Hello tutti quanti!
Voici le chapitre suivant de l'histoire des Potter-Weasley et des Scamander-Lovegood! Parce que oui, à présent ce n'est pas qu'on se détachera de Rose et Lys', mais les autres vont être plus visibles.
Merci à ceux qui prennent le temps de laisser un com', ce n'est que depuis que j'écris des fanfic' que je comprends combien ces quelques lignes peuvent être remotivantes! :)
Je précise tout de même que le rythme de parution risque de passer à un chapitre par semaine: je vais bientôt arriver au bout de mes chapitre déjà écrits et même si la suite est bien avancée, je préfère ralentir l'allure que de l'arrêter pour le reprendre plus tard... Mais promis-juré, cette histoire a eu un début et elle aura une fin! ;-)
Chlo: Je te laisse découvrir la suite! Et merci beaucoup d'essayer de poster un commentaire!
Promesse: Pour Lily je ne cache pas qu'il faudra quand même attendre... Mais promis, je ne l'oublie pas! Après tout c'est elle qui a en quelque sorte "tout déclenché"! Pour Lys' tu n'y es pas, du moins pas tout à fait mais ton idée a du sens. Je dirais même que tu as frôlé l'idée... Tu vas voir!
Bonne lecture à tous! :)
Disclaimer: Harry Potter ne m'appartient pas, pas plus que la Nouvelle Génération!
Tremblant de tout son corps, la jeune femme leva sa baguette pour en illuminer la pièce. Au bout de longues secondes, la lumière fantômatique lui permit d'identifier la personne, elle étouffa un nouveau cri.
- C'est James !
Elle n'avait pas remarqué ses paupières closes, son visage sans expression. Elle ne vit que Lysander se décomposer. Il ne répondit pas, et baissa la tête. Elle ne put pas tout de suite quoi dire... Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait tout simplement pas. À peine deux heures plus tôt, Lysander la serrait contre lui, l'embrassait, riait avec elle en regardant au travers des Lorgnospectres. Il ne mentait pas, elle le savait, et la culpabilité qu'elle lisait brusquement dans ses yeux était réelle, tout simplement parce que Lysander ne savait pas mentir. Il pouvait cacher des choses – et tellement ! – mais il ne savait pas mentir. Alors quoi ? Alors pourquoi embrassait-il son cousin ? James... James encore étendu, étalé sur le sol, comme un pantin, comme une poupée. Il avait été ensorcelé. Lysander l'avait ensorcelé, pour l'embrasser... Que s'était-il passé ?
- Rose...
- Je t'écoute Lys', cracha-t-elle plus froidement qu'elle ne l'aurait voulu. Explique-moi depuis combien de temps tu te moques de moi, poursuivit-elle sans écouter la petite voix qui, du plus profond de son coeur, lui hurlait de se taire et d'écouter.
- Jamais Rose..., murmura-t-il d'une voix faible. Jamais je ne pourrais me moquer de toi.
Ce fut plus fort qu'elle, sa main pointa sa baguette vers ses lèvres, faisant disparaître son rouge à lèvres, exposant sa vie à la bouche de son amant. Un geste simple, un geste rageur, mais elle vit, elle sut qu'elle le brisait. Il couvrit son visage de ses mains, tremblant de tout son corps.
- Répond ! cria-t-elle. Explique-moi si tu le peux !
- Je t'aime Rose...
- Je ne sais pas qui tu aimes Lysander! ricana-t-elle amèrement. Je ne sais pas qui touche ton cœur de pierre, mais sûrement pas moi !
Elle voyait le visage torturait du jeune homme, elle savait que l'amour qu'il lui jurait était authentique... mais elle ne parvenait tout simplement pas à le croire.
- C'était pour...
- Pourquoi Lysander ? Parce que tu voulais dominer quelqu'un de démuni ? Parce que tu aimes te sentir dominant ? Parce que c'est excitant ? Parce que l'adrénaline te dope ? Parce que savoir que tu peux te faire surprendre te fait frissonner ? Et bien je te ferai frissonner ! cria-t-elle en fondant sur lui, happant de force ses lèvres, lui offrant chaque ligne de sa peau, agrippant de force ses paumes en y appliquant les siennes. Je te ferai trembler ! siffla-t-elle en reprenant un instant son souffle avant de plaquer à nouveau sa bouche contre la sienne. Je te ferai t'effondrer !
Lysander ne put même pas résister, il ne semblait pas en avoir la force. Malgré ses maigres efforts, il ne put se dégager du terrible baiser que lui infligeait sa compagne en furie. L'air se bloquait dans sa poitrine alors qu'il lisait la vie de la jeune fille, air qui s'échappa brusquement de ses lèvres alors qu'il éclatait en sanglots.
- Arrête Rose, gémit-il contre sa bouche. Pitié... je ne peux pas...
- Ne t'inquiète pas, lui lança-t-elle en le lâchant brusquement, le regardant tomber à genoux, ses jambes se dérobant sous lui. Je ne comptais pas continuer. Je ne comptais pas t'embrasser à nouveau ! Tu me dégoûtes ! cracha-t-elle finalement avec mépris avant de disparaître, le laissant seul et sanglotant, frissonnant.
Presque aussitôt, elle voulut revenir, lui pardonner et le supplier de lui pardonner, sécher ses larmes, lui redire mille Je t'aime. Mais sa rage la poussait loin de lui, loin de son amant. Il l'aimait, il le lui avait dit ! Et elle l'aimait. Et il l'avait trahie. Et elle ne l'avait pas laissé s'expliquer. Elle ne voulait pas l'entendre, elle ne pouvait pas l'entendre sans faire parler à la fois son amour et sa colère, or elle venait de comprendre que c'était peut-être les deux choses qui pouvaient lui faire le plus de mal. Car elle ne pouvait les exprimer que par ce baiser redoutable, ce baiser qui l'effrayait elle-même lorsqu'elle y songeait encore.
Elle ne savait plus où elle allait, elle ne savait pas où ses pas la menaient. Elle ne savait même pas où elle était : les larmes lui brouillaient tant la vue qu'elle n'était capable que d'éviter les murs. Elle ne voyait plus. Elle ne voyait que Lysander penché sur James, l'embrassant avec cette effrayante fureur.
Depuis combien de temps errait-elle ainsi dans les corridors ? Elle n'aurait su le dire, mais plusieurs heures : la lumière avait baissé. Elle ne se souvenait de rien de ces instants, elle ne savait par où elle était passée. Elle ne voyait que ces deux silhouettes s'embrassant, défilant encore et encore dans sa tête. Peut-être avait-elle croisé James à un moment, il avait fait un geste vers elle avant de faire demi-tour. À présent qu'elle y songeait, elle devait l'avoir insulté, lui avoir crié dessus, alors qu'encore une fois son fort-intérieur lui soufflait que son cousin n'était pour rien dans la trahison de Lysander : il n'en était qu'un pantin. Elle n'avait plus croisé personne depuis, ses larmes semblèrent enfin de tarir, elle regarda où elle était.
Ses pas devaient l'avoir menée au rez-de-chaussée, elle distinguait la lumière des portes grandes ouvertes du Hall. Elle chercha à essuyer ses larmes, elle ne voulait pas qu'on sache qu'elle avait pleuré pour lui. Elle ne voulait pas qu'il l'apprenne, elle avait bien trop honte de s'être fait avoir, que tout le monde ne la voit que comme la débutante qu'elle était.
- Rose !
Que Merlin soit maudit ! Il fallait que ce soit Scorpius qui la voit. Oh ! Et il fallait qu'il soit en compagnie d'Albus, et de Louis, et de Will, et pour que personne ne manque, le malheur avait voulu que Nicolas, Thomas et Fanny se trouvent à quelques mètres du Serpentard, et qu'ils l'entendent donc l'appeler par son nom.
Elle chercha à se dérober, à se fondre dans la foule, mais une nouvelle main la retint par le bras. Lorcan. Elle ne l'avait pas vu venir celui-là. Ses « poursuivants » l'entourèrent, elle ne put leur dissimuler son visage trempé de larmes. Elle dut donc endurer leurs Mon dieu Rose, qu'est-ce qui t'arrive ? Et les C'est l'examen de Potion ? T'inquiète pas, je suis sûr que ça s'est bien passer. Et les T'inquiète pas Rosie, c'est sûrement pas si grave.
- Foutez-moi la paix ! hurla-t-elle brusquement en se dégageant. Vous ne pouvez pas comprendre !
- C'est Lysander.
C'était Albus qui venait de parler. Tout bas, calmement. Ce n'était même pas une question : il connaissait la réponse. Et les autres l'apprirent en voyant le beau visage de Rose de décomposer un peu plus, se remettant à sangloter. Son cousin s'approcha , la prit contre lui.
- C'est un porc ! s'étrangla-t-elle sur son épaule. Comment... comment j'ai pu...
- Il t'aime Rose.
- Va te faire voir Lorcan ! Sois tu ne connais pas ton frère, sois tu le couvres ! J'espère pour toi que tu ne le connais pas !
- Rose, et si tu nous expliquais ? murmura la voix douce de Scorpius en posant sa main dans son dos.
Elle cacha son visage dans la poitrine d'Albus qui lui caressa maladroitement les cheveux, secouant frénétiquement la tête, comme pour s'empêcher de lâcher la moindre parole. Alors Louis et Will se retirèrent, Lorcan lui sourit doucement avant de s'effacer, et ses trois meilleurs amis la serrèrent dans leurs bras avant de s'éloigner à leur tour. Il ne restait qu'Albus et Scorpius. Encore eux. Toujours eux. Pourtant cette fois elle fut heureuse que Malefoy soit à ses côtés. Tous deux l'entraînèrent hors du château, la guidant vers un coin du parc peu reculé mais très tranquille. Là, lovée dans les bras de son cousin, ses mains enfermées dans celles du blond, elle leur raconta. Des larmes de rage se remirent à couler sur ses joues. Ses deux amis l'écoutèrent en silence, resserrant un peu leur étreinte quand elle ne parvenait plus à poursuivre.
- Je ne comprends pas, souffla-t-elle finalement. Je ne comprends pas pourquoi il a ensorcelé James, pourquoi il l'a embrassé.
- Rose, murmura doucement Scorpius. Qu'as-tu fais lorsque tu les as vu ?
Elle baissa la tête, honteuse.
- Je lui ai demandé des explications mais... je... je n'arrivais pas à l'écouter, je ne pouvais pas... Je ne l'ai tout simplement pas écouté. Je lui ai craché les pires choses du monde et...
- Et ? l'encouragea Albus.
- Et j'ai fait disparaître mon rouge à lèvres...
- Je ne comprends pas Rose, murmura doucement Scorpius.
- Et je l'ai embrassé, acheva-t-elle en arrachant ses mains des siennes pour en couvrir son visage.
Les deux garçons la regardèrent sans comprendre.
- S'il t'avait trahi, pourquoi l'as-tu embrassé ? Il n'en valait pas la peine, remarqua le brun.
- Parce que... parce que je savais qu'il aurait mal. Parce que je voulais qu'il ait mal !
- Pourquoi aurait-il eut mal ?
- Parce que...
Elle ne put poursuivre, elle n'arrivait pas à dévoiler le secret de Lysander. Malgré le mal qu'il lui avait fait, elle ne pouvait pas le trahir à ce point. Ses doigts fébriles passaient et repassaient sur les contour des lignes de sa main, alors qu'elle serrait les paupières pour ne pas se rappeler. Scorpius suivit son regard.
- Pour lui montrer ton avenir, souffla-t-il.
- Comment...
- Il le lisait sur ta bouche... c'est pour le lui cacher que tu as commencé à maquiller tes lèvres, poursuivit-il, les yeux écarquillés par la surprise.
- De quoi parles-tu Scorp' ? s'exclama Albus alors que Rose se recroquevillait, morte de honte.
- Tu lui as montré ton avenir !
Un silence tomba. Elle tremblait. Malfoy s'était figé. Potter tour à tour les fixait.
- Oui, murmura finalement la jeune fille en levant les yeux vers son ami.
Alors Scorpius, plus pâle qu'un linge leur conta ce qu'il leur avait toujours refusé. Il leur avoua ce qui s'était passé, cette nuit-là à Pré-au-Lard.
Les deux jeunes hommes avaient depuis près de dix minutes quitté précipitamment la table lorsque James pénétra à nouveau dans la taverne, agité et inquiet.
- Scorpius, appela-t-il. Tu veux bien venir deux secondes ? Je vais chercher Lorcan, et je ne veux pas le laisser seul.
Le jeune homme hôcha simplement la tête.
- Écoute Scorp', l'avertit l'aîné Potter alors qu'ils marchaient vers la porte. Ce que tu vas voir, ce que je vais te dire, il vaudrait mieux que tu le gardes pour toi, et uniquement pour toi, je doute que Lysander apprécie que tout le monde saches. Il a pété un fusible, et je crois que tu avais réussi à l'apaiser la dernière fois... c'est pour ça que j'ai pensé à toi. Je... je crois que tout ça n'a rien à voir avec le fait qu'il ait embrassé Rose: ça n'a été qu'un prétexte... pour qu'il explose.
Le jeune Serpentard acquiesça simplement la tête et suivit le frère de son meilleur ami. Celui-ci était étonnamment sérieux, l'inquiétant un peu plus. Il glissa à son tour sa silhouette dans l'embrasure de la porte et il crut recevoir une gifle lorsqu'il baissa les yeux. Le jeune Serdaigle s'était recroquevillé sur lui-même, rongeant ses ongles, s'arrachant ses magnifiques cheveux blonds, le visage couvert de perles gelées. Il grelottait en gémissant, sanglotant si fort qu'il aurait ému le plus insensible des sorciers.
Scorpius s'agenouilla à ses côtés, se souvenant des confidences que Lysander lui avait fait dans le train et prenant donc garde à garder ses gants. Il sortit un mouchoir de sa poche et en essuya les joues craquelées de glace du jeune homme qui finit par articuler un faible « merci » auquel il répondit par un sourire, serrant doucement sa main, constatant que Lysander s'était détendu en s'apercevant que leurs peaux ne se touchaient pas.
Le jeune homme leva les yeux vers les étoiles, et Scorpius le vit soudain écarquiller les yeux, épouvanté et s'effondrer de nouveau.
- Va chercher Lorcan, chuchota-t-il à l'oreille de James qui était jusqu'ici demeuré à l'écart, comme s'il hésitait à s'en aller malgré la présence du Serpentard. Il me semble que je l'ai vu aller du côté de la Cabane Hurlante avec Ada, sa petite amie.
L'aîné des Potter hocha simplement la tête avant de disparaître.
- Qu'est-ce que qui se passe Lysander ? murmura-t-il une fois que l'autre se fut éloigner.
Il vit le Serdaigle se mordre les lèvres jusqu'au sang, secouant frénétiquement la tête.
- Personne ne t'a touché cette fois-ci, signala-t-il prudemment
- Mais j'ai touché Lily dans le train ! articula Lysander avec désespoir.
- Qu'y as-tu vu de si effrayant ?
- Tais-toi ! cria le jeune homme en le repoussant.
- Écoute-moi bien Scamander, siffla Malfoy. Je ne sait pas ce qui ne tourne pas rond chez toi, je ne sais pas d'où te vient ce don étrange ! Mais Lily est mon amie et si elle est...
- Elle n'a rien à craindre si c'est ce que tu crains, lâcha Lysander en cessant un court instant de trembler.
Sans le vouloir, Scorpius laissa échapper un soupir de soulagement dont il eut aussitôt honte. Il songea soudain à quelque chose que Rose lui avait fait remarqué, quelques jours après le bal Halloween.
- Lysander, appela-t-il doucement en posant ses mains sur les siennes pour les écarter de son visage.
Son cœur se serra lorsqu'il croisa de nouveau le regard de noyé du jeune homme. C'était pire encore que le regard que son père avait une fois eu en réveillant en hurlant d'un cauchemars.
- Tu sais ce qui rend parfois Lily triste, n'est-ce pas ?
Un hoquet étranglé lui répondit. Il secoua frénétiquement la tête dans tous les sens en haletant. Scorpius ne put distinguer aucun des mots qu'il balbutiait. Il effleura le front de Lysander, il était tout bonnement brûlant, alors comme James, il ramassa un peu de neige et l'appliqua doucement sur les joues de Scamander. Celui-ci ne sursauta même pas, continuant de gémir, de haleter, de pleurer.
Il entendit soudain des pas courant dans la neige. Il se retourna et vit Lorcan se précipiter vers eux. Il crut un instant qu'il allait tenter tout comme lui d'apaiser son frère, déjà Scorpius doutait que le jumeau de Lysander y parviennent tant l'angoisse qu'il lisait dans ses propres yeux était profonde. Comment pouvait-il espérer calmer le jeune homme si lui-même n'était pas serein ? Pourtant, sans un mot, presque sans un regard, Lorcan tomba à genoux aux côté de son frère dément et le serra contre lui. Il le serra comme s'il tenait un enfant qui venait tout juste d'échapper à la mort. Un étreinte dont la seule vue dégageait de la chaleur.
Scorpius recula mais ne put défaire son regard de ce tableau, de ces deux frères. Il discernait les balbutiements affolés de Lysander que Lorcan apaisait en passant et repassant sa main dans ses cheveux.
- Je n'en peux plus Lorcan... j'en peux plus... C'est trop... trop de voir tout ça... Même les lèvres des autres... Autant que leurs mains...Plus que leurs mains...
- Calme-toi Lys', murmura son jumeau en le serrant un peu plus fort contre lui.
- Et ça va pas s'arrêter si je n'empêche pas tout ça... Je vivrai toujours avec... avec... avec...
- Tu ne vivras pas toujours avec. Je te le promets.
- Et pourquoi pas ? répliqua son frère avec un sanglot déchirant. Pourquoi j'arriverais à l'empêcher de se foutre en l'air ?
À ce mot, Scorpius sentit son cœur se glacer et il dut se retenir pour ne pas poser la question qui lui brûlait les lèvres : de qui parlait-il ?!
- Parce que tu es comme Maman ? lui souffla Lorcan. Tu es comme elle. Parce que tu vas arriver au bout de tes peines !
- Mais Maman elle en avait trouvé la volonté...
- Je t'interdis de dire ça Lys' ! Tu m'entends ? Tu n'en as pas le droit ! Si tu ne veux plus le faire pour toi, alors fais-le pour moi... Lys'... Je t'en prie...
- Tu ne peux pas comprendre.
- Au contraire, je comprends que tu ais envie de lâcher l'affaire mais Lys'... Ça fait des années que tu sais qu'un jour tu pourras t'en débarrasser ! Des années que tu attends ce moment !
- DES ANNÉES QUE JE LE REDOUTE ! hurla Lysander en le repoussant. Des années que je redoute le jour où enfin je trouverai ça dans la main de quelqu'un ! Des années que je penses que si jamais je n'arrive pas au bout, je resterai pour toujours avec ce fardeau !
Il se leva en repoussant Lorcan, les yeux fous.
- Tu sais ce que c'est que de vivre avec ÇA ?! De frôler simplement la main de quelqu'un pour te décortiquer son passé, son présent et son avenir ! D'entendre en permanence des murmures que je vais entendre pour de bon dans quelques secondes ! De ne pas avoir de surprise dans sa vie ! Et pourtant de ne pas être capable de se contrôler, ni même de s'expliquer ce que je fais. J'aime les Libellules, je ne sais même pas pourquoi si ça me fais plus mal encore quand je lis sur leurs ailes qu'elles vont se faire gober par une grenouille dans quelques instants ! Et grand-père ! Comment veux-tu que je ne m'inquiète pas si je sais comment il va finir ! Je le SAIS ! Tu peux comprendre ça Lorcan ? Dis-moi que tu le peux ! Je t'en supplie Lorcan ! Dis-moi que tu comprends ! Dis-moi que ça va s'arrêter !
Il avait agrippé son aîné par le col de sa cape et s'y cramponnait en hurlant son désespoir. Le brun avait beau murmurer des mots les uns après les autres, rien n'y faisait, il continuait de hurler, de pleurer. Scorpius avait honte de se trouver là, de voir Lysander dans cet état second, aliéné. Pourtant en s'éloignant, il rappellerait sa présence. En demeurant immobile, il était certain qu'on l'oublie.
Il détourna simplement les yeux, cherchant à ne rien entendre. C'était impossible. On pouvait fermer les yeux sur bien des choses, mais même un sourd aurait senti le désespoir du fils de Luna. Il perçut soudain un mouvement de Lorcan. Un mouvement qui n'était pas pour étreindre son frère. Il tira tout bonnement sa baguette.
- Ne fais pas ça ! siffla Lysander. Je te l'interdis !
-Tu sais que je vais le faire, murmura son jumeau, et Scorpius le trouva cruel de dire une telle chose.
- Ça ne changera rien !
- Pas cette fois. Tu ne le changeras pas cette fois.
Il avança sa main libre pour effleurer la joue moite de son frère. Celui-ci se savait impuissant, comme toujours, il ne chercha même pas à se dégager. Ses yeux écarquillés fixaient le visage de Lorcan. Son expression était le miroir de la sienne : épuisée, appeurée.
La baguette de Scamander dessina une gracieuse arabesque dans les arts, et Lysander s'effondra endormi sur lui.
- Scorpius, appela doucement la voix du brun. Aide-moi à le ramener au château.
Malfoy s'approcha à pas de loup. Les traits de Lysander étaient doux, et la souffrance semblait l'avoir déserté. Il saisit un des bras du jeune homme pour le passer autour des siennes. Le son de leur pas et des bottes de l'endormi trainant dans la neige résonnèrent dans le silence de la nuit. Ils marchèrent. Longtemps. Scorpius lançait régulièrement des coups d'œil à Scamander mais celui-ci semblait avoir oublié sa présence.
Le château fut bientôt en vu, avec sa sombre silhouette et ses corbeaux. Il lui sembla soudain bien peu illuminé, comme si on y avait éteint toute lumière. C'était triste. Mais c'était beau. La tour d'astronomie se découpait un peu du reste, étant la plus haute de toutes.
Personne dans le hall quand ils y entrèrent. Ils reposèrent un instant Lysander sur le sol, ou plutôt sur leurs capes d'hiver. Ils s'assirent à côté, et Malfoy eut l'impression de veiller un cadavre, alors il se redressa brusquement. Lorcan garda la tête baissée. Peut-être pleurait-il...
Sans un mot le blond reprit un des bras du jeune homme et son frère fit mécaniquement de même. Les escaliers furent difficiles à monter, ils s'arrêtèrent à plusieurs reprises. Et comme si le château s'était levé contre eux, les escaliers n'en firent qu'à leur tête, rallongeant considérablement leur trajet.
Ils finirent pourtant par se retrouver devant un mur orné d'un bec. Scorpius n'écouta même pas la devinette étant donné que ce n'était pas à lui de répondre. Le passage s'ouvrit mais Lorcan le regarda.
- Je pense que j'y arriverai tout seul, marmonna-t-il.
- Arrête de dire des bêtises, je monte ! rétorqua Malfoy. Et qu'on m'expulse en me reprochant d'être un espion Serpentard ! Je vais quand même pas te laisser grimper ces escaliers tout seul.
- Je l'ai déjà fait tu sais, murmura tristement Lorcan, les yeux baissés.
- Et bien tu ne le feras pas cette fois !
L'autre haussa les épaules, acquiesçant en silence. La tête de Lysander dodelinait sur son épaule, ses mèches blondes venait chatouiller la joue du Serpentard. Les larmes qui avaient gelé sur son visage avaient fondu, et c'était comme s'il venait de pleurer.
Il n'y avait presque personne dans la salle commune, les uns étant encore à Pré-au-Lard, les autre encore dans le reste du château. Il y avait toujours juste quelques premières années qui esquissèrent un geste pour venir les aider mais un signe de Lorcan les en dissuada. Scorpius sentit son cœur se serrer en constatant que le brun n'avait pas menti : ce n'était pas la première fois qu'il ramenait son frère dans cet état.
- Savent-ils ce qui le détruit ainsi ? murmura-t-il tout bas au jeune homme alors qu'ils montaient les escaliers menant au dortoir.
Lorcan frémit au mot « détruire » avant de soupirer, sans rien ajouter. Sorpius n'insista pas, l'aidant à monter les dernières marches. Le Serdaigle poussa la porte du dortoir. La pièce était spacieuse, mais l'autre ne put retenir un gémissement désemparé : les lits étaient en mezzanine, on ne pouvait y accéder que par l'une de ces étroites échelles. Malgré son air jusqu'ici lugubre, Lorcan sourit, amusé.
- Les Serdaigles sont des aigles. Il faut bien qu'on vivent sur les hauteurs !
- La tour de Serdaigle est déjà une des plus hautes ! Ça ne vous suffit pas ? grogna Scorpius.
L'autre secoua la tête, avant de reposer son frère sur le sol, tout doucement, comme s'il était de cristal. Et il se dirigea vers une des malles qui étaient posées contre un mur. La sienne vraisemblablement puisqu'il l'ouvrit et entreprit de farfouiller méthodiquement à l'intérieur. Le Serpentard écarquilla les yeux en le voyant en tirer un balais. Son œil de joueur de Quiddich reconnut un vieux Comète 260. C'était un balais de ce genre que son père avait eu la première fois qu'il était monté sur un balais !
- Désolé si je scandalise le champion que tu es. Mais je ne suis pas joueur, et ce balais est largement suffisant.
Quand il le vit enfourcher son balais, Scorpius blêmit : il doutait sincèrement qu'un balais si vieux puisse supporter le poids des deux frères. C'était un coup à se tuer : une fausse manœuvre, et le balais partait dans le mauvais sens : au plafond, contre un mur, contre une fenêtre... En voyant les joues blêmes du Serdaigle, il sut que ce dernier était parfaitement conscient des risques.
- J'espère que tu ne te vexeras pas... mais tu veux bien me laisser le faire ?
Lorcan l'observa un instant en silence avant de lui tendre le Comète. Scorpius respira un peu mieux. Les balais avaient beau se perfectionner chaque jour un peu plus, leur décollage était toujours le même : que ce soit un vulgaire balais de cuisine ensorcelé ou un Ultime Nimbus Bolid, le principe était le même.
Avec mille précautions, il chargea Lysander sur le balais. Le jeune homme était comme une marionnette fragile entre ses mains. Ils grimpèrent lentement les trois mètres, et Scorpius le déposa sur le matelas. Son visage était toujours aussi pâle, et il tremblait un peu, il entreprit donc de lui ôter son manteau, son écharpe, son pull avant de l'envelopper sous les couvertures. Puis, il descendit en silence. Lorcan était assis sur sa malle, ses mains cachant son visage.
- Ils ne savent pas, souffla-t-il soudain sans relever la tête. Ils ne savent rien. Certains pensent qu'il est juste émotif ou fragile, d'autres croient que Lysander est atteint d'une maladie bizarre qui le fait parfois s'endormir partout, d'autres, plus médisants, le croient drogué... Mais personne ne sait.
- Qu'est-ce qu'ils ne savent pas ?
Lorcan le regarda cette fois-ci. Il n'avait pas pleuré mais ses yeux étaient humides.
- Je sais que Lysander t'en a parlé... ce don... cette malédiction...
- Il n'y a donc que toi et moi qui le sachions ?
- Dans le château il n'y a que McGonagall et Neville qui soient aussi au courant. Et à part ça... nos parents et grand-parents... personne de plus. Quand il a su qu'il était de ceux qui voient l'avenir, mon frère m'a fait promettre de ne le dire à personne. Jamais.
- Et... de quoi parlait-il tout à l'heure ? Quand il a dit qu'il avait vu quelque chose dans la main de quelqu'un et que s'il n'arrivait pas au bout, il resterait toujours avec ce fardeau...
Le Serdaigle soupira encore, se passa machinalement la main sur le visage en jetant un coup d'œil à la mezzanine. On devinait le corps de Lysander, il serra ses paupières, comme si en effaçant son frère de sa rétine il effaçait aussi ses souffrances.
- Tu ne t'es jamais interrogé sur les gens comme lui, n'est-ce pas ? Tu t'es toujours dit que c'était ridicule, que personne ne pouvait voir l'avenir, et je reconnais que si je n'avais pas eu Lysander je l'aurais cru aussi. Mais... – il baissa un instant la tête, Scorpius s'assit contre le mûr, sur le tapis – le fait est qu'il y a des gens qui n'ont jamais demandé à voir l'avenir et qui le connaissent sans jamais l'avoir appris, et précisément. Ils n'ont pas besoin de cartes ni de boule de cristal. Les mains des autres, leurs yeux, et les étoiles suffisent. Lysander est de ceux-là. En te regardant dans les yeux, il devine si tu caches quelque chose, en t'effleurant la main, il l'apprend. Certains en profitent presque honteusement, mais pas mon frère. Dès l'instant qu'il a su, on était très jeune tous les deux, on avait peut-être sept ans, il a voulu savoir comment se débarrasser de ce... don – il cracha de dégoût en prononçant ce mot. Mes parents ne se sont jamais opposés, ils se sont penchés sur les livres, délaissant leurs recherches, jusqu'à ce qu'en désespoir de cause mon grand-père lance un appel à témoin dans Le Chicaneur. Et quelqu'un a répondu. Quelqu'un nous a contacté, nous apportant de vieux manuscrit italiens qu'il avait pris la peine de traduire pour nous. Il a vu Lysander, et il s'est tourné vers mes parents en leur mettant les feuillets dans les mains. J'espère qu'il parviendra à se libérer, a-t-il dit. Parce que tous ne dépend que de lui.
Il s'interrompit en fixant le Serpentard. Ce dernier ne le quittait pas des yeux, gardant le silence, sentant une main glacée lui serrer le cœur.
- Les gens comme lui naissent avec ce don, mais ils peuvent le rendre. Ils n'ont qu'une chance, ne doivent pas la perdre. Quand ma mère l'a su, elle a fondu en larme, maudissant les voyants comme son ancienne professeur de Poudlard qui passaient son temps à prévoir la mort des autres. Parce que la seule prophétie que Lysander pourra empêcher, c'est la mort de quelqu'un. La première mort brutale qu'il verra dans une main.
- Et Lysander l'a vu dans la main de Lily, murmura Scorpius en fermant les yeux. C'est pour ça qu'il a paniqué. Et il l'a revu sur les lèvres de Rose...
Lorcan ne répondit pas, son visage anéanti suffisait. Malefoy déglutit avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis le début.
- Cette... cette personne qui doit se suicider... se... foutre en l'air, comme il a dit... Qui est-ce ? Scamander rétourna son regard mais Scorpis se releva, l'obligeant à le regarder. Lorcan je sais que c'est quelqu'un de proche de Lily, alors je t'en supplie dis-moi qui c'est !
- Si seulement je le savais ! répondit le Serdaigle en éclatant brusquement en sanglots. Si seulement il acceptait de me le dire ! Si seulement... alors... alors je pourrais l'aider... alors je pourrais... je pourrais aider mon frère... l'aider à ne pas devenir fou mais... mais il refuse de me parler de ça ! Il se réveille en hurlant la nuit ! On a dû jeter des sorts à nos compagnon de chambre pour ne pas les réveiller ! Et il se réveille en hurlant... et il délire... mais jamais... jamais... même dans son délire... jamais il n'a dit de nom... – Lorcan se recroquevilla, les mains si profondément enfoncées dans ses cheveux qu'il aurait pu se les arracher. – Et je me sens impuissant Scorpius ! J'ai l'impression de ne servir à rien ! J'ai l'impression qu'il ne va pas y arriver seul alors que c'est ce que je me tue à lui faire croire ! – Il releva vers lui son visage inondé de larme, si semblable à celui de son jumeau – J'ai peur de le perdre... j'ai peur parce que je sens que la personne qui nous remis ces manuscrit avait déjà perdu quelqu'un à cause de ce don... mais pas parce qu'il était la personne dont la mort était écrite... je suis sûr qu'il a échoué... qu'il ne l'a pas supporté... et qu'il a mis fin à ses jours... J'ai peur que Lysander fasse la même chose ! Alors je peux dire que je vis comme lui... Lui tremble pour la mort de l'autre, moi je tremble pour lui !
Scorpius posa main sur son bras, l'intimant au silence par ce simple geste. Le Serdaigle jeta un regard éperdu vers lui, comme s'il attendait que ce soit lui qui lui donne la réponse.
- Je crois savoir comment aider Lysander.
L'autre le regarda d'un air sceptique, si désespéré qu'il lui semblait que le jeune Serpentard ne pourrait que le blesser davantage, les blesser lui et son frère, les briser, peut-être les tuer... Cela faisait si longtemps que les jumeaux tremblaient ensemble sans le savoir, se croyant seuls au monde. Il lui paraissait impossible que quelqu'un d'autre eût trouvé une solution.
- Lily a peur. Lily sait de qui il s'agit.
Cette fois Scamander se redressa, le regard si animé que Scorpius en oublia qu'il était plein de larmes. Il frissonna, en fermant les yeux. Puis un sourire se dessina sur ses lèvres. Et ce sourire si lumineux lui en rappela un autre. Celui de Lysander. Un sourire qu'il n'avait pas vu depuis longtemps, un sourire qu'il voulait revoir. Un sourire si vivace, si plein d'espoir qu'il ne pouvait que se battre pour lui.
Alors sans un mot de plus il bondit sur ses pied. Il pouvait être en cinq minutes dans le hall d'entrée, en quinze minutes à Pré-au-Lard. Il pouvait aller retrouver les autre, leur dire qu'il avait ramené Lysander. Il pouvait rassurer James qui devait se faire un sang d'encre, et se joindre à Louis et William pour faire oublier aux autres l'incident. Il pouvait attirer Lily à l'extérieur, il pouvait lui faire regarder les étoiles... lui parler d'avenir, dériver sur la divination, rappeler l'épisode du train... Il pouvait... Il pouvait l'interroger. Il pouvait la supplier de savoir, de l'aider à comprendre. Il pouvait lui avouer qu'il s'inquiétait pour elle, et lui dire que Lysander avait dit dans le train qu'elle avait peur. Il pouvait lui dire qu'il ne voulait pas qu'elle ait peur, parce qu'elle était tellement plus jolie lorsqu'elle était gaie!
Voilà, vous connaissez à présent presque tout le secret de Lysander...
Avec cette explication, à vous d'essayer de recoller les morceaux pour comprendre d'ici la parution du prochaine chapitre! ;-) ça me semble logique, à vous de me dire si c'est juste une impression parce que je l'écris ou si la suite se dessine déja...
A la prochaine! :)
