Bonjour à tou(te)s !

Comme toujours, je voudrais remercier trèèèès chaleureusement mes revieweurs/euses d'amuuuuur pour leur somptueuse review !

Je remercie également les lecteurs qui ont fait des ajouts en fav'/alertes. :)

Voilà ! Je n'ai pas trop grand-chose (^^) à vous raconter aujourd'hui alors je passe tout de suite aux RàRs anonymes !

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RàRs anonymes :

Guest : Ça me fait super plaisir que tu aies autant apprécié le précédent chapitre dans sa globalité et plus spécifiquement les moments passés entre les Dramione ! J'espère que tu continueras à « adorer » pendant encore trèèèèès longtemps ! *-* Merci mille fois pour ta review et à très bientôt ! :)

Sara : Tout d'abord, merci à toi pour cette très longue, très détaillée et très gentille review ! Je suis vraiment ravie que tu aies adhéré à cette histoire au point de la « dévorer ». Ça me fait super plaisir et tu n'as absolument pas à me remercier de la partager avec vous. C'est à moi de vous remercier (lecteurs/revieweurs) de m'écrire tous ces magnifiques compliments et d'autant accrocher à cette histoire ! :)

Je suis ravie que tu apprécies le personnage de Drago car c'est celui dont je suis certainement la plus fière dans cette fic'. De même, je suis très contente que tu apprécies Hermione et Scorpinou-chéri ! Pour ce dernier, j'ai effectivement essayé de lui donner un côté « Malefoy » mais il était, pour moi, important qu'il conserve les caractéristiques d'un enfant (comme tu le mentionnes très justement) et un caractère propre qui serait différent de celui de son père.

En ce qui concerne les Dramione plus précisément, je suis totalement d'accord : une complicité s'est installée entre eux et on peut même aller jusqu'à dire que certains instants sont « tendres ». Décidément le « Il n'y a que toi » de Drago a marqué les revieweurs car tu n'es pas la première à m'en faire mention. Pour autant, si je devais associer un passage à de la tendresse, ce serait les massages en eux-mêmes et non forcément les paroles échangées. Pour moi, ils signifient et impliquent encore plus de choses que le « Il n'y a que toi ».

Tu as peur du revers de la médaille pour Hermione ? Je pense qu'il n'est pas illogique de craindre une telle chose, effectivement. Après, tu penses qu'elle ne se rend pas compte qu'elle s'attache à Drago ? Hum… Je n'en suis pas certaine. Toutefois, ce n'est pas parce qu'elle s'en rend compte qu'elle ne l'occulte pas volontairement…

Hermione a effectivement un nouveau penchant pour l'alcool. S'y réfugierait-elle dans le cas où elle « prendrait peur et ferait des bêtises » ? ^^

Concernant la proposition de Drago de boire du vin au lieu d'un alcool fort, c'est plutôt pour lui-même qu'il a décidé cela. C'est lui qui, ce soir-là, préférait boire un alcool moins fort et surtout déguster un bon vin qu'il pourrait faire découvrir et partager avec Hermione. Par ailleurs, s'il se questionne à propos du penchant de son amante pour la boisson, il ne s'en inquiète pas.

Voilà ! Je te remercie très chaleureusement pour ta super review et tes magnifiques compliments ! *-* J'espère que tu apprécieras ce nouveau chapitre ainsi que les suivants ! A bientôt, j'espère ! Bises !

Bellasidious : Je suis ravie que tu aies adoré le dernier chapitre ! *-* Scorpinou est trop chou ? Alors ça, ça va lui faire super plaisir ! Il te remercie et te fais un gros bisou. De même que moi je te remercie pour ta nouvelle review ! J'espère que ce chapitre 28 te plaira. :) Bises et à très bientôt !

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Alors comment vont se comporter nos petits Dramione chéris à présent que le W-E est terminé… ? Eh bien vous le découvririez en lisant ce nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira !

Je vous souhaite une très bonne lecture et je vous dis à tout à l'heure pour la note de fin !

Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


Chapitre 28 : Dîner au Manoir

Hermione attrapa sa veste, son sac à main et jeta un coup d'œil à la lettre qui traînait négligemment sur la table basse afin de s'assurer qu'elle ne s'était pas trompée d'horaire.

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Granger,

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Nous t'attendons pour 18 heures au Manoir. Ne sois pas en retard.

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D & S Malefoy

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(PS : Enfin c'est pas grave si tu arrives en retard de quelques minutes, hein Hermione ?! Papa risque de crier un peu mais bon... En tout cas, j'ai hâte de te revoir ! A très vite,

Scorp')

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Comme lorsqu'elle l'avait lue la première fois, Hermione fut prise d'un léger ricanement. Scorpius était véritablement tout le contraire de son père !

Rassurée de constater qu'elle ne s'était pas méprise, elle vérifia que sa porte était bien fermée à clé puis transplana à l'extérieur du Manoir Malefoy. En ce vendredi vingt-neuf août avait lieu le fameux dîner organisé par son amant, en compagnie de tout le Conseil d'administration de Poudlard ainsi que des professeurs et, bien sûr, de la Directrice. La jeune femme était légèrement anxieuse. Elle se doutait que tous les regards seraient, encore une fois, braqués sur elle. D'autant plus que Malefoy recevait à l'endroit même où elle avait été torturée pendant la Grande Guerre et où sa fille, Rose, avait été assassinée. Mais Hermione avait chassé ses démons et, bien qu'elle ne se sente pas véritablement à l'aise dans cet endroit, elle ne le craignait plus autant qu'avant. Tous les invités s'attendaient certainement à voir sa chaise vide plutôt qu'à ce qu'elle les accueille en compagnie du propriétaire des lieux, mais la Gryffondor se fichait comme de son premier chaudron de ce que les autres pouvaient bien penser.

Ses réflexions l'accompagnèrent jusqu'à la porte d'entrée à double battants du Manoir. Micky, qui avait été prévenue de son arrivée, l'ouvrit à son approche.

- Miss Granger ! s'exclama l'elfe avec un ravissement non feint. Micky est très heureuse de vous revoir, Miss.

- Bonjour Micky ! la salua la jeune femme en souriant. Je suis également très contente de te voir.

Un immense sourire jusqu'aux oreilles, l'elfe laissa entrer Hermione. Celle-ci, qui connaissait à présent les lieux presque aussi bien que son propre appartement, arriva rapidement jusqu'au salon. Toutefois, elle n'eut même pas le temps de jeter un coup d'œil à son environnement qu'un cri la fit se retourner, une main sur le cœur.

- HERMIONE !

Scorpius dévala l'escalier et la Gryffondor pria silencieusement pour qu'il ne se rompe pas le cou. Alerté par tout ce remue-ménage, Malefoy apparut à son tour en haut des escaliers, qu'il entreprit de descendre avec plus de retenue que son fils. Hermione ne l'avait que très peu vu cette semaine. Il avait été très pris par les préparatifs de son dîner, souhaitant que tout soit absolument parfait. Il voulait, bien entendu, en mettre plein la vue à ses invités, mais surtout que rien ne puisse lui être reproché.

- Tu es en avance, constat l'enfant en arrivant à sa hauteur et interrompant, de ce fait, le cours des pensées d'Hermione.

- De cinq minutes, oui. Je ne tenais pas à ce que ton père se mette à hurler, expliqua-t-elle en lui adressant un clin d'œil complice.

- Oh... Pff il est déjà super énervé, alors... lui confia l'enfant.

- Plaît-il ?! cingla Malefoy depuis les escaliers.

De toute évidence, Scorpius n'avait pas chuchoté assez bas et ses propos n'avaient pas manqué de trouver leur chemin jusqu'aux oreilles alertes de son père.

Hermione réprima un rire moqueur et préféra saluer son hôte.

- Salut Malefoy.

- Salut Gr... allait-il répondre une fois arrivé, à son tour, à leur hauteur.

- Vous aviez promis ! le coupa Scorpius en fronçant les sourcils.

Interdite, Hermione le vit arborer une moue boudeuse. Promis ? Qu'avait-elle pu lui prome... Mais oui, bien sûr !

- Bonjour, Drago, se reprit-elle.

Les lèvres de l'enfant s'étirèrent en un léger sourire. Sourire qui s'agrandit franchement lorsque le Serpentard répondit en employant également son prénom.

- Scorpius, va te préparer, ordonna son père une fois les salutations terminées.

- Mais Papa, Hermione vient juste d'arriver !

- Oui et nos invités arrivent, eux, dans moins d'une heure et demie et il est hors de question que tu ne sois pas prêt !

- Comme s'il me fallait une heure et demie pour enfiler un stupide costume... grommela l'enfant.

- Scorpius c'est assez ! tonna son père.

Hermione vit l'intéressé lever les yeux au ciel. Elle comprenait à présent ce qu'il avait voulu dire par « il est déjà super énervé » ...

- Viens, lui intima finalement Malefoy une fois que son fils eut monté les marches et disparu de leur champ de vision.

La jeune femme le suivit sans faire d'histoire tandis qu'ils prenaient quant à eux, la direction de la chambre du Serpentard. Une fois à l'intérieur, son propriétaire en referma la porte avant de s'approcher du dressing. Son costume était déjà pendu dans un coin mais ce qui attira immédiatement l'attention d'Hermione fut la housse opaque accrochée juste à côté. Il s'agissait manifestement d'une robe. La luxueuse marque était apposée contre l'enveloppe protectrice et la Gryffondor sentit son cœur s'accélérer. Elle espérait qu'il ne s'agissait pas de ce qu'elle pensait qu'il s'agissait !

Malheureusement, elle vit Malefoy en défaire la fermeture avant de dégager le vêtement de sa protection. Il s'approcha alors lentement d'elle, la robe sur son bras avant de la lui tendre sans un mot. Hermione resta hébétée pendant de longues secondes puis s'en empara finalement avec le plus de délicatesse possible. Il s'agissait d'une robe longue – très longue – à bretelles, bleue nuit. Le tissu était fluide et très soyeux sous ses doigts. De ce que la jeune femme en voyait, elle semblait avoir une coupe droite ainsi qu'un décolleté relativement prononcé. Ce dernier était drapé ce qui ne pouvait être qu'un avantage pour sa petite poitrine qui serait assurément mise en valeur. Par-dessus la fabrique, quelques strass avaient été apposés, se raréfiant à mesure que l'on éloignait son regard du haut de la robe. Elle était assez classique dans sa forme mais cela ne faisait qu'accentuer son élégance.

Il s'agissait tout bonnement du plus beau vêtement que la jeune femme n'avait jamais vu et elle doutait même que sa robe de mariée lui eut mieux sied que la merveille qu'elle tenait entre ses mains. La robe devait valoir une petite fortune.

- Je... je ne sais pas quoi dire..., murmura-t-elle, émerveillée et surtout terriblement mal à l'aise.

- Il n'y a rien à dire. Je t'avais promis une robe, non ? Eh bien la voilà.

- Je... Oui, bien sûr mais c'est... Malefoy, c'est beaucoup trop !

Il remua la main, balayant ses commentaires.

- Dis-moi au moins si elle te plaît.

- Si elle me plaît ?! Elle est magnifique ! J'en prendrais grand soin.

Elle le vit arquer un sourcil, visiblement confus par ses paroles.

- Je me doute que tu l'as empruntée. J'y ferai très attention jusqu'à ce que... commença-t-elle.

- Pour qui tu me prends, Granger ?! s'agaça-t-il. Moi, emprunter ? Vraiment ?!

Il leva les yeux au ciel.

- Cette robe est à toi, tu en fais ce que tu en veux, ajouta-t-il plus doucement.

Cette fois-ci, Hermione resta choquée et sa bouche s'entrebâilla même légèrement. Malefoy lui avait offert une robe qui valait certainement plus cher que six mois de son salaire ! Elle en resta totalement éberluée.

- Merci ! souffla-t-elle. Mais, je le répète, c'est véritablement beaucoup trop !

- Pff, tais-toi et va te préparer. Je ne t'ai pas offert cette robe pour te voir imiter une carpe toute la soirée. Je te l'ai avant tout offerte pour pouvoir te mater dedans alors direction la salle de bain et plus vite que ça !

Sa nouvelle robe et son sac à main sous le bras, Hermione s'enferma donc dans la pièce d'eau attenante à la chambre, sans parvenir à émettre le moindre son. Elle était véritablement abasourdie par le comportement de son amant. Malefoy avait beau dire qu'il la lui avait achetée pour la « mater » dedans, le fait était que l'on n'offrait pas une robe de cette facture seulement pour pouvoir se rincer l'œil. Alors pourquoi ? Était-ce car elle accueillerait les invités avec lui et qu'il ne souhaitait pas qu'elle fasse « tache » à ses côtés ? Lui qui semblait avoir dépensé sans compter pour cette soirée afin de prouver que le nom des Malefoy devait toujours être associé à une certaine opulence pécuniaire. C'était certainement cela... Pourtant, n'était-ce pas lui qui, un mois auparavant, lui avait fait part de quelques « problèmes d'argent » ?

« La démesure des Malefoy » pensa Hermione en se brossant les cheveux. Il exagérait sans cesse tout ce qu'il pouvait faire ou dire !

La jeune femme arrêta de penser à Malefoy et arrêta, surtout, d'essayer de le comprendre et se concentra plutôt sur son apparence. Avec une telle robe, elle devrait mettre le paquet sur la coiffure et le maquillage ! Maudit soit Malefoy et ses idées extravagantes...

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L'objet de ses pensées la rejoignit bientôt dans la salle de bain. Il prit sa douche pendant qu'elle tentait de dompter ses cheveux en un chignon sophistiqué. Son regard dévia toutefois légèrement de sa coiffure lorsque, dans le reflet du miroir, elle avisa la silhouette nue de son amant se découper en arrière-plan. Il resta de longues minutes sous l'eau chaude et Hermione dut lancer un sort pour protéger ses cheveux de l'humidité ambiante si elle ne voulait pas que tous ses efforts soient réduits à néant. Elle le vit ensuite enrouler le bas de son corps dans une serviette blanche avant de la rejoindre au niveau de la double vasque. Elle reporta son attention sur sa coiffure pendant qu'il se lavait les dents, se coiffait, se parfumait, etc.

Elle était parvenue à contenir son indomptable chevelure – merci la magie ! – et s'employait à présent à se maquiller lorsqu'un souffle chaud se posa doucement sur la peau sensible de son cou. Malefoy l'embrassa et elle ne put se retenir de fermer les yeux.

- Je vais m'habiller, lui fit-il savoir avant de tourner les talons et de quitter la pièce.

Hermione se secoua légèrement la tête, afin de reprendre ses esprits, et se reconcentra sur son maquillage. Ce n'était pas le moment de tout gâcher...

Quelques minutes plus tard, Malefoy toqua à la porte :

- Tu as bientôt terminé ?

- Oui, répondit-elle en apposant un dernier coup de pinceau, il ne me reste plus qu'à m'habiller et j'arrive.

- Bien.

Prenant grand soin de ne surtout pas abimer le tissu, Hermione enfila alors son « cadeau ». Cette robe semblait être faite pour elle et, pendant une seconde, la Gryffondor songea que Malefoy était même allé jusqu'à prendre ses mensurations et la faire faire sur mesure. Mais non, il n'avait pas pu... Elle devait certainement avoir une morphologie standard, voilà tout !

Attrapant le bas de sa robe pour ne pas marcher dessus, elle ouvrit la porte et retourna dans la chambre. Malefoy était assis sur le lit et semblait perdu dans ses pensées. Il avait revêtu son costume. Intégralement noir – comme toujours – il était tout simplement splendide. Le Serpentard ne semblait pas avoir cassé sa tirelire uniquement pour sa robe et Hermione le trouva irrésistiblement séduisant. Ce sentiment se confirma lorsqu'il darda sur elle ses yeux d'acier avant de se lever. Il arriva à sa hauteur et la jeune femme se retourna.

- Tu veux bien m'aider ? le pria-t-elle.

Avec une délicatesse qu'elle ne lui connaissait que très peu, il remonta lentement la fermeture de sa robe. Arrivés en haut, ses doigts poursuivirent leur chemin sur la peau presque entièrement nue de ses épaules.

- Si tu savais comme j'ai hâte qu'ils soient tous partis pour la redescendre, souffla-t-il contre son cou.

La jeune femme frissonna de désir. Elle aussi avait hâte que la soirée se termine.

Sur ses entrefaites, la porte s'ouvrit en grand, laissant entrer un Scorpius Malefoy boudeur et agacé. Il tenait entre les mains sa cravate et ne semblait pas savoir quoi en faire.

- Papa je...

Toutefois, il s'arrêta net en voyant Hermione.

- Wow ! Hermione tu es vraiment... vraiment...

- Magnifique, termina Malefoy à sa place.

Sa voix n'était qu'un murmure mais les deux autres avaient parfaitement perçu ses propos et se retournèrent vers lui, interloqués. Aucun d'entre eux n'avait jamais entendu le Serpentard faire de compliment à quiconque, surtout un compliment qui semblait aussi sincère. Finalement, ce fut Scorpius qui rompit le silence.

- Papa à raison, tu es magnifique, Hermione, on dirait un ange.

Ses yeux brillaient et la Gryffondor se retourna vers le miroir alors que ses joues prenaient une teinte rosée devant tant de gentillesses. Il était vrai qu'elle ne s'était jamais trouvée aussi belle mais de là à se comparer à un ange... Ou alors un ange déchu…

- Tu veux bien m'aider avec ça, Papa ? reprit l'enfant en désignant sa cravate comme s'il s'agissait d'une immondice.

- Tu as onze ans et tu ne sais toujours pas faire un nœud de cravate ?! railla son père en venant tout de même à son secours. Je t'ai pourtant montré une bonne dizaine de fois.

L'enfant préféra garder le silence. Hermione, qui s'était détournée du miroir pour reporter son attention sur les deux Malefoy, regarda avec plus d'attention la tenue de l'enfant. Comme son père, il portait un costume mais, contrairement à lui, sa chemise était blanche et sa cravate, ...

- T'as vu, Hermione, elle est de la même couleur que ta robe. C'est moi qui ait demandé à Papa. T'es pas fâchée, hein ?

... bleue nuit.

- Je... Non, Scorpius, répondit la jeune femme prise de court. Tu es très élégant.

- Merci, apprécia l'enfant en lui souriant de toutes ses dents. Et toi, tu es vraiment super, super, super belle !

La Gryffondor sentit ses joues s'empourprer de nouveau.

- Va nous attendre en bas maintenant, ordonna Malefoy en réajustant une dernière fois la cravate de son fils.

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Hermione était assise sur le lit, légèrement sonnée par la tournure que prenait la soirée tandis que Malefoy avait disparu de la pièce. Il revint toutefois très rapidement en tenant quelque chose. Ce fut seulement lorsqu'il lui mit entre les mains que la Gryffondor constata qu'il s'agissait d'une boîte à chaussures. Ce fut également à cet instant qu'elle se rendit compte qu'elle ne portait rien aux pieds. Malefoy et son fils l'avaient tellement déstabilisée qu'elle serait bien descendue sans s'en rendre compte !

Intriguée, elle ouvrit son second « cadeau ». Il s'agissait de magnifiques salomés noires à bout fermés et, surtout, à très, très haut talons. Instinctivement, Hermione leva un regard désespéré vers Malefoy.

- T'en fais pas, je les ai déjà ensorcelées, répondit-il à sa question muette.

La Gryffondor n'était tout de même pas très rassurée. Elle enfila les chaussures et se mit debout en essayant de ne pas vaciller. Cependant, les sorts qu'avait jeté Malefoy fonctionnaient à la perfection et elle avait l'impression d'être totalement à plat.

- Merci, souffla-t-elle pour la seconde fois de la soirée.

- N'en parlons plus, éluda le Serpentard.

La jeune femme ne put résister à l'envie d'aller s'admirer dans le miroir. Elle se trouvait vraiment séduisante. Malefoy la rejoignit et elle constata, avec un brin d'amusement, qu'avec ses talons, ils faisaient sensiblement la même taille. Il restait tout de même légèrement plus grand mais, au moins, elle ne se sentait plus comme une naine à ses côtés.

- Nous devrions descendre, j'ai encore quelques préparatifs de dernières minutes à faire, annonça Malefoy.

- Allons-y dans ce cas, approuva Hermione en s'arrachant à la contemplation de leur reflet.

Elle ne porterait pas de noir, ce soir, mais cela ne la dérangeait pas.

OoOoOoO

Le salon-salle à manger était méconnaissable. Malefoy avait ôté tous les meubles superflus. Une large table trônait en son centre pendant que, dans un coin de la pièce, plusieurs fauteuils se faisaient face, conviant à une discussion plus intimiste.

- C'est très austère, commenta Hermione en jetant un coup d'œil circulaire à la pièce.

Malefoy ne s'était, en effet, pas embarrassé au niveau de la décoration puisque la salle en était tout simplement dépourvue. Il n'y avait même pas de chemin de table ou de fleurs.

- Oui, eh bien je ne suis pas décorateur, se justifia le Serpentard avec mauvaise foi.

Hermione leva les yeux au ciel. Il ne fallait pas être décorateur pour mettre trois fleurs dans un vase !

- Tu permets ? requit-elle en attrapant sa baguette.

Il acquiesça d'un mouvement de tête, visiblement intéressé. La jeune femme s'approcha de la table. Tout était relativement sombre alors elle fit apparaître un joli chemin de table ainsi que des fleurs rouges et blanches. Elle alla ensuite en déposer quelques bouquets épars, en profitant pour allumer les chandelles. Bon, il ne s'agirait assurément pas de la réception la plus festive qui soit mais cela paraissait tout de même moins impersonnel.

Elle se retourna vers le propriétaire des lieux qui la remercia en inclinant légèrement la tête. Satisfaite, Hermione retourna à ses côtés. Toutefois, un détail qu'elle n'avait, jusque-là, pas remarqué attira son attention. Malefoy avait fait un plan de table. Curieuse, la Gryffondor en fit le tour afin de se renseigner sur la place qu'occuperait chaque convive et, par extension, de la sienne. Bien entendu, Malefoy présidait à un bout et Hermione fut étonnée de constater qu'il avait cédé l'autre à la Directrice de Poudlard. Quoique, finalement, il s'agissait sans doute de la plus logique attention.

Elle repéra sa propre place et fut relativement étonnée. Elle était placée à la droite de Malefoy, en face du professeur Slughorn et à la gauche de Neville. Elle trouva Ginny, Cho Chang et Percy assis un peu plus loin mais suffisamment excentrés par rapport elle pour que toute hypothétique discussion soit réduite à néant.

- J'ai pensé qu'il s'agissait de la meilleure disposition. Libre à toi de faire quelques modifications.

Hermione sursauta, Malefoy s'était approché en silence et se tenait à présent derrière elle, son torse appuyé contre son dos. Elle se retourna et se noya immédiatement dans ses prunelles grises.

- Non. C'est parfait, murmura-t-elle.

Le Serpentard ne la lâchait pas du regard et Hermione sentit ses joues s'empourprer légèrement. Elle ferma les yeux de délice lorsque la main du blond vint se placer au creux de son dos, l'attirant un peu plus à lui. Elle pouvait en sentir la froideur au travers du tissu léger de sa robe et frissonna. Elle ne le voyait pas mais pouvait sentir son haleine glaciale s'approcher à chaque instant un peu plus de sa bouche. Instinctivement, elle entrouvrit les lèvres. C'était, apparemment, le signal qu'avait attendu son amant puisque, quelques dixièmes de seconde plus tard, sa bouche s'écrasait avec violence contre la sienne. Hermione croisa ses bras derrière sa nuque, approfondissant leur baiser. Son souffle devenait de plus en plus erratique. Merlin qu'elle avait envie que Malefoy lui ôte sa robe ! Il lui avait promis de le faire après la réception mais la jeune femme n'était plus tellement certaine d'avoir envie, ou même de pouvoir, attendre aussi longtemps.

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- Hum, hum

Hermione se figea, de même que Malefoy. Elle le vit se retourner avec lenteur vers l'auteur de se raclement de gorge intempestif. La Gryffondor en profita pour se décoller de son amant et manqua de s'étrangler en voyant Scorpius, un sourcil plus haut que l'autre et un sourire espiègle collé sur les lèvres. Il était de toute évidence ravi de les avoir surpris ainsi et Hermione rougit instantanément jusqu'à la racine de ses cheveux.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda son père sur un ton cassant.

- Micky dit que les invités sont au portail, répondit-il calmement.

Hermione vit le Serpentard hocher la tête.

- Bien. Je compte sur toi pour ne pas me faire honte, mon fils. Ce soir, c'est ta chance pour te faire remarquer – positivement - avant la rentrée, j'espère que tu comptes en profiter. Comme convenu, tu restes avec nous le temps de l'apéritif puis tu t'éclipses discrètement. Est-ce clair ?

- Oui, Papa.

- Préfères-tu rester ici le temps que j'accueille les invités ? lui demanda ensuite Malefoy en se retournant vers elle.

En d'autres termes, voulait-elle faire croire qu'elle était la première arrivée ou irait-elle accueillir les invités de son amant en sa compagnie et en celle de son fils, au même titre qu'une maîtresse de maison digne de ce nom ?

- Non, répondit tout simplement la jeune femme.

Malefoy arqua un sourcil, légèrement surpris par sa détermination mais ne fit aucun commentaire. Hermione, quant à elle, n'avait pas réfléchi très longtemps avant de prendre cette décision. Elle savait que, quoiqu'elle fasse ce soir, les commérages iraient bon train alors à quoi bon essayer de sauver les apparences. D'ailleurs, la plupart des membres du Conseil étaient à présent au courant de leur aventure et elle se fichait pas mal de leur opinion.

Ce fut donc en compagnie des deux Malefoy qu'elle alla accueillir le corps professoral de Poudlard, arrivé en commun et au grand complet. Elle salua chaque personne avec courtoisie, précédée par le maître de maison et suivie par son fils.

- Miss Granger ! Je dois avouer que je ne m'attendais pas à vous voir ici ce soir, confia McGonagall en la saluant.

- Bonsoir, Professeure. Eh bien, il me semble que personne ne s'attendait à me voir ici ce soir. Je suis pourtant une membre du Conseil d'administration, au même titre que tous les autres, répondit la jeune femme sur un ton poli.

La directrice lui adressa un regard indéchiffrable avant de reprendre :

- Vous l'êtes en effet, Miss Granger.

- Puis-je vous présenter le fils de notre hôte, Monsieur Scorpius Malefoy ? enchaîna Hermione, qui préférait changer de sujet.

Scorpius prit son rôle très au sérieux et salua McGonagall comme si elle était le premier ministre en personne.

- Hermione ! s'exclama une voix masculine derrière elle.

La jeune femme pivota sur elle-même.

- Neville !

- Je ne m'attendais pas à te voir ! Non pas que j'en sois déçu, bien au contraire ! ajouta-t-il. Wow, Hermione, tu es magnifique ! s'exclama-t-il après avoir baissé les yeux sur sa tenue.

- Merci Neville, tu es très élégant également, répondit la Gryffondor, légèrement gênée.

- Tu parles, ce costume date d'au moins dix ans. Toi, par contre, tu es vraiment splendide !

}{

Drago aurait volontiers dit ses quatre vérités à Londubat s'il n'avait pas été interpellé par de nouveaux arrivants. Non mais pour qui il se prenait, cet imbécile de Gryffondor ?! Bien sûr que Granger était magnifique ainsi vêtue, mais ce n'était pas une raison pour le lui répéter inlassablement et avec autant d'enthousiasme. Finalement, ce n'était peut-être pas une si bonne idée que cela de les mettre côte à côte à table. Londubat semblait avoir un faible évident pour la jeune femme et Drago ne supporterait pas de la voir se faire lamentablement draguer ainsi toute la soirée. Il se rassura toutefois en se disant qu'à la fin, ce serait lui qui ôterait la robe du corps de la jeune femme et certainement pas Londubat. Il n'était pas supposé être marié celui-là, d'ailleurs ?

OoOoOoO

Harry était terriblement en retard. Ginny s'approchait irrémédiablement du terme de sa grossesse et elle comptait donc sur lui pour tout gérer. Son travail lui prenait évidemment énormément de temps et, lorsqu'il rentrait à la maison, il devait encore s'occuper du repas, des enfants, de sa femme, bref de tout. Molly Weasley avait offert à Ginny de venir lui donner un coup de main mais la future maman avait assuré que tout se passait pour le mieux et qu'elle s'en sortait parfaitement bien. « Elle, peut-être... » maugréa Harry en nouant sa cravate autour de son cou. Et, en plus de tout le reste – comme si cela ne suffisait pas -, il devait assister à ce stupide dîner chez Malefoy pour y représenter sa femme.

- Tu crois qu'elle sera là ? demanda distraitement Ginny en se baissant difficilement pour ramasser la chaussette sale que son mari avait laissé traîner.

- Je suppose, répondit-il. Je ne vois pas pourquoi elle ne serait pas là. Après tout, d'après elle, cela ne la gêne pas d'aller là-bas.

- Que comptes-tu faire ?

- Que veux-tu que je fasse, Gin' ? Elle a pris sa décision.

- Je sais mais...

- Elle est adulte, elle fait ses propres choix. S'il y a une chose que j'ai comprise, c'est bien celle-ci.

- Mais imagine qu'il la manipule !

- Gin', soupira Harry en se retournant vers sa femme, on en a déjà parlé.

- Oui et je maintiens qu'elle n'agit pas normalement.

- Et alors ?! Je ne peux pas demander l'ouverture d'une enquête pour si peu ! s'agaça Harry.

- Si peu ?! Elle est ta meilleure amie !

- Oui et elle m'a affirmé que tout allait bien. Je ne suis pas son père, Ginny, je n'ai pas à lui dicter sa conduite. Elle fait ses propres choix, répéta Harry avec lassitude.

- Je ne la comprends pas...

- Moi non plus, se radoucit son mari. Écoute, je verrai bien ce qu'il se passera ce soir. Peut-être ne sera-t-elle même pas là, renchérit-il même s'il n'en croyait pas un traître mot.

- Hum... Tu devrais y aller.

- Oui. Passe une bonne soirée, chérie. Et surtout, préviens-moi si jamais ce petit trésor décide de pointer le bout de son nez pendant que je serai dans le nid du serpent, ajouta Harry en caressant l'imposant ventre de sa femme.

Cette dernière rigola avant de l'embrasser.

OoOoOoO

Ce fut Malefoy en personne qui lui ouvrit. Lui qui s'était attendu à être reçu par un elfe de maison... Toutefois, Malefoy n'était pas seul. Il était suivi d'Hermione et d'un enfant qui ne pouvait être que le fils de son ennemi d'antan. Elle était donc venue... Il remarqua que le sourire de sa meilleure amie s'était soudainement fané. La tension était palpable.

- Potter, le salua finalement Malefoy en tendant une main dans sa direction.

- Malefoy, répondit le brun en la serrant. Hermione.

- Bonsoir, répondit-elle simplement et d'une petite voix.

Harry s'avança dans le hall d'entrée.

- Monsieur Potter, ravi de faire votre connaissance, l'interpella l'enfant blond d'une voix aimable en tendant, à l'image de son père, une main vers lui.

Interloqué, Harry la serra.

- Bonsoir, euh...

- Scorpius, Monsieur. Scorpius Malefoy.

- Bonsoir, Scorpius, se reprit Harry.

L'enfant ressemblait beaucoup à son père bien que ses cheveux soient d'un blond plus foncé et que ses yeux soient plus bleus que gris. Relevant son regard de lui, Harry tomba directement sur les deux adultes. Il sentit son cœur se serrer douloureusement dans sa poitrine. Hermione – qui était tout simplement magnifique ce soir – arborait une robe de la même couleur que la cravate du jeune Malefoy - ou était-ce plutôt l'inverse ? Quoiqu'il en soit, tous les trois, regroupés ainsi près de la porte, formaient une très belle image. Oui, une très belle photo de famille !

Hermione s'intégrait parfaitement entre le père et son fils. Elle semblait... à sa place et cela donna à un haut-le-cœur à Harry.

- Je ferai mieux d'aller saluer les autres, lança-t-il avant de pivoter sur lui-même et de s'éloigner à grands pas.

}{

- Tu savais qu'il venait ? demanda finalement Hermione.

- Non, répondit sincèrement Malefoy. Il remplace surement sa femme.

- Ginny ne se sentait certainement pas assez bien pour venir ce soir, présuma la Gryffondor.

- Hum...

- Ça va, Hermione, tu es toute pâle ? s'enquit vivement Scorpius en s'approchant d'elle, visiblement inquiet.

- Oui, sourit faiblement l'intéressée.

Elle sentit la main de son amant se frayer un chemin jusqu'au bas de son dos, qu'il caressa légèrement en signe de sollicitude.

- Venez, retournons auprès des invités, finit par dire Malefoy, de tout évidence aussi enchanté par cette soirée que l'était Hermione...

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Ils passèrent les heures suivantes à parler, boire, manger, parler, boire, manger, etc. Durant l'apéritif, qui avait été pris debout, Scorpius était resté auprès d'Hermione tandis qu'elle conversait avec les professeurs de Poudlard. De nombreux elfes de maison – embauchés par Malefoy pour la soirée et qui, après qu'Hermione ait lourdement insisté, étaient payés pour leurs services – déambulaient habilement entre les convives en transportant des plateaux chargés de petits fours de toutes sortes. Hermione récolta de nombreux compliments sur sa tenue, de même que beaucoup de regards en coin... Elle se doutait bien que là où elle n'était pas, les conversations ne tournaient qu'autour d'un sujet, ou plutôt d'une question : que faisait-elle l'enfant de Malefoy pratiquement accroché à son bras ?

OoOoOoO

Hermione s'ennuyait. En face d'elle, le Professeur Slughorn était passablement alcoolisé et tenait des propos de plus en plus incohérents malgré les efforts de Malefoy pour continuer à maintenir une conversation profonde sur les potions. A sa droite, Neville ne lui parlait que très peu. Il ne semblait pas à l'aise. Tout ce qu'il était parvenu à dire depuis les trois heures au cours desquelles ils étaient restés assis était qu'elle était particulièrement belle ce soir et que le dîner était excellent. Hermione avait pourtant essayé de lui parler de son travail ou bien de Luna mais elle avait lamentablement échoué. Le pire avait certainement été le regard dégoulinant de compassion qu'il lui avait lancé lorsqu'elle avait commencé à poser des questions sur sa femme et ses enfants. Personne ne pensait donc qu'elle avait la force d'âme de parler de la famille des autres ?! Elle était pourtant ici, avec eux, ce soir ! A l'endroit même où sa fille avait été assassinée, où elle-même avait été torturée ! Elle était assise à la droite de Malefoy mais, non... personne ne semblait comprendre qu'elle était passée à autre chose et que le deuil n'était plus à l'ordre du jour. Ils la décevaient tellement, la dégoûtaient, même ! Certains d'entre eux se prétendaient être ses amis mais le seul ami qu'elle voyait ici, c'était Malefoy. Merlin avait décidément un esprit joueur...

Elle tourna la tête vers son amant. Presque instantanément, il en fit de même et leur regard se croisa alors que chacun comprenait avec aisance qu'ils avaient tout bonnement envie d'être partout sauf ici. Oh, bien sûr, le dîner en lui-même était un franc succès – après tout, Malefoy avait tout fait pour cela – mais lui et elle n'attendaient qu'une chose : que tout le monde rentre chez lui pour se retrouver seuls.

On apporta le dessert et Hermione accepta avec joie le nouveau verre de vin que lui proposa le Serpentard. Il se servit ensuite lui-même, ignorant totalement les autres. La Gryffondor trouvait le temps de plus en plus long. La seule consolation fut le goût tout simplement divin du gâteau au chocolat qui leur fut servi. Elle remarqua que Malefoy n'avait pas touché au sien. Il semblait perdu dans ses pensées. Décidant de s'amuser un peu pour passer le temps, Hermione décroisa puis recroisa plus correctement ses jambes. Elle tendit alors la droite en direction de celles de son amant. Elle le vit sursauter imperceptiblement lorsqu'elle établit le contact. Il fronça les sourcils d'incompréhension en la regardant et Hermione détourna volontairement le regard tout en continuant de le caresser du bout du pied. La position n'était pas franchement confortable mais, au moins, elle ne s'ennuyait plus. Elle reprit une cuillère de son gâteau et, sachant parfaitement que son amant avait les yeux braqués sur elle, la fit lascivement pivoter dans sa bouche avant de la retirer avec lenteur. Elle avala sa bouchée et se tourna vers lui. Elle constata avec satisfaction que son regard d'acier s'était voilé de désir. C'est pour cela qu'elle fut très étonnée lorsqu'en moins d'une seconde, ses yeux semblèrent se glacer. Il arborait le regard distant, glacial et rude qu'Hermione ne lui avait pas vu depuis très longtemps. Néanmoins, ce n'était pas à elle qu'il était adressé.

Suivant sa ligne de mire, la jeune femme manqua de s'étrangler en constatant que c'était à nul autre qu'Harry qu'il était destiné. Son meilleur ami – si toutefois elle pouvait encore le qualifier ainsi – dardait sur eux un regard à la limite du dégoût et Hermione comprit qu'il les avait surpris en train de s'aguicher. La Gryffondor perdit toutes ses couleurs et laissa lentement retomber la jambe qu'elle avait gardé plaquée contre celles de Malefoy. Cependant, ce fut sans compter sur ce dernier qui, dans un élan de possessivité, alla lui-même la rechercher.

- C'est ce qu'il veut, lui souffla-t-il. Ne le laisse pas gagner, Granger.

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Hermione ne retira pas sa jambe de contre celles de Malefoy à nouveau mais ne poursuivit toutefois pas caresses. Elle se sentait terriblement gênée et, surtout, véritablement déstabilisée. Elle accueillit la fin du repas avec soulagement et le départ des convives avec encore plus de joie. Elle laissa Malefoy raccompagner chaque convive et resta, elle, dans la pièce à vivre. Elle avait besoin de garder son esprit occupé, aussi entreprit-elle d'aider les elfes à débarrasser avant de réorganiser la pièce ainsi qu'elle l'était originellement. La jeune femme était présentement en train de replacer un petit pouf lorsqu'elle sentit deux bras musclés l'enlacer et l'attirer en arrière.

- Laisse ça, je m'en occuperai plus tard, murmura le Serpentard à son oreille.

- Tout le monde est parti ? s'enquit-elle en se retournant pour lui faire face.

- Oui. Merlin merci, j'ai cru que cette soirée n'en finirait pas, soupira-t-il.

La Gryffondor ne put qu'acquiescer.

- Bon, maintenant qu'on est seul... je pense que l'on peut reprendre là où on en était...

Et il l'embrassa avec fièvre. Hermione, qui avait besoin de cette échappatoire, s'agrippa à lui comme à une bouée de sauvetage et lui rendit son baiser avec encore plus de ferveur. Elle sentit la main gauche de son amant se glisser au creux de ses reins pendant que l'autre prenait place sur sa nuque.

- J'ai tellement attendu de pouvoir t'enlever cette robe, souffla-t-il contre son cou tandis qu'il mordillait légèrement sa jugulaire.

Hermione rit. Oh ça, elle en était certaine ! Et elle aussi en avait très envie...

Muée par le désir et l'empressement, elle fit glisser la veste de son amant sur ses épaules avant de commencer à déboutonner sa chemise. Elle ne lui avait même pas retiré sa cravate, s'étant simplement contentée d'en desserrer le nœud. Hermione sentit Malefoy sourire contre la peau sensible de son cou, de toute évidence ravi de son initiative. La Gryffondor était arrivée au quatrième bouton lorsque tous deux se figèrent.

- Bordel, c'est pas vrai ! s'exclama une voix derrière le blond qu'elle ne connaissait que trop bien.

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Lentement – et pour la seconde fois de la soirée -, Malefoy se détacha d'elle, non sans lui avoir adressé un regard qui se voulait certainement rassurant, avant de se retourner vers Harry. Il se plaça devant elle dans un geste protecteur mais Hermione était catastrophée et rien de ce que Malefoy pourrait faire, ou dire, ne changerait les choses. Harry les avait vu et elle était prête à parier qu'ils allaient passer un sale quart d'heure. Sans parler de l'affreuse sensation de culpabilité qui l'envahissait à mesure que les secondes s'égrenaient.

Harry aurait très bien pu lui dire qu'elle le décevait, qu'il ne la comprenait pas, qu'il ne la reconnaissait plus..., mais les mots qu'il sembla choisir avec soin et qui franchirent ses lèvres lui firent l'effet d'un poignard en plein cœur.

- Tu me dégoutes, cracha-t-il.

Sa voix était méprisante à un point que la jeune femme n'aurait jamais cru possible. Se décalant légèrement de l'imposante carrure de Malefoy, elle manqua de s'étrangler en posant les yeux sur Harry. Son regard semblait encore plus venimeux que ses paroles et la jeune femme ne put retenir une larme de couler le long de sa joue.

- Qu'est-ce que tu fous là ?! attaqua alors le Serpentard.

- J'étais aux toilettes ! Et, rassure-toi, j'aurais préféré me retenir plutôt que de tomber sur un tel « spectacle » !

- Dégage de chez moi, Potter ! beugla Malefoy en s'approchant dangereusement de son ennemi de toujours.

- Oh ne t'inquiète pas, Malefoy, je ne compte pas rester ici une seconde de plus pour voir celle que je pensais être ma meilleure amie trahir avec autant d'entrain et d'enthousiasme la mémoire de son mari !

Il partit alors d'un léger rire dénué de joie.

- Tu te souviens de Ron, n'est-ce pas Hermione ? Tu sais, ton mari ? lui balança-t-il en la vrillant du regard.

Hermione avait une irrésistible envie de le frapper mais, plus que tout, c'était une intense tristesse qui s'emparait d'elle à mesure qu'Harry crachait son venin. Ses joues étaient à présent baignées de larmes.

- Fous le camp d'ici, Potter ! TOUT DE SUITE !

Mais celle qui quitta en premier la pièce fut Hermione. Elle monta avec autant de rapidité qu'elle le put l'escalier de marbre, ses talons claquants avec force à chaque marche. Une fois en haut, elle courut jusqu'au bout du couloir et s'enferma avec violence dans ce qui semblait être une chambre d'ami. Ses yeux étaient si embués qu'elle peinait à distinguer quoique ce soit et s'écroula sur le sol où elle pleura tout son saoul.

}{

Resté en bas, Drago tentait tant bien que mal de contrôler ses pulsions meurtrières.

- Tu paieras pour ça, Potter, sois en certain ! siffla-t-il entre ses dents.

- Oh pitié, Malefoy ! Hermione est partie, tu peux arrêter de prétendre en avoir quelque chose à faire d'elle.

« Ce mec est définitivement le plus con de tout l'univers » pensa le Serpentard en serrant les dents.

- J'espère pour toi que tu ne viens pas de foutre en l'air tout ce pourquoi elle s'est battue ces dernières semaines. Parce que si c'est le cas, je peux te jurer que tu entendras parler de moi ! Maintenant dégage d'ici, je ne le répèterai pas !

Le binoclard s'exécuta et, à peine la lourde porte se fut-elle refermée sur lui dans un claquement sec et violent, que Drago se précipita à l'étage. Il y trouva son fils, un air malheureux sur le visage.

- Où est-elle ? s'enquit-il vivement.

- Dernière chambre à gauche, répondit le gamin d'une voix emplie de tristesse.

Le ton de son fils l'alarma. Granger était-elle si mal en point ? Il pivota sur ses talons et courut pratiquement jusqu'à la chambre.

- Papa ! l'interpella toutefois Scorpius.

Il se retourna, de mauvaise grâce.

- Hermione... elle ne va vraiment pas bien, je crois, murmura-t-il si bas que, de là où il était, Drago eut du mal à le comprendre.

- Je vais régler ça, assura-t-il avant de reprendre son chemin.

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Il trouva la jeune femme dans la pièce que lui avait indiquée son fils. Elle était agenouillée au sol, ses mains couvrant son visage que le Serpentard imaginait strié de larmes. Son sang ne fit qu'un tour et son désir de tuer Potter revint à la charge. Décidant de se contrôler pour ne pas envenimer encore davantage la situation, il respira profondément avant de s'approcher d'elle. Il s'accroupit et lui attrapa – le plus délicatement qu'il le put – le bras avant de l'attirer légèrement à lui. Elle résista.

- Granger ? tenta-t-il alors de l'appeler.

Pas de réponse.

- Granger, regarde-moi.

- ...

Il ne pouvait entendre que ses sanglots qui ne semblaient pas vouloir se tarir le moins du monde. Décidant d'employer les grands moyens, il la souleva dans ses bras telle une poupée de chiffon et alla l'asseoir sur le lit. Elle fut si surprise par son mouvement qu'elle lâcha, momentanément, son visage. Drago en profita pour lui attraper les poignets. Il plongea alors son regard dans le sien, plus fuyant que jamais.

- Regarde-moi, ordonna-t-il une nouvelle fois.

Mais elle gardait résolument les yeux fixés sur l'édredon.

- S'il-te-plaît, regarde-moi… Hermione, souffla-t-il.

Elle sembla étonnée d'entendre son prénom et redressa instinctivement le regard. Drago attrapa alors son visage en coupe.

- Je ne veux pas que tu écoutes un traître mot de ce que ce connard de Potter a pu dire ! C'est clair ?!

- ...

- Il ne sait pas de quoi il parle, Hermione ! Tu m'entends ?!

Les larmes, qui avaient momentanément arrêté de couler sur ses joues, reprirent de plus belle et, pour la première fois, Drago se sentit dépassé. Il resta donc silencieux, espérant que sa seule présence soit d'une aide quelconque pour la jeune femme.

Les minutes passèrent et personne ne pipait mot. Le corps de la Gryffondor était régulièrement secoué de spasme alors que Drago ruminait intérieurement sa rage contre Potter. Malheureusement, les sanglots de Granger se faisaient de plus en plus rapprochés. Dans un élan de tendresse, le Serpentard l'attira à lui en refermant ses bras autour de son corps qui paraissait plus chétif que jamais. Il pouvait sentir ses larmes couler le long de son torse puisque sa chemise était toujours à moitié ouverte.

Au bout d'un certain temps, il lui sembla entendre un léger murmure mais, pensant tout simplement qu'il s'endormait, Drago ne demanda pas confirmation. Toutefois, le bruit se fit de plus en plus répétitif. Penchant la tête en avant, il remarqua que les larmes de son amante s'étaient enfin taries. Ne subsistaient plus que de larges sillons rouges qui juraient fortement avec sa peau d'ivoire. Ce fut alors qu'il comprit qu'elle tentait de communiquer. Sa voix, ou plutôt les sons que sa gorge émettait, étaient très rauques et dénués de sens. Attrapant sa baguette, il fit apparaître un verre d'eau qu'il lui tendit. Elle le remercia silencieusement et en vida presque la moitié.

Ceci fait, elle s'écarta de lui pour plonger ses yeux chocolat dans les siens. Drago sut immédiatement que quelque chose n'allait pas.

- Je vais rentrer, murmura-t-elle.

Et voilà... que disait-il.

- Non. Tu vas rester ici avec Scorpius et moi. Tu n'es pas en état de rester toute seule.

- S'il-te-plaît, Malefoy, ne rends pas cela plus difficile que ça ne l'est déjà, soupira Granger.

- Mais...

- Ce n'est pas négociable. Je rentre chez moi.

Son ton avait quelque chose de froid et distant et fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac de Drago.

- Laisse-moi au moins te raccompagner.

Elle finit par lui accorder cette faveur.

- Reste ici, je vais prévenir mon fils.

Et avant qu'elle n'ait pu répondre quoique ce soit, il partit à la recherche de l'enfant. Il le trouva dans sa chambre.

- Comment va Hermione ? s'enquit-il à brûle-pourpoint.

- Mal, soupira le blond. Ecoute, je vais la raccompagner et sûrement rester avec elle.

- Bah oui ! répondit l'enfant comme si cela tombait sous le sens.

Légèrement désarçonné, Drago laissa passer quelques secondes avant de reprendre la parole.

- Ça ne te dérange pas ?

- Évidemment que non, Papa ! Hermione a besoin de toi ! assura Scorpius.

- Bon... je vais aller prévenir Micky pour qu'elle garde un œil sur toi...

- Je peux me débrouiller seul, je suis grand.

- C'est ça... répondit son père en levant les yeux au ciel. A demain, mon fils. Et pas de bêtise ! Ou sinon Micky me le dira !

- Non, Papa ! Bonne nuit. Et dis à Hermione que je pense très fort à elle et qu'il faut absolument qu'elle aille mieux !

Drago acquiesça et sortit de la pièce. Il plaça toute sorte de sortilèges sur la porte afin de protéger son fils de n'importe quel intrus – même s'il savait que son Manoir était pratiquement imprenable. Une fois l'elfe prévenue, il rejoignit Granger qui n'avait pas bougé d'un pouce.

- Scorpius pense à toi et il m'a dit de te dire – je cite – « qu'il faut absolument que tu ailles mieux ».

Elle sembla sur le point de se remettre à fondre en larmes alors Drago préféra lui attraper la main afin de les faire transplaner chez elle.

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Une fois dans l'appartement, il alla lui chercher un nouveau verre d'eau pendant qu'elle s'asseyait sur le canapé, ses bras entourant ses jambes et les serrant contre elle. Pour la première fois depuis qu'il avait reposé les yeux sur elle, près de deux mois auparavant, Granger lui fit de la peine. Toutes ses forces semblaient l'avoir abandonnée à vitesse grand V et ne subsistait plus qu'une frêle jeune femme, prête à se briser à tout moment. Maudissant une nouvelle fois Potter, le Serpentard, son verre à la main, s'approcha d'elle et s'assit à ses côtés. Elle saisit le verre mais le reposa instantanément sur la table.

- Veux-tu que je fasse du thé ? proposa-t-il, de plus en plus à court d'idées.

- Non, merci, souffla-t-elle.

- Bon... Je pense qu'on devrait aller se coucher. Enfin, je peux dormir dans la chambre de mon fils si tu préfères, ajouta-t-il en la voyant tourner vivement la tête dans sa direction.

- Je... Je pense qu'il vaudrait mieux que tu rentres chez toi.

Drago crut qu'il avait mal entendu.

- Quoi ? Si tu t'inquiètes pour Scorpius, ce n'est pas la peine. J'ai pris toutes les mesures de sécurité. Je vais rester avec toi cette nuit, Granger, assura-t-il.

- Rentre chez toi, Malefoy, répéta-t-elle sur un ton détaché et en évitant de le regarder dans les yeux.

Le visage de Drago perdit toutes ses couleurs.

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- Je n'y crois pas ! Je vais le tuer, tu m'entends ?! Je vais tuer ce salop ! explosa-t-il alors en comprenant qu'elle le mettait tout simplement à la porte.

Les paroles de Potter semblaient avoir pris racine et empoisonné son esprit. Pourtant, il pensait que même le regard des autres ne l'aurait pas détournée du chemin qu'elle se traçait à présent, ne l'auraient pas détournées de lui ! Mais apparemment, les conneries qu'avaient pu proférer cet imbécile à lunettes l'avaient atteinte bien plus que tout le reste auparavant. Et cela fit plus de mal à Drago que toutes les méchancetés que Granger avait pu lui balancer au fil des ans.

Sentant la colère monter en lui comme un hippogriffe lancé au grand galop, il se leva avec brusquerie.

- Tu vas le laisser te détruire une nouvelle fois ?!

- Que veux-tu que je fasse ?! hurla alors la Gryffondor en se levant à son tour. Il a raison, bordel ! Je salis sa mémoire ! Ils m'ont mise en garde mais je n'ai pas écouté ! Je n'ai pas...

Et elle explosa de nouveau en sanglots.

Drago, lui, était choqué.

- Je croyais que tu te foutais de ce qu'ils pouvaient penser.

- Eh bien il faut croire que non.

- Tu vas renoncer à tout ce que je t'apporte parce que Potter t'a balancé un tas de conneries alors qu'il était bourré ?!

- Il n'était pas bourré !

- Il était bourré, Granger. Je l'ai vu boire toute la soirée. Je ne peux pas croire qu'après tout ce qu'il s'est passé, tu me foutes à la porte de cette manière.

- Tout ce qu'il s'est passé ?! ironisa la jeune femme.

Drago eut subitement envie de frapper quelque chose.

- Tu ne vas pas me faire croire que ce n'était rien ! cracha le Serpentard. Je t'ai vu changer. Tu avais fait ton deuil, tu recommençais à être heureuse !

- Je n'ai pas droit au bonheur ! Surtout pas après ce que j'ai fait, martela-t-elle.

- Non mais est-ce que tu t'entends ?! C'est n'importe quoi ! Tu vas te flageller pour avoir passé du bon temps, maintenant ? ironisa-t-il à son tour.

Pour toute réponse, elle le fusilla du regard.

- Rentre chez toi, Malefoy, soupira-t-elle finalement.

Drago pinça des lèvres et prit la direction de la porte d'entrée. La main sur la poignée, il se retourna une dernière fois.

- Tu me déçois, Granger...

Et il sortit sans un regard en arrière.


Bon... le moins que l'on puisse dire c'est qu'Harry a mis le bazar !

Tout n'est peut-être pas « rose, guimauve et Fizwizbiz » dans la vie mais là, il n'y a clairement pas été de main morte ! Hermione a été tellement ébranlée par ses paroles qu'elle s'est laissée totalement envahir par la culpabilité. Pauvre Drago...

Pensez-vous que les choses s'arrangeront entre eux ?

Au moins, vous avez eu la confirmation ou non (cela dépendait de ce que vous aviez envisagé), qu'Harry n'avait pas mis ses menaces à exécution ! « N'avait » car, après cette soirée, on peut se demander s'il ne va pas, finalement, revenir sur sa décision...

Bref... êtes-vous déçus ? Enervés ? Super furax ? Par Harry ? Drago ? Hermione ? Souhaitez-vous assassiner l'auteure... ? (Je tiens à spécifier que si c'est le cas, aucune réconciliation ne sera possible par la suite entre nos deux protagonistes, alors réfléchissez bien :P).

Comme toujours, j'attends vos reviews avec beaucoup d'impatience !

Je vous fais plein de gros bisous et vous dis donc à très vite dans vos reviews et à mercredi pour le prochain chapitre ! :)

Chalusse