois le morceau terminé, elle pivota prestement et rencontra les visages des deux Malefoy qui l'épiaient depuis un angle de mur. Ils arboraient à présent une expression identique de culpabilité et Hermione ne put s'empêcher de pouffer. Apparemment soulagé qu'elle ne soit pas fâchée, Scorpius s'approcha vivement d'elle tandis que son père restait en retrait, les sourcils froncés de s'être fait surprendre de la sorte. Un comble pour la jeune femme qui se disait que si quelqu'un, ici, avait dû contrarier, cela aurait dû être elle et certainement pas Malefoy qui n'avait rien fait d'autre que de l'espionner.

- Dis, Hermione, tu voudras bien m'apprendre à jouer, un jour ? l'interrogea l'enfant.

La jeune femme, perdue dans ses pensées, secoua légèrement la tête avant de se tourner vers lui.

- Oui, si tu veux. Mais je ne suis certainement pas la meilleure pianiste du monde et je ne suis assurément pas professeure de musique.

- Je m'en fiche, rétorqua Scorpius en lui offrant son plus beau sourire. Grand-mère n'a jamais voulu m'apprendre alors le simple fait que tu me dises oui est déjà génial !

Ainsi donc, l'objet appartenait à Narcissa... Intéressant. Quoique, finalement, ce n'était pas si surprenant que cela. Il n'appartenait pas à l'enfant et Hermione voyait mal Malefoy jouer de cet instrument. En fait, elle le voyait mal jouer de n'importe quel instrument !

- Comme tu voudras, acquiesça-t-elle alors.

- On peut commencer tout de suite ?

- Je... euh...

Ses yeux cherchèrent d'eux même ceux de son amant. Elle ne savait pas s'il avait prévu quelque chose et elle préférait toujours avoir son assentiment concernant son fils... tout au moins lorsqu'il était présent.

- Faites ce que vous voulez, je vais aller préparer le déjeuner.

Il s'était avancé dans la pièce au cours de leur échange mais Hermione lui trouvait un regard étrange, presque fuyant. Décidant de ne pas s'attarder maintenant sur les états d'âme de Drago Malefoy, elle haussa les épaules avant de reporter son attention sur Scorpius qui avait maintenant pris place près d'elle, sur le tabouret.

Elle entendit quelques claquements secs derrière elle, signifiant que le Serpentard les avait quittés et était parti en direction de la cuisine.

- Quel morceau te plaît le plus ? interrogea-t-elle le jeune Malefoy.

- Le dernier.

- Ah oui ? Je pensais que tu aurais préféré la berceuse.

- Je l'aime beaucoup aussi mais je la connais presque par cœur. J'aimerais bien apprendre à jouer quelque chose que je ne connais pas.

- Tu sais, il va te falloir beaucoup plus que quelques minutes pour y parvenir…

- Oh oui, je sais. Mais tu reviendras nous voir, n'est-ce pas Hermione ? Pour que tu puisses continuer à m'apprendre.

Il lui adressa le regard le plus attendrissant du monde et Hermione ne put qu'acquiescer.

- Bon, je vais commencer par te montrer où placer tes doigts. Alors...

OoOoOoO

Drago, qui préparait le repas seul dans la cuisine, ne manquait, malheureusement, pas une miette de la progression de son fils. Une progression bien trop lente à son goût et qui lui faisait bien trop mal aux oreilles. Il n'avait aucun mal à distinguer à quels moments Granger reprenait la main et il accueillait ces instants avec bonheur. Une fois la préparation du déjeuner achevée, il alla à leur rencontre, grinçant des dents à chaque fois que son fils se trompait de touche.

- C'est prêt, annonça-t-il d'une voix suffisamment forte pour couvrir la « musique » de son fils.

- Oh cool, j'ai super faim ! s'exclama l'enfant en délaissant de suite l'instrument pour aller jeter un coup d'œil dans la cuisine.

Mais il fut rapidement arrêté par le blond qui, ayant dégainé sa baguette, avait lancé un Accio pour le faire revenir sur ses pas.

- Tu vas déjà commencer par remercier Granger. Ensuite tu iras mettre la table et, enfin, tu auras le droit de manger, ordonna-t-il.

Le Serpentard vit Scorpius froncer légèrement les sourcils mais il s'exécuta tout de même. C'est seulement une fois qu'il se fut excusé pour son comportement et qu'il eut remercié la Gryffondor pour le cours de piano, que Drago laissa sa baguette retomber le long de son corps, rompant ainsi le sortilège.

- Allons nous installer à table, invita-t-il la jeune femme.

- Je vais aller aider ton fils à dresser le couvert.

- Non, c'est sa tâche. Et puis tu es une invitée : une invitée a seulement à mettre les pieds sous la table.

Pour toute réponse, Granger leva les yeux au ciel avant de lancer un « Pfff » sonore et de se diriger vers la cuisine. Drago se retrouva donc le seul à table pendant que son fils et son amante dressaient le couvert autour de lui.

OoOoOoO

- C'est très bon, Papa, apprécia Scorpius en se léchant les lèvres pour y attraper la sauce qui y subsistait toujours.

- Il a raison. C'est délicieux, renchérit Hermione.

- Merci, souffla Malefoy sans toutefois lever le regard de son assiette.

La Gryffondor lui trouvait un comportement véritablement très étrange depuis qu'il était redescendu de son bureau. Il n'avait pas décroché un seul mot – hormis ce « merci » - du déjeuner et gardait résolument la tête baissée. D'ailleurs, il n'avait que très peu touché à sa propre assiette. Il était comme perdu dans ses pensées. Hermione aida Scorpius à débarrasser puis envoya la vaisselle se nettoyer toute seule d'un coup de baguette avant de retourner dans le salon. Malefoy n'avait pas bougé de sa place et la jeune femme adressa un regard interrogateur au fils de ce dernier qui haussa les épaules, lui signifiant qu'il n'en savait pas plus qu'elle sur le sujet.

Le jeune sorcier finit par lui proposer une partie d'échec version sorcier au cours de laquelle Hermione se fit littéralement laminer. Le jeune Malefoy était un fin stratège et anticipait avec beaucoup de justesse chacun de ses coups si bien que la partie n'avait pas duré plus de cinq minutes. La brune ne put s'empêcher de penser à son défunt mari, lui-même un très grand joueur d'échec et dut fermer les yeux et se concentrer sur sa respiration pour ne pas se laisser envahir par le chagrin. Finalement rassérénée, la jeune femme demanda à l'enfant s'il avait en sa possession d'autres jeux de société. Les échecs n'étaient définitivement pas faits pour elle et en constatant que Malefoy était toujours silencieux, elle décréta que partager quelques minutes autour d'un jeu ne pourrait lui faire que du bien.

- Non, se désola l'enfant. J'avais un jeu de Bavboules, avant, mais j'en ai perdu la plupart.

- Ce n'est pas grave. J'ai un jeu Moldu chez moi, auquel nous pouvons jouer tous les trois, je vais aller le chercher.

Elle vit Scorpius lancer un regard inquiet à Malefoy mais ce dernier ne le remarqua même pas. La jeune femme partit donc en direction de la chambre pour récupérer sa veste - il faisait certainement bien plus frais en Angleterre, même si c'était le mois d'août - et elle s'apprêtait à transplaner chez elle lorsque la voix de Scorpius se fit entendre.

- Tu reviens ici, hein Hermione ? s'enquit-il d'une voix anxieuse.

- Oui, bien sûr ! le rassura-t-elle, à moitié amusée qu'il pense qu'elle prenne la fuite de cette façon. Je récupère le jeu et je reviens.

Elle le vit hocher la tête et, deux secondes plus tard, il avait disparu. A sa place se trouvait la cheminée de son appartement. Reprenant ses esprits, la jeune femme partit immédiatement en direction de la pièce qui lui servait à entreposer les objets dont elle n'avait pas l'utilité. Il lui fallut pas moins de dix minutes pour remettre la main sur la boîte de jeu qu'elle n'avait pas ouverte depuis un certain temps maintenant. Que ce soit Rose ou Ron, aucun ne l'avait jamais apprécié mais elle l'avait tout de même conservé. Cette édition datait de sa plus tendre enfance et c'étaient ses parents qui le lui avait offert pour son neuvième anniversaire.

Ne perdant pas de temps, Hermione serra la boîte contre elle et transplana en direction de la France. Elle réapparut à l'exacte même place qu'elle avait quittée seulement quelques minutes auparavant. Personne n'avait bougé pendant son absence mais elle remarqua que les traits de Scorpius s'étaient considérablement relâchés.

Elle alla déposer la boîte en carton sur la table ce qui attira immédiatement l'attention de l'enfant.

- « Monopoly », déchiffra-t-il. C'est quoi comme sorte de jeu ? demanda-t-il en relevant la tête vers Hermione.

- Un jeu d'argent, répondit la Gryffondor en s'essayant en face de lui.

- D'argent ? Mais je n'ai pas d'argent, moi !

- L'argent est fourni dans le jeu. Il est faux.

- Oh... d'accord. En tout cas, s'il y a de l'argent, Papa va adorer.

- C'est aussi ce que j'ai pensé.

- Hein Papa ?... Eh oh, Papa ?! s'exclama Scorpius à l'attention de son père, une nouvelle fois le regard perdu dans le vide.

- Quoi ? grogna l'intéressé en sortant de sa torpeur.

- Hermione a rapporté un jeu d'argent. Tu joues avec nous ?

- Je sais pas, Scorp'...

- Oh allez, s'il-te-plaît ! le supplia-t-il. Et puis le jeu est nul à deux, pas vrai Hermione ?

Surprise d'être ainsi intégrée à la conversation et occupée à déplier le plateau, il fallut quelques secondes à la jeune femme avant d'opiner du chef.

- Tu vois ? Il faut que tu joues avec nous, fit le gamin à l'intention du Serpentard.

- Bon ok. Mais si ça m'ennuie, j'arrête, le prévint son père.

- Ouais, ouais. Bon, Hermione, comment on joue ? s'impatienta-t-il.

- Et comment on gagne ? ajouta Malefoy.

}{

Ils passèrent les deux heures suivantes à jouer. Scorpius, qui s'avérait un bien moi bon gérant de portefeuille que joueur d'échec, avait déjà jeté l'éponge depuis un bon moment mais observait avec beaucoup d'intérêt la partie qui ne se déroulait plus, à présent, qu'entre son père et Hermione.

- Abandonne, Granger ! Je t'ai ruinée ! fanfaronna Drago, un sourire machiavélique aux lèvres.

- Pas avant de ne plus être en possession de la moindre Livre, rétorqua-t-elle en hypothéquant un énième bien.

Scorpius vit son père lever les yeux au ciel, sans toutefois se départir de son sourire. Ce fut alors qu'il ouvrit la bouche.

- Papa, j'aimerais bien que tu arrêtes d'appeler Hermione par son nom de famille.

}{

La jeune femme, qui tenait les dés entre ses doigts, les laissa involontairement retomber. Ils rebondirent contre le plateau et le son parut amplifié en comparaison du pesant silence qui venait de s'abattre soudainement dans la pièce. Elle leva lentement les yeux vers Malefoy qui, lui-même, s'était retourné vers son fils. Fils dont les joues se coloraient progressivement en rouge.

- Pardon ? demanda lentement le Serpentard.

- Bah euh... c'est à dire que euh... c'est bizarre... bégaya Scorpius.

- Bizarre ? répéta son père.

- Oui. Personne ne s'appelle par son nom de famille. Encore moins des...

- Des ?

- Des gens qui passent autant de temps ensemble.

- Et je peux savoir en quoi c'est ton problème ?

- Bah... c'est nul, c'est tout.

Hermione vit Malefoy arquer un sourcil.

- Hermione est d'accord avec moi, pas vrai Hermione ?

- Pa... pardon ? s'étrangla l'intéressée.

- Tu es d'accord avec ça ? l'interrogea au même moment le Serpentard en pivotant d'un bloc vers elle.

Se sentant acculée, la jeune femme prit le temps de souffler avant de répondre.

- Ça m'est égal. Ton fils m'en a parlé hier, c'est tout.

- Mais tu n'as pas dit non... répliqua l'enfant.

- Je n'ai pas dit non, concéda-t-elle.

- Tu m'as juste dit que c'était devenu une habitude et que Papa ne serait pas d'accord.

- C'est ce que j'ai dit, en effet.

- Alors Papa, t'es d'accord ?

- Je ne vois pas pourquoi les choses devraient changer. J'ai toujours appelé Granger par son nom de famille et réciproquement, rétorqua Malefoy, visiblement pris de cours.

- Oui, je sais ça... Mais bon, j'en ai marre d'être le seul à vous appeler tous les deux par vos prénoms alors que ce n'est pas le cas entre vous.

- Je... commença Malefoy.

- Vous pourriez faire cet effort que lorsque je suis là, le coupa Scorpius en sentant que son père perdait du terrain.

Malefoy ne répondit rien et se tourna plutôt une nouvelle fois vers elle. Il l'interrogea silencieusement du regard et la Gryffondor haussa les épaules.

- Bon... euh, d'accord, on va essayer. Je suppose, accorda le blond.

- Cooool ! s'exclama l'enfant.

- Bon, maintenant que s'est réglé, veux-tu bien me laisser régler son compte à Gran... Hermione ?

.

Il ne lui fallut que quelques minutes supplémentaires pour mettre la jeune femme à sec. Hermione fulminait. C'était la première fois que Malefoy – ou plutôt Drago – jouait au Monopoly et il l'avait largement battue alors qu'elle y jouait depuis qu'elle était enfant.

- La chance du débutant, ragea-t-elle en rangeant rapidement les billets du blond, éparpillés par petit tas.

- C'est ça, Hermione... Je suis meilleur que toi, c'est tout.

- Pfff... Forcément lorsqu'il est question d'argent, toi...

- Moi quoi ? demanda-t-il alors que ses lèvres s'étiraient en un sourire éclatant.

- Rien, maugréa la jeune femme.

- Scorpius, je crois que notre invitée est une mauvaise perdante, annonça-t-il.

Hermione vit l'enfant arquer un sourcil.

- Elle ne peut pas être une plus mauvaise perdante que toi, Papa.

Le Serpentard perdit instantanément son sourire et ses yeux lancèrent des éclairs tandis qu'Hermione éclatait de rire, accompagnée par l'enfant.

.

Ils passèrent, par la suite, au salon où Scorpius émit le désir de regarder une vidéo par le biais du lecteur Blu-Ray. Il s'agissait d'une comédie que personne ne trouva à son goût mais qu'ils regardèrent tout de même, chacun se perdant à tour de rôle dans les méandres de son esprit. Environ une heure après le début du film, Scorpius s'endormit entre les deux adultes.

Hermione, qui le trouvait craquant ainsi, eut un petit sourire affectueux et attendri en le regardant. Il s'effaça cependant assez rapidement lorsqu'en reportant son attention sur la télévision, elle croisa les yeux gris de Malefoy. Il la fixait et quand elle haussa un sourcil interrogateur, il fit un signe de tête sur sa droite. Hermione, qui ne comprenait pas où il voulait en venir, ne resta toutefois pas longtemps dans le flou le plus total. Le blond venait en effet de se lever et se dirigeait à présent vers l'entrée de la maison. Intriguée, la Gryffondor quitta à son tour le canapé afin de l'avoir toujours en visu. C'est ainsi qu'elle le vit quitter la pièce, traverser le vestibule puis entrer dans sa chambre, en laissant la porte ouverte. Hermione tourna la tête vers Scorpius et, constatant qu'il ne s'était pas réveillé, rejoignit son amant.

Malefoy s'était allongé sur le lit, les mains croisées derrière sa tête. Cette position faisait saillir les muscles de son torse et Hermione sentit immédiatement une agréable chaleur prendre possession de son corps. Elle referma la porte derrière elle, sortit sa baguette et lança un « Silencio » en direction du panneau de bois. Lorsqu'elle se retourna, elle constata que le Serpentard avait arqué un sourcil et qu'il abordait une expression très intéressée. Elle lui adressa un regard de défi auquel il répondit par un froncement de sourcil.

Il ne la lâchait pas des yeux alors la Gryffondor décida de s'amuser un peu. Il l'avait peut-être battue au Monopoly mais elle comptait bien prendre sa revanche. Elle commençait à bien connaître l'homme qui lui faisait face et, surtout, elle commençait à savoir comment le faire céder.

Elle portait ce jour-là un chemisier fluide par-dessus un top ainsi qu'un jean. Bien que son haut soit relativement décolleté, cela ne l'empêcha nullement d'en détacher chaque bouton. Un par un. Elle pouvait constater que toute l'attention de son amant était concentrée sur le travail de ses mains et un sourire mutin prit place sur ses lèvres. Malheureusement, les boutons ne permettaient pas d'ouvrir le chemisier en deux et Hermione finit par le faire passer par le dessus de sa tête. Son top, en dessous, était très moulant et elle vit les yeux de Malefoy devenir noirs de désir. Elle laissa distraitement tomber son vêtement qu'elle tenait toujours à la main et qui s'écrasa au sol presque sans bruit. Ses mains se placèrent sur chacune de ses hanches et remontèrent, avec une lenteur clairement exagérée, son caraco le long de son ventre. Elle vit la bouche de Malefoy s'entrouvrir légèrement alors qu'il se redressait presque instinctivement. Arrivé au niveau de sa poitrine, la jeune femme prit encore plus de temps pour faire délicatement passer le tissu au-dessus de son soutien-gorge. Un soutien-gorge noir, bien entendu, mais surtout tout en dentelle, qu'elle avait méticuleusement choisi le matin-même, au cas où ce genre de scénario venait à se produire. Elle entendit le Serpentard pousser un léger grognement appréciatif et elle se retint de pouffer. Elle préféra plutôt se débarrasser complètement de son top qui alla rejoindre son chemisier sur le sol.

Malefoy ne bougeait toujours pas alors Hermione passa à la vitesse supérieure. Les doigts prirent le chemin de son jean. Elle vit les yeux de son amant les suivre et les regarder en défaire le premier bouton. Elle s'apprêtait à faire subir le même sort à sa braguette lorsqu'elle remarqua que quelque chose bougeait autour d'elle. Elle avait involontairement baissé le regard sur ses mains et le blond semblait en avoir profité pour la rejoindre. Avant qu'elle n'ait pu comprendre quoique ce soit, il la plaquait violemment contre la porte en bois. Elle réprima un frisson lorsque son dos nu entra en contact avec la froideur du matériau mais ne put en retenir un second lorsqu'elle sentit le souffle de Malefoy se frayer un chemin jusqu'à son cou. Il remontait lentement le long de sa jugulaire, sans toutefois la toucher.

- Je confirme ce que j'ai dit ce matin : tu peux être une vraie Serpentard quand tu le veux, Granger, chuchota-t-il d'une voix rauque.

Un léger sourire étira les lèvres de la jeune femme.

- C'est certainement parce que je couche avec l'un d'eux, Malefoy, murmura-t-elle lascivement.

- Ah oui ?

- Hum...

- Eh bien, reprit-il en embrassant sa mâchoire, je pense que je vais continuer ta formation dans ce cas.

Ses mains glaciales prirent place sur son dos et, cette fois-ci, ce fut de désir qu'Hermione tressaillit.

OoOoOoO

Ils n'avaient même pas pris le temps de rejoindre le couchage et étaient à présent allongés tous deux sur le large tapis gris clair étendu au pied du lit. Les cheveux d'Hermione, qu'elle avait ramené en queue de cheval le matin, étaient maintenant étalés tout autour d'elle pendant qu'elle tentait de reprendre son souffle.

A ses côtés, elle voyait le ventre tonique de son amant se soulever à un rythme légèrement plus rapide que la normale, mais qui n'était rien en comparaison du sien. Elle manquait décidément de condition physique... mais Hermione considérait qu'elle s'était tout de même très bien défendue lors de leurs ébats et qu'elle avait pris sa revanche sur Malefoy. C'était elle qui avait pris les commandes et la Gryffondor avait eu grand plaisir à le faire languir jusqu'à ce qu'il la prie de mettre fin à la torture qu'elle lui infligeait. Bien entendu, cela avait été long et terriblement frustrant pour elle aussi mais elle était déterminée à remporter ce point.

.

Hermione bascula sur le côté et attrapa le bras de son amant. Surpris, il se laissa faire tandis qu'elle regardait l'heure sur la montre en cuir qu'il avait conservé à son poignet. Dix-huit heures. Il allait être temps de rentrer en Angleterre...

- Je te vois demain ? lui demanda le Serpentard, qui suivait manifestement le cours de ses pensées.

- Je suppose, répondit distraitement la jeune femme en se levant avant de remettre ses vêtements. Tu viens à la réunion, non ?

- Oui. Non pas que je me fasse une joie de revoir cet imbécile de Weasley, grommela-t-il en enfilant son boxer.

.

Une fois vêtue, Hermione récupéra ses effets qu'elle avait déposé dans la salle de bain et dans la chambre, rangea le tout dans son sac à main puis, accompagnée de Malefoy, sortit de la pièce. Elle récupéra également son Monopoly avant de s'avancer vers le canapé afin de dire au revoir à Scorpius. Ce dernier était cependant encore perdu au pays des songes et la Gryffondor ne voulut pas l'en sortir.

- Tu le salueras de ma part lorsqu'il se réveillera ? pria-t-elle Malefoy.

- Oui. Mais il va s'en vouloir, tu sais.

- Je m'en doute... Mais il est bien trop paisible pour que je le réveille pour si peu. Et puis tu lui diras que nous nous verrons à la fin de la semaine. Il sera là pour le dîner au Manoir, non ?

- Je n'y ai pas encore réfléchi, avoua le blond. Mais je pense qu'il ne partira pas sans t'avoir au moins dit bonjour.

La jeune femme ne répondit pas et prit plutôt la direction du hall d'entrée.

- Bon, eh bien… à demain, Malefoy. Merci pour ce week-end.

- A demain, Granger. Ne me remercie pas, c'est à moi de le faire.

Hermione leva un sourcil interrogateur.

- Tu as gardé mon fils, l'éclaira-t-il. Sans parler du cadeau et du restaurant.

- Comme je te l'ai déjà dit, ça m'a fait plaisir donc n'en parlons plus.

- Comme tu voudras.

Satisfaite d'avoir eu le dernier mot, la jeune femme s'apprêtait à transplaner lorsqu'elle se souvint subitement d'autre chose.

- Oh et, Malefoy ? J'espère que tu n'as pas oublié ta promesse...

- Ma promesse ? répéta-t-il, interloqué.

- Pour le dîner.

- Ah... pour la robe de soirée tu veux dire ? Ne t'en fais pas, je n'ai pas oublié.

Il arborait un regard indéchiffrable alors qu'un léger sourire avait pris place sur sa bouche. Et c'était finalement pas si rassurée que cela que la Gryffondor transplana chez elle.


Et voilà... le week-end chez les Malefoy est terminé...

J'espère que vous l'avez apprécié car on a eu du Dramione, du Drapius et, surtout, beaucoup de Scormione ! :)

Quoiqu'il en soit, j'ai beaucoup apprécié l'écrire. Surtout le moment où Scorpius demande à Drago et Hermione de s'appeler par leur prénom respectif ! ^^ Oui car je tiens quand même à faire remarquer que nous avons eu droit à un « Drago » et à deux « Hermione » ! Que de progrès ! :P (Mais attention, les Dramione ont bien spécifié qu'ils n'emploieraient leur prénom respectif qu'en présence de Scorpius. Tiendront-ils parole ?)

Bref... j'attends, comme toujours, vos reviews avec impatience ! :) Qu'avez-vous pensé de ce week-end et comment envisagez-vous la suite pour nos petits personnages ? ^^

A très vite par le biais de vos reviews et/ou à dimanche avec le prochain chapitre !

Plein de gros bisous mes petits lecteurs adorés !

Chalusse