Bonjour à tou(te)s !
J'espère que vous va bien pour vous et que vous avez passé une bonne semaine ! :)
Comme toujours, je commence par remercier très, très, très chaleureusement l'ensemble de mes petit(e)s revieweuses/eurs chéri(e)s d'amour de même que tous ceux qui ont fait des ajouts en fav'/alertes ! *-*
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Avant de passer à la RàR anonyme puis au chapitre, je voudrais vous proposer quelque chose. Comme j'ai déjà pu vous le mentionner, j'ai ma propre page FB (lien dans ma bio). Elle me sert notamment à avertir mes lecteurs, de l'autre site, lorsque je fais mes publications et je me suis demandée si c'était quelque chose qui vous intéresserait… ou pas. Je sais que la mise en follow est faite pour ça mais je sais aussi que regarder ses mails est parfois un peu barbant, que certains oublient, etc. ou alors qu'ils ne sont, tout simplement, pas inscrits sur le site et ne peuvent donc pas être avertis. Dans cette optique, j'ai créé un sondage (le lien est dans la bio ET sur la page Facebook puisque je ne peux pas le mettre ici) afin que vous puissiez me dire ce que vous en pensez.
Il faut cependant savoir que mes publications n'en étant absolument pas au même stade sur les deux sites, il y a des risques de spoilers. Bien évidemment, je m'arrangerai pour les limiter au maximum et vous ne devriez avoir en vue directe que les titres des chapitres de mes FF suivantes que je proposerai ici juste après M.S.T. Je pense laisser le sondage actif jusqu'à dimanche prochain, sauf si j'ai une très large majorité de « oui » ou de « non » avant ça ! :) Quoiqu'il en soit, je vous tiendrai informés de tout ceci. (ET je vous en reparlerai succinctement à la fin du chapitre pour que vous n'oubliiez pas de me donner votre avis. ;))
Voilà pour cette annonce, passons à la RàR anonyme !
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RàR anonyme :
Guest : Hermione t'inquiète ? Eh bien je pense qu'on peut effectivement s'inquiéter en partant du principe qu'elle s'est totalement laissée aller au cours du précédent chapitre sans se soigner ni manger, etc. Elle a promis qu'elle contacterait Drago si ce genre de choses se reproduisait… Le ferait-elle pour autant ?
Je suis ravie que tu adores le petit Scorpinou-chéri et lui est « très, très, très content » également. Il te fait un bisou pour te remercier de ce très beau compliment :). Et moi je te remercie très chaleureusement pour ta review et je te fais un bisou également ! J'espère que le prochain chapitre te plaira ! A très bientôt. :)
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Voilà ! Sans plus de papotages intempestifs, je vous laisse avec le trentième chapitre de cette fic' ! :) J'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture à vous et à tout à l'heure pour la note finale ! (Et non la « lutte finale »… Oui : j'ai un humour de m*rde oui : je sais que c'est pas drôle non : il n'y a rien à faire, c'est malheureusement incurable et oui : je me tais et vous laisse à votre lecture. ^^)
Comme toujours, seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 30 : Lily Rose Potter
Harry soupira longuement. Cette réunion du Conseil d'administration, à laquelle il devait assister à la place de sa femme, promettait de s'éterniser et il aurait préféré être n'importe où plutôt qu'ici, assis sur une chaise inconfortable, à écouter Percy expliquer point après point le contenu de ce qui retiendrait leur attention ce soir. Cette réunion avait cependant un point positif puisqu'il avait appris, par son beau-frère, que le Poudlard Express était arrivé à bon port. D'ailleurs, la répartition devait certainement être en train de se dérouler en cet instant et Harry pensa à son fils. Il n'était pas inquiet pour James. Il savait que l'enfant s'adapterait rapidement à la vie au château et était pratiquement certain qu'il serait envoyé à Gryffondor – même si ses parents lui avaient assuré que cela ne ferait aucune différence si le Choixpeau l'assignait à une autre maison. Harry espérait tout de même que James intègrerait Gryffondor puisque le jeune Teddy Lupin, son filleul et meilleur ami de son fils, y avait été envoyé deux années auparavant. Le Survivant était également curieux de savoir où finirait le fils de Malefoy, même s'il ne se faisait pas tellement d'illusion. En parlant du Serpentard, d'ailleurs...
Harry tourna la tête afin de jeter un coup d'œil derrière lui. Malefoy était assis dans le fond de la salle et ne prêtait pas, lui non plus, la moindre attention aux propos de Percy. Il avait le regard perdu dans le vide et semblait désabusé. Harry se demanda si cela était dû au très récent départ de son fils. Après tout, lui-même avait eu beaucoup de mal à laisser partir son premier-né et avait même senti une larme s'égarer sur sa joue, tandis que le train disparaissait à l'horizon dans un panache de fumée grisâtre. Oui, Malefoy devait certainement être peiné du départ de son fils.
Quelques secondes plus tard, Harry compris toutefois que ce n'était pas seulement le jeune Scorpius qui le mettait dans cet état...
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Toc, toc, toc.
Le brun avait toujours Malefoy en ligne de mire et le vif mouvement de tête de ce dernier le sortit plus rapidement de sa torpeur que les coups répétés contre la porte. Son masque de tristesse s'était brusquement mué en impassibilité alors que ses yeux perçants vrillaient l'entrée de la salle. Et, même de là où il était assis, Harry perçu la lueur de nervosité qui les traversa. Percy alla ouvrir et ce fut alors qu'il comprit.
Drago Malefoy ne feignait pas sa sollicitude envers Hermione. Pour la première fois, il fit tomber son masque et Harry put enfin lire en lui.
A peine Hermione avait-elle franchi le seuil, s'excusant en long en large et en travers pour son retard, que tous les traits du blond s'étaient relâchés, comme s'il était soulagé de la voir tout simplement vivante. Le Survivant eut alors l'impression de recevoir un coup de poing à l'estomac. Ses yeux firent la navette entre Malefoy et Hermione et son cœur se serra fortement en remarquant qu'elle ne prêtait aucune attention au blond mais qu'elle le regardait lui.
La première chose qu'Harry remarqua, pendant qu'elle le vrillait du regard, était sa pâleur. Elle était encore plus pâle que Malefoy - si toutefois c'était possible - ce qui contrastait fortement avec sa chevelure brune. Ses cernes ainsi que ces traits tirés attestaient de son manque de sommeil et, pour la seconde fois en seulement quelques minutes, Harry comprit que Malefoy ne lui avait pas menti. Hermione était dans un état lamentable et il savait pertinemment qu'il en était la cause. Il tenta de lui sourire timidement en désignant une place près de lui mais elle lui adressa un regard presque dégoûté avant de tourner la tête. Harry comprit qu'elle regardait Malefoy puisque ce dernier s'était soudainement tendu sur sa chaise. Il semblait avoir repris son masque d'impassibilité mais le Survivant n'était pas dupe.
Finalement et à la surprise de presque toute la salle – qui n'était pas encore avisée des derniers potins - Hermione marcha droit devant elle et alla s'asseoir seule, le plus loin possible de lui-même et de son ancien amant. Harry entendit vaguement Percy reprendre la parole après une minute de silence gênant, mais toute son attention demeura focalisée sur sa meilleure amie. Maintenant que les autres ne la dévisageaient plus, elle avait perdu l'assurance dont elle avait fait preuve en entrant dans la pièce et semblait prête à fondre en larmes à tout moment. Son dos était courbé, sa tête baissée, et Harry se fit la réflexion qu'elle avait même perdu du poids en seulement deux jours. Elle qui était déjà très mince donnait l'impression, en cet instant, de souffrir d'une maladie qui dégradait progressivement son physique.
Harry se sentit pâlir et une intense culpabilité s'empara de lui. Il ne la quittait plus du regard, de peur qu'elle ne s'évanouisse d'une minute à l'autre. Il ne pouvait pas croire que ses paroles l'avaient rendue ainsi... II y avait forcément une autre explication ! Harry savait parfaitement qu'il avait été très dur avec elle car c'était volontaire. Le jeune homme avait en effet espéré lui créer une sorte d'électrochoc même s'il devait avouer qu'en cet instant, c'était plutôt lui qui venait d'en recevoir un… La Hermione qui se tenait en ce moment même devant lui ne lui rappelait que trop bien celle qu'elle avait été les premiers mois après les décès de Ron et Rose. Une Hermione qui n'avait absolument rien à voir avec celle qu'il avait découvert lors de son anniversaire ou qui l'avait accueilli et salué lors du diner organisé par Malefoy. Il avait totalement rejeté la femme qu'elle était devenue et s'apprêtait, de toute évidence, à en payer le prix…
Alors qu'il était perdu dans ses pensées, il capta le regard du Serpentard qui, ayant pivoté dans sa direction, semblait lui siffler quelque chose comme « à quoi tu t'attendais ? Je te l'avais bien dit ». Incapable de répondre quoique ce fut, Harry reporta finalement son attention sur son beau-frère et finit par baisser le regard sur son bureau en bois qui lui rappelait vaguement ceux de Poudlard.
Il fallait qu'il fasse quelque chose à propos d'Hermione. Il ne pouvait décemment pas la laisser ainsi. Ron devait profondément le maudire si, de là où il était, il était témoin de la souffrance que lui, son beau-frère et meilleur ami, infligeait à celle qui avait été sa femme pendant près de dix ans.
OoOoOoO
Harry était exténué lorsqu'il rentra finalement chez lui, près de deux heures et demi plus tard. Il déverrouilla la porte d'entrée avant de pousser un soupir de soulagement.
- Harry ? l'appela sa femme.
- J'arrive chérie.
Il se débarrassa de sa veste avant de se diriger vers le salon. Ginny était assise dans son fauteuil favori, les pieds posés sur un petit pouf. Elle lisait un magasine sur la maternité et un grand sourire naquit sur ses lèvres lorsqu'elle aperçut son mari.
- Tu rentres tard, constata-t-elle en se levant difficilement.
- Hum... grommela le brun. Heureusement pour lui que Percy est mon beau-frère parce que sinon, je lui aurais déjà dit ma façon de penser...
Sa femme rigola.
- C'est vrai que les réunions peuvent parfois être un peu barbantes, concéda-t-elle après avoir déposé un baiser sur ses lèvres.
- Un peu ?! ironisa-t-il. C'était un véritable calvaire tu veux dire !
Ginny ricana avant de l'inviter à passer dans la cuisine.
- Je t'ai gardé une assiette.
- Merci. Comment va Albus ? s'enquit le père de ce dernier en prenant place à table tandis que la jeune femme déposait une assiette fumante devant lui.
L'odeur qu'elle dégageait était si alléchante qu'Harry n'attendit même pas qu'elle lui réponde avant de prendre ses couverts et d'avaler une bouchée de son dîner.
- Il est triste même s'il ne le montre pas. Je pense que la distance sera bien plus dure pour lui que pour son frère.
Harry but un peu d'eau avant de reprendre la parole.
- Je pense aussi... Cette année risque d'être longue et délicate pour lui, surtout avec l'arrivée d'un nouveau petit frère ou d'une nouvelle petite sœur.
Ginny ne répondit rien mais son visage se ferma.
- Et toi, comment ça va ? s'enquit son époux en prenant sa main.
- Pas très bien, avoua-t-elle. Je culpabilise beaucoup de ne pas avoir pu vous accompagner ce matin à la gare...
- Tu n'as pas à culpabiliser, Gin' ! Le Médicomage t'a recommandé de rester ici pour ta santé et celle du bébé, personne ne te reproche quoique ce soit.
- Mais James doit être si déçu...
- Il comprend tout à fait. Regarde-moi.
Il attendit qu'elle ait relevé ses yeux vers lui.
- James ne t'en veux absolument pas !
- J'espère que tu as raison, murmura-t-elle, visiblement au bord des larmes.
Sentant qu'une nouvelle crise hormonale n'était pas loin, Harry préféra changer de sujet.
- Tu sais, j'ai vu Hermione aujourd'hui, à la réunion, dit-il sur le ton de la conversation.
- Ah oui ?
- Oui. Elle va mal, Ginny, très mal...
- Aussi mal que lorsqu'elle nous a envoyé nous faire voir lors de ton anniversaire avant de partir comme une furie ? répliqua sa femme, dont les yeux étaient tout à coup redevenus totalement secs.
- Non... Vraiment très mal. Comme au début, répondit son mari en soupirant.
Son ton sembla quelque peu alarmer sa femme.
- Est-ce que tu penses que c'est à cause de ce que tu lui as dit ?
- J'en suis certain. Tu sais, je ne te l'ai pas dit mais Malefoy est venu me voir samedi matin au bureau pour me parler d'elle.
La jeune femme ne répondit pas mais Harry voyait qu'il avait toute son attention alors il poursuivit.
- Il est venu me dire que mon « discours » l'avait totalement chamboulée et qu'elle l'avait mise dehors. Sur le moment, j'ai pensé que c'était une bonne chose et qu'elle avait finalement compris qu'elle avait fait une bêtise. Mais quand je l'ai vue aujourd'hui... eh bien, elle avait le même regard éteint et triste qu'avant. Elle paraissait épuisée et je suis pratiquement certain qu'elle a même perdu du poids.
Ginny fronça les sourcils.
- Je pense que je suis allé trop loin, avoua-t-il.
- Harry, tu m'as dit de ne pas culpabiliser il y a moins de cinq minutes et je pense qu'il serait bon que tu t'appliques ton propre conseil.
- Tu ne comprends pas, je suis vraiment allé trop loin ! Tu l'aurais vue ! Je n'aurais jamais dû lui dire ce que je lui ai dit. Elle a mis Malefoy à la porte à cause de mes paroles et je ne pense, finalement, pas que ce soit une si bonne idée. Tu sais il... Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta-t-il en voyant le visage de sa femme se contracter brutalement.
- Je... Harry, je perds les eaux !
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Le futur papa pris une grande respiration. Il allait avoir son troisième enfant et avait donc une certaine expérience dans le domaine. Premièrement : rester calme. Deuxièmement : procéder par étape pour être plus efficace et ne rien oublier.
- Ok, alors attend-moi ici. Je vais chercher ton sac et on part directement pour Ste Mangouste. Tu as besoin de quelque chose ? Un verre d'eau peut-être ?
- Oui s'il-te-plaît.
Il le lui servit avant de déposer un baiser sur son front.
- J'arrive tout de suite. Je vais envoyer un Patronus à ta mère pour qu'elle vienne garder Albus.
- D'ac... d'accord, fait vite, ordonna-t-elle, sa voix tressautant au même instant qu'une contraction secouait son corps.
OoOoOoO
Hermione trébucha lourdement lorsque l'un des employés du ministère la bouscula sans ménagement, alors qu'elle tentait tant bien que mal de se frayer un chemin au travers de l'Atrium, bondé à cette heure matinale. Il ne s'excusa pas mais elle ne s'en offensa pas le moins du monde, bien trop affaiblie pour réagir. Malgré les potions que Malefoy avait laissées chez elle, la jeune femme se sentait toujours très faible et elle savait que cela était en grande partie dû au fait qu'elle ne se nourrissait pas correctement. Elle grignotait, de temps à autre, lorsque la douleur qui lui vrillait l'estomac devenait trop insupportable mais, sinon, elle était bien trop occupée à se morfondre pour penser à se nourrir. De même, elle ne dormait que très peu et ses traits tirés étaient la preuve flagrante de son manque de sommeil. Cela faisait quelques mois, maintenant, qu'elle n'avait plus fait de cauchemars et voilà que cela recommençait, comme tout le reste. Son stock de potions diminuait à vue d'œil mais la Gryffondor n'avait pas le courage de se rendre sur le Chemin de Traverse, pourtant au pied de son immeuble, pour se réapprovisionner. De même que, malgré sa promesse, elle ne voulait pas faire appel à Malefoy. Le croiser dans les couloirs ou bien aux réunions du Conseil d'administration était déjà bien trop difficile à supporter. Lorsqu'elle le voyait, Hermione avait une furieuse envie de se réfugier dans ses bras pour y pleurer tout son saoul avant de le laisser la réconforter. Mais elle avait fait un choix et devait s'y tenir...
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Sa matinée passa assez rapidement et, comme depuis trois jours, elle resta dans son bureau pendant la pause déjeuner. Elle sortit la pomme et la barre de céréales qu'elle avait apportée de chez elle, ainsi que son courrier, reçu le matin même. La jeune femme jeta sans ménagement la publicité dans sa poubelle avant de décacheter un parchemin qui lui avait été apporté par un modeste hibou au plumage terne. Il s'agissait d'une lettre.
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Mardi 2 septembre
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Coucou Hermione !
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J'ai plein de choses à te raconter.
Déjà... j'ai été admis à Serdaigle ! Je m'y attendais un petit peu (même si le Choixpeau à un peu hésité avec Poufsouffle et Serpentard) mais j'ai quand même dit à Papa que j'avais été envoyé à Serpentard... J'ai pas trop réfléchi en l'écrivant dans la lettre que je lui ai envoyée et je ne pense pas que ce soit une très bonne idée, mais le hibou est déjà parti.
Avant la répartition j'avais super peur mais je n'étais pas le pire parce qu'il y a un garçon qui s'est carrément évanoui avant d'entrer dans la Grande salle ! Du coup, il a fallu attendre que l'infirmière lui fasse reprendre connaissance avant de pouvoir être réparti.
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Sinon, j'ai essayé de me faire des copains mais j'ai l'impression que personne ne veut parler avec moi. Je suis resté tout seul dans le train et quand j'ai expliqué à un élève de ma maison que j'avais déjà rencontré les professeurs, il m'a dit que je n'étais qu'un gosse de riche privilégié.
A part ça, j'ai bien mangé et dormi et j'ai presque réussi à arriver jusqu'à la volière sans me perdre. On m'a distribué mon emploi du temps, ce matin, pendant le petit déjeuner et j'étais super content parce que je ne commence qu'à dix heures. Comme ça, j'ai pu vous écrire, à Papa et toi, avant ce soir. En premier, je vais avoir Métamorphose avec Madame la directrice. Je vais essayer de ne pas oublier tout ce que tu m'as dit pour faire gagner des points à ma maison. Peut-être qu'après ça, les autres seront plus sympa avec moi !
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Tu me manques déjà beaucoup et j'espère que tout va mieux avec Papa ! A très vite,
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Scorp' M.
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PS : comme j'ai envoyé ma chouette Bathilda à mon père, je vais emprunter un hibou de l'école pour ta lettre. J'espère qu'il arrivera jusqu'à toi et, surtout, que j'arriverais à le convaincre de bien vouloir partir… Parce que, pour le moment, tout ce qu'il veut... c'est que je lui donne du Miamhibou !
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Hermione sentit un léger sourire étirer ses lèvres. Elle s'était beaucoup attachée à ce petit garçon, si différent de son père et elle avait beaucoup pensé à lui le lundi soir, au moment de la répartition des élèves. Cependant, son sourire s'évanouit lorsqu'elle relut pour une seconde fois la missive. Scorpius avait été admis à Serdaigle ce qui, selon elle non plus, n'était pas une surprise. Toutefois et comme l'enfant l'avait fait remarquer, annoncer qu'il avait intégré Serpentard à son père n'était peut-être pas la meilleure idée qu'il ait pu avoir... Elle imaginait sans mal la fierté que Malefoy ressentirait en lisant ceci mais aussi l'immense déception qui l'accablerait en apprenant la vérité. Hermione ne pensait pas qu'il serait déçu de la maison de son fils en elle-même mais plutôt du fait qu'il lui ait menti.
Elle attrapa alors une plume, un parchemin et commença à rédiger une réponse.
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Bonjour Scorpius,
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Cela me fait très plaisir d'avoir de tes nouvelles.
Je dois avouer que ce n'est pas, non plus, une réelle surprise pour moi d'apprendre que le Choixpeau t'a envoyé à Serdaigle. Il m'est avis que tu t'y sentiras tout à fait à ta place, tout comme tu aurais eu, selon moi également, ta place chez les Poufsouffle. Par contre, je suis surprise que tu aies menti à ton père à ce propos. Tu sais, je pense qu'il se moque de la maison dans laquelle tu as été envoyé à partir du moment où tu t'y sens bien. Je te laisse y réfléchir mais, en attendant, soit sans crainte, je ne lui dirais rien.
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Je constate que cette répartition a été mouvementée et j'espère que ton camarade s'est finalement remis !
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Concernant les autres élèves, je suis certaine que tu finiras par te faire des amis. Tu sais, moi non plus je n'étais pas très populaire en arrivant à Poudlard mais j'ai fini par y tisser des liens d'amitié exceptionnels. Quoiqu'il en soit, n'écoute pas ce que les autres peuvent te dire, tu sais pertinemment que tu n'es pas un enfant privilégié, tout au moins pas dans le sens où ils l'entendent.
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J'espère que tu continueras à te plaire à Poudlard et que tes cours se dérouleront bien. N'oublie pas : ne répond que lorsque l'on t'a donné la permission de le faire... Même si je doute que tu aies un professeur de la trempe du Professeur Rogue en son temps, il vaut tout de même mieux rester prudent !
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Comme tu peux le constater, le hibou de l'école est arrivé à bon port mais avec beaucoup de retard, puisqu'à l'heure où je t'écris, nous sommes le mercredi trois septembre.
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Surtout, n'oublie pas que tu peux me contacter quand bon te semble et pour n'importe quel sujet. Je t'embrasse,
Hermione G.
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La Gryffondor occulta volontairement la partie où l'enfant demandait des nouvelles de sa relation avec Malefoy et cacheta sa lettre avant de sortir de son bureau et de se diriger vers la volière du ministère. Elle pourrait y emprunter un hibou moyennant une redevance mais cette dernière restait tout de même plus faible que celle demandée par le Service de hibou postal. N'ayant pas son propre volatile, la jeune femme comptait bien user de son statut d'employée du ministère pour profiter, au moins, de cet avantage.
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Une fois de retour dans son bureau, Hermione avala son maigre repas et se servit un verre d'eau avant de se reconcentrer sur le dossier que lui avait confié Mr Perkins, son supérieur. Elle était au beau milieu de la rédaction de son rapport lorsque l'on frappa à sa porte. Surprise, la jeune femme mit une main sur son cœur.
- Entrez, annonça-t-elle une fois que sa respiration se fut calmée.
Elle s'était attendue à tout sauf à ce que Mr Weasley pénètre dans la pièce, un immense sourire aux lèvres, comme s'il venait de gagner au loto. Bien entendu, elle avait recroisé son beau-père dans les couloirs mais, depuis l'anniversaire d'Harry, chacun s'était contenté des formules de politesse d'usage et ils n'avaient échangé aucune autre parole.
- Ginny a accouché ! beugla-t-il en s'approchant du bureau avant de prendre Hermione dans ses bras.
- Ah... Ah bon ? bredouilla cette dernière, hébétée.
- Oui ! Ce matin même !
- Mais... c'est une très bonne nouvelle ! s'exclama la Gryffondor avec sincérité. Félicitations, vous êtes de nouveau grand-père !
- Merci, Hermione. Je me rends de ce pas à l'hôpital, veux-tu m'accompagner ? proposa-t-il.
- Oh euh... c'est à dire que je ne termine pas avant dix-sept heures trente normalement...
Mr Weasley balaya son argument d'un revers de la main tandis qu'un sourire béat illuminait toujours ses traits.
- Je suis ton supérieur et je t'autorise à quitter ton travail à... quelle heure est-il ?
- Quatorze heures dix-sept.
- A quatorze heures dix-sept, termina-t-il.
- Bon euh… très bien ! Merci, Arthur.
Encore une fois, il fit un mouvement vague de la main avant de quitter la pièce. La Gryffondor rangea donc ses dossiers, sa plume, son encre et ses parchemins avant d'attraper son sac à main ainsi que son blazer et de rejoindre son beau-père qui patientait dans le couloir.
OoOoOoO
- Je viens voir ma fille, Mrs Ginny Potter. Elle vient d'accoucher, ajouta le père de cette dernière avec fierté.
- Mrs Ginny Potter ? Attendez que je regarde... Oui voilà, chambre 182, annonça la secrétaire en souriant après avoir consulté son registre.
- Merci beaucoup !
Hermione sentit son cœur se serrer dans sa poitrine à mesure qu'elle et Mr Weasley, avançaient dans le couloir menant à la chambre de Ginny. La jeune femme n'était pas certaine du comportement à adopter. Premièrement puisqu'elle n'avait pas revu Ginny depuis l'anniversaire de son mari qui s'était très mal terminé et, deuxièmement, car le mari en question lui avait, seulement quelques jours auparavant, miné le moral comme jamais personne ne l'avait fait auparavant. La Gryffondor savait toutefois faire la part des choses et n'ouvrirait jamais les hostilités dans un tel contexte. D'ailleurs, elle doutait fortement que les deux nouveaux parents adoptent un comportement différent du sien. Après tout, il s'agissait de la naissance de leur enfant et ce n'était certainement pas le moment de ressasser sa rancune.
Ainsi, le stress d'Hermione était plutôt lié au fait de se retrouver face à l'enfant en question... D'autant plus s'il s'agissait d'une fille. Ces derniers jours avaient été très durs pour elle, psychologiquement parlant, et la jeune femme se sentait prête à tout sauf à affronter le bonheur de ses deux amis, qui tiendraient très certainement dans leur bras le fruit de leur amour. Elle allait devoir se montrer forte si elle ne voulait pas exploser en sanglots et c'était pour cela qu'Hermione se concentra sur tout sauf sur l'image de la naissance de sa propre fille qui ne cessait pourtant de s'imposer à elle.
Mr Weasley toqua doucement alors que la Gryffondor prenait une profonde inspiration. Ce fut Harry qui vint leur ouvrir.
- Bonjour Arthur ! Et... oh Hermione, tu es venue ! s'exclama-t-il.
Il semblait presque aussi fatigué qu'elle-même mais rayonnait de bonheur. Son sourire s'était même davantage accentué en remarquant la présence de sa « meilleure amie ».
- Félicitations mon garçon ! le congratula Mr Weasley d'une voix paternelle en le prenant dans ses bras.
- Merci, Arthur. Allez-y, Ginny vous attend avec notre petite merveille.
Le grand-père ne se fit pas prier et alla retrouver sa fille et la « merveille ».
- Salut Harry. Félicitations, dit alors Hermione d'une petite voix.
- Merci d'être venue, Hermione, souffla son ami.
Et avant qu'elle n'ait pu faire le moindre geste, il l'étreignait avec force. Surprise, la jeune femme ne bougea pas. Le brun finit par s'écarter d'elle et l'invita à entrer.
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La chambre était spacieuse et très confortable – le privilège d'être Mrs Potter sans doute... Ginny était allongée dans son lit et semblait exténuée mais, tout comme son mari, débordait de joie et de bonheur. Une joie et un bonheur qui donnèrent la nausée à Hermione. Un peu plus loin, elle voyait Mr Weasley de dos, penché sur quelque chose qui ne pouvait être que son nouveau petit fils ou sa nouvelle petite fille.
- Hermione ? s'étonna Ginny en la voyant entrer.
- Bonjour Ginny, la salua la jeune femme.
- Tu as l'air épuisée, constata-t-elle.
- Tu n'as pas vue ta tête ! rétorqua Hermione pendant qu'un léger sourire venait flotter sur ses lèvres.
Sourire qui se communiqua à la jeune maman ce qui détendit instantanément l'atmosphère.
- Elle m'en a fait baver ! Je suis ici depuis lundi soir ! se plaignit-elle en levant les yeux au ciel.
- Vraiment ?! s'étonna Hermione. Pourtant, tes deux premiers accouchements s'étaient très bien passés il me semble.
- Oui eh bien il faut croire que les filles sont plus compliquées à mettre au monde que les garçons, répondit Ginny en faisant la moue tandis que son mari prenait place à ses côtés.
Hermione fit tout son possible pour ne pas penser à son propre accouchement et préféra s'avancer vers le nouveau-né – ou plutôt la nouvelle-née – qui gigotait dans son berceau. Mr Weasley lui céda sa place et le cœur d'Hermione fit une nouvelle embardée lorsqu'elle posa les yeux sur la minuscule enfant.
- Hermione, je te présente Lily Rose Potter, annonça Harry en se postant près d'elle.
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- Lily... Rose ? bredouilla Hermione, la voix pleine de trémolos.
- Oui.
- Je... je ne sais pas quoi dire, répondit la jeune femme après avoir caressé la petite main potelée du bébé du bout du doigt et essuyé, le plus discrètement possible, ses yeux d'un revers de manche.
- Nous attendons seulement ton accord, reprit Ginny.
Surprise, Hermione se tourna vers elle en fronçant les sourcils d'incompréhension.
- Nous aimerions appeler notre fille ainsi mais seulement si tu te sens à l'aise avec cette idée, dit Harry en réponse en sa question muette.
La Gryffondor ne répondit pas et se tourna une nouvelle fois vers le poupon qui s'endormait progressivement. Était-elle à l'aise avec le fait que sa nièce porte en deuxième prénom celui de de son propre enfant décédé ? Résolument pas. Pourtant et en faisant fi de la peine qui l'envahissait un peu plus à chaque seconde, elle devait avouer que c'était un très beau geste de la part des deux parents. Et puis... ce n'était pas comme si Rose était son premier prénom. Elle s'appellerait Lily et Hermione n'aurait donc pas à prononcer le nom de sa défunte fille.
- Je trouve que c'est... un très bel hommage, finit-elle par murmurer, des sanglots pleins la voix.
Elle peinait de plus en plus à retenir le flot de larmes qui se bousculait aux portes de ses yeux et elle explosa lorsqu'après s'être débattue quelque peu avec ses couvertures, Ginny lui sauta dans les bras.
Étonnée par son geste, Hermione chancela et se retrouva rapidement acculée contre le mur, une masse de cheveux roux balayant son visage. Ginny la serra contre elle à lui en rompre les os et la brune tenta tant bien que mal de lui rendre son étreinte. Finalement, sa « meilleure amie » s'écarta d'elle, permettant à Hermione d'enfin respirer correctement. Ginny essuya ses propres larmes alors qu'Hermione se mouchait.
Aussitôt, Lily poussa un cri strident, faisant bondir les quatre adultes présents autour d'elle.
- Je suis désolée, je ne voulais pas la réveiller... Elle venait juste de fermer l'œil ! se désola Hermione.
- Ça ne fait rien, Mione. Il est l'heure que je la nourrisse de toute façon, répondit calmement la jeune maman en attrapant sa fille, qui pleurait à présent bruyamment, avec des gestes experts.
- Eh bien, je vais vous laisser dans ce cas. Repose-toi bien, Ginny, et encore félicitations à vous deux !
La rousse lui adressa un immense sourire avant de la remercier chaleureusement et de lui faire promettre de revenir prochainement.
- Compte sur moi !
Hermione referma la porte sur elle et Mr Weasley, qui partait de ce pas pour Godric's Hollow afin de remplacer sa femme pour que cette dernière puisse, à son tour, rendre visite à sa fille et à sa nouvelle petite-fille.
- Hermione ! l'interpella une voix alors qu'elle s'apprêtait à emboîter le pas de son beau-père.
C'était Harry.
- Oui ?
- Est-ce que... J'aimerais te parler, Hermione, dit-il gravement.
Anticipant d'ores et déjà le sujet de leur future conversation, le visage de la jeune femme se ferma brusquement et elle ne répondit même pas lorsque Arthur leur souhaita une bonne journée.
- Peut-être que nous pourrions aller chez toi pour discuter plus tranquillement ? proposa Harry.
Hermione hésita longuement mais finit par accepter.
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- Wow ! C'est magnifique ici ! s'exclama le Survivant une fois que la Gryffondor eut ouvert la porte et l'eut invité à entrer.
- Malefoy me le loue.
- Ah... euh, eh bien, puisque tu abordes le sujet... Il est venu me voir samedi, au bureau.
Hermione ne répondit rien et lui désigna plutôt le canapé d'un geste vague de la main. Harry s'assit et la jeune femme lui proposa un thé.
Une fois revenue au salon, deux tasses brûlantes flottant devant elle, la Gryffondor prit place à son tour et invita Harry à poursuivre.
- Hermione... je... je te dois des excuses. En fait, on te doit tous les deux des excuses, Ginny et moi.
Surprise, Hermione arqua un sourcil.
- J'en ai parlé avec elle et sache qu'elle partage absolument mon point de vue sur tout ce que je vais te dire... Nous sommes allés trop loin, beaucoup trop loin !
- Quel est le rapport avec Malefoy ? demanda la Gryffondor après avoir bu une gorgée de thé.
- J'y viens. Comme je te l'ai dit, il est venu me voir samedi au travail. Il semblait... enfin il ne semblait pas dans son état normal et m'a affirmé qu'en ce qui te concernait, c'était bien pire. Bien entendu, je n'ai pas voulu le croire mais en te voyant lundi à la réunion j'ai bien été obligé de reconnaître mes torts. Je n'aurais jamais dû te dire ces choses vendredi soir, Hermione. J'ai dépassé les bornes. Largement dépassé les bornes, ajouta-t-il sombrement.
- Tu n'as dit que ce que tu pensais, Harry.
- Oui, peut-être. Mais je me suis rendu compte que je ne pensais pas correctement.
- Je ne comprends pas.
- Excuse-moi, fit-il en se passant une main dans les cheveux. Tu sais que je n'ai jamais été très doué avec ce genre de trucs... Enfin ce que j'essaye de te dire c'est que tu avais raison et que j'avais tort. Que nous avions tort, Ginny, les Weasley et moi, se reprit-il.
Hermione, qui ne s'attendait absolument pas à ce que la discussion prenne une telle tournure resta figée dans son fauteuil.
- Je vois à présent que Malefoy t'aidait et, même si j'ai beaucoup de mal à l'accepter, sache que je ne me mettrais plus jamais entre vous. Tu es assez grande pour faire tes propres choix, mener ta vie comme tu l'entends et...
- Harry... Harry stop ! J'ai arrêté de voir Malefoy, l'interrompit Hermione.
- Je sais et je sais aussi que c'est à cause de moi et je sais encore que ce n'est pas une bonne idée.
- Eh bien dis-moi, tu en sais des choses, marmonna amèrement la Gryffondor en avalant une gorgée de thé.
- Pour une fois que c'est moi ! rit son meilleur ami. Mais passons. Hermione, je vois à présent que tu ne désirais que tourner la page et que tu l'as – ou plutôt l'avait - fait, notamment grâce à lui. Il faut absolument que tu oublies tout ce que j'ai pu te dire.
- Ça, Harry, ce n'est pas possible.
- Si Hermione, il le faut ! Tout ce que j'ai pu te dire vendredi soir... c'était un ramassis de conneries, comme dirait Malefoy. Je t'ai attaquée parce que je ne comprenais pas ton attitude mais au lieu de me mettre à ta place, je suis resté buté sur mes idées – tu sais comment je suis ! – et je t'ai rendu affreusement malheureuse.
- Je ne suis pas malheureuse, mentit Hermione.
- Si, répondit simplement Harry. Et j'en suis terriblement désolé.
Il s'avança avant de prendre sa main dans la sienne.
- Hermione écoute moi, quand... Quand ils sont décédés je me suis promis de veiller sur toi pour que tu n'aies plus jamais à souffrir. Mais j'ai... Ron me manque, avoua Harry d'une voix tremblante d'émotion. Quand il est mort, ça n'a fait que me confirmer quelque chose que je savais déjà : je suis maudit et tout le monde meurt autour de moi.
- N'importe quoi, tu n'es pas... commença Hermione en s'emportant.
- Laisse-moi finir s'il-te-plaît, la coupa-t-il gentiment. J'ai perdu mon meilleur ami et je pensais – je pense – à lui chaque jour. Et je n'ai pas compris pourquoi et comment tu faisais pour reprendre si rapidement ta vie en main alors que tu avais perdu ton mari et ta fille pendant que moi, j'étais encore au trente-sixième dessous. Mais tu as toujours été comme cela... Tu as toujours eu cette force d'âme que, sur le moment, je n'ai pas compris.
- Tu sais... moi aussi je pense à eux chaque jour. Ils me manquent tellement... avoua Hermione.
- Je le sais, Hermione. Je le comprends maintenant. Je sais que même si tu fréquentes Malefoy ou n'importe qui d'autre et même si tu retournes sur les lieux du... enfin si tu retournes au Manoir, ça ne veut pas dire que tu les oublies mais plutôt que tu essayes, avec dignité, de reprendre ta vie en main et d'avancer. Et je pense que c'est ce qu'ils auraient voulu pour toi. Enfin c'est ce que Ginny, moi et certainement toute la famille Weasley, voulons pour toi : que tu sois heureuse, termina Harry en lui adressant un faible sourire.
Hermione sentait les larmes couler sur ses joues mais ne faisait absolument rien pour les arrêter. C'était comme si quelqu'un avait subitement appuyé sur le bouton « pause » et qu'elle ne parvenait plus à faire quoique ce soit. Ni essuyer ses larmes, ni boire une gorgée de thé, ni même penser. Elle avait l'impression que son cerveau l'avait abandonnée.
- Hermione ? l'appela doucement Harry au bout d'un certain temps.
Hermione papillonna des yeux avant de relever son regard, qui s'était égaré sur le tapis. Elle leva un sourcil interrogateur.
- Dis quelque chose, s'il-te-plaît, le pressa gentiment son meilleur ami.
- Je... sa voix était rauque et elle toussota. J'ai quand même l'impression de l'avoir trompé et d'être un monstre, avoua-t-elle finalement.
Harry se leva et alla la prendre dans ses bras tout comme l'avait fait sa femme, quelques minutes auparavant. C'était un comportement si peu habituel chez lui que la Gryffondor resta interdite de longues secondes avant de l'enlacer à son tour.
- Tu ne dois pas penser ça, tu m'entends ?! Tu n'es pas un monstre, Hermione. Tu es une personne merveilleuse.
- Mais j'ai trompé Ron.
- Non. Ron est décédé, tu ne l'as pas trompé, répondit simplement Harry.
La jeune femme voyait bien qu'il lui était très difficile d'aborder le sujet de sa sexualité avec Malefoy et, dans d'autres circonstances, elle en aurait certainement ri mais là, tout de suite, elle ressentait surtout le besoin de pleurer. Encore et toujours pleurer. Elle se faisait pitié toute seule...
- Ma...Malefoy m'a un jour dit quelque chose de semblable.
- Eh bien - Merlin je ne croyais jamais dire ça un jour ! - tu devrais l'écouter, Hermione, conseilla-t-il.
- Je sais pas... Je suis perdue, Harry, je ne sais plus quoi faire !
- Tu dois faire ce qui te rend heureuse.
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Son meilleur ami la quitta une bonne heure plus tard. Il s'était une nouvelle fois confondu en excuses et avait conseillé à Hermione de reprendre contact avec Malefoy si c'était ce que lui dictait son cœur. La Gryffondor apprécia ses paroles à leur juste valeur mais ne comprenait tout bonnement pas comment appliquer les conseils d'Harry. D'après lui, elle devait « suivre son cœur » sauf que... pour le moment, ce dernier était brisé et ne semblait plus parvenir à guérir. A chaque fois qu'elle se sentait légèrement mieux, les crevasses qui le striaient se rouvraient et des larmes, silencieuses et légères mais pourtant atrocement douloureuses, se remettaient à couler abondamment sur ses joues.
OoOoOoO
Le vendredi douze septembre, cela faisait neuf jours que sa fille Lily était née et Harry avait l'impression de revivre. L'arrivée de sa petite « princesse » comme il la surnommait – au grand dam de sa mère – avait apporté un vent de douceur avec elle. Pourtant, Harry n'arrivait pas à être pleinement heureux. Et cela parce qu'Hermione ne l'était pas elle-même. Elle n'avait pas reperdu de poids mais n'en avait pas, non plus, reprit. Elle était toujours aussi taciturne et ne semblait pas avoir repris contact avec Malefoy – en témoignait leur éloignement lors des réunions du Conseil et l'expression irritée que le Serpentard arborait constamment - comme il le lui avait pourtant conseillé à de nombreuses reprises. Ce qui rassurait toutefois Harry était le fait que Malefoy semblait aussi mal vivre l'éloignement que sa meilleure amie, preuve qu'il ne s'était pas mépris sur ses intentions et que, aussi surprenant que cela puisse paraître, le blond semblait s'être attaché à Hermione. Attachement qui le rendait, de ce fait, digne de confiance. Aussi et alors qu'il venait récupérer les dossiers empilés sur son bureau qu'il aurait à traiter dès le lundi, soit dès la fin de son congé paternité, Harry décida-t-il de prendre les choses en main.
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Ses dossiers sous le bras, il partit en direction du bureau de Malefoy. Percy avait annulé la réunion du ce soir puisqu'ayant lui-même rendez-vous avec la directrice de Poudlard. Cette dernière devait lui faire un compte rendu détaillé de la rentrée et des quelques jours qui l'avait suivie et donc, par conséquent, des problèmes rencontrés que le Conseil d'administration devrait se charger de résoudre le plus tôt possible. Ainsi, Harry espérait pouvoir toucher deux mots à Malefoy avant de rentrer chez lui.
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- Entrez, l'invita une voix étouffée derrière la porte.
Harry s'exécuta. Malefoy était assis à son bureau et se préparerait de toute évidence à partir.
- Potter ? s'étonna-t-il en relevant la tête. Qu'est-ce que tu veux ?
- Je suis venu te parler d'Hermione. Je peux m'asseoir ? demanda-t-il en désignant la chaise en face du bureau, d'un signe de tête.
Le Survivant avait décidé de ne pas y aller par quatre chemins avec le Serpentard. Premièrement parce qu'il avait hâte de rentrer chez lui pour retrouver sa femme et ses enfants et deuxièmement parce qu'il savait que cela ne servait à rien de tergiverser avec Malefoy.
Ce dernier, visiblement surpris, resta interdit quelques secondes avant d'opiner du chef.
- Je t'écoute.
- Tu avais raison... commença Harry.
- Pardon ? Tu peux répéter ?
- Malefoy... menaça Harry en fronçant les sourcils.
- Ouais bon, ça va... Tu dois avouer que c'est surprenant d'entendre ce genre de choses sortir de ta bouche, Potter !
Perdant patience, le brun préféra garder le silence.
- Bon... si tu me permets d'en placer une, maintenant... Merci ! ajouta-t-il en voyant que Malefoy ne pipait mot. Hermione ne va pas bien, continua Harry.
- Sans blague ?! le coupa une nouvelle fois le Serpentard avec virulence et sarcasmes.
- Bordel Malefoy mais c'est pas possible ! jura le Survivant.
Son interlocuteur leva les yeux au ciel tandis que lui-même soupirait de lassitude. Comment, par Merlin, Hermione faisait-elle pour le supporter ?! Repenser à Hermione le refocalisa immédiatement sur la raison de sa venue.
- J'ai merdé avec elle, avoua Harry. Oui bon... vraiment merdé, se corrigea-t-il en voyant la moue que faisait Malefoy et qui signifiait très clairement que « merder » était un euphémisme pour caractériser la situation. Je me suis excusé, bien évidemment, mais elle semble toujours croire ce que je lui ai dit à cette soirée, poursuivit-il.
- Mais bien sûr qu'elle y croit toujours, Potter ! Enfin t'es con ou quoi ?! s'énerva le Serpentard. Elle était très fragile psychologiquement et tu lui as confirmé tout ce qu'elle craignait en son for intérieur.
- J'en conclus qu'elle ne t'a pas reparlé.
- Non.
- Je le lui ai conseillé pourtant.
- Quoi ?! s'exclama Malefoy, les yeux agrandis par la surprise cette fois-ci.
- Écoute, même si j'en ai longuement douté, je reconnais que tu avais une bonne influence sur elle et que tu l'aidais.
- Et comment en es-tu arrivé à cette merveilleuse conclusion ? demanda le blond, sarcastique.
- En la voyant déambuler sans but, en voyant son regard désabusé et triste, alors que quelques jours auparavant, elle était joyeuse et souriait... Alors qu'elle semblait heureuse, résuma Harry en baissant le regard.
En face de lui, Malefoy croisa les bras sur son torse.
- Tu ne pourras pas dire que je ne t'avais pas prévenu, Potter, cingla-t-il.
- Non. Mais aujourd'hui, j'ai besoin de toi. Elle a besoin de toi.
- Et qu'est-ce que tu veux que je fasse ?! Elle ne m'écoute pas ! s'agaça Malefoy.
- Oblige-la à t'écouter... Je ne sais pas, moi ! Je lui ai parlé il y a près de dix jours mais, depuis, rien n'a changé.
- Tu viens de répondre toi-même à ta question. Tu sais aussi bien que moi qu'on oblige pas Granger à faire quelque chose qu'elle ne veut pas faire, soupira le blond en se passant une main sur le visage.
- Non, en effet. Mais je sais, qu'au fond, c'est ce qu'elle veut. Sinon... jamais elle ne t'aurait laissé entrer dans sa vie comme elle a pu le faire.
- Je ne peux pas l'obliger, répéta Malefoy.
- Je ne te demande pas de l'obliger, je te demande de la ramener à la raison, nuança Harry.
- Ah oui... et comment je suis supposé faire ça alors qu'elle ne m'écoute pas et que toi-même tu n'as pas réussi à la faire changer d'avis ?!
- Je pense qu'elle a perdu confiance en moi. Mais pas en toi, répondit Harry comme si cela était la clé de tout.
Derrière son bureau, le Serpentard le regarda comme s'il était subitement devenu fou à lier.
- Et ça, c'est supposé m'aider ?
- Oui.
- Potter tu es certain qu'avant d'entrer dans ce bureau, quelqu'un ne t'a pas tapé la tête dans un mur jusqu'à ce que tu deviennes complètement débile... ? Je récompenserai l'homme – ou la femme - bien entendu mais...
Harry l'arrêta d'un mouvement de la main.
- Écoute, Malefoy. Si tu tiens un tant soit peu à Hermione, tu feras ce que je t'ai conseillé... Et puis, de toute façon, tu le feras parce que sinon je te jure que je ferai de ta vie un enfer ou que je te ferai enfermer à Azkaban, ajouta Harry.
- Whouuuu, c'est supposé me faire peur, Potter ?! J'espère que tes potes Aurors se montrent plus convaincants pendant leurs interrogatoires parce que là, franchement, tu es tout sauf crédible.
Harry ne répondit rien.
- Bon, je verrai ce que je peux faire, reprit finalement Malefoy, après un long silence.
- Parfait.
- Tu m'en devras une.
- Redonne-lui le sourire et je te serais redevable à vie.
- Intéressant... Tu vois, Potter, ça ne sert à rien de faire des menaces en l'air... Je préfère largement ce genre de promesse, ajouta-t-il, un sourire sardonique aux lèvres.
Harry soupira avant de se lever. Si Malefoy réussissait, il ne le laisserait plus jamais tranquille... De ça, le Gryffondor était certain. Mais après ce qu'il avait fait à Hermione, le jeune homme était prêt à tout pour rattraper ses erreurs. Même pactiser avec son ennemi de toujours.
Il salua ce dernier d'un signe de tête avant de sortir du bureau et de rentrer chez lui. A présent, le bonheur d'Hermione était entre les mains de Malefoy et Harry espérait ne pas le regretter par la suite.
}{
Drago devait avouer qu'il avait été étonné de voir Potter débarquer ainsi dans son bureau. Pourtant, une fois que la porte se fut refermée, ce fut un grand sourire qui vint étirer ses lèvres. Il allait montrer à cet idiot comment il fallait s'y prendre pour redonner le sourire à une femme ! Il n'y avait absolument aucun moyen pour qu'Hermione reste ainsi malheureuse. Drago s'en faisait la promesse. Il ne la lâcherait plus avant qu'elle soit de nouveau dans ses bras, un immense sourire aux lèvres.
Ainsi, lui-même pourrait retrouver la joie de vivre qui l'avait partiellement quitté lorsque Granger lui avait annoncé ne plus vouloir le fréquenter et qui l'avait carrément fui à la seconde même où son fils était parti pour Poudlard.
Drago releva la tête en direction de l'horloge accrochée au mur. Dix-huit heures cinquante. Parfait. Il savait que Granger avait terminé le travail à cette heure et il se rendrait donc chez elle dès ce soir.
OoOoOoO
Le Serpentard toqua une nouvelle fois mais plus par acquis de conscience qu'autre chose. Granger ne viendrait pas ouvrir, il le savait parfaitement. Et pour cause, cela faisait au moins cinq minutes qu'il tambourinait à sa porte. Il hésitait à faire une intrusion intempestive dans son appartement mais se résigna finalement, même si ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Mieux valait ne pas la froisser et laisser faire le temps. Il reviendrait donc le lendemain et le jour d'après s'il le fallait, jusqu'à ce qu'elle lui ouvre la porte et le laisse de nouveau entrer dans sa vie.
Harry a enfin pris conscience de son erreur ! Ce n'est pas trop tôt !
J'espère que vous avez été satisfaits de constater qu'il essaie de se racheter par n'importe quel moyen... jusqu'à remettre le bonheur d'Hermione entre les mains de Drago ! Ce qui n'est certainement pas anodin quand connait ces deux-là…
De même, j'espère que vous n'êtes pas trop déçus de voir qu'Hermione est toujours au fond du gouffre... Mais on peut comprendre qu'elle soit totalement perdue entre les paroles assassines d'Harry - qui vient finalement s'excuser et lui avouer qu'il en pense tout le contraire et qu'elle a besoin de Drago - son cœur qui est tiraillé entre croire les paroles qu'Harry lui a balancé pendant la soirée et son envie de retrouver le Serpentard et - comme si ce n'était pas déjà suffisant - se retrouver devant la fille des Potter qui porte comme deuxième prénom, celui de sa défunte Rose...
Bref... pensez-vous que Drago parviendra à accomplir sa mission ?
Après le plan « coucher avec Granger »... Drago vous présente le plan « redonner le sourire à Granger » !
Sinon, vous avez (enfin) découvert la maison de notre Scorpinou-chéri ! Scorpius Hyperion Malefoy est donc un petit Serdaigle ! J'espère que vous comprenez le choix du Choixpeau... Même si je pense qu'il aurait eu sa place dans presque n'importe quelle maison, il me semble que le bleu et bronze lui conviendra davantage...
Bref, j'arrête là mon interminable note de fin qui va finir par se transformer en un véritable chapitre à part entière et j'attends vos reviews avec beaucoup impatience ! Alors : A VOS CLAVIERS ! :)
Gros bisous et à mercredi avec le chapitre trente-et-un !
Chalusse
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