Bonjour à tou(te)s !

Comme toujours, je commence par remercier du fond du cœur l'ensemble de mes revieweurs/euses d'amour ainsi ceux qui font des ajouts en fav/alertes.

Je remercie tout particulièrement Bellasidious qui a offert, à cette fic', sa quatre centième review ! Merci beaucoup à toi. Comme promis, tu gagnes un dîner aux chandelles avec ton personnage favori. Fais-en bon usage. ;)

Merci à tous de faire un tel accueil à cette fic'. C'est génial et cela me ravie que vous l'appréciiez autant.

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RàRs anonymes :

Guest : Cela me fait super plaisir que tu aies adoré le précédent chapitre et que tu plussoies la décision prise par Hermione d'aller voir Scorpius. Les choses risquent de bouger mais pas forcément en bien… Je suis ravie que le suspens soit au rendez-vous et j'espère que l'attente n'a pas été trop longue malgré tout ;). Je te remercie très chaleureusement pour ta nouvelle review et je te souhaite, comme toujours, une très bonne semaine également ! Plein de bisous.

The White Ferret : Tout d'abord, permets-moi de te dire que j'adoooooore ton pseudo ! C'est tellement Malefoyen ! *-* Ensuite, je suis ravie que tu apprécies autant cette histoire, cela me fait immensément plaisir et j'espère de tout cœur qu'elle continuera à te plaire. Je te remercie très chaleureusement d'avoir pris le temps de me laisser cette review qui était ta toute première sur ma fic'. Bisous et peut-être à bientôt ! :)

Mimi896 : Je suis ravie que tu continues à apprécier cette fic', c'est génial ! :) Effectivement, Hermione se démène pour trouver une solution. Je considère que son attitude ressemble beaucoup à « l'ancienne Hermione » dans le sens où elle fait tout ce qu'elle peut pour apporter son aide. Le parallèle avec la lionne est donc très bien choisi.

Concernant Drago, je le vois dans la retenue, comme tu le mentionnes très justement. Pour moi, il n'est pas quelqu'un qui va extérioriser ses sentiments et d'autant plus dans ce registre-ci. Hermione a appris à le connaître et sait interpréter son comportement sans qu'il ait nécessairement besoin de lui parler. Je te remercie pour tes compliments sur la retranscription de la situation :).

Sinon, je suis totalement d'accord avec toi, je ne pense pas que Drago appréciera que Narcissa souhaite lui cacher des choses. Ce qui serait peut-être un euphémisme, d'ailleurs…

C'est parfait si la coupure a été faite au « bon » moment pour laisser planer le suspens. C'est totalement ce que je recherche. (Oui, je sais, je suis sadique ! ^^)

Voilà ! J'espère de tout cœur que ce nouveau chapitre te plaira et je te remercie très chaleureusement pour cette seconde review ! :) A très bientôt, bisous.

Bellasidious : Comme toujours : c'est un pur bonheur d'apprendre que le précédent chapitre t'a plu ! Tu es « trop méga impatience de lire la suite » ? Eh bien le suspens touche à sa fin… J'espère que ce nouveau chapitre te plaira !

Et il faut que tu saches que ta review est la 400e de cette fic' ! Eh oui ! Tu gagnes donc un dîner aux chandelles avec ton personnage favori et, au-delà de ça, tu gagnes des millions de remerciements Chalussien. Je suis véritablement ravie que ce soit toi qui aies laissé cette 400e review. Tu me fais un très beau cadeau et de t'en remercie encore. :) Plein de bisous et à très vite.

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Voilà ! Alors… comment notre très cher Drago va-t-il réagir ? En bien, en mal, en ni bien ni mal ? C'est ce que je vous propose de découvrir avec ce quarante-deuxième chapitre ! J'espère qu'il vous plaira.

Je vous souhaite une très bonne lecture et je vous dis à tout à l'heure avec la note de fin. :)

Comme toujours, seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


Chapitre 42 : Quand les masques tombent

Au ralenti, les trois têtes pivotèrent vers l'entrée de la pièce. Comme chacun s'y attendait, Drago se trouvait là, la main sur la poignée et les sourcils froncés par l'incompréhension. A ses côtés, Hermione vit Scorpius se tendre alors que son père baissait le regard sur lui.

- Scorpius, mais qu'est-ce que… Granger ?! s'exclama-t-il dans une parfaite imitation de sa mère une bonne heure et demie plus tôt.

Comme personne ne lui répondait, le Serpentard lâcha la poignée avant de s'avancer jusqu'au milieu du salon.

- On vous a tous lancé un sortilège de Langue-de-Plomb ou est-ce que l'un d'entre vous serait assez aimable pour me dire ce qu'il se passe ici, par Merlin ? Et quelle est cette chose que je ne dois pas savoir ?!

Narcissa, Scorpius et Hermione échangèrent une œillade qui sembla irriter encore davantage Malefoy qui explosa littéralement.

- Mais vous allez parler et m'expliquer pourquoi mon fils, qui devrait être dans son dortoir à Poudlard, se retrouve dans le salon de ma mère à près de vingt-deux heures, accompagné de la femme avec laquelle je… je… avec Granger ?! Ou faut-il que je vous fasse avaler du Veritaserum ?

- Drago, ça suffit ! s'exclama soudainement Narcissa en jetant un regard assassin à son fils. Si tu arrêtais de hurler comme un dément et si tu t'asseyais, nous pourrions peut-être t'expliquer quelque chose !

Un combat visuel s'engagea alors entre la mère et le fils que ce dernier finit par perdre. Il alla s'asseoir près d'elle, sur le second canapé et Hermione vit Narcissa lever les yeux au ciel.

- Tu dois arrêter l'alcool mon fils, conseilla-t-elle.

- Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire ou pas ! Surtout quand tu… il s'interrompit et observa subrepticement Scorpius.

Narcissa, qui avait suivi son regard l'informa de l'avancée de la situation :

- Il sait.

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Malefoy ferma les paupières comme pour se calmer et Hermione se fit toute petite. Elle eut pourtant beau se ratatiner le plus possible dans le fond du canapé, c'est bien sur elle que son amant posa les yeux lorsqu'il les rouvrit, quelques secondes plus tard.

- Pourquoi est-ce que je ne suis même pas surpris ?

Sa voix dégoulinait de ressentiment et Hermione en fut blessée. Mais le pire pour elle fut les paroles qu'il prononça ensuite.

- Putain, Granger ! T'avais une chose à faire, une seule putain de chose à faire : ne pas lui dire… Et toi, qu'est-ce que tu fais ?! Tu cours à Poudlard et tu vas le prévenir ! Et puis d'abord, comment tu as fait pour le faire sortir de là-bas sans mon autorisation ?

Hermione ouvrit la bouche mais il enchaîna :

- Je sais pas si c'est parce que ta gamine est morte et que tu te crois permise de te comporter ainsi avec tous les mioches que tu croises pour combler un manque affectif ou une autre connerie du genre, mais c'est certainement pas parce qu'on couche ensemble que toi et tes gènes de Sang-de-Bourbe allez soudainement vous mettre à avoir des droits sur mon fils ! (1)

Le silence tomba, bientôt suivit par un claquement sec. Hermione, qui avait baissé ses yeux embués sur le tapis releva brusquement la tête pour voir Malefoy se tenir la joue tandis qu'à sa gauche, Scorpius s'était levé. Narcissa, elle, regardait son fils avec mépris et dégoût.

- Excuse-toi ! cracha alors Scorpius à l'adresse de son père.

Si on lui avait un jour dit qu'elle se retrouverait dans un salon où Narcissa Malefoy avait giflé son fils unique pour les propos qu'il avait tenu à son encontre et où Scorpius Malefoy défiait son père pour lui extorquer des excuses, Hermione aurait doucement rigolé… Pourtant, c'était bien ce qu'il était en train de se jouer sous ses yeux ébahis.

- Excuse-toi ! répéta Scorpius en s'approchant un peu plus de son père.

Ce dernier leva un regard furibond sur lui.

- Fais très attention à ce que tu es en train de dire, mon fils, le prévint Malefoy d'une voix doucereuse.

- Oh je sais parfaitement ce que je suis en train de dire, Papa ! Je suis en train de te demander de t'excuser pour ce que tu as dit à Hermione. Parce que tu sais, Papa, ce que tu lui as dit, c'était digne du connard de père que Ted Lupin et James Potter m'ont décrit il y a quelques semaines.

Tous surent qu'il était allé trop loin. Drago se leva d'un bond et colla une gifle monumentale à son fils. Enfin ça… c'est ce qu'il se serait passé si Scorpius n'avait pas fait un pas en arrière au dernier moment. Dérouté, Malefoy n'eut pas le temps de réitérer son geste que Scorpius éclata d'un rire sans joie.

- Merci, Papa, tu viens d'illustrer à merveille ce que je venais de dire. Tu sais, tu devrais peut-être retourner boire. Avec un peu de chance, tu tomberas dans le coma et on sera tranquille jusqu'à demain matin.

De toute évidence, Scorpius n'avait jamais parlé à son père de cette façon car Hermione vit Malefoy et sa mère regarder l'enfant comme si c'était la première fois qu'ils le voyaient.

Ne leur prêtant aucune attention, Scorpius leur tourna le dos et s'avança vers Hermione.

- Tu veux bien me ramener maintenant ?

- A Poudlard ? demanda la Gryffondor, décontenancée.

- Non, sourit-il. Chez toi.

- Oh… euh… elle leva les yeux vers le père et la grand-mère de l'enfant. Tu devrais peut-être rester ici ou aller chez ton…

- Père ? Non. Cet homme-là, il désigna le Serpentard d'un coup de menton, ce n'est pas mon père. Mon père ne parle pas comme ça aux gens et encore moins à ceux qu'il aime.

Il insista lourdement sur ce mot avant de poursuivre.

- Et Grand-mère sait que je ne suis pas prêt à rester avec elle après ce qu'elle m'a fait. Mais le mensonge coule dans les veines des Malefoy, apparemment… Bref, tu veux bien me ramener ? répéta-t-il.

Hermione pesa le pour et le contre et prit finalement la décision qui lui semblait être la plus favorable pour le jeune Scorpius et peu importait si le père de ce dernier ne lui adressait plus jamais la parole.

- Oui.

- Merci Hermione.

La Gryffondor se leva du canapé, plus mal à l'aise qu'elle ne l'avait jamais été.

- Nous reviendrons demain. Enfin si Hermione accepte encore de soigner Grand-mère après ça… Parce que oui, Papa, Hermione était prête à sauver Grand-mère et Grand-mère avait accepté de la laisser faire… ajouta-t-il à l'adresse de Malefoy qui semblait de plus en plus défait à mesure que les minutes s'égrenaient.

Hermione quitta finalement la pièce sans un regard en arrière et entendit Scorpius adresser une dernière phrase, toujours à l'attention du blond :

- N'essaie pas de venir. Je ne veux pas te voir et Hermione non plus.

OoOoOoO

- Qu'aimerais-tu pour le dîner ? demanda Hermione pour se donner contenance à peine furent-ils rentrés.

Il fallait absolument qu'elle fasse quelque chose qui l'empêcherait de penser à ce que Drago Malefoy venait de lui dire. Alors même s'il était vingt-deux heures trente, Hermione était prête à cuisiner un ragoût si Scorpius le lui demandait. Malheureusement pour elle, l'enfant n'était de toute évidence pas un télépathe hors pair…

- Rien, merci.

- Quoi ? Mais il faut que tu manges quelque chose, répliqua la Gryffondor.

- J'ai vraiment pas faim, Hermione…

- Même un thé ou mieux, un chocolat chaud ? proposa-t-elle.

L'enfant resta silencieux puis finit par acquiescer. Ravie, Hermione fonça dans la cuisine. Elle prit tout son temps – c'est-à-dire environ deux minutes trente – pour préparer les chocolats chauds. Elle plaça les deux tasses sur un plateau, sortit quelques biscuits du placard et apporta le tout dans le salon. Scorpius était assis dans le canapé, le regard triste, et Hermione sentit son cœur se serrer dans sa poitrine.

Il attrapa sa tasse et but un peu de chocolat.

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- Je suis désolé, Hermione, souffla-t-il après un long silence.

La Gryffondor ouvrit la bouche mais il continua :

- Tu sais, mon père finira par venir s'excuser. Il t'aime beaucoup et, même si ça n'en avait pas vraiment l'air tout à l'heure, il va finir par s'en vouloir.

- Tu as raison, ça ne se voyait pas vraiment tout à l'heure, répondit Hermione, amère.

A sa gauche, Scorpius leva les yeux vers elle et lui adressa un sourire compatissant.

- Tu n'aurais pas dû t'opposer à lui de cette manière. Tu sais, il aurait vraiment pu te faire…

- Mal ? la coupa Scorpius en riant jaune. Il était tellement bourré que je ne sais même pas comment il faisait pour tenir encore debout. Ça a été simple de l'esquiver.

- Hum… Mais tu sais, il n'oubliera pas ce que tu lui as dit.

- J'espère bien ! s'exclama l'enfant. Je connais mon père, Hermione, il peut être vraiment très, très idiot quand il boit et, comme je te l'ai dit, je sais qu'il finira par regretter ce qu'il a fait et ce qu'il t'a dit. Ce que j'espère c'est qu'il s'en rendra compte rapidement et aussi…

Il leva de nouveaux les yeux vers elle.

- Et aussi que tu lui laisseras une seconde chance, termina-t-il. Même si je comprendrais que tu ne le fasses pas après ça

Hermione ne répondit rien. Que pouvait-elle lui répondre, de toute façon ? Elle n'avait, elle-même, aucune idée de comment elle réagirait lorsque – ou plutôt si – Malefoy venait lui présenter ses excuses et elle ne se sentait pas prête à y songer pour le moment. Ses mots lui avaient fait l'effet d'une gifle. Et même si elle ne voulait pas se l'avouer, ils avaient également heurté son cœur de plein fouet.

OoOoOoO

Cela faisait dix minutes qu'Hermione était allongée dans son lit et cela faisait dix minutes que les larmes coulaient librement sur ses joues. Tentant tout d'abord de les retenir, la jeune femme avait fini par les accepter. Pleurer lui embrumait l'esprit et, paradoxalement, lui permettait de ne pas trop réfléchir. Et elle ne voulait pas réfléchir. Elle ne voulait pas se remémorer inlassablement les paroles de Malefoy. Elle ne voulait pas comprendre leur signification. Surtout, elle ne voulait pas avoir l'impression d'avoir été utilisée. Elle ne voulait pas entendre cette petite voix qui, au fond d'elle, lui murmurait cruellement que Drago Malefoy avait joué double jeu avec elle, qu'il avait été le plus intelligent des deux. Car, elle avait depuis bien longtemps fait tomber le masque et agit avec sincérité. Hermione ne voulait plus avoir cette impression de s'être faite avoir, d'être tombée dans un piège. Un piège dont elle n'avait pas eu conscience avant cet instant précis où Drago Malefoy lui avait craché son venin comme si elle était toujours, à ses yeux, Hermione Granger, la Gryffondor, la Sang-de-bourbe meilleure amie de Harry Potter, et non Hermione, la femme avec laquelle il partageait ses nuits, à laquelle il faisait l'amour et qui avait partagé de nombreux moments de complicité avec son fils.

Non, Hermione ne voulait pas penser à tout ceci. Alors elle laissa ses larmes couler le long de ses joues jusqu'à en avoir mal à la tête puis plongea, finalement, dans un sommeil peuplé de cauchemars qu'elle pensait pourtant avoir éradiqués de sa vie.

OoOoOoO

- Tu es sûre ? l'interrogea Scorpius pour la quatrième fois tout en laçant ses chaussures.

- Oui, répondit la jeune femme en souriant de l'opiniâtreté dont il faisait preuve pour s'assurer qu'elle était certaine de vouloir retourner au Manoir de Narcissa Malefoy en ce samedi matin...

- Merci Hermione, murmura l'enfant en relevant un regard si expressif que la Gryffondor en fut immédiatement touchée.

- J'ai promis à ta grand-mère que je l'aiderais et puis je sais qu'elle n'est pas - ou tout au moins plus - responsable des paroles et des actes de ton père.

- Oui mais bon… t'es quand même super géniale et si Papa ne le comprend pas, c'est qu'il craint vraiment un max !

Scorpius réussit à arracher à Hermione son premier éclat de rire depuis la veille et n'en sembla pas peu fier.

- Allez viens, sourit la jeune femme en lui tendant la main pour les faire transplaner.

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Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle ne se trouvait plus dans son appartement mais bel et bien devant le portail de la demeure de Narcissa Malefoy. Un pic d'angoisse se glissa sournoisement jusqu'à son cœur et la Gryffondor ferma momentanément les yeux avant de soupirer. Elle avait promis, elle ne pouvait pas reculer.

La main de l'enfant de son – ex ? – amant toujours dans la sienne, elle marcha alors en direction de la porte d'entrée et ce fut une immense sensation de déception qui l'envahit lorsque Gilly vint leur ouvrir la porte, les accueillant pourtant très chaleureusement. Hermione avait envie de se gifler elle-même. Elle exécrait Drago Malefoy depuis la veille au soir et lui en voulait terriblement mais… ne pas le voir sur le pas de la porte, l'accueillir avec Scorpius, la faisait se sentir terriblement mal. Au-delà de la colère, c'était la tristesse qui primait dorénavant et ce pour une raison toute simple : il n'était pas venu s'excuser. Malgré ce que lui avait dit Scorpius et même si la Gryffondor l'aurait probablement jeté dehors comme un malpropre après lui avoir hurlé ses quatre vérités pendant des heures, une part d'elle-même aurait apprécié que le blond fasse au moins cet effort. Mais non… il n'était pas venu la veille, et n'était toujours pas là pour les accueillir ce matin. L'impression d'avoir été beaucoup trop naïve et manipulée s'intensifia et Hermione sentit les larmes affluer. Elle les ravala du mieux qu'elle le put et ne se rendit même pas compte que Scorpius et elle étaient à présent devant la porte du petit salon de Narcissa.

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Comme la veille, Scorpius toqua puis entra. Hermione, qui peinait à reprendre contact avec la réalité, le vit se figer une fois qu'il se fut avancé de quelques pas et comprit que Malefoy était également présent. Sentant son cœur battre un peu plus vite - mais certainement pas d'enthousiasme ou d'impatience - la jeune femme ferma momentanément les paupières, prit une profonde inspiration puis entra à son tour

C'était comme s'ils n'avaient pas quitté cette pièce depuis la veille. Narcissa et son fils étaient assis aux mêmes emplacements, mais la Gryffondor remarqua tout de même quelques changements. A l'instar de leur tenue qui étaient différentes. Ce fut toutefois leurs traits tirés qui surprirent et interloquèrent Hermione en tout premier lieu. Elle passa très rapidement sur le visage de celui qu'elle considérait à présent comme son ex-amant, pour ne pas qu'il voit son regard sur lui, mais elle s'y attarda suffisamment pour comprendre qu'il n'avait pas dormi cette nuit-là. L'idée qu'il puisse être allé se réfugier dans les bras d'une autre femme s'imposa à elle mais Hermione l'oublia en posant les yeux sur Narcissa. Elle aussi semblait très fatiguée, et son air encore plus pincé qu'à l'accoutumée fit comprendre à Hermione qu'ils avaient dû parler, et très certainement se disputer, jusque tard dans la nuit.

Elle fut brusquement tirée de ses pensées lorsque Scorpius marcha jusqu'à sa grand-mère qu'il embrassa avant d'aller s'asseoir sur l'un des petits canapés, occultant et méprisant ouvertement son père. Jetant un coup d'œil à la dérobée à ce dernier, la Gryffondor le vit se tendre dans son fauteuil mais il ne commenta pas. Décidée à enfoncer le clou – quoi que… finalement, en avait-il réellement quelque chose à faire ? – elle alla serrer la main de la maîtresse de maison puis prit place près de Scorpius, ignorant à son tour Malefoy.

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Un silence pesant et chargé de tension tomba alors tel une chape de plomb que Narcissa finit par briser en offrant du thé à son petit-fils et à Hermione.

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- Merci Gilly, dit Scorpius.

- Merci, répéta à son tour la jeune femme en attrapant la tasse que l'elfe lui tendait mais à laquelle elle avait l'impression qu'il lui serait impossible de toucher.

En fait, elle avait l'impression qu'elle ne pourrait plus jamais rien avaler tant sa gorge était serrée. Prenant sur elle, Hermione s'efforça tout de même de boire un peu de thé afin de ne pas avoir la bouche sèche et de pouvoir s'exprimer correctement.

- Bien, Mrs Malefoy, commença la jeune femme - occultant autant qu'elle le pouvait la présence du Serpentard dans la pièce. Puisque nous avons été… interrompues hier, je suis revenue pour vous faire part de mes recherches sur votre maladie avant de vous expliquer la procédure et de répondre à vos questions.

Elle se tut quelques instants, le temps de sortir ses notes de son sac à main afin de ne rien oublier, même si elle connaissait tout par cœur, puis reprit la parole.

- La raison pour laquelle les Médicomages ne parvenaient pas à vous soigner est simple : vous souffrez d'une pathologie Moldue.

Trois paires d'yeux se tournèrent brusquement vers elle mais la jeune femme ne se laissa pas intimider.

- Il s'agit plutôt d'un dérivé d'une maladie Moldue. Vous souffrez de crises qui, comme elles ne sont pas soignées, affaiblissent votre corps et font progresser le mal très rapidement. En vous épargnant le jargon médical, ces crises sont des inflammations au niveau de vos fibres nerveuses qui conduisent à des endommagements. Et ce sont ces endommagements qui provoquent la paralysie. Toutefois, et même si cela ne se passe pas ainsi avec la « version Moldue » de la maladie, la « version sorcière » est beaucoup plus agressive, ce qui explique que les Guérisseurs de Sainte-Mangouste vous aient diagnostiqué une paralysie complète pour la fin de l'année.

- Mais… tu peux empêcher ça, pas vrai Hermione ? demanda Scorpius, très pâle.

- Oui. Je dois faire des tests, ce qui va requérir votre présence à Sainte-Mangouste pour quelques jours, mais je pense pouvoir créer une potion pour stopper les effets du syndrome.

- Stopper ?

- Oui Madame.

- Mais je resterai paralysée. Même si vous « stoppez » la progression, je resterai paralysée.

- Oui… Même la magie à ses limites, Mrs Malefoy et je ne peux pas réparer les fibres qui ont été détériorées. J'aurais peut-être pu le faire si vous aviez été Moldue et que cette maladie en était restée à son état originel, mais cela ne sera pas possible dans votre cas.

- Je vous remercie de votre honnêteté, apprécia Narcissa en lui adressant un faible sourire. J'aurais quelques questions…

- Bien-sûr, je vous écoute.

}{

Drago, lui, n'écoutait pas. Le regard figé sur Granger, il ne parvenait pas à passer outre son visage défait. Il savait que devant Scorpius et sa mère, elle faisait bonne figure mais il avait passé suffisamment de temps avec elle pour savoir quand elle avait pleuré ou non. Et elle avait pleuré, il en était certain. Drago pariait même sur le fait que cela n'avait pas duré que quelques petites minutes… Une sensation de colère mêlée à de la culpabilité et du dégoût de lui-même s'immisça progressivement en lui et cela n'alla pas en s'arrangeant lorsqu'il croisa le regard de son fils où la tristesse et la déception était bien visible. Il avait vraiment tout foutu en l'air, la veille…

Comme tous les soirs depuis quelques temps maintenant, il était sorti pour boire et, comme tous les soirs, il était passé voir sa mère avant de rentrer chez lui pour finir de se soûler jusqu'à s'effondrer dans son canapé. Qu'elle n'avait pas été sa surprise lorsqu'il avait alors découvert que, non seulement Narcissa avait de la visite, mais qu'il s'agissait, en plus, de Scorpius et d'Hermione. L'élément déclencheur de sa perte de contrôle avait ensuite été de comprendre que sa mère voulait le garder dans l'ignorance pour, selon elle, le protéger – ce qu'elle lui avait confié lorsqu'ils en avaient « parlé » après le départ de son fils et de son amante… Porté par l'alcool, Drago avait alors explosé et déversé sa colère sur la première personne qui lui était tombé sous la main : Granger. Hermione… Il avait bien vu son regard lorsqu'il lui avait balancé ces conneries malgré le fait qu'elle tente de le cacher derrière un masque d'impassibilité.

Drago rigola ironiquement et intérieurement à cette pensée. Si quelqu'un pouvait lire derrière ce genre de masque, c'était bien lui. Il le portait si souvent…

Il avait longuement hésité à venir s'excuser auprès de la jeune femme et de son fils mais les paroles qu'avait prononcé ce dernier avant qu'ils ne partent, ainsi que la longue et pesante « conversation » qu'il avait eu avec sa mère, l'avaient finalement convaincu de ne pas se rendre à son appartement. D'autant plus qu'il était près de trois heures du matin lorsque Narcissa avait enfin arrêté de lui hurler dessus tout en lui expliquant qu'il avait plutôt intérêt à arranger la situation au vu de ce que la Gryffondor faisait pour elle, Scorpius et – disait elle – lui. Drago avait été surpris de voir avec qu'elle virulence sa mère avait condamné son comportement et avait soutenu Scorpius et Hermione. Mais, après une petite heure de sommeil et surtout une bonne potion, le Serpentard était parvenu à y voir un peu plus clair et s'était instantanément sentit honteux. Il était tellement en colère contre lui-même qu'il avait mis son poing dans la glace de sa salle de bain, s'ouvrant une bonne partie de la main par la même occasion. Les paroles de son fils tournaient en boucle dans son esprit, associées au regard peiné de son amante et, malgré tout ce qu'il pouvait faire, rien ne parvenait à les effacer.

}{

- Eh bien, comme je l'ai mentionné, je pense parvenir à vous guérir grâce à une potion. Le seul point négatif est qu'il va très certainement me falloir des ingrédients assez rares et en grande quantité puisque je ne pense pas être en mesure de créer la bonne potion immédiatement. Je ne me suis pas encore renseignée pour savoir où me procurer ce genre de...

- Je sais où trouver tout ça, laisse-moi m'en occuper, offrit soudainement Malefoy qui sortait pour la première fois de son mutisme depuis que Scorpius et elle étaient arrivés.

Tout le monde se retourna vers lui, étonné, et il se sentit très certainement obligé de s'expliquer car il reprit :

- Blaise Zabini est potionniste. Il détient de nombreux laboratoires partout à travers la planète et je sais qu'il pourra m'obtenir n'importe lequel des ingrédients dont tu auras besoins, termina-t-il en posant ses yeux gris sur Hermione.

Cette dernière, mal à l'aise de la façon dont il la regardait, opina sèchement avant de reporter son attention sur Narcissa.

- Quand voulez-vous commencer ? demanda la blonde.

- Lundi. Je me rendrai directement à Sainte-Mangouste après mon travail et je commencerai les examens le plus rapidement possible pour que vous n'ayez pas à demeurer là-bas trop longtemps.

Sa future patiente acquiesça.

- Je reviendrai vous voir à chaque fin d'après-midi, puisque je ne peux pas me permettre de prendre des jours de repos, mais ne vous inquiétez pas, des Guérisseur compétents s'occuperont de vous durant la journée. J'ai déjà tout planifié avec le Médicomage Dawson.

Narcissa hocha de nouveau la tête mais ouvrit tout de même la bouche :

- Je sais que nous n'en avons pas discuté, Miss Granger, mais il va sans dire que vous serez rémunérée.

- Oh… euh… vous savez, je ne fais pas ça pour l'argent, bredouilla la Gryffondor, embarrassée.

- Je sais, mais il est hors de question que vous travailliez gratuitement, n'est-ce pas Drago ?

Elle lança une œillade à son fils.

- Bien évidemment ! s'exclama-t-il comme si cela tombait sous le sens et que le comportement d'Hermione était particulièrement inquiétant.

« Bien évidemment », grommela la Gryffondor pour elle-même, comment Drago Malefoy pourrait-il comprendre le concept de la générosité ? Avec lui… tout était une question d'argent…

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La Guérisseuse et sa patiente discutèrent encore quelques minutes avant qu'Hermione finisse par prendre congé. Scorpius se leva en même temps qu'elle du canapé et la suivit lorsqu'elle alla saluer Narcissa.

- Repars-tu avec Miss Granger ? s'enquit cette dernière après de son petit-fils.

- Oui Grand-mère.

Elle hocha lentement la tête, signe qu'elle comprenait et ne fit aucun commentaire. Pas plus que Malefoy qui resta assis dans son fauteuil alors que Scorpius et elle quittaient la pièce.

OoOoOoO

Seuls, Drago et Narcissa, échangèrent un regard.

- Ne devais-tu pas présenter tes excuses auprès d'eux, mon fils ?

Drago s'abstint de répondre et baissa les yeux.

- Hum… Eh bien je ne te répèterai pas ce que je t'ai déjà dit hier, Drago, tu es assez grand pour savoir ce que tu as à faire et prendre tes responsabilités. Mais j'espère que tu as conscience que plus tu attendras, pire ce sera… Tu devrais au moins aller voir Scorpius avant qu'il ne reparte pour Poudlard.

Drago grogna.

- Si Miss Granger parvient à me sauver comme elle s'évertue à le prétendre et que mon petit-fils n'est pas là le jour de Noël car il a décidé de rester à Poudlard, je t'en tiendrai pour personnellement responsable, prévint sa mère en lui jetant un regard assassin.

OoOoOoO

Hermione et Scorpius étaient plongés dans la rédaction d'une dissertation sur le thème des potions, que la jeune femme avait donnée au Serdaigle pour « s'entraîner » comme il lui en avait fait la demande, lorsque l'on toqua à la porte. Tous deux se redressèrent d'un bond avant d'échanger un long regard, chacun se doutant de qui se trouvait derrière la porte.

Hermione prit une profonde inspiration, repoussa un peu l'épais volume dans lequel elle s'était plongée quelques minutes plus tôt puis se leva, sentant le regard de Scorpius dans son dos.

Elle ferma momentanément les yeux avant de finalement poser la main sur la poignée de la porte. Alors qu'elle s'attendait à voir une chevelure blond platine, ce fut une vague pourpre qui lui agressa la rétine. Clignant plusieurs fois des paupières, Hermione se recula légèrement pendant que, derrière une bonne trentaine de roses rouge sang, se dessinait la carrure si reconnaissable de Drago Malefoy. Hermione fit la navette entre les fleurs et lui avant d'afficher une expression patibulaire.

- Salut Granger.

Hermione haussa un sourcil tout en croisant les bras sur sa poitrine. Elle ne répondit pas.

- Euh… je peux entrer ? demanda le blond, visiblement déstabilisé par son attitude.

- Non.

Il fronça les sourcils, ne s'attendant de toute évidence pas à un refus de sa part.

- Je déteste les fleurs, Malefoy. Juste pour que tu le saches, l'informa-t-elle.

Il parut encore plus perdu.

- Quoi ? Mais enfin toutes les femmes… commença-t-il.

- Oui eh bien je ne suis pas toutes les femmes ! Alors va les offrir à une autre, cracha Hermione.

Il laissa retomber son bras le long de son corps, accusant le coup et écartant par là même le bouquet de sous le nez d'Hermione.

- J'aimerais voir mon fils, s'il-te-plaît.

La Gryffondor haussa un sourcil.

- Quelle politesse, Malefoy ! Je pense que tu te doutes que je ne peux pas te refuser une telle chose. Après tout, qui sait ? Tu pourrais vouloir me traîner en justice pour enlèvement et séquestration… répliqua Hermione, acide.

En face d'elle, le visage de son ancien amant se décomposa.

- Hermione, écoute-moi, je n'ai…

- Tais-toi, le coupa-t-elle sèchement. Je n'ai pas envie de t'entendre alors, maintenant, entre dans cet appartement avant que je ne change d'avis. Oh et, je pense qu'il ne faut pas t'attendre à un meilleur accueil de la part de ton fils…

Elle s'effaça alors de devant la porte et le laissa passer, son bouquet toujours dans la main droite. En voyant son père entrer dans la pièce, Scorpius fit la grimace et Hermione lui adressa un mince sourire encourageant. Après tout, ce n'était pas parce qu'elle était en colère contre Malefoy que le fils ne devait pas écouter ce que son père avait à lui dire.

- Je vous laisse, annonça-t-elle.

- Où vas-tu ? demanda Malefoy.

Hermione se retourna lentement vers lui.

- Je ne pense pas que cela te regarde. Scorpius, si tu as besoin de moi, je serai dans mon bureau.

Le fils acquiesça, le père leva les yeux au ciel et Hermione tourna les talons.

OoOoOoO

- Qu'est-ce que tu fais ? s'enquit vivement Malefoy, assis à la table du salon agrandie magiquement, avec Scorpius.

Hermione ne prit même pas la peine de répondre et se dirigea vers son étagère où quelques livres étaient entreposés. Elle s'en empara et les plaça dans le carton qu'elle tenait à la main.

- Granger, qu'est-ce que tu fais ? répéta lentement le blond, qui venait de se lever et dont la voix tremblait de rage.

Hermione l'ignora une nouvelle fois et se tourna vers Scorpius.

- Je pense qu'il vaudrait mieux que tu ailles chez ta grand-mère jusqu'à demain soir.

- Non, je veux rester avec toi, Hermione ! Ou plutôt venir avec toi, rectifia-t-il.

La jeune femme sourit et s'avança vers lui.

- Tu ne peux pas venir là où je vais.

- Quoi ? Mais Hermione ! On n'a même pas fini la dissertation ! s'exclama-t-il, perdu et de toute évidence un peu effrayé par ce qui se passait sous ses yeux.

- Je sais. Si tu veux, je passerai te voir demain dans l'après-midi pour qu'on la finisse avant que tu ne repartes pour Poudlard.

L'enfant la regarda tristement de ses grands yeux bleus/gris et Hermione sentit son cœur se serrer.

- D'accord, concéda-t-il finalement.

.

Il se leva de sa chaise, referma son livre, attrapa ses parchemins et ses plumes et apporta le tout dans sa chambre. Quelques minutes plus tard, il était de retour, l'anse de sa valise dans une main, sa veste sur le dos et son écharpe bleue et bronze pendant négligemment de part et d'autre de son cou. Il s'approcha d'Hermione et la serra contre lui.

- À demain, souffla-t-il.

Puis il se retourna vers son père, lui jeta un regard mi-furibond, mi-dégoûté puis cracha :

- Tout ça c'est de ta faute !

Avant que son père ait pu répondre quoique ce soit, il se précipita vers la cheminée, y entra avec ses bagages et psalmodia l'adresse de la demeure de Narcissa Malefoy avant de jeter sa poignée de poudre de cheminette dans l'âtre et de disparaître dans un torrent de flammes vertes.

A peine Scorpius fut-il parti qu'Hermione recommença à ranger les effets dont elle avait le plus besoins, ne prêtant aucune attention à Malefoy qui, debout au milieu du salon, semblait totalement dépassé par ce qu'il se jouait autour de lui.

La jeune femme n'en fit aucun cas et retourna dans sa chambre pour empaqueter quelques vêtements et ses affaires de toilettes. Elle entendit que Malefoy la suivait mais elle ne se retourna pas. Il resta sur le pas de sa porte pendant qu'elle s'affairait.

.

- Je te ferai savoir lorsque j'aurais trouvé quelque chose d'autre et que nous pourrons signer les papiers de restitution de l'appartement, lança distraitement Hermione depuis son dressing.

- C'est ton appartement, je ne veux pas le récupérer.

- Comme tu voudras. Il restera inhabité dans ce cas, répondit la jeune femme sur un ton détaché.

Elle voulait paraître la plus forte possible mais, au fond, se sentait terriblement mal. Elle avait envie de hurler sur Malefoy, de lui demander pourquoi et, selon les réponses qu'il lui apporterait, de peut-être le gifler. Ce fut pourtant avec un calme olympien qu'elle referma son petit sac en perles avant de le porter à son épaule. Elle s'approcha ensuite de la porte mais dut faire face à Malefoy, qui n'avait pas bougé et bloquait l'unique sortie.

- Laisse-moi passer, ordonna-t-elle.

- Non.

- Malefoy

- Hermione, écoute-moi...

- Non, répliqua-t-elle à son tour. Je ne veux plus rien entendre qui sorte de ta bouche.

Il sembla blessé par ses paroles ou tout au moins c'est l'impression qu'il donna, et la Gryffondor en fut grandement satisfaite.

- Dis-moi au moins où tu vas, la supplia-t-il presque.

- Je ne vois pas pourquoi je ferai cela. Maintenant, écarte-toi.

Elle avait sorti sa baguette mais il ne bougea pas d'un centimètre. Poussant un cri de rage, Hermione transplana alors jusqu'à son salon afin de récupérer le reste de ses affaires avant de transplaner une seconde fois, espérant que son meilleur ami serait prêt à l'accueillir chez lui pour quelques jours…

}{

Resté seul, Drago se sentit l'homme le plus con de la planète. Premièrement, c'était son fils qui l'avait quitté pour se rendre chez sa grand-mère en lui faisant une nouvelle fois étalage de sa déception. Puis c'était elle qui l'avait quitté pour se rendre Merlin ne savait où…

Drago hurla de fureur et frappa dans la porte de la chambre de celle qui venait très certainement de devenir son ex-amante. Son poing s'enfonça dans le bois, lui arrachant un nouveau cri. Et dire qu'il avait pensé qu'un bouquet de trente magnifiques roses rouge accompagné d'un petit monologue faisant état de ses plus plates excuses aurait suffi. Mais quel imbécile il faisait… Il s'agissait d'Hermione Granger, pas d'une de ses vulgaires conquêtes d'un soir. Quoiqu'il n'eut jamais tenté de reconquérir l'une d'entre elles, pour la simple et bonne raison que c'était toujours lui qui les plaquait. Mais là, c'était lui qui avait le sentiment de s'être fait plaquer et sa fierté en prenait un sacré coup. Encore plus que sa fierté, c'était son cœur qui venait d'être atteint par l'attitude condescendante de la Gryffondor.

Le pire était qu'il ne savait même pas où elle s'était rendue et ne pouvait donc rien faire pour tenter d'entrer de nouveau en contact avec elle. Pourtant, il ne devait pas y avoir des dizaines de « refuges » possibles…

Transplanant chez lui, Drago se mit à réfléchir à l'endroit où celle qu'il espérait voir redevenir son amante pouvait bien se cacher tout en élaborant un discours convainquant à l'attention de son fils.

OoOoOoO

Berçant la petite Lily Rose Potter dans ses bras, Hermione tentait à tout prix de retenir ses larmes. C'était elle qui avait insisté pour qu'Harry et Ginny profitent de sa présence pour sortir déjeuner rien que tous les deux pendant qu'elle gardait Lily et Albus. Pourtant, sa filleule dans les bras, Hermione peinait à ne pas exploser en sanglots. C'était trop pour elle. D'abord, sa dispute avec Malefoy et maintenant l'impression morbide qu'elle tenait le corps plein de vitalité de sa fille dans ses bras…

Hermione ferma les yeux et prit une profonde inspiration, continuant de bercer le bébé contre son buste pour le calmer tout autant qu'elle…

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Hermione s'apprêtait à remonter pour déposer, dans son berceau, Lily, qui venait de s'endormir lorsque la sonnette de la porte d'entrée retentit, réveillant la petite Potter qui se mit à hurler à plein poumons. Maudissant la personne qui se trouvait derrière la porter, peu importait qui elle était, Hermione chuchota des paroles apaisantes à Lily tout en se dirigeant vers le vestibule. Déplaçant la fillette afin de pouvoir dégager son bras droit, Hermione ouvrit la porte et s'immobilisa soudainement, oubliant momentanément les pleurs du bébé.

.

Une fois la surprise passée, la jeune femme se souvint de respirer et afficha un visage impassible.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Te parler.

- Je suis occupée et je n'en ai pas envie, je pensais avoir été suffisamment claire hier. Et puis comment tu as fait pour me retrouver ?

Il leva les yeux au ciel.

- Je n'ai pas eu à me triturer les méninges bien longtemps. Tu ne pouvais être qu'ici, chez les Weasley ou à l'hôtel.

- Merlin, soupira Hermione plus pour elle-même. J'aurais mieux fait d'aller à l'hôtel, tu ne m'aurais pas retrouvée…

- Crois-moi lorsque je te dis que j'aurais visité tous les hôtels de la ville pour te retrouver.

En d'autres circonstances, Hermione aurait pu trouver un certain romantisme à ses paroles mais elle ne leur trouvait qu'un côté affreusement pathétique et ridicule en cet instant. Et cela n'eut pour effet que de renforcer encore davantage sa mauvaise humeur. Elle reporta son attention sur la petite Lily, qui pleurait toujours et lui caressa doucement le cuir chevelu en lui chuchotant de nouvelles paroles destinées à la calmer. L'enfant finit par arrêter de pleurer et se blottit dans les bras d'Hermione qui profita de cette accalmie pour relever la tête vers l'homme qui se tenait toujours debout devant elle.

- Tu as dix minutes Malefoy. Pas une de plus.

.

Hermione le conduisit jusqu'au salon des Potter. Elle s'arrêta au milieu de la pièce puis se retourna vers le blond, dardant sur lui un regard impétueux. Elle vit qu'il avait posé les yeux sur Lily avant de finalement remonter jusqu'à son visage et la jeune femme ne put s'empêcher de faire une réflexion.

- Tu vois, Malefoy, je me sers également des enfants des autres pour combler mon manque affectif, ironisa-t-elle.

Il se tendit brusquement.

- Granger… souffla-t-il comme si elle venait de lui asséner un coup particulièrement douloureux.

- Chut ! Tais-toi ! Elle s'est endormie, siffla-t-elle en posant à son tour les yeux sur Lily. Reste ici, je vais la porter dans son berceau.

OoOoOoO

Lorsqu'elle revint quelques minutes plus tard, il n'avait pas bougé d'un centimètre et semblait très mal à l'aise. Hermione regarda sa montre, se mit en appui sur une jambe, croisa les bras et le vrilla de ses prunelles.

- Je t'écoute.

Il parut désarçonné par son comportement et une bonne minute passa avant qu'il n'ouvre la bouche.

- Rentre à l'appartement, Granger.

- Non.

La réponse fusa si rapidement que même Hermione en fut surprise. Son ex-amant accusa le coup.

- Écoute, je suis désolé, ok ? Je n'aurai pas dû dire ça mais…

- En effet, tu n'aurais pas dû. Malheureusement, je ne peux pas t'empêcher de penser ce que tu penses, répliqua-t-elle.

- Pardon ? Tu crois que…

Il fit un pas dans sa direction et Hermione recula. Malefoy fronça les sourcils mais n'argumenta pas sur ce point.

- Granger… je ne pense pas ce que j'ai dit ! Bien sûr, tu n'as aucun droit sur mon fils mais… je ne pense pas… tout le reste, bredouilla-t-il.

Hermione le regarda avec pitié.

- Trente ans et incapable de faire une phrase cohérente, critiqua-t-elle en soupirant.

Il lui adressa un regard assassin.

- Il y a quelque chose que je ne comprends pas, Granger… La dernière fois que nous nous sommes affrontés de la sorte, c'est toi qui me faisait comprendre qu'il ne se passait rien entre nous et tu as toi-même rompu notre « relation », répliqua-t-il alors en faisant des guillemets imaginèrent avec ses doigts.

Hermione ne mit pas plus de deux secondes avant de comprendre à quelle période il faisait référence : le soir où, après la réception donnée à l'occasion de la rentrée de septembre, Harry avait fait savoir à Hermione tout ce qu'il pensait de sa « relation » avec Malefoy. Quelques minutes plus tard, elle lui expliquait qu'elle ne voulait plus le voir et qu'il ne se passait rien entre eux…

« Quel serpent ! »

- C'était totalement différent ! cracha-t-elle.

- Ah oui, et en quoi ? demanda-t-il en adoptant la même attitude condescendante que la sienne.

Hermione vit rouge mais répondit tout de même.

- Ça a changé depuis ! J'ai changé ! Il s'est passé des choses qui… qui…

Elle se mit à bredouiller et eut envie d'étriper Malefoy. Elle promettait que s'il lui faisait une réflexion du genre « Trente ans et incapable de faire une phrase cohérente », elle ne répondrait plus d'elle-même.

- De toute façon, tu ne sembles pas partager mon point de vue, termina-t-elle finalement.

Il arqua un sourcil.

- Tu sais, pour savoir si je le partage ou pas, il faudrait déjà que je le connaisse. Mais comme tu n'es visiblement pas capable de dire autre chose que « qui… qui », ça risque d'être difficile pour moi de te répondre…

Hermione se tendit brusquement et ferma les yeux. Elle inspira, puis expira, puis inspira, puis expira, puis inspi… Merlin quel connard ! Elle rouvrit les yeux et s'apprêtait à lui hurler dessus lorsqu'il reprit la parole, la coupant dans son élan.

- Ça a changé pour moi aussi, Granger, expliqua-t-il d'une voix beaucoup plus calme, presque douce. Tout a changé et je n'aurais jamais dû te dire ça. Je suis désolé. S'il-te-plaît, rentre à l'appartement, retourne chez toi.

La Gryffondor jeta un coup d'œil à sa montre avant de répondre.

- Ce n'est pas chez moi, c'est chez toi et…

- Bien évidemment que c'est chez toi. Enfin ! Nous avons signé tous les papiers !

- Non, ça restera toujours chez toi, Malefoy ! C'est ton appartement, ce sont tes meubles, ton lit, tes vêtements qui sont dans la penderie de l'ancienne chambre de ton fils, c'est ton odeur qui reste imprégnée partout…

Elle acheva sa tirade dans une tonalité si basse qu'elle ne sut jamais s'il en avait entendu la fin. Hermione avait baissé les yeux sur ses chaussures mais le vit s'avancer jusqu'à n'être qu'à un petit mètre d'elle.

- Je suis désolé, répéta-t-il simplement.

Hermione haussa les épaules, ne releva pas la tête et dit simplement :

- Les dix minutes sont passées, rentre chez toi.

Elle ferma les yeux, attendant qu'il s'en aille pour se mettre à pleurer. Mais cela ne se passa pas comme elle l'avait prévu et elle fit un saut de cinquante bons centimètres en arrière lorsqu'elle sentit ses doigts glacés sur sa peau. Automatiquement, elle rouvrit les paupières. Malefoy laissa lentement retomber sa main, une lueur triste et résignée au fond des prunelles, qu'Hermione ne lui avait jamais connue. Son cœur se serra quelque peu mais elle ne fit rien pour lui faire comprendre que sa réaction avait été involontaire et qu'elle avait plus eu peur qu'autre chose.

- Je pense que je connais déjà ta réponse et je ne m'attends d'ailleurs pas à ce que tu m'en donnes une mais j'ai promis à Scorpius de te le proposer alors… Nous allons sur le Chemin de Traverse un peu plus tard dans l'après-midi. Scorp' veut acheter des livres et il aimerait que tu sois là. Enfin… il a plutôt dit - je cite - « si Hermione n'est pas là, je ne veux pas venir ». Je lui ai dit que tu n'allais certainement pas accepter et il a répondu que c'était de ma faute et que je devais tout faire pour que tu acceptes.

Il laissa passer quelques secondes avant de reprendre :

- Il… il voudrait que ce soit toi qui le raccompagne à Poudlard.

Hermione ferma les yeux.

- Tu n'es pas obligée d'accepter, bien entendu. Mais peut-être pourrais-tu… venir avec nous cet après-midi ? Même juste une heure ? Nous t'attendrons devant chez Fleury et Bott.

La jeune femme garda paupières et bouche closes puis soupira longuement en l'entendant finalement tourner les talons et refermer la porte d'entrée.

Perdue, Hermione s'avachit dans le premier fauteuil à sa droite et se mit à pleurer, se fustigeant mentalement pour être aussi idiote, sensible, idiote et sensible et surtout idiote, idiote et idiote !

OoOoOoO

Drago se sentait comme le pire abruti que la Terre ait pu porter sans même vraiment savoir pourquoi. Après tout, il était allé s'excuser auprès de Granger et avait, pour une fois, mis sa fierté de côté, ce qui lui arrivait si rarement que ce jour devrait être à marquer d'une pierre blanche. D'ailleurs, il ne l'avait pas fait qu'avec celle qu'il espérait voir redevenir son amante. Le Serpentard avait également dû s'excuser auprès de Scorpius ce qui n'avait été ni plus simple, ni moins douloureux. Son fils s'était muré dans un mutisme impressionnant ce qui avait totalement désarçonné Drago qui ne l'avait jamais vu ainsi. Et il était resté encore plus hébété lorsque Scorpius lui avait annoncé d'une voix blanche qu'il ne lui pardonnerait que lorsque – et pas « si » - il arrangerait les choses avec Hermione. Drago était donc « condamné » à tout mettre en œuvre pour récupérer la jeune femme s'il voulait, par là-même, récupérer son fils. Heureusement pour lui, le blond avait bien l'intention de ne laisser s'échapper aucun des deux. Ce fut ainsi qu'il se retrouva à quinze heures devant chez Fleury et Bott, accompagné de Scorpius à attendre Hermione Granger. Son fils ne lui décrochait toujours pas un mot et le regardait de travers dès qu'il pensait que son père avait le dos tourné et ne le voyait pas.

.

Cela faisait à présent dix minutes qu'ils patientaient dans le froid de ce début de novembre. Drago commençait à perdre patience et se disait qu'à l'avenir, il ne présenterait plus jamais ses excuses si c'était comme cela qu'on le remerciait. Hermione et son fils n'étaient que deux ingrats ! Ne comprenaient-ils pas les efforts que cela lui demandait d'admettre que lui, Drago Malefoy, avait mal fait ?! Non, par Merlin, il promettait que plus jamais il ne se rabaisserait à…

- Hermione ! s'exclama soudainement Scorpius.

Drago releva aussitôt la tête et une intense sensation de soulagement s'empara de lui au moment où il posa les yeux sur la jeune femme qui, à quelques mètres de là, venait de s'immobiliser, emmitouflée dans une veste d'hiver et une écharpe bleu nuit. Qu'elle était cette chose qu'il voulait se promettre ? Ah oui, qu'il ferait tout pour se faire pardonner…

}{

Hermione ne bougeait pas d'un centimètre, ses yeux naviguant entre Scorpius et le père de ce dernier. Le jeune Serdaigle amorça finalement quelques pas dans sa direction et l'enlaça en lui murmurant :

- Merci d'être venue.

La Gryffondor ne répondit pas mais un léger sourire étira ses lèvres.

- On entre ? proposa Scorpius en désignant la devanture de la librairie magique d'un coup de menton.

Hermione acquiesça et le suivit. Elle ne voulait pas penser aux raisons qui l'avaient poussée à accepter de venir. Aussi ne regarda-t-elle pas Malefoy en passant près de lui. Sentir son regard d'acier sur elle était déjà largement suffisant.

}{

Ils passèrent une bonne heure dans la boutique, pour le plus grand plaisir de Scorpius et d'Hermione qui se plongèrent dans de longues conversations à propos de tel ou tel ouvrage que la jeune femme lui conseillait. Drago, lui, se tenait en retrait et, bien qu'il s'ennuyât ferme, ne fit rien pour les interrompre. Son fils et sa future amante avaient le même regard brillant lorsqu'ils parlaient de livres, peu importait leur nature et le thème qu'ils abordaient. L'impression que Scorpius passait parfaitement pour le fils d'Hermione Granger se fraya un chemin jusqu'à lui et Drago soupira. Il s'était déjà fait cette réflexion par le passé, lorsqu'il avait déjeuné avec la jeune femme dans ce restaurant Moldu en France, mais ce sentiment était d'autant plus renforcé maintenant qu'ils les avaient tous les deux sous les yeux.

- Trop cool ! s'exclama alors Scorpius, faisant se retourner plusieurs personnes et rompant ainsi les pensées de son père.

Le rire de Granger lui parvint et Drago se figea, profitant de ce qu'il entendait.

- Non, franchement, c'est trop cool ! répéta Scorpius en se rapprochant de lui. J'aurais tellement aimé voir ça !

- Voir quoi ? demanda Drago à son fils lorsque celui-ci se présenta devant lui.

Ce dernier lui adressa un regard peu amène avant de répondre laconiquement et froidement :

- Toi, transformé en fouine.

Et il partit en direction du comptoir. Drago ferma momentanément les paupières, tentant au maximum de se contrôler avant de le suivre. Après tout, il était uniquement ici pour servir de « portefeuille ».

- T'es sûr que tu as besoin de tout ça ? interrogea-t-il Scorpius en avisant la vingtaine de livres.

- Oui.

- Ça fera soixante-deux Gallions, une Mornille et cinq Noises s'il-vous-plaît, dit le gérant de la boutique au même moment.

Drago faillit s'étouffer mais finit par sortir son argent, espérant que ces soixante-deux Gallions, une Mornille et cinq Noises seraient suffisants pour que son fils le pardonne…

.

Ce fut donc le porte-monnaie bien plus léger que Drago ressortit de la boutique, suivi par Scorpius et Hermione qui venait à son tour de régler ses achats : trois romans conseillés par le vendeur.

- Que diriez-vous d'aller chez Florian Fortarôme ? proposa Drago en se retournant vers eux.

Deux paires d'yeux sceptiques se braquèrent sur lui et il ne put s'empêcher de demander idiotement :

- Bah quoi ?

Granger et Scorpius échangèrent un regard avant de hausser tous les deux les sourcils, comme s'ils parvenaient à comprendre ce que l'autre ressentait. Drago se sentit vexé, irrité et s'agaça.

- Ok très bien, oubliez, maugréa-t-il.

Toujours en pleine conversation télépathique, Scorpius haussa les épaules et Granger ferma les yeux avant d'acquiescer presque imperceptiblement.

Ils se mirent alors en marche, passant près de lui, en direction du glacier.

- Bah tu viens ? l'appela Scorpius sans toutefois se retourner.

Dépassé, Drago se passa une main sur le visage mais leur emboîta finalement le pas.

.

Heureusement pour eux, Florian Fortarôme ne proposait pas uniquement des glaces en cette période de l'année et Drago sortit une nouvelle fois son porte-monnaie pour payer une tasse de chocolat chaud et une gaufre, un thé latté chaï à la vanille ainsi qu'une tasse de thé classique – puisqu'apparemment, ils ne servaient pas d'alcool dans ce stupide endroit – et alla retrouver son fils et sa future amante à leur table. Les boissons et la gaufre de Scorpius virent se déposer d'eux-mêmes devant leur propriétaire respectif.

Granger le remercia du bout des lèvres avant de placer les mains autour de sa tasse brûlante. Drago ne répondit rien mais lui adressa un très léger sourire. Il aurait bien aimé pouvoir la réchauffer lui-même mais se contenta d'avaler une gorgée de son thé tandis que Scorpius entamait sa gaufre nappée de chocolat.

}{

Le silence était pesant. Aucun d'entre eux ne parlait, se contentant de boire et de manger, les yeux baissés. Hermione détestait ce sentiment de mal-être mais ne fit rien pour changer les choses. Elle ne parvenait tout simplement pas à passer outre les propos que Malefoy avait tenu à son égard l'avant-veille au soir. Malgré tous ses efforts, ils ne cessaient de revenir assaillir son esprit tels un boomerang Moldu et la jeune femme finissait même par en avoir mal à la tête.

- Eh, Hermione ? l'interpella Scorpius en agitant sa main sous ses yeux.

- Hein ? Oui, pardon, tu disais ?

- Euh… est-ce que tu veux bien me… raccompagner à Poudlard ? demanda l'enfant d'une petite voix.

Hermione jeta un très rapide coup d'œil à son ex-amant qui ne laissait rien percevoir, avant de reporter son attention sur le Serdaigle.

- Si tu veux, céda-t-elle.

Scorpius lui fit un timide sourire, un peu triste, comprenant manifestement que la situation n'était pas des plus simples.

- Merci, dit-il très sincèrement.

OoOoOoO

- Tu n'as rien oublié ? se renseigna Malefoy auprès de son fils.

- Non. Au revoir, à bientôt… Papa.

Le garçon ne fit aucun mouvement pour venir enlacer son père. Hermione crut pendant quelques instants que Malefoy allait le réprimander mais il n'en fit rien, se contentant de lui présenter une nouvelle fois ses excuses et de lui promettre de prendre soin de Narcissa et de le tenir au courant des moindres changements concernant son état de santé.

- J'ai déjà demandé à Hermione de le faire, répliqua le jeune Malefoy.

Hermione vit le Serpentard soupirer de lassitude.

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La jeune femme accompagna donc Scorpius jusqu'à Poudlard, où le professeur McGonagall les attendait, assise à son bureau. Hermione la remercia pour avoir permis à son élève de quitter le château durant le week-end. La Directrice demanda à Hermione si elle était parvenue à ses fins et elle lui assura que c'était le cas. McGonagall opina puis les laissa seuls quelques instants afin qu'ils puissent se dire au revoir.

- Je suis désolé, Hermione. A propos de Papa.

- Tu n'as pas à t'excuser, ce n'est pas ta faute, le rassura Hermione.

- Je sais… Mais bon… Tu sais, Papa ne s'excuse jamais et je pense qu'il se sent vraiment super, super mal à propos ce qu'il s'est passé.

Hermione garda le silence. Comprenant de toute évidence qu'elle ne voulait pas en parler davantage, Scorpius la serra dans ses bras, la remercia de l'avoir accompagné et lui dit au revoir, avant de la relâcher, d'empoigner sa grosse valise et de se diriger vers la porte du bureau. La Gryffondor se redressa, salua McGonagall et se dirigea vers la cheminée.

}{

Drago était assis dans son canapé, un verre de Whisky Pur Feu à la main, auquel il ne touchait pas. Il ferma les yeux et soupira pour au moins la troisième fois. Scorpius était reparti à Poudlard, Granger ne voulait plus le voir, était très certainement retournée chez Saint Potter, lui se retrouvait seul et frustré.

Il s'apprêtait à pousser un cri où se mêlerait sa rage, sa frustration et la pointe de tristesse qu'il ressentait au fond de son cœur lorsqu'une voix rocailleuse lui annonça qu'Hermione Granger tentait d'entrer par le biais de la cheminée. Jetant presque son verre sur la table basse, Drago se mit debout, beugla un ordre et s'approcha à grand pas du foyer. Il se colora en vert et sa future amante en sortit. Drago garda le silence, attendant qu'elle explique les raisons de sa présence.

}{

- Je voulais simplement te dire que Scorpius était bien arrivé à Poudlard et te demander si tu comptais venir demain soir à Sainte Mangouste.

Malefoy ne s'attendait apparemment pas à un tel discours car il resta muet quelques secondes.

- Oui, répondit-il finalement. Sauf si…

- Bien. Pourras-tu rappeler l'heure du rendez-vous à ta mère, s'il-te-plaît ? C'est dix-huit heures.

- Oui.

- Merci, murmura-t-elle.

Elle baissa les yeux avant de pivoter sur elle-même afin de rentrer une nouvelle fois dans l'âtre pour rentrer chez Harry.

- Reste ! Reste, s'il-te-plaît, s'exclama soudainement Malefoy.

Hermione se retourna lentement et constata qu'il avait fait un pas dans sa direction, comme pour la retenir.

- Non, répondit-elle simplement.

Elle se retourna une nouvelle fois mais il surgit brusquement devant elle, faisant barrage entre elle et la cheminée. Hermione recula instinctivement de plusieurs centimètres.

- Je… je ne t'ai pas remercié pour ce que tu faisais pour ma mère, dit-il précipitamment.

- Ton fils et Narcissa l'on déjà fait pour toi, lui apprit Hermione.

- Je sais mais… merci, Granger. Je ne sais pas pourquoi tu le fais mais…

- Tu ne sais pas pourquoi je le fais ?! tiqua Hermione, sentant la colère s'emparer d'elle.

- Eh bien je me doute que c'est parce que je te le l'avais demandé au début mais… enfin après ce qu'il s'est passé avant-hier, j'ai pensé que tu aurais…

- Laissé tomber ? le coupa la Gryffondor, laissant échapper un ricanement dégoulinant de sarcasmes.

- Oui, avoua le Serpentard.

- Je croyais pourtant qu'entre toi et moi, c'était toi qui était connu pour sa lâcheté.

- Cela n'aurait pas été de la lâcheté, contra Malefoy, faisant fi du reste de sa tirade.

- Si, assura Hermione. J'ai promis d'apporter mon aide et je sauverai la vie de ta mère.

- Mais… pourquoi ? Tu ne veux même plus me voir.

- Premièrement, pour moi, répondit sèchement Hermione. J'ai travaillé de longues heures sur son cas et ce n'est pas pour tout laisser tomber maintenant. Ensuite, je l'ai fait pour Scorpius qui est un enfant que, malgré tout ce que tu pourras faire, dire et penser, j'apprécie énormément. Par ailleurs, je ne suis pas du genre à redonner espoir à quelqu'un pour le laisser tomber juste après et je n'allais certainement pas faire ça à ta mère et ton fils. Enfin, et toujours malgré ce que tu peux penser, je l'ai surtout fait pour toi !

Avant qu'il ait pu la retenir, elle le contourna, entra dans la cheminée et prononça l'adresse des Potter avant de disparaître dans un torrent de flammes vertes.

}{

A nouveau seul Drago perdit soudainement son sang-froid et renversa tout ce qui se trouvait sur son passage. Fauteuils, chaises, tables, verres et même la bouteille d'alcool. Tout y passa. Malheureusement pour Drago, cela ne lui permit en aucun cas de se sentir ne serait-ce qu'un tout petit peu mieux, bien au contraire. Là, debout au milieu de son salon qui semblait avoir été vandalisé de la pire des manière ou touché par une mini tornade, il se sentait plus seul et abandonné qu'il ne l'avait été depuis de longues années. Il monta finalement se coucher, sans avoir dîné ni même bu la moindre goutte d'alcool et sombra dans un sommeil peuplé de cauchemars où, tour à tour, Scorpius, Narcissa et Hermione se faisaient torturer puis assassiner sous ses yeux impuissants.


(1) Le chapitre précédent aurait dû se terminer sur ces belles paroles... Je pense (mais peut être que je me trompe, je ne sais pas...) qu'il valait donc mieux que je le coupe avant pour que vous puissiez avoir directement la suite plutôt que de vous faire mariner pendant une semaine avant de finalement savoir si Hermione et Drago allaient, ou non, se « réconcilier »... ^^


Bon... on peut dire que Drago a grave merdé sur le coup... Espérons que cela finisse par s'arranger même si ce n'est pas vraiment gagné s'ils restent tous les deux bornés de la sorte !

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Sinon, je voulais apporter une petite précision quant à la réaction d'Hermione. Bien évidemment, elle s'attendait à une dispute avec Drago car elle a mêlé Scorpius à tout ceci, chose qu'elle n'avait absolument pas le droit de faire (elle le sait d'ailleurs parfaitement mais a tout de même pris le risque... un risque qui a payé ^^). Pour autant, Hermione ne s'attendait certainement pas à ce qu'il aille aussi loin dans ses propos et, autant elle n'aurait pas réagi si Drago l'avait seulement « incendiée » sur le fait qu'elle n'a aucun droit sur Scorpius, autant elle n'a pas pu cautionner qu'il mêle la mort de Rose et le terme de « Sang-de-Bourbe » à sa réflexion. Voilà pourquoi Hermione se sent terriblement blessée et finit même par croire que Drago a joué double jeu avec elle. Elle ne pensait absolument pas (de même que Narcissa et Scorpius au vu de la réaction qu'ils ont pu avoir vis-à-vis de lui) qu'il irait aussi loin et serait capable de dire de telles choses, même sous le coup de la colère. Voilà, je souhaitais simplement clarifier ce petit point qui me semble assez important. Bien entendu, si vous avez des questions à ce sujet, n'hésitez surtout pas à me les poser dans vos reviews ! :)

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Bref... j'espère que ce chapitre vous a plu et j'attends vos retours avec beaucoup d'impatience ! :)

Je vous fais plein de gros bisous et je vous dis donc à la semaine prochaine pour le chapitre quarante-trois !

Chalusse