Hello tout le monde! :D

Désolée encore une fois de mon retard... J'espère que ce chapitre vous plaira qund même! Celui-ci est écrit de longue et j'avoue que c'est un de mes préférés! Dîtes-moi ce que vous en pensez, en bien, en mal, en moyen: comme vous le pensez! :)

Bonne lecture! :D


Lorsqu'Albus ouvrit les yeux le lendemain matin, il perçut un bruit ténu dans sa chambre. Encore ensommeillé, il se leva, trouva Lorcan assis sur son lit, la tête entre les mains. Il soupira avant de s'assoir à côté de lui. Le jeune homme se redressa et chercha à sourire sans y parvenir.

- As-tu faim ? demanda le plus jeune.

Il secoua simplement la tête, un pauvre sourire aux lèvres. Un long soupir lui échappa.

- Merci de m'avoir reçu chez toi cette nuit... mais je vais devoir rentrer.

- Justement Lorcan, répondit Albus en l'empêchant doucement de se lever. Je voulais te parler de ça. Je sais que tu ne voudras pas a début, mais j'ai espoir que tu finisses par accepter... Rose m'a dit que tu vivais encore chez tes parents, je voulais te proposer de vivre avec moi.

L'autre ne sembla pas surpris. Il avait perdu de son entrain, mais sa perspicacité était intacte.

- Je ne peux pas accepter Albus.

- Jusqu'ici tout se passe comme je l'avais prévu, marmonna le jeune homme, arrachant un sourire à Lorcan. Je savais que tu répondrais ça.

- Vraiment Albus, je te remercie mais je ne peux pas.

- Tu ne peux pas ou ne tu veux pas ? l'interrogea Albus.

- Je ne peux pas, et je ne veux pas m'éloigner de mon frère.

- Il n'est plus chez vous, répondit-il doucement.

- Mais il y a encore toutes ses affaires. Il y a tous ces souvenirs. C'est comme s'il était encore là.

Albus se passa la main sur le visage, embarrassé. Il savait que Lorcan dirait cela. Il savait qu'il refuserait de quitter la demeure de ses parents à cause des souvenirs qui l'imprégnaient. Il n'ignorait pas le lien qui avait toujours uni les jumeaux Scamander, et les jumeaux en général. Seulement il n'avait pas eu besoin de commencer ses études de Psychomagie pour savoir que ce lien pouvait se révéler malsain, voir dangereux : il avait côtoyé son oncle George durant toute son enfance, avait vu l'effet dévastateur qu'avait eu sur lui ce lien. Il n'avait jamais osé dire à son oncle combien il avait trouvé malsain de donner à son fils le nom de son défunt jumeau. Il ne l'avait pas dit car il savait que George aurait alors cru qu'il pensait comme cette dinde de Rita Skeeter qui passait sa vie à essayer de détruire les Potter-Weasley. Tout avait commencé lorsque la maudite journaliste avait une fois publié une photo volée de son oncle embrassant Fred – alors âgé de six ans – sur la joue. Une légende accompagnait le cliché : Le malheureux George Weasley cherche désespérément à retrouver son frère, Fredéric, en son fils du même nom. Pour le bien de l'enfant, ne vaudrait-il pas mieux l'interner au moins un temps à Sainte-Mangouste ? La parution de l'article avait profondément blessé George, Albus ne l'avait pas oublié. C'est pourquoi il n'avait jamais avoué à son oncle que donner le nom de son frère à son fils était dangereux non pas pour l'enfant, mais pour lui-même : c'était l'empêcher de partir, refuser d'accepter sa mort.

Il refusait que Lorcan commette la même erreur. Parce qu'à présent il avait grandi, parce qu'il avait mûri, parce que il sentait que l'absence de Lysander n'allait pas se contenter de ronger Lorcan : elle allait bel et bien finir par l'achever.

- Mais il n'est pas là, répondit-il alors doucement. Depuis quatre ans il n'est plus là.

- Je sais, souffla Lorcan. Mais j'ai besoin de sentir qu'il est là... de sentir qu'un jour je pourrai le voir revenir, le voir me sourire, et qu'alors je pourrai... je pourrai lui dire... lui dire... lui...

- Écoute Lorcan. Tu n'es pas mon patient, tu es mon ami. Si tu veux me dire ce qui t'étouffe, alors dis-le moi. Je sais garder un secret. Je vous le montrerai en respectant la volonté de Lysander, en entrant dans votre mensonge. Cependant il y a une chose que tu ne dois pas oublier : Lysander est ton frère. Imagine un instant ce qu'il ressentirait s'il se réveillait aujourd'hui et qu'il te retrouvait dans cet état.

- Il ne se réveillera pas..., souffla Lorcan en étouffant un sanglot.

- Et pourquoi dis-tu cela ? murmura doucement Albus en lui serrant l'épaule.

- Parce que je suis... je suis... – il soupira profondément en séchant rapidement ses larmes. Regarde-moi Albus. Regarde mon visage. J'ai ving-et-un an j'ai les yeux toujours humide, les mains qui tremblent, le corps affaibli... Comment veux-tu qu'il se réveille ?!

Il se leva, grelottant, se mit à arpenter la pièce.

- Pardon, murmura-t-il soudain. J'oublie toujours que depuis quatre ans que je me cache, presque tout ce que je sais est un secret. Il se rassit aux côtés d'Albus et s'enfonça dans le dossier, l'ai épuisé. Tu n'es pas sans ignorer le lien qui uni le jumeau, je sais que tu en as un malheureux exemple dans ta famille... Mais comme si avoir porté cette malédiction sur nos épaules pendant dix-sept ans ne suffisait pas, il faut que le lien qui nous uni soit plus fort encore. Tu... tu as entendu parler de la prophétie qui unissait ton père et Voldemort : Aucun des deux ne peut vivre tant que l'autre survie. Cela vaut aussi pour nous.

- Mais tu ne partageais pas le don de Lys', objecta Albus.

- Si. Je ne te dirai rien de plus, juste que mon frère ne l'a jamais su, que c'est ce que je veux qu'il sache, qu'il comprenne.

- Et pourquoi dis-tu que ce fragment de l'ancienne prophétie vous concerne ?

- Il ne nous concerne pas, coupa Lorcan. Il concerne tous les jumeaux. Tous ! Or le lien qui unissait ton père et Voldemort ressemblait à celui qui uni des jumeaux... en plus fort encore. Il ne concernait que ton père et Voldemort, désormais elle est réalisée, terminée. Ce que je voulais te dire est que je ne peux pas vivre si Lys' survit. Et qu'il ne peut vivre si je survit. Or actuellement... il survit. Son esprit dort, or son esprit est sa vie. Je ne peux donc pas vivre ! Mais je ne veux pas mourir, je pourrais pourtant, mais je veux le revoir au moins une fois avant de partir.

- Ne dis pas ça...

- Je le dis tu ne peux pas m'en empêcher. C'est parce que je ne vis plus que... je suis devenu cette espèce de loque humaine. Parce que... quand je pense à lui... quand je pleure jusqu'à m'en soûler... j'oublie... j'oublie... j'oublie que j'ai envie de mourir.

- Lorcan !

- Tais-toi Albus ! Laisse-moi parler ! Ce que j'essaye de te dire c'est qu'en faisant ça, je survis aussi...

- Et Lys' ne peut donc pas vivre, compléta horrifié le jeune Potter.

Le silence tomba, troublé par le seul souffle irrégulier de Lorcan. Il ne pleurait pas, semblait trop faible pour le faire. Albus tenta de dissiper au plus vite l'obscurité qu'avait ainsi jeté l'aveu du jeune homme sur l'avenir.

- Je n'ai jamais cru aux prophéties, murmura-t-il soudain.

- Alors apprends à y croire, le railla l'autre avec un rictus désabusé.

- Non. Vous n'êtes pas dans un cercle vicieux. Ce sont les cercles qui n'ont pas de commencement, or vous avez eu un commencement. C'est Lysander qui s'est effondré le premier ! Pas vous deux ensemble ! Il y eu un commencement à votre enfer, mais si vous n'êtes pas dans un cercle, alors c'est qu'il existe une fin !

- Tu ne le croirais pas si tu avais attendu quatre ans. L'espoir est puissant, mais a besoin d'être alimenté. En quatre ans il n'y a rien eu. Jamais.

- Et bien je t'en donne ! Je t'en offre des ruisseaux, des trésors d'espoir ! Je suis encore jeune, encore optimiste, trop optimiste alors laisse-moi te donner un peu de mon optimisme !

- Même si je me remettais à espérer, ce n'est pas cela qui ramènerait mon frère ! s'écria Lorcan en se levant d'un bond.

Albus planta ses yeux vert sur lui, se taisant jusqu'à ce que les iris de l'autre daignent finalement se poser sur lui. Il tenta d'ignorer le puit de désespoir qui lui faisait face, tenta de se persuader que ce visage ravagé pouvait revivre.

- Il est vrai, dit-il finalement. L'espoir ne fera pas revivre Lys'. C'est toi qu'il ranimera. Et c'est toi qui le ramènera.

- Tu ne comprends pas, gémit doucement Lorcan en s'appuyant à une chaise, comme s'il allait s'effondrer. La prophétie en elle-même est un cercle qui n'a pas de commencement. Il est impossible d'en sortir, à moins que je ne décide de mourir... je le ferais Albus, crois-moi que je l'aurais fait mille fois si je n'avais pas été certain que Lysander serait aussi effondré que je le suis aujourd'hui s'il venait à se réveiller.

- Lorcan, il y a une chose que tu sembles oublier. Tu oublies qui tu es, et qui je suis. Tu oublie ce qui nous définit. Beaucoup sont sceptiques par rapport aux qualités que l'on est sensé attribuer aux maisons de Poudlard, notamment sur celles des Serpentards. Cependant, ce que tout le monde semble oublier, c'est qu'on peut être Serdaigle et Gryffondor. Serpentard et Poufsouffle. Tu es à Serdaigle. Tu es quelqu'un qui cherche, qui veut comprendre et qui y parvient.

Il se leva pour être à sa hauteur et s'appuya au même dossier de chaise, pour pouvoir le regarder dans les yeux.

- Tu as fait ce que tu pouvais faire par toi-même, étant toi-même un Serdaigle. Tu as trouvé le fond du problème. Maintenant, laisse-moi t'apporter ce que peut t'offrir Serpentard. Non, ce n'est pas la malveillance, ni l'ambition, c'est la ruse. En bon élève, tu ne cherches à résoudre les situations qu'en les attaquant de face, mais justement, dans ma maison, on contourne le problème, on passe par derrière. Et sais-tu pourquoi on nous dit d'une ambition sans mesure ? Parce qu'en réfléchissant comme nous le faisons, en évitant, en détournant, en manipulant, on arrive toujours à nos fins. Crois-tu qu'un Gryffondor aurait pu atteindre Voldemort ? Non. Parce que les Gryffondor sont courageux. Certains sont aussi subtils, mais ils sont courageux avant d'être rusés. Ils attaquent de face. On dit les Serpentards lâches car ils sont rusés avant d'être courageux. Et toit, Lorcan, toi le Serdaigle, tu cherches à comprendre le monde, tu cherches à comprendre ton frère. Seulement tu n'y parviens pas.

Lorcan le fixai de ses yeux sombres, semblait boire ses paroles, comme s'il voulait se convaincre qu'il disait vrai, que l'issue qu'il lui promettait existait bel et bien.

- Pourquoi crois-tu que l'armée qui a vaincu Voldemort y est parvenue ? Parce que contrairement à celle de ce mage, toutes les maisons s'y trouvaient réunies. Il fallait de l'intelligence, de la loyauté, du courage et de la ruse.

- Tu ne peux pas comparer..., murmura Lorcan en se détournant.

- Si ! Si je peux comparer ! Parce que s'il y a une chose que mon père m'a appris, c'est que rien n'est blanc, rien n'est noir. Tout est en nuance, chacun est en nuance. Et s'il lui manque de ces subtilités, alors il doit s'allier aux autres. Tu as été intelligent Lorcan. Tu as su comprendre ton frère, la raison de son état, la raison de tout. Tu lui as été loyal, trop loyal peut-être, ajouta-t-il plus bas. Et tu as été courageux, courageux de respecter sa volonté de garder le silence – il prit ses joues entre ses paumes, approcha son visage du sien, sa voix grave modulant délicatement en murmures. Mais tu n'es pas rusé Lorcan. Sans contourner, sans détourner, vous ne vous en sortirez pas. Alors je t'en prie, laisse-moi t'aider, laisse-moi vous aider. Je veux que ton frère se réveille, pour mille et unes raisons : pour te revoir vivre, pour te revoir sourire, pour voir Rose heureuse, certe. Mais je veux aussi retrouver Lysander, je veux retrouver l'ami que j'ai perdu ! Ce que je te propose, je le fais pour toi, pour vous, mais je le fais aussi pour moi. Ce que je te propose n'est pas que de l'aide bénévole.

Il se tut, hors d'haleine, mais il sentit que le regard qu'avait Lorcan valait la peine qu'il y laisse son souffle. Il avait l'impression de s'être un peu emmêlé dans son explication, le jeune homme semblait pourtant comprendre.

- Je t'écoute, soupira finalement l'ancien Serdaigle. Comment ta ruse va-t-elle parvenir à réveiller Lys' ?

- C'est toi qui réveillera Lysander. C'est toi qui revivra le premier.

- Je ne pourrai pas vivre tant que mon frère survivra...

- Cela, permet-moi d'en faire mon affaire, veux-tu ? répondit Albus en posant sa main sur son épaule. Laisse-moi t'aider, pense à toi pour une fois, et laisse-moi m'occuper de Lysander.

Les paupières du jeune homme s'abaissèrent, le jeune Potter vit sa poitrine se soulever comme si c'était la première fois depuis longtemps qu'il respirait. Puis il se redressa finalement et hocha la tête. Albus crut même voir l'ombre du légendaire sourire des jumeaux se dessiner sur ses lèvres.

- Alors je te laisse la journée, va chercher tes affaires chez toi, je te prépare ta chambre pendant ce temps.

- Je te promet que je te le rendrai...

- Si tu veux me le rendre, gomme les cernes et les tics qu'il y a sur son visage, répliqua l'autre avec un sourire. Montre-moi de nouveau ton sourire. Je pourrai t'emmener au Chemin de Traverse avec Scorpius et les autres, sourit-il.

- Ils ne peuvent pas me voir ainsi...

- Alors je te propose une chose. Je te laisse donc la journée pour t'installer, et demain je t'emmène avec moi à Sainte Mangouste. Je reviendrai ce soir et on ira ensemble voir ton frère si tu veux.

- Albus, ne le prend pas mal mais... depuis trois ans, j'ai pris l'habitude d'aller le voir seulement avec Rose ou mes parents... c'est comme notre moment à tous...

- Je ne le prend pas mal Lorcan, ne t'inquiète pas, sourit Albus. Peut-être n'ai-je pas été assez précis : je veux dire que tu ne peux plus passer tes journées avec Lys'.

- Je n'y passais pas mes journées... mais je suppose que tu sais où j'allais après.

- Oui je le sais. C'est d'ailleurs pour cela que je t'emmènerai demain à Sainte Mangouste.

- Et que veux-tu que j'aille y faire ? marmonna Scamander.

- Je suis psychomage, peut-être Rose ne te l'a-t-elle pas dit.

- Et alors ?

- Je t'en prie Lorcan, tu sais où je veux en venir ! s'exclama le jeune Potter en levant les yeux au ciel. Tu as dit toi-même que tu voulais mourir... aucune personne totalement saine d'esprit n'en serait capable. Aucune personne totalement saine d'esprit ne passerait ses journées prostré au chevet de son frère, pour ensuite aller oublier à l'Allée des Embrumes.

Lorcan grimaça sous ces mots, mais ne voûta pas les épaules.

- Mes parents ont souvent essayé de m'emmener là-bas, pourquoi parviendrais-tu là où ils ont échoué ?

Albus ne se démonta pas, il savait que parfois, l'insolence était un appel au secours.

- Parce que tes parents sont chercheurs, et que je suis psychomage. Pour observer, ils doivent garder le silence. Ta mère a toujours trouvé les mots justes pour bien du monde... peut-être pas pour cette fois-ci.

- Tu n'es encore qu'un débutant...

- En trois ans j'ai appris bien des choses. J'ai aussi appris que parfois on ne peut pas y arriver seul. Seul, tu ne pourras pa réveiller Lys'. Seul, je ne pourrai pas te faire revivre.

- Très bien, murmura Lorcan après un long soupir. J'imagine que tu ne me laisses pas le choix... et peut-être... peut-être que je suis trop épuisé pour te tenir tête.

Albus sourit en se redressant et le regarda disparaître tandis qu'il transplanait. Un recoin de son cœur se glaçait lorsqu'il songeait que peut-être ne reviendrait-il pas, alors il ferma les yeux pour revoir le regard de Lorcan. Il y avait de la douleur et du désespoir, mais aussi un petite lueur dansant gracieusement dans ces pupilles : comme le murmure d'une promesse.