Coucou tout le monde !:D

Voici le seizième chapitre de cette aventure ! Les jumeaux réapparaitront au prochain chapitre !

Merci à Chlo qui a de nouveau laissé un com' ! Contente de t'avoir encore surprise ! Tu as juste dans l'une de ces hypothèses, tu verras très vite laquelle. Quand à ce qui a poussé Rose à mentir, elle la donne dans ce chapitre ! Encore merci de suivre cette histoire ! :)

Comme toujours je vous souhaite une bonne lecture ! :D


- […] Tu n'as jamais lu une seule ligne de lui. Jamais.

- Mais il est bien parti...

- Il n'est jamais parti. Jamais. Il n'a entrepris aucun voyage... il ne s'est tout simplement pas réveiller... après ce qui s'est passé en haut de la Tour.


Peut-être ajouta-t-elle autre chose, peut-être pas : il ne l'écoutait plus, cherchait désespérément à trouver un sens à ces mots, un autre sens que celui qu'il devinait. Pour la première fois depuis des années, le vide qu'avait laissé Lysander le submergea. Et tous les souvenir qu'il avait du Serdaigle, tous ces souvenirs qu'il avait mis sous clé dans un recoin de sa mémoire remontèrent. Tous les Noël qu'ils avaient passés ensemble... seize en tout. À son premier Noël, Lysander était déjà là. Il en avait vu les photos : les adultes avaient toujours insisté pour faire une photo de tous leurs enfants. Et il se souvenait d'avoir regardé ces clichés quelques années plus tôt : il se souvenait de s'être vu grandir, d'avoir vu les autres grandir. Il s'était souvenu du visage rond qu'avait eu Dominique avant d'arborer ces traits si doux, ce menton si fin. Il s'était souvenu des couettes qu'avait porté Lily, des lunettes qu'avait un temps porté James, de l'air si rieur qu'avait toujours Rose avant de devenir plus sérieuse, plus posée. Il avait revu les yeux pétillants de Hugo. Il avait contemplé, amusé, comment Teddy et Victoire s'était rapproché au fil des années. Et l'an passé, il avait revu ces photos. Il les avait vu de son œil d'adulte, vaguement nostalgique. Il avait vu ceux qu'il ne voyait plus. Il s'était vu à six mois, assis sur les genoux de James, avec Dominique à côté de lui... et les deux Scamander, tous deux âgés d'un an, qui le regardaient par-dessus l'épaule de son aîné, un peu curieux.

Tout au long de sa vie, il avait croisé puis quitté bien des personnes... mais parmi ceux qu'il connaissait depuis toujours, qui l'avaient vu naître et grandir, parmi ceux qu'il considérait comme partie intégrante de son monde, Lysander avait été le premier à s'éloigner, le premier à s'arracher. Albus avait accepté ce départ, parce que si Lys' avait emmené son corps, il avait laissé son ombre en promettant de revenir... Mais le fait était qu'il n'avait jamais rien promis. Jamais. Durant tout ce temps, toutes ces années, c'était Rose qui avait orchestré un mensonge dont il ne commençait qu'à saisir l'ampleur.

Lysander ne s'était jamais réveillé, Lysander ne lui avait jamais écrit... Cette constatation lui écorchait singulièrement le cœur : durant quatre ans, il s'était consolé de l'absence de son ami par ces lettres, il lui semblait que le jeune homme était encore là. Soudain il apprenait qu'il avait en réalité perdu Lys' depuis des années. Parce que s'il « ne s'était jamais réveillé », cela ne pouvait que signifier que...

- Rose... est-ce que... est-ce qu'en me disant cela... tu cherches à me dire... qu'il est parti... qu'il est... mort ?...

Il l'avait dit. Il l'avait dit et sa voix s'était brisée. Et son souffle s'était coupé. Durant tout ce temps, jamais il n'avait pensé à la dernière parole qu'il avait échangé avec le jeune homme... et à présent qu'il y songeait il sentait son cœur se briser : il avait oublié ces instants. Il avait oublié le dernier moments où il avait vu rire Lys'. Et la dernière fois qu'il l'avait vu, il n'avait songé qu'à James, l'avait à peine regardé. Si vraiment le Serdaigle les avait quitté, alors jamais il ne se le pardonnerait.

- Non Albus. Il n'est pas mort... Il dort.

Il leva les yeux vers elle. Elle s'était levée, enlaçant ses bras autour d'elle, comme pour se rassurer, comme si elle avait froid. Elle tremblait, ses yeux brillait. Pourtant il ne parvint pas à s'attendrir. Il la fixait sans la reconnaître. C'était bien la même silhouette, le même visage, la même chevelure, le même maintient... mais il ne parvenait pas à retrouver Rose en cette menteuse.

- Où est-il ? ânnona-t-il finalement.

- Il reviendra.

- Menteuse ! cracha-t-il en se levant. Depuis des années tu n'es qu'une menteuse ! Mais sais-tu le pire dans tout cela ? Tu as commencé à croire à tes propres mensonges ! Pendant quatre ans tu as construit un personnage qui n'est pas Lysander !

Il la fixa, ses yeux était d'un vert aussi agressif qu'un avada kedavra. Si la personne en face de lui n'avait pas porté le nom de Rose, sans doute n'aurait-il pas hésité à se montrer plus violent – lui qui était d'ordinaire si pacifique.

- Quand je pense à toutes les fois où Scorpius ou moi avons écarté un de tes si aimables prétendants, siffla-t-il. On aurait mieux fait de les laisser faire, de les laisser te séduire !

- Tu n'as pas le droit de dire ça..., bafouilla-t-elle.

- J'ai tous les droits ! explosa-t-il. Jamais nous n'aurions dû te laisser t'attacher à un fantôme ! Jamais nous n'aurions dû te laisser t'isoler, te laisser... te laisser attendre quelqu'un qui ne reviendra pas !

- Il reviendra ! s'exclama-t-elle les larmes aux yeux. Il lui faut juste... juste un peu de temps.

- Quatre ans Rose. Quatre ans ! Quatre qu'on te laisse t'enfermer dans un mensonge ! Tu sais comment on appelle les gens comme toi dans mon jargon ? Une mythomane ! Dès le moment où tu as commencé à nous écrire à sa place, dès ce moment, c'est ce que tu es devenue !

- C'est faux ! cria-t-elle en se détournant.

- Alors explique-moi en ce cas pourquoi cette farce ! Dis-moi, à quoi tout cela te sert-il ? Dis-le moi !

- C'est lui qui me l'a demandé..., souffla-t-elle en effleurant du bout des doigts une photo qui la représentait aux côtés du jeune Serdaigle.

- Encore un mensonge Rose ! s'exclama-t-il en la saisissant au poignet. Encore un ! Une goutte de plus dans ton océan de tromperie ! S'il ne s'est jamais réveillé, il n'a jamais pu te le demander.

- Avant..., lâcha-t-elle haletante. Avant... il me l'a demandé...

- Avant il a embrassé James ! lui rappela-t-il en étant volontairement cruel. Avant tu l'as maudit ! Avant tu lui as dit des choses que tu n'as jamais pu retirer, que tu n'as jamais pu te pardonner !

Il se radoucit, la voix cassée d'avoir trop crié, conscient qu'il l'effrayait plus qu'il ne lui faisait comprendre quoique ce soit.

- C'est pour cela que tu as commencé Rose, n'est-ce pas ? Pour te persuader qu'un jour tu pourrais retirer tout cela, murmura-t-il en desserrant sa prise autour de son poignet, caressant plus doucement sa main.

- Tu te trompes... Ce n'est pas ça...

- Alors quoi, Rose ? Alors pourquoi nous avoir menti pendant toutes ces années ? S'il dort depuis quatre ans, j'en déduit qu'il est dans une sorte de coma – il posa ses mains sur ses épaules tremblantes, se baissa pour la regarder droit dans les yeux. Rose... Rose on ne sort pas du coma au bout de quatre ans, souffla-t-il en sentant sa bouche s'assécher.

- Non... Non...

- On ne se réveille pas au bout de...

- Non ! le coupa-t-elle en éclatant en sanglot. Il... il n'est pas dans le coma...

- De ce que tu m'as décrit, il l'est.

- Il dort Albus. Il dort pour se reposer. Il dort pour se ressaisir. Pour revenir... quand il sera prêt.

- Qui dit cela Rose ? demanda-t-il en tentant de ne pas paraître trop brusque par son scepticisme.

- Les médicomages... Ils disent que c'est comme s'il dormait... Il n'est pas inconscient, juste endormi.

- Alors pourquoi nous l'avoir caché ? soupira-t-il.

- Parce qu'il l'a demandé...

Il passa une main sur son visage, peinant à comprendre les mots hachés de sa cousine.

- Je ne comprends toujours pas Rose, lâcha-t-il enfin.

- Il a senti... je ne sais pas ce qu'il a senti ! Mais il a écrit à ses parents juste avant... juste avant de suivre James jusqu'à la Tour... Il leur disait que peut-être que quand ils liraient sa lettre il serait mort, ou peut-être parfaite santé... Mais il se sentait épuisé Albus. Pendant toute l'année il avait peiné à poursuivre... il sentait qu'il était à bout, que s'il s'en sortait, il n'était pas impossible qu'il s'effondre. Alors... alors il leur a demandé que si quelque chose lui arrivait, ils devaient nous le cacher, à tous. Faire disparaître son corps jusqu'à ce qu'il réapparaisse... le prétendre en voyage – elle agrippa ses mains avec désespoir. Il savait qu'il allait revenir !

Albus regarda sa cousine sangloter dans ses mains, trembler de tout son corps. Malgré sa rancœur, il l'attira contre lui. Il ne l'avait pas vu pleurer depuis l'incident du café... et il n'était pas un cœur de pierre : la voir en larme lui avait toujours brisé le cœur, quelque soit le sentiment qui l'anime.

- Alors comment l'as-tu appris ?

- Je... je n'ai jamais cru à la version de Luna et Rolf. Jamais. Et je voyais Lorcan... je voyais qu'il ne vivait plus... Il semblait... traîner sa misérable carcasse... Albus – elle leva vers lui ses yeux pleins de larmes – Lorcan a tout supporté. Tout ! Mais après le départ de Lys'... il s'est effondré...

- Comment sais-tu ça?

- Disons que... je l'ai revu à plusieurs reprise en haut de la Tour... J'y montait pour repenser... aux moment que j'y avais passé avec Lys'... Au cours des deux semaines suivantes, j'ai dû le ramener plusieurs fois jusqu'à la Tour de Serdaigle parce qu'il ne tenait plus debout.

- Et tu ne nous en as jamais rien dit ! souffla Albus, indigné.

- Je ne savais pas comment vous en parler ! se révolta-t-elle. Et puis... et puis j'avoue qu'en le voyant ainsi... j'ai surtout pensé à Lys' ! Comme je te l'ai dit, Lorcan en a bavé au moins autant que son frère... et pourtant il s'est effondré une fois qu'il a été en sécurité ! Ce n'était pas logique, surtout si Lysander devait revenir, alors... alors j'ai eu peur ! J'ai eu peur qu'en fait... qu'en fait ils nous aient caché qu'il était mort... J'ai eu peur de l'avoir perdu... Alors je suis allée parler à ses parents ! Ils m'ont répété leur mensonge... je ne les croyais plus. Et Lorcan est arrivé.

Elle se détourna, comme si soudain les bras de son cousin autour d'elle la brûlait. Ses beaux yeux bruns se perdaient dans le vide alors que les larmes s'en écoulaient désormais silencieusement. Elle s'adossa en mur, fixant un point quelque part derrière l'épaule de Albus.

- Si tu l'avais vu Albus... Si tu l'avais vu tu aurais pleuré comme je l'ai fait quand il s'est approché... Il avait toujours été le plus fort des deux, celui qui portait Lys' à bout de bras, celui grâce à qui il a réussi à se tenir la tête haute... Mais quand il est arrivé... Il avait tellement maigri, ses yeux étaient cernés par deux traînées mauves... et il était comme ivre. Il avait sombré en quelques semaines. Tu ne l'aurais pas reconnu, ajouta-t-elle avec tristesse.

Elle ne put poursuivre pendant quelques instants, pourtant Albus ne chercha pas à l'interrompre, se rassit simplement sur le fauteuil, respectant ses mots et ses silences, ses confessions et ses secrets.

- Il a commencé... il a commencé à délirer à moitié. Mais à travers ses divagations, j'ai compris que Lys' n'était jamais parti. Et il... il répétait qu'il avait perdu sa vie, qu'il avait perdu son frère. Je... j'ai paniqué, avoua-t-elle doucement en se tournant vers Albus. J'ai cru comme toi qu'il était mort, j'ai cru que je l'avais vraiment perdu, alors Luna a eu pitié de moi. Tu ne sais pas quelle merveilleuse marraine tu as Albus – et le jeune homme sentit son cœur se serrer en se rappelant du temps qui s'était écoulé depuis leur dernière rencontre. Elle m'a expliqué que dès qu'elle avait reçu cette lettre, ils avaient transféré Lysander à Sainte Mangouste, et qu'ils avaient prétendu que Lys' était parti en voyage dès son réveil. Nous... nous ne nous sommes doutés de rien.

Le jeune homme soupira, comprenant un peu mieux le mensonge, cependant une partie lui échappait encore.

- Pourquoi avoir écrit à la place de Lys' en ce cas ?

- Je vous entendais... je vous ai entendu dire une fois qu'il n'avait pas été franc. Vous ne le saviez pas mais... j'écoutais. Alors j'ai écrit, pour vous faire taire, parce que vous n'aviez pas le droit de parler ainsi de lui ! s'exclama-t-elle en durcissant un peu son regard. Je... je pensais qu'après une lettre vous vous calmeriez... mais vous avez continué. Tous les mois il fallait que je vous écrive ! Tous les mois il fallait que je vous fasse taire !

Albus baissa les yeux, blessé par l'attaque de sa cousine, obligé de reconnaître malgré lui qu'elle n'avait pas tort. Elle se tut enfin, le souffle court, mais le souffle calme. Enfin il la vit sereine, enfin elle avait parlé. S'il lui restait des secrets, ils ne pouvaient plus l'étouffer pour autant. Elle s'assit à côté de lui, les lèvres tremblantes, le corps frémissant. Il n'osa pas l'attirer contre lui...

- Il y a encore une chose que je veux te demander Rose... Cela n'a plus grand chose à voir avec... avec ce mensonge... Mais comment va Lorcan à présent ?

Elle secoua tristement la tête.

- Il passe ses journées à l'Allée des Embrumes quand il n'est pas avec Lysander. Je l'y croise souvent à Sainte-Mangouste...

- C'est de Sainte-Mangouste que tu revenais lorsque j'ai trouvé cette lettre dans ta chambre en Bretagne...

Elle acquiesça en silence, il sentit son cœur se serrer encore.

- Il passe plusieurs heures aux côtés de Lys', souffla-t-elle encore. Tout le temps qu'on l'y autorise, soit huit heures maximum. Puis il va noyer sa peine là-bas...

- Il n'a pas...

- Non, ne t'inquiète pas – si je puis dire. Il n'a trempé dans aucune histoire louche... il n'est pas assez lucide pour ça. Je crois... je crois que ça lui faire du bien de me voir, alors souvent j'essaye d'aller voir Lys' quand il y est. On ne parle pas vraiment, on le regarde seulement dormir. Souvent il sort brusquement et je le retrouve en larme dans le couloir... Il a changé Albus. Si tu savais combien il a changé !

- Je l'imagine quand tu le racontes...

- Les médicomages... disent qu'il ne veut pas se réveiller pour l'instant, qu'il se reconstruit... mais il ne sait pas ce qui se détruit autour de lui.

Albus ne put répondre. Il serra cette fois Rose contre lui, la laissant pleurer, le visage caché contre sa poitrine, trembler contre lui. Il songea à ces quatre années, à combien il avait été aveugle, combien ils avaient tous été aveugles. Il soupira une fois encore.

- J'aimerais le voir, Rose. J'aimerais les voir, murmura-t-il finalement.

- Lorcan ne voudra pas...

- Lorcan comprendra. Il a le cœur bien trop grand pour t'en vouloir de quoique ce soit.

Elle hocha finalement la tête, l'enlaça plus étroitement. Et Albus ferma les yeux, comme si ce simple geste pouvait faire disparaître toutes les questions qui affluaient dans son esprit. Étrangement – ou pas – c'était pour Lorcan qu'il s'inquiétait, non pour Lysander. En réalité, il ne savait que penser du jeune homme. Il ne comprenait comment quelqu'un pouvait choisir de ne pas se réveiller pendant quatre ans. Il regarda Rose qui essuyait ses dernières larmes, et se promit qu'il tenterait tout, absolument tout pour ramener le jeune homme. Peut-être était-il utopiste... mais il était un Serpentard. Il possédait bien des qualités qui n'étaient pas caractéristiques de sa maison, mais il y en avait une qui le reliait à elle, qui pourtant avait d'ordinaire une sombre connotation : le calcul. Il réfléchissait, évaluait, comptait. Et le résultat de ces quatre années ne lui convenait décidément pas.