Bonjour à tou(te)s !

Comme toujours, je remercie très chaleureusement mes revieweurs/euses d'amour ! Revieweurs/euses qui se sont fait légèrement moins nombreux au cours du dernier chapitre alors j'espère que ce nouveau chapitre saura vous motiver à me laisser un petit mot ! :)

Concernant les publications, je ferai des annonces sur FB à partir du prochain chapitre ! Merci à ceux qui ont pris le temps de venir voter.

Je vous annonce par ailleurs que je ne serai pas en mesure de publier un nouveau chapitre mercredi. Ceci car j'aurai d'autres impératifs à ce moment-là et je m'en excuse par avance :(. J'essaierai de publier le chapitre trente-trois au cours du W-E prochain et donc pas nécessairement le dimanche pour que vous l'ayez plus rapidement (puis je reprendrai mon rythme de publication classique). Je vous invite donc à guetter la page FB, la semaine prochaine, pour être avisés de la mise à jour :).

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RàRs anonymes :

Guest : Je suis ravie que tu aies autant apprécié le précédent chapitre presque 100% Scormione ! J'espère que celui-ci te plaira tout autant. Mille mercis pour ta nouvelle review ! Bises et à très bientôt. :)

Bellasidious : Tes magnifiques compliments m'ont vraiment fait super plaisir et très chauds au cœur ! J'espère que tu continueras à « adorer » jusqu'à la fin. Concernant la relation des Dramione eh bien… suspens, suspens ! Quoiqu'il en soit, j'espère que ce nouveau chapitre te plaira ! Mille mercis pour ta magnifique review et à très bientôt ! Bisous ! :)

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Voilà pour cette courte note de début de chapitre (profitez-en car ce n'est pas souvent que j'ai si peu de choses à vous dire ^^). Je vous laisse à présent avec le nouveau chapitre qui, je l'espère, vous plaira ! :)

Très bonne lecture et à tout à l'heure pour la note de fin !

Comme toujours, seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


Chapitre 32 : Mise au point

Toc, toc, toc

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Les coups se répétèrent une troisième fois et, sortant de sa torpeur, Hermione rompit le contact visuel qu'elle maintenait avec Scorpius, toujours agrippé à sa main gauche. Elle attrapa sa baguette dans son sac à main avant de s'avancer en direction de la porte sur laquelle elle jeta un sortilège afin de connaître l'identité du visiteur.

- C'est ton père, lâcha-t-elle en se retournant vers l'enfant, une pointe d'angoisse dans la voix.

Ce dernier se mordit la lèvre inférieure.

- Il-il a l'air fâché ? s'enquit-il d'une toute petite voix.

Hermione reporta son attention sur la porte et inspecta le Serpentard par le biais de la petite fenêtre qu'avait créé son sort et qui lui permettait d'avoir une vue d'ensemble sur la cage d'escalier.

- Étonnamment, non, répondit-elle, aussi surprise que Scorpius qui accourait déjà vers elle pour vérifier par lui-même.

- Tu as raison, finit-il par marmonner, comme s'il était en pleine réflexion.

Cela n'avait aucun sens. Pourquoi Malefoy se pointerait-il à neuf heures du matin chez elle, un samedi, si ce n'était pas pour récupérer son fils ?

Ce fut finalement le jeune Malefoy qui apporta la réponse à cette question.

- Il est venu pour toi, dit-il, un grand sourire aux lèvres.

- Quoi ?

- Papa, il est venu pour te voir ! Il m'a enfin écouté !

Et avant que la jeune femme n'ait pu dire quoique ce soit, il se dirigeait vers sa chambre, traînant difficilement sa grosse valise derrière lui.

- Mais qu'est-ce que tu fais ?! s'exclama-t-elle tandis qu'en arrière-plan, le Serpentard continuait de marteler sa porte.

- Je vais dans la chambre. Je vous laisse parler, expliqua le petit Scorpius.

- Mais... commença Hermione.

- Granger ! Je sais que tu es ici, ouvre s'il-te-plaît !

La voix du Serpentard était étouffée mais coupa tout de même Hermione dans son élan. En face d'elle, l'enfant lui fit un clin d'œil complice avant de disparaître dans le couloir. Hébétée et prise de court, Hermione resta interdite, les bras ballants, avant de finalement se diriger d'un pas traînant vers la porte d'entrée.

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- Oh... Salut, Granger, fit Malefoy, visiblement étonné qu'elle daigne lui ouvrir.

- Salut Malefoy, marmonna cette dernière, toujours étourdie de la tournure que prenaient les évènements.

- Je peux entrer ? J'aimerais te parler.

Après quelques secondes de silence, elle s'effaça pour le laisser passer. Il s'arrêta au milieu du salon puis se retourna vers elle.

- Écoute, Granger... commença-t-il, visiblement tendu.

- Malefoy, l'arrêta Hermione en levant la main vers lui. Je dois aussi te parler.

- Ah... euh... bon très bien, fit-il, désarçonné. Tu veux commencer ? Après tout, tu t'apprêtes peut-être à me dire la même chose que moi, reprit-il comme s'il essayait de s'en convaincre lui-même.

- J'en doute...

- Moi aussi, souffla-t-il. Que veux-tu me dire ?

Hermione prit une grande inspiration et se lança.

- Ton fils est ici.

Un silence de plomb tomba entre eux. Elle vit tout d'abord Malefoy froncer les sourcils d'incompréhension puis son regard se figea, au même titre que tous les traits de son visage et il se précipita vers elle.

- Qu'est-ce qu'il a ? Il va bien ? Il est blessé ?! Où est-ce qu'il est ?!

- Il va bien, assura Hermione d'une voix calme.

Le Serpentard ferma les yeux de soulagement avant de les rouvrir, quelques instants plus tard. Il semblait véritablement confus à présent.

- Qu'est-ce qu'il fait là ? Où est-ce qu'il est ? répéta Malefoy.

- Il est dans sa chambre. Mais... il faut qu'on parle avant, ajouta-t-elle promptement en voyant le blond se diriger vers le couloir.

- On parlera plus tard, Granger, pour l'instant je veux voir mon fils.

- Malefoy ! s'exclama-t-elle alors.

Surpris par son soudain haussement de ton, il se retourna.

- On doit parler avant que tu n'ailles le voir. Il faut que je t'explique certaines choses et... il m'a fait promettre de t'en parler d'abord, ajouta-t-elle en désespoir de cause.

Le blond la dévisagea d'un air suspicieux.

- Tu es sûre qu'il va bien ? demanda-t-il après une seconde de silence.

- Certaine, affirma Hermione.

- Je ne comprends pas, avoua Malefoy.

- Je vais t'expliquer.

Elle lui désigna le canapé d'un signe de tête, y prenant elle-même place. Les yeux de Malefoy firent une dernière fois la navette entre elle et le couloir puis il vint s'asseoir à ses côtés, tendu et le dos très droit.

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Durant une heure, Hermione rapporta au père de l'enfant tout ce qu'il s'était passé la veille. Tout d'abord figé dans une expression d'impassibilité dont lui seul avait le secret, son visage s'était petit à petit contracté, signe qu'il était très en colère. Une lueur menaçante traversa même ses pupilles au moment où elle lui apprit la teneur des messages laissés sur les pages du livre de contes.

- Il a fait ça pour te « protéger », si l'on peut dire ça ainsi, conclut Hermione en faisant référence au silence de l'enfant quant aux insultes dont il avait été victime.

- Je ne comprends pas... répéta Malefoy pour la seconde fois de la matinée, visiblement choqué de ce qu'il venait d'entendre.

- Il ne voulait pas que tu te mettes à culpabiliser, expliqua la Gryffondor. Tu sais, c'est un enfant très perspicace et il sait parfaitement comment tu fonctionnes. Il pensait que tu te maudirais en apprenant qu'on le brutalisait à cause de son nom de famille... Et je pense qu'il a raison.

- Évidemment qu'il a raison ! explosa Malefoy avant de se passer une main sur le visage et de masser ses paupières.

Il semblait furieux et, paradoxalement, tellement abattu qu'Hermione sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Doucement, elle avança sa main jusqu'à toucher du bout des doigts celle du Serpentard qui, surpris, la laissa mollement retomber sur le canapé.

- Ce n'est pas de ta faute, assura Hermione d'une voix douce.

Le blond ne répondit rien mais la jeune femme savait parfaitement qu'il se tenait pour responsable de ce qu'il s'était passé. Il ne cessait de répéter qu'il ne comprenait pas alors Hermione attrapa sa main et le força à se lever. Docile, il la suivit jusqu'à la porte de la chambre de Scorpius contre laquelle la Gryffondor frappa.

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- Entrez, annonça l'enfant.

Elle poussa la porte. Il était assis sur son lit, le livre de contes - qu'il semblait avoir repris au début - ouvert sur les genoux. Un immense sourire éclaira son visage lorsqu'il vit Hermione mais s'évanouit rapidement en constatant que son père la suivait de près. L'enfant se leva et, avant qu'il n'ait pu dire ou faire quoi que ce fut, Malefoy bouscula légèrement Hermione et se précipita sur lui. La jeune femme voulut le suivre mais interrompit immédiatement son geste en voyant le Serpentard serrer son fils dans ses bras à lui en rompre les os. Scorpius semblait aussi surpris qu'elle et regardait Hermione avec de grands yeux, par-dessus l'épaule de son père. Finalement, Malefoy se détacha de lui et se retourna vers Hermione en s'excusant de l'avoir bousculée. Elle lui fit signe qu'elle ne lui en tenait absolument pas rigueur et il lui adressa un sourire gêné.

- Est-ce... Est-ce que tu pourrais nous laisser seuls quelques minutes ? demanda-t-il.

Perdue dans ses pensées, Hermione releva les yeux vers son ex-amant.

- Oui, bien entendu ! acquiesça-t-elle avant de quitter hâtivement la pièce.

}{

- T'es fâché, Papa ? demanda Scorpius en baissant la tête.

Drago ne répondit pas immédiatement et s'agenouilla plutôt pour être à la hauteur de son fils qui s'était assis sur son lit. Il lui releva doucement le menton, l'obligeant à lui faire face.

- Oui, je suis fâché Scorpius. Mais pas pour les raisons auxquelles tu peux penser, ajouta-t-il en voyant le regard de l'enfant s'embuer de larmes. Je suis fâché parce que tu ne m'as rien dit. Je suis même furieux.

- Désolé, bredouilla Scorpius.

- Regarde-moi, exigea Drago en exerçant une nouvelle pression sous le menton de l'enfant. Si jamais une chose pareille se reproduisait, je veux que tu m'en parles immédiatement... à moi ou à ta grand-mère ou… à Hermione.

Les yeux gris/bleus de son fils s'agrandirent légèrement mais il se contenta de hocher la tête.

}{

Les deux Malefoy restèrent assez longtemps enfermés dans la chambre du jeune sorcier mais, n'entendant aucun éclats de voix, Hermione avait cessé de s'inquiéter. Finalement, le bruit d'une porte qui s'ouvrait se fit entendre et, quelques secondes plus tard, père et fils apparaissaient dans le salon. Quelques traces de larmes étaient visibles sur les joues de Scorpius et Malefoy avait les yeux légèrement brillants. Hermione adressa un mince sourire au petit blond qui s'empressa de le lui rendre, finissant de rassurer la jeune femme.

Le silence se fit entre eux, pesant et gênant. Se levant du canapé, Hermione alla déposer le livre qu'elle avait entamé quelques minutes auparavant sur une étagère, alors que Malefoy se tournait vers Scorpius.

- Quand dois-tu rentrer à Poudlard ?

- Lundi, je crois. C'est ça Hermione ? demanda-t-il à son tour.

- Oui, répondit la Gryffondor.

Pivotant vers Malefoy, elle ajouta :

- D'après McGonagall, des excuses publiques seront prononcées lundi matin dans la Grande Salle. Elle doit normalement t'envoyer le programme de la matinée par hibou.

Le Serpentard hocha la tête.

- Bon eh bien... commença-t-il.

- Papa ? le coupa son fils.

- Quoi ?

- On peut rester ici ?

- Pardon ?

- On peut rester avec Hermione ?

Un silence de plomb s'abattit de nouveau sur la pièce à vivre.

- Il vaut mieux qu'on rentre au Manoir, Scorp', répondit finalement son père qui évitait, de toute évidence, le regard qu'Hermione avait posé sur lui.

- Mais...

- Pas de « mais ». Et puis tu as déjà suffisamment abusé de son hospitalité, tu ne crois pas ? reprit Malefoy.

- Oui mais...

- Scorpius... menaça Drago.

- Mais je ne suis là que pour deux jours encore et j'ai envie de voir Hermione, moi, clama tout de même l'enfant.

- Eh bien... tu pourras venir lui dire au revoir si tu veux, et si elle est d'accord, bien entendu, ajouta Malefoy en levant enfin son regard d'acier vers elle.

Hermione acquiesça discrètement. Elle se sentait comme spectatrice de cet échange et avait l'impression que son esprit avait déserté son corps. Elle se tenait là, debout au milieu de la pièce, immobile et le regard posé sur le Serpentard. Elle les entendait communiquer mais ne prêtait pas vraiment attention à leur conversation. Non, elle se sentait comme une coquille vide, comme une plante en pot que l'on aurait déposée ici pour décorer.

Puis, soudainement, Malefoy bougea et Hermione sortit de sa torpeur. Il se dirigeait vers la porte d'entrée, la valise de son fils dans son sillage, et l'observait étrangement.

- Eh oh, Hermione ?! l'appela une voix.

Baissant les yeux, la Gryffondor aperçut Scorpius qui se tenait devant elle.

- Ça va ? s'enquit-il.

- Hein ? Euh… oui, oui, mentit-elle. Qu'... qu'est-ce que vous faites ?

- On rentre au Manoir. Tu es certaine que tout va bien, Granger ? l'interrogea Malefoy à son tour.

Malefoy... Hermione reporta son regard sur lui. Il avait froncé les sourcils et la jeune femme le trouva beau. Oui, Malefoy était beau, seul un idiot dirait le contraire. Son regard toujours plongé dans le sien, elle le vit se détourner légèrement, peut-être pour parler à son fils, elle ne savait pas. Elle ne savait plus. Elle n'arrivait plus à penser.

Puis, lentement, elle le vit s'approcher. Ses yeux étaient étranges, il était comme... inquiet.

- Hey, Granger ?

Il agita une main devant son visage comme pour capter son attention. Attention qu'il avait, en quelque sorte, déjà accaparé depuis qu'il était entré dans la pièce.

- Granger... Dis quelque chose... la pressa-t-il.

Hermione avait détaché ses yeux des siens et scrutait à présent et avec minutie, sa bouche aux lèvres fines mais pourtant si délicieuses. Ce fut alors comme si son cerveau réintégrait brusquement son corps. Des milliers de pensées l'assaillirent de toutes parts, lui faisant prendre conscience qu'elle était immobile et muette depuis de longues secondes. Elle bougea rapidement la tête et son regard se focalisa sur quatre points.

Scorpius.

La valise.

Malefoy.

La porte d'entrée.

- R...spt, parvint-elle à marmonner.

- Pardon ? demanda Malefoy.

Hermione plongea de nouveau dans ses prunelles grises et ce fut comme si tout autour d'elle disparaissait à nouveau brusquement.

- Reste, souffla-t-elle si bas qu'elle douta qu'il l'entende de là où il se tenait. Restez, reprit-elle un peu plus distinctement et en posant son regard sur Scorpius.

Elle peinait à réfléchir, ses pensées formaient un imposant sac de nœuds dans son esprit mais une idée globale s'en dégageait tout de même : elle n'avait pas envie de les voir franchir cette porte. En face d'elle, Malefoy avait recommencé à froncer les sourcils. Il jeta un coup d'œil à son fils qui arborait à présent un immense sourire.

Personne ne parlait, ni même ne bougeait. Hermione observait Malefoy et ce dernier en faisait autant. Soudainement, la voix enjouée de Scorpius résonna dans la pièce.

- Alors j'peux rapporter ma valise dans ma chambre ?! se renseigna-t-il, en allant, sans même attendre la réponse, récupérer ladite valise devant la porte.

- Je... Oui, je pense que tu peux, répondit finalement son père sans toutefois bouger d'un centimètre.

- Génial ! s'exclama l'enfant avant de faire traîner son imposant bagage dans le couloir pour la seconde fois de la journée.

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Seuls, Hermione et Malefoy se regardaient toujours en chiens de faïence. Ce fut finalement lui qui, à l'instar de son fils, rompit le silence en premier.

- Tu es sûre ?

Sûre ? Hermione n'était plus sûre de rien, et ce depuis longtemps. Mais Harry lui avait préconisé d'écouter son cœur plutôt que sa tête et, cette dernière étant aux abonnés absents en cet instant précis, elle avait suivi son conseil. Hermione ne voulait pas qu'ils partent et la laissent seule. Depuis que Scorpius était arrivé, la veille au soir, la Gryffondor se sentait mieux. S'inquiéter pour lui, lui avait permis de ne plus penser à ses propres problèmes et elle devait avouer que cela lui faisait un bien fou. Elle était parvenue à dormir d'une traite la nuit dernière et sans même prendre de potion ce qui, au regard des derniers jours, relevait de l'exploit.

C'était donc tout naturellement qu'elle ressentait le besoin de continuer à avoir la présence du petit garçon auprès d'elle. Et puis... il y avait Malefoy...

Malefoy qui attendait toujours une réponse de sa part. Prenant son courage à deux mains et reléguant dans un coin de son esprit toutes ses réticences, elle acquiesça.

- Certaine.

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Le visage du Serpentard se relâcha immédiatement et un mince sourire étira même ses lèvres. Sourire qui se transmit de façon contagieuse à Hermione qui baissa timidement les yeux. En quelques pas, Malefoy se retrouva juste devant elle et lui releva doucement le menton jusqu'à ce que ses yeux se replongent dans les siens. La main du blond voyagea alors jusqu'à sa joue dans un geste aérien et délicat. Hermione ferma les yeux à son toucher.

- OH COOOOL ! Vous êtes redevenus amoureux ! s'écria Scorpius en faisant son retour dans la pièce.

Tout se passa comme au ralenti. La main de Malefoy retomba mollement le long de son flanc pendant qu'Hermione ouvrait les paupières et que leurs deux visages pivotaient d'un bloc vers le jeune blond, figés dans une expression d'horreur.

- Ah... euh bah peut être pas, finalement, se contenta de soupirer l'enfant avant d'aller s'asseoir sur le canapé et de reprendre la lecture de son livre de contes.

Les deux adultes se regardèrent quelques instants, les yeux écarquillés, puis Drago reporta son attention sur son fils.

- C'est quoi ce livre ?

- C'est Hermione qui me l'a prêté. C'est pour remplacer celui qui est... enfin l'autre, expliqua-t-il en relevant le nez.

- Merci, souffla Malefoy à l'adresse d'Hermione.

Cette dernière lui fit signe que ce n'était rien.

- Tu sais, Papa, Hermione m'a dit qu'elle allait restaurer mes livres, reprit finalement Scorpius. Enfin, elle m'a dit qu'elle allait essayer.

- C'est gentil à elle, tu l'as remercié ?

- Oui, soupira-t-il en levant les yeux au ciel.

Hermione, qui en avait assez qu'on la remercie à tout bout de champ et pour tout et n'importe quoi, roula également des yeux avant de se diriger vers sa cuisine. Il était près de onze heures et, comme il semblait à présent évident que les Malefoy resteraient avec elle pour déjeuner, il fallait qu'elle réfléchisse à ce qu'elle pourrait bien « concocter ».

Ce fut donc avec horreur qu'elle se souvint, en ouvrant le réfrigérateur, que ses réserves étaient à sec et que plus rien de comestible ne trainaient dans ses placards. Se résignant, elle retourna dans le salon avant de se diriger vers le porte-manteau où elle attrapa sa veste et son sac à main.

- Tu t'en vas, Hermione ? s'étonna Scorpius, alors que son père fronçait les sourcils.

- Je dois aller faire des courses, expliqua la Gryffondor tout en vérifiant sa coiffure dans un miroir accroché au mur.

- Et on peut t'accompagner ? demanda l'enfant en fermant son livre.

- Oh... euh... bredouilla la Gryffondor, prise de court. Eh bien tu peux m'accompagner si tu le souhaites, mais ce n'est pas très marrant tu sais.

- Si, si je viens ! Mais Papa ne peut pas venir ? fit Scorpius en enfilant à son tour sa veste.

- Si, bien sûr. Mais je ne pense pas que...

- Que quoi ? demanda Scorpius.

- Oui, « que quoi », Granger ? répéta l'intéressé en se levant du canapé.

- Que tu veuilles venir faire les courses avec moi. Enfin avec nous, termina Hermione.

- Et pourquoi je ne voudrais pas venir, Granger ?

- Oui pourquoi, Hermione ?

Les yeux de la jeune femme firent la navette entre le père et le fils avant qu'un sourire n'étire ses traits. Ils lui avaient manqué.

- Pour rien. Allons-y dans ce cas, finit-elle par répondre.

OoOoOoO

- Papa ! On peut acheter ça ? réclama pour la énième fois Scorpius en rapportant un paquet de bonbons qu'il approcha dangereusement du chariot que poussait Hermione.

- Non, se contenta de répondre son père, comme il l'avait fait les cinq fois précédentes.

Hermione se retint de pouffer de rire et attrapa un filet de pommes de terre qu'elle ajouta aux restes de ses futurs achats. A côté d'elle, l'enfant se renfrogna.

- On ne te nourrit pas à Poudlard ou quoi ? s'agaça Malefoy.

- Si, mais ce sont des bonbons ! Ce n'est pas de la nourriture. Et puis je te rappelle que j'ai passé près de vingt-quatre heures sans manger, ajouta l'enfant.

Hermione releva immédiatement le regard vers le Serpentard, soudainement inquiète. A son grand étonnement, c'est une lueur d'amusement qu'elle vit traverser ses prunelles grises.

- J'en reviens pas. Tu vas quand même pas te servir de ce qu'il s'est passé pour me convaincre de t'acheter un paquet de bonbons ?! s'exclama-t-il, n'en croyant pas ses oreilles.

- Euh...

- Merlin ! Tu es bien un Serpentard, mon fils ! Allez va, prend-les tes bonbons, finit par concéder le blond en riant légèrement.

Hermione pivota vers Scorpius qui avait subitement blêmit à l'annonce de sa « vraie fausse maison » et la Gryffondor se fit la réflexion qu'il fallait véritablement qu'elle le convainque d'en parler à Malefoy avant que celui-ci ne s'en rende compte par lui-même.

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Arrivés à la caisse, ce dernier insista pour payer ce qui fit maugréer Hermione.

Toutefois, la bonne humeur fut de mise sur le chemin du retour. Scorpius marchait devant, son paquet de sucreries à moitié ouvert entre les mains, tandis qu'Hermione et Malefoy suivaient un peu plus loin. Eux-mêmes étaient poursuivis à la trace par leurs achats qui, grâce au sortilège lancé par Hermione, flottaient allègrement. Personne ne prononça un mot mais ce silence n'était pas dérangeant, bien au contraire. La jeune femme profitait du vent qui jouait dans ses cheveux et du soleil qui, au gré des nuages épars, se frayait un chemin jusqu'à son visage. En cet instant, elle se sentait bien et apaisée. Un sourire étira doucement ses lèvres et elle ferma brièvement les yeux afin de profiter des derniers rayons du soleil avant de suivre Scorpius qui atteignait déjà la cage d'escalier de son appartement.

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- Dis, Hermione. Puisque je reste là, tu veux bien m'aider avec mon devoir de Potions ? demanda Scorpius en se débarrassant de sa veste qu'il accrocha ensuite au porte-manteau.

- Bien sûr ! accepta immédiatement la Gryffondor. Mais après le déjeuner, d'accord ? Parce qu'il faut que j'aille ranger nos achats et que je me mette aux fourneaux si on ne veut pas mourir de faim, ajouta-t-elle en lui faisant un clin d'œil complice.

L'enfant hocha la tête mais parut tout de même un peu déçu.

- Va travailler avec lui, je vais m'occuper de ranger et de préparer le repas, annonça posément Malefoy.

Interloqués, Hermione et Scorpius se retournèrent comme un seul homme.

- Hum... Tu es sûr ? l'interrogea Hermione en haussant un sourcil.

- Certain, acquiesça-t-il en lui offrant son plus beau sourire en coin.

La jeune femme se rappela qu'ils avaient prononcés exactement les mêmes paroles quelques heures auparavant. A la différence que leurs rôles avaient été inversés et que le sujet de conversation était beaucoup moins léger. Souriant à son tour, Hermione pivota donc vers le jeune Scorpius qui semblait aux anges. Toutefois, son regard s'assombrit légèrement et il interpella son père qui qui se dirigeait déjà vers la cuisine.

- Tu ne vas pas faire de choux de Bruxelles, hein ?

Son ton inquiet fit pouffer Hermione.

- Non, Scorpius... je ne vais pas faire de choux de Bruxelles, répondit son père sur un ton blasé.

- Cooool !

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Pendant que l'enfant partait en direction de sa chambre pour aller y chercher son matériel scolaire, Hermione lança un sort sur la table basse qui se développa jusqu'à atteindre la taille d'une table de salle à manger autour de laquelle au moins six personnes pouvaient prendre place. Satisfaite, la Gryffondor s'assit sur une chaise et patienta. Depuis la cuisine, elle entendait Malefoy œuvrer et jeta un coup d'œil discret par-dessus le bar.

Il était de dos et découpait quelque chose sur le plan de travail. Enfin ça, c'était ce qu'Hermione supposait au vu du mouvement régulier et circulaire de son épaule droite et des claquements secs que provoquait, ce qui devait être, un couteau sur une planche à découper. Il avait ôté sa veste et la jeune femme pouvait voir les muscles de son dos se tendre légèrement contre le tissu de sa chemise avant de se relâcher, puis se tendre à nouveau... Son regard allait se perdre sur sa nuque lorsqu'un bruit sourd la fit sursauter et se retourner. Scorpius était de retour, les bras chargés des livres qu'il venait de déposer sans ménagement sur la table.

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- Scorpius ? l'appela Hermione pendant qu'il ouvrait son manuel de Potions.

- Oui ?

- Concernant ta maison... tu devrais vraiment en parler à ton père, dit-elle à voix basse pour que Malefoy ne puisse pas les entendre depuis la cuisine.

L'enfant baissa la tête d'un air coupable et Hermione lui frictionna gentiment le dos.

- Il vaut mieux que tu le lui dises avant qu'il ne le découvre par lui-même, tu ne penses pas ?

- Si, admit-il d'une petite voix. Je le ferai mais... plus tard.

- Bien. Alors est-ce que tu as fini par comprendre de quoi retournait ton sujet de dissertation ? demanda-t-elle d'une voix plus légère.

- Oui ! Il ne fallait pas trouver un animal contrepoison, il fallait trouver quel animal produisait un contrepoison !

- C'est ça, le félicita Hermione.

- Heureusement que tu m'as aidé ! Merci... souffla-t-il.

Après qu'il lui eut envoyé sa lettre en lui demandant de l'aide pour son devoir, quelques jours plus tôt, Hermione avait bien entendu répondu sans délai. Toutefois, elle ne lui avait pas donné la réponse mais avait préféré l'aiguiller afin qu'il trouve de lui-même la solution. La jeune femme pensait en effet qu'il était important que, même si elle lui venait en aide, elle ne lui serve pas la réponse sur un plateau d'argent. Sinon, l'exercice n'aurait alors plus aucun intérêt et il n'en tirerait aucune leçon.

- Tu t'étais seulement mépris sur le sens de l'intitulé, ça peut arriver. Et puis, depuis mardi, le professeur Slughorn a donné un cours, non ?

- Oui. Il nous a parlé des contrepoisons mais je crois que j'ai été le seul à remarquer qu'il n'a pas beaucoup abordé le sujet des Bézoards. Je pense qu'il veut qu'on trouve tout seul comment répondre au sujet qu'il nous a donné. Mais il a quand même dit qu'ils se trouvaient dans l'estomac des chèvres alors j'ai compris que je ne m'étais pas trompé.

- Bravo, le congratula de nouveau Hermione.

Un franc sourire étira les lèvres de l'enfant.

- Du coup, reprit-il, j'ai terminé ma dissertation en ajoutant quelques éléments que j'ai trouvé dans de nouveaux livres mais j'aimerais bien que tu la lises.

- Mais elle n'était pas à faire pour dans deux semaines ? s'étonna Hermione en se remémorant le contenu de la lettre qu'il lui avait envoyé.

- Si, confirma-t-il. Mais j'aimerais bien la rendre en avance. Comme je t'ai dit... je ne suis pas très doué en Potions alors je voudrais bien faire bonne impression.

Hermione ne put que s'incliner devant sa maturité et attrapa son parchemin avant de le lire. Dix minutes plus tard, elle relevait les yeux vers Scorpius qui semblait attendre avec anxiété que la sentence tombe.

- C'est vraiment un très bon devoir, le rassura-t-elle. Je ne sais même pas si j'aurais été capable de faire mieux à ton âge...

En face d'elle, les yeux de l'enfant se mirent soudainement à briller.

- Eh bien ! Je crois que je n'ai jamais entendu Granger faire un aussi beau compliment à quiconque. C'est bien, mon fils, fit une voix derrière elle.

Plongée dans sa lecture et dans sa discussion avec Scorpius, Hermione en avait momentanément oublié la présence de Malefoy. Néanmoins, celui-ci ne semblait pas avoir perdu une miette de leurs échanges.

- Merci Papa, murmura le jeune sorcier dont la voix tremblotait légèrement, signe qu'il était ému de la fierté de son père.

- Toutefois, reprit Hermione. Et même si je suis certaine que ce devoir te vaudra un « Optimal », je pense qu'on peut encore l'améliorer. Sauf si tu préfères le laisser ainsi, bien sûr.

- Oh non ! Je veux qu'il soit parfait, affirma l'enfant en attrapant un nouveau parchemin, une plume et de l'encre.

- Bien. Dans ce cas, nous allons commencer par corriger les quelques fautes d'orthographe puis nous essaierons de trouver de nouveaux détails à l'aide des livres que tu as rapporté.

Satisfait du programme, Scorpius acquiesça en rapprochant sa chaise de celle d'Hermione afin qu'elle lui montre ce qui était encore à améliorer.

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Vingt minutes plus tard et alors qu'ils étaient en pleine lecture d'un passage très intéressant sur les propriétés du Bézoard, la voix grave de Malefoy résonna en arrière-plan, les faisant tous les deux sursauter.

- C'est prêt !

- D'accord ! répondit Hermione sur le même ton avant de se tourner vers le jeune Malefoy. Nous reprendrons après le déjeuner, ok ?

- Oui, fit-il tout en rassemblant ses affaires.

Hermione se leva alors, lui ébouriffa affectueusement les cheveux avant de s'étirer et de se diriger vers la cuisine.

- Ça sent très bon, félicita-t-elle Malefoy qui se lavait les mains dans l'évier.

- Suffisamment pour que tu te nourrisses correctement ? rétorqua-t-il.

Hermione baissa le regard. Il faisait bien entendu référence au poids qu'elle avait perdu depuis cette fameuse soirée. Elle n'avait, en effet, plus pris un repas décent depuis que Malefoy lui-même l'avait obligée à manger, lorsqu'il était venu avec Scorpius avant la rentrée, et la jeune femme se mit à rosir légèrement. Elle savait qu'elle lui avait promis de se nourrir convenablement mais ses bonnes résolutions étaient tombées à l'eau à la seconde même où il était rentré chez lui. En fait, maintenant qu'elle y repensait, Hermione se souvenait avoir tout de même passé un bon repas depuis ce jour. Et il remontait seulement à la veille au soir. Elle ne s'était, en effet, absolument pas posé de questions lors du dîner qu'elle avait passé seule en compagnie de Scorpius. Elle avait préparé à manger pour eux puis s'était attablée tout naturellement et avait même terminé son assiette sans tiquer une seule fois. Décidément, les Malefoy avaient le don de lui changer les idées et Hermione se félicita une nouvelle fois pour avoir eu le courage de leur proposer de rester chez elle.

- Oui, répondit-elle finalement et après de longues secondes de silence.

En face d'elle, Malefoy eut un sourire fugace.

- Tu as intérêt, Granger. Sinon, je te ferai manger de force, la menaça-t-il.

Et il en était capable, la jeune femme le savait parfaitement. Alors elle s'employa à terminer consciencieusement son assiette et alla même jusqu'à se resservir sous le regard satisfait du père et du fils. Ce fut en achevant son déjeuner, enfin repue, qu'elle se rendit compte qu'elle s'était beaucoup trop laissée dépérir ces derniers temps et qu'il était grand temps qu'elle se reprenne en main.

Perdue dans ses pensées, Hermione ne remarqua pas que Scorpius quittait la pièce sous le regard suspicieux de Malefoy. Cependant, elle n'eut d'autre choix que de redescendre sur Terre lorsque ce dernier gronda.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?!

Tournant la tête afin d'avoir une vue d'ensemble sur ce qu'il se passait derrière elle, la Gryffondor afficha une moue inquiète lorsque ses yeux tombèrent sur l'écharpe bleue et bronze que Scorpius tenait entre ses mains et où l'écusson de la maison Serdaigle était bien visible.

- Je n'ai pas été envoyé à Serpentard, dit inutilement l'enfant en regardant par terre.

- Ça... je l'aurai deviné tout seul, merci ! cingla son père, passablement énervé. Mais, pourquoi ?!

- Oh... euh... balbutia le jeune blond qui ne s'attendait visiblement pas à ce qu'on lui pose ce genre de questions. Bah, je n'ai sûrement pas le caractère qu'il faut pour être un bon Serpentard... je suis désolé, finit-il par murmurer, les yeux embués de larmes.

Hermione sentit son cœur se serrer dans sa poitrine mais n'intervint pas. Elle n'avait aucune autorité dans cette histoire qui ne concernait que le père et le fils. Aussi se contenta-t-elle de demeurer spectatrice.

- Mais non, sombre crétin ! Ce que je te demande c'est : pourquoi, par Merlin, m'as-tu affirmé avoir été envoyé à Serpentard alors que ce n'est pas le cas ?! beugla le Serpentard.

- J'v..lais pas...décvr..., bredouilla-t-il si bas que ni Hermione ni Malefoy ne perçut le sens de ses paroles.

- Intelligiblement ! ordonna son père.

- Je ne voulais pas te décevoir, répéta plus distinctement Scorpius.

Hermione vit Malefoy se passer une main sur le visage dans un geste las.

- Me décevoir... Me décevoir ?! reprit-il finalement, désabusé. Et qu'est-ce que tu crois que tu fais en me mentant effrontément ? Tu penses peut-être que je suis fier de toi ?!

- Non... répondit l'enfant. Hermione avait raison... elle m'avait dit que tu réagirais comme ça.

Le Serpentard partit d'un rire sans joie et Hermione regarda partout sauf dans sa direction, n'ayant pas franchement envie qu'il s'en prenne à elle. Toutefois et à sa plus grande surprise, cela ne fut pas le cas.

- Laisse-moi deviner. Tu lui as dit de ne pas me le dire. Elle t'a répondu que ce n'était pas la solution mais a tenu sa promesse. Et toi, tu n'as pas cru bon de l'écouter et tu as continué à me mentir, énuméra Malefoy avec colère alors qu'il venait de se lever de sa chaise.

Le silence de son fils fut éloquent.

- Eh bien la prochaine fois, écoute ses conseils ! aboya-t-il.

Et il partit à grandes enjambées en direction de la chambre d'Hermione. Il s'arrêta cependant avant d'entrer dans le couloir et se retourna une dernière fois vers son fils.

- Je ne sais pas ce que j'ai fait pour mériter que tu me mentes de la sorte à propos tout et n'importe quoi, mais il va falloir de ça cesse ! J'espère que c'est bien clair pour toi !

Quelques secondes plus tard, une porte claquait avec violence.

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Les larmes roulaient librement sur les joues de Scorpius et Hermione, émue, alla le prendre dans ses bras. Elle ne pouvait pas dire que le comportement de Malefoy la surprenait. D'ailleurs, elle avait prévenu le fils de ce dernier que ce genre de chose risquait d'arriver. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir de la peine vis-à-vis de l'enfant qui, au fond, ne cherchait que l'estime de son père.

- Il me déteste et il ne voudra plus me parler jusqu'à ce que je retourne à Poudlard, geignit-il, le corps secoué de spasmes.

- Mais non, le rassura Hermione. Tu sais comment il est… Il s'énerve mais il finit toujours par redescendre en pression. Laisse-lui le temps de se calmer.

Le garçon hocha lentement la tête, toujours accroché à Hermione qui le berçait lentement afin qu'il se détende.

- Tu sais quoi ? reprit-elle d'une voix douce au bout de quelques minutes. On va débarrasser la table et terminer ton devoir. Ensuite je te ferai rattraper les cours que tu as manqué jeudi après-midi et vendredi et, quand ton père reviendra, tu lui diras que tu es désolé et que tu ne recommenceras plus, ok ?

- D'accord, acquiesça le sorcier d'une voix faiblarde.

- Bien. Mais, tu sais, je trouve que ton père à raison. Il ne faut pas mentir comme ça. Même si c'est pour le protéger ou le rendre fier. Je sais qu'il ne te le démontre pas autant que tu le voudrais, mais ton père est déjà fier de toi, Scorpius.

OoOoOoO

- Voilà, c'est tout à fait ça, sourit Hermione en confirmant à l'enfant qu'il lui avait donné la bonne réponse.

Toutefois son sourire s'évanouit quelque peu en voyant Malefoy arriver dans la pièce. Cela faisait maintenant deux heures qu'il était enfermé dans sa chambre et un silence pesant tomba alors qu'il se présentait de nouveau dans le salon. A côté d'elle, Scorpius lui adressa un coup d'œil légèrement anxieux auquel elle répondit par un léger sourire et un mouvement de tête encourageant. Elle le vit prendre une profonde respiration avant de se lever et d'aller se placer devant son père qui le regarda avec suspicion.

- Papa, commença-t-il en relevant la tête jusqu'à regarder son père dans les yeux. J'ai fait une... enfin deux bêtises et je t'ai menti. Je n'aurais pas dû et je ne le referai plus jamais. Pardonne-moi, s'il-te-plaît.

Sa voix se brisa au moment où il présenta ses excuses et il baissa immédiatement les yeux. Cependant, et comme il le faisait si souvent avec elle, Hermione vit Malefoy placer un doigt sous le menton de son fils afin de lui relever la tête jusqu'à ce qu'il le regarde de nouveau.

- Plus jamais ?

En face de lui, Scorpius secoua frénétiquement la tête de gauche à droite.

- Plus jamais, promis.

- Alors j'accepte tes excuses et je te pardonne.

- Merci Papa.

- Allez, retourne travailler avec Granger. Si je me souviens bien, tu as deux jours à rattraper...

- En fait, intervint Hermione, on vient tout juste de terminer. Ton fils a beaucoup de facilités pour comprendre et il apprend tout aussi rapidement.

Une lueur de fierté passa dans le regard du blond mais il reprit toutefois bien vite son masque d'impassibilité. Le silence se réinstalla entre eux, bientôt rompu par la Gryffondor elle-même.

- Que diriez-vous d'une partie de Monopoly ? proposa-t-elle avec l'intention de détendre l'atmosphère autour d'un jeu de société qu'ils avaient semblé apprécier.

Scorpius ne répondit pas et attendit plutôt que son père donne son assentiment.

- Pourquoi pas, concéda ce dernier.

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- Papa ?

- Quoi ?

- Est-ce que je peux faire équipe avec toi ?

Les deux adultes arquèrent un sourcil.

- Et pourquoi cela ?

- Eh bien... la dernière fois, j'ai très vite perdu parce que je ne sais pas gérer mon argent et... Enfin j'aimerais bien faire équipe avec toi pour que tu me montres comment on fait les bonnes acquisitions, répondit l'enfant d'une voix légèrement hésitante.

De l'autre côté de la table, Hermione sourit. Elle savait que l'enfant se fichait de perdre ou même d'apprendre à gérer son argent, mais il s'agissait de son moyen à lui pour se rapprocher de son père après ce qu'il s'était passé dernièrement, et la Gryffondor fut soulagée lorsque Malefoy accepta la proposition.

- Prépare-toi à perdre, Granger, la menaça ce dernier en choisissant son pion

OoOoOoO

- Tu vois, là, Granger à fait un mauvais investissement, expliquait Malefoy à son fils. Ce n'est pas parce que tu vas acheter la case qui rapporte le plus que tu vas gagner. En plus, si elle avait prêté plus d'attention au jeu, elle aurait remarqué que, depuis le début, je ne suis pas une seule fois tombé dessus. Alors qu'il serait, par exemple, beaucoup plus judicieux d'acquérir...

- Celles-là, le coupa Scorpius en pointant trois cases.

- C'est ça, confirma le Serpentard.

Hermione ne prit même pas la peine de protester à propos de ses soi-disant « mauvais investissements ». Elle était bien trop satisfaite que la bonne humeur règne de nouveaux sous son toit. Bien entendu, les Malefoy gagnèrent et Malefoy père avait tellement d'avance sur elle qu'il laissa son fils gérer son portefeuille à la fin de la partie. Responsabilité que l'enfant prit très au sérieux en plaçant stratégiquement les appartements et les hôtels sur les cases appartenant à son équipe.

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- Ravi de t'avoir dépouillée une nouvelle fois, Granger, fanfaronna le Serpentard alors qu'elle repliait le plateau.

L'intéressée leva les yeux au ciel même si un léger sourire prenait place sur ses lèvres.

- Qui veut faire une partie d'échec ? demanda Scorpius en revenant de sa chambre, son jeu sous le bras.

- Je passe très volontiers mon tour, répondit la Gryffondor en allant reporter son Monopoly dans le bureau.

Lorsqu'elle revint finalement dans le salon, le père et le fils étaient assis face à face, l'air très concentré. Décidant de ne pas les interrompre, Hermione attrapa le livre qu'elle avait entamé le matin même et alla s'asseoir sur le canapé.

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- Échec et mat ! J'ai gagné ! Regarde Hermione, j'ai gagné ! s'écria finalement Scorpius après une heure de lutte acharnée.

La jeune femme referma son livre, se leva et constata de ses propres yeux que le Roi de Malefoy avait jeté l'éponge.

- Bravo, félicita-t-elle l'enfant en lui souriant.

En face, Malefoy leva les yeux au ciel.

- C'est juste parce que ce sont tes pièces et qu'elles veulent que tu gagnes, ragea le Serpentard en croisant les bras sur sa poitrine comme un enfant.

- Ne sois pas mauvais joueur, Malefoy, le réprimanda moqueusement Hermione en rigolant devant l'image qu'il offrait.

- Oui, ne sois pas mauvais joueur, Papa, renchérit Scorpius.

Pour toute réponse, le blond les fusilla du regard ce qui les fit exploser de rire. Tout d'abord outré par leur comportement insolent, un léger sourire finit tout de même par naître sur ses lèvres.

- Et si on commandait des pizzas pour le dîner ? offrit Hermione après avoir retrouvé son sérieux.

- C'est quoi une « pizza » ? demanda Scorpius tandis que Malefoy levait également un regard interrogateur vers elle.

- Vous n'en avez jamais mangé ?! s'étonna-t-elle. C'est connu, pourtant. Même chez les sorciers.

- Non, jamais mangé, confirma Scorpius.

- Oh ! Eh bien, c'est de la pâte, un peu comme une pâte à pain mais plate, sur laquelle on dispose des ingrédients comme de la sauce tomate, du jambon, du fromage ou ce que l'on veut, expliqua la jeune femme.

- Ah ! C'est comme les « crêpes » ? l'interrogea Scorpius en se remémorant le déjeuner qu'il avait partagé avec Hermione dans le restaurant français.

- Non, pas vraiment, répondit la Gryffondor. Mais c'est très bon. Ça vous dit d'essayer ?

- Ok, fit le jeune sorcier en haussant les épaules.

Hermione tourna alors la tête vers Malefoy qui eut la même réaction que son fils.

- Comment on fait pour les préparer ? s'intéressa Scorpius.

- Je ne vais pas les faire. Nous allons les commander et, ensuite, j'irai les chercher pour les rapporter ici.

- Ah... c'est bizarre.

- Non, pas vraiment. C'est plutôt pratique, nuança la jeune femme. En fait, les Moldus se font livrer ce genre de plats directement chez eux lorsqu'ils n'ont pas envie de s'embêter à faire à manger. Mais comme je ne vis pas dans le Londres Moldu, j'irai directement les récupérer au restaurant puis je les rapporterai ici.

- Je pourrais venir avec toi ? demanda Scorpius.

- Oui, bien sûr.

Elle leur présenta ensuite un prospectus sur lequel était inscrit les différentes pizzas proposées et les laissa choisir avant de commander grâce à son téléphone portable.

- C'est quoi le truc que tu as pris en plus, Papa ?

- Des anchois, répondit le Serpentard.

- C'est quoi ?

- Des petits poissons.

- Beurk ! s'exclama l'enfant en mimant un haut-le-cœur. Et toi, Hermione ?

- J'ai commandé une pizza avec du poulet et du fromage.

- Bon ça, ça va, concéda l'enfant. Mais Papa, c'est vraiment dégoûtant ce que tu as choisi. Si j'étais Hermione, je ne voudrais plus jamais te faire de bisous !

Tout comme le matin même, un silence de plomb tomba sur eux qu'Hermione finit par rompre en leur proposant de préparer de la mousse au chocolat pour le dessert, ce qui lui permis de s'éclipser dans la cuisine. Ne voulant pas penser à Malefoy et aux « bisous » qu'ils pourraient hypothétiquement échanger dans le futur, elle se concentra sur sa recette. Elle incorporait délicatement les blancs en neige à la préparation lorsqu'elle se sentit épiée.

Elle se retourna et découvrit avec étonnement que les deux Malefoy étaient assis au bar et la regardaient travailler en silence. Scorpius avec une certaine admiration et surtout beaucoup de gourmandise. Malefoy, lui, avec un regard indéchiffrable toutefois teinté d'un très léger voile de désir qui fit se demander à la jeune femme si elle ne l'avait tout simplement pas imaginé. Ne pipant mot, elle se retourna pour terminer sa préparation. Une fois tous les ingrédients mélangés, elle pointa sa baguette sur le large bol afin de faire figer la mousse au chocolat sans avoir à la passer au réfrigérateur.

En constatant que ces Messieurs n'avaient toujours pas bougé d'un pouce, elle leur présenta le dessert en les autorisant à y goûter avant le repas. Ce que Scorpius fit sans hésiter alors que son père se laissait également convaincre, avec toutefois légèrement plus de retenue.

- Miam ! C'est trop trop bon ! s'exclama l'enfant en replongeant pour la seconde fois son doigt dans le chocolat.

La Gryffondor rigola avant de regarder l'heure.

- Scorpius, je pense que nous devrions y aller, fit-elle savoir au jeune blond.

- Ok, je vais mettre ma veste alors.

- Tu gardes l'appartement ? demanda-t-elle à Malefoy en attrapant son sac à main.

Il hocha la tête pendant que Scorpius agrippait la main de la jeune femme pour transplaner.

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Ils se matérialisèrent dans une ruelle sombre et reculée dont Hermione se servait régulièrement lorsqu'elle souhaitait se rendre dans le Londres Moldu, puis marchèrent en direction de la pizzeria. Arrivés à destination, ils durent encore patienter quelques minutes avant de récupérer leur commande. Ce fut avec empressement qu'ils reprirent le chemin de la ruelle afin de transplaner à l'appartement d'Hermione.

Toutefois, Malefoy ne fut pas le seul à les accueillir.

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Hermione manqua de s'étrangler en constatant que Harry et Ginny se tenaient dans l'entrée, apparemment en grande conversation avec le Serpentard. La Gryffondor manqua de peu d'en lâcher ses pizzas et les déposa distraitement sur la table du salon, les yeux toujours rivés sur les deux intrus.

- Salut, Hermione, lança Harry. Et bonjour, Scorpius, ajouta-t-il en penchant légèrement la tête de côté afin d'avoir l'enfant en ligne de mire.

Le jeune Malefoy était toujours solidement accroché à sa main et, après un regard échangé avec Malefoy, Hermione lui demanda de bien vouloir aller les attendre dans sa chambre.

- Nous sommes venus dès que possible, annonça Harry une fois que l'enfant eut quitté la pièce. McGonagall nous a convoqué cet après-midi pour nous annoncer ce qu'il s'est passé. Comme je l'expliquais à Malefoy à l'instant, nous sommes allés au Manoir mais son elfe nous a appris qu'il n'était pas chez lui alors nous étions venus te demander si tu ne l'avais pas vu, ajouta-t-il à l'adresse d'Hermione.

- Oui eh bien, tu me vois maintenant, Potter, siffla le blond.

- Écoute, Malefoy, nous sommes terriblement navrés de ce qu'il s'est passé. Je peux t'assurer que nous n'en savions absolument rien et nous avons été véritablement choqués d'apprendre ce que Teddy et James ont fait.

- Oh… tu es navré ? railla Malefoy alors qu'Hermione se figeait, inquiète que les choses s'enveniment très rapidement. Tu sais, je trouve ça quand même très étrange que ce soient ton fils et ton filleul qui aient fait ces choses à mon fils…

- Je sais ce que tu peux penser, Malefoy, mais sache que, malgré tout ce qui a pu se passer entre nous, je n'ai jamais incité mes enfants à la moindre haine envers toi ou n'importe qui d'autre. Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ce qu'ils ont fait – ce que je compte découvrir très rapidement – mais nous ne les avons jamais incités et ce d'une quelconque manière à faire ou penser ce genre de choses.

Silence.

- Ce n'est pas à moi qu'il faut présenter tes excuses, Potter, cracha finalement Malefoy en croisant les bras sur sa poitrine.

- Je sais et je… enfin nous aimerions parler à Scorpius si c'était possible, rectifia-t-il en croisant le regard de sa femme qui n'avait toujours pas décroché un mot.

Le blond ne répondit pas mais partit rapidement en direction de la chambre de Scorpius. Pendant son absence, Hermione, toujours ébranlée, tenta un discret sourire en direction de Ginny. Ce fut avec un immense soulagement qu'elle vit son amie le lui rendre. Apparemment, Harry avait été sincère en affirmant qu'elle partageait sa toute nouvelle opinion concernant sa relation avec Malefoy.

- Bonjour Mr et Mrs Potter, les salua Scorpius en apparaissant finalement.

Il avait la tête haute même si ses yeux trahissaient son inquiétude.

- Bonjour Scorpius, répondit Ginny qui ne l'avait pas salué lorsqu'il était arrivé.

- Scorpius, reprit son mari. Nous voulons te présenter nos excuses à propos du comportement inqualifiable de notre fils et de mon filleul. Sache qu'ils seront punis comme ils le méritent. Par la Directrice, premièrement, puis par nous.

Le jeune sorcier hocha la tête et Harry se tourna ensuite vers le père de ce dernier.

- Et McGonagall nous a confirmé qu'il y aurait des excuses publiques lundi matin. Mais elle te l'avait déjà dit, non ?

- En fait, c'est Granger qui est allé récupérer mon fils à Poudlard vendredi. Mais elle m'a en effet spécifié ce détail, expliqua Malefoy sur un ton glacial.

- Oh... Eh bien tu devrais recevoir un hibou très prochainement pour te tenir informé de l'heure.

Le Serpentard opina.

- Bon, eh bien nous allons vous laisser dîner dans ce cas. Encore une fois, nous sommes vraiment désolés de tout ce qu'il s'est passé, ajouta Harry avec sincérité.

- Hum... Veille à ce que cela ne se reproduise pas, le menaça très sérieusement le blond.

- Oh tu peux être certain qu'ils apprendront leur leçon et que nous leur ferons passer l'envie de s'en prendre à leur camarade, répondit Ginny avec une véhémence qui surprit tout le monde dans la pièce à l'exception de son mari.

Elle était visiblement aussi remontée que lui contre leur fils et Teddy.

- Parfait, répondit Malefoy.

Toujours à la plus grande surprise de tout le monde – même d'Harry – Ginny s'avança vers lui afin de lui serrer la main. Malefoy s'exécuta puis la rousse en fit de même avec Scorpius et étreignit finalement Hermione avant de laisser sa place à son mari qui l'imita trait pour trait.

- Oh et, Potter ? l'interpella Malefoy alors que ce dernier allait refermer la porte d'entrée.

- Oui ?

- Tu m'es redevable, souviens-t'en.

- Je n'ai pas oublié, Malefoy, répondit simplement le brun.

Un léger sourire avait pris place sur ses lèvres, comme s'il riait intérieurement à une blague que lui seul pouvait comprendre.

Ce dernier échange avait laissé Hermione perplexe. Harry était redevable envers Malefoy ? Mais pourquoi, par Merlin, Harry lui serait-il redevable ?! Ces questions ne la taraudèrent toutefois pas plus que cela. Pour la simple et bonne raison qu'à la seconde même où la porte d'entrée s'était refermée sur Ginny et Harry, Hermione avait senti un poids s'enlever de son cœur. Ils n'avaient pas menti. Ils ne la jugeraient plus et accepteraient qu'elle fréquente Malefoy comme bon lui semblait. Soudainement, la Gryffondor se sentit beaucoup plus légère et ce fut avec un entrain non feint accompagné d'un grand sourire aux lèvres qu'elle s'exclama :

- Bon alors, on les mange ces pizzas ?


Eh bien voilà... : une Hermione et un Drago sur la voie d'un rapprochement ; un Scorpius qui s'explique avec son père et une journée qui se termine par des excuses en bonne et due forme de la part des Potter. J'espère que vous êtes satisfaits. ;)

Hermione semble enfin se ressaisir... - merci Scorpius et Drago ! - Et on découvre à quel point le jeune Malefoy veut préserver son père... même s'il ne s'y prend pas toujours de la meilleure des manières.

J'espère donc que ce chapitre vous aura plu et qu'il aura surtout répondu aux diverses questions que vous pouviez vous poser. Je suis bien évidemment là pour apporter des réponses à celles qui pourraient subsister, et/ou répondre à de nouvelles interrogations, alors… on ne se gêne surtout pas pour faire du « harcèlement » à la review ! :D

A très vite dans vos reviews et à très bientôt pour le chapitre trente-trois ! (Je rappelle pour ceux qui n'ont pas lu la note de début que je ne serai pas en mesure de publier mercredi mais que je ferai en sorte de vous proposer le chapitre au cours du W-E prochain et donc de ne pas nécessairement attendre le dimanche. Je suis vraiment désolée... :()

Plein de bisous,

Chalusse