Bonjour à tou(te)s !
As always : des millions de mercis à l'ensemble de mes revieweurs/euses d'amour ainsi qu'à ceux qui font des ajouts en fav/alertes. :)
Le précédent chapitre n'a pas forcément plu à tout le monde donc j'espère que celui de cette semaine saura faire l'unanimité auprès de vous.
Une petite information avant de poursuivre : une annonce sera faite sur FB trèèèèès prochainement. Elle concernera l'ensemble de mes lecteurs et devrait ravir ceux qui ont pu apprécier Sans équivoque. Voilà, je ne n'en dis pas plus pour le moment. ^^
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RàRs anonymes :
Guest : Je suis ravie que tu aies apprécié la réaction d'Hermione au cours du dernier chapitre. Je ne dirais pas que Drago est prêt à tout pour la récupérer. Si ses demandes avaient été trop extravagantes, il se serait certainement arrangé pour ne pas avoir à y répondre. Mais il juge que ses trois « épreuves » sont légitimes vis-à-vis du comportement qu'il a pu avoir. Il sait qu'il a vraiment, vraiment merdé et il est prêt à faire amande honorable même si, pour cela, il doit humilier Pansy, se rendre malade et prononcer des excuses publiques. Voilà ! Comme toujours : des milliers de mercis pour ta review. J'espère que ce nouveau chapitre te plaira. Je te souhaite, également, une excellente semaine ! :)
PS : Comme promis, Drago t'envoie ses « bisous de la mort qui tue » pour te remercier, à son tour, d'avoir pris le temps de laisser un petit mot.
Bellasidious : Ça me fait super plaisir que cette fic' continue de te plaire autant. C'est génial et j'espère de tout cœur que ça durera ainsi jusqu'à la fin. Merci pour ton magnifique compliment. :) Et, bien évidemment, merci, merci, merci pour ta nouvelle review ! Bisous.
PS : Comment promis, tu gagnes également les « bisous de la mort qui tue » de Drago pour te remercier de ta review ! )
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Alors le dîner de nos Dramione se déroulera-t-il correctement ? Notre petit Drago sera-t-il finalement en mesure de récupérer son Hermione pour de bon (pour ne la mettre que dans son lit bien sûr !) ? Ou pas… ? Eh bien je vous propose de le découvrir avec ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira.
Très bonne lecture à vous tous et je vous dis à tout à l'heure avec la note de fin. :)
Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 45 : Conversations entre adultes
- ATTENDS ! s'écria Hermione. Es-tu certain d'avoir tout bien fait correctement ?
- Eh ! Détends-toi Granger ! Et oui, je suis certain. Comme j'étais certain il y a déjà trente secondes et comme je serais certain même si la potion ne fonctionne pas, répondit Blaise pour, au bas mot, la cinquième fois depuis qu'ils étaient arrivés, vingt minutes plus tôt.
- Tu crois que ça ne va pas fonctionner ? s'inquiéta la jeune femme en se mordant la lèvre.
- Je ne sais pas. Comme je te l'ai dit, cette potion rate une fois sur deux malgré l'utilisation d'ingrédients identiques… Alors prions Merlin pour qu'on ait de la chance et que ça marche.
Hermione lui jeta un coup d'œil presque apeuré alors qu'il approchait une nouvelle fois une fiole contenant sa potion de celle de la Gryffondor.
- Bon, je peux y aller ? se renseigna-t-il.
- O… Oui je crois, bredouilla Hermione qui sentait son cœur battre de plus en plus fort.
Blaise leva les yeux au ciel puis versa d'un trait le liquide bleu électrique dans la potion vert menthe destinée à débarrasser Narcissa Malefoy de sa maladie. Hermione retint sa respiration alors que sa potion se mettait à bouillir fortement puis à écumer. Elle fonça brusquement, devenant bleu pétrole avant de virer au noir. La Gryffondor tourna la tête vers Zabini, de plus en plus inquiète, tandis que son remède devenait aussi pâteux que du goudron.
- Ça a raté, n'est-ce pas ? demanda-t-elle finalement d'une toute petite voix, priant intérieurement pour que le potionniste ait une explication rationnelle à ce qui était en train de se passer.
Il ne répondit pas mais hocha lentement la tête en soupirant. Hermione ferma les yeux puis se passa une main devant le visage. Tous leurs espoirs s'étaient envolés en fumée. Narcissa ne recevrait jamais le traitement à temps…
- Tu devrais tout de même essayer de lui donner celle sans Corne de Bicorne, dit alors Zabini d'une voix morne en posant les yeux sur la seconde potion qu'avait préparé Hermione.
- Bien sûr, mais je crains que cela n'ait pas suffisamment d'effet… La Corne de Bicorne me semblait réellement importante…
- Je sais. Je suis désolé.
- Ce n'est pas ta faute, lui dit doucement Hermione en posant une main amicale sur son biceps.
- Je sais… répéta-t-il. J'ai vraiment pensé que ça fonctionnerait. Si j'avais su, j'en aurai commencé une ou deux autres, ou alors j'aurais…
- Ça n'aurait rien changé, Blaise. Nous n'aurions jamais pu toutes les tester puisque nous n'aurions jamais eu assez de Venin d'Acromentule. Nous avons essayé et cela n'a pas fonctionné. Narcissa savait que l'entreprise était risquée et qu'elle n'avait que très peu de chances de guérir.
- Oui mais elle avait repris espoir, je ne veux pas être celui qui va lui enlever ça... Et Drago ! Merlin, Drago…
- Calme-toi, Zabini, souffla Hermione qui se sentait tout aussi peinée que lui. Je leur en parlerai. Après tout, je suis la Médicomage de Narcissa, je lui expliquerai donc ce qu'il se passe.
- Hum… grommela-t-il.
- Et puis, peut-être que ça fonctionnera même sans la Corne de Bicorne, dit-elle sans réelle conviction.
Blaise ne répondit pas mais posa sur elle un regard éloquent.
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- De combien de temps penses-tu qu'elle ait encore besoin avant d'être prête ? demanda la jeune femme quelques minutes plus tard en remuant sa potion faite à partir de racines de gingembre, d'épines de porc-épic, de pus de Bubobulb et de venin d'Acromentule.
- Je dirais au moins quarante-huit heures, répondit distraitement Blaise en jetant un énième sortilège visant à récurer son chaudron contenant la potion ratée.
- Bien. En attendant, je vais me replonger dans les différents manuels que tu as pu m'apporter pour essayer de trouver une solution qui pourrait contrebalancer l'absence de Corne.
OoOoOoO
Trente minutes plus tard, Hermione était de retour chez elle. Elle se débarrassa de son manteau et de son écharpe avant de se diriger vers la cuisine. Elle mit de l'eau à bouillir, sortit du poulet du réfrigérateur et entreprit de le découper en petits cubes avant de le mettre à cuire dans une poêle, faisant de même avec des champignons frais qu'elle tailla en lamelles. Au bout d'un moment, la jeune femme versa une certaine quantité de pâtes dans l'eau puis se rendit dans son bureau le temps que son repas finisse de cuire. Elle récupéra les livres que Blaise lui avait gracieusement prêtés depuis qu'elle s'était lancée dans la préparation d'une potion pour Narcissa. Elle en profita pour administrer une caresse à son hibou, qui semblait très heureux d'être finalement rentré chez lui où il pouvait profiter de beaucoup plus de calme que chez les Potter où Lily hurlait toujours pour un rien. Hermione vérifia que Bacchus ne manquait pas d'eau ni de nourriture puis regagna la cuisine.
Elle avait décidé de réinvestir son appartement le matin même. Outre le fait qu'elle se soit plus ou moins réconciliée avec Drago, c'était surtout le calme et la liberté de faire les choses comme elle l'entendait qui manquait à Hermione. La vie d'Harry et Ginny était réglée comme du papier à musique entre leurs deux enfants, le travail d'Harry – puisque sa femme était toujours en congés maternité – et les différents Weasley qui venaient à intervalles réguliers rendre visite ou quémander des services… Aussi Hermione était-elle plus que ravie de retrouver son appartement, même si elle avait, bien entendu, chaleureusement remercié les Potter pour lui avoir permis de se loger chez eux quelques jours.
La Gryffondor remua ses pâtes, secoua les poêles puis alla prendre le courrier du jour. La publicité pour un abonnement annuel à Sorcière Hebdo finit à la poubelle, le détail de sa fiche de paie fut ouvert puis envoyé magiquement dans son bureau pour qu'il rejoigne les autres et la jeune femme garda près d'elle la lettre qui provenait très certainement de Scorpius. Elle l'ouvrit mais ne la lut pas dans l'immédiat, allant plutôt finir de préparer son repas.
Attablée devant ses tagliatelles au poulet et champignons, Hermione se servit un grand verre d'eau avant de décacheter la missive de Scorpius et de la lire.
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Jeudi 24 octobre
Coucou Hermione,
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J'espère que Blaise a vraiment pris les choses en main et que tout va mieux avec Papa depuis ma lettre de mardi.
Sinon, pour moi, tout va bien. Hélène, Daniel (le garçon de ma maison avec qui je suis devenu plus ou moins ami) et moi faisons souvent nos devoirs ensembles mais ils se reposent presque tout le temps sur moi pour leur apporter les réponses. Ils disent que je suis une espèce de grimoire ambulant (ils m'appellent Mr-j'ai-toujours-la-réponse …) et qu'en plus, comme tu m'aides, je n'ai pas d'excuses et que je dois, à mon tour, les aider… Enfin, c'est surtout Daniel qui me demande sans arrêt de l'aide parce qu'Hélène sait que ça m'embête un peu parfois.
Mais bref, je t'envoie cette lettre parce qu'en faisant ma dissertation sur la potion pour soigner les furoncles, je suis tombé sur une potion que je ne connaissais pas. J'ai voulu en savoir plus mais d'après Mrs Pince, seuls les livres de la réserve pourraient m'aider et je n'y ai pas accès. Du coup, je me suis dit que j'allais te poser la question. C'est la potion d'Amplification. Elle semble plutôt simple comme ça alors je ne comprends pas trop pourquoi je ne trouve aucun renseignement dans les autres livres de la Bibliothèque. En plus, j'ai regardé, elle n'est au programme d'aucune des années… Connais-tu cette potion ? Penses-tu que je pourrais en parler dans ma dissertation ?
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J'espère vraiment, vraiment que Papa est venu s'excuser, que Blaise n'a pas fait n'importe quoi, que Grand-mère va bien (même si tu m'as assuré que c'était le cas dans ta dernière lettre), que tu vas bien aussi et que toi et Papa allez bientôt redevenir amoureux ! J'en ai parlé à Hélène elle m'a dit qu'il fallait absolument que tu pardonnes à mon père parce qu'il était trop beau (les filles j'te jure…) et que toi tu étais – je cite – « trop géniale » et aussi que, même si elle ne vous a vu que séparément et dans des magazines débiles pour filles, elle trouve que vous allez – je cite encore – « vraiment méga trop bien ensemble »… Même si je crois qu'elle veut surtout que toi et Papa retombiez amoureux tout ça pour que je puisse l'inviter pendant les vacances et qu'elle puisse (enfin) te rencontrer… - et aussi voir Papa, puisqu'il est soi-disant « trop beau » …
Enfin bref, je t'embrasse ! A bientôt,
Scorp'
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Hermione n'avait lu que très rapidement la fin de la lettre du jeune Serdaigle, ses méninges tournant déjà à plein régime alors que Scorpius Malefoy venait peut-être de lui donner la solution à tous ses problèmes. Ne terminant même pas son repas, Hermione se leva de sa chaise, et transplana.
OoOoOoO
- OH MERLIN ! s'exclama la Gryffondor en pivotant brusquement sur elle-même afin de tourner le dos à un Blaise Zabini dans son plus simple appareil.
- Granger ?
- Zabini, s'il-te-plaît, met quelque chose sur toi, le supplia Hermione en fermant les yeux, même si elle ne pouvait plus le voir.
Le Serpentard ricana.
- Oh je t'en prie, Grangie… ne fais pas ta prude.
- Tais-toi et enfile quelque chose ! Je dois te parler !
- Oh je vois, répondit-il sur le ton de la conversation. Miss Granger débarque chez moi sans invitation et commence à me donner des ordres. Désolée ma belle mais je crois que tu t'es trompée de Manoir… Celui de Malefoy, c'est de l'autre côté du pays…
- Ne commence pas à raconter n'importe quoi, Zabini ! C'est important ! s'impatienta Hermione en croisant les bras sur sa poitrine, de plus en plus agacée.
- Ok, ok…
Il y eut un léger blanc avant qu'il ne lui demande de se retourner.
- Tu es certain que tu as mis quelque chose ? lui demanda la jeune femme, suspicieuse.
Elle l'entendit soupirer.
- Putain je plains Drago… Tu dois vraiment être un coup d'enfer au lit, Grangie, pour qu'il s'accroche autant !
Hermione préféra ne pas répondre et se retourna très lentement, histoire de pouvoir fermer les yeux si elle suspectait une quelconque entourloupe. Mais non, Zabini était bel et bien habillé – enfin, avait revêtu un caleçon – et la regardait à présent, un sourcil haussé, attendant qu'elle s'explique sur les raisons de sa présence.
La Gryffondor décida de ne pas tergiverser et lui posa directement la question pour laquelle elle était venue.
- Tu connais la potion d'Amplification ?
- La potion d'Amplification ? répéta-t-il, visiblement surpris par ce qu'elle lui demandait. Eh bien oui. Une potion très délicate à préparer, aux propriétés magiques conséquentes et surtout interdite à la fabrication depuis la fin de la Grande Guerre… Pourquoi tu me demandes ça ?
- Eh bien en fait, c'est Scorpius Malefoy qui l'a mentionnée dans une lettre qu'il m'a envoyée…
- Scorp' ? Mais enfin comment connaît-il l'existence de cette potion ? s'exclama Blaise.
- D'après lui, c'est en faisant des recherches pour une dissertation qu'il serait tombé dessus. Mais il n'y avait aucune autre explication et il m'a demandé de lui en donner si j'en avais. Mais ce n'est pas pour cela que je suis venue te voir…
- Ah oui ? Drago te manque et tu as pensé à moi en guise de substitut ? C'est flatteur Grangie mais…
- Tu ne t'arrêtes donc jamais ? le coupa Hermione, mi-agacée mi-amusée par son comportement.
- Jamais ma belle, répondit-il en lui faisant un clin d'œil. Bref, dis-moi ce dont tu as besoin.
- En fait… j'aurais besoin que… que tu prépares une potion d'Amplification, lâcha Hermione d'une petite voix.
- Pardon ?! Granger, tu ne m'as pas entendu lorsque je t'ai dit que la fabrication avait été interdite depuis près de douze ans ?
- Si mais…
- Mais ?
- Oh ne me dis pas que, juste parce que le ministère l'a « interdite », tu ne peux pas la préparer…
Il haussa un sourcil.
- Hermione Granger qui me demande à moi, Blaise Zabini, de violer la loi… Eh bah si on m'avait dit ça un jour, fit-il, presque impressionné.
- Oh ça suffit, Zabini ! Réfléchit deux minutes avec ton cerveau, veux-tu ? Et le bon s'il-te-plaît...
- Tu as toute mon attention…
- Bien… Alors imagine : Voldemort – il tressaillit légèrement – utilisait cette potion pour accroître les effets que pouvaient avoir les Doloris ou autres sortilèges de torture qu'il lançait par la suite. Alors on peut envisager qu'il l'ait également utilisée pour augmenter l'effet que pouvaient avoir certaines potions...
- Je suppose, répondit Blaise. Mais qu'est-ce que…
Il se tut et Hermione comprit qu'il venait d'arriver aux mêmes conclusions qu'elle.
- Bordel Granger, tu dois vraiment venir travailler pour moi après ça ! Tu es un vrai G.E.N.I.E ! beugla-t-il en la prenant brusquement dans ses bras.
Hébétée, Hermione le laissa la plaquer contre son torse nu alors que ses joues prenaient une teinte légèrement rosée. Il finit par la reposer par terre et lui planta un baiser sonore sur la joue.
- Alors je suppose que tu vas t'atteler à sa préparation ?
- Par Merlin, oui ! Et tant pis si je dois passer devant le Magenmagot ! Mais avant, nous devons fêter ça !
Il s'enfuit de la pièce, laissant une Hermione un peu sonnée mais tout de même heureuse et revint quelques secondes plus tard avec une bouteille de Whisky Pur Feu, cinquante ans d'âge, à la main. Il en servit deux verres et en tendit un à la Gryffondor.
- T'es sûr que tu veux ouvrir cette bouteille maintenant ?
- Oui. Après tout, c'est Drago qui me l'a offerte et aucune autre circonstance ne saurait mieux convenir, répondit-il sur un ton pompeux en levant son verre en direction d'Hermione. A Narcissa.
- A Narcissa, répéta la brune avant de trinquer et de prendre une gorgée d'alcool.
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- On se retrouve demain à la même heure ? demanda Blaise au bout de quelques minutes.
- Oui. Mais je pense que tu ne devrais pas préparer la potion d'Amplification à Sainte-Mangouste. Après tout, tout le monde peut voir ce qu'on y fait et ce ne serait pas très prudent…
- T'inquiète pas, je m'en occuperai au travail. On se retrouvera là-bas vers dix-huit heures pour contrôler le traitement et je te tiendrai au courant de l'avancement de la potion d'Amplification.
- Tu penses qu'il te faudra combien de temps ?
- Je ne sais pas… peut-être une semaine.
- Bien. C'est long mais c'est toujours mieux que rien.
- Ouais ! Et puis il ne faudra pas qu'on passe trop de temps à Sainte-Mangouste demain soir.
- Pourquoi cela ? s'étonna Hermione.
- Eh bien je crois savoir que tu as un rendez-vous après…
- Oh…
Le dîner en compagnie de Drago, comment aurait-elle pu oublier…
- Oui enfin, avant ça, il faudra que je passe chez Narcissa pour contrôler son état… répondit la jeune femme pour détourner la conversation.
- Mais oui Granger, allez bois !
OoOoOoO
- Wow ! Si tu ne t'apprêtais pas à aller dîner avec mon meilleur ami je t'aurais moi-même invitée, Granger ! siffla Blaise en détaillant longuement la Gryffondor qui venait de pénétrer dans la pièce.
Hermione se mordit la lèvre et jeta un coup d'œil à ses vêtements.
- Tu trouves que c'est trop ? demanda-t-elle, pas très rassurée.
- Trop ?! Ce n'est jamais trop ma belle !
- Blaise… Tu vois bien ce que je veux dire, soupira Hermione en levant les yeux au ciel.
- Détends-toi Grangie. Et pour répondre à ta question : non, ce n'est pas trop. Tu es très belle. Drago va te manger dans la main, ajouta-t-il, un sourire quelque peu libidineux collé sur les lèvres.
La jeune femme ne répondit pas et alla plutôt inspecter sa potion qui tirait sur le turquoise.
- As-tu réussi à commencer la préparation de la potion d'Amplification ? se renseigna-t-elle.
- Oui. Maintenant, arrête de t'inquiéter pour ça et dépêche-toi d'aller chez Narcissa, tu vas être en retard. Et tu sais comme moi que Drago déteste quand on est en retard…
- Oui je sais, mais je n'arrivais pas à me décider pour ma robe…
- Celle-ci est parfaite alors arrête d'angoisser comme une adolescente en pleine crise hormonale.
Hermione ouvrit la bouche pour dire quelque chose puis la referma, vexée.
- Parfait, répliqua-t-elle sèchement. A demain, Zabini.
- A plus Grangie ! Et amuse-toi bien… ricana-t-il.
Le sous-entendu sexuel était très clairement à l'honneur dans sa réplique et Hermione préféra ne pas répondre. Elle lui adressa un regard faussement outré avant de sortir du laboratoire de potions.
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Moins de dix minutes plus tard, elle entrait dans le petit salon de Narcissa Malefoy. Cette dernière l'accueillit bien plus chaleureusement que les dernières fois où Hermione et elles s'étaient rencontrées dans cette pièce. Puis, pour la seconde fois en moins d'une semaine, la blonde requit de jeter un coup d'œil critique à la tenue de la Gryffondor avant même qu'elle ait pu l'interroger sur son état de santé.
- C'est très… rouge, Miss Granger, commenta Narcissa.
- En effet. Cela vous pose-t-il un problème, Mrs Malefoy ? demanda Hermione sur un ton poli en haussant tout de même un sourcil.
- Pas le moins du monde. Cette couleur vous met en valeur mais… approchez s'il-vous-plaît.
Surprise, la jeune femme fit comme elle demandait et pivota pour être dos à la blonde. Tendant le cou pour voir ce qu'elle faisait, la jeune femme vit avec stupeur Narcissa sortir sa baguette et la pointer sur le bas de sa robe. Un minuscule fil s'en détacha et tomba au sol. Mortifiée, Hermione hésita entre faire une réflexion et rougir de honte mais Narcissa reprit la parole avant qu'elle n'ait pu se décider.
- Voilà, c'est parfait à présent.
Elle ramassa un peu difficilement le petit fil au sol et le plaça sur le guéridon près d'elle. Mal à l'aise, Hermione renfila bien vite son manteau noir qui s'arrêtait au même niveau que sa robe fourreau rouge sang, autrement dit juste au-dessus du genou. Le vêtement était très près du corps, sans pour autant paraître excessivement moulant et l'arrière était fendu sur près de vingt centimètres. Pour la soirée, la jeune femme avait également lissé ses cheveux grâce à une bonne dose de potion Lissenplis, offerte par Mr Zabini, puis elle les avait relevés en une queue de cheval très haute. Ses yeux étaient maquillés d'un exquis charbonneux et ses lèvres ne portaient qu'un soupçon de gloss incolore. Pour l'occasion, Hermione avait également décidé de porter les salomés noires que Drago lui avait offertes deux mois plus tôt. A vrai dire, choisir et acheter sa robe lui avait déjà pris tellement de temps qu'elle était allée au plus simple pour ses chaussures : les sélectionner dans celles qu'elle possédait déjà.
Sa robe ne portant pas de décolleté, la Gryffondor avait seulement opté pour des boucles d'oreilles pendantes et le bracelet que Ginny lui avait offert pour son anniversaire.
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- Puis-je, à présent, vous demander comment vous allez ? demanda Hermione en se retournant vers sa patiente.
- Vous le pouvez, concéda-t-elle. Comme vous vous en doutez, mon état ne va pas en s'arrangeant. Je commence à sentir de plus en plus de picotements dans mes hanches ce qui, je le sais, est un signe avant-coureur de la paralysie, expliqua-t-elle avec détachement.
Hermione soupira et se passa une main devant les yeux.
- Je suis désolée Mrs Malefoy. Mr Zabini et moi-même faisons tout ce que nous pouvons pour mettre le traitement au point le plus rapidement possible.
- Je le sais, Miss Granger, la rassura la blonde en lui adressant l'un de ses très rares sourires.
- Souhaiteriez-vous retourner à Sainte-Mangouste pendant les prochains jours ? Peut-être que cela serait moins fatiguant pour vous ou…
- Non, la coupa gentiment la blonde. Je suis très bien chez moi. Maintenant, faite-moi le plaisir de m'oublier pendant quelques heures et d'aller vous détendre avec mon fils, car Merlin sait que vous en avez tous les deux besoins !
Hermione ouvrit la bouche puis finit par simplement hocher la tête en signe d'assentiment. Au moins, Narcissa ne lui avait pas demandé de « s'amuser » avec son fils…
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En parlant de ce dernier d'ailleurs… De léger coups furent donnés contre la porte du petit salon. D'un même mouvement, les deux femmes tournèrent leur regard dans cette direction et Hermione sentit sa respiration se faire légèrement plus saccadée. Se fustigeant mentalement, elle tenta de prendre une profonde inspiration ce qui eut pour effet… de ne pas la calmer du tout ! Et cela alla de mal en pis au moment où Drago Malefoy passa la porte. Quelque chose comme « bordel Merlin c'est pas vrai ! » voulut sortir de la bouche de la jeune femme mais elle se retint à temps. Malheureusement, les traits de son visage n'eurent de toute évidence pas autant de retenue car le Serpentard lui adressa bientôt un sourire amusé avant de s'avancer un peu plus dans la pièce. Il commença par saluer sa mère.
- Tu es très élégant mon fils, le complimenta-t-elle.
- Merci Mère, répondit-il.
« Élégant ? Élégant ?! » répéta mentalement Hermione. Alors soit Narcissa devenait également paralysée des yeux, soit elle ne souhaitait pas flatter davantage l'égo déjà surdimensionné de son fils, mais il n'y avait tout simplement aucun moyen pour qu'elle pense ce qu'elle venait de dire… Car Drago Malefoy n'était pas élégant. Drago Malefoy était beau comme un Dieu, oui !
Hermione essayait de trouver à quel Dieu de l'olympe elle pourrait comparer le Serpentard lorsque celui-ci s'avança vers elle. Toujours abasourdie, la jeune femme ne bougea pas d'un millimètre tandis qu'il déposait un baiser sur sa joue. La délicieuse effluve de son parfum sembla s'insinuer par tous les pores de sa peau et Hermione se surpris à la respirer à pleins poumons.
« Eh oh, réveille-toi ma vieille ! On n'est même pas encore au restaurant et tu es déjà prête à tourner de l'œil » se fustigea-t-elle en tentant de se secouer mentalement mais aussi physiquement. Elle finit par réussir à remuer les orteils et se dégagea rapidement de son amant – ex amant ! – en reculant de quelques pas. Se faisant, elle croisa le regard amusé de Narcissa et rougit comme une petite fille prise en faute. S'il le remarqua, Malefoy eut la décence de ne pas le mentionner et demanda plutôt :
- Es-tu prête ?
- O-Oui, articula-t-elle – Merlin que sa gorge était sèche. N'hésitez surtout pas à envoyer un Patronus si vous avez un problème, Mrs Malefoy, ajouta la jeune femme en se tournant vers sa patiente.
- Ne vous ai-je pas demandé de ne plus vous inquiéter pour moi pendant les prochaines heures, Miss Granger ? demanda la blonde.
- Si mais…
- Alors faites-le, la coupa-t-elle, gentiment mais fermement.
Hermione voulut ajouter quelque chose mais la main que son ex-amant posa dans son dos lui fit refermer la bouche.
- Ne t'en fais pas, Gilly sait qu'elle doit me prévenir si jamais quoi que ce soit arrivait à ma mère, la rassura le blond.
- Tu as donné des ordres à mon elfe ?! s'exclama brusquement Narcissa alors qu'Hermione hochait la tête.
- Oui Mère.
La blonde lança un regard assassin à son fils.
- Que je ne te reprenne plus jamais à faire ce genre de chose, Drago Abraxas Malefoy ! Maintenant hors de ma vue, tous les deux ! les chassa-t-elle.
Elle arborait un air froid mais le sourire sur les lèvres de Drago fit comprendre à Hermione qu'elle n'était pas réellement fâchée.
- À tes ordres, Mère ! répondit son fils en faisant signe à Hermione de passer devant lui.
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La jeune femme s'exécuta et le blond referma la porte derrière lui avant d'adresser un clin d'œil complice à la Gryffondor. Ils sortirent de la propriété puis Malefoy donna son bras à Hermione pour qu'ils transplanent.
OoOoOoO
Connaissant son ex-amant, elle s'était à peu près attendue à tout et Hermione fut surprise de ne pas sentir de changements de température ou de ne pas constater de différence au niveau de la couleur du ciel qui était resté très sombre.
- Où sommes-nous ? demanda la jeune femme avec curiosité.
- A Londres, répondit-il simplement.
Hermione arqua un sourcil. Elle avait évidemment compris qu'ils étaient arrivés dans une grande ville puisqu'elle pouvait entendre le bruit du trafic routier, de toute évidence très proche de la petite allée dans laquelle le blond les avait faits transplaner, mais... Attendez… « trafic routier » ?
- Nous sommes dans le Londres Moldu ?
- Oui.
- Oh…
- Il y a un problème ?
- Non ! Non… Absolument aucun. Je ne m'attendais pas à me retrouver dans le Londres Moldu avec toi c'est tout, expliqua rapidement la jeune femme en lui adressant un léger sourire.
Il ne pipa mot mais lui présenta son bras. Après une seconde d'hésitation, Hermione s'y accrocha avant de marcher à ses côtés.
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Ils quittèrent l'allée et se retrouvèrent sur une artère relativement bondée. De la surprise, Hermione passa à l'impatience. Elle avait hâte de découvrir où le Serpentard allait l'emmener dîner… Étant dans le cœur du Londres Moldu et connaissant les penchants de Drago pour le luxe, la jeune femme s'attendait à ce qu'il la conduise dans un restaurant à la devanture ostentatoire. Mais, étrangement, ils tournèrent dans une nouvelle ruelle très pittoresque où s'alignaient de petites boutiques dont une librairie qu'Hermione se promit de revenir visiter un jour prochain. Ils continuèrent alors de déambuler, la jeune femme toujours agrippée au bras de Drago. Finalement, le blond tourna sur la droite et ils passèrent sous une arcade en fer forgé où quelques fleurs et plantes grimpantes s'entremêlaient. Tous deux débouchèrent alors dans une petite cour pavée. En face d'eux se tenaient une imposante demeure, qui ressemblait plutôt à une chaumière très luxueuse, et qu'Hermione ne put s'empêcher d'admirer. Des tables, également en fer forgé, étaient disposées dans la cour, certainement pour les beaux jours, et des fleurs en tout genre reposaient soit dans de gros pots soit dans un de petits parterres parfaitement entretenus. L'intérieur de la « chaumière », qui était visiblement le restaurant choisi par Malefoy, était illuminé et invitait n'importe qui passait à y entrer sans plus attendre.
Alors qu'ils s'avançaient en direction de la porte d'entrée, Hermione détaillant avec de grands yeux émerveillés son environnement, un homme vêtu d'un impeccable costume noir à la chemise immaculée, une serviette blanche reposant sur son bras gauche, leur ouvrit. Il s'approcha d'eux d'une démarche guindée.
- Miss Granger, Mr Malefoy, bonsoir et bienvenus dans notre établissement, dit-il en s'inclinant très légèrement.
Surprise, Hermione resta silencieuse puis finit par le saluer en retour, à l'image du Serpentard. Ce dernier n'avait pas fait les choses à moitié pour cette soirée…
- Miss, Monsieur, veuillez me suivre s'il-vous-plaît. Je vais vous conduire à votre table, reprit le serveur après quelques secondes.
Drago fit passer Hermione devant lui puis ils entrèrent, telle une procession, à l'intérieur du restaurant. A peine la jeune femme eut-elle mis les pieds dans l'établissement qu'elle comprit qu'hormis les murs parés de pierres, l'endroit n'avait vraiment plus rien d'une « chaumière ». Tous les matériaux et tissus transpiraient le luxe et la magnificence. Toutefois, cela était très savamment étudié car Hermione n'aurait jamais qualifié cet endroit de « classieux » mais plutôt de raffiné. Un raffinement poussé à son paroxysme peut-être, mais un raffinement tout de même.
Elle remarqua qu'il n'y avait que très peu de tables et qu'elles étaient toutes largement espacées, ce qui laissaient beaucoup plus d'intimité aux clients que dans un restaurant plus classique. La jeune femme en était arrivée au compte de dix lorsque le serveur s'arrêta devant elle avant de se retourner. Il leur désigna une petite table, nichée au cœur d'une sorte d'alcôve, ce qui l'excentrait encore davantage des autres.
- Si Miss et Monsieur veulent bien se donner la peine, dit alors le serveur en les laissant pénétrer dans l'alcôve. Je vous laisse vous installer puis je viendrai vous apporter les cartes et prendre vos commandes pour l'apéritif.
Il disparut très discrètement tandis qu'Hermione restait immobile, un peu hébétée. Malefoy l'incita alors d'un sourire à entrer puis il la suivit. Les trois quarts des murs de la « pièce » n'en étaient en fait pas puisqu'il s'agissait de larges fenêtres aux montants fins et noirs ce qui donnait, à la jeune femme, l'impression d'être dans une « bulle ». La vue donnait sur un petit jardin arboré et fleuri où un potager était visible dans un coin, ce qui lui conférait une image très bucolique.
Epoustouflée par la beauté de ce lieu alliant à merveille le faste, l'authenticité et l'originalité, Hermione ne sentit pas son amant se poster dans son dos et placer ses mains sur les deux pans de son manteau qu'elle avait inconsciemment déboutonné. Elle le laissa le lui ôter puis se retourna vers lui alors qu'il allait l'accrocher près du sien, sur un crochet prévu à cet effet. Il revint près d'elle et déposa un léger baiser sur sa joue, lui soufflant au passage d'un luxuriant « tu es magnifique ». Tentant de garder les pieds sur Terre, une respiration relativement calme et un rythme cardiaque régulier, Hermione murmura un « merci » un peu gêné. Il leva un sourcil mais ne commenta pas, lui tirant plutôt sa chaise.
Une fois qu'elle se fut assise, il entreprit de contourner la table, allant lui-même prendre place. Ce fut au moment où il entrait dans son champ de vision qu'Hermione vit qu'il portait une chemise blanche – quelque peu transparente, ne put-elle s'empêcher de remarquer – en dessous d'un splendide costume noir dont elle n'avait aperçu que le bas lorsqu'il était arrivé chez Narcissa puisque sa chemise et sa veste avaient été dissimulées par son manteau. Mais ce n'était pas son costume - qui lui faisait un corps d'athlète - ou même sa chemise blanche – une couleur qui le mettait délicieusement en valeur également – qui attira l'attention de la jeune femme. Non, ce qui attira immédiatement son attention et fit naître un sourire amusé sur ses lèvres était sa cravate qui, paraissant au premier abord noire, était en réalité d'un vert profond. Ainsi, elle portait une robe rouge sang et lui une cravate dont le noir tirait sur le vert… Décidément, les habitudes avaient la vie dure. Comme s'ils suivaient ses pensées, Malefoy dit en posant de nouveau les yeux sur sa robe :
- Je n'avais jamais apprécié cette couleur, bien trop Gryffondor à mon goût, mais je me vois dans l'obligation de réviser mon jugement en la voyant sur toi.
Ok… Drago Malefoy venait de la complimenter deux fois en moins de deux minutes quinze… Inspirer, expirer, inspirer, expirer. Cette soirée allait parfaitement bien se passer, tout était normal, tout allait bien… Inspirer, expirer, inspi…
- Tu vas bien ? demanda-t-il justement, visiblement inquiet par son mutisme – et certainement aussi ses joues rougies et son air mal à l'aise.
- Parfaitement bien, répondit la jeune femme, un peu trop vite.
Il la dévisagea longuement, une expression indéchiffrable sur le visage.
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Le serveur revint moins de quinze secondes plus tard, trois cartes entre les mains. Il en tendit une à Hermione, l'autre à Drago puis déposa la dernière entre eux.
- Souhaiteriez-vous un apéritif pour débuter la soirée Miss, Monsieur ?
- Oui, répondit le Serpentard. Qu'avez-vous comme cocktail ?
- Nous pouvons, bien entendu, les créer sur mesure ou bien vous laisser choisir dans les plus communs mais permettez-moi de vous présenter notre cocktail star. Il est composé de vodka, de champagne, de…
- Parfait, nous en prendrons un chacun, le coupa le blond.
Le serveur jeta un rapide coup d'œil à Hermione qui lui fit signe qu'elle était d'accord, ne souhaitant pas contrarier Malefoy avant même le début du repas sur un sujet qui n'en valait pas la peine.
- Bien, dans ce cas, je vous laisse faire votre choix pour le reste du dîner. Je reviens dans quelques instants avec vos apéritifs.
Et il repartit aussi discrètement qu'il était arrivé. Les deux anciens amants ouvrirent alors leur menu respectif et Hermione fronça les sourcils en ne voyant nulle part le prix des mets. Elle voulut en faire part à Malefoy mais pressentit qu'elle n'apprécierait pas sa réponse aussi préféra-t-elle garder le silence, comparant les plats exposés pour choisir ceux qui, à son avis, ne frôlaient pas les plus de cinq cents livres. Elle savait qu'à sa place, bon nombre de femmes – ou d'hommes – auraient plutôt profité de l'opulent portefeuille de Drago Malefoy mais Hermione n'était pas comme cela. Elle n'avait jamais été réellement attirée par l'argent et espérait que cela ne changerait jamais.
- Par quoi vas-tu te laisser tenter ? lui demanda le blond au bout de quelques minutes.
- Oh euh… je ne sais pas encore, et toi ?
- Hum… La pièce de bœuf façon Rossini à la truffe me tente assez.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Hermione qui ne connaissait pas ce terme.
Elle avait également remarqué ce plat sur la carte mais son œil avait été rapidement attiré par les « Poissons et crustacés », si bien qu'elle n'avait plus pensé à lui poser la question.
- C'est une pièce de bœuf avec du foie gras poêlé et de la truffe, expliqua-t-il.
- Ça a l'air… très chargé en goût, dit-elle pour ne pas paraître impoli.
Le blond eut un léger sourire.
- C'est très bon, lui assura-t-il. Bien que je n'en aie jamais goûté avec de la truffe en prime.
- Si tu le dis… répondit la Gryffondor, pas vraiment convaincue.
- Je te le dis, Granger. Et sache que j'ai des goûts très surs, alors si je te dis que c'est bon, c'est parce que ça l'est.
- Bah voyons, marmonna Hermione en replongeant le nez dans son menu.
- Tu sais quoi ? Je vais commander ça et tu seras obligée d'y goûter. Comme ça, tu pourras juger par toi-même de la véracité de mes propos.
La jeune femme préféra ne rien répondre mais leva tout de même les yeux au ciel. Drago Malefoy et sa suffisance…
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- Voici, annonça le serveur en déposant deux verres à cocktail pleins devant eux. Avez-vous fait votre choix concernant la suite du repas ?
- Non, répondit laconiquement le Serpentard. Serait-il possible d'avoir un échantillon de quelques amuses bouches avant de commander ?
- Bien sûr Monsieur, avez-vous des préférences ? demanda le serveur en se tournant tour à tour vers Hermione puis Malefoy.
Le blond haussa un sourcil vers elle et Hermione répondit négativement.
- Bien, dans ce cas, apportez-nous ce que vous avez de mieux.
- Tout de suite, Monsieur.
Hermione se retint assez difficilement de faire un commentaire – ou de rire – devant son comportement typiquement « Malefoyen ».
- Aurais-tu l'obligeance de me dire ce que tu vas commander pour que je puisse choisir notre vin ? demanda le blond sur un ton pincé.
- Eh bien… répondit la Gryffondor en prenant tout son temps. Je pensais me laisser tenter par l'œuf coque au caviar et le homard par la suite.
Le blond lui jeta un regard agacé et Hermione fronça les sourcils, ne comprenant pas sa réaction. Elle finit par lui demander ce qui n'allait pas.
- J'ai comme l'impression que tu as décidé de faire tout le contraire de ce que je fais au cours de cette soirée.
- Je ne comprends pas.
- Eh bien de la couleur de ta robe jusqu'à ton plat et, par conséquent, le vin que tu boiras, tu es en totale contradiction avec moi, expliqua-t-il en s'emparant justement de la carte des boissons.
- Oh… Tu sais, ça ne me dérange absolument pas que mon vin ne s'accorde pas avec mon dîner, assura-t-elle, pensant désamorcer le conflit.
En face d'elle, le blond lui lança un regard assassin, comme si elle venait de l'insulter de la pire des manières, avant de se replonger dans sa lecture.
OoOoOoO
- Souhaiterez-vous boire quelque chose en accompagnement ? se renseigna le serveur après avoir pris leur commande.
- Oui. Cela sera une bouteille de ce Riesling pour Madame et ce Pomerol pour moi, fit-il en posant successivement son doigt sur deux parties opposées de la carte des vins.
- Très bon choix Monsieur. Le millésime ?
Hermione décrocha et préféra regarder par la fenêtre le soleil qui se couchait sur le jardinet bucolique plutôt que d'écouter ces Messieurs épiloguer sur le « millésime » de deux bouteilles de vin…
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- Tu n'aurais pas dû commander deux bouteilles, dit la jeune femme après que le serveur soit reparti.
- Ne dis pas n'importe quoi, Granger, s'il-te-plaît. Il était hors de question que tu boives du rouge avec ton homard ou moi du blanc avec ma pièce de bœuf ! se récria le blond sur un ton pincé.
- Hum… enfin maintenant, on a l'air de deux ivrognes avec nos bouteilles de vin et notre cocktail à je ne sais même plus quels alcools, grogna la Gryffondor. Tu aurais pu ne nous commander que deux verres différents, à la limite, mais deux bouteilles c'est vraiment beaucoup trop…
En face d'elle, Malefoy roula des yeux avant de s'emparer de son verre contenant « elle-ne-savait-même-plus-quels-alcools » et de le lever dans sa direction. Hermione en fit autant et ne put réprimer le sourire qui étira ses lèvres lorsque leurs boissons s'entrechoquèrent doucement.
- À cette soirée et aux différences entre les Gryffondor et les Serpentard, dit alors le blond.
Ils burent leur première gorgée en parfaite synchronisation puis reposèrent leur verre avant de s'emparer de l'une des petites mises en bouche apportés par leur serveur.
- Ce cocktail est délicieux ! commenta Hermione.
- Je te l'accorde, répondit son ex-amant, visiblement surpris par la qualité de la boisson.
- Pourquoi avoir choisi un restaurant Moldu ? demanda-t-elle alors.
- Eh bien j'en cherchais un que je ne connaissais pas et ma mère m'a parlé de celui-ci.
- Ta mère ?
- Oui. C'est une de ses amies qui lui a conseillé. C'est ici que son mari Moldu l'avait emmenée pour leurs dix ans de mariage et elle en a gardé un très bon souvenir.
- Oh, je vois, répondit la jeune femme, surprise que Narcissa Malefoy puisse avoir des amies qui avaient un mari Moldu...
- Je t'avoue avoir été un peu sceptique au début mais j'étais persuadé qu'il te plairait, sourit le blond en portant pour la seconde fois son cocktail à ses lèvres.
- Et tu as eu raison, c'est magnifique et je suis certaine que ce sera très bon. Même si, encore une fois, tu n'as pas fait dans la demi-mesure… ajouta-t-elle plus pour elle-même.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Eh bien… commença Hermione en choisissant méticuleusement ses mots pour ne pas froisser Monsieur-j'ai-un-orgueil-plus-gros-que-moi-même. Je veux dire que depuis qu'on se « fréquente », tu ne m'emmènes que dans des endroits hors de prix… Surtout lorsque tu tentes de gagner mon pardon. Je ne dis pas que je n'y suis pas sensible, ajouta-t-elle en le voyant froncer les sourcils. Mais tu remarqueras que je ne suis pas aussi attachée que cela au fait que tu m'exposes ta fortune sous le nez toutes les dix minutes. Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas parce que tu vas m'emmener dans ce genre d'endroits - aussi magnifiques puissent-ils être - ou bien que tu vas m'offrir une robe qui coûte plus cher que six mois de mon salaire, que cela va me mettre dans de meilleures dispositions pour te pardonner.
Un léger silence tomba entre eux que le blond finit par rompre.
- Je sais que tu n'es pas comme ça et que tu ne me « fréquentes » pas pour mon argent. Mais il faut que tu comprennes que c'est ainsi que j'ai été élevé et que je ne vois pas pourquoi je devrais me retenir de t'offrir ce qu'il y a de mieux alors que j'en ai les moyens… Néanmoins, je comprends également ce que tu sous-entends et je suis prêts à faire, à l'avenir, des efforts à ce propos.
Surprise, Hermione haussa un sourcil et préféra attraper une mini verrine d'elle ne savait quoi plutôt que de répondre. Tout simplement car elle ne savait pas vraiment ce qu'elle devait répondre à cela…
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Elle finit par relever les yeux de son apéritif et vit que son ex-amant l'observait intensément. Un peu gênée, Hermione baissa instinctivement les yeux sur sa robe, craignant de s'être tachée. Mais non, rien ne semblait anormal de ce côté-là. Elle s'apprêtait à lui demander s'il y avait un problème lorsqu'il prit de lui-même la parole.
- Je suis désolé pour ce que j'ai pu te dire l'autre jour. Je n'étais pas moi-même et comme, tu le sais à présent, je n'en pensais pas un traître mot.
- Oui, je sais, tu me l'as dit mercredi soir, répondit Hermione d'une petite voix.
- Oui. Mais je ne t'ai pas dit pourquoi j'étais ainsi. Pourquoi je suis arrivé ivre mort, se reprit-il en la voyant arquer un sourcil.
- Oh…
- Tu sais, cet après-midi-là, quand ma mère m'a annoncé qu'elle ne voulait pas de ton aide, je m'étais déjà douté de ce qu'elle allait me dire. Ma mère est comme moi, ou plutôt je suis comme elle. Nous, les Malefoy, nous n'aidons personne et, en retour, ne requérons l'aide de personne. Alors je me doutais bien que ma mère refuserait la tienne. Tout au moins au début… Je suis retourné la voir le lendemain, pratiquement certain qu'elle aurait réfléchi et reviendrait sur sa décision. Malheureusement, ce n'est pas ce qu'il s'est passé et nous nous sommes, une nouvelle fois, querellé à ce sujet. Ma mère peut être très fière mais je ne pensais pas que cela irait jusqu'à nous abandonner, Scorpius et moi…
Il arrêta de parler le temps de reprendre une gorgée de sa boisson.
- Je sais que je t'avais promis de venir chez toi si j'avais besoin de boire mais je n'ai pas pu. J'étais… tellement en colère contre ma mère, contre les Médicomages, contre moi-même pour ne pas t'avoir demandé ton aide plus tôt. Je me suis dit que si je t'avais demandé d'étudier son cas depuis déjà quelques semaines, elle se serait faite à l'idée que tu sois en mesure de lui porter secours et aurait fini par accepter que tu la soignes. Et j'étais même en colère contre toi qui n'étais pas parvenue à la convaincre, ajouta-t-il, un léger rire désabusé franchissant ses lèvres. Alors j'ai passé mes soirées à boire seul, ou avec Zabini lorsqu'il venait s'assurer que je n'étais pas tombé dans le coma, comme il le disait. Même si j'étais en colère contre ma mère, je suis tout de même passé la voir deux fois par jour. Je revenais d'un bar miteux, ce soir-là, et tu ne peux pas imaginer ma surprise lorsque je me suis rendu compte que ma mère avait de la visite, que cette visiteuse c'était toi et que, comme si ce n'était pas déjà suffisant, Scorp' était là également alors qu'il aurait dû être à Poudlard, loin de tout ça.
- Ecoute, dit alors Hermione en reposant son verre sur la table, je sais que j'ai mal agit avec ton fils et je suis désolée. J'ai même carrément dépassé les bornes et sache que je ne prendrai plus jamais la moindre décision en ce qui le concerne. Tout au moins pas sans t'en parler en premier.
Etrangement, le blond eut un léger sourire qui fit hausser un sourcil à la jeune femme.
- En fait, j'aurais plutôt dû te remercier qu'autre chose. Ça faisait des jours que je me torturais l'esprit pour savoir comment lui annoncer la maladie de ma mère et on peut dire que finalement, tu m'as plutôt rendu service. Mais, comme je te l'ai dit, je n'étais pas dans mon état normal ce soir-là et lorsque j'ai compris que tu avais agi dans mon dos, j'ai tout simplement perdu le contrôle.
- Je comprends, murmura Hermione.
- Peut-être, mais je n'aurais jamais dû te dire ces choses. Si ma mère s'en sort ce sera parce que tu as décidé d'aller chercher Scorp' sans m'en parler pour qu'il la convainque de te laisser la soigner. Et je t'en serais redevable jusqu'à la fin de ma vie, ajouta-t-il très sérieusement.
- Tu sais, je-je n'ai pas fait ça pour… commença la Gryffondor, légèrement mal à l'aise.
- Je sais, la rassura-t-il en souriant.
Sur ses entrefaites, le serveur apporta leurs entrées ce qui fit immédiatement retomber l'étrange pression qui s'était installée dans la petite alcôve. Il remplit leur verre de vin, après que Drago eut lui-même testé le contenu des deux bouteilles pour donner son accord, puis repartit.
- Bon appétit Malefoy, dit alors Hermione.
- Bon appétit Granger, répondit son ex-amant avant de s'emparer de ses couverts.
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Ils commencèrent leur repas dans le plus pur des silences, Hermione l'appréciant presque autant que son entrée. Il n'avait rien de gênant et était, au contraire, plutôt apaisant. La jeune femme se surprit même à fermer les paupières quelques secondes après avoir bu une gorgée de blanc.
- Tout va bien ? demanda Malefoy, qui devait l'observer.
Lentement, la jeune femme rouvrit les yeux avant de lui sourire à son tour.
- Oui, répondit-elle, beaucoup plus sincèrement que la dernière fois qu'il lui avait posé la question.
Il n'approfondit pas davantage et avala lui-même une gorgée de vin avant de reprendre la parole.
- Dis-moi, j'aimerais te poser une question.
- Oui ? l'encourage Hermione, interloquée.
- C'est par rapport à Scorp'...
Hermione ne sut pas vraiment si elle devait appréhender la suite ou non, alors elle préféra attendre en silence qu'il pose sa « fameuse » question.
- J'aimerais savoir ce que tu penses de ce qu'il s'est passé en début d'année pour lui, à Poudlard.
- Les intimidations de James Potter et Ted Lupin, tu veux dire ?
- Oui.
- Comme tu t'en doutes, j'ai été très surprise lorsque j'ai appris ce qu'il s'était passé et…
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi tu as été surprise ? Tu ne pensais pas que Potter et Lupin seraient capable de telles intimidations ? railla-t-il presque.
- Non, bien entendu, mais je ne m'attendais surtout pas à ce que ton fils ait à subir ce genre de choses.
- Vraiment ? l'interrogea Malefoy, visiblement étonné par sa réponse.
- Eh bien oui, pourquoi aurais-je pensé autrement ?
- Enfin Granger… Je ne dirais pas que je m'y attendais, mais avec le nom qu'il porte et ce que ma famille et moi avons pu faire, mon fils était nécessairement prédisposé à ce genre d'attaques.
- Je ne suis pas d'accord, contra Hermione.
Il haussa un sourcil.
- Scorpius n'est pas toi, Drago et n'est certainement pas ton père ou sa mère. Alors oui, il porte ton nom. Un nom qu'il lui sera très certainement difficile à endosser, mais si quelqu'un peut effacer la mauvaise image que la population sorcière associe au nom des Malefoy, c'est bien lui.
Le blond resta silencieux et Hermione, qui comprenait où il voulait véritablement en venir avec sa question, décida de lui avouer le fond de sa pensée.
- Les insultes qu'il a pu recevoir sont bien évidemment liées à toi et à ta famille en général, mais, comme j'ai déjà pu te le dire, ce n'est pas de ta faute et tu ne dois pas culpabiliser.
- Je sais. Mais je n'arrête pas de me dire que mon fils n'aurait pas eu à subir ce genre de choses s'il n'avait pas porté mon nom, dit-il d'un ton brusque.
- Ça, tu n'en sais rien du tout. Peut-être qu'il serait devenu un petit impertinent, imbu de lui-même, qui aurait cherché des noises à la moindre personne qui ne lui aurait pas léché les bottes…
- C'est moi que tu décris là Granger, tu le sais ?
- Ah oui ? Je ne m'en étais pas rendue compte, le taquina Hermione en lui adressant un rictus faussement innocent.
Le blond leva les yeux au ciel.
- Ce que je veux dire, Drago, c'est que tu devrais être fier de ton fils et de toi-même pour l'avoir aidé à devenir celui qu'il est.
- Le problème, vois-tu, c'est que je n'ai presque rien fait pour ça. Entre sa mère et moi, Scorpius a plus ou moins dû s'élever tout seul avec ses bouquins et Narcissa, lorsqu'elle était là. Il n'y a que lorsque nous nous sommes exilés en France que nous avons commencé à tisser de réels liens, expliqua-t-il.
- Tu sais, ton fils t'aime plus que tout au monde et il est honoré que tu sois son père, assura Hermione d'un ton sans équivoque.
- Mouais… j'en suis pas certain.
- Eh bien moi je le suis. Il n'y a qu'à voir la façon dont il cherche constamment ton approbation et à te rendre, à son tour, fier de lui.
- Alors tu m'expliques pourquoi il me ment et me parle de la façon dont il l'a fait ? Parce que ça ne m'a pas vraiment l'air de ressembler à une recherche d'approbation, ça… ironisa le Serpentard.
- Ton fils à onze ans, Drago, pas trente-cinq ! Je sais qu'il peut te sembler très mature par moment, ce qu'il est, mais il reste un enfant et a parfois besoin d'être canalisé. Il va faire des erreurs, comme nous tous. Il n'est pas parfait. Et en ce qui concerne la façon dont il t'a parlé l'autre jour, personnellement, il m'a plutôt rappelé son père lorsqu'on le met en rogne…
- Je ne vois pas ce que tu veux dire, répondit Malefoy, d'une mauvaise foi presque aussi ventripotente que son orgueil.
- Ah bon ? demanda innocemment Hermione. Hurler des mots que l'on ne pense pas, entrer dans une colère noire puis dans un mutisme impressionnant tout ça pour montrer son désaccord ne te rappelle personne ?
En face d'elle, le blond lui lança un regard noir avant de finalement sourire.
- Oui bon… Qu'est-ce que tu veux, il est mon fils…
- Et le garçon le plus adorable que je n'ai jamais rencontré.
- Viens me redire ça lorsqu'il t'aura fait une crise « Malefoy » et on en reparlera, ricana Drago.
- Ça n'arrivera pas, assura la jeune femme.
- Ah oui et pourquoi ? Il cherche autant ton approbation que la mienne et je le suspecte de vouloir te rendre aussi fière de lui que si tu étais sa propre mère, dit-il sur le ton de la conversation avant de se figer brusquement, la fourchette en l'air.
Hermione avait eu la même réaction que lui à l'écoute du terme « mère » et une chape de plomb tomba entre eux.
- Excuse-moi, je… excuse-moi, dit-il gravement.
La Gryffondor leva les yeux vers lui et constata qu'il semblait très tendu, peut-être même à la limite de l'inquiétude. Décidant de faire abstraction de l'étau qui lui avait momentanément enserré le cœur, elle lui murmura qu'il n'avait pas à s'excuser mais ils n'échangèrent plus aucune parole jusqu'à ce que le serveur débarrasse leur entrée.
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Hermione jouait avec un petit bout de mie de pain lorsqu'elle brisa le silence. Après tout, et même si les paroles de son amant – EX amant – l'avaient chamboulée, il n'avait de toute évidence pas eu pour intention de la faire souffrir et Hermione pensait même que cela était tout le contraire. Aussi décida-t-elle de rassurer Drago.
- Tu sais, à propos de Scorp', tu devrais lui laisser du temps. Il finira par ne plus t'en vouloir.
- C'est vrai que nos rapports ne pourront qu'être meilleurs lorsqu'il apprendra que tu es prête à me pardonner et que tu as accepté mon invitation à dîner, répondit le blond, quelque peu désabusé tout de même.
La jeune femme lui sourit mystérieusement et il haussa un sourcil.
- Il le sait déjà, révéla-t-elle.
- Ah bon ?
- Oui. Il m'avait envoyé une lettre hier et je ne lui ai répondu que lors de ma pause déjeuner, aujourd'hui. Pour me faire pardonner mon retard, j'ai rajouté quelques petits ragots.
- Des « ragots » ? répéta le Serpentard, amusé.
- Tout à fait, sourit Hermione. Je pense que tu peux donc t'attendre à recevoir une lettre dans les prochaines heures.
Il acquiesça mais ne répondit pas immédiatement, le serveur venant de déposer leurs plats principaux devant eux.
- Dis-moi, Hermione ?
- Oui ? dit-elle d'une voix innocente, pressentant déjà ce qu'il allait lui demander.
- Quand tu parles de « ragots » tu veux dire que…
- Oui, Drago, c'est bien ce que je veux dire, poursuivit-elle en prenant la première bouchée de son « homard et légumes du potager ».
Un maigre gémissement de plaisir lui échappa tant la cuisine de ce restaurant était délicieuse et le blond releva immédiatement vers elle le regard qu'il avait momentanément baissé sur son assiette. Hermione se sentit rosir et préféra prendre une gorgée de son vin.
- Ça te plait, Granger ? demanda-t-il sur un ton moqueur.
- Ou-Oui c'est très bon, répondit-elle.
- Je veux bien te croire, ricana-t-il en la voyant replonger sa fourchette vers son assiette.
La Gryffondor leva les yeux au ciel.
- Est-ce que je pourrais savoir ce que tu as exactement dit à mon fils ? l'interrogea Malefoy quelques secondes plus tard.
- Non. Ta pièce de bœuf te plaît ? rebondit-elle avec l'intention de détourner la conversation des « ragots » dont elle avait fait part à Scorpius.
Le Serpentard hocha la tête avant de lever une fourchette pleine. Au lieu de l'approcher de sa bouche, il tendit le bras en direction de la jeune femme en face de lui. Hermione resta immobile puis s'approcha lentement. Drago la fixait intensément et elle dut poser les yeux sur la fourchette pour ne pas risquer de tout renverser tellement son regard la déstabilisait. Elle sentait le rouge lui monter progressivement aux joues alors qu'elle prit la bouchée de la pièce de bœuf Rossini sur laquelle son amant – EX AMANT – avait placé un imposant morceau de truffe. Ceci fait, Hermione se recula jusqu'à se rasseoir de façon conventionnelle et mâcha.
- Alors ?
« Très bon » fut la seule chose que la Gryffondor se sentit capable de répondre tant elle était mal à l'aise. Le blond avait porté un regard presque lubrique sur elle alors que sa bouche se déposait autour de sa fourchette et Hermione avait préféré détourner les yeux de lui. Toutefois, même le regard plongé dans son verre de vin blanc, elle se sentait toujours quelque peu décontenancée. Malefoy dut s'en rendre compte car elle l'entrevit arborer un petit sourire presque satisfait. Alors comme cela il voulait l'embarrasser ? Maudit Serpentard…
Mais, après tout ce qu'elle avait pu lui faire subir le mercredi soir précédent, chez Blaise, elle ne trouvait pas si surprenant qu'il veuille se « venger ». Il était peut-être à la recherche de son pardon mais il n'allait certainement pas renier sa nature « enquiquineuse » pour autant… Au grand dam d'Hermione.
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Ils parlèrent de tout et de rien jusqu'à ce que le serveur revienne pour débarrasser et leur apporter la carte des desserts. Malefoy commanda une soupe de fraise à la menthe et sa boule de glace à la Vanille Bourbon tandis qu'Hermione se laissait tenter par la « Déclinaison autour du chocolat ».
- Je me suis toujours posé une question, Granger, dit alors le Serpentard après avoir rempli un second verre de vin – rouge cette fois ci – pour Hermione en arguant que son « Riesling » ne se mariait pas avec le chocolat.
- Oui ? l'encouragea-t-elle alors que son regard s'était porté au-delà des fenêtres de leur petite « bulle ».
- Pourquoi as-tu renoncé à être Guérisseuse et étais-tu devenue stagiaire dans le Service administratif du Magenmagot ?
La Gryffondor ne s'attendait absolument pas à ce genre de questions et prit le temps de reporter son regard sur lui avant de répondre.
- Eh bien ça peut sembler égoïste mais, pour tout t'avouer, j'en avais assez de voir les gens mourir. Après la guerre, je m'étais dit que c'était une bonne idée de travailler dans cette branche. Je voulais sauver le plus de vies possible, un peu comme si cela me permettait de compenser toutes les pertes que notre pays avait subi pendant la Grande Guerre. Et je pense pouvoir affirmer sans prétention être devenue une Médicomage assez douée. En fait, on m'avait même offert un poste dans une très prestigieuse clinique privée au États-Unis…
- Pourquoi n'y es-tu pas allée ? demanda Malefoy, visiblement intéressé.
- Rose venait à peine d'avoir cinq ans et… et Ron n'a pas accepté, expliqua-t-elle difficilement.
Elle vit que le Serpentard avait très envie de demander pourquoi mais qu'il se retenait aussi décida-t-elle de prendre les devants.
- Il ne voulait pas s'éloigner de sa famille et, comme je te l'ai dit, Rose n'avait que cinq ans alors j'ai refusé en me disant que j'aurais peut-être une nouvelle opportunité au cours des années suivantes.
- Mais ça n'a pas été le cas, conjectura-t-il.
- Si. Il y a environ trois ans, on m'a refait une proposition et, cette fois-ci, Ronald était prêt à me suivre.
- Mais… ?
- Mais le souci c'est que je me suis aperçue que je n'avais plus envie d'être Guérisseuse. J'adorais mon métier, vraiment, mais la confrontation continuelle avec la mort c'était juste… trop. Alors qu'avant je comptais toutes les vies que je pouvais sauver, je m'étais rendue compte que, depuis quelques mois, je dressais plutôt une liste de toutes les personnes qui étaient mortes entre mes mains. Ron s'était rendu compte que cela n'allait plus dans mon travail et m'a alors proposé de me reconvertir. J'ai donc décidé de chercher autre chose.
- Je ne savais pas, dit simplement Malefoy. Lorsque je t'ai demandé ton aide à propos de ma mère…
- Je t'arrête tout de suite. Si tu crois que ça me met dans une position inconfortable, ou que je fais ce travail à reculons, ce n'est pas le cas. Tu as bien fait de me demander ce service et je ferai tout pour que ta mère s'en sorte.
Le blond la regarda longuement avant de finalement hocher la tête.
- Mais ça ne me dit pas pourquoi tu as choisi le Service administratif du Magenmagot. Je veux dire que tu devais être très bien payée là où tu étais et je sais que le salaire de stagiaire n'est certainement pas mirobolant… dit-il en arborant une moue ironique.
- Oui c'est vrai mais… D'ailleurs comment fais-tu pour être en mesure de débourser autant en gagnant « si peu » ? demanda-t-elle brusquement.
- Tu réponds à ma question et je répondrai à la tienne.
Hermione roula des yeux mais finit tout de même par lui donner sa réponse.
- En fait, j'ai toujours voulu travailler dans le domaine du droit magique. J'avais hésité entre ça et la Médicomagie après la guerre et je m'étais lancée vers la seconde option. Mais quand je me suis rendue compte qu'elle ne me plaisait plus, je me suis dit qu'il était peut-être temps pour moi d'essayer de me rapprocher de la première. Avec l'appui d'Arthur Weasley, d'Harry et de Ron, j'ai rapidement pu trouver une formation rémunérée pour devenir juge.
- Tu devais devenir juge ?
- Euh… oui pourquoi ?
- Rien, je t'en prie, continue.
Hermione lui jeta un regard surpris mais fit comme il demandait.
- Bref, je me suis lancée et voilà…
- Tu aurais vraiment voulu devenir juge ?
- Pas vraiment. Pour être honnête, j'espérais surtout que cela me servirait comme d'un tremplin dans le monde du droit magique.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- En fait je… Eh bien disons que j'avais quelques idées pour faire évoluer le système. Notamment les droits des accusés.
- Ah oui ?
Malefoy était à présent accroché à ses lèvres et Hermione ne put que poursuivre, ravie de pouvoir faire part de ses idées à quelqu'un d'autre qu'à elle-même...
- Oui. Tu sais, en tant que Née-Moldue, je fais souvent des parallèles entre les deux mondes et les sorciers ont beau vouloir crier sur tous les toits qu'ils sont supérieurs aux Moldus, ces derniers nous surpassent largement dans certains domaines et notamment en matière de droits des accusés. Il existe, dans leur droit, ce qui s'appelle des « avocats ».
- Des avocats ? Comme ce fruit dégoûtant et tout vert ?
- Non, rigola la jeune femme. Enfin si, c'est le même nom, mais ce ne sont pas des fruits. Ce sont des personnes qui sont chargées de la défense des accusées. Ils représentent leur client dans une affaire et doivent l'assister dans toutes les étapes de la procédure juridictionnelle. Ils doivent monter un dossier et défendre leur client lors de l'audience, expliqua-t-elle.
- J'en aurais eu bien besoin de l'un de tes « avocats », moi, lors de mon procès…, commenta Drago d'une voix morne.
- Je sais et c'est justement en assistant à ton procès ainsi qu'à celui de ta mère, après la Guerre, que j'ai commencé à y réfléchir. Si Harry n'était pas intervenu, tu aurais très certainement été envoyé à Azkaban alors que tu n'en aurais pas eu besoin si quelqu'un avait été là pour assurer ta défense et prouver à tous que toi et ta mère étiez… innocents.
Il s'apprêtait à répondre lorsqu'on apporta leurs desserts. Incapable de se retenir plus de dix secondes, Hermione plongea sa cuillère dans son mini soufflé au chocolat et la porta à sa bouche. Elle avait tout simplement l'impression de nager en plein bonheur.
- Tu recommences, Granger, grogna soudainement son ex-amant.
- Pardon ? demanda-t-elle en ouvrant les yeux qu'elle avait momentanément clos.
- Tu as recommencé à gémir…
- Oh ! Euh… désolée, bredouilla-t-elle en devenant rouge pivoine et en baissant les yeux.
- Eh bien, ce n'est pas que cela me dérange en soit mais disons qu'entre la robe et les gémissements, je vais réellement finir par perdre mon sang-froid, dit-il sur le ton de la conversation.
La cuillère d'Hermione s'arrêta net entre sa bouche et son assiette avant qu'elle finisse par reprendre son ascension. La Gryffondor ne dit rien mais ne put réprimer le mince sourire qui prit place sur ses lèvres.
OoOoOoO
Ils terminèrent leur repas en silence puis Malefoy se leva pour aller régler tandis qu'Hermione faisait quelques pas afin de se dégourdir les jambes. Elle enfila son manteau puis se planta une dernière fois devant le petit jardin illuminé par les réverbères de la rue. Alors qu'elle était plongée dans sa contemplation, elle sentit un bras s'enrouler autour de sa taille. Drago se plaça près d'elle.
- Merci, pour le dîner, dit Hermione en se tournant vers lui.
Il lui fit comprendre qu'elle n'avait pas à le remercier puis leva une main pâle dans sa direction. Ses doigts glacés caressèrent très délicatement sa joue et Hermione ferma instinctivement les paupières. Il laissa finalement retomber son bras et elle rouvrit les yeux.
- Je te raccompagne ? proposa-t-il.
N'étant pas certaine de pouvoir prononcer des paroles qui auraient du sens, Hermione se contenta de hocher la tête.
Ils quittèrent le restaurant, longuement et chaleureusement remerciés par leur serveur de la soirée. Hermione resserra les pans de son manteau à la seconde même où ils furent dehors et Drago repassa son bras autour de sa taille. Ils marchèrent en silence pendant quelques mètres, jusqu'à trouver un endroit suffisamment ombragé pour pouvoir transplaner sans se faire remarquer par les quelques Moldus qui passaient dans la rue.
- Où souhaites-tu te rendre ? demanda alors Drago.
Hermione ne réfléchit qu'une seconde avant de répondre simplement :
- À la maison s'il-te-plaît.
Et voilà pour ce looooong chapitre ! J'espère qu'il vous a plu !
Nous avons eu le droit de rencontrer presque tous nos personnages au cours de ce chapitre, même notre petit Scorpius adoré ! :)
Drago et Hermione ont également fait un grand pas en avant et ont eu, pour une fois, une vraie discussion entre adultes. C'est vrai qu'on l'oublie parfois mais ces Messieurs-Dames ont tout de même trente ans, il serait peut-être temps qu'ils se comportement comme tels !
Bon et on dit tous merci à Scorpius car, grâce à lui, Blaise et Hermione seront peut-être finalement en mesure de sauver Narcissa... Même si ce n'est toujours pas gagné !
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Bref, j'attends vos reviews avec, comme toujours, beaucoup d'impatience alors, s'il-vous-plaît, écrivez-moi pour vous donner votre ressenti. Comme vous pouvez le contester dans les RàRs anonymes qui sont accessibles à l'ensemble d'entre vous, je réponds à toutes mes reviews et je n'hésite jamais à donner des détails lorsque l'on me pose des questions. Je le fais même naturellement sans pour autant vous spoiler. N'hésitez donc pas à m'écrire et à éventuellement m'interroger sur certains points du texte. (Bien évidemment, je ne vous répondrai pas si vous me demandez ce qu'il va se passer ensuite. ^^) J'ai même une proposition pour tout ceux qui me lisent régulièrement mais ne laissent aucun commentaire : Ecrivez-moi pour me dire pourquoi vous ne me laissez pas de review ! ^^
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Voilà ! Je vous dis donc à trèèèèèèèès bientôt dans vos review, à trèèèèèèèès vite sur FB pour ceux que l'annonce intéresse et à la semaine prochaine avec le chapitre quarante-six.
Plein de bisous à vous tous.
Chalusse
