Hello tutti quanti!
Avec ou sans com', voici le chapitre suivant de notre histoire! Alors je préviens, le debut peut vous sembler bisounours, mais s'il vous plaît, lisez jusqu'à la fin avant de quitter la page... Comme je l'avais précisé dans le chapitre précédent, voici le début de la chute, le début des explications viendra la prochaine fois... Je n'en dis pas plus, j'en ai trop dit!
En espérant qu'il vous plaise, bonne lecture! :)
Disclaimer: Harry Potter ne m'appartient pas, pas plus que la génération suivante!
- Il faudra que je dise à Lys' qu'il s'était trompé : il m'avait dit que tu allais venir me parler dès qu'on rentrerait hier soir. Tu ne l'as pas fait.
- Tu le lui diras, murmura Scorpius en souriant se toutes ses dents. Tu lui diras qu'il s'est trompé.
Elle ne le lui dit pas. Elle se tut à ce sujet car elle avait compris que parler d'avenir à Lysander le brisait. Il voulait vivre, rien de plus.
Ce lendemain de Noël, elle le trouva en train de l'attendre non-loin de la tente de sa famille, dissimulant mal le fait qu'il se trouvait à quelques mètres du campement Weasley pour retrouver la jeune fille. Il semblait tourner en rond dans la neige, elle s'approcha en l'appercevant. Et fut reçue par le plus merveilleux des sourires, et couvrit d'un coup de baguette sa bouche et ses doigts. Et elle saisit la main qu'elle lui tendit. Elle saisit la main qui l'invitait à découvrir, à s'ouvrir. Il saisit la main qui lui donnait envie de poursuivre.
Et dans les jours, les semaines qui suivirent, ils sortirent chacun de leur bulle pour aller timidement vers l'autre. Elle lui montra son monde d'espoir, il lui montra son monde de créature. L'un vivait dans le passé, l'autre ne pensait qu'à l'avenir. Et le fait d'être à deux, d'être si différents les forçait à vivre le présent. Il la forçait à cesser de regarder en arrière, à ne plus penser à la solitude qui l'avait toujours possédée, elle détournait son regard des étoiles et des mains des autres, car son seul désir était de croiser le regard de sa compagne. Il voulait la connaître, comprendre chaque inflexion dans son regard, tout comme elle voulait découvrir la signification de ces fugaces grimaces qui contractaient parfois son visage.
Alors elle s'ouvrait à lui. Pour la première fois depuis longtemps, elle parla de Hansen sans honte. Elle parla de son cœur maladroitement réparé, si fragile qu'elle l'avait tenu enfermé. Et timidement elle le remit à Lysander qui l'accueillit avec un sourire, un sourire qui combla chaque fissure. Il lui remit son avenir en échange. Celui qu'il espérait avoir avec elle, et celui qu'il appercevait dans les mains des autres. Il lui délivra le calvaire qu'il vivait chaque jour. Il lui parla de son grand-père surtout. Xenophilius. Le vieux Xénophilius qui dans quelques années ne reconnaîtrait même plus sa propre fille. Il pleura en le lui disant car jamais encore il n'avait pu le confier à personne, pas même à Lorcan. Il ne voulait pas qu'il sâche. Lui-même aurait préféré ne pas savoir, simplement pour pouvoir profiter des années qu'il avait encore à passer avec le vieil homme.
Elle n'essuya pas ses larmes, ne murmura rien pour le rassurer. C'était peut-être ça le plus horrible pour le jeune homme : il était impossible de le rassurer, car il savait ce qui était vrai et ce qui ne le serait pas. Alors elle serra simplement sa tête contre sa poitrine, caressa ses boucles, les embrassa et referma ses bras sur ses épaules angoissées. Elle ne lui posa jamais la question qui lui brûlait les levres : est-ce qu'il pourrait jamais se défaire de ce fardeau ? Si elle avait songé à le lui demander, les larmes de Lysander pour son grand-père l'en avait dissuadée. Elle ne voulait pas le voir pleurer à nouveau.
Elle le revit pourtant en larmes. Souvent. Parfois lorsqu'il recevait une lettre de Xenophilius, parfois lorsque quelqu'un lui avait, poliment, serré la main, pour le saluer. Il s'effondrait. À peine seul avec la jeune fille il se mettait à grelotter, tombait au sol. Et au milieu de ses sanglots étranglés, il s'excusait de lui faire subir cela. Alors elle l'attirait contre elle, vérouillait la porte, et elle lui assurait qu'elle préférait savoir pourquoi il tremblait que de l'ignorer. Qu'elle préférait qu'il pleure devant elle que seul. Et la crise durait. Parfois cinq minutes. Parfois deux heures. Et à chaque fois il en ressortait épuisé, les yeux cernés et gonflés, sa voix voilée s'excusait encore, alors elle lui caressait la joue et lui disait d'une voix rieuse qu'elle lui pardonnait à condition qu'il essaye de sourire. Parfois il y parvenait, parfois non.
Dans tous les cas elle esquissait elle-même un sourire. Et ce sourire embrassait le sien. Sourire qu'il dévorait en retour avec avidité, tout comme elle. Ses lèvres pressées contre les siennes, il lui répétait à l'infini qu'il y avait encore une chose qu'il reprochait à sa malédiction : elle lui avait caché qu'il existait sur terre quelqu'un qui lui donnerait envie de poursuivre. Alors parfois, elle lui répondait simplement qu'il devait au contraire se réjouir de ne pas l'avoir vu : ainsi il avait eu quelques surprises dans sa vie. Souvent il riait avec elle en retour, et ils sortaient de la salle dans laquelle ils s'étaient enfermés. Un bras passé autour de ses épaules, il lui soufflait tout bas qu'il avait de la chance dans son malheur, plus de chance que tout les devins réunis. Naïve, elle serrait la main posée sur elle, posait l'autre autour de la taille de Lysander. Et, heureuse, elle ne voyait pas son regard s'accrocher encore parfois aux mains des autres.
Elle ne parlait à personne de Lysander, soudain elle comprenait l'espèce de jeu qu'avaient Scorpius et Lily : ils voulaient simplement être tranquilles. Si elle avait pu, elle se serait cachée comme eux. Il n'y avait que Fanny pour lui tirer deux ou trois informations. Fanny qui lui rappelait encore de temps en temps la marque qui scintillait toujours sur la marque de sa taille, mais à laquelle Rose avait fini par s'habituer. Après toutes ces semaines le dessin était toujours aussi voyant pourtant elle ne se souvenait pas d'avoir eu le moindre problème lié à ce tatouage, et elle devait reconnaître que le motif lui plaisait.
- T'es-tu déjà redemandée à qui appartient cette main ? lui avait une fois demandé Fanny.
- Je m'en moque. Je me moque même de savoir si c'est vraiment la marque d'une main ou simplement une reproduction : pour moi c'est celle de Lysander.
- Lui en as-tu déjà parlé ?
- Jamais.
- J'en déduis qu'il ne l'a pas vu.
- Aurait-il dû ? avait-elle demandé d'un air faussement innocent.
- Vous êtes donc aussi plânant que vous en avait l'air ! avait soupiré Fanny en se laissant tomber à côté d'elle sur le lit.
Rose avait haussé les épaules, sans sourciller.
- Sérieusement vous n'avez encore jamais rient tenté ?
- Jamais. Pourquoi ? Aurait-on dû ? s'était agacée a jeune fille.
- Lysander est vraiment un gars étrange...
- Scorpius n'a jamais rien essayé non-plus avec Lily...
- Rose, je t'en prie ! Lily a quatorze ans ! Il en a dix-sept, tu en as seize !
- Il n'a pas la tête à ça ! s'était-t-elle écriée en fusillant son amie du regard. Il n'est pas un des tes copains sans rien dans la tête ! Il en a justement trop dans la tête pour se laisser aller ainsi, tu peux comprendre ça ?
Fanny avait cligné des yeux, avait soigneusement enregistré chaque mot que Rose lui adressait, et elle acquiesça, ne la requestionna plus jamais quant à l'avancement de sa relation avec le Serdaigle. Lysander avait trop de choses en tête pour poser sur un autre endroit du corps de la jeune fille que sur sa taille. Lysander était différent. Elle le retint, et lui cria par chacun des regards qu'elles échangèrent dans les semaines qui suivirent qu'elle serait là le jour où elle voudrait lui en parler.
Et puis juin arriva, avec ses habituels examens, mais surtout avec son parfum d'adieu et de nostalgie. Pour la première fois depuis des mois, elle se mit à penser à demain, à se demander ce qu'ils deviendraient lorsqu'il serait loin de Poudlard. Jamais elle n'avait pensé que Lysander serait celui avec qui elle passerait sa vie, à dire vrai elle ne s'était jamais posé la question. Elle voyait dans les yeux de Scorpius que lui-aussi se le demandait, peut-être même se l'était-il toujours demandé.
Elle sentait que les caresses de Lysander n'avaient plus la même musique. Depuis Noël, elle avait senti le désespoir s'envoler, mais il lui semblait soudain retrouver l'adolescent qui l'avait involontairement embrassée à Pré-au-Lard, un adolescent qui avait perdu son audace. Il n'en restait plus que la tristesse. Pourtant il pleurait de moins en moins, et serrait fort si fort ses mains dans les siennes qu'elle se demandait parfois s'il ne pouvait pas deviner les fissures de sa peau à travers la mousseline tendue. Alors elle ôtait doucement ses mains et lui parlait. De tout, de rien. Elle lui parlait et elle le sentait poser sa tête sur son épaule, l'entendait lui murmurer qu'il souhaitait demeurer à jamais avec elle, à l'écouter parler, à l'écouter respirer. Ce n'est qu'à ce moment qu'elle songeait à demain. Qu'elle songeait à un réveil à ses côtés, à un baiser pour la réveiller, à une caresse sur son visage ensommeillé. Et la première fois qu'elle s'imagina réveillée par les pleurs d'un bébé, elle rougit violemment, le cœur battant, n'osant pas espérer. Son rougissement n'échappa pas au jeune homme, alors elle se dépêcha de fuir son regard avant qu'il ne comprenne. Pourtant, taquin ce jour-là, il le rechercha, et elle vit un sourire tendre fleurir sur ses lèvres lorsqu'il devina ses pensées.
- Qui sait, Rose ? Un jour peut-être, lui souffla-t-il simplement en l'embrassant sur la tempe.
Elle ne répondit pas. Pas qu'elle ait honte, mais elle se sentait stupide de songer, à seize ans, à passer sa vie avec son premier amour.
- Pourtant c'était bien le cas de tes parents, lui signala-t-il, lui rappelant encore son don.
- Ce n'est pas pareil. Sans... sans la guerre... je n'existerais même pas !
- À chacun sa guerre, Rose, répondit-il gravement en plongeant son regard dans le sien. À chacun son rêve. La guerre a disparu mais il n'y a pas que la souffrance pour rapprocher.
Elle se tut encore, et cette fois-ci, ce fut elle qui l'écouta parler. Il parlait d'un ton léger. De créatures surtout, ces créatures découvertes par ses parents. Parmi elle il y avait le Ronflak Cornu, et ils rirent lorsqu'il reparla de cette corne d'Éruptif que sa famille avait pris pour celle d'un Ronflak. Il lui parla aussi des Joncheruines, lui montra ses Lorgnospectres, et ensemble ils s'amusèrent à remarquer que beaucoup d'élèves en avaient la tête farcie. James battait des records, suivi de près par Louis et Will. Par contre, Lily surprit le jeune homme : elle n'en avait pas un seul.
- Pas si Luna notre Lily Luna, rit la jeune fille.
- Ma mère s'appelle Luna, lui rappela Lysander en faisant mine de s'offusquer. Et elle n'en a jamais eu un seul, jamais. Je le sais car lorsque j'était petit, j'étais fasciné par ces lunettes. Mais en fait, contrairement à ce que vous pourriez tous penser, c'est dans la famille des Lovegood qu'il y a les moins de Joncheruines, ajouta-t-il.
Rose se remit à rire, et ils passèrent le reste de la matinée à compter les lueur dans la tête des gens. Un passe-temps comme un autre, commenta Albus d'un air faussement affligé en passant devant eux pour rejoindre les cachots où il devait passer son examen de Potion que Rose passait quelques heures après – le dernier de la série. Les deux adolescents se contentèrent de lui souhaiter bonne chance avant de se replonger dans la contemplation du monde à travers les Lorgnospectres.
Il faisait froid lorsqu'elle sortit des cachots, alors elle accéléra le pas. Ses pensées, déjà s'adressaient à Lysander qui devait l'attendre dans la Grande Salle. Elle pointa sa baguette vers ses lèvres, avec un sourire. Quand brusquement, elle entendit un gémissement dans une salle voisine, comme un sanglot. Elle cessa sa marche, rangea sa baguette et poussa doucement la porte.
Il y avait une silhouette étendue sur le sol, et une autre agenouillée, penchée sur lui. Elle l'embrassait. Rose voyait ses mains tenant fermemant son visage, dévorant presque ses lèvres. C'était cet individu qui gémissait. Alors brusquement, elle sentit tout son sang la quitter. Car l'homme qui se consolait sur cette bouche était Lysander. Il l'embrassait. Il embrassait avec fureur une personne qui n'était pas elle. Ce fut plus fort qu'elle, un cri lui échappa. Il se redressa, la fixa de ses yeux humides. Mais ce ne fut que lorsqu'il la reconnut que de véritables larmes se mirent à dévaller sur ses joues.
- Rose..., murmura-t-il en se remettant sur ses pieds.
- Qui est-ce ? siffla-t-elle.
- Rose je t'en prie, laisse-moi t'expliquer...
- Alors commence par me dire son nom.
Le jeune homme soupira, garda le silence, les larmes coulant toujours en silence de ses yeux. Tremblant de tout son corps, la jeune femme leva sa baguette pour en illuminer la pièce. Au bout de longues secondes, la lumière fantômatique lui permit d'identifer la personne, elle étouffa un nouveau cri.
- C'est James !
Comme toujours, n'hésitez pas à laisser un com'! ;-) Que pensez-vous qu'il se soit passé?
