Bonjour à tou(te)s !
A l'instar de chaque autre semaine, je remercie infiniment l'ensemble de mes revieweurs/euses qui sont toujours au TOP DE LA TOPITUDE DU TOPISSIME ! *-* Je remercie également ceux qui se sont montrés curieux et sont passés lire (et ont éventuellement reviewé) « Sans équivoque » !
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RàRs anonymes :
Guest : Effectivement, nous avons eu droit à une dispute que n'importe quel autre couple pourrait avoir. Tout comme toi, je pense que l'on peut comprendre à la fois Hermione qui était agacée que Drago ne tienne pas sa promesse/ne la prévienne pas ; qui s'est également inquiétée pour lui et du fait qu'il ait pu aller « voir ailleurs ». Mais également Drago qui avait manifestement besoin de temps seul ce qui est une des circonstances atténuantes expliquant son retour tardif auprès de sa chère Gryffondor. Je te remercie chaleureusement pour ta nouvelle review ! Plein de bisous et bonne soirée avec une semaine de retard ! :D
Missgryffi : Tout d'abord, je tiens à te remercier de prendre le temps de me laisser une review car il me semble qu'il s'agit de la toute première sur cette fic'. Ensuite, je te remercie pour tes magnifiques compliments à son propos. Je suis ravie que tu apprécies autant l'histoire, les personnages et que l'approche soit originale. C'est parfait :). Concernant l'évolution de la relation des Dramione, je ne voulais surtout rien précipiter pour ne pas perdre la crédibilité ou la cohérence donc c'est top si tu trouves qu'elle évolue logiquement. :) Va-t-elle être mise à l'épreuve ? Eh bien je pense qu'on peut dire qu'elle l'est déjà depuis le début… ^^
Voilà ! Je te remercie mille fois pour ta review et j'espère que ce nouveau chapitre te plaira ! Peut-être à une prochaine fois. Bises !
Bellasidious : Je suis toujours autant ravie d'apprendre que tu « adores » cette fic'. C'est génial ! *-* Concernant le précédent chapitre, nous pouvons, effectivement, le qualifier de plus « adulte » car, pour la première fois, les Dramione ont eu une dispute que n'importe quel autre couple aurait pu avoir à leur place… Sinon, je suis heureuse que le suspens te plaise. Pour ce qui est de Narcissa eh bien… suspens ;). Je te remercie très chaleureusement pour ta magnifique review et pour tes mots qui, encore une fois, m'ont énormément touchée. :) J'espère que ce nouveau chapitre te plaira. Plein de bisous et à très bientôt.
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Voilà, j'espère que vous êtes prêt(e)s à enfin découvrir l'envers du décor du « secret de Narcissa Malefoy » puisque là est tout l'enjeu de ce quarantième chapitre !
Je vous souhaite une très bonne lecture et je vous dis à tout à l'heure avec la note de fin de chapitre. :)
Comme toujours, seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 40 : La résignation est la pire des maladies
- Ma mère va mourir.
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Un long et pesant silence s'installa jusqu'à ce qu'Hermione se retourne vers le Serpentard. Son buste pivota avec une lenteur presque exagérée. Malefoy, lui, n'avait pas bougé et se tenait toujours sur le pas de la porte. La jeune femme le dévisagea longuement, cherchant un indice lui permettant de remettre en cause ce qu'elle pensait avoir entendu. Mais le blond finit par baisser les yeux et Hermione dut se rendre à l'évidence : elle avait parfaitement entendu et compris les mots qui étaient sortis de la bouche de son amant. Et il paraissait également évident qu'il ne mentait pas. Il regardait le sol et avait les bras ballants le long de son corps. Une attitude qui ne lui ressemblait absolument pas.
La phrase tournait et retournait dans l'esprit d'Hermione qui restait totalement hébétée de ce qu'elle avait étendu. « Narcissa Malefoy… mourir ? » Cela n'avait vraiment pas de sens. Doucement, la Gryffondor se releva du lit sur lequel elle était toujours assise et entreprit de rejoindre Malefoy. Il posa sur elle un regard douloureux où transperçait la tristesse. Hermione s'arrêta à une distance raisonnable et l'incita à s'expliquer.
Il commença par détourner les yeux, les reportant sur un objet quelconque, derrière elle. Puis ses mains se mirent à fourrager dans ses cheveux, les ébouriffants encore davantage. Il reporta finalement un regard étrangement vide sur elle et, avant même qu'Hermione ait pu s'inquiéter de ce brusque changement d'attitude, il se mit à débiter d'une voix blanche et morne, comme un automate :
- Ma mère est malade depuis presque deux ans maintenant. Elle a commencé à se sentir fatiguée seulement quelques mois après que nous soyons arrivés, elle, Scorpius et moi en France. Au début, je me suis arrangé pour lui procurer des potions mais son état s'est rapidement dégradé et elle a été obligée de rentrer en Angleterre incognito pour voir un Médicomage. Il lui a donné de nouvelles potions mais ça n'a rien changé. D'autres symptômes sont apparus au fur et à mesure et elle devait se jeter des sortilèges de « Poids-plume » chaque matin pour parvenir à tenir debout et à donner le change avec Scorpius qui n'est au courant de rien. Elle est allée voir de nombreux Médicomages depuis que nous sommes rentrés mais aucun ne parviens à trouver ce qu'elle a. Que des incapables !
Il avait dit tout cela d'une traite et il fallut quelques secondes à Hermione pour parvenir à tout assimiler correctement.
- C'est là que tu étais hier matin ? A un rendez-vous médical… avec ta mère ? présuma Hermione d'une petite voix et qui prenait la parole pour la première fois depuis de longues minutes.
- Oui, confirma Malefoy en vrillant ses prunelles d'acier dans les siennes.
Voyant qu'il ne poursuivait pas, Hermione l'encouragea :
- Et qu'a-t-il dit ?
- Qu'elle allait mourir, lâcha-t-il.
Comprenant qu'elle n'était pas satisfaite de sa répondre, il poursuivit :
- Ma… elle est paralysée. De tout le bas du corps. Et le « Médicomage » - son visage se tordit en un rictus traduisant un dégoût et une rage profonde – a dit que cela n'allait pas s'arrêter là. D'après lui, elle sera paralysée du reste de son corps avant la fin de l'année, soit dans moins de deux mois et demi.
- Le Guérisseur vous a dit que son cœur allait s'arrêter ? demanda Hermione, qui avait du mal à comprendre.
- Non. Elle sera juste paralysée, une histoire de moelle épinière… Enfin bref, ma mère ne veut pas devenir prisonnière de son propre corps et demandera à ce qu'on lui injecte une potion avant d'en arriver à de telles extrémités.
- Une potion ? répéta Hermione dont le cerveau avait du mal à fonctionner correctement puisqu'encore sous le choc de ce qu'elle venait d'entendre, et était, en train d'apprendre.
- Pour « mettre fin à sa vie », répondit le Serpentard avec sarcasmes et répétant de toute évidence les termes employés par Narcissa pour expliquer son choix.
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Le silence s'installa de nouveau entre eux et Hermione se rassit sur le lit. Ses yeux s'agrandissaient à mesure qu'elle se répétait les paroles de Malefoy. Au bout de la troisième fois, son esprit d'ancienne Médicomage se réveilla et se mit à analyser les propos du blond. Elle lui posa quelques questions assez génériques auxquelles il répondit, la lueur de tristesse qui voilait son regard laissant petit à petit place à de l'espoir. Si une autre personne avait été présente dans la chambre, avec eux, cette dernière n'aurait certainement vu aucun changement et qualifié le regard du blond de toujours aussi inexpressif. Mais Hermione connaissait de mieux en mieux son amant et percevait de plus en plus de détails, parvenant à lire en Malefoy presque aussi bien que lui lisait en elle.
Ce fut alors ce qui la poussa à se lever du lit, à s'avancer vers lui et à déposer une main timide sur son bras gauche, qu'il avait croisé sur sa poitrine avec le droit. Elle leva le regard bienveillant qu'elle réservait habituellement à la famille de ses patients et murmura :
- Je sais que tu penses que je peux t'aider, mais ce n'est pas le cas.
Il ouvrit la bouche mais elle le coupa :
- Si je m'en réfère à ce que tu me dis, ta mère est allée voir les meilleurs Médicomages d'Angleterre, d'Ecosse, d'Irlande et de France. Je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus…
En face d'elle, le Serpentard fronça les sourcils.
- Mais enfin, tu es Hermione Granger ! Si quelqu'un peut trouver ce qu'elle a et la sauver c'est toi ! s'exclama-t-il, ses yeux sortant à leur tour de leur torpeur et abandonnant définitivement la lueur de peine qui les avait animés durant quelques minutes.
Hermione sourit devant ce compliment à peine déguisé mais finit par soupirer.
- Ecoute… je suis flattée que tu aies une si haute estime de mes compétences mais… sincèrement, il n'y a rien que je ne puisse faire de plus. Je ne connais pas cette maladie non plus et…
- Alors c'est ça, les Guérisseurs ?! Juste parce que vous ne connaissez pas une maladie, vous…
- Je ne suis plus Guérisseuse, rectifia Hermione d'une voix douce.
Il lui adressa un regard peu amène et poursuivit :
- C'est ça qu'on vous apprend à l'école de Médicomagie ? A abandonner au moindre obstacle ? On vous apprend à laisser crever les gens ?!
Il lui hurlait à présent dessus mais Hermione le laissa faire, comprenant qu'il ait besoin d'évacuer sa peur – car il ne s'agissait que de cela : de la peur – d'une façon ou d'une autre. Elle ôta tout de même la main de son bras.
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- Drago… souffla-t-elle une fois qu'il eut terminé de cracher tout son venin sur « le corps médicomagique et leur incompétence ». Je comprends ta réaction mais je ne peux vraiment rien faire. Je ne suis même plus Guérisseuse. Il me serait tout bonnement impossible de faire les examens nécessaires et…
- Et si tu pouvais avoir accès à tout ça ? Si je parvenais à te faire réintégrer Sainte-Mangouste le temps que tu t'occupes d'elle, tu…
Hermione soupira une nouvelle fois en fermant les paupières. Elle les rouvrit toutefois rapidement en sentant les mains de Malefoy se poser sur ses épaules. Son regard anthracite était ancré dans le sien et il fit ce qu'Hermione n'aurait jamais cru le voir faire. Elle vit Drago Malefoy la supplier.
- S'il-te-plaît, Granger… Hermione. Accepte de t'occuper d'elle, je t'en prie. C'est ma mère et…
Sa voix se brisa et il baissa les yeux. Hermione le dévisagea longuement puis ferma une nouvelle fois les paupières, prenant une profonde inspiration.
- Ok. J'accepte de l'ausculter mais…
Ses paroles furent étouffées par la bouche que son amant posa sur la sienne. Hermione rouvrit prestement les yeux, surprise, avant de finalement les refermer et de se laisser emporter par le baiser que lui donna Malefoy. Il l'embrassa comme rarement auparavant, mettant toute sa colère, sa tristesse et son espoir dans un baiser qui laissa Hermione chancelante. Le Serpentard l'avait attirée à lui, plaçant une main au creux de ses reins et l'autre sur sa nuque. Après un langoureux échange, ils se détachèrent quelque peu pour reprendre leur respiration mais le blond déposa tout de même un doux et chaste dernier baiser sur les lèvres d'Hermione qui rosit étrangement.
Elle se recula et tenta de réorganiser les pensées que les lèvres de son amant avaient joyeusement mise en pagaille. Elle profita également de cette accalmie pour reprendre une respiration et un rythme cardiaque raisonnable et finit par relever la tête vers lui.
Malefoy la dévisageait, partagé entre l'interrogation et le désir et Hermione préféra se consacrer au premier des deux sentiments qui se lisait dans son regard.
- Mais, reprit-elle comme si le baiser n'avait pas eu lieux. Je ne peux évidemment rien te promettre. Je te l'ai dit, je n'ai jamais entendu parler de tels symptômes et la rapidité avec laquelle la maladie se propage m'est totalement étrangère.
Il opina du chef.
- Mais tu me promets de faire ce que tu pourras ?
- Oui, concéda Hermione au bout de quelques secondes.
Il murmura un vague « alors ça me va… pour le moment », qui semblait plus adressé à lui-même qu'autre chose avant de s'approcher une nouvelle fois de la Gryffondor. Son regard s'était totalement modifié, encore une fois, et ne comportait, à présent, plus aucune lueur interrogative …
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- Tu me pardonnes, pour hier ? souffla-t-il avant de déposer ses lèvres au niveau de sa jugulaire.
- Je te pardonne d'avoir bu.
Elle noua ses bras derrière sa nuque et ferma les yeux.
- C'est tout ?
Il passa ses mains sous son pull et caressa son dos.
- Ou-oui, répondit-elle, la voix un peu chevrotante.
Hermione se mit sur la pointe des pieds afin de se coller encore un peu plus à lui. Il sourit contre sa peau et se détacha un peu d'elle avant de placer ses mains au-dessous de ses fesses et de la soulever. La jeune femme enserra son bassin avec ses jambes et plaqua ses lèvres contre celles de son amant. Il lui rendit son baiser tout en la portant jusqu'au lit. Il la déposa avec délicatesse et s'allongea au-dessus d'elle. Il l'embrassa de nouveau puis partit une seconde fois à l'assaut de son cou.
- Pourquoi ne me pardonnes-tu pas pour le reste ?
Son timbre n'était qu'un murmure très rauque et attisa encore davantage le désir d'Hermione qui se mordit la lèvre pour ne pas gémir alors que sa langue traçait un sillon ardent sur sa clavicule.
- Parce que tu aurais dû rentrer, dit-elle distraitement et en répondant la première chose qui lui passa par la tête.
Elle fourragea dans les cheveux déjà décoiffés de Malefoy qui embrassait à présent la naissance de ses seins.
- Rentrer ?
- Oui.
Il la débarrassa de son pull et recommença à embrasser tout son corps. Hermione gémit lorsqu'il dépassa son nombril et entreprit de détacher le bouton de son jean.
- J'avais besoin de boire.
- Tu aurais pu boire ici.
Il se redressa soudainement et la dévisagea. Hermione soutint son regard et resta immobile même si l'envie de détourner les yeux se faisait un peu plus pressante à chaque seconde.
- Je ne voulais pas… te faire subir ça, avoua le Serpentard.
Hermione se retint avec difficulté d'arquer un sourcil et préféra analyser ses paroles.
- Je comprends, finit-elle par souffler.
Ce qui était le cas, même si l'idée que Malefoy puisse s'alcooliser seul dans un bar, noyant son chagrin et sa colère dans la boisson au lieu d'en parler ou au moins d'être accompagné dans cette épreuve, la dérangeait fortement. « En parler ? » Avec qui ? Elle ? « Etre accompagné ? » Et de qui ? D'elle ?...
Malefoy dut se rendre compte qu'elle s'était remise à « réfléchir » car un léger sourire vint étirer ses lèvres. Il se rapprocha à nouveau de sa bouche et l'embrassa. S'il ne s'était pas agi de Drago Malefoy, Hermione aurait volontiers qualifié ce baiser de « tendre » mais…
- Je te promets que je reviendrai ici, la prochaine fois.
« La prochaine fois » ? Parce qu'il y aurait une prochaine fois ?
- Tu m'as déjà fait une promesse, que tu n'as pas tenue, fit plutôt remarquer Hermione.
Il se redressa et vrilla ses prunelles grises dans les siennes.
- Je sais… Et je ne te ferai plus de promesse que je ne pourrai pas tenir.
Son ton, tout comme son regard, était empreint d'une sincérité déconcertante et la Gryffondor ne répondit rien, se contentant de l'attirer à elle pour sceller leur accord par un nouveau baiser.
OoOoOoO
- Reste ici, je vais préparer le repas, annonça Malefoy.
Il l'embrassa sur les lèvres et quitta le lit avant de se rhabiller. Hermione, allongée sur le ventre, sous le drap, profita de la vue. Le Serpentard se retourna vers elle, un étrange sourire aux lèvres, mais ne commenta pas et sortit de la pièce.
Restée seule, Hermione se retourna sur le dos et s'étira longuement. Une agréable sensation d'apaisement et de plénitude régnait en elle et elle profita des quelques minutes dont son amant aurait besoin pour cuisiner pour fermer les paupières et comater un peu.
OoOoOoO
Quelques minutes… « Oh Merlin ! » se fustigea mentalement la Gryffondor en émergeant finalement. Elle s'était endormie, c'était certain, et ce pendant plus que « quelques minutes ». Hermione battit furieusement des paupières et entreprit de se lever. Elle se débattit avec son drap et pivota brusquement la tête en entendant un léger ricanement.
Malefoy… Malefoy était négligemment appuyé contre le chambranle de la porte et l'observait, une lueur moqueuse dans ses prunelles grises et un sourire en coin sur les lèvres.
- Alors Granger, on fait la sieste ?
Hermione se retint de lui balancer un oreiller et se leva plutôt. Elle prit soudainement conscience qu'elle était toujours nue et s'empressa de s'habiller sous le regard libidineux de son amant.
- Je te rappelle que ma nuit n'a pas été aussi reposante qu'elle aurait dû l'être, cingla la Gryffondor en attachant son soutien-gorge.
Elle le vit lever les yeux au ciel.
- Le déjeuner est prêt, je t'attends dans le salon.
Et il quitta la pièce sans plus de cérémonie. Hermione grommela tout en finissant de se vêtir puis alla le rejoindre.
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- Je pense qu'au vu de la situation, il faudrait que j'ausculte rapidement ta mère, expliqua Hermione après avoir avalé sa bouchée.
- J'ai déjà prévu un rendez-vous à Sainte-Mangouste mardi après ton travail, annonça le blond.
Hermione haussa un sourcil.
- Tu as eu le temps de faire ça pendant que je dormais ? s'étonna-t-elle, certaine qu'elle n'avait pas plongé dans les bras de Morphée aussi longtemps.
- Pas vraiment.
La Gryffondor continua de le dévisager et Malefoy finit par soupirer avant d'arrêter de manger.
- J'ai prévu le rendez-vous depuis hier après-midi.
- Pardon ? tiqua Hermione.
- Quoi ?
La jeune femme posa à son tour ses couverts sur le bord de son assiette.
- Tu avais déjà tout prévu avant de m'en parler ?
- Oui.
- L'idée que je puisse refuser ne t'as donc jamais réellement traversé l'esprit ?
- Non.
Hermione sentit l'irritation pointer le bout de son nez et ne fit absolument rien pour la refouler.
- Donc tu ne t'es pas inquiété une seule fois que je puisse être réellement agacée par ton comportement d'hier soir au point que je décide de ne pas m'occuper de ta mère ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Pas une fois, confirma simplement le Serpentard en recommençant tranquillement à déjeuner.
Hermione ouvrit la bouche, avant de la refermer, déconfite par son attitude si condescendante et nonchalante. Incapable de répondre quoique ce soit à ça, elle jeta un regard furibond à Malefoy et se leva de sa chaise. Elle n'avait plus faim, tout à coup. Elle le vit lever les yeux au ciel avant de soupirer légèrement et de quitter son siège également.
Il se plaça entre elle et sa destination, c'est-à-dire le canapé où elle pourrait bouder confortablement, et Hermione s'arrêta. Elle croisa les bras sur sa poitrine et haussa un sourcil, attendant qu'il parle.
- Pas une fois je me suis inquiété des répercussions que mon attitude pourrait avoir sur ta décision parce que je savais parfaitement qu'il n'y en aurait aucune.
- Et pourquoi cela ?! cracha Hermione avec dédain.
Elle n'appréciait que très moyennement le ton détaché qu'il prenait, comme si c'était elle qui était en tort dans cette histoire.
- Parce que tu es comme ça, Granger.
Elle l'assassina du regard.
- Oh… je suis comme ça…, reprit-elle sur un ton faussement ravi.
- Oui.
- Eh bien écoute moi très attentivement, Malefoy, espèce de sale petit Serpentard à la noix, tu ne sais rien de moi. Rien du tout ! Alors arrête de prétendre le contraire.
Il leva les yeux au ciel dans un geste très théâtrale qui donna envie à Hermione de lui refaire le portrait.
- Très matures tes insultes, Granger ! ricana-t-il finalement. Et, pour ta gouverne, je sais beaucoup de choses sur toi. Que ça te plaise ou non.
Il laissa passer une seconde puis reprit :
- Et je sais pertinemment qu'en tant qu'ancienne Médicomage premièrement, et surtout en tant que toi, Hermione Granger, la femme qui tente d'aider tous les cas désespérés de la Planète, tu n'aurais pas pu refuser. C'est dans ta nature, ajouta-t-il, philosophe.
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Hermione ouvrit la bouche avec l'intention de répliquer quelque chose mais finit par la refermer, pour la seconde fois en moins de cinq minutes. Malefoy, lui, retourna à sa place et se servit un verre d'eau. La Gryffondor hésita longuement puis finit par regagner sa chaise à son tour. Elle chipota dans son assiette, pesant le pour et le contre, et dut finalement avouer que le blond avait raison, même si l'admettre lui donnait des envies de meurtre. Elle n'avait pas accompli d'action altruiste et désintéressée depuis bien trop longtemps à son goût et cet aspect de sa personnalité lui manquait.
- J'ai besoin de voir ta mère avant mardi. Je dois discuter avec elle, lâcha-t-elle de but en blanc.
Il lui jeta un regard mi-amusé mi-coupable et Hermione se récria :
- Ne me dis pas que tu as également prévu ça ?
- Si…
Il paraissait très fier de lui-même et la jeune femme ferma les yeux avant de souffler longuement. Elle devait se calmer si elle ne voulait pas que les premiers mots qu'elle dirait à sa future patiente soient quelque chose du genre « Bonjour, je viens essayer de vous sauver la vie… Oh ! Et j'ai tué votre fils au fait ! »
- Tu es irrécupérable, se contenta-t-elle de soupirer.
En face d'elle, Malefoy se mit à sourire de toutes ses dents.
- Je suppose donc que ta mère est au courant de ton « plan » …
- Tu supposes bien.
Hermione se retint de soupirer de nouveau.
- À quelle heure as-tu planifié le rendez-vous ? demanda-t-elle d'une voix morne.
- Je n'ai pas donné d'heure. Ma mère sait que nous viendrons dans l'après-midi mais pour le reste, c'est toi qui décide.
- Quelle faveur ! ironisa la Gryffondor en se levant pour débarrasser.
OoOoOoO
Hermione avançait sur le chemin en pierres menant à la porte d'entrée d'une imposante demeure. Moins grande que le Manoir familial, la bâtisse restait tout de même d'une taille conséquente et la Gryffondor se sentait minuscule. Malefoy marchait près d'elle, la tête droite et le pas conquérant.
Hermione n'était pas très à l'aise tout à coup et son amant sembla s'en rendre compte car il l'embrassa chastement avant de lui souffler :
- Détend-toi Granger, tu n'as aucune raison d'avoir peur de ma mère.
Ça, la jeune femme le savait parfaitement – quoique… - mais elle ne pouvait réprimer la pointe d'angoisse qui lui tordait le ventre. C'était incongru de rencontrer Narcissa Malefoy pour un tel motif et rien que d'envisager pouvoir devenir la Guérisseuse de la mère de son amant, Hermione fut prise d'un léger haut-le-cœur doublé de maux de tête. Cette femme l'avait toujours mise mal à l'aise et cela ne risquait pas de s'arranger si elle devait pénétrer dans sa vie privée de la sorte…
Mais elle avait été Médicomage pendant plusieurs années et devait, de même qu'elle le faisait à une époque finalement pas si lointaine, faire abstraction du nom de sa patiente. Car, à la seconde même où elle se retrouverait seule en face d'elle, Narcissa Malefoy ne deviendrait plus que cela : une patiente comme n'importe quelle autre. Enfin… une patiente qui était la mère de l'homme avec lequel elle s'envoyait en l'air dès que l'occasion se présentait.
Ce dernier lui caressa quelque peu le dos, comme pour lui donner du courage et finit par toquer à la porte d'entrée.
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Un elfe vêtu de la même façon que Micky, vint leur ouvrir.
- Maître Malefoy ! s'exclama l'elfe en s'inclinant très bas. Et Miss Granger, bienvenus !
Hermione haussa un sourcil. Si même les domestiques étaient au courant de sa venue…
- Suivez Gilly, ma Maîtresse vous attend dans le petit salon.
Malefoy emboîta le pas de l'elfe et Hermione resta dans son sillage, bien trop intimidée pour faire attention où elle mettait les pieds, ni même à la décoration.
L'elfe les mena jusque devant une porte en bois très foncé et toqua trois fois. La voix de Narcissa se fit entendre et ils purent pénétrer dans la pièce. Cette fois-ci, Hermione prêta plus d'attention à la décoration et s'en voulut presque de s'être vêtue aussi simplement. Sans être ostentatoire, tout restait très luxueux et le moindre détail laissait transparaître le raffinement et, surtout, la richesse propre aux Malefoy. La Gryffondor baissa les yeux sur ses bottines noires et son jean un peu passé et eut immédiatement envie de faire demi-tour pour rentrer se changer. Malheureusement, son amant s'avançait déjà vers sa mère qu'il embrassa sur la joue.
- Bonjour Mère.
- Bonjour Drago. Bonjour Miss Granger, ajouta Narcissa en plantant son regard bleu et perçant sur la jeune femme.
- Oh euh… Bonjour Mrs Malefoy ! dit Hermione en s'avançant rapidement vers elle.
Elle lui tendit la main et Narcissa la serra, tout en restant assise sur le canapé.
- Je ne me lève pas, j'espère que vous ne m'en voulez pas mais…
Drago baissa le regard sur ses jambes. Un regard où la colère et le désespoir se mêlaient.
- Bien sûr, Mrs Malefoy. Je comprends parfaitement, la rassura Hermione.
- Alors Drago vous a tout expliqué ?
- Oui. Mais j'ai des questions à vous poser, d'où ma présence.
- Bien. Asseyez-vous, je vous en prie.
Elle leur désigna le petit canapé en face du sien et Hermione alla y prendre place, le dos bien droit, tandis que son amant s'avachissait à côté d'elle comme s'il était chez lui.
- Gilly ! appela alors la maîtresse de maison.
- Oui, Maîtresse ? demanda l'elfe en apparaissant brusquement devant eux.
- Apporte-nous le thé, s'il-te-plaît.
- Bien sûr Maîtresse, Gilly apporte le thé tout de suite, Maîtresse, répondit la créature en hochant la tête avec frénésie.
Hermione haussa un sourcil en entendant la formule de politesse employée par la « Maîtresse » de Gilly et elle fut encore davantage confortée dans son envie d'aider cette femme.
Narcissa et son fils échangèrent quelques banalités avant que l'elfe revienne. Il fut remercié par tout le monde – même par le Serpentard – et les quitta finalement en refermant la porte derrière lui. Ils burent leur thé en silence puis la blonde reprit la parole.
- Quelles sont vos questions, Miss Granger ? demanda-t-elle en reposant sa tasse sur un petit guéridon, près d'elle.
- Il serait peut-être préférable que nous soyons seules pour cela, répondit la Gryffondor d'une voix qui manquait un peu d'assurance.
- Hors de question ! lâcha immédiatement Malefoy, en comprenant qu'elle lui demandait poliment de prendre la porte. Je veux être là pour savoir ce que tu vas lui dire.
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Narcissa s'apprêtait à réprimander son fils mais fut coiffée au poteau par Hermione Granger. Cette dernière s'était retournée afin d'avoir Drago en ligne de mire et posa une main sur son avant-bras. Narcissa arqua un sourcil devant ce geste apaisant et tendre mais qui, pourtant, ne semblait être une surprise pour aucun d'entre eux. Peut-être Scorpius avait-il raison de dire que son père et Miss Granger étaient « autre chose » que deux personnes qui se voyaient seulement de temps à autres… Et cette impression se renforça lorsque la jeune femme ouvrit la bouche et chuchota d'une voix très calme :
- Je te dirais tout, sois rassuré. Sauf si, bien sûr, ta mère me demande de ne pas le faire.
Narcissa se retrouva soudainement acculée par le regard intense de son fils.
- Mère ?
- Je verrais, Drago.
- Mais Mère…
- Ça suffit, Drago ! Je suis assez grande pour savoir ce que j'ai à faire. Laisse-nous maintenant.
Il lui lança un regard noir mais elle ne baissa pas les yeux. Ce regard, elle le connaissait par cœur et son fils ne l'intimidait certainement pas.
Hermione Granger avait toujours sa main posée sur l'avant-bras dénudé de Drago et Narcissa vit qu'elle semblait caresser presque imperceptiblement sa peau de son pouce, comme si elle voulait le calmer.
- Tu me diras, n'est-ce pas ? s'agaça tout de même Drago en quittant sa mère du regard pour le poser sur la Gryffondor.
- Drago… soupira-t-elle.
Narcissa vit le regard du blond s'adoucir immédiatement, comme si le simple fait que la jeune femme prononce son prénom avait un effet apaisant sur lui. Elle cacha sa surprise du mieux qu'elle le put bien qu'en cet instant, elle avait l'impression d'être totalement invisible pour eux.
- Tu sais que je ne peux pas faire ça, continua Miss Granger. C'est du domaine du secret médicomagique. Mais je ne vois pas pourquoi ta mère ne voudrais pas t'en parler. Après tout, je compte simplement lui poser quelques questions afin d'avoir plus de renseignements.
- Hum… grommela Drago.
- Je t'ai promis de faire tout ce que je pourrais alors laisse-moi faire, s'il-te-plaît.
Avait-elle réellement promis cela ? Narcissa en fut profondément désarçonnée mais conserva une expression la plus neutre possible. Elle ne put cependant retenir un hoquet de surprise, suivi d'un léger sourire, lorsque son fils finit par acquiescer avant de se pencher en avant et d'embrasser celle qui était définitivement plus qu'une simple « amie », sur les lèvres. Cette dernière sembla aussi étonnée qu'elle et le regarda comme s'il était subitement devenu fou à lier. Narcissa vit la brune se mordiller la lèvre inférieure avant de lui jeter un coup d'œil timide, comme si elle avait peur de se faire réprimander. Mais la blonde ne fit aucun commentaire et observa plutôt son fils quitter la pièce, visiblement toujours aussi agacé d'être ainsi mis à l'écart.
}{
- Je suis désolée, je ne savais pas qu'il allait faire ça, dit Hermione du bout des lèvres.
- Vous n'avez pas à vous excuser, Miss Granger, répondit la mère de Malefoy tout en reprenant une gorgée de son thé. Et puis je préfère grandement que ce soit vous plutôt que cette idiote de Pansy Parkinson.
Hermione fut surprise d'entendre une « insulte » dans la bouche de Narcissa Malefoy et sourit en se souvenant que Scorpius non plus ne portait pas la Serpentard dans son cœur.
- Tatie Pansy… souffla la Gryffondor, plus pour elle-même.
- Il vous en a parlé ?
- Oui, sourit Hermione. Scorpius et son père m'en ont parlé.
Narcissa lui adressa un regard entendu alors qu'un très léger sourire étirait ses traits.
- Bien, reprit Hermione. Je vais prendre quelques notes de ce que vous me direz afin d'être certaine d'avoir tous les éléments une fois rentrée chez moi.
- Comme vous voudrez.
La jeune femme tiqua quelque peu face à la sécheresse qui transpirait à présent de sa voix mais ne commenta pas. Elle sortit plutôt un petit calepin magique de son sac ainsi qu'une plume.
- Bien, alors…
- Miss Granger, il y a quelque chose que vous devez savoir, la coupa Narcissa d'une voix grave.
- Oui ? s'enquit la jeune femme en fronçant légèrement les sourcils.
La malade prit une profonde inspiration, comme si ce qu'elle s'apprêtait à dire requérait d'elle une importante dose d'énergie.
- Je ne sais pas ce que Drago vous a dit mais… je ne veux pas être soignée.
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Un long et pesant silence s'installa jusqu'à ce qu'Hermione se mette à bredouiller :
- Pa-pardon ?
- Vous avez parfaitement compris, Miss Granger. Je ne veux pas être soignée. Je répondrai à vos questions aujourd'hui mais j'aimerais que vous ne cherchiez pas à m'aider par la suite.
- Quoi ? Mais pourquoi ?! s'égosilla Hermione, qui n'y comprenait plus rien.
- Parce que, Miss Granger, cela fait bientôt deux ans que mon état se détériore et personne n'a jamais trouvé quoi faire pour améliorer ma condition et stopper la maladie. Je ne doute pas de vos compétences mais je suis fatiguée et je n'ai pas envie de subir des dizaines de tests qui, en définitive, ne changeront rien. Je préfère rester chez moi et mettre de l'ordre dans mes affaires pour le temps qu'il me reste à vivre.
Hermione resta médusée et ne put empêcher la colère de s'emparer d'elle. Avant d'avoir réfléchi à ce qu'elle disait, elle répondit avec fougue :
- Je peux vous sauver, Narcissa. Et je vais le faire. J'ai promis à votre fils et je tiendrai ma promesse.
- Vous ne pouvez rien faire contre ma volonté, s'opposa la blonde.
- Mais enfin, vous ne pouvez pas vous laisser mourir comme cela alors qu'il reste une chance pour que vous vous en sortiez ! s'agaça Hermione.
- Vous ne savez même pas ce que j'ai, alors comment pouvez-vous affirmer une telle chose ?!
Hermione resta muette. La mère de Malefoy avait peut-être marqué un point mais la Gryffondor ne comptait pas rester dans l'ignorance plus longtemps.
- Parlez-moi de votre maladie, s'il-vous-plaît.
En face d'elle, la blonde soupira et parut soudainement très lasse mais elle finit par expliquer :
- Mon corps se paralyse. Au début, il ne s'agissait que de fourmillements dans les orteils – Hermione se mit à écrire - puis des engourdissements. J'ai été voir beaucoup de Médicomages, je pense que Drago vous l'a dit – acquiescement. Eh bien aucun n'a trouvé ce que j'avais. Ils ont avoué avoir déjà été confrontés à quelques cas, par le passé, mais des cas qu'ils ont été incapables de soigner. C'est en se basant sur ces « anciens cas » que le Guérisseur Dawson a pu m'affirmer qu'il ne me restait environ que jusqu'aux fêtes de fin d'année avant d'être entièrement paralysée.
- Mais vous avez décidé de ne pas rester ainsi… ?
- Oui. Je demanderai à pouvoir prendre une potion afin de mettre fin à ma vie.
Elle avait annoncé cela avec détachement et Hermione comprit qu'il allait être très compliqué de la faire changer d'avis.
- Mrs Malefoy, est-ce que le corps médicomagique ont tout de même une vague idée de ce qui provoque cette… paralysie ?
- D'après eux, cela viendrait de mon système nerveux mais leurs explications n'étaient pas claires et je n'ai pas cherché à en savoir davantage.
L'impression de se retrouver devant un Drago Malefoy insultant les Médicomages « d'incompétents » frappa Hermione et elle retint un mince sourire. Narcissa avait usé du même ton dédaigneux que son fils lorsque ce dernier était profondément agacé par quelque chose ou, plutôt, par quelqu'un.
- Vous êtes suivie à Sainte-Mangouste en ce moment ?
- Oui.
- Toujours par le Guérisseur Dawson ?
- Oui.
- Bien. Je le connais, il a été l'un de mes supérieurs. J'obtiendrai votre dossier médicomagique assez facilement.
Les traits de la blonde se figèrent.
- Miss Granger, je vous ai dit que je ne voulais pas que l'on me soigne.
- Mais… Mrs Malefoy…
- Je ne changerai pas d'avis, Miss Granger, ce n'est pas la peine d'insister, la coupa la blonde d'une voix sèche.
- Alors pourquoi avoir accepter de me rencontrer ? demanda Hermione en croisant les bras sur sa poitrine.
- C'est Drago qui a tout arrangé. Je ne lui ai rien demandé.
Hermione grimaça.
- Mrs Malefoy, laissez-moi vous aider, je vous en prie. Je vous promets de vous soumettre aux moins d'examens possibles.
- Ma décision est prise, répliqua la blonde. Excusez-moi, je vois bien que vous ne voulez que m'aider et tenir votre promesse auprès de mon fils mais je ne changerai pas d'avis. Peu importe ce que vous pourrez me dire.
Devant tant de résignation, Hermione se sentit totalement démunie et décida d'abattre sa dernière carte.
- Et votre fils dans tout cela ? Et Scorpius ? Comment pensez-vous qu'ils réagiront en apprenant que vous voulez vous laisser mourir au lieu de vous battre et de m'autoriser à tenter quelque chose.
- Ils comprendront.
- Je ne pense pas, non, contra Hermione qui n'en avait plus rien à faire de paraître impolie.
- Je ne vous demande pas votre avis, Miss Granger, alors respectez ma décision, s'il-vous-plaît.
- Vous ne me le demandez pas, Mrs Malefoy, mais je vais tout de même vous le donner. Je ne prétends pas connaître Drago et Scorpius aussi bien que vous mais je sais qu'ils vous aiment, tous les deux, plus que tout au monde et qu'ils feraient absolument tout pour vous aider. Alors je ne peux que vous démentir lorsque vous affirmez qu'ils comprendront votre décision. Car, non, Mrs Malefoy, ils ne la comprendront pas. Et d'ailleurs, comment le pourraient-ils ? Comment un fils et un petit-fils pourraient-ils comprendre que leur mère et leur grand-mère abandonne tout espoir et attende la mort sans se battre ?
La blonde ouvrit la bouche mais Hermione ne lui laissa pas le temps de parler.
- Vous savez, Narcissa, j'ai perdu ma fille. Je sais ce que signifie perdre quelqu'un, de se le voir arracher brusquement, de ne rien pouvoir faire pour le sauver. Et je sais aussi que cela détruira votre fils. De même que cela détruira Scorpius. Ils ne s'en relèveront jamais, car on ne se remet jamais réellement de la perte d'un être si proche de soi. On apprend à vivre avec ce manque… on se reconstruit. Mais Drago… Drago, ça le détruira. Il s'en veut affreusement pour avoir été celui qu'il a été. Il ne le dit pas mais je sais qu'il se fustige sans cesse de ne pas pouvoir faire table rase du passé. Mais, grâce à vous et à son fils, il a trouvé un certain équilibre dans sa vie, il vit grâce à vous. Et si vous l'abandonnez maintenant, si vous ne lui prouvez pas que vous vous battez chaque jour pour survivre, pour rester avec lui, il s'effondrera. Alors qu'est-ce qui l'empêchera de redevenir celui qu'il était ? Pensez-vous qu'il écoutera Scorpius, ou n'importe qui d'autre, lui dire qu'il ne doit pas se sentir coupable ? Je ne pense pas. Je pense, au contraire, qu'il se dira qu'il aurait dû vous aider davantage, vous apporter encore plus de soutien qu'il le fait déjà. Il se sentira coupable car il pensera certainement que si vous avez abandonné c'est de sa faute, qu'il aurait dû être plus présent pour vous… quitte à vous obliger à accepter mon aide. Alors, non, ils ne comprendront pas ! Personne ne comprendra comment une mère peut ainsi abandonner son fils et son petit-fils sans se battre !
Hermione hurla presque la dernière phrase et se rendit finalement compte qu'elle s'était levée au cours de sa diatribe et que les larmes coulaient sur ses joues. En face d'elle, Narcissa Malefoy était comme statufiée. Elle avait le regard rivé sur le tapis persan et les traits figés dans une expression indéchiffrable. Hermione se rassit un peu gauchement et attendit en espérant que son discours enflammé ait fait mouche.
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Une pierre sembla dévaler sa trachée avant de s'effondrer lourdement dans son cœur lorsque Narcissa finit par reprendre la parole et souffler :
- Je parlerai à Drago. Il comprendra.
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Hermione ne put s'empêcher de jeter un regard dédaigneux à cette femme qui abandonnait si lâchement la vie et cracha :
- Bien, dans ce cas, je pense que je n'ai plus rien à faire ici.
Mrs Malefoy releva le regard vers elle et lui sourit presque tendrement.
- Vous vous êtes bien trouvés, mon fils et vous. Je sais que vous serez là pour lui.
- Ce n'est pas de moi qu'il aura besoin lorsque sa mère ne sera plus là !
Et Hermione quitta la pièce.
OoOoOoO
- Granger ? Eh ! Hermione ! l'interpella Malefoy alors que la jeune femme tentait vainement de retrouver son chemin à travers la demeure.
La jeune femme tenta d'essuyer ses larmes mais en voyant le regard de son amant s'assombrir brusquement, elle réalisa que cela ne servait à rien. Il avait déjà compris.
- C'est aussi grave que cela ? s'inquiéta-t-il.
- Tu devrais aller parler avec ta mère, conseilla Hermione.
- Pas tant que tu ne me diras pas pourquoi tu pleures, s'entêta le blond.
- Je ne pleure pas.
- Tu ne pleures plus… nuança-t-il.
Hermione ne répondit pas.
- Granger… dis-moi.
- Non. Tu dois parler avec ta mère.
Il fronça les sourcils et la jeune femme ne lui laissa pas le temps de discuter davantage.
- Je vais rentrer à l'appartement. Libre à toi de m'y retrouver plus tard si tu le souhaites.
Elle avait volontairement utilisé les termes « plus tard » car elle n'osait même pas imaginer l'état dans lequel serait le Serpentard après avoir « discuté » avec sa mère et s'il avait eu besoin de boire après leur rendez-vous de la veille, il était certain qu'il en aurait tout autant besoin après les révélations de Narcissa. Voire même besoin de beaucoup plus qu'une simple cuite…
Hermione préféra ne pas penser à cela et adressa un mince sourire encourageant à son amant qui paraissait de plus en plus inquiet et suspicieux.
Il la dévisagea longuement avant de prendre son visage en coupe et de déposer un baiser sur ses lèvres. Hermione ferma inconsciemment les yeux à son contact.
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- Je te retrouverai chez toi, souffla Drago contre la bouche de Granger.
Celle-ci hocha lentement la tête avant de se dégager de lui. Drago appela Gilly et lui demanda de raccompagner son amante jusqu'à l'entrée, où elle pourrait transplaner. A peine eut-elle tourné à l'angle du mur que Drago perdit son sourire. Granger avait paru totalement chamboulée et le Serpentard appréhendait grandement de parler à sa mère après cela. Car il n'y avait qu'une seule explication possible pour que la Gryffondor s'effondre ainsi. Même s'il espérait véritablement se tromper.
Drago n'avait pas « promis » à Hermione de la retrouver chez elle et ce pour une bonne raison. Car il ne savait absolument pas comment il allait réagir lorsque sa mère lui annoncerait qu'elle avait refusé son aide et qu'elle comptait simplement attendre la mort avec toute la dignité dont elle était capable.
Et voilà... Un chapitre pas très joyeux, c'est le moins que l'on puisse dire ! :/
J'espère que vous l'avez tout de même apprécié. Nous apprenons enfin quel est le « secret » de Narcissa et je tiens à féliciter les revieweuses/eurs qui avaient suspecté un problème de santé chez elle dès les précédents chapitres.
Les petits rendez-vous secrets de Drago et son humeur parfois morose étaient donc dus à la condition de sa mère.
Une Narcissa qui baisse totalement les bras... Une Hermione qui s'agace et mentionne le décès de Rose... Et un Drago en plein doute... Voilà qui promet un chapitre quarante-et-un ne se présentant pas sous les meilleurs hospices.
J'attends bien évidemment vos reviews avec impatience. Je vous fais plein de gros bisous et je vous dis donc à la semaine prochaine ! :D
Chalusse
