Bonjour à tou(te)s !
Je commence, comme toujours, par remercier vraiment très, très, trèèèès chaleureusement l'ensemble de mes revieweurs/euses d'amour que j'aime ainsi que tous les lecteurs qui font des ajouts en fav/alertes.
J'ai été très touchée de voir que beaucoup de lecteurs auparavant fantômes sont sortis de l'ombre pour me laisser une review. Merci, merci, merci ! J'espère que cela continuera ainsi et que cela donnera des idées à tous les autres lecteurs fantômes de cette fic'. :)
Passons donc tout de suites aux RàRs !
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RàRs Anonymes :
Guest (1) : Merci beaucoup pour tes vœux. Je te souhaite encore une excellente année 2018 également. Je suis ravie que le personnage de Blaise te fasse rire car c'est l'un des « buts ». Il est en autre présent pour apporter une touche de légèreté et d'humour à cette fic' somme toute assez portée sur le « drame ». Pour ce qui est de Drago, effectivement, il est très inquiet. Il n'est pas du genre à faire étalage de son ressenti et encore moins lorsqu'il a peur mais dans ce cas présent, il ne parvient tout simplement pas à cacher son angoisse. Espérons que tout se terminera bien…
C'est parfait si tu as adoré la fin du chapitre. :) J'espère que tu apprécieras celui-ci tout autant ! En attendant, je te remercie mille fois pour ta nouvelle review et je te souhaite, également une excellente semaine.
Guest (2) : Merci infiniment d'avoir pris le temps de m'écrire pour me dire que tu avais apprécié le dernier chapitre (de même que les précédents). Ça m'a fait très plaisir donc merci encore et j'espère que ce nouveau chapitre te plaira également. :) Peut-être à une prochaine fois !
Lola : Je suis navrée mais je pense qu'il y a eu un problème avec ta review. Rien ne s'affiche… Je ne vois que ton prénom/pseudo mais aucun message. :/ N'hésite pas à réessayer à la fin de ce chapitre si tu le souhaites. Je te remercie chaleureusement pour ton attention malgré tout et j'espère que tu apprécieras ta lecture du jour. :)
Fantme : Merci pour ton magnifique compliment. Ça me fait vraiment super plaisir que cette histoire te plaise et j'ai bon espoir que tu continueras à la trouver super jusqu'à la fin. :) Je te remercie d'avoir pris le temps de me faire part de ton ressenti sur ma fic' et je te dis peut-être à une prochaine fois !
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Voilà ! Quelques petits mots sur le nouveau chapitre proposé cette semaine : le chapitre 48 ! J'ai attendu avec beaucoup d'impatience de pouvoir vous le proposer. J'espère vraiment et très sincèrement qu'il vous plaira. Je vous laisse donc à présent à votre lecture et soyez certain(e)s que j'attends vos reviews avec grande hâte, pour savoir ce que vous en avez pensé.
Bonne lecture et à tout à l'heure avec la note de fin. :)
Comme toujours : seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
PS : Comme j'ai déjà pu le faire auparavant, j'aimerais vous proposer deux titres musicaux pour ce chapitre. Il s'agit de « What You Want » d'Evanescence et de « Bring Me To Life », de la même artiste. (Comme toujours : ce sont les paroles qui m'ont attirées en tout premier lieu).
Chapitre 48 : Le point de non-retour
Il était dix heures quarante-trois très précisément lorsqu'Hermione s'accorda une mini-pause. Cela faisait près de deux heures et demie qu'elle lisait et prenait des notes sur un compte-rendu atrocement barbant. Soupirant longuement, la jeune femme ferma les paupières avant de se laisser aller contre le dossier de son fauteuil de bureau.
Après le retour de Drago, la veille au soir, Hermione avait très mal dormi, alternant entre périodes de somnolence, cauchemars et phases de réveil intempestives. Elle se sentait très stressée à l'idée de ce qu'elle aurait à accomplir en fin d'après-midi et, même s'il ne voulait pas le lui montrer, Drago l'était tout autant, Hermione le savait. Reposait littéralement sur ses épaules la vie de Narcissa Malefoy et, peu importait le résultat, elle savait que plus rien ne serait plus pareil le lendemain matin à la même heure. Décidant de ne plus y penser pour ne pas se laisser aller à angoisser encore davantage, la Gryffondor bâilla avant de se replonger dans son travail qui, bien que n'étant pas passionnant pour une Noise, avait au moins le mérite d'accaparer suffisamment son attention pour lui changer les idées. Elle allait tremper sa plume dans l'encre lorsque la porte de son bureau explosa.
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Tout au moins, ce fut l'effet que le bruit sourd lui fit. Relevant brusquement la tête, Hermione poussa un cri, se plaçant une main sur le cœur, tandis que l'autre se posait sur sa baguette, vestige d'années passées à craindre pour sa sécurité à chaque anormalité sonore. Tout c'était passé en un quart de seconde si bien que la jeune femme n'avait toujours pas eu le temps de voir qui venait de pénétrer ainsi dans son bureau. Elle pointa sa baguette sur l'entrée de la pièce, dévisageant alors l'intrus, et son cœur manqua un battement. Elle ouvrit la bouche mais n'eut pas le temps de dire quoique ce soit.
- C'est ma mère… tu dois venir tout de suite.
Sa voix n'était qu'un souffle mais lui fit le même effet que s'il avait hurlé. Il était encore plus pâle que les fantômes de Poudlard et affichait une expression qu'Hermione ne lui avait jamais vue. C'était de la peur. Drago Malefoy avait peur. Se secouant et ne réfléchissant pas, Hermione raffermit sa prise sur sa baguette, attrapa son sac à main et son manteau et le suivit dans le couloir. Ils se précipitèrent sur les ascenseurs.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda alors la jeune femme en reprenant son souffle, une main tenant ses côtes douloureuses.
- Je-Je sais pas, bredouilla le Serpentard. J'étais dans mon bureau quand Gilly est venue me chercher. Elle-elle a dit que ma mère était en train d'avoir une… une attaque. Alors j'ai transplané et je l'ai trouvée… et…
Voyant qu'il ne parvenait pas à ajouter quoique ce soit, Hermione lui demanda :
- Où est ta mère ?
- L'ai emmenée à… Sainte-Mangouste avant de... revenir, répondit-il d'une voix hachée.
Hermione n'ajouta rien et pria Merlin pour que les Médicomages parviennent à endiguer cette « attaque » quelle qu'elle puisse être. Parvenus dans l'Atrium, ils bondirent en direction des cheminées et arrivèrent à l'hôpital magique une minute et sept secondes plus tard.
Prenant les choses en main, Hermione se dirigea rapidement vers l'accueil. L'infirmière la reconnut immédiatement et lui indiqua de monter au deuxième étage où l'on pourrait la renseigner sur la chambre où se trouvait Narcissa. Ni Drago ni elle ne prononcèrent le moindre mot jusqu'à ce que les portes de l'ascenseur ne s'ouvrent. Elle courut jusqu'au guichet des admissions et des sorties. La sorcière lui indiqua la chambre trois cent quatre-vingt-quatorze et le cœur d'Hermione eut un raté. Si Narcissa était dans une chambre et non au bloc opératoire comme elle l'avait tout d'abord envisagé, cela ne pouvait signifier que deux choses. Soit les Médicomages étaient parvenus à la stabiliser, soit…
Hermione ferma imperceptiblement les yeux puis se retourna vers Drago avant de lui intimer de la suivre. Ils coururent dans les couloirs, récoltant aux passages les regards offusqués des Guérisseurs, des infirmières et du reste du personnel de santé, mais n'en eurent cure. Ils parvinrent finalement devant la porte de la chambre trois cent quatre-vingt-quatorze, qui était ouverte. Hermione pila presque au même moment que Drago. De là où ils se tenaient, ils voyaient distinctement le lit de Narcissa… sur lequel cette dernière reposait, blanche comme la mort et les yeux clos. Autour du lit médicomagique, plusieurs Guérisseurs parlaient à voix basse et précipitée. Le regard d'Hermione s'arrêta alors sur le buste de Narcissa mais Drago ne fut pas aussi pragmatique. Il se précipita dans la pièce et courut au chevet de sa mère. Son visage se contracta brusquement et il s'arracha presque les cheveux en se prenant la tête entre les mains. Il se retourna alors d'un bloc vers les Guérisseurs, le regard fou.
Hermione savait qu'il allait déraper et ne le laissa pas faire. Comprenant que, quoi qu'elle dise, il ne la croirait pas, elle se plaça entre les Médicomages et lui et leva les mains en un signe d'apaisement.
- Drago écoute, il faut que tu te retournes, dit-elle d'une voix douce en s'avançant vers lui.
- QUOI ?! MAIS QU'EST-CE QUE TU RACONTES ?! ILS L'ONT LAISSEE MOURIR ! JE VAIS LES…
- DRAGO ! la voix de la jeune femme claqua comme un fouet. RETOURNE-TOI !
Elle vrilla ses prunelles dans les siennes et continua à avancer.
- JE NE VEUX PAS LA VOIR ! ELLE EST MORTE ! ELLE EST MORTE ! répéta-t-il, comme possédé.
Arrivant à sa hauteur, Hermione posa une main sur son bras.
- Drago, retourne-toi.
Elle exerça une pression sur son bras, l'obligeant à la suivre alors qu'elle se dirigeait vers le lit de Narcissa. Elle sentit qu'il la suivait à contre cœur.
- Là, regarde, fit-elle en pointant la blonde du doigt.
- MAIS PUTAIN QU'EST-CE QUE TU VEUX QUE JE…
- Regarde, là, elle respire. Elle est vivante. Elle est seulement endormie. Magiquement je présume.
Elle leva les yeux vers son amant alors que tout le corps de ce dernier se décrispa comme un ballon qu'on aurait crevé. La Gryffondor le lâcha alors qu'il s'approchait de sa mère. Il déposa sa main sur son visage et le caressa doucement.
Comprenant qu'il avait repris ses esprits, Hermione se détourna de Drago et se dirigea vers les Médicomages qui, hébétés, avaient assisté à toute la scène. Elle s'excusa pour le comportement du Serpentard puis demanda des renseignements.
- Crise d'épilepsie, expliqua le Médicomage Dawson.
- Des séquelles ?
- Pas à ce que l'on sache. Mais si tu penses pouvoir faire quelque chose pour elle alors c'est le moment Hermione. Avant que je ne lui donne une potion de Sommeil sans rêves elle m'a dit ne plus sentir sa peau lorsqu'elle touchait le bas de son ventre.
- Putain ! jura la Gryffondor. Ok, je vais avoir besoin d'un bloc opératoire.
- Je vais voir lequel est libre, se proposa une Guérisseuse à la peau hâlée.
- Merci.
- Tu as besoin de l'un de nous ? s'enquit Dawson.
- Oui. Il faudrait que l'un d'entre vous soit là pour contrôler les sortilèges d'anesthésies pendant que je m'occuperai d'elle.
- Je le ferai, assura l'homme.
- Merci, répéta Hermione. Mais surtout j'ai besoin de…
La Gryffondor pivota sur ses talons et jeta un coup d'œil à son amant. Toujours penché au-dessus de sa mère, il la regardait comme si elle pouvait disparaître sous ses yeux à chaque instant. Faisant fi du pincement au cœur qu'elle pouvait ressentir, Hermione s'approcha de lui.
- Drago ? l'appela-t-elle d'une voix douce.
Il se retourna lentement vers elle.
- Drago, j'ai besoin que tu ailles chercher Blaise, dit-elle comme si elle parlait à un enfant.
Le blond l'observa mais ne répondit rien.
- Il faut que tu ailles chercher Blaise et que tu lui demandes de venir avec la potion. Drago, tu m'entends ? J'ai besoin que Blaise rapporte la potion pour aider ta mère, répéta-t-elle.
Soudain, il sembla réintégrer son propre corps et fronça les sourcils, concentré.
- Blaise. La potion. C'est tout ?
- Oui.
Il ne répondit pas mais partit à grandes enjambées.
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La tension fut palpable durant les dix minutes qui s'écoulèrent ensuite. Hermione consulta le dossier médicomagique de sa patiente pour savoir ce qui lui avait été administré – ou non – depuis qu'elle était arrivée, puis on prépara la malade alors que la jeune femme revêtait elle-même sa tenue en prévision de l'intervention. Elle se changea pendant que Narcissa était transférée dans le bloc numéro un. Afin de faire passer son stress, Hermione tenta de se répéter le protocole de l'intervention qu'elle avait appris par cœur. Elle entra ensuite dans le bloc opératoire, espérant que Blaise arriverait rapidement, et s'assura auprès de son collègue que tout était sous contrôle. Une infirmière lui tendait sa baguette, qui venait d'être stérilisée, lorsque deux nouvelles personnes firent leur entrée dans le bloc, habillées telles des Guérisseurs pour ne pas faire pénétrer de germes.
Les yeux de Drago s'agrandirent brusquement et il stoppa tout mouvement à la seconde où il posa le regard sur sa mère. Il sembla totalement sous le choc en la voyant allongée sur le ventre, les bras écartés de chaque côté de son corps, un champ opératoire laissant visible l'entièreté de son dos nu, de ses reins jusqu'à sa nuque. Zabini, lui, s'avança vers Hermione, l'air grave.
- Tu l'as ? l'interrogea-t-elle.
- Oui, tiens.
- Merci, fit-elle en posant le flacon un peu plus loin. Je vais avoir besoin que tu restes.
Il sembla surpris et haussa un sourcil.
- Ecoute c'est… C'est Narcissa Malefoy… J'ai besoin que tu restes, répéta Hermione, n'étant pas elle-même certaine de ce qu'elle voulait dire.
Mais Blaise n'insista pas et hocha simplement la tête. Ils se retournèrent ensuite comme un seul homme vers Drago qui, toujours près de la porte, ne semblait pas parvenir à détacher son regard de sa mère. Hermione s'approcha de lui, aussi doucement qu'elle avait pu le faire quelques minutes plus tôt, Blaise la suivant.
- Il faut que tu sortes maintenant, annonça-t-elle calmement.
Le Serpentard battit des paupières, comme s'il reprenait contact avec la réalité.
- Pourquoi « tu » ?
- Pardon ?
- Tu as dit « tu » et pas « vous », fit-il en désignant son meilleur ami.
- Blaise reste avec moi.
Drago fronça les sourcils avant de répondre :
- Alors moi aussi.
- Non. Toi, tu dois sortir.
- Hors de question !
- Drago, s'il-te-plaît.
- Je ne vois pas pourquoi il peut rester là et pas moi !
- J'ai besoin de Zabini, pas de toi, lâcha-t-elle.
Le blond lui lança un regard indéchiffrable, un peu comme s'il était blessé et Hermione comprit qu'elle devrait lui mentir.
- J'ai besoin de Blaise au cas où la potion ne fonctionnerait pas et qu'il faudrait essayer autre chose très rapidement. C'est la seule raison. Maintenant, sors s'il-te-plaît, on ne peut pas attendre davantage.
Son regard d'acier fit la navette entre elle et son meilleur ami avant de s'arrêter sur elle. Il acquiesça, résigné, puis fit un pas dans sa direction. Il s'arrêta à quelques centimètres d'elle.
- Est-ce que je peux ?
Hermione lui adressa un sourire avant de hocher la tête. Moins d'une seconde plus tard, il la serrait contre elle à lui en rompre les os. Elle sentit son souffle contre sa joue puis son oreille.
- Sauve-la, murmura-t-il comme une complainte.
Hermione déglutit difficilement avant de se détacher de lui. Il n'insista pas. Elle posa une main sur sa joue avec tendresse.
- Je te ferai tenir informé, promit-elle.
Il ferma brièvement les paupières, jeta un dernier coup d'œil à sa mère puis quitta la pièce. Hermione se retourna alors vers Blaise et laissa tomber le masque rassurant qu'elle avait affiché face à son amant. Il ne la réconforta pas, sachant pertinemment que rien de ce qu'il pourrait dire n'aiderait dans ces circonstances. Alors Hermione ferma les paupières. Elle prit une profonde inspiration, faisant le vide en elle comme elle avait pris l'habitude de le faire avant chacune de ses interventions lorsqu'elle était encore une Médicomage à part entière. Puis, elle rouvrit brusquement les yeux, une nouvelle force naissant en elle, et s'empara de sa baguette.
OoOoOoO
- Monsieur, vous devriez aller patienter dans la salle prévue à cet effet au…
- Ne me dites pas ce que j'ai à faire ! siffla Drago en jetant un regard haineux à l'infirmière.
- Je ne vous dis pas ce que vous devez faire, répondit-elle d'une voix calme et douce. Je vous conseille simplement de…
- Je n'ai que faire de vos conseils ! Je reste ici, un point c'est tout !
- Mais Monsieur, vous devez savoir que le couloir du bloc n'est pas un endroit…
Elle s'interrompit brusquement lorsqu'il se retourna une nouvelle fois vers elle en lui lançant un regard assassin. Elle ne dit plus rien et repartit. Satisfait, Drago s'adossa au mur qui se trouvait à la droite de la porte menant au bloc dans lequel son meilleur ami, sa mère et sa… Hermione se trouvaient. Puis l'attente commença.
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- Ok, on est prêt Max ? demanda Hermione à l'adresse de Dawson.
- Tout est sous contrôle Hermione, tu peux y aller.
- Ok, répéta la jeune femme.
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Cela ne faisait que cinq minutes que Drago patientait dans ce putain de couloir mais il avait pourtant l'impression d'être déjà là depuis des heures. On avait tenté de le chasser plusieurs fois mais il avait tenu bon. Il savait parfaitement que cela n'aidait en rien sa mère, ou même Hermione, mais ça l'aidait lui. Il savait que si quelque chose se passait mal, la Gryffondor le lui dirait - lui demandant peut-être même de rentrer dans le bloc - et il voulait être le plus près possible si cela devait arriver. Toujours adossé, Drago avait croisé les bras sur sa poitrine, appuyé sa tête contre le mur et fermé les yeux. Il pensait parvenir à conserver un esprit lucide, ou tout au moins un certain calme, mais il s'était lourdement trompé.
Il ne cessait de repenser au corps de sa mère qui avait glissé de son fauteuil et convulsé sur le sol de sa demeure puis à l'immobilité morbide dans laquelle il l'avait retrouvée après être revenu du ministère pour prévenir Hermione. A peine ses yeux s'étaient-ils posés sur le corps qu'il pensait sans vie de Narcissa que son cerveau s'était déconnecté. Ne restant plus que ses instincts primaires, il avait alors bondi vers elle et, dans sa précipitation, n'avait même pas remarqué que sa mère dormait tout simplement d'un sommeil profond. Il aurait tué, littéralement tué, les Guérisseurs si Hermione n'était pas intervenue. Ils les auraient tués, tous, jusqu'au dernier si elle n'avait pas su ce qu'il avait besoin d'entendre à cet instant précis. Mais, maintenant, sa mère était entre ses mains à elle et Drago ne savait plus quoi penser. Comment réagirait-il si Hermione ne parvenait pas à la sauver ? D'ailleurs, Narcissa se réveillerait-elle ? Aurait-il l'occasion de lui parler une dernière fois ? Devraient-ils tous attendre que sa maladie fasse son œuvre ? Sa mère souhaiterait-elle en finir le plus tôt possible ?
Drago ne savait même pas qu'elles étaient ses dernières volontés. Voulait-elle être enterrée ? Incinérée ? Avait-elle préparé son testament magique ? Elle savait qu'elle était malade depuis de longs mois maintenant et devait déjà avoir préparé tout cela mais ils n'en avaient jamais parlé. Narcissa n'avait jamais abordé le sujet avec lui et Drago n'avait jamais cherché à savoir… Mais quel connard il pouvait faire ! Putain, sa mère allait peut-être mourir et il ne savait même pas ce qu'il était supposé faire ! Quand son père était décédé, c'était le ministère qui s'était chargé de pratiquement tout, avec le concours de sa mère. Mais Drago avait été si dégoûté par Lucius, si en colère, qu'il n'avait rien voulu savoir et s'était tout simplement présenté le jour de l'incinération, aucune émotion ne transparaissant de son visage. Et cela avait été de même avec Astoria. Il avait même interdit à son fils d'être présent… Putain, Scorpius… Comment allait-il annoncer la mort de Narcissa à Scorpius ?!
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- Ok, répéta Hermione pour la troisième fois. Alors je vais jeter plusieurs sortilèges qui auront pour but de protéger toutes les parties de son corps qui nécessitent de l'être. Ensuite, il faudra lui injecter la potion. Nous le ferons à différents endroits et directement dans la moelle épinière pour que cela agisse plus efficacement et plus rapidement. Après, il faudra attendre puis faire des tests pour voir si la maladie a été éradiquée, lever les sortilèges protecteurs et… la réveiller, énuméra Hermione.
- Que va faire la potion ? demanda Zabini avec curiosité.
- Narcissa a des crises inflammatoires qui entraînent la disparition d'une sorte « d'enveloppe » qui protège ses fibres nerveuses et qui, à terme, les détériorent, ce qui conduit à une paralysie. Je ne peux rien faire pour celles où cette « enveloppe » a disparu. Je ne pourrai donc pas lui rendre sa mobilité. Mais, je pense, grâce à cette potion, parvenir à endiguer le mal et à recréer une protection supplémentaire pour toutes les autres fibres nerveuses. De sorte que, même si une partie de la potion n'a pas d'effet et donc que la maladie est toujours présente, les nouvelles protections créées lui permettront de vivre sa vie de façon tout à fait normale, sans craindre d'autres crises, résuma la Gryffondor.
- Ok… j'ai pas tout compris mais tu as l'air sûre de toi.
- Eh bien ce n'est qu'une impression… marmonna-t-elle.
Blaise ne commenta pas. Hermione ferma une dernière fois les paupières et prit une profonde inspiration.
- Ok. Allez, on y va.
Elle pointa sa baguette sur Narcissa puis commença à psalmodier.
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Drago s'était mis d'accord avec sa mère, quelques jours plus tôt, pour ne pas annoncer à Scorpius qu'elle passerait sur la table d'opération et le Serpentard savait parfaitement que, quoiqu'il puisse se passer, son fils lui en voudrait terriblement et n'hésiterait pas à lui remémorer ses propres paroles lorsque c'était le Serdaigle qui avait menti à son père… Mais Drago avait convenu, en accord avec sa mère et Hermione, que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Scorpius serait furieux, mais mieux valait qu'il reste dans l'ignorance jusqu'à ce que cela soit terminé. Le jeune sorcier s'était déjà retrouvé bien trop impliqué au goût de son père. Si Drago savait pertinemment qu'il devait à Scorpius l'assentiment de Narcissa au traitement que proposait Hermione, il savait également que cette fois-ci le blond devait être tenu à l'écart pour son propre bien. Car, même si l'enfant avait été autorisé à quitter une nouvelle fois le collège pour venir à Sainte-Mangouste et attendre avec lui que la sentence tombe, Drago savait qu'il aurait été tout bonnement incapable de gérer la situation. Déjà qu'il parvenait très difficilement à se contrôler lui-même, il n'osait imaginer son état si les yeux angoissés de Scorp' avaient été posés sur lui pendant tout ce temps.
Alors Drago attendit seul dans son couloir. De temps à autres, un Guérisseur passait, faisant parfois léviter un brancard sur lequel un sorcier ou une sorcière était amené au bloc dans un état plus ou moins critique. Ce fût lorsque ses yeux se posèrent sur un sorcier qui devait avoir une cinquantaine d'années et semblait être brûlé sur près de la totalité de son corps, que Drago consentit enfin à rejoindre la salle que lui avait mentionné l'infirmière. En le voyant arriver pour lui demander son chemin, cette dernière lui adressa un très léger sourire rassurant avant de lui désigner une porte d'un geste de la main. Le blond s'apprêtait à y entrer mais se retourna au dernier moment.
- Ma… Hermione… Miss Granger, la Médicomage de ma mère… elle, bredouilla-t-il, la voix rauque. Elle m'a fait promettre de me tenir au courant et…
- Ne vous inquiétez pas, Mr Malefoy, je viendrai moi-même vous informer lorsqu'elle enverra quelqu'un.
- Bien, se contenta-t-il de répondre avant de pénétrer dans la salle.
Aménagée avec des fauteuils plus ou moins larges, de chaises, de tables, d'une fontaine à eau et de plusieurs distributeurs, elle semblait vouloir donner un sentiment de convivialité, mais c'est pourtant l'effet inverse qui se produisit sur le Serpentard. Peut-être aurait-il dû rester dans son couloir finalement…
Puisqu'il n'y avait personne d'autre pour lui tenir compagnie - ou plutôt l'emmerder - Drago ne se gêna pas pour laisser la porte ouverte. Il tira ensuite une table au milieu de la pièce, attrapa une chaise et s'installa de façon à être dans l'exact alignement de la porte, si bien qu'il était parfaitement en mesure de voir si quelqu'un arrivait pour transmettre des informations à l'infirmière avec laquelle il avait parlé.
Alors l'attente recommença. Longue. Épuisante. Éprouvante.
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Hermione souffla longuement dans son masque. Elle était déjà épuisée alors qu'elle n'avait même pas protégé la moitié du corps de sa patiente. Elle avait clairement sous-évalué l'énergie et le temps que ce travail allait requérir de sa part. Voyant qu'elle était au bord de l'évanouissement, Dawson se proposa alors de la remplacer. Hermione accepta et lui enseigna la formule ainsi que le mouvement nécessaire pendant que l'on faisait stériliser et apporter la baguette du sorcier. Blaise dut lui-même apporter son aide par la suite avant qu'Hermione ne finisse par jeter les derniers sortilèges. Elle avait définitivement sous-estimé la tâche que cela représentait… Ils étaient dans cette pièce depuis près de deux heures maintenant et n'avaient toujours pas commencé le travail à proprement parler. Pourtant, Hermione savait qu'il fallait absolument qu'elle se dépêche car, même si sa patiente était plongée dans une anesthésie profonde, la maladie, elle, ne dormait pas.
Soudain, la jeune femme fut prise d'un affreux doute. Et si elle ne parvenait pas à la sauver ? Pire : et si Narcissa Malefoy mourrait sur la table ? Et si Drago et Scorpius n'avaient plus jamais l'occasion de lui parler ?
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Elle pensa soudainement à sa fille, à Ron, et lâcha sa baguette qui rebondit sur le sol, attirant sur elle les regards surpris de Blaise et de Dawson. Hébétée, Hermione recula de quelques pas. Elle avait l'impression qu'on lui enserrait le cœur et elle avait beaucoup de mal à respirer. Elle entendait qu'on lui parlait mais était bien incapable de comprendre ce qu'on lui disait. Elle voyait que les personnes présentes dans la pièce s'agitaient autour d'elle mais elle fut incapable de bouger. Elle ne visualisait que le corps sans vie de sa fille, l'horreur qui s'était emparée d'elle lorsqu'elle avait compris que plus jamais elle n'entendrait sa voix. Elle pensa à Scorpius, à Drago. Et si, à cause d'elle, ils ne pouvaient plus jamais parler à leur grand-mère et mère ? Et si elle était passé à côté de quelque chose, que tout ratait et qu'elle brisait leur famille ?
Une peur panique s'empara d'elle et elle sentit les larmes couler toutes seules sur ses joues. Elle ferma les yeux alors que les visages de Rose, de Scorpius, de Drago et de Ron s'imposaient de nouveau à elle. Elle avait froid. Tremblait-elle ?
Puis, soudain, tout s'arrêta. Une odeur masculine aux arômes de santal et de bergamote envahit ses narines puis ce fut une intense chaleur qui encercla tout son corps. Elle sentit que deux bras puissants l'enlaçaient et l'attiraient en avant. N'opposant aucune résistance, Hermione se laissa aller contre le torse d'elle ne savait qui.
- Chut, calme-toi. Chut, chuchota une voix à son oreille.
Une voix qu'Hermione reconnut instantanément. Elle rouvrit les paupières mais ne bougea pas. Blaise lui murmura encore quelques paroles réconfortantes tout en caressant son dos. Au bout de plusieurs minutes, il finit par s'écarter d'elle et plongea ses yeux dans les siens.
- Ça va ?
Elle hocha la tête.
- Me-merci, articula difficilement la jeune femme.
Il sourit puis la lâcha totalement avant de se pencher une dernière fois vers elle.
- N'aie pas peur de lui, lui dit-il. Tu sais ce que tu dois faire, alors fais-le.
- Je n'ai pas peur de lui. J'ai peur pour lui. Si jamais je ne…
- Ecoute-moi, Granger !
A l'entente de son nom de famille et de la voix forte du sorcier, elle releva instinctivement la tête.
- Drago, Scorpius, Narcissa et moi, nous comptons sur toi, alors ne nous laisse pas tomber s'il-te-plaît. On a besoin que tu termines ce que tu as commencé, même si ça signifie qu'elle mourra ce soir. Tout le monde est au courant des risques et tout le monde les a acceptés. Donc tu vas sécher tes larmes de Serpentard-flipette et tu vas enfiler ton costume de Gryffondor-sans-peur-qui-sauve-la-Terre-entière, c'est clair ?!
Hermione eut un petit rire, mêlé à ses sanglots puis hocha la tête.
- Bien. Alors tu vas sortir de cette salle. Je te laisse deux minutes et trente secondes pour faire ce que tu veux mais quand tu reviens ici, je veux voir Hermione Granger, par Salazar, et pas cette espèce de chochotte qui se tient devant moi ! Allez, sors de là, fit-il en la poussant vers le sas.
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- Prête ? demanda Zabini une fois qu'elle fut revenue dans le bloc et qu'elle se fut réinstallée à sa place.
Hermione acquiesça. Un mouvement franc et déterminé qui sembla satisfaire le Serpentard.
- Apportez-moi les seringues avec la potion s'il-vous-plaît, fit-elle d'une voix où perçait son assurance à l'adresse des infirmières.
Hermione se retrouva bientôt avec cinq seringues devant elle et fut prise d'un nouveau doute. Elle tenta de faire le vide dans son esprit afin de se remémorer le protocole de l'intervention mais l'image de Drago ne cessait de s'imposer à elle. Hermione fut tirée de ses pensées par la main que Blaise posa sur son bras. Elle releva les yeux vers lui.
- Tu sais ce que tu dois faire, alors fais-le, répéta-t-il. Ne réfléchis pas.
Hermione s'imposa alors à elle-même de penser à Drago et à Scorpius. Elle ferma les paupières, puisa sa force dans leur visage, dans leurs yeux qu'elle voyait pétiller, dans leur sourire, puis chassa leur image pour ne plus se la remémorer jusqu'à ce qu'elle sorte de cette pièce. Elle posa de nouveau les yeux sur les aiguilles, sur le dos de Narcissa, toujours à découvert, puis elle sourit. Elle savait quoi faire.
Elle attrapa la première seringue, la plaça de la même façon qu'elle l'avait si souvent répété chez elle, le soir, l'inclina légèrement et n'hésita pas. Elle enfonça l'aiguille dans la peau pâle de la sorcière puis libéra la potion.
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Deux heures et demie. Deux heures et demie qu'il était là à attendre comme un con pour savoir si oui ou non Merlin, Morgane ou n'importe quelle putain d'entité céleste qui se cachait là-haut serait clémente avec lui et sauverait sa mère. Deux heures et trente putains de minutes qu'il était là à se ronger les sangs comme jamais dans sa vie. Il avait, depuis plusieurs minutes déjà, décrété que rester assis ne lui apportait rien alors il déambulait comme un lion en cage, arpentant inlassablement la salle d'attente dans laquelle il se sentait comme emprisonné. Il ne quittait pourtant jamais plus de quelques secondes le couloir des yeux, espérant des informations. Il ne savait pas quel était l'idiot qui avait inventé l'expression « pas de nouvelles, bonnes nouvelles » mais s'il s'était tenu en face de lui à cet instant, Drago aurait été ravi de lui foutre son poing dans la gueule.
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Au bout d'un moment, une petite fille et deux personnes âgées, qui devaient être ses grands-parents, pénétrèrent dans la pièce et allèrent s'asseoir dans un coin. Drago ne leur prêta pas la moindre attention et continua de faire les cent pas. Un petit quart d'heure plus tard, il vit un homme en blouse blanche s'approcher de l'infirmière de l'accueil. Il lui adressa quelques mots avant de repartir. L'infirmière posa alors les yeux sur lui et Drago s'arrêta immédiatement de marcher... pour presque se mettre à courir, si bien qu'avant même qu'elle n'ait pu contourner son bureau, il se trouvait déjà devant elle.
- Alors ?! demanda-t-il brusquement.
- Ils viennent à peine de commencer les injections de potion. Ils ont pris du retard mais…
- Du retard ? Pourquoi ?! beugla-t-il.
- Calmez-vous Monsieur Malefoy. Tout va bien, le rassura-t-elle avec patience. La première partie de l'intervention a seulement pris un peu plus de temps que prévu, mais tout va bien. Votre mère n'a pas refait d'attaque et Miss Granger reste très positive. Elle nous a demandé de vous dire que vous ne deviez surtout pas vous inquiéter et que tout se passait comme elle l'avait espéré.
Drago hocha la tête puis repartit dans la salle. Il s'assit sur sa chaise, le bureau de l'infirmière toujours en face de lui, et patienta.
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Sur sa gauche, il pouvait entendre les grands-parents de la fillette communiquer avec elle. Drago tourna imperceptiblement la tête. La gamine était assise sur sa chaise, les bras croisés et ne semblait pas vouloir répondre.
- Tu veux manger quelque chose ? demanda son grand-père.
Elle hocha négativement la tête.
- Boire alors ?
Nouveau hochement de tête. Drago vit le vieil homme échanger un regard entendu avec sa femme qui tenta alors de parler avec sa petite fille. Au bout de quelques minutes, la gamine se leva et alla s'asseoir à l'autre bout de la pièce. Elle croisa de nouveau les bras et afficha une mine renfrognée.
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Un mal de dos pointant le bout de son nez, et les jambes de plus en plus engourdies, Drago se leva de sa chaise à son tour. Il s'approcha de la fenêtre afin de jeter un regard à l'extérieur même s'il se foutait royalement de ce qu'il voyait. Lorsqu'il reporta son attention sur l'intérieur de la pièce, il remarqua que la fillette le regardait. En constatant qu'il l'avait vue, elle détourna prestement les yeux. N'y prêtant aucune attention, le Serpentard recommença à déambuler sans but. Il vit que la vieille sorcière tricotait tandis que son mari tentait de faire fonctionner le distributeur de confiseries sorcières. Drago ne tenta même pas de l'aider mais réprima un petit ricanement lorsqu'il entendit la gamine envoyer paître son grand-père et les Patacitrouilles qu'il lui avait achetée.
Alors qu'il faisait un énième aller-retour, il constata que la gamine l'observait de nouveau. Il ne lui montra pas qu'il l'avait vue et continua de marcher. Elle le suivait des yeux, visiblement curieuse de savoir pourquoi il faisait ça au lieu de s'asseoir comme n'importe qui d'autre dans pareille situation. Voyant là sa seule et unique chance de se « divertir » un minimum, Drago alla prendre place à quelques chaises de la fillette. Il capta le regard de son grand-père mais n'en fit pas état. En constatant qu'il posait les yeux sur elle, la gamine avait rapidement baissé les siens et fixait à présent le bout de ses chaussures comme si elles étaient particulièrement intéressantes. Elle avait des cheveux bouclés d'un brun presque noir qui s'arrêtaient au niveau de ses épaules. Drago avait également aperçu qu'elle possédait de grands yeux marrons aux longs cils. Elle devait peut-être avoir sept ou huit ans et était vêtue d'une manière tout à fait banale pour une fillette de son âge, rien n'indiquant qu'elle provenait d'une famille particulièrement importante, ou non, du monde sorcier.
- Salut, fit alors le Serpentard.
La gamine releva les yeux vers lui, le fixa quelques secondes puis baissa de nouveau précipitamment le regard. Drago vit qu'elle rougissait. Surprenant… Il parvenait à faire de l'effet aux fillettes de sept ou huit ans maintenant… Première nouvelle.
Il la salua de nouveau alors qu'elle triturait ses mains et le blond comprit qu'elle était timide. Il s'apprêtait à la saluer une troisième fois – après tout, personne ne le snobait, pas même une fillette de sept ou huit ans – lorsque cette dernière leva les yeux vers lui.
- Je ne dois pas parler aux inconnus, pépia-t-elle en fronçant les sourcils.
- Très bonne réplique. Ce sont tes parents qui t'ont appris ça ?
- Oui.
- C'est bien.
Elle ne répondit pas.
- Tu t'appelles comment ?
- Je ne dois pas vous le dire. Je ne dois pas parler aux étrangers.
- Moi c'est Drago.
- …
- Tu sais, tes grands-parents sont en face de moi et nous sommes dans un hôpital où l'on ne peut pas transplaner, je ne risque pas de t'enlever ou de te faire du mal, si c'est ce que tu crains.
- …
- Bon, très bien. Alors amuses-toi bien à croiser les bras…
Il fit mine de se lever et la gamine le suivit du regard.
- Je m'appelle Margot.
- Margaux ? Comme le vin ? répondit-il, mi-surpris, mi-amusé.
Elle fronça les sourcils, ne comprenant de toute évidence pas de quoi il voulait parler.
- Il y a un vin qui existe. Il est français et il s'appelle comme toi… Enfin tu t'appelles comme lui… expliqua le Serpentard.
Elle lui lança un regard indéchiffrable.
- Comment vous l'écrivez, votre vin ?
- Euh… C'est du « Château Margaux ».
- Comment vous l'écrivez ? répéta-t-elle.
- C.H.A.T.E.A.U. M.A.R.G.A…
- Bah c'est pas comme moi. Moi c'est Margot. M.A.R.G.O.T, épela la gamine.
- Ah… ok.
Le silence tomba alors entre eux.
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Plus qu'une injection et ils seraient en partie fixés sur le sort de Narcissa Malefoy. Hermione retint son souffle et appuya sur la seringue pour répandre la potion dans le corps de sa patiente. Doucement, elle retira l'aiguille et ferma les yeux, comme si elle priait. Elle patienta une, deux, trois, quatre, cinq minutes en silence, rouvrant de temps à autres les paupières avant de pousser un soupir de soulagement. Rien ne s'était produit. Narcissa n'avait ni convulsé, ni rejeté la potion et rien n'indiquait que son traitement n'ait pas fonctionné. Bien entendu, rien n'indiquait, non plus, qu'il ait fonctionné mais la Gryffondor préférait rester positive.
- Ok… On fait quoi maintenant ? demanda Blaise Zabini.
- On attend encore un quart d'heure et on lui fait passer des tests.
- Bien.
- Tu peux sortir si tu le souhaites.
- Non, je reste là.
Hermione acquiesça puis fit signe à une infirmière de s'approcher d'elle.
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- Mr Malefoy ?
Drago, qui avait momentanément clos les paupières pour tenter de ne pas penser à sa mère, les rouvrit rapidement en reconnaissant la voix de l'infirmière avec laquelle il avait déjà communiqué plusieurs fois. Il darda sur elle un regard glacial mais tout de même curieux, recherchant avec avidité la moindre information qui pourrait lui indiquer dans quel état se trouvait Narcissa. Mais, à sa plus grande irritation, elle n'arborait qu'un visage neutre. Elle lui fit un petit signe et lui désigna un coin de la pièce où il ne pourrait pas être entendu de Margot ou de ses grands-parents. Ni une ni deux, et sous le regard de la fillette, il se leva.
- Tout se passe très bien pour votre mère, annonça immédiatement l'infirmière.
- Mais… ? continua Drago en fronçant les sourcils.
- « Mais » rien, Mr Malefoy. Les injections de potion se sont parfaitement bien déroulées. Miss Granger et ses collaborateurs attendent qu'elle fasse effet puis effectueront des tests.
- Des tests ? répéta le Serpentard qui hésitait entre soupirer de soulagement et se sentir inquiet.
- Afin de savoir si la potion a eu les effets désirés sur la maladie de votre mère.
- Je vois… Donc tout ne se passe pas bien…
- Si Monsieur Malefoy… commença-t-elle, confuse.
- Non ! la coupa-t-il d'une voix sèche. On ne sait pas encore si elle va s'en sortir alors, non, tout ne se passe pas bien. Revenez lorsque vous aurez des choses plus intéressantes à me dire que ça !
Sa voix claqua comme un fouet et l'infirmière lui lança un regard courroucé avant de tourner les talons sans plus de cérémonie. En colère, inquiet et ressentant une irrésistible envie de boire, Drago retourna s'asseoir à sa place. Deux minutes plus tard, le grand-père de la gamine, qui avait de toute évidence assisté à son différend avec l'infirmière, vint demander à sa petite-fille si elle ne voulait pas changer de place.
- Non, répliqua-t-elle sèchement en croisant un peu plus les bras sur sa poitrine. Reviens me voir quand tu auras des choses plus intéressantes à me dire que ça.
Drago eut un rictus amusé et ne le cacha pas lorsque le grand-père de Margot le menaça tacitement de lui faire bouffer sa baguette malgré son grand âge si quelque chose arrivait à sa petite-fille. Le blond se retint de lui lancer une réflexion de son cru, se contentant de le fusiller du regard. Le vieux finit par regagner sa place, près de sa vieille, et posa sur eux un regard méfiant.
- Pourquoi tu es là ? demanda la petite Margot au bout d'un moment.
Drago garda le silence, hésitant, puis, finit par murmurer :
- Je suis là à cause de ma mère. Elle-elle est malade. Et toi ?
La gamine parut étonnée par sa réponse et écarquilla les yeux.
- Moi aussi ma mère elle est malade. Enfin je crois…
- Qu'est-ce qu'elle a ?
- Je sais pas… bredouilla-t-elle. Des gens sont venus la chercher à la maison ce matin et ils l'ont emmenée… J'ai dû aller chez la voisine. J'aime pas la voisine. Et puis mes grands-parents sont arrivés. J'aime bien mes grands-parents mais là… je les aime pas trop parce que je veux être avec Maman et eux ils me disent que je peux pas. Je crois que ma maman elle va mourir mais je suis pas trop sûre. Personne ne m'a rien dit…
Drago resta hébété par le discours certes décousu mais émouvant de l'enfant. Il ne répondit rien du tout, incapable de prononcer le moindre mot. Pourtant, il fut bien obligé de se remobiliser lorsqu'elle lui demanda après quelques secondes :
- Ta maman, elle va mourir ?
- Je sais pas, murmura-t-il.
- J'espère que non, se contenta-t-elle de dire.
- Moi aussi, j'espère que non…
Et plus aucun mot ne fut échangé entre eux. Ils restèrent assis côtes à côtes, plongés dans leurs pensées, priant chacun de leur côté pour qu'ils aient toujours une mère à la fin de la journée.
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Finalement, une sorcière en blouse blanche d'une cinquantaine d'années entra dans la pièce et posa les yeux sur les grands-parents de Margot. Ils se levèrent et firent signe à la gamine de les rejoindre. Ce qu'elle fit, après avoir brièvement salué son compagnon d'infortune. Ce dernier lui rendit son salut et la regarda sortir de la pièce dans laquelle elle ne revint pas. Il resta donc seul, reprenant, moins de cinq minutes plus tard, ses va-et-vient incessants dans la pièce. Il passa près de la fontaine à eau, attrapa un gobelet, le remplit, puis le jeta à la poubelle. La boule qu'il avait dans la gorge lui semblait de plus en plus imposante et il était certain de ne même pas être en mesure de boire… sauf peut-être un bon Whisky.
Les minutes passaient, se transformant inexorablement en heures. De plus en plus irrité par cette attente interminable, Drago avait fini par poser son front contre l'un des pans de mur. Il avait tellement mal à la tête à force d'envisager tous les scénarii possibles et imaginables que seule la froideur du mur semblait avoir un effet bénéfique sur lui. Bien entendu, il aurait pû aller demander de l'aide aux infirmières qui passaient dans le couloir mais Drago avait l'impression que s'il adressait de nouveau le moindre mot à la moindre personne portant une blouse blanche, il allait exploser. Personne n'était revenu le tenir au courant de ce qu'il se passait et il était furieux. Il aurait accepté n'importe quoi pourvu qu'on lui dise quelque chose à propos de l'état de santé de sa mère… Paradoxal alors que, quelques temps encore auparavant, il avait envoyé paître sa seule source d'information.
Alors Drago continua à attendre dans le silence de ses seules pensées.
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- Très bien, encore deux sortilèges et ce sera terminé, annonça une Hermione épuisée.
- Parfait, dit Blaise Zabini en lui adressant un sourire encourageant avant de s'étirer longuement.
La Gryffondor avait les yeux baissés sur l'image que sa baguette lui renvoyait du cerveau de sa patiente lorsqu'un bruit suivi d'un mouvement lui fit redresser la tête. Ses yeux s'agrandirent sous le coup de la stupeur et de l'horreur et elle se leva d'un bond.
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Drago donna un coup de poing dans le mur, suivi d'un second. Heureusement, ou malheureusement, pour lui, le mur était en pierre et lui causa une douleur cuisante dans la main qui se répandit bientôt dans tout son bras, le détournant pendant quelques instants de ses pensées de plus en plus pessimistes. Alertée par le bruit, l'infirmière entra dans la pièce. Elle regarda le mur, puis le poing du Serpentard avant de s'approcher vivement de lui. Confus par sa réaction, Drago baissa les yeux sur sa main qui le faisait atrocement souffrir au moment où la femme sortait sa baguette de sa poche. Il avait le poing en sang. Surpris d'avoir mis autant de force dans ses coups qu'il en était venu à s'arracher la peau et probablement à se briser une ou deux phalanges, il ne réagit même pas lorsqu'elle lança deux ou trois – plutôt quatre ou cinq – « Episkey » bien placés. Elle lui adressa ensuite un regard réprobateur et quitta la pièce après qu'il l'eut remercié du bout des lèvres. Drago alla s'effondrer sur sa chaise, qui était toujours parfaitement en face de la sortie. Il se pencha en avant et se pris la tête entre les mains, les coudes reposants sur ses genoux. Il ferma les yeux, pour ce qui lui semblait être la millième fois de la journée, et soupira.
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Il ne sut combien de temps il resta encore dans cette position mais une douleur affreusement désagréable lui tiraillait le bas du dos lorsque l'on s'adressa de nouveau à lui. Il reconnut sa voix avant même de la voir. Hermione.
- Drago ? l'appelait-elle.
En moins de temps qu'il n'en fallait pour dire Quidditch, il était debout. La tête lui tourna légèrement mais il n'y prêta aucune attention, préférant poser les yeux sur Hermione. Toutefois, ce ne fut pas vers son visage que se porta son regard. Non, il fut immédiatement attiré par l'immense tache rouge qui se trouvait sur la tenue de Guérisseuse de son amante. Du sang. Drago savait qu'il s'agissait de sang. La question était : à qui appartenait-il ? La Gryffondor semblait bien aller alors…
}{
Hermione vit le visage de Drago se décomposer brusquement lorsqu'il remarqua le sang qui parsemait sa blouse. La lueur d'espoir qui brillait auparavant dans ses yeux et qui s'était allumée à la seconde même où il avait relevé la tête pour la regarder, venait de disparaître. Il bondit sur elle avant même qu'elle n'ait pu ouvrir la bouche.
- Elle est morte, n'est-ce pas ?! C'est son sang ! PUTAIN MAIS PARLE, BORDEL ! C'EST SON SANG, C'EST ÇA ?!
- Drago calme-toi… Ce n'est pas…
- ME CALMER ?! MAIS COMMENT VEUX TU QUE JE ME CALME ! ELLE EST MORTE ! ELLE EST MORTE ET TU L'AS… hurla-t-il avant de brusquement s'arrêter.
Hermione savait ce qu'il avait été à deux doigts de lui dire. « Et tu l'as tuée ». Elle prit sur elle et profita de son soudain mutisme pour reprendre la parole.
- Elle n'est pas morte, Drago. Ce n'est pas son sang.
Le blond parut choqué. Il la regarda en clignant plusieurs fois des yeux puis sembla finalement revenir à lui.
- Qui ?
- Blaise. Il s'est blessé il y a quelques minutes, expliqua-t-elle avec douceur.
- Il-il va bien ?
- Oui. On s'occupe de lui. Il sera en mesure de nous rejoindre avant le réveil de ta mère.
- Le réveil de ma… Tu as réussi ?
Hermione garda le silence avant d'acquiescer.
Drago resta immobile et silencieux, digérant l'information. Hermione en profita pour fermer imperceptiblement les paupières. Elle était exténuée. Elle s'apprêtait à bailler mais son bâillement dernier resta bloqué dans sa gorge alors qu'à la place, s'échappait un hoquet de surprise. Deux bras l'avaient enserrée au niveau de la taille et la faisait décoller du sol. Elle se retrouva plaquée contre le torse de Drago alors qu'il enfouissait son visage dans ses cheveux, fraîchement relâchés.
- Merci, souffla-t-il. Merci. Merci. Merci. Merci.
Il répéta ce mot inlassablement jusqu'à ce qu'il ne signifie plus rien, la gardant étroitement serrée dans ses bras. La position d'Hermione n'était pas très confortable mais elle n'aurait échangé sa place pour rien au monde. Le bonheur soudain de son amant était communicatif et, bientôt, elle sentit ses joues s'humidifier. L'épuisement, le stress, la pression et la joie d'être parvenue à sauver Narcissa Malefoy se mêlèrent et mouillèrent bientôt la chemise de Drago. Lorsqu'il se rendit compte qu'elle pleurait, il la reposa sur le sol et la relâcha doucement. Il prit ensuite son visage en coupe et essuya ses larmes de ses pouces. Lentement, il s'approcha d'elle et déposa ses lèvres sur les siennes dans un chaste baiser qui fit pourtant battre le cœur d'Hermione à tout rompre. Il la prit une dernière fois dans ses bras, lui chuchota un énième « merci », puis lui demanda s'il pouvait venir avec elle pour le réveil de sa mère.
- Évidemment, imbécile, répondit Hermione en pleurant-riant.
Il ne releva pas l'insulte et se contenta de lui adresser un sourire en coin.
OoOoOoO
- Ça va mieux ? demanda Hermione à Zabini lorsqu'il entra, accompagné de Max Dawson, dans la chambre où avait été placée Narcissa.
- Nickel. J'ai demandé à conserver les cicatrices, fit Blaise en soulevant son tee-shirt pour exposer à la vue de toute la chambrée son torse musculeux où plusieurs estafilades encore rosées étaient visibles. Paraît que les blessures de guerre, ça fait fondre les filles…
- Ce ne sont pas des blessures de guerres, Zabini, soupira Hermione en levant les yeux au ciel, amusée. C'est juste la preuve que tu ne prêtes pas attention aux choses qui t'entourent.
- Ta-ta-ta Grangie-chérie, ce sont des blessures de guerre si j'ai envie que c'en soient. De toute façon, tu ne seras pas là pour me démentir quand je serai au lit avec une fille et que je lui raconterai comment un affreux Mangemort m'a lancé un terrible Sectumsempra…
- Il est certain que je ne risque pas d'être avec toi à ce moment-là, fit Hermione en jetant un coup d'œil à Drago pour voir comment il réagissait au nouveau surnom que lui avait attribué son meilleur ami et à ses réflexions sur les Mangemorts.
Mais le Serpentard regardait simplement sa mère et ne semblait même pas s'être rendu compte de l'arrivée de Blaise.
- Mais, tu sais, ajouta Hermione à l'adresse du noir. Je pourrai très bien leur envoyer un hibou en expliquant que tu as tout simplement fini avec pleins d'instruments chirurgicaux dans le corps parce que tu baillais à t'en décrocher la mâchoire sans regarder ou tu mettais les pieds, que tu as reculé et percuté la table sur laquelle ils étaient entreposés…
- Humph… De toute façon, tu serais incapable de toutes les prévenir, se vanta-t-il.
- Merlin, tu es désespérant…
- Moi aussi je t'aime, Grangie-chérie !
- Arrête ça ! siffla la Gryffondor entre ses dents.
- Il m'entend même pas ! ricana-t-il en jetant un coup d'œil à Drago. Regarde : Oh par Merlin, Grangie, tu étais tellement sexy avec ta blouse ! Et quand mon sang a giclé sur tes vêtements… Hummm… Tu vois, il est complètement à l'ouest.
Hermione soupira. Que pouvait-elle répondre à ça ?! Préférant ne plus faire état de Blaise Zabini et de ses frasques sexuelles, la jeune femme échangea un regard avec le Médicomage Dawson puis s'approcha du lit de sa patiente.
- Drago ? appela-t-elle en posant doucement sa main sur son bras.
Il tourna la tête vers elle.
- Il va falloir que tu te recules, s'il-te-plaît.
- Pourquoi ? Tu m'as dit que je pouvais rester !
- Tu peux rester mais il faut que je me tienne près d'elle en cas de problème et le Médicomage Dawson se placera de l'autre côté. Tu peux te mettre au pied du lit si tu veux.
- Hum… Elle va se rendormir après ?
- Oui. Elle sera épuisée et on va rapidement la mettre sous potion de Sommeil pour qu'elle récupère. On la réveille seulement pour s'assurer que tout va bien et qu'elle n'a subi aucune lésion.
- Je pourrais lui parler ? Avant que tu lui donnes la potion.
- Si tu veux mais pas plus de quelques minutes. De toute façon, elle va probablement se rendormir d'elle-même très rapidement.
Il acquiesça puis pivota sur ses talons avant d'aller se placer au pied du lit. Hermione s'installa alors à gauche du lit de Narcissa, tandis que son collègue se plaçait à droite. Ils sortirent tous les deux leur baguette puis Hermione lança un sortilège afin de réveiller sa patiente.
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- Narcissa, Narcissa vous m'entendez ? C'est Hermione Granger. J'ai besoin que vous ouvriez les paupières ou que vous seriez ma main si vous m'entendez.
Hermione, qui avait saisi la main gauche de sa patiente dans la sienne, attendit, mais ne ressentit rien. Elle rejeta un regard à Max qui secoua la tête. Prenant sur elle pour ne pas céder à l'inquiétude, Hermione recommença à appeler la blonde.
- Mrs Malefoy, j'ai besoin que vous ouvriez les yeux ou que vous serriez l'une de nos mains s'il-vous-plaît. Je sais que vous êtes fatiguée et vous pourrez dormir mais…
La Gryffondor s'interrompit. Elle avait cru percevoir un très mince battement de cil.
- Narcissa, continua-t-elle. Votre fils est ici. Drago est là, il attend que vous vous réveilliez pour vous annoncer une très bonne nouvelle.
Le mouvement se fit plus prononcé et plus répétitif et, enfin, les yeux bleus perçants de Narcissa Malefoy se posèrent sur elle. Hermione lui adressa un sourire réconfortant avant de reprendre la parole.
- Est-ce que vous avez mal quelque part ? Vous pouvez contracter l'une de vos mains ou acquiescer si c'est le cas.
Elle remua presque imperceptiblement la tête de gauche à droite et Hermione soupira de soulagement.
- Bien. C'est très bien. Maintenant, j'aurais besoin que vous essayiez de parler, s'il-vous-plaît.
La blonde la regarda fixement, de toute évidence très concentrée. Sa bouche s'entrouvrit légèrement mais aucun son n'en sortit. Elle fronça les sourcils.
- Détendez-vous. C'est normal, la rassura Hermione avec patience. Allez-y, recommencez.
Sa bouche s'entrouvrit de nouveau et un souffle s'en échappa. Elle recommença une troisième fois et murmura quelque chose qui échappa à Hermione. Cette dernière l'encouragea à répéter.
- Dr…a…go. Dra...go.
- Il est juste là, Mrs Malefoy.
Hermione fit signe au blond de prendre la place de son collègue à la droite du lit de sa mère. Cette dernière, voyant que les choses bougeaient autour d'elle, tourna la tête de l'autre côté. Ses yeux captèrent ceux de son fils. Hermione la vit lui adresser un très mince sourire auquel le blond répondit largement. Discrètement, et alors que son amant prenait la main de sa mère dans la sienne, la jeune femme fit signe aux autres sorciers de quitter la pièce pour leur laisser plus d'intimité.
- Je reviens dans cinq minutes. Je serai juste devant la porte si tu as besoin de moi, expliqua-t-elle à Drago.
Il opina.
- Je peux lui dire ?
- Oui, tu peux, sourit la Gryffondor avant de quitter la pièce.
Alors qu'elle refermait la porte, elle vit les larmes de soulagement couler le long des joues de Narcissa Malefoy.
OoOoOoO
Hermione toqua doucement à la porte de la chambre de sa patiente et entendit rapidement Drago l'inviter à entrer. La jeune femme s'approcha du lit.
- Il va être temps, annonça-t-elle à l'adresse de son amant.
Celui-ci hocha simplement la tête.
- Tout va bien Mrs Malefoy ? s'enquit Hermione.
Elle opina, de même que son fils. Ses yeux brillaient encore d'émotion et la Gryffondor se retint de pleurer une seconde fois.
- Je vais vous donner une potion de Sommeil sans rêve pour que votre corps se repose. Si vous vous réveillez dans la nuit et que vous avez faim, soif ou que quelque chose ne va pas vous pouvez appeler le personnel de santé en appuyant sur ce bouton, expliqua-t-elle en lui présentant un petit boîtier. Ils arriveront sur l'instant dans votre chambre.
La blonde acquiesça.
- Avez-vous faim ou soif en ce moment ?
- Soif, articula-t-elle.
La Gryffondor alla chercher un gobelet dans lequel elle planta une paille. Elle le présenta devant Narcissa qui but de longues gorgées. Elle remercia Hermione avant que cette dernière ne s'approche d'une petite console sur laquelle plusieurs fioles avaient été entreposées. Elle attrapa celle qui convenait et revint vers le lit. Elle laissa mère et fils se dire bonne nuit puis administra sa potion à Narcissa.
La blonde ne mit pas plus d'une minute avant de s'endormir. Hermione la regarda plonger dans le sommeil, un sourire sur ses lèvres. Elle se retourna ensuite vers Drago, qui était immobile et silencieux depuis qu'elle était entrée dans la pièce.
- Tu as le droit de rester dans la chambre d'à côté pour la nuit, annonça-t-elle.
Il haussa un sourcil.
- Tu vas où, toi ?
- Je dois aller remplir son dossier médicomagique puis m'entretenir avec les Guérisseurs qui seront en charge de s'occuper d'elle cette nuit et ensuite je rentre à la maison pour dormir un peu.
- D'accord, viens là.
Avant qu'elle n'ait pu répondre ou faire le moindre geste, il la prenait dans ses bras. Hermione ferma momentanément les yeux, profitant du réconfort que sa présence lui procurait. Il déposa un baiser dans ses cheveux.
- Merci, dit-il pour au moins la vingtième fois. Merci pour elle et merci pour la chambre.
Hermione ne répondit pas.
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Il finit par la lâcher au bout de longues minutes.
- N'oublie pas de manger un morceau avant d'aller te coucher, lui dit Drago alors qu'ils sortaient de la chambre de sa mère.
Hermione opina.
- Toi non plus. Il y a de quoi se restaurer au cinquième étage.
Il acquiesça puis la serra une dernière fois dans ses bras, déposant un chaste baiser sur ses lèvres.
- A demain, souffla-t-il. Promets-moi que tu mangeras quelque chose avant d'aller au lit.
Hermione le regarda étrangement, arquant un sourcil. Voyant qu'il ne semblait pas plaisanter, elle lui accorda cette faveur.
- A demain. Je te promets que je mangerai quelque chose avant d'aller me coucher.
OoOoOoO
Lorsqu'Hermione rentra finalement chez elle, il était près de vingt heures et elle était littéralement épuisée. Elle s'effondra sur son canapé et pleura toutes les larmes de son corps pendant près d'une demi-heure, évacuant une bonne fois pour toute tout le stress et toute la fatigue qui l'accablaient depuis qu'elle avait accepté de se pencher sur le cas « Narcissa Malefoy ». Lorsque ses larmes se furent finalement taries, la Gryffondor se sentit légèrement mieux et se rendit dans sa cuisine. Décidée à tenir sa promesse, elle coupa une tranche du pâté en croûte préparé et gracieusement offert par Molly Weasley avant de retourner sur le canapé où elle dégusta son dîner de fortune en silence. Ceci fait, elle se servit un grand verre d'eau puis alla se délasser en prenant une longue douche. L'eau chaude martelant ses épaules avec force lui fit du bien même si, en cet instant, elle ne rêvait que des mains de Drago sur elle.
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Hermione ferma les robinets, ouvrit les portes de la cabine, attrapa une serviette et s'enroula dedans avant de se rendre devant son lavabo. Elle se lava les dents puis enfila sa nuisette et partit se glisser sous les couvertures de son lit. Elle accueillit le confort de son matelas avec un soupir de bonheur. Elle programma ensuite son réveil pour le lendemain matin puis plaça son bipeur magique, qui lui permettait de communiquer avec Sainte-Mangouste, bien en évidence sur sa table de chevet. Elle y déposa également sa baguette puis éteignit les lumières. La jeune femme se tourna afin de pouvoir déposer son visage sur l'oreiller de Drago et s'endormit quelques minutes plus tard, respirant son odeur à plein poumons.
OoOoOoO
Hermione faisait un rêve très étrange. Elle avait l'impression de flotter sur un nuage douillet d'où il émanait une délicieuse chaleur. Elle se sentait parfaitement bien, jusque-là tout était normal. Puis, soudainement, se fut comme si son nuage disparaissait et qu'elle se mettait à tomber, tomber, tomber. Brusquement, tout s'arrêta et elle fut prise de frissonnements. Elle avait l'impression d'avoir atterri dans de l'eau ou quelque chose de semblable. Elle n'était pas sûre… Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle avait très froid.
Subitement, Hermione bâtit des paupières, posant instinctivement ses mains sur son matelas pour s'assurer qu'elle était toujours dans son lit. Tout allait bien de ce côté, elle se trouvait effectivement allongée entre ses draps, mais la sensation de froideur demeurait. Hermione voulut se retourner et se pelotonner afin de se rendormir, en tentant de recréer un peu de chaleur autour d'elle, mais s'interrompit brusquement. Elle ouvrit les paupières. Bien entendu, elle ne distingua rien. Mais elle n'avait pas besoin de le voir, elle le sentait. Elle savait qu'il était à ses côtés.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Quelque chose ne va pas ?! Ta mère a un problème ?! Merde, le bipeur n'a pas fonctionné ! s'angoissa Hermione d'une voix rauque en se débattant avec ses couvertures pour sortir de son lit.
Elle sentit la main de Drago se frayer un chemin jusqu'à elle et arrêter ses gestes.
- Calme-toi, tout va bien. Je ne suis pas venu à cause de ma mère, chuchota-t-il.
Hermione haussa un sourcil qu'il ne put voir.
- Pourquoi tu es là ? Ils n'ont pas voulu que tu restes dormir dans la chambre voisine ? Ils m'avaient pourtant assuré que…
- Chut, souffla le blond d'une voix apaisante. C'est moi qui n'ait pas voulu rester.
- Mais… mais ta mère… bredouilla la Gryffondor, toujours groggy.
- Micky et Gilly se chargent de la surveiller. Elles vont se relayer pour le reste de la nuit et j'ai vu que, de toute façon, les Médicomages passaient très régulièrement la voir. Tout va bien.
- Le reste de la nuit ? Quelle heure est-il ?
- Trois heures du matin. Je suis désolé, je ne voulais pas te réveiller, rendors-toi, ajouta-t-il avant de se pencher vers elle et de déposer un baiser sur son front.
Comment arrivait-il à déterminer où était son front alors qu'elle-même peinait à savoir de quel côté du lit elle se trouvait ? Hermione n'en n'avait aucune idée. Peut-être était-ce parce qu'il n'avait pas été tiré du sommeil il y avait moins de deux minutes… Oui, c'était certainement pour cela…
- Ça ne me dit pas ce que tu fais là, répliqua la Gryffondor, partant à la recherche de son corps avec ses mains.
Lorsqu'elle l'eut trouvé – il était allongé à sa droite, elle devait donc se trouver à la gauche du lit, et ne portait pas de tee-shirt, d'où la sensation de froid combinée à celle de ses mains – Hermione s'avança vers lui avant de se nicher au creux de son épaule en baillant.
- Tu me manquais, répondit-il simplement.
Il lui avait déjà fait cette réponse, la veille au soir en rentrant de sa soirée avec Blaise et elle ne savait quel autre Serpentard – ou pas Serpentard d'ailleurs – mais, à la différence de la nuit passée, Hermione était suffisamment réveillée pour comprendre qu'il ne mentait pas. Un sourire étira les lèvres de la jeune femme.
- Tu m'as manqué aussi.
- Je ne pouvais pas te manquer, tu dormais, répliqua le blond, d'une voix moqueuse en entourant son corps de son bras gauche.
Hermione se releva sur un coude.
- Si, tu m'as manqué ! Enfin… avant que je dorme…
Elle ne pouvait pas le voir mais elle savait qu'il venait de lever les yeux au ciel. Il l'obligea à se rallonger, ce qu'elle fit de mauvaise grâce.
- Tu m'as manqué… sous la douche, ajouta-t-elle, bien décidée à lui faire comprendre qu'elle ne mentait pas.
- Sous la douche ?
Sa voix était bien évidemment empreinte de moquerie mais également d'une seconde nuance qu'Hermione interpréta comme étant du désir.
- Oui, répondit-elle. J'avais mal au dos et j'aurais tué pour un massage.
- Tué ? A ce point-là ?
- Hum, hum, fit-elle avant de bailler une nouvelle fois.
- Eh bien je pense pouvoir arranger ça… Je ne voudrais pas que tes pulsions meurtrières te reprennent, surtout maintenant que je t'aie tirée de ton sommeil et que je suis la seule personne dans la pièce… Enfin, hormis si tu caches un amant dans ton dressing.
Hermione laissa échapper un petit rire, ses yeux se fermant d'eux-mêmes. Elle parvint tout de même à lui répondre.
- Pas d'amant. Que toi. Pas dans mon dressing. Dans mon lit. Massage demain. Fatiguée. Dors…
}{
Drago eut une subite envie d'exploser de rire mais, comprenant qu'elle venait de s'endormir, se contenta d'un maigre ricanement. Il remonta les couvertures sur eux avant de s'allonger un peu plus confortablement tout en prenant garde à ne pas réveiller une seconde fois Hermione. Il plaça sa main gauche sur la hanche de la jeune femme tandis que la droite allait caresser doucement sa joue. Elle émit une sorte de petit soupir qui lui réchauffa immédiatement le cœur après cette journée qui l'avait totalement miné moralement. Il avait l'impression qu'il n'allait tout bonnement pas s'en remettre.
Tout avait débuté d'une bien agréable façon puisqu'il s'était réveillé, Hermione dans ses bras et le visage enfouit dans son imposante chevelure brune. Ensuite, il était allé travailler puis… ça avait été la descente aux enfers. Tout d'abord la panique, puis la peur. La peur avait été sa seule compagne pendant très longtemps, le narguant à tout bout de champs, le laissant tranquille quelques instants afin de lui faire de fausses joies, avant de faire un retour triomphal et tonitruant. Jusqu'à ce qu'il entende sa voix… Là, Drago avait ressenti de la panique à nouveau. Que faire si Hermione lui annonçait le décès de sa mère ? Comment réagirait-il ? En voyant le sang sur ses vêtements, il avait explosé, déversant sa peur sur elle jusqu'à ce qu'elle l'apaise. Son cœur avait une nouvelle fois été mis à mal à ce moment-là. En fait, il avait même presque l'impression qu'il s'était arrêté de battre… Il avait été à deux doigts, à deux minuscules secondes, de lui hurler qu'elle avait tué sa mère… Et il savait qu'elle l'avait compris. Pourtant, elle était restée parfaitement calme et lui avait tout simplement expliqué que le sang était celui de Blaise. Son cœur s'était alors remis à tambouriner très vite, trop vite. Il l'avait prise dans ses bras, la remerciant des dizaines de fois alors qu'il ne remerciait jamais personne. Jamais. Mais il l'avait remerciée, elle. Et, maintenant qu'il y repensait, Drago se rendit compte qu'il ne l'avait pas uniquement remerciée pour avoir sauvé sa mère. Non, il la remerciait pour bien plus que cela…
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Seul dans sa chambre, à Sainte-Mangouste, il avait dîné sommairement puis était retourné veiller sa mère. Les Guérisseurs qui étaient passés dans la soirée n'avaient fait aucun commentaire sur sa présence. De toute évidence, Hermione les avait prévenus qu'il resterait avec Narcissa. Elle le connaissait bien. Elle savait qu'il ne quitterait pas le chevet de sa mère.
Et lui aussi se connaissait. Tout au moins, il pensait se connaître. Mais alors qu'il était dans la chambre, les yeux posés sur sa mère qui dormait, surveillant que sa respiration demeurait régulière, Drago n'était pas parvenu à arrêter de penser à Hermione. Elle avait sauvé la vie de Narcissa et lui il lui avait hurlé dessus. Bien entendu, il avait eu peur et il savait qu'elle ne lui en tiendrait pas rigueur mais, lui se sentait étrangement coupable.
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Il avait alors pris Hermione dans ses bras, remerciée plus qu'il n'avait jamais remercié quiconque dans sa vie, embrassée, deux fois, fait des recommandations, souhaité bonne nuit, et il savait qu'elle n'attendait rien de lui. Elle savait qu'il resterait avec sa mère cette nuit-là et qu'ils ne se reverraient que le lendemain matin, lorsqu'elle viendrait vérifier l'état de sa patiente et qu'il serait là. Elle n'attendait pas qu'il la retrouve chez elle. D'ailleurs, elle devait déjà être en train de dormir à l'heure qu'il était. Mais Drago, lui, voulait la retrouver. Il voulait rentrer. Chez elle. Dans son ancien appartement. Dans son lit à lui. Dans son lit à elle. Dans leur lit ?
Il ne savait plus quoi penser, il était perdu. Il voulait rester ici et veiller sur sa mère comme tout bon fils devait le faire. Il le voulait vraiment. Mais il voulait également la retrouver, la serrer dans ses bras, lui faire comprendre que ce qu'elle avait fait aujourd'hui était la plus belle chose qu'on ait jamais fait pour lui.
Drago ferma les yeux et posa la tête contre le mur. Puis, brusquement, il se leva. Il s'approcha du lit de Narcissa. Elle dormait paisiblement. Il caressa lentement son visage. Elle ne bougea pas d'un millimètre. Il retira sa main, sourit, et appela Micky, son elfe de maison, Gilly, l'elfe de Narcissa et les chargea de leur mission. Quelques temps encore auparavant, Drago Malefoy n'aurait jamais confié la sécurité de sa mère et, en quelque sorte, remis sa vie entre les mains d'autrui. Mais les temps avaient changé. Il avait remis la vie de Narcissa entre les mains d'Hermione et elle l'avait sauvée. Et si la Gryffondor faisait confiance aux Médicomages pour la surveiller pendant la nuit alors Drago s'en remettait à son jugement. Il avait tout de même besoin de se rassurer lui-même et il savait que Micky et Gilly prendraient leur tâche très à cœur et l'accompliraient avec diligence. Après tout, c'était grâce à l'elfe de Narcissa, qui était venue le prévenir ce matin-là, que cette dernière avait pu être débarrassée de sa maladie à temps. Alors Drago sortit de la pièce après avoir confié la surveillance de sa mère à deux elfes de maison…
Il culpabilisait, bien évidemment. Mais, après la journée qu'il venait de passer, il avait envie d'être égoïste. Il avait envie de se rassurer encore davantage. Il avait besoin d'être rassuré. Et si sa mère ne pouvait pas le faire parce qu'elle dormait, alors il se laisserait conduire vers la seule personne, après son fils et Narcissa, qui avait le pouvoir de le faire se sentir humain, avec qui il laissait tomber toutes les barrières qu'il dressait autour de lui depuis sa plus tendre enfance. Il irait vers elle. Peu importait que trois heures du matin vinssent de sonner. Peu importait qu'il ait peur de ce que cela impliquait. Il la retrouverait, la prendrait dans ses bras, la remercierai encore, même si elle dormait, caresserait sa peau et s'endormirait près d'elle parce que, après cette journée, c'était le seul endroit où il voulait être.
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Lorsqu'il caressa sa joue, qu'elle émit son étrange soupir et qu'il sentit son corps se réchauffer de l'intérieur, il sut qu'il ne s'était pas trompé. Un sourire presque amusé étira ses lèvres et il secoua la tête, dépassé.
Merlin aimait décidément jouer avec lui ces derniers temps. Mais Drago ne s'en plaignait pas. Il aimait ce jeu. Il en était même fou…
Bon eh bien voilà pour ce chapitre. Pour une fois, je ne suis pas certaine d'avoir de commentaire à faire donc je vais me taire et tout simplement attendre que vous m'écriviez votre ressenti avec beaucoup impatience.
J'espère vraiment que ce chapitre vous aura plu. :)
Je vous fais plein de bisous et je vous dis à très vite dans vos commentaires et à la semaine prochaine pour la publication du chapitre quarante-neuf !
GROS BISOUS !
Chalusse
