Coucou tout le monde! :-)
Voici un nouveau chapitre de notre aventure, plus long que les autres (il me semble que c'est le plus long que j'ai écrit jusqu'ici). Il y a l'explication à une toute petite interrogation, mais l'essentiel tardera encore deux ou trois chapitre (non non, mon but n'est pas de vous faire poireauter... mais si je dévoile tout dès le début il n'y a plus d'histoire!). Dîtes-moi ce que vous en penserez. En bien, en mal: peu importe, c'est ce que vous pensez qui compte.
Merci à Promesse et missflower62 qui ont eu la gentillesse de laisser un com'! =D
promesse: le commentaire met parfois un temps à être affiché, mais ne t'inquiète pas, je l'avais reçu. Merci d'avoir voulu que je le vois :) Contente que le portrait que j'ai fait de Lily te plaise, j'espère que tu ne seras pas déçue! Pour James, je suis aussi heureuse que tu l'apprécie car il aura un rôle assez primordial (à sa façon...) . Je n'ai pas spécialement de préférence entre James et Albus, mais c'est vrai qu'on retrouve plus souvent l'aîné en crétin fini (héhé... peut-être que j'en ai eu marre...). J'essaye en effet de faire le moins de faute possible (ça m'énerve tellement quand je trouve des fautes de grammaire toute bête! alors si jamais tu en retrouves (parce que je suis certaine qu'il y en aura) n'hésite pas à me le signaler!). Tu trouveras en effet les réponses à toute tes interrogations... mais plus tard. Ce chapitre est le dernier avant le début de la chute. Mais je n'en dis pas plus! ;-) Merci encore pour ta review, ça me fait vraiment plaisir que tu ais pris le temps d'écrire, et aussi de savoir que tu apprécie pour l'instant ce que j'écris! À bientôt!
Bonne lecture à tous!
Disclaimer: L'histoire de Harry Potter ne m'appartient pas, pas plus que l'histoire de la Génération Suivante!
Le paysage défilait sous ses yeux, mort et morne. Il y avait bien Will et Louis pour amuser la gallerie mais pour une fois elle était terriblement irritée de leurs plaisanteries. Il y avait bien la main rassurante de Fanny parfois sur son épaule mais elle s'en dégageait. Elle ne savait pourquoi elle réagissait ainsi, elle ne savait pourquoi elle avait envie de giffler Scorpius. Alors elle se tut, alors elle ne dit rien, alors elle garda le silence.
- Rosie, je ne comprends pas non-plus ce qui s'est passé... mais si tu veux en parler...
Elle manqua de l'envoyer au diable, quand elle reconnut Albus. Son cousin la regardait de ses magnifiques yeux verts, l'air préoccupé. Elle ne répondit pas mais ne se détourna pas. Doucement, comme s'il craignait de la brusquer, il lui prit le bras, elle se leva avec lui, fusillant Scorpius et James du regard au passage. Son cousin la conduisit dans le couloir. Là, il se tourna vers elle, il lui caressa la joue, comme pour effacer l'air blessé qu'elle affichait. Il n'en fallut par plus pour qu'elle ne fonde en larme. C'était plus fort qu'elle, il fallait qu'elle les laisse couler avant qu'elle ne commence à hurler.
Alors elle se mit à parler. Elle lui avoua sa colère, sa sensation d'abandon, le trouble qu'avaient jeté en elle les paroles de Scorpius.
- Il n'avait pas le droit de me dire ça..., hoqueta-t-elle. Il ne pouvait me dire ça et ensuite me demander de retourner dans ma bulle à la première vague ! Il n'avait pas le droit de m'empêcher d'aller questionner Lysander ! Même si c'était pour qu'il me dise que c'était une erreur, même si c'était pour qu'il me brise le cœur, au moins... au moins je ne me sentirais pas si mal.
- Écoute Rosie, je sais qu'il n'a pas été très intelligent d'agir ainsi...
- Ne le défends pas ! cracha-t-elle.
À sa grande surprise, son cousin baissa la tête, l'air aussi blessé qu'elle.
- Moi aussi je lui en veux Rose, murmura-t-il finalement. Moi aussi je me sens mis à l'écart. Crois-tu qu'il a accepté de m'expliquer quoique ce soit? Crois-moi, j'ai aussi l'impression d'être abandonné des personnes en qui j'ai le plus confiance ! Scorpius me cache quelque chose, James semble savoir quoi... Ils savent quelque chose que je pourrais savoir... mais au lieu de me dire qu'ils ne peuvent pas m'expliquer – ce qui me ferait mal mais que je comprendrais – ils mentent ou se taisent !
Rose hôcha tristement la tête. Mais elle tremblait encore.
- C'est comme s'ils me traitaient comme une enfant... comme si je n'étais pas capable de...
- Et si tu allais lui parler Rosie ?
Elle le regarda avec un pauvre sourire. Lui parler ? Elle n'en avait plus la force, elle n'en avait plus le courage. Albus sembla comprendre. Tout doucement il posa ses doigts sur son visage et en essuya les dernières larmes.
- Tu le feras? ? répéta-t-il à voix basse.
Sans un mot elle acquiesça, et à sa grande surprise il la ramena dans le compartiment, se rassit. Et ce fut tout. Il se remit à bavarder avec Scorpius, le taquinant un rien plus agressivement sur la façon dont il tenait la main de Lily, répondant un rien plus vertement à son frère mais en somme tout était normal.
La neige était tombée, Molly avait ensorcelé le manteau blanc afin qu'il ne fonde pas et se renouvelle malgré les allées et venues. Noël, comme toujours se fêtait au Terrier, avec toujours plus de monde. C'est pourquoi les Potter-Weasley s'installaient toujours quelques jours avant le réveillon afin d'aider le couple vieillissant.
Il y avait du monde mais c'était finalement très simple : toute la famille (ce qui représentait déjà une trentaine de personnes) et les amis les plus proches des adultes. C'est ainsi que Neville et Luna passaient tous les réveillons avec eux. Et puis depuis déjà plusieurs années Scorpius passait Noël là-bas, et Albus allait chez lui pour le Nouvel An. Cette année ne fut pas une exception, ils étaient finalement une quarantaine. Les tentes avaient été plantées dans le jardin, on aurait dit qu'un campement s'était installé. La vue du jardin pavé d'abris avait toujours amusé James, pourtant il était toujours saisi de la simplicité des soirées malgré le nombre d'invités... Il était surpris et soulagé que tout se passe aussi simplement.
Il y avait aussi ce moment, toujours solemnel, toujours dramatique, le 23 décembre de chaque année: Scorpius arrivant au Terrier. Les Potter-Weasley avaient eu beau dire aux Malfoy qu'ils pouvaient transplaner directement dans le jardin, ceux-ci sonnaient inlassablement à la grille moldue du jardin. Tout le monde se souvenait de la première venue du Serpentard et de ses parents: Scorpius ne s'était pas précipité vers Albus, l'avait arrêté un regard avant de se tourner vers son père. Drago Malfoy était très pâle, le visage figé, et son épouse se tenait à son bras, sans un sourire, mais ses yeux doux fixant un à un les visages de ceux qui s'approchaient. Astoria Malfoy était un femme qui pouvait sembler froide et effacée, qui pouvait passer pour la parfaite épouse Sang-pur, cependant cette impression s'envolait lorsqu'elle posait ses yeux sur son mari: ce n'était pas du respect ni de l'obéissance que l'on lisait dans ce regard, c'était de la tendresse, de l'amour, et un parfum de joie de vivre.
Elle avait simplement souri à Drago et Scorpius, avant de se tourner vers Ginny.
- Nous vous confions Scorpius, avait-elle murmuré, charmant par son regard la plus jeune de la fratrie Weasley. Je ne pense pas qu'il vous pose de problème, il est une terreur chez nous mais un enfant sage chez les autres, avait-elle ajouté avec un clin d'oeil à son fils.
Des mots simple en apparence, affligeant de banalités, pourtant c'étaient les mots justes. Ginny avait souri, s'était avancée la première pour l'inviter à entrer. Les enfants avaient ri tout bas de voir la tête qu'avait eu Harry lorsqu'il avait vu sa femme "fraterniser avec l'ennemi" comme il disait souvent en plaisantant. Il avait eu l'air de quelqu'un qui venait de se prendre une gifle, avait machinalement regardé Drago. Celui-ci affichait la même expression, avant d'esquisser un sourire en coin.
- Avoue que tu t'attendais à une dragonne, Potter, avait-il persiffler.
- Papa! s'était exclamé Scorpius pour le faire taire.
- Ne t'inquiète pas Scorpius, nous n'allons pas nous entre-tuer et tu vas rester ici... mais avoue que l'on ne pouvait pas se rencontrer sans piques.
Harry était rentré dans la maison, sans un mot. Et à la surprise générale, c'était Ron qui s'était avancé vers le père et son fils. Il l'avait toisé avec un visage indéchiffrable, avant de présenter simplement sa main tendue.
- En s'approchant d'Albus, ton fils s'est aussi approché de ma fille. Je mentirais si je disais que ça m'enchante, mais on ne va pas faire payer à nos enfants le prix de nos querelles passées.
Rose avait senti les larmes lui monter aux yeux, elle avait courru vers son père. Bien sûr elle savait que son père avait changé, mais jamais il ne lui en avait donné une telle preuve.
Elle se souvenait que lors de son entrée à Poudlard, ce dernier lui avait dit de ne pas approcher Scorpius... Sa requête avait été lamentablement ignorée. C'était tremblante que sa fille lui avait appris qu'elle s'était prise d'affection pour le jeune Serpentard, elle avait confié à ses cousins qu'elle craignait qu'il ne lui envoie une Beuglante. Mais c'était une lettre toute simple qui était arrivée. Ou plutôt non... ce n'était pas un message ordinaire. Son père avait pris soin de son écriture cette fois-ci, il lui parlait avec une lucidité, une sagesse qui les avait tous supris. Oui, il avait haï Malfoy. Oui, il avait espéré que ses enfants demeurent loin de lui et de son fils. Non, il ne pouvait le nier. Mais dès lors qu'il avait appris qu'Albus était réparti à Serpentard, il avait su que ce souhait ne serait jamais exaucé. Albus était trop doux, et Rose trop proche de lui pour que Scorpius ne lui vole pas un morceau de son cœur si immense. Car sa fille avait un cœur sublime, lui avait-il écrit avec tendresse. Et au jour d'aujourd'hui, Rose disait encore que cette lettre de son père était la plus belle qu'elle ait jamais reçu.
L'arrivée des Malfoy le 23 décembre avait depuis perdu de sa lourdeur. Gnny s'avançait désormais la première pour embrasser Astoria, l'inviter à entrer prendre le café. Et leurs maris les suivaient à l'intérieur, encore mal à l'aise. C'étaient les deux femmes qui parlaient, qui riaient. La conversations avait parfois duré dix minutes, parfois deux heures, et il en était de même lorsque les Potter raccompagnaient les deux adolescents au Manoir des Malfoy. Ils avaient changé de demeure, Harry en avait fait la remarque lors de sa première visite, sans évoquer les évènements qui s'étaient déroulés dans l'ancien. Drago avait pourtant senti la remarque indirecte, s'était tourné vers son ancien rival, le visage défait.
- J'ai fait des erreurs, Potter, avait-il admis gravement. Mon père a commis des crimes, et ma mère l'y a suivi. Mais les temps ont changé, les gens aussi. Tu sais tout cela, sinon tu ne me laisserais pas ton fils. Le passé ne peut être changé, mais je refuse qu'il me colle à la peau, encore moins qu'il colle à celle de mon fils. Dans notre ancien manoir, il y avait trop d'ombre. Je voulais depuis longtemps le quitter, mais je ne m'y suis résolu que lorsque Scorpius est né.
- Tu as réussi dans ton entreprise, avait murmuré Ginny. Ton fils te ressemble terriblement, mais ce n'est pas un Drago enfant que j'ai eu sous les yeux à Noël, c'est un enfant comme les autres.
La discussion s'était arrêté là, Astoria avait entraîné sa famille et les Potter à l'intérieur. Et chaque année, le même manège se répétait, à l'exception que cette années Rose et Lily accompagneraient Albus chez les Malfoy.
Ainsi, comme chaque année, les parents de Scorpius s'avancèrent dans le jardin, comme chaque année la neige devint immortelle. Le Terrier était transformé, il n'y avait que les aiguilles de Molly qui tricotaient toutes seules (elles étaient plusieurs paires d'aiguilles en même temps soit-dit en passant) pour rappeler que cette maison étaient bien celle des grand-parents Weasley.
Ses yeux parcoururent son visage dans la glace. On disait que son visage était charmeur, mais qui savait ce qu'il y avait sous ce sourire, ce qui se cachait sous ce regard ? Qui savait que ce regard avait souvent parcouru ses joues en espérant les voir livide ? Qui avait sentit que ses oreilles étaient épuisées d'entendre battre son sang dans ses temps ? Personne sans doute, personne ne l'avait compris. Alors ses lèvres demeurèrent closes, dessinant ce qui ressemblait à un sourire, ce qui était un grimace, et ses manches se rabatirent sur ses poignet, cachant ces veines qui ne demandaient qu'à être tailladées.
James regardait Lily danser aux côtés de Scorpius lorsqu'une voix l'interpella-
- Viens danser James, ne reste pas planter assis, les parents occupent bien assez de place !
Ça c'était Dominique, la sœur aînée de Louis. Dominique qui avait décidé que tous devaient danser. Il soupira, attrappant la main qu'elle lui tendait.
- Ne fais pas comme si tu devais aller à Azkaban, grommela-t-elle. Ou je te promets que tu trouveras jamais de fille qui veuille de toi !
- Toute les filles n'aiment pas danser, objecta-t-il, amusé.
- Cite-moi un seul exemple...
- Rose.
- J'allais dire à part Rose. Rose est Rose, c'est le Prince Charmant qui lui fera aimer la danse !
- Rose est assez grande pour se débrouiller seule ! la coupa James.
- Ai-je dit le contraire ?
Dominique le regarda avec un sourire amusé. Elle avait de nouveau réussi à le faire marcher. Mais ce que personne n'avait pris la peine de comprendre était que c'était précisément pour entendre que sa cousine pouvait y arriver seule qu'elle provoquait les autres. Oui. Rose pouvait se débrouiller sans l'aide de personne, elle avait été la première à le comprendre. Ses cousins avaient beau le clamer, ils ne l'avaient jamais accepté... et quoiqu'il en dise, Scorpius non-plus.
Rose entendit-elle ces mots ? Entendit-elle sa cousine la défendre à mots voilés ? Peut-être. Peut-être car personne ne compris ce qu'elle fit. Personne sauf Albus. Albus qui la regarda droit dans les yeux. Albus qui la fixa de ses iris émeraude jusqu'à ce qu'elle se détourne, l'oeil étincellant. De sa démarche légère elle traversa la salon. Elle ne dansait pas. Déjà gracieuse, elle n'en avait pas besoin.
- Danse avec moi.
Lysander la dévisage avec l'ombre d'un sourire, comme s'il savait déjà ce qu'elle allait faire, comme s'il l'attendait. Il regarda sa main tendue avant d'avancer la sienne, avec ce qui ressemblait à un soupir. Le cœur de la jeune fille se serra en l'entendant mais n'y songea plus dès lors qu'il lui sourit. Du coin de l'œil, elle vit Scorpius faire un geste vers eux, elle s'apprêta à répliquer mais à sa grande surprise, c'est Lorcan qui l'en dissuada. Lorcan. Lorcan qu'ils connaissaient encore moins que Lysander. Lorcan à qui Scorpius obéit pourtant... Il faudrait vraiment que Malfoy lui explique, qu'il cesse de lui mentir.
Mais bien vite elle ne songea plus à cela, elle croisa simplement le regard de son cavalier. Celui-ci était peut-être un peu plus pâle que d'ordinaire mais il arborait ce sourire qu'elle adorait tant. Il lui tenait la main si doucement qu'il lui semblait qu'il la frôlait à peine.
- Merci, souffla-t-elle au bout d'un moment.
- Pour quoi ?
- Pour avoir accepté, murmura-t-elle simplement.
Un autre sourire lui suffit. Jusqu'à ce que Hugo bouscule par mégarde le danseur. Poussé en avant, Lysander trébucha, se rattrappant presque aussitôt mais aggrippant par reflexe la main de sa cavalière. Il se redressa s'excusant. Mais elle ne l'écouta pas. Déjà elle le sentait s'éloigner, déjà la main qu'elle sentait sur sa taille semblait s'envoler, son sourire s'était évanoui. Les doigts ne lâchèrent pourtant pas les siens, les serrant compulsivement.
- Lys'...
Il releva les yeux vers elle, elle sentit son cœur se serrer.
- Pardon... pardon Rose... je... je ne voulais pas...
- Lysander, calme-toi. C'est oublié, sourit-elle en posant sa paume sur sa joue.
Les yeux du jeune homme s'écarquillèrent encore alors qu'il s'écartait violemment, s'excusant encore une fois, avant de se ruer vers le couloir. Elle esquissa un geste pour le suivre mais Scorpius lui barra la route, le visage fermé.
- Laisse-moi passer, lança-t-elle froidement.
- Vraiment Rose, ce n'est pas une bonne idée.
- Je t'ai dit de me laisser passer.
- S'il te plaît Rose...
- Non Scorpius ! s'écria-t-elle, perdant le peu de sang froid qu'elle avait face à lui. J'en ai marre qu'on me prenne pour la dernière des idotes ! J'en ai marre que TU me prennes pour la dernière des idotes ! Je sais ce que je fais ! Et tout ce que je veux, c'est comprendre ! Je veux savoir pourquoi il s'enfuit, pourquoi il s'est enfui ! Et si je ne dois pas le savoir, qu'il me le dise lui-même !
Ses beaux yeux lançaient des éclairs, pourtant son ami ne semblait pas disposer à la laisser passer. Elle esquissa un geste, un seul vers sa poche où était dissimulée sa baguette quand une longue main se posa sur l'épaule du blond.
- Laisse-la Scorpius. Elle a raison, c'est à Lys' d'en décider, pas à toi.
C'était Lorcan. Toujours Lorcan. Encore ce jeune homme que Scorpius ne connaissait en rien et à qui il obéit pourtant, baissant la tête, s'écartant du chemin de la jeune fille.
- C'est presque vexant de voir que tu écoutes davantage les inconnus que ta meilleure amie, cracha-t-elle en saisissant deux capes au hasard pour sortir..
Comme à Pré-au-Lard, le froid lui mordit le visage, pourtant cette fois elle ignora cette sensation, gardant les manteaux sur son bras. La neige était tombée, et tombait encore. Ses pieds avaient laissé des traces de pas dans ce coton immaculé, jusqu'à un recoin du jardin. Elle reconnut l'arbre, elle y était grimpé un nombre incalculable de fois lorsqu'elle était enfant. Nouant les deux étoffes autour de sa taille, elle pointa sa baguette sur ses chaussures, faisant disparaître ses talons, et elle posa son pied sur le tronc noueux, se hissant sans peine trois mètres plus haut, sur la branche sur laquelle le jeune homme s'était assis. Il la regarda monter d'un air presque craintif. Ce n'est que lorsqu'il saisit la cape qu'elle lui tendait et murmura un merci qu'elle remarqua que ses joues scintillaient et ses yeux humides. Elle eut soudain honte d'être venue. Elle n'avait pas le droit de le voir pleurer... c'était comme si elle l'observait depuis sa fenêtre avec des jumelles. Sans trop s'en rendre compte elle fit un geste pour se relever.
Elle sentit comme de la glace sur son poignet, comme un zéphyr gelé.
- Reste, murmura Lysander d'une voix voilée.
Elle demeura. Le souffle d'air s'était défait de sa peau aussitôt qu'elle s'était rassise. Son cœur lui faisait mal alors qu'elle entendait le jeune homme sangloter. Ses yeux glissèrent vers sa fragile silhouette qu'il avait recroquevillée. Doucement, elle tendit les bras vers lui, l'enlaçant doucement. Mais dès que le bout de sa paume effleura par hasard son cou, il se redressa, sursauta. Il ne pleurait plus, semblait bien trop abattu pour sangloter.
- Pardon Rose, murmura-t-il alors en essuyant ses joues. Tu... tu dois croire que je te prends pour une pestiféré mais... je... je t'assure que ce n'est pas ça...
Elle hôcha simplement la tête, l'ombre d'un sourire au fond de ses yeux. Il le lui rendit, les lèvres tremblantes.
- Tu dois me prendre pour un fou...
- Non. Je... je ne crois pas que tu sois fou. Tu es juste...
- Malheureux, souffla-t-il en étouffant un nouveau sanglot.
- Oui, avoua-t-elle, surprise de la sincérité du jeune homme. Tu as parfois l'air de porter le poid du monde sur tes épaules... alors que l'instant précédent tu semblait encore voler comme un oiseau.
- C'est ce qu'on m'a souvent dit, grinça-t-il amèrement. Ce n'est pas si loin de la vérité.
Alors brusquement il lui saisit la main. Son corps tressaillant tout entier n'échappa à la jeune fille mais il respira en fermant les yeux avant de les rouvrir pour la contempler.
- Si je le voulais, je pourrais te dire toute tes peurs, je pourrais te dire ce qui t'arrivera le mois prochain, je pourrais te conter comment finira cette nuit – ses yeux se tournèrent vers les étoiles – je pourrais te dire tout ce que Scorpius voudra te dire lorsque tu retourneras dans le salon... mais...
- Mais tu ne le feras pas, souffla-t-elle doucement en posant son autres main sur celle qui couvrait déjà la sienne.
- Je ne peux pas Rose... je n'en ai pas la force...
Sa voix se brisa encore une fois alors qu'il se dégageait brusquement.
- Il n'y a pas que cela, n'est-ce pas ? demanda-t-elle doucement en posant sa main sur son épaule.
-Je n'ai jamais voulu lire l'avenir – il se tourna vers elle, le regard éperdu je n'ai jamais désiré lire dans leur pensées mais... je suis né ainsi. Et je donnerais ma vie entière pour me défaire de ce fardeau. Ma vie entière, répéta-t-il avec un accent terrible.
Un étrange silence passa entre eux.
- Lys', murmura-t-elle doucement. Je suis certaine que tu as déjà entendu cette phrase des milliards de fois mais... savoir ce qui arrivera aux autres n'est peut-être pas si... dramatique...
- Tu es adorable Rose, sourit-il. Mais tu n'as pas idée de ce que c'est que de ne pas pouvoir prendre... la main de quiconque sans avoir des dizaines d'images affluant soudain dans ton cerveau...
- Il n'y a pas qu'avec ta main, n'est-ce pas... Lorsque je te touche... tu trésailles...
- Tu pourrais me toucher dans le dos que je le verrais tout de même, tu pourrais poser ta main sur ma nuque que je le sentirais, tu pourrais la poser sur ma joue que je le saurais, tu pourrais... tu pourrais poser tes lèvres sur les miennes que je le verrais plus clairement encore.
Elle rougit un peu, c'était la première fois qu'ils reparlaient du baiser qu'il lui avait volé.
- C'est pour ça que tu t'es enfui à Pré-au-Lard...
- Je suis désolé Rose. Je... je ne voulais pas le faire... et je ne voulais pas m'enfuir mais... j'ai eu honte. C'était comme si je regardais ta vie par un judas... je ne voulais pas... je...
- Ça n'est pas grave Lys'.
- Ça l'est Rose ! répliqua-t-il d'une voix forte. Je ne dirai rien de ce que j'ai vu, pas même à toi... sauf que je sais que c'était ton premier baiser. Et je te l'ai volé ! Mais je... je te promets que je ne savais pas que je verrais tout cela ! Je ne sais pas ce qui m'a pris ! je... je ne voulais pas...
- C'était le tien aussi, murmura-t-elle doucement en posant sur la sienne sa main recouverte de sa cape. Toi aussi c'était la première fois que tu embrassais quelqu'un, n'est-ce pas ? Alors comment aurais-tu pu savoir ?
Il haletait violemment, alors elle l'attira encore contre elle. Il enfouit son visage dans ses cheveux, enserrant sa taille de ses bras fragiles. Elle caressa doucement ses mèches, chantonnant à son oreille, jusqu'à ce qu'il cesse de trembler.
- Mais tu sais Lysander... ça ne me gêne pas que ce soit toi qui ait vu tout cela, souffla-t-elle soudain.
Il s'écarta d'elle, elle craignit de l'avoir effrayé, pourtant ce ne fut pas de la crainte qu'elle lut dans ses yeux lorsqu'elle y plongea les siens.
- Rose... tu ne sais pas...
- Alors apprends-moi.
- Je ne suis pas celui...
- Tu l'es Lys', le coupa-t-elle.
Jamais elle ne s'était sentie aussi sûre d'elle. Jamais elle n'avait été aussi certaine de quelque chose, et tout ce qu'elle voulait était qu'il la croit.
- Et Lys... si c'est cela qui te fait peur... je peux te le cacher.
Elle tira doucement sa baguette de sa manche, la pointa sur sa bouche. Ses lèvres nues se colorèrent en carmin. Presque craintif, du bout des doigts il les effleura du bout des doigts.
- Il est magique, il ne tâche pas, souffla-t-elle avec un brin d'humour. Et surtout il couvre chaque ligne de ma bouche.
Comme souvent les Potter-Weasley avaient organisé un ami invisible avec les Scamander et les Londubats, mais jamais elle n'avait rien eu à offrir au jeune homme, cette année-là c'était à Fred qu'elle avait dû offrir. Pourtant en voyant le regard de Lysander, elle sut que personne n'aurait jamais rien pu lui offrir de plus beau. Elle le revit. Elle revit ce sourire solaire se former sur son visage pâle. Elle le vit approcher son visage du sien, elle posa la première ses lèvres sur les siennes. Et elle le sentit. Elle le sentit fondre sur sa bouche, l'embrassant presque avec fureur et tant de douceur pourtant. Ses mains délicates coulaient dans ses cheveux, et elle aggripait le devant de sa cape afin de s'assurer de ne pas le toucher. Merci, souffla-t-il en reprenant un instant son souffle. Pour ce simple mot, pour le soulagement qu'elle sentait dans sa voix, pour son sourire, elle acceptait sans rechigner de ne jamais pouvoir le toucher autrement que par sa bouche. Il l'attira contre lui, elle entendit les battements de son cœur contre son oreille, et ses lèvres sur sa tempe. Elle se sentait si bien contre lui, et il semblait si bien.
- Tu es merveilleuse, souffla-t-il en respirant ses cheveux.
- Ce n'est qu'un sort tout simple, répondit-elle doucement.
- Et ma grand-mère qui créait des sorts compliqués... C'est dans la simplicité qu'est la vrai magie ! s'exclama-t-il en tenant son visage en coupe.
Il rayonnait, son sourire illuminait la nuit de Noël. Elle ne résista pas à l'envie de gouter ce sourire.
On les vit revenir, enveloppés dans leurs capes, riant ensemble, un éclair rieur passa sur le visage des autres. Ils se parlaient tout bas, se tenaient la main. La seule chose qui en étonna plus d'un fut que Rose portait des gants que personne ne lui avaient jamais vu. C'était presque des gants mousseline, très léger, très fin, presque transparent. Le genre de gants que personne ne porte en hiver... Il n'y eut que la famille de Lysander et Scorpius pour comprendre. On vit s'embuer les yeux de Luna qui s'approcha d'eux et les embrassa chaleureusement sur la joue, avant de serrer la jeune fille dans ses bras. Un geste qui avait un affreux de goût de vieux jeux pour tous, encore une fois ils ne furent que quelques uns à comprendre. L'étreinte de Luna avait une couleur semblable à celle de son fils, même si elle n'était pas si timide. Luna. Aérienne. Elle portait bien son nom.
Rose sentit la main de Lysander sur son bras qui la détacha doucement de sa mère avec un sourire. Luna sourit alors simplement, tardant quelques secondes à lâcher les mains de la jeune fille. Ses doigts fins caressèrent l'étoffe des gants, un léger sourire passa encore sur ses lèvres.
Lysander posa sa main sur sa taille doucement, elle se tourna en souriant vers lui et se laissa entraîner parmis ceux qui dansaient.
- Qui disait que Rose n'aimait pas danser ? lança la voix de Dominique, apostrophant James qui s'était depuis longtemps rassis.
La jeune fille se tourna un instant vers sa cousine qui l'observait en souriant. Celle-ci s'approcha d'elle, salua Lysander du regard avant de serrer Rose dans ses bras.
- Tu le mérites Rose. Et je suis certaine que ça va rabaisser le caquet de ce cher ami blondinet, murmura-t-elle avant de s'éloigner.
La jolie rousse demeura un instant surprise, puis croisa le regard rieur de Lys' qui serra ses doigts avec douceur. Ses mains ne tremblaient plus, c'était rassurant en un sens.
- Ce cher blondinet n'a pas l'air de comprendre ce qui s'est passé d'ailleurs, lui glissa-t-il à l'oreille.
- Il n'avait pas dû comprendre pourquoi j'avais été troublée quand tu m'avais embrassée... Pas fûtés ces Serpentards, s'exclama-t-elle avec un sourire amusé.
Les lèvres de son amant dans son cou la firent rire aux éclats, comme pour narguer le malheureux Scorpius qui était demeuré tout bonnement planté aux côtés de Lily. La jeune Potter sembler être peut-être la seule à ne pas avoir encore compris ce que le fait que Rose rentre main dans la main avec Lysander impliquait.
- Qu'est-ce qui t'arrive Scorp' ? s'exclama-t-elle en continuant à danser. Tu es jaloux ?
Ah non ! En fait elle trouvait normal de les savoir ensemble... Scorpius déglutit en fixant sa meilleur amie droit dans les yeux qui lui tira la langue alors que son amant se remettait à rire.
Non loin d'eux, Harry frappa amicalement l'épaule de son meilleur ami. À vrai dire, tous les adultes avaient un étrange sourire. Il n'y avait que Luna et Rolf pour rayonner. Hermione et Ron semblait avoir avaler un citron au miel, et Harry et Ginny se moquaient du père de Rose.
- Dîtes les grands, ça vous direz de vous remettre à vos conversations d'auror, de Quiddich ou de créatures magiques ? lança Lysander en détachant son regard de la jeune fille, pour la première fois depuis qu'ils étaient rentrés.
Pourtant, troublée, Rose préféra l'attirer de nouveau dehors. Elle n'avait jamais aimé être le centre l'attention, et même si les adultes s'étaient détournés, elle aurait su que tous l'observaient.
- On aurait mieux fait de rester ici, murmura-t-elle alors que Lysander l'aidait à remonter dans l'arbre.
- On aurait mieux fait..., souffla-t-il. Alors restons-y.
Le bras qu'il passa autour de se taille la fit frissonner. Blottis l'un contre l'autre, ils regardèrent les étoiles un instant, avant qu'elle ne le sente soudain trembler contre elle. Elle se tourna vers lui, croisa un regard embué. Elle tendit ses mains vers son visage, il ferma ses délicates paupière, goûtant la douceur de ce contact, même s'il ne sentait pas sa peau contre la sienne. Elle l'obligea à le regarder. Et alors elle sut. Elle sut que l'avenir n'était pas que dans les mains. Elle sut ce qu'il faisait en haut de la Tour d'Astronomie la nuit où elle s'y était réfugiée. Elle reposa ses doigts sur ses yeux, se rapprocha de lui, s'assit précautieusement sur ses genoux et, couvrant toujours la vue du jeune homme, elle approcha son visage, l'ôtant lorsqu'il put sentir son souffle sur son visage.
Leurs regards se croisèrent, il esquissa l'ombre d'un sourire qui se tordit vite en une grimace. Elle embrassa cette grimace, comme elle avait embrassé son sourire.
- Le jour où tu voudras me dire ce que tu vois, le jour où tu sentiras que tu ne peux plus porter seul ce fardeau sur tes épaules, je serai là – tu le sais ? Et d'ici là je serai aussi là Lysander... Et après aussi... Je suis là... Je veux être là... J'espère être toujours là.
Elle ponctuait chacune de ses phrases d'un nouveau baiser que le jeune homme acceptait avec tendresse. Les mains de Rose sur ses joues étaient douces, sa bouche aussi, sa taille se mouvait souplement entre ses bras. Il voulut répondre. Il voulut lui dire la seule chose qu'il pouvait dire. Je t'aime. Mais elle ne lui en laissa pas le temps. Elle déposa un nouveau baiser sur ses lèvres, baiser qu'elle n'avait pas l'intention de briser, baiser qu'il n'avait pas l'intention d'abandonner. Il la sentit trembler un peu contre lui, alors il resserra son emprise sur sa taille, comme s'il craignait qu'elle ne se brise. Il lui semblait que ce n'était pas une femme qu'il étreignait, que c'était un ange que ses bras entouraient. Un ange qui allait le sauver... Un ange qu'il voulait sauver.
Comme elle s'y était attendue, Scorpius vint la voir le lendemain. Il gratta tôt le matin à la toile de sa tente, du côté où elle dormait. Encore ensommeillée, elle s'enveloppa d'une couverture et sortit de la tente magique sans faire de bruit, pour ne pas éveiller sa famille. Le jeune homme l'attendait, enveloppé dans sa cape, les cheveux en bataille, un air penaud sur son visage.
- Je... je peux te parler deux minutes ?
- Je ne comprends pas pourquoi je devrais le faire à sept heures du matin, un lendemain de réveillon, mais puisque je suis là, autant t'écouter, réplondit-elle d'une voix qu'elle s'efforça de rendre froide, masquant mal son amusement.
- Je suis désolé Rose. Je... je pense que je n'ai pas compris... ou plutôt que je n'ai pas voulu comprendre pourquoi tu m'en voulais autant de t'avoir écartée de Lysander il y a quelques semaines.
- Je m'en étais bien rendu compte, murmura-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.
- Je suis désolé... je crois qu'en fait...
- Je ne sais pas si tu t'en es rendu compte, Scorp', mais c'est toi qui m'a demandé de sortir de ma bulle. En m'empêchant de régler ce problème – qui n'en était finalement pas un – avec Lys', c'est comme si tu m'avais considérée comme une gamine fragile qu'il fallait ménager. C'est surtout ça qui m'a agacée. Ce n'était même pas le fait que tu ne me dises pas quel était ce qui n'allait pas chez Lysander, ça ne me regardait pas – sauf à partir du moment où il me l'a confié, hier.
- Il te l'a dit ? s'exclama le jeune homme en se redressant brusquement.
- Qu'il voyait l'avenir des gens dans leur main ? Oui Scorpius il me l'a dit.
Il baissa de nouveau la tête, elle poursuivit.
- C'est toi-même qui m'a dit que je devais vivre en me détachant de vous. Mais dès que j'ai cherché à l'approcher, tu as presque tout fait pour me rappeler que je ne savais rien de lui, que j'ignorais des choses que tu savais, comme pour me dire Ne t'approche pas trop de lui, Rosie, tu vois bien qu'il ne veut pas de toi.
- Je n'ai jamais...
- Mais c'est la sensation que j'ai eu Scorpius, trancha-t-elle froidement. En m'empêchant de m'expliquer avec lui, c'est comme si tu m'avais retenue attachée à vous, attachée à toi. Et je ne veux pas cela ! Grâce à toi j'ai eu envie de voler de mes propres ailes. Et c'est toi qui m'en a empêchée.
Les mots de la jeune fille ne rencontrèrent que le silence, son meilleur ami se contentant de fixer la neige à ses pieds. C'était la première fois qu'elle le voyait aussi désolé, malgré son amertume, elle eut pitié de lui et posa sa main sur son bras.
- Je ne t'en veux pas pour m'avoir éloigné de Lys' mais pour m'avoir isolée, murmura-t-elle doucement.
- Je suis désolé Rose..., balbutia-t-il en fuyant son regard. Je... je ne l'avais jamais regardé sous cet angle... je pensais que tu m'en voulais parce que tu aimais Lysander et que je refusais de t'expliquer quoique ce soit.
- C'est charmant de ta part de ne rien m'avoir dit, souffla-t-elle doucement. Et s'il t'a confié d'autres secrets, alors gardes-les précieusement, aussi précieusement que ceux que j'ai pu te confier, qu'Albus ou Lily ont pu te livrer. Tu sais Scorpius – elle effleura sa joue – parfois je me demande ce que tu fais à Serpentard, à part honorer tes ancêtres, car tu pourrais tout aussi bien être à Poufsouffle. Tu es quelqu'un de fidèle, quelqu'un sur qui on peut compter. Seulement souviens-toi que parfois, on aimerait ne pas avoir à compter sur toi.
Le visage du Serpentard se crispa à ces mots, elle savait que cette dernière remarque lui avait fait mal. Il devait pourtant le savoir, elle voulait qu'il comprenne.
- Je n'ai jamais dit que je ne voulais plus avoir à compter sur toi, acheva-t-elle. Je voudrais juste... ne pas oublier que dans deux ans on s'en ira. Qu'on ne sait pas de quoi demain sera fait. J'espère que notre amitié durera toujours, je l'espère vraiment et rien ne me ferait plus plaisir. Mais je ne peux pas en être certaine, et toi non-plus. Et même si nous restons unis, géographiquement je doute que l'on se retrouve au même endroit. Et c'est à ce moment que je m'en voudrais de m'être trop reposée sur vous, sur toi : parce que vous ne serez plus là.
Le jeune homme acquiesça en relevant la tête, pourtant ce fut le visage de la jeune fille qui le convainquit. En croisant son regard, il esquissa un sourire qu'elle imita bientôt, et il la serra dans ses bras.
- Merci de m'avoir dit tout cela, Rose. J'en prendrai compte à l'avenir.
- Merci. Mais... pourquoi être venu à sept heure du matin ?
- Disons que j'ai cru comprendre que tu allais passer plus de temps avec Lysander à présent, marmonna-t-il, mal à l'aise. Alors je ne savais pas à quel moment j'allais pouvoir parler avec toi, et comme je m'en vais demain matin avec Albus...
- Mais on se revoie chez toi pour le Nouvel An ! protesta-t-elle.
- Je sais mais... j'ai juste pensé que peut-être... tu allais vouloir le passer dans sa famille...
- Scorpius ! l'interrompit-elle en lui donnant un coup de coude. Je ne vais pas vous planter. Oui, je suis avec Lysander. Oui, je vais passer du temps avec lui. Mais je vais bien évidemment venir chez toi avec Lily dans quelques jours ! Pour plusieurs raisons : la première est que je l'ai promis, la seconde est que sinon Harry et Ginny ne laisseront pas venir leur fille, la troisième est que j'ai tout simplement envie de vous voir. Et j'aurai tout le temps de voir Lysander une autre fois.
- Si tu veux qu'il vienne...
- Mais arrête de t'angoisser ! s'exclaffa-t-elle. Je ne veux pas qu'il vienne. Pas cette fois. Ce Nouvel An, je veux le passer avec vous, et avec Thomas, Fanny et Nicolas qui ont promis de passer pour deux ou trois heures. Avec vous, tu comprends ?
Il finit par hôcher la tête, souriant maladroitement. Elle se défit de leur étreinte et se mit à rire doucement.
- Il faudra que je dise à Lys' qu'il s'était trompé : il m'avait dit que tu allais venir me parler dès qu'on rentrerait hier soir. Tu ne l'as pas fait.
- Tu le lui diras, murmura Scorpius en souriant se toutes ses dents. Tu lui diras qu'il s'est trompé.
