Hello tutti quanti!
Voici donc un nouveau chapitre. Il n'en restera ensuite plus qu'un seul pour clore la première partie. J'espère qu'elle vous satisfera, et que la seconde ne vous décevra pas!
Merci à lovemariiie30 pour son gentil commentaire, et à ceux qui ont ajouté Sourire aux Étoiles à leurs alertes/favorits! :-D
J'espère que ce chapitre vous plaira, sur-ce: bonne lecture!
Disclaimer: Harry Potter ne m'appartient pas, pas plus que les personnages de la Génération Suivante!
On aida James à se relever, il tremblait de tout son corps, refusait de lâcher son petit frère. Rose les regarda s'éloigner avec un sourire, tandis que Louis, Will et ses trois meilleurs amis les suivaient. Elle s'approcha du bord du parapet, s'y accouda. Le souvenir de la soirée qu'elle avait passée en compagnie des deux frères lui revint en mémoire.
- Il avait peur de savoir, mais il voulait pourtant en apprendre le plus possible sur la mort potentielle... de James, souffla Lorcan en s'installant à côté d'elle, lui aussi fixant le ciel. Alors il cherchait dans les étoiles. Il y cherchait tout ce qu'il pouvait. Mais il avait si peur... Alors il me contait des histoires, juste pour songer à autre chose... c'est pour cela qu'il s'est mis à parler de Persée et Andromède.
- Pourquoi me dis-tu ça ? murmura-t-elle.
- Parce qu'il n'osera jamais te le dire, même si, crois-moi, il a été infiniment plus serein dans les jours qui ont suivi. Mais je pensais que tu devais savoir que... tu n'as jamais parlé de ta solitude à voix haute. Il a vu tes yeux et il a su. Il a su tes peines, mais surtout il a su qu'il t'aimait. Je suis son frère, je suis son jumeau. Et même si malheureusement notre lien mental n'est pas aussi fort que celui des jumeaux Weasley, devenu légendaire, j'ai senti qu'il voulait soudain se battre pour toi.
Il se tourna vers elle. Son regard était humide. Il ne souriait pas, ce n'était pas de la joie qu'il voulait exprimer.
- Je voulais te remercier Rose. Parce que sans toi, jamais il n'aurait trouvé la force.
- Tu ne sais rien Lorcan, murmura-t-elle en baissant les yeux. Tu ne sais pas le mal que je lui ai fait. Même s'il me pardonne, moi je ne me le pardonnerai pas. Jamais.
- J'ignore ce qui s'est passé Rose, j'ignore ce qui a fait que Scorpius vous a tout avoué alors qu'il m'avait promis de tenir sa langue, mais sais-tu ce que je réponds à cela ? Ça n'a pas d'importance. Ça n'a pas d'importance car ton cousin est sauvé, car tu l'as sauvé, et que du même coup tu as sauvé mon frère.
- Vous l'auriez fait aussi...
- Mais c'est toi qui l'a fait. Et c'est à cause de ce que tu lui as fait que vous vous êtes tous mis à les chercher. Non Rose, je ne plierai pas, c'est d'abord toi qu'il faut remercier.
- C'est Scorpius, Lorcan, pas toi.
- Si tu n'avais pas aimé Lys', toi et moi savons que Scorpius n'aurait rien dit, répondit-il posément.
La jeune fille baissa les yeux, mal à l'aise. Mais le jeune homme ne semblait pas décidé à s'arrêter là.. Il s'appuya encore un peu plus au parapet, et fixa la nuit qu'ils avaient parcourue en tremblant.
- Rose... Je ne pense pas trahir Lysander en te disant cela...
- Alors ne le dit pas!
- Tout simplement parce qu'il ne sait rien de tout ça, acheva Lorcan sans s'interrompre. Lorsque ma famille a rencontré cette personne qui avait traduit le manuscrit italien, qui nous a révélé comment Lysander pouvait se libérer, ils nous a remis le texte. Il nous l'a donné. Lysander n'a jamais voulu savoir ce qu'il y avait dedans. Il ne voulait que l'essentiel, que l'utile, et pas les détails – le jeune homme s'interrompit, la gorge nouée, sans doute parler du secret qu'ils avaient caché était-il encore douloureux pour lui – mais je n'ai pas pu faire comme lui. J'ai pris le manuscrit. De nous quatre, je suis le seul à l'avoir lu. Sais-tu pourquoi je te remercie ?
- Parce que tu penses que c'est grâce à moi que nous nous sommes mis à le chercher...
- Non Rose. Je te suis reconnaissant de l'avoir fait, mais ce n'est réellement cela qui fait que je sens que j'ai une dête envers toi.
- Tu ne me dois rien !
- Si Lysander a cherché la force de se battre, c'était pour toi.poursuivit-il sans sembler l'entendre ni la regarder.
La jeune fille ne répondit pas, encore sceptique.
- C'est de James dont il a vu la mort... parce qu'il était ton cousin. Parce qu'il t'aimait déjà avant.
- Arrête de raconter n'importe quoi...
- Lysander t'aimait déjà depuis des années. Ça aurait pu être et demeurer un amour d'enfant... mais c'est à cette époque qu'il s'est mis à voir l'avenir. C'est à cette époque... qu'il a inconsciemment choisi pour qui il se battrait. Pour toi Rose. Parce que... les gens comme Lys' n'ont pas un cœur tout à fait comme le tien.
Elle voulut lui parler, elle voulut lui dire que au contraire, son frère avait un cœur comme les autres. Un cœur qu'on pouvait combler, un cœur qui pouvait combler. Un cœur qu'on pouvait briser. Un cœur qu'elle avait brisé. Apparemment elle le murmura à voix haute car Lorcan lui répondit.
- Ce n'est pas dans ce sens que je parle, Rose. Ce que je veux dire est que Lysander a en quelque sorte choisi la personne qui devait mourir. Il a choisi quelqu'un pour qui il aurait envie de se battre. Il t'a choisie. Il voulait vivre pour toi, mais il ne voulait pas que tu meurs. Alors c'est de James dont il a vu la mort.
- Lorcan je t'en prie...
- Il ne le savait pas, souffla-t-il tout bas. S'il avait lu ces manuscrits, il l'aurait su.
Elle le fixa. Il lui parlait sans la regarder, sans voir le parc qui s'étendait sous leurs yeux, sans sentir la Lune sur son visage. Il ne pensait qu'à Lysander. Toujours Lysander. Toujours son frère adoré, son frère à qui il avait tout donné. Lui aussi avait été rongé par l'angoisse. C'était moins flagrant que chez son jumeau, mais sa silhouette elle-aussi s'en était vue affectée. Ses mains tremblaient un peu et ses ongles étaient rongés, un tic nerveux le faisait reniffler toutes les deux secondes. Jamais ecore elle n'y avait prêté attention. Il semblait si grand, si fort. C'était lui qui avait porté Lysander...
- C'est pour toi qu'il s'est battu, Lorcan, murmura-t-elle d'une voix tremblantes. C'est grâce à toi qu'il est ici.
Le brun secoua la tête, tristement. Elle sentit une pierre lui tomber dans l'estomac. Il lui semblait que l'image de Lorcan s'effondrait, et s'il n'y avait pas eu la lumière de la Lune pour frapper son visage, elle aurait pu croire faire face à Lysander.
- Je me suis battu pour lui, mais il l'ignore.
- Tu n'es pas juste, trancha-t-elle.
- C'est toi qui n'est pas juste Rose. C'est toi qui refuse que je te remercie, répliqua-t-il en la glaçant du regard. Depuis des années, depuis... depuis qu'il savait qu'il était maudit, c'est pour toi qu'il s'est battu. Pour toi, Rose. Toujours pour toi.
Elle recula du parapet, effrayée par la lueur désespérée qu brillait au fond de ses yeux.
- Et moi je me suis battu pour lui. Encore et toujours pour lui. Parce qu'il est mon monde Rose. Parce qu'il est mon frère.
Il baissa la tête en soupirant, se laissa glisser au bas du muret, la tête dans les mains. Instinctivement, elle s'approcha, comme elle l'avait toujours fait pour Lysander. Elle glissa sa main dans la sienne, et Lorcan la serra avec un sourire rassurant, la remerciant d'un coup d'oeil.
- Tu n'as toujours pas compris, n'est-ce pas ? souffla-t-il en levant les yeux vers le ciel, elle secoua la tête. C'est normal... comment pourrais-tu comprendre. Personne n'a jamais compris, personne n'a jamais su.
- Qu'est-ce que personne n'a jamais su ?
Un long silence passa entre eux. Elle songea à Lysander qui devait dormir encore à l'infirmerie. Elle songea à lui pour se rassurer, car elle craignait soudain ce que Lorcan allait lui dire. Elle avait raison.
- Il est mon jumeau, Rose. Il est plus que mon frère. Il est l'autre parti de moi-même, je suis l'autre partie de lui-même. Il laissa échapper un soupir, fermant les yeux, avant de parler. Je suis comme lui, Rose. Je ne vois pas la même chose dans les mains des autres, mais j'y lis aussi tellement de choses... J'y lisais.
Elle ne put répondre. Tout cela n'avait pas de sens. Pourquoi Lorcan avait-il caché cela à tous, même à son frère ?
- J'ai découvert que je pouvais faire cela quelques mois après lui. Mes parents étaient si inquiets que je n'ai pas eu le cœur à leur en parler. Pour qu'ils n'apprenent rien, je n'en ai rien dit non-plus à Lys'. Peut-être aurais-je dû parler... car quand nous avons su ce à quoi était destiné Lysander, j'ai appris mon avenir par la même occasion. J'ai appris ce que j'allais vivre. C'est pour le savoir que j'ai lu les manuscrits.
- Mais... je ne comprends pas... tu ne t'es jamais comporté comme ton frère...
- Tu ne fréquentes Lys' que depuis qu'il a lu dans la main de Lily. Tu ne l'as pas vu les années précédentes, il était léger. Il essayait... de ne pas perdre pied. J'étais là pour ça, je voulais être là pour ça.
- Moi toi Lorcan ? Toi, comment as-tu pu...
- Je l'ai choisi, Rose, souffla-t-il. Je l'ai choisi car si je lui en avais parlé... – il laissa échapper un long soupir, elle crut il sentir l'ombre d'un sanglot – j'aurais dû lui dire ce que moi aussi je voyais...
Il ne put poursuivre, haletant. Elle crut revoir Lysander le soir de Noël, le soir où elle lui avait confié son secret. Doucement, elle posa sa main sur la sienne.
- Depuis que j'ai dix ans, je vois la mort d'un jeune homme dans les mains de ma famille. Dans celle de mes amis. Mais je ne savais pas qui c'était... jusqu'à mes treize ans. Je crois qu'au fond je ne voulais pas admettre que c'était Lysander que je voyais se jeter dans le vide.
Elle blêmit.
- Lysander est la personne la plus importante pour moi. Je pense que, enfant, j'ai inconsciemment décidé que ce serait pour lui que je me battrais, tout comme il avait choisi de se battre pour toi.
Une grosse larme roula sur la joue de la jeune fille, il l'essuya d'un geste tendre, un léger sourire aux lèvres.
- Mais je ne vois plus ça, Rose. Tu peux ôter tes gants, ajouta-t-il avec un petit rire. C'est pour cela que je voulais te remercier. Parce que sans toi...
- Le conditionnel passé ne sert à rien, souffla-t-elle en posant sa main sur son épaules. Oublie. Lysander est vivant. Et James est vivant. Et tous les deux vous allez pouvoir vivre à présent, vivre tranquilles.
Elle tendit la main, il se releva, fit un geste pour partir, pourtant elle ne bougea pas.
- Il y a une chose que je ne comprends pas dans tous ça... Ada, ta petite amie, ne compte donc pas ?
Lorcan sourit énigmatiquement
- Bien entendu qu'elle compte. Elle compte autant que Lys'... Mais j'ai connu mon frère avant de la connaître. J'ai choisi mon frère avant de la connaître. Mais elle compte Rose, crois-moi. Elle compte.
Un nouveau sourire illumina son visage, un sourire faisant écho à celui de Lysander. Puis il l'embrassa sur le front avant de s'éloigner dans la pénombre. Elle ne songea pas à lui poser de nouvelles questions, elle sentait qu'elle n'aurait pas assez de toute la nuit pour lui demander tout ce qu'elle ne comprennait pas.
- J'espère que maintenant tu pourras le dire à Lys', lança-t-elle sans savoir s'il pouvait toujours l'entendre.
Elle n'eut pas de réponse. Elle fixa les balais qui jonchaient encore le sol, le sien était brisé. Tant pis. Elle en prit un au hasard et l'enfourcha. C'était interdit mais elle en avait besoin. Elle avait besoin de sentir l'air sur son visage, de sentir le froid l'appaiser avant d'affronter ses amis, ses cousins, sa famille qui devait sans doute déjà être avertie.. Et Lysander. Surtout Lysander. Surtout elle voulait sentir l'air siffler dans ses oreilles, lui soufflant que ce n'était pas un rêve, qu'en quelque heures elle avait bien été la plus malheureuse puis la plus heureuse des femmes.
Elle sauta dans le vide, tournoya un instant à côté de la Tour avant de filer droit vers l'infirmerie.
Il y avait plus d'une dizaine de personnes dans la pièce, pourtant le silence y était le seul maître. Elle repéra bien vite Lorcan qui s'était laissé tombé à côté du lit où Lys' était étendu, aussi paisible qu'un enfant.
Pourtant ce n'était pas autour de ce jeune homme que tout le monde était rassemblé, c'était autour du lit à baldaquin sur lequel gisait James. Son cousin était recroquevillé sous le drap tandis que madame Pomfrey cherchait par tous les moyens à éloigner les cousins qui ne tenaient plus en place.
Rose s'approcha doucement, bouscula un instant l'infirmière juste pour embrasser James sur le front. Son cousin ferma les yeux au contact des lèvres de sa cousine mais ne répondit rien. Enfin, la jeune fille éloigna ses amis et cousins du lit du jeune homme qui voulait simplement dormir. Scorpius se joignit à elle, les autres finirent par s'écarter, de plus ou moins bonne grâce.
Le Serpentard s'assit silencieusement à côté de son meilleur ami. Les joues du jeune Potter étaient d'un marbre sépulcral, ses lèvres exsangues tremblaient. Il posa alors sa main sur son épaule, Albus laissa sa tête reposer sur la sienne. La foudre l'avait frappé. Un de ses piliers avait manqué de s'effondrer. Sans Rose, sans Scorpius, sans Lysander, sans Fanny... sans eux-tous... Un spasme de frayeur parcourut douloureusement son corps, tandis que Scorpius resserrait sa prise autour de ses épaules.
- Il est hors de danger maintenant, souffla le Serpentard à l'oreille du brun. Il n'est plus seul. Regarde tous ceux qui ont cherché à aller le retrouver : il ne peut plus dire qu'il est seul. Il doit comprendre qu'il n'est pas seul, qu'il compte pour nous-tous.
- Je sais... j'essaie de ne pas l'oublier... mais je pense à tous ces mois, toutes ces fois où j'ai surpris son visage maussade avant qu'il ne se mette à sourire... Tous ces silences... toutes ces fois où il sursautait lorsque ma mère l'appelait James Sirius... Et même... même le jour de la rentrée... quelqu'un lui a dit... Le grand James Sirius Potter serait-il paresseux... Tu te souviens ?annôna-t-il.
- Je me souviens, murmura doucement Scorpius.
- Et Lily !poursuivit-il avec angoisse. Elle savait ! Elle l'avait vu ! Depuis quand, hein ? Depuis quand ?
- Elle a la main d'une adulte,souffla son ami. C'est ce que Lys' m'a dit dans le train après qu'il se soit enfui du compartiment. C'est ainsi.
- Elle n'a que quinze ans, et quand elle en avait quatorze... elle avait déjà vu que James allait mal ! Elle savait ce dont il était capable !
- Albus, calme-toi, tu n'as pas à t'en vouloir...
- Et qu'est-ce que je dis à mes parents ? Que je n'ai qu'un an de moins que mon frère, alors que ma sœur qui en a trois de moins a su voir que James allait mal ? Que je côtoyais mon frère tous les jours et que je n'ai pas su voir ?
- Albus...
Le jeune homme fondit en larme, enfin il s'autorisa à pleurer.
- Et en plus... en plus...
- Albus, arrête, c'est terminé.
- Mais est-ce que... est-ce que tu réalises que si toi tu ne m'avais pas secoué, si tu ne nous avais pas bougé Rose et moi, on l'aurait retrouvé... il serait...
Sa voix s'étrangla dans sa gorge alors que son ami le serrait dans ses bras, renonçant a parler. Rose s'approcha d'eux, posa sa tête sur l'épaule, tremblant de tout son corps. Le jeune Serpentard parcourut la pièce du regard. Ses deux meilleurs amis dans ses bras, Louis effondré contre Will. Fanny, Nico et Thomas étaient assis non-loin, de l'autre côté du lit de Lysander, en face de Lorcan. Scorpius les vit dans cette position... Celle dans laquelle Harry et Ginny les trouvèrent était identique. Les deux garçons étaient encore endormis, l'un assommé par des mois d'angoisses, l'autre par un mal-être mêlé à de la potion sans rêve. James s'éveilla pourtant lorsqu'il sentit la main de sa mère caresser sa joue. Il ouvrit ses beaux yeux bruns, identique au sien, lui rendit ses larmes mais pas son sourire. Il referma immédiatement ses paupières, tremblant de tous ses membres, la suppliant de le laisser. Alors Ginny s'assit sur son lit, souleva de son mpatelat l'adolescent pourtant plus grand qu'elle, l'attira contre son coeur Le jeune homme se débattit un peu, puis sa mère se mit à chantonner. Albus était assis encore à côté du lit et l'entendit et songea que sa mère avait bien choisi sa chanson. C'était Fleur qui avait appris à la dernière fille Weasley toute une ribambelle de chansons moldues en français.
"Derrière chez ma tante il y a un étang
Derrière chez ma tante il y a un étang
Je me ferai anguille anguille dans l'étang
Je me ferai anguille anguille dans l'étang
o
Si tu te fais anguille anguille dans l'étang,
Si tu te fais anguille anguille dans l'étang
Je me ferai pêcheur je t'aurai en pêchant
Je me ferai pêcheur je t'aurai en pêchant
o
Si tu te fais pêcheur pour m'avoir en pêchant
Si tu te fais pêcheur pour m'avoir en pêchant
Je me ferai alouette alouette dans les champs
Je me ferai alouette alouette dans les champs
o
Si tu te fais alouette alouette dans les champs
Si tu te fais alouette alouette dans les champs
Je me ferai chasseur je t'aurai en chassant
Je me ferai chasseur je t'aurai en chassant
o
Si tu te fais chasseur pour m'avoir en chassant
Si tu te fais chasseur pour m'avoir en chassant
Je me ferai nonnette nonnette dans un couvent
Je me ferai nonnette nonnette dans un couvent
o
Si tu te fais nonnette nonnette dans un couvent
Si tu te fais nonnette nonnette dans un couvent
Je me ferai prêcheur je t'aurai en prêchant
Je me ferai prêcheur je t'aurai en prêchant
James se redressa et fixa sa mère. Celle-ci balbutiait ces mots d'une voix nouée, une voix qui ne semblait parfois n'être plus qu'un gémissement, et ses yeux cherchait ceux de son fils dont les épaules tremblait alors qu'elle les étreignait. Ce ne fut qu'au début de ce sixième couplet que son aîné releva la tête pour fixer les lèvres de Ginny qui articulaient cette comptine dont elle comprenait chaque mot, chaque sens. Il vit le sourire de sa mère lorsqu'elle le vit se redresser, et entreprit d'entonner à son tour le dernier couplet:
Si tu te fais prêcheur pour m'avoir en prêchant
Si tu te fais prêcheur pour m'avoir en prêchant
Je m'donnerai à toi puisque tu m'aimes tant
Albus serra l'épaule de son frère avant de chantonner avec lui et leur mère ces derniers mots
Je m'donnerai à toi puisque tu m'aimes tant [*]
Harry les observait à deux pas, les larmes aux yeux, mais le cadet Potter savait qu'en aucun cas son père ne se sentait mis à l'écart: depuis toujours leur mère consolait en chanson, leur père en embrassades. Le temps avait passé, mais ce fut avec cette éternelle maladresse qu'il serra son fils dans ses bras. C'était cette même maladresse qui rassurait James: sentir qu'il était juste le fils de Harry, de l'homme hésitant et aimant, et non pas du Survivant.
Finalement l'aîné Potter sembla daigner se souvenir de la présence de son frère. Il se tourna vers lui, posa sa main sur celle qui frôlait son épaule.
- J'imagine que c'est toi que je dois remercier...
Albus sentit un poignard s'enfoncer lentement dans son cœur. Il aurait adoré lui dire que oui; que c'était grâce à lui qu'il était en vie, grâce à lui que tout le monde l'avait poursuivi... Mais non. C'était Scorpius qui avait dirigé les opérations, c'était Lysander qui leur avait fait gagné du temps; c'était Lily qui avait mis la puce à l'oreille du Serdaigle qui l'avait mise à celle du Serpentard... Non, décidément il avait été inutile. Ce n'était même pas lui qui s'était jeté sur James pour le faire tomber du parapet, c'était Rose. Il n'avait servi à rien. Il voulait même dire que sans son meilleur ami, il aurait été capable d'abandonner James à son sort.
- C'est Rose, et Scorpius, et surtout Lysander que tu dois remercier. Mais pas moi Jimmy, pas moi.
- Si James, se crut obliger de dire Scorpius en s'approchant. Car si Albus n'était pas ton frère, nous n'en serions pas là. Si Albus n'était pas ton frère, aucun de nous n'avait bougé...
- C'est pas de moi qu'il faut s'occuper,marmonna le cadet Potter. C'est de lui.
- Alors souri Al', murmura James d'une voix faible.
- C'est à Lorcan ou à Lys' qu'il faut le demander, ce sont eux qui pourraient refaire le monde avec un sourire.
- Mais ils ne sont pas toi. Ils ne sont pas mon petit frère.Il regarda à droite à gauche avant de demander tout de même: où sont-ils d'ailleurs?
- Lys' dors,souffla Albus.Il dort tranquille car à présent tu es en sécurité, ajouta-t-il en souriant.
James baissa les yeux en se blottissant contre son père. C'est dans la chemise de celui-ci qu'il marmonna.
- Il essayait... il me suppliait de ne pas sauter. Je ne sais pas comment mais il savait ce que je voulais faire... Depuis le début disait-il... il disait... il disait qu'il l'avait vu dans la main de Lily... il disait... qu'il l'avait vu sur mes lèvres... Je... je lui ai crié de partir, d'aller se faire soigner... Il était dans un état encore pire que le mien mais je n'ai pas voulu le voir... Pas tout de suite...- sa voix semblait se coincer dans sa gorge à mesure qu'il poursuivait son récit. Il tenait à peine debout... et il avait le visage ravagé... Et ça a duré des heures... des heures pendant lesquelles il m'a poursuivit dans les couloirs, des heures pendant lesquelles j'ai essayé de me défaire de lui. Mais... mais il revenait toujours, comme un fantôme. Finalement, j'ai décidé d'aller quand même à la Tour d'Astronomie - il crispa ses mains sur la chemise de son père, comme un enfant racontant un cauchemars - il s'est effondré quand il a compris où j'allais, mais quand il s'est relevé, il a repris toute l'avance que j'avais pu prendre sur lui... Et il est parti dans un délire... il délirait encore lorsque je suis tout de même grimpé sur le parapet, et il délirait encore quand je me suis approché du bord, et encore lorsque j'ai regardé en bas, et encore... et encore... et encore quand Rose a sauté sur moi...
- On t'expliquera quand tu te seras reposé..., murmura Albus en passant un bras autour de ses épaules.Mais James... le jour où tu voudras te foutre en l'air... pense à nous-tous... pense à Papa et Maman... pense à Lily... pense à moi... Et pense à Lys'... Parce que mille fois il a voulu mourir, sais-tu pourquoi il est resté?
- Pour Rose.
- Pas seulement. Il est resté pour son frère, et pour toit aussi... pour t'empêcher de faire ce que tu as voulu faire hier soir...
- Comment...
- On t'expliquera James. Mais... je crois que maintenant il y a une autre personne avec qui tu vas devoir... t'expliquer...
Son frère releva la tête, mais Albus sentit le regard de ses parents qui l'incitaient à garder le silence. Il n'eut pas à le faire: la porte de l'infirmerie s'ouvrit dans un grand fracas, et un tornade rousse s'engouffra dans la pièce, et pour la première fois depuis des mois, ce ne fut pas dans les bras de Scorpius qu'elle se jeta. James eut tout juste le temps d'ouvrir les siens avant de la sentir heurter violemment sa poitrine, avant de sentir son visage dans son cou. Et tous ceux qui avaient eu sa lettre d'adieu sous les yeux entendirent ses mots résonner encore tout près d'eux.
Lily est une petite flamme.
C'était exactement cela. Elle était une petite flamme. Une flamme brûlante de vie, de rage de vivre. Mais une flamme. Et par définition une flamme pouvait s'éteindre. Albus remercia mentalement encore Lys' d'avoir su voir, d'avoir su comprendre Lily. Et même s'il savait combien cela avait rongé le jeune homme, il le remercia d'avoir accepté de porter sur ses frêles épaules le poids qu'il avait découvert dans la main de Lily.
C'était donc le désespoir de James qu'elle avait senti et que Lys' avait déchiffré en elle. Heureusement pour elle, elle n'avait pas décodé la scène que le jeune homme avait vu ce jour-là, la scène qui l'avait hanté, rongé... Oui, il était presque heureux que ce soit Lys' qui ait porté ce fardeau sur ses épaules trop faibles, parce que l'enfant qu'était encore Lily n'aurait su y faire face. Du coin de l'œil, il vit Rose embrasser les doigts de Lys', appuyée cotre l'épaule de Fanny, les bras de Thomas autour de sa taille, les mains de Nicolas tenant les siennes. Et il vit aussi le regard complice qu'elle échangea avec Lorcan. Il avait encore dû manquer un épisode, manquer une discussion. Tant pis. Plus tard, plus tard il songerait à tout cela. Pour l'heure il voulait simplement voir Lily dans les bras de James, voir leurs parents les regarder avec tendresse, voir Luna et Rolf franchir la porte de l'infirmerie pour serrer leur deux fils dans leurs bras, voir Louis se détacher doucement de Will qui le poussa à s'approcher doucement de James et échanger un sourire avec lui, voir Scorpius accepter la main que Ginny passa sur sa joue. Il voulait voir tout cela. Et faire ce que Lysander n'avait encore jamais pu se permettre: penser à aujourd'hui, à maintenant, à tout de suite, et oublier un instant que demain existait.
Les heures s'écoulèrent. James avait fini par s'assoupir à son tour, tandis que Mme Pomfrey tentait régulièrement de convaincre les élèves d'aller dormir dans leurs dortoirs. C'était tout bonnement impossible. La foudre s'était abattue, comme le soir de la mort d'Albus Dumbledore : ils se trouvaient dans une de ces situations où sa règle des « six visiteurs par patients » était impuissante.
Allors elle se contenta de distribuer les Potions de Sommeil Sans Rêve aux élèves qui gémissaient dans leurs fragiles songes, les incitant à aller s'allonger sur les lits voisins. Lorcan qui s'était montré si serein face à Rose était étonnament celui qui en eu le plus besoin. Le jeune homme, la tête appuyée sur le matelat où reposait son frère, laissait régulièrement échapper un léger sanglot... comme il avait dit que Lys' faisait, ne put s'empêcher de songer Scorpius tout en veillant le sommeil de son meilleur ami et de Lily. Il n'avait pas sommeil. Les parents Potter avaient eu beau lui assurer qu'il pouvait se reposer, il ne pouvait s'empêcher de s'assurer que ses proches allaient bien.
Et lorsqu'à cinq heure du matin il reçut une lettre de son père, il ne ressentit aucune fierté. Drago l'y félicitait. Drago lui disait qu'il avait bien fait. Mais Scorpius n'avait pas oublié l'angoisse qui l'avait étreint lorsqu'il avait su que tout se jouerait en haut de la Tour d'Astronomie. Jamais il ne l'avouerait à personne, mais lui-même ignorait ce qu'il aurait fait si James s'était réellement jeté dans le vide.
Vers six heures du matin, il vit soudain une étrange auprès du lit de Lysander. Une lueur bleuté. Une lueur que seule la magie pouvait émettre. Il voulut se lever pour approcher mais il sentit soudain ses paupières s'alourdir, et sans même s'en rendre compte, il passa un bras autour de la taille de Lily et s'endormit à ses côtés.
[*] Pour la comptine, j'avoue que je n'avais pas beaucoup d'idée... et même si celle-ci est un peu (beaucoup répétitive), j'aimais bien l'idée de la fuite/poursuite: c'est un peu cela qui s'est passé dans le précédent chapitre, et je trouvais la fin jolie, surtout dans la bouche d'une mère et de ses fils (après, peut-être suis-je une sentimentale... Tant mieux!)
J'espère que tout est bien clair dans ce chapitre... si jamais il y a des points qui vous semblent flous, n'hésitez pas à me les signaler! C'es clair dans ma tête, ça ne veut pas dire que ça l'est sous mes doigts!À la prochaine!
