Hello tout le monde ! =D
Voici le troisième chapitre de cette histoire ! On commence à se centrer sur les personnages principaux, même si c'est encore un peu vague. Si mes souvenirs sont bons, au prochain chapitre vous commencerez à vraiment comprendre dans quelle sens va l'intrigue. J'essaierai de poster la suite dans le courant de la semaine ou le week-end prochain !
J'espère que ce chapitre vous plaira ! Laissez un p'tit com' à l'occasion ! Ça ne vous coûte que quelques secondes, et moi ça pourrait m'aider à améliorer cette histoire !
Disclaimer : Harry Potter ne m'appartient pas, et la Nouvelle Génération non-plus ! En écrivant sur eux, je n'ai d'autre ambition que celle de m'amuser et de rêver !
Rose et Lily remontèrent de la Cabane d'Hagrid après lui avoir rendu visite. Le vieux géant était chaque jour un peu plus grisonnant, pourtant il ne semblait pas faire ses quatre-vingt-quatorze ans. Les gens avaient souvent tendance à oublier qu'il avait été à Poudlard en même temps que Voldemort, tout simplement parce que tout cela remontait déjà à tellement longtemps qu'il était difficile d'associer Hagrid à cette époque. Le garde-chasse ne semblait pas avoir plus de soixante ans, de la même façon qu'il ne semblait pas en avoir plus cinquante du temps des parents de Rose et Lily.
Un peu de neige était tombée dans l'après-midi, sans doute pour fondre d'ici quelques heures. Qui disait neige disait à Poudlard, qui disait hiver disait automne. Et qui disait automne, disait Halloween et Bal d'Halloween. Elles enchaînèrent sur le Bal de l'année précédente où Will et Louis s'étaient bien fait remarqués en ensorcelant le plafond ensorcelé de la Grande Salle pour y faire rayonner des feux d'artifices. Ils avaient écopé de deux semaines de retenues, mais Rose songea que c'était sans doute bien dur : elle savait que le duo infernal était certes déluré mais savait toujours ce qu'il faisait. Ils savaient donc que leur sortilège ne présentait aucun danger ni pour les élèves, ni pour l'architecture du château : au bout d'une demi-heure il ne restait plus de trace d'étincelles. Elles rirent ensuite en croisant un jeune homme suppliant une autre jeune fille de l'accompagner au bal. Au moins, il l'avait demandé, au lieu d'attendre hypothétiquement une hypothétique invitation.
- Et toi Lily, avec qui y vas-tu ? Scorpius ?
La jeune fille haussa simplement les épaules avec un sourire amusé.
- Que Scorpius fasse rêver une autre fille ! Moi, même seule je serai comme sur un petit nuage ! lui lança-t-elle en riant.
Rose regarda le couple qui virevoltait sur la piste, un sourire amusé aux lèvres. Ils avaient beau porter des masques, elle reconnaissait ces pas légers, et surtout les sourires qu'ils échangeaient. Puis les abandonnant, elle laissa ses yeux vagabonder rêveusement sur tous les autres élèves. Elle constata avec un sourire que certains n'avaient pas résisté à l'envie d'ôter leur masque. Ils étaient rares et le remettaient si vite qu'il y avait peu de gens à part elle qui s'en apercevait. Elle rit doucement : elle adorait être spectatrice des bals masqués. Trop discrète, trop transparente, presque personne ne la remarquait, à part ses amis qui, eux, étaient bien trop occupés à courir après l'élu de leur cœur. Elle se souvenait avoir eu un faible pour Hansen Jordan, le fils du meilleur ami de son oncle George, et d'en avoir tellement pleurer que son cœur s'était durci, s'était figé.
Elle remarqua soudain James, assit sur une table, regardant le même couple qu'elle. Il la remarqua et s'approcha d'elle avec un grand sourire.
- Ils croient que personne ne les a vu, n'est-ce pas ?
James sourit de bon cœur, pourtant elle discerna une certaine amertume derrière cette expression.
- Pas facile de laisser partir ta petite sœur adorée, n'est-ce pas ?
- Elle est parti depuis longtemps, murmura-t-il. Vous êtes tous parti depuis longtemps...
Le ton triste de son cousin la troubla. Mais celui-ci vida brusquement son verre et fit apparaître un masque sur son visage avant de s'élancer sur la piste, se déchaînant comme un diable, arrachant des cris mi-indignés, mi-amusés aux personnes dansant sur la piste. Rose se mit encore à rire, profondément amusée par l'attitude de son cousin. Il revint soudain vers elle à grand pas, la traîna jusqu'au milieu de la piste.
- Qu'est-ce que tu fabriques ? chuchota-t-elle.
-T'amuser, Rosie-jolie.
Elle eut à peine le temps de sentir une main incroyablement douce se poser sur sa taille, qu'elle sentit des ténèbres qui n'avaient rien à voir avec celles de ses paupières sur ses pupilles l'envahir.
L'aube se levait timidement sur le lac. Nicolas avait installé un fauteuil en face de la fenêtre, et contemplait ce spectacle en compagnie de Rose, Fanny et Thomas. La lumière chatouillait la surface scintillante du lac, dite-surface qu'un tentacule de calamar venait rider de temps à autre. Blottis les uns contre les autres, le visage encore fatigué de leur nuit blanche, les yeux des filles un peu marqués par leur maquillage à moitié effacé, un sourire complice aux lèvres.
- Comme c'est beau..., murmura Fanny. Et dire que dans un an nous nous en allons, peut-être pour ne jamais revenir.
Rose se serra un peu plus fort contre elle, aussi peu rassurée qu'elle.
- N'y pense pas pour l'instant. James n'y pense déjà pas. Louis non-plus, ni William, alors il n'y a pas de raison que nous, qui sommes plus jeunes, y songions.
- En parlant de tes cousins, c'est Lily qui m'a bien fait rire hier ! s'exclama Thomas en s'arrachant à sa contemplation.
- Ils étaient adorables !
- Ça fait des années que Scorpius vient passer Noël ou le Nouvel An avec nous, et autant de temps qu'ils se tournent autour.
- Pourtant ils ne semblent pas avoir beaucoup en commun..., objecta Nicolas, se prêtant au jeu de commère auxquels les quatre amis s'adonnaient si rarement, mais toujours avec grand plaisir.
- C'est justement ça qui est beau chez eux. Ils n'ont pas les mêmes centres d'intérêt, alors chacun sait apprendre à l'autre. Il n'y a que la danse qui les unisse. Pour le reste, Scorpius aime voler, Lily aime marcher, il aime écrire et elle dessiner, il est passionné par le passé – elle tut le fait qu'il en était plutôt terrorisé au point de ne jamais l'oublier – et elle vit au jour-le-jour, intrigué par l'avenir : à l'allée dans le train elle a demandé à James et Lysander de lui lire l'avenir.
- Je vois que tu les as observés Rose, plaisanta Fanny en riant.
- Notre Rosie envierait-elle sa cousine ? renchérit Thomas avec un regard rieur.
- Et surtout, LA grande question, notre Rosie serait-elle déjà à la recherche de son Scorpius ? les coupa Nicolas en prenant son amie par les épaules. C'est vrai ! Nous trois, on a, ou on a eu un prince charmant... mais depuis Hansen, on te dirait dans ta tour d'ivoire !
- Et je compte y rester ! s'écria la jeune fille en riant. J'ai bien compris que j'étais bonne conseillère, mais trèèès mauvaise protagoniste !
Ses trois compagnons acquiescèrent en s'esclaffant. Et ils se laissèrent entraîner dans les souvenirs de Rose amoureuse. C'était quelque chose qui les attendrissaient toujours, et leur faisait aussi beaucoup de peine. Une peine qui, malgré le masque de leurs regards et de leurs sourires, perçait toujours sur leurs visages.
Les éclats de rire des adolescents se tarirent finalement et ils se blottirent encore les uns contre les autres. Rose sentit la tête de Fanny sur son épaule, la main de Nicolas sur sa taille, et elle se remit à rire. Elle rit de la chance de les avoir, et ils se replongèrent dans leur contemplation, bercés par la respiration des autres, émerveillés par la lumière qui se levait sur le parc couvert de rosée.
- On vieillit, lança soudain Fanny.
Les autres se redressèrent, sans comprendre.
- On est comme des p'tits vieux, serrés les uns contre les autres, à s'émerveiller devant un spectacle auquel on assiste tous les matins ! Et on parle de Lily et Scorpius comme on parlerait d'un nouveau couple qui va se marier !
Les yeux écarquillés de Thomas et Nicolas valaient toutes les blagues du monde. Rose éclata à nouveau de rire.
- Et bien soyons vieux ! s'écria-t-elle entre deux hoquets. Ça ne nous fait pas de mal de temps en temps !
Ils furent interrompus par Louis qui déboula littéralement dans la pièce : trébuchant sur les marches, roulant pour s'étaler lamentablement au bas des marches.
- Toujours aussi doué pour les entrées fracassantes ! lui lança Rose. La dernière fois c'était à dos de Nimbus Bolid, la fois d'avant enfermé dans un malle...
- La prochaine fois ce sera ligoté par des serpentins : parce que je suis certain que Gryffondor va écrabouiller notre cher cousin et ses Serpentards ! répliqua Louis en se redressant.
- Tu peux rêver, les rêves font vivre !
- J'apprécie la façon dont ma charmante cousine nous soutient moi et mon équipe... Une équipe qui est celle de sa maison ! fit semblant de s'offusquer Louis en s'approchant du canapé.
Thomas et Fanny bondirent, prêt à défendre leur ami. Tous trois avaient bien du mal à garder leur sérieux. Ce fut finalement Weasley qui craqua, vaincu par le regard de l'amie de Rose, cerné d'une maquillage brumeux qui lui donnait un air tout sauf éclairé, tout sauf effrayant. La bande soupira, faussement affligé par le clown hilare.
- Oh ! Ne jouez pas les portes de prison !
Ils continuèrent pourtant d'y jouer. À grande peine, certes, en se mordant les lèvres (mais était-ce réellement utile de le préciser ?).
Puis tout doucement, le reste de la tour s'éveilla. Fanny et Rose acceptèrent finalement d'abandonner la bulle de ce lendemain de fête et coururent se changer dans leur chambre. Plaisantant de choses et d'autres, chacune baissa la fermeture-éclair de l'autre et ôta sa robe dans une envolée de volants satinés pour enfiler ses vêtements habituels. Le regard de Fanny tomba sur Robe en soutien-gorge. La jeune fille farfouillait dans ses affaires comme à son habitude en maugréant, à la recherche du chemisier qu'elle avait décidé de mettre. Pourtant ce n'est pas cette image qui arrêta la jeune fille, mais une marque sur la taille de son ami, à la hauteur de son nombril.
- Qu'est-ce que tu t'es fait à la taille ?
Rose baissa les yeux, passa ses doigts sur la marque et ses jolis sourcils se froncèrent.
- On dirait une main, murmura Fanny en s'approchant, effleurant à son tour la peau de son amie.
Elle leva ses yeux bruns vers la jeune fille, une lueur inquiète au fond de ses prunelles.
- On t'a frappé ?
- Mais qu'est-ce que tu vas inventer ? Tu crois vraiment que je l'aurais laissé faire, que je vous l'aurais caché en sachant que tu pouvais me voir ? Sincèrement Fanny, je n'ai aucune idée de comment je me la suis faîte.
Fanny ôta ses doigts et les contempla. Ils étaient couverts de paillettes argentées, s'enroulant en délicates arabesques. Elles se regardèrent, surprises.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? s'exclama alors la jeune fille en regardant à son tour ses mains.
- Tu vas rire mais ça ressemble à de l'Amortentia, du moins pour les arabesques...
- Mais oui bien sûr, grommela Rose. Tu me diras que cette nuit j'ai rencontré mon prince charmant et qu'il m'a marquée comme une brebis. Et bien il peut aller se rhabiller le prince charmant ! pesta-t-elle en passant rageusement son chemisier.
- Je n'ai pas dit ça. Il n'empêche que c'est joli, même si c'est étrange, fit doucement remarquer Fanny en se redressant.
- Joli ou pas, ça a intérêt à disparaître rapidement ou bien je montre ça à Pomfresh, maugréa-t-elle en démêlant ses longs cheveux.
Fanny se mit à rire avant de se détourner. Elle prit sa baguette et esquissa un petit mouvement au-dessus de sa robe afin de la nettoyer. Une douce odeur de jasmin envahit la pièce, accompagnée d'une odeur de pamplemousse que son amie faisait dégager de sa baguette. Les robes rejoignirent les placards, et les jeunes filles rejoignirent leur lit. Leurs paupières se fermèrent, presque au chant de l'alouette.
Enfin, Poudlard acheva de se réveiller – après s'être endormi comme les deux jeunes filles – vers midi. Les yeux étaient encore cernés pour certains, mais les visages reposés. C'est peut-être pour cette raison que Rose remarqua immédiatement l'air défait de Lily. La jeune fille était recroquevillée dans un fauteuil, ses jambes fines ramenées sur sa poitrine, sa tête sur ses genoux. Et ses cheveux roux d'ordinaire si volatiles, si brillants, et surtout si soignés, ne semblait pas avoir été démêlés. C'était inhabituel chez la jeune fille car sans ressembler à une poupée de porcelaine, elle avait toujours pris soin d'elle, et surtout de sa chevelure qu'elle avait emprunté à sa mère.
- Quelque chose ne va pas Lily ? s'enquit doucement Rose en s'asseyant à côté d'elle.
Comme elle s'y attendait, elle sursauta avant de grimacer ce qui aurait pu passer pour un sourire mais pas aux yeux de sa cousine.
- C'est Scorpius ?
Un sourire radieux passa sur les jolies lèvres de Lily.
- Scorpius est un ange...
- Vous vous êtes enfin décidés ? tenta de la taquiner Rose.
- Je ne vois absolument de quoi tu veux parler, minauda la fille d'Harry.
- Disons que... hier j'ai vu un couple danser qui vous ressemblait étrangement, lui glissa moqueusement Rose, suivant son jeu du chat et de la souris.
- Tu dois te tromper de personne car je n'ai pas vu Scorpius de la soirée. Si c'était bien lui, ce devait être sa cavalière...
Rose se mit à rire. Depuis le temps, elle aurait dû savoir que jamais au grand jamais Lily n'avouerait à haute voix la liaison qu'elle avait avec le meilleur ami de son frère. C'était plus un jeu qu'un secret car elle ne cherchait même pas à dissimuler son sourire, son regard, et tous ces autres signes qui démentaient sa bouche rieuse.
Puis la jeune fille se reprit en revoyant une ombre voiler le front de sa cousine.
- Mais sérieusement Lily, tu ne veux pas me raconter ce qu'il t'arrive ?
- Rien d'important Rosie, ne t'inquiète pas, tenta de la rassurer la jeune fille avec un pauvre sourire.
- Tu n'es jamais inquiète Lily, c'est d'autant plus troublant lorsque tu l'es.
La jeune Potter frissonna en se blottissant contre elle, et soudain Rose sembla se souvenir qu'elle n'avait que quatorze ans, elle n'était qu'une grande petite fille, encore parfois fragile. Elle entoura les frêles épaules de Lily de ses bras, la serra contre elle, caressant ses cheveux alors que la jeune fille enfouissait son visage dans le creux de son cou, en quête de chaleur, en quête de réconfort.
- Merci Rosie, souffla-t-elle en se relevant.
Sa cousine observa sa silhouette traverser la salle commune avant de disparaître derrière le portrait. Elle rejoignit Nicolas qui était un des seuls à tenter de travailler malgré sa fatigue. Alors qu'elle le regardait griffonner sur son parchemin, ses yeux tombèrent sur ses mains. Il avait posé l'une d'elles sur sa taille ce matin-là. Sans réfléchir, elle la saisit, examina ses doigts devant l'air ébahi de son ami.
- Je peux savoir ce que tu fabriques ?
- Je lis les lignes de ta main, se contenta-t-elle de marmonner sans réfléchir avant de quitter à son tour la pièce.
La Grande Salle était aussi agréable que la salle commune, aussi calme. Rose s'assit à une table, goûtant à ce calme si rare. Elle sentit quelqu'un se laisser tomber à ses côtés.
- Pas encore remise de ta nuit de folie ? lança la voix moqueuse de Scorpius
Elle hésita avant de se confier à lui. Il était discret, mais doutait. Pouvait-elle être certaine qu'il ne parlerait pas ? Ce n'était pas tant le fait que le bruit de cette marque sur sa taille qu'elle craignait. Non : c'était le fait que quelqu'un assure que c'était la marque de la sienne, pour mentir, pour lui mentir. Elle était curieuse de l'identité de la personne qui avait des doigts si fins, si longs, si purs qu'ils avaient laissé une traînée argentée sur sa peau. Elle frissonnait à ce souvenir qu'elle n'avait pas, elle frissonnait d'un certain plaisir. Qui pouvait posséder des mains si magnifiques ?
- Pour parler de nuit de folie il faudrait que je m'en souvienne...
- Pourtant je ne t'ai pas vue boire...
- Que veux-tu que j'y fasse ? Je ne me souviens pas par contre...
Sa voix mourut dans sa gorge. Son ami perdit brusquement son air rieur. Elle vit une étrange inquiétude briller au fond de ses yeux. Ils s'observèrent un instant en silence, tentant de sonder l'esprit de l'autre. Puis elle se détourna et laissa les mots s'échapper de sa bouche. Elle parla de cette marque sur sa peau, de ce sourire qu'elle imaginait mais dont elle ne se souvenait pas. Elle lui montra ses mains encore couvertes d'argent, Scorpius les effleura, examina l'étrange fluide.
- Un bon magicien en tout cas, sourit-il. S'il en vaut la peine tu le retrouveras Rosie.
- Mais ce n'est pas...
- Ne dis pas de choses que tu ne penses pas, lui souffla-t-il avec un clin d'œil. Attends de le voir avant de dire que tu ne veux pas de lui.
- Mais je ne veux pas de lui ! Ni de personne ! Je veux juste...
- Que veux-tu vraiment Rose ? la coupa Scorpius en la regardant bien en face.
Elle ne savait pas. Elle était tellement bien ainsi, on la laissait tranquille. Elle aimait observer passivement les autres, vivre au jour le jour en pensant vaguement au lendemain, elle aimait être près des autres dans leurs mauvaises passes, mais ne pas y être elle-même. Elle refusait de se l'avouer mais elle ne voulait plus souffrir comme elle avait pu souffrir avec Jordan. Ce n'était pas sorcier à comprendre, mais Scorpius fut peut-être le premier à le lui faire remarquer aussi vertement.
- Tu veux rester éternellement dans ton cocon ?
- Je ne suis pas dans mon...
- Rose, je t'en pris, je te connais, soupira Scorpius. Tu n'as presque pas bouger de ton banc hier ! Il a fallu que James s'approche de toi que tu danses.
Les mots du Serpentard la blessèrent mais ce n'est pas cela qui la glaça.
- Avec qui ai-je dansé ?
- Avec un type qui passait par là, s'impatienta Scorpius. Tout comme c'est lui qui m'a attribué ma cavalière au début de la soirée.
- Il t'a mis avec Lily, sourit son amie.
- Là n'est pas la question Rose ! trancha le jeune homme, passablement agacé. Ce que je veux dire, c'est que s'il ne t'avait pas mis avec je-ne-sais-quel-gars pour danser juste pour une danse, tu serais restée seule. C'est donc ça qui t'amuse ?
- Tu n'as pas le droit de me dire ça ! s'écria-t-elle en le foudroyant du regard. Je ne suis pas une pauvre chose qui ne fait rien et passe son temps à se plaindre !
- Pas pour l'instant. Mais veux-tu que je te dise une chose, Rose ? J'en ai vu d'autres comme toi. D'autres qui, le jour où ils ont voulu s'ouvrir au monde, se sont trouvés étouffés par la bulle qu'ils avaient eux-mêmes construit. Et crois-moi Rosie, je ne veux pas que tu vives ça ! Jamais ! Ouvre les yeux avant qu'il ne soit trop tard !
Une main tapota doucement l'épaule du jeune homme qui leva la tête. Il sembla oublier en un instant son espèce de frustration envers son amie qui éprouva la même sensation quand elle croisa le regard éthéré de Lysander. Il les salua en silence, d'un sourire mais c'était bien assez. Machinalement, Malefoy ferma ses poings, les cacha dans les plis de sa cape, et une simple œillade du Serdaigle l'en remercia.
- Étais-tu à la fête hier ? s'enquit finalement le blond, brisant le silence qui les charmait. Je ne t'ai pas reconnu parmi les masqués.
- C'est le principe d'un bal masqué pourtant, répondit Scamander d'un ton léger. Puisque tu ne m'as pas reconnu, je ne te dirai pas qui j'étais, je te laisserai une chance de le deviner la prochaine fois.
Il se tourna vers les deux amis et s'assit entre eux, un sourire encore plus amusé aux lèvres.
- Vous par contre je vous ai reconnue, reprit-il sur le même ton. Il n'était pas difficile de repérer les bons danseurs, ajouta-t-il avec un clin d'œil à Malefoy. Et toi, Rose il y avait ta démarche légère.
- Lysander...
- Lys', l'interrompit-il. C'est plus simple, moins étrange.
- Très... très bien, balbutia-t-elle. Lys'... Dis-nous comment tu étais...
- Fantôme de l'opéra, marmonna le Serdaigle. Ma cape d'hiver, des gants et un masque blanc pour couvrir tout mon visage.
- As-tu chanté au moins ? s'enquit la jeune fille.
- Le fantôme d'Opéra ne chante pas, répondit Scorpius à la place de Lysander. Il est le professeur, il est le confident, il est l'ombre. Mais jamais il n'est pas la Voix.
- Alors as-tu trouvé ton ange ?
- Pour avoir un ange il faut le vouloir, souffla Lysander avec le regard dans le vague. Je ne crois pas le rechercher pour le moment.
Son regard clair se perdit un instant dans le vague, il semblait contempler quelque chose que lui-seul pouvait voir, quelque chose qui le fit sourire. Pourtant ses deux amis sentirent leur cœur se serrer dans leur poitrine lorsqu'ils respirèrent la mélancolie qui émanait de ce rictus. Lysander secoua pourtant bien vite ses mèches blondes, et leur rendit ce sourire solaire qui en dessina deux autres sur leurs visages.
- Luna et ton père devaient avoir du sang de Vélane pour te donner un tel sourire, souffla Rose.
Le jeune homme ne répondit pas, se contentant de lui sourire encore. Que pouvait-il répondre ? Scorpius songea qu'il devait avoir hérité de ce trésor avec le fardeau de l'Avenir. Lysander devait être de ces sublimes créatures, trop belles pour être saisissables, trop fragiles pour être impérissables. Il était aussi frêle qu'un roseau, mais portait en lui la sagesse d'un Centaure. C'était quelque chose de magnifique à voir, de terrible à comprendre, pourtant Scorpius avait l'étrange sensation qu'il allégeait un peu le fardeau qui écrasait les épaules du jeune homme. Dite-épaule qu'il serra imperceptiblement, et Lysander le remercia encore d'un regard avant de se lever. Il les quitta de son pas aérien, aussi léger qu'un fantôme pourtant c'était au fer rouge qu'il marquait chacune de leur conversation dans l'esprit de ses deux compagnons.
