Bonjour tutti quanti!
Tant pis, avec ou sans com' (0 review sur près de 70 vues...), voici un nouveau chapitre! Si vous n'aviez pas encore compris qui était directement concerné par le secret de Lysander, vous avez ici la réponse! ;)
Bonne lecture!
Disclaimer: Je ne suis pas JK Rowling, donc ni l'histoire de Harry Potter, ni celle de la Génération Suivante ne m'appartient!
Rose ne pleurait plus. La peine qu'elle ressentait pour le Serdaigle était au-delà des larmes, mais surtout la honte qu'elle ressentait déjà était devenue insupportable.
- C'est ça qui lui faisait aussi peur ! s'exclama-t-elle en étouffant un cri. Il voyait mourir la personne... – elle écarquilla soudain les yeux, devenant plus pâle encore que Scorpius – James !
- Tu veux dire que...
- James ! C'est James qu'il embrassait ! C'est James qu'il voyait !
Au regard alarmé qu'ils lui lancèrent, elle sut qu'ils pensaient à la même chose. Ils sautèrent sur leurs pieds, se bénissant eux-mêmes de ne pas être allés s'isoler dans le coin le plus reculé du parc. Rose sentit sa rage s'envoler, laissant place à une impuissance désespérante, à une profonde pitié. Le récit de Scorpius l'avait bouleversée, et lorsqu'il avait décrit perdu dans sa démence, elle n'avait eu aucune difficulté à l'imaginer tout simplement parce que c'était bel et bien la folie qui possédait son regard lorsqu'elle avait interrompu leur baiser. Elle savait qu'elle lui ferait du mal, mais pas à ce point. Elle ne pensait pas qu'elle lui montrerait sa vie après qu'il ait échoué, après la mort de son cousin, elle ne l'imaginait tout simplement pas.
Les examens finis, l'atmosphère du château semblait s'être ralentie, il n'y avait qu'eux pour courir si vite. Ils ne s'étaient pas concertés, tous trois se suivirent pourtant jusqu'au tableau de la Grosse Dame. La jeune fille balbutia le mot de passe, entraînant ses deux amis à sa suite.
James n'était pas dans la salle. Scorpius ne sut pas à quoi ils s'attendaient, ils auraient dû s'en douter. Louis et Will étaient cependant assis à une table, gribouillant sur un parchemin, riant entre eux. Rose courut à eux, hors d'haleine.
- Contents de voir que tu vas mieux ! lança gentiment Louis.
- Où est James ? le coupa-t-elle
Son cousin la regarda, étonné, avant de hausser les épaules. Alors tous trois se ruèrent vers les dortoirs.
- Je peux savoir ce que nos amis Serpentards fichent dans notre salle ? les taquina vainement Will alors qu'ils s'éloignaient.
La salle des dernières années était déserte. Parfaitement rangée. Il n'y avait qu'une feuille posée sur un lit. Rose avança la main mais ce fut Albus qui s'en saisit, les mains tremblantes. Ses amis le regardèrent écarquiller ses yeux d'ange, avant de la leur tendre, le souffle court. À toute vitesse, le blond et la jeune Weasley déchiffrèrent la lettre. Ou plutôt... ce n'était pas une lettre, plutôt une confession, un aveu. Rose sentit les larmes lui monter aux yeux alors que l'horreur achevait de refermer ses mains sur son cœur. Et si elle s'était déjà maudite de ne pas avoir su comprendre celui qu'elle aimait, elle se haïssait de penser qu'elle n'avait finalement pu comprendre personne!
Je m'appelle James Potter.
Ou plutôt on m'appelle James Potter. Je n'ai jamais aimé ce nom, et j'en ai souvent voulu à mes parents de me l'avoir donné. Mais je n'ai jamais osé le dire : je sais que mon père y tenait profondément. Je le comprends en un sens, moi aussi j'aurais sans doute appelé mon fils Harry si je n'avais jamais rencontré celui qui m'a donné la vie. Pourtant ce prénom me fait frissonner dès qu'on m'appelle, et plus encore quand je suis James Sirius Potter. Seule ma mère m'appelle ainsi quand je deviens pénible, elle croit que je cesse de l'embêter car je la sais en colère, mais c'est faux : j'ai juste mal au cœur d'entendre les prénom de deux morts s'incarnant dans mon nom. C'est étrange, sans doute stupide, mais je n'ai jamais pu me défaire de cette idée. Sans doute est-ce pour cela d'ailleurs que je suis devenu le bout-en-train, l'hurluberlu de la famille. Celui qui rit, celui se moque, le garçon drôle et farceur : tout ce que mes illustre homonymes étaient. Et je crois que d'un côté, ça rassure tout le monde : moi rieur, mon frère aussi sage qu'Albus, aussi fidèle que Severus, et ma sœur aussi jolie que ma grand mère, aussi rêveuse que Luna. Ils ont de la chance : ils peuvent choisir entre deux personnes... moi je suis James Sirius, James-Sirius, Jamesésirius. Les deux faces d'une même pièce.
Mais non, je ne suis pas celui-là. De farceur, de joyeux je n'ai que l'extérieur. Parce qu'au fond je ne suis personne. Ni James, ni Sirius. Ni James Sirius. Je suis Personne. Sans doute est-ce pour cela que j'ai été si fasciné par l'Odyssée quand j'étais enfant, et qu'aujourd'hui je vais sans cesse voir Hagrid pour qu'il me parle de Cyclope[*]. Un lubie passagère, pense tout le monde. Ils se trompent. Je suis Personne, je suis un spectre puisque je porte le nom de deux défunts. C'est lourd à porter tout cela... Lourd sur mes épaules.
Pourtant c'est mon secret, personne ne le sais. Parfois le regard émeraude mon père se pose sur mes mains trop maigres, mais mon sourire de façade semble le convaincre. Personne d'autre ne fait attention à moi. Tant pis, tant mieux... Pourtant chaque jour je sens ce prénom peser un peu plus lourd sur mes épaules. J'ai dix-sept ans, je vas partir de partir de Poudlard et même si j'adore cet endroit, je suis soulagé. Soulagé de partir de ce lieu ou mes homonymes ont brillé pour les qualités que je semble posséder, soulagé ne plus sentir sur moi le regard de mes professeur, ne plus sentir dans leurs prunelles cette douce nostalgie. Je serai bientôt un peu plus libre, loin de ces souvenirs, loin de tout. Ce soir je serai libre, et cette lettre sera sans doute trempée de larmes, c'est pourquoi je l'ai ensorcelée.
À celui qui me lira j'envoie un sourire. À celui qui me regrettera, je répond qu'il existe bien des personnes qui me ressemblent. On m'oubliera : pourquoi retenir deux identités identiques ? James et Sirius sont en moi, je suis en eux, se rappeler d'eux est bien suffisant.
J'embrasse tous ceux que j'aime, tous ceux qui m'ont aimé, et je leur assure qu'ils n'ont pas à se sentir coupable, pas même de m'avoir appelé James Sirius. Je suis ce que je suis, peut-être que si je m'étais appelé autrement j'aurais été digne de haine. Je m'en vais car je suis fatigué, fatigué d'être une ombre, fatigué d'être ce que je suis. Le monde s'arrêtera quelques jours, puis tout reprendra, et tant mieux.
Un dernier mot. Un seul. Pour le joyaux de ma vie. Pour elle, je suis heureux d'avoir vécu, d'avoir su ce que c'était d'être grand frère, ce que c'est que de ressentir de la tendresse. Lily est une petite étincelle, depuis toujours. Mais surtout, c'est quelqu'un qui ne porte pas le poids de trop lourd prénoms sur ses épaules. Le nom d'une grand-mère loyale, et celui d'une amie originale. Elle peut être comme elle le désire, tout s'accordera. C'est pour elle que j'ai peur, alors je la confie à mes parents, à mon frère, à ma famille. Je ne veux plus vivre, mais je veux qu'elle le fasse encore. Prenez soin d'elle, oubliez-moi. Je m'en vais rencontrer mes homonymes, et les vôtres.
Ne pleurez pas trop et n'oubliez pas que je vous aime.
[*] Pour ceux qui se souviendraient mal de cette histoire de L'Odyssée, je fais ici référence au passage du Cyclope Polyphème: Ulysse se trouve enfermé dans sa grotte avec ses compagnons avec le Cyclope et sont surpris par celui-ci. En tant que chef, Ulysse se présente: il dit se nommer Personne. Le Cyclope ne saisit pas le mensonge, ferme sa grotte d'un rocher et mange quelques uns des hommes et dit qu'il terminera de les manger après son sommeil. Il s'endort et pendant ce temps, les hommes survivants et Ulysse taillent un tronc d'arbre en pieux, et crèvent l'unique œil du Cyclope. Bien sûr Polyphème hurle de douleur, ses congénères se pressent autour de sa grotte et lui demande ce qui se passe, et qui lui a crevé son oeil: "C'est Personne!" crie-t-il. "Ah bon! Tu t'es crevé on oeil tout seul! Et bien tant pis pour toi!" lui répondent les Cyclope en s'éloignant de la grotte. (Et si la suite des aventures de Ulysse, n'hésitez pas à lire ou relire L'Odyssée!
C'était plus court que d'ordinaire mais je me rattrape la semaine prochaine! Que ça vous ai plu ou non, n'hésitez pas à laisser un com' à l'occasion, ça ne vous coute que deux minutes et quelques mots! ;-)
