Coucou tout le monde !

Désolée de ce long silence (vraiment long par rapport aux autres fois...) mais j'imagine que si je vous dis le mot « rentrée », vous comprendrez quand même ! ;) Je trouve enfin un moment pour poster ce chapitre, je m'excuse par avance si vous y trouvez des fautes...

Je remercie Juliette54 et promesse d'avoir laissé un commentaire ! Je ne vais peut-être plus pouvoir publier aussi régulièrement que cet été mais ça fait toukours autant plaisir !

Juliette54 : tJ'ai en effet essayé de construire les personnage en les rendant les plus « réels » possible, tant mieux s'ils t'ont plu, de même que le couple de Lys' et Rose !:) et pour l'histoire, j'espère qu'elle continuera de te plaire ! Merci beaucoup de ton petit mot !

Promesse : Ne t'inquiète pas pour ton silence (de toute façon, avec mon retard je ne peux rien dire...;) J'espère que tu te plairas en Espagne !:D J'y ai vécu jusqu'à cette année et j'avoue que ça me manque un peu. J'espère aussi que ta mauvaise passe est passée, et que sinon tu en verras très bientôt le bout ! C'est vrai que mon histoire devient de plus en plus noire (comparée au début du moins) et tant mieux si tu trouve que les personnages prennent de la consistance. Pour hugo, c'est vrai que je me suis rendu compte que je l'avais moi-même écarté, c'était assez intéressant d'essayer de se mettre soi-même dans sa tête. J'espère que ce nouveau chapitre te plaira !:D

Et sur-ce, cher lecteurs, je vous souhaite une bonne lecture !


Albus jeta un coup d'œil à l'horloge. Il était onze heure. Onze heure, pas sommeil, sa cousine accablée contre lui, un secret dévoilé, deux amis à rencontrer.

- Rose, répéta-t-il. Je veux le voir. Je veux les voir. Je dois les voir.

- Il est tard...

- Il était encore plus tard lorsque tu es revenue de Sainte Mangouste, quand on était en Bretagne.

La jeune fille soupira, se leva. Son cousin la vit tendre la main vers sa baguette, mais il fut plus rapide.

- Tu es trop troublée pour transplaner Rose... mieux vaut que je nous y emmène.

- Sainte-Mangouste, troisième étage... chamgre 876.

Il hôcha simplement la tête, répéta mentalement ces indications avant de la faire pivoter avec lui. Le salon de Rose disparut autour d'eux alors qu'ils étaient entraînés en un tourbillon de couleur.

Il s'était attendu à une pièce froide, blanche, austère. Mais il n'en était rien : des images de Ronflaks, de Licornes, d'Hypogriffe ornaient les murs. Le sourire ne vint pourtant aux lèvres d'Albus que lorsqu'il vit les photos collées à côtés de la table de chevet : Lys' avec ses parents, Lys' avec son frère, Lys' avec Rose. Et puis il reconnut aussi quelques photos qu'ils avaient pris tous ensemble. L'une d'elle retint en particulier son attention : Lysander encerclait de son bras la taille de Rose – aux lèvres fushia, aux mains aérienne – Albus riait avec Lily, et Scorpius plaisantait avec Louis et Will. Et enfin, il y avait Lorcan qui tenait la main de la dénommée Ada. Le jeune Potter n'avait qu'un très vague souvenir de cette jeune femme. Elle ressemblait à Lily, se souvenait-il, et elle adorait Lorcan. Il y avait dans ses yeux quelque chose qui ressemblait à la lumière qui allumait le regard de Dominique lorsqu'elle regardait Alexis. C'était une flamme simple, sincère. Qui savait où elle se trouvait à présent ?

Pourtant il eut vite une réponse : elle n'était plus de toute évidence avec Lorcan. Parce qu'elle était la vie, et que la silhouette qu'il devinait assise, voûtée sur le lit de Lys', n'était plus qu'un épave. D'un coup de baguette, il alluma la lumière, illuminant du même coup le visage de l'autre Scamander. Ses cheveux bruns étaient lisses, mais ternes, son visage amaigri et agité de tics, ses yeux injectés de sang et il semblait en outre avoir du mal à maintenir sa tête assez droite pour les regarder, pour garder ses yeux suffisement ouverts. Ses joues étaient livides, cependant le coin de ses yeux rougi d'avoir trop pleuré, et ses yeux... ses yeux étaient un gouffre de chagrin, un hurlement de désespoir, un appel au secours.

Albus lâcha Rose, s'approcha du lit, tendit la main vers Lorcan. Le jeune homme le fixa d'un œil inexpressif. Ce ne fut qu'au moment où les doigts du jeune Potter allaient frôler les siennes qu'il réagit, les serra faiblement avant de répondre à son étreinte dont l'intensité lui souleva le cœur.

- Je me demandais quand je vous reverrais, murmura-t-il d'une voix cassée.

- Pourquoi n'as-tu jamais répondu à nos invitations ? Pourquoi n'as-tu jamais répondu aux lettres qu'on envoyait chez tes parents ? souffla Albus en se redressant, connaissant déjà la réponse.

Lorcan ne répondit pas, dévia son regard vers le corps qui dormait sous leurs yeux. Les paupières du jeune homme étaient closes, scellées par des longs cils noirs... Il ne semblait en effet pas inconscient, simplement endormi.

Rose s'approcha de Lysander et caressa sa joue rougie par le sommeil. Il remua un peu, esquissa un léger sourire. Puis il marmonna. Un mot. Un nom qui saisit le coeur d'Albus de joie et sembla dessécher de douleur celui des deux autres.

- Rose...

- Je suis là, répondit-elle mécaniquement.

C'était faux. Elle n'était pas là, elle s'était réfugiée quelque part dans ses pensées, quelque part dans ses souvenirs peut-être ou peut-être tout simplement quelque part où elle trouverait la force de ne pas pleurer. Albus garda le silence, s'assit sur le bord du lit, comme eux. Et attendit. C'est ainsi que des heures s'écoulèrent dans le silence le plus total. Il pensait que les deux éveillés parleraient à l'endormi, mais pas un mot ne déchira l'air. Pas un son. Lorcan assis sur une chaise, la tête posé sur le matelat tenait la main de son frère, tandis que Rose était assise sur le lit et touchait l'autre. Ils tournaient tous deux le dos à Albus, cependant ce dernier était persuadé qu'aucun des deux ne pleurait. Et lui, étranger à cette situation, étranger à leur perte, ne pouvait que les regarder de ses yeux de psychomages qui ne voyait que le gouffre dans lequel ils sombraient tous deux.

- Lorsque Luna m'a amené ici la première fois... il a prononcé mon nom...,commença soudain sa cousine. J'ai cru qu'il allait se réveiller... là... tout de suite... Luna l'a cru... et Lorcan... et Rolf... On a tous cru aux contes, on a cru à La Belle au Bois Dormant. Mais ce n'était qu'un nom dans son sommeil, tout comme il appelle son frère, tout comme il appelle sa mère, son père, tout comme il pourrait t'appeler si tu te mettais à lui parler.

Il hôcha simplement la tête, se laissant malgré lui happer par le gouffre, par cette attente sans fin. Ce temps pendant lequel il fixa le visage de celui qui avait été son ami, celui qui avai sauvé son frère et qui n'était plus rien qu'un corps sans volonté. De la vie, il lui en restait... un peu... Juste de quoi murmurer et respirer.

Lorsque une heure du matin sonna, il se redressa et tendit cette fois une main résolue vers sa cousine. Elle ne sursauta pas, leva juste vers lui des yeux tristes, il tenta de les ignorer.

- Rentre chez toi. Il est tard, tu travailles demain matin.

À sa grande surprise, elle ne protesta pas, se contenta de se lever pour poser ses lèvres que sa joue avant de disparaître. Il demeura donc seul face à Lorcan. Le jeune homme ne semblait même pas s'être rendu compte que Rose était partie. Il s'approcha à son tour de lui.

- Lorcan, il est tard.

- Je sais, répondit simplement l'autre.

- Il faut rentrer, murmura-t-il plus doucement.

- Pas maintenant.

- C'est la nuit. Il dormira jusqu'à demain-matin au moins...

- Et plus encore. Bien plus encore.

Et soudain il disparut sous les yeux ébahis d'Albus. Il demeura alors seul avec Lysander, avec ce fantôme. Il le fixa presque avec haine avant de songer au jumeau du jeune homme. Allée des Embrumes lui avait dit Rose... Il soupira et transplana sans jeter un regard de plus au gisant.


L'Allée des Embrumes n'était pas inquiétante en elle-même: c'était plutôt les gens qui la fréquentaient qui lui avaient donné si mauvaise réputation. La ruelle était sombre, mais pas plus qu'une autre. C'était plutôt les sons qui étaient lugubres. Des rires sardoniques, des murmures comploteurs, des odeurs inconnues. Jamais Albus ne s'y était rendu de nuit. Parfois il donnait un coup de main à son oncle Fred en allant lui trouver quelques ingrédients. La rue le soir était toute autre. Les rires étaient éteintes, les cris pour ameuter la clientèle aussi. Il n'y avait que des silhouettes vacillantes entrant, sortant des sombres masures.

Il chercha à reconnaître Lorcan parmis ces ombres... il ne le trouva pas, se résolut à aller d'auberge en auberge. Un frisson parcourait son dos chaque fois qu'il pénétrait dans l'une d'elles, comme si un mauvais pressentiment le glaçait de son souffle sur sa nuque. La peur de trouver un Lorcan trop détruit, trop miner. La peur de voir l'étendue de cette tristesse éclairée par la pénombre.

Alors il laissa ses jambes le guider, ses mains hagardes écarter les portes une à une, ses yeux fouiller frénétiquement les pièces mal éclairées.

Il ne prit conscience de l'heure avancée que lorsqu'il sentit que sa cape lui manquait. Il regarda autour de lui, prit soudain conscience du fait qu'il ne se trouvait plus à l'Allée des Embrumes. L'Impasse des Naufragés. Le nom lugubre de cette rue lui inspira une soudain confiance, et il poussa la porte du Chant du Cygne.

Le pub n'avait rien à voir avec ceux qu'il avait vu jusqu'ici. Il n'était pas miteux, mais s'accordait parfaitement avec le nom écrit sur l'enseigne accrochée dans la rue. Un lustre de cristal pendait au plafond. L'objet n'avait rien de luxueux et cliquetait au moindre souffle, comme du verre brisé. Le barman faisait écho à ce son en essuyant les verres, était si mince qu'il aurait pu éclater au claquement d'une porte. Des rideaux gris translucides pendaient aux fenêtres, une flûte ensorcelée laissait échapper des notes aussi tristes que des sanglots.

Lorcan était assis à l'une des tables, la tête dans les bras. Albus sentit son sang se glacer, et s'approcha à pas de loup, comme s'il allait briser l'auberge en marchant trop vite. Il le secoua doucement, le jeune homme sursauta, posa sur lui son regard bouffi de larmes, lui montrant aux multiples reflets du lustre la maigreur de son visage. Ses traits étaient encore plus émaciés que ne l'avait vu le jeune potter dans la chambre de Lysander. Ses paumettes ressortaient, sa machoire pourtant fine semblait carrée et sèche. Albus sentit sa gorge se serrer tandis qu'il s'asseyait à côté du cadavre vivant.

- Je t'ai cherché partout, murmura-t-il.

- Ça fait longtemps que mes parents ne le font plus, souffla le jeune homme en réponse.

- Pourquoi ?

- Je ne veux pas qu'on me cherche...

- Lys' aurait mal au cœur de te voir dans cet état, laissa échapper Albus.

- Lys' n'est pas là, répondit Lorcan sans le regarder. Lys' dort... Il ne peut pas me voir, il ne peut pas savoir... Il ne peut pas comprendre.

- Et lorsqu'il se réveillera, l'interrogea Albus en tendant une main prudente vers son avant-bras.

Le jeune Scamander secoua la tête d'un air désabusé. Un océan de chagrin, une goutte de mépris, un soupçon de tendresse. Chacun de ces sentiments noya le cœur de son interlocuteur d'une vague de doute, de frayeur aussi.

- Tu n'as pas compris Albus. Lys' ne se réveillera pas.

Ces mots tombèrent comme une pierre de glace entre eux. Les yeux verts de Lorcan semblèrent s'excuser tandis qu'ils s'embuaient. Albus fit glisser sa main vers la sienne, la serra tandis que l'autre fondait en larme. Et le jeune Potter vit revenir vers lui un écho du passé. Il revit Lysander retenir ses larmes tandis que Rose l'entraînait hors de la pièce, comme il les avait parfois vu faire. Il entendit les sanglots de l'endormi et la voix douce de sa cousine. Il emprunta cette voix, la fit sienne, cette même voix qu'il utilisait auprès de ses patients les plus fragiles – comment avait-il pu oublier comment l'utiliser ?

- Tu devrais dormir.

- Je ne veux pas rentrer...

Albus sourit. Albus comprit. Albus tira sur la main qu'il tenait, retint l'épaule qui peinait à se redresser et passa un bras autour de la taille de Lorcan pour le soutenir, jeta deux mornilles sur le comptoir.

- Je te promets que tu ne rentreras pas cette nuit, souffla-t-il à l'oreille du jeune homme qui continuait de pleurer contre lui.

- Il me manque tellement, sanglota-t-il.

- Je sais, murmura Albus en lui ébouriffant doucement les cheveux. Il me manque aussi, il nous manque à tous...

- Vous ne pouvez pas comprendre !

- La plupart non, reconnut le jeune homme. Mais mon frère est parti un an, juste après... juste après qu'on l'ait... empêché de sauter – les larmes lui brûlaient toujours les yeux lorsqu'il songeait à ce moment. Il est parti et n'a pas donné de nouvelle... on ignorait ce qu'il devenait, on ignorait s'il vivait... s'il reviendrait.

Lorcan acquiesça doucement s'appaisant un peu. Albus en profita pour transplaner chez lui. Il aida le jeune homme à marcher jusqu'à sa chambre, l'allongea sur le lit, s'assit sur le bord.

Le lit semblait trop grand pour lui, il semblait se perdre sous la couette. Doucement, il le borda comme un enfant, passa et repassa sa main dans son dos jusqu'à ce qu'il entende la respiration du jeune homme ralentir. Un rapide coup d'oeil à la pendule lui apprit qu'il était plus de quatre heure du matin, ce qui lui laissait encore quelques heures de sommeil – qu'il devinait déjà léger.