Bonjour tout le monde! Joyeux Noël à vous!
Voici le nouveau chapitre de cette histoire! J'espère qu'il vous plaira :) N'hésitez pas à commenter, en bien ou en mal - peut-être même qu'un peu plus en mal car ainsi je pourrais améliorer Sourire aux étoiles , même sur un simple détail.
Et sur-ce, bonne lecture! Et sans doute bonne année (avec un peu d'avance :D)
Huit heure sonna à la pendule de la salle commune. Rose déjà avait déboutonné sa blouse pour la suspendre dans son casier. Ses gestes étaient lents et tristes, comme ils l'étaient depuis deux jours. Depuis qu'elle avait tout avoué à Albus, qu'elle l'avait amené dans la chambre de l'homme qu'elle aimait. Elle sentait encore sur elle toute la colère de son cousin, et toute sa douceur lorsqu'il l'avait serrée contre lui. Un temps elle avait cru qu'il allait l'aider, l'aider à sortir de cet enfer, qu'il allait la réveiller... mais elle ne l'avait pas revu. Pas une visite, pas une lettre. Il avait reçu son secret, et s'en était allé comme un voleur.
Elle cligna des yeux pour chasser les larmes aui commençaient à y briller avant de refermer son casier. Elle allait incruster son bracelet dans la porte, comme le règlement l'indiquait, permettant à l'équipe de savoir qui se trouvait dans l'hôpital, lorsque l'une de ses perles se mit à scintiller. Sans un soupir elle remit pretemment sa blouse avant de courir aux services d'urgences dont la perle s'était allumée.
Elsa s'y trouvait déjà et l'accueillit avec un sourire. Sur la civière, elle vit une jeune femme étendue, les yeux clos. Tout en l'examinant tandis que sa collègue dosait une potion dans une fiole, Rose la détailla. Elle était très jeune, sans doute plus qu'elle.
- Elle s'est effondrée au milieu du Chemin de Traverse, l'informa Elsa. Elle a eu de a chance car la personne qui a transplané avec elle jusqu'ici savait que c'était à ce service-ci qu'il fallait l'amener, et non pas aux urgences magiques.
- Tout le monde devrait le savoir, pesta la jeune femme. Si seulement le ministère se donnait la peine d'informer les sorciers il y aurait tellement d'accidents évités...
- Normalement elle et son enfant n'ont plus rien à craindre. Le plus grave est passé, je lui ai déjà administrer plusieurs potions, celle-ci est la dernière.
- Alors pourquoi m'as-tu demandé de venir ? lui demanda Rose qui achevait de refermer les égratignures qui zébraient les bras nus de la jeune femme. Tu as presque fini, il n'y a plus qu'à attendre qu'elle se réveille...
- C'est que je dois à présent aller en consultation et que je sais que les autres sont soit occupés, soit rentrés chez eux, soit pas encore arrivés pour leur garde.
La jeune Weasley se radoucit et sourit à son amie. Tant pis pour sa soirée qu'elle passerait de toute façon seule.
- Vas-y, je m'occupe d'elle.
- Merci Rose ! Par contre passe aussi rassurer le monsieur qui l'a amenée. Il a assuré ne pas la connaître... mais tu sais comment sont certaines personnes, acheva Elsa avec un clin d'oeil avant de quitter la pièce.
La jeune médicomage ne se le fit pas dire deux fois et longea le couloir. Il y avait de temps à autres de parfaits inconnus qui demeuraient en sale d'attente comme si la femme qu'ils avaient aménée dans le service était leur compagne ou leur sœur. Elle avait toujours éprouvé de la sympathie pour ces gens, s'entretenait parfois un temps avec eux sans jamais livré un mot sur l'état de la malade, secret professionnel obligeant.
Elle ne put cependant pas réprimer un mouvement de surprise en découvrant Hugo assit dans la salle d'attente. Il se leva en la reconnaissant, lui lançant un sourire inquiet, une question brillant dans ses yeux.
- Elle est hors de danger, le rassura-t-elle avec un sourire.
Un soulagement sincère se peignit sur le visage juvénile de son frère et elle eut soudain envie de le prendre dans ses bras.
- Tu... tu pourras lui dire que je suis heureux qu'elle aille bien ?
- Je le ferai, ne t'inquiète pas, lui répondit-t-elle avec le sourire le plus vrai qu'il ait vu sur le visage de sa sœur depuis des années. Tu leur as peut-être sauvé la vie en l'amenant directement ici.
Le jeune homme lui rendit son sourire avant de laisser un étrange silence s'installer entre eux.
- Tu... tu veux venir prendre un café avec moi ? lui demanda-t-elle soudain. Je devrais te quitter en cas d'urgence mais... ça fait longtemps que l'on ne s'est pas vus...
Et à son tour Hugo eut envie de la serrer contre lui, à la place il la suivit, l'écouta lui parler brièvement de son métier, mais son cœur se serra tandis qu'il constatait qu'elle ne se confiait toujours pas à lui à propos de son mensonge. Mais trop heureux de la retrouver, de l'entendre encore lui parler il chassa Lys' de son esprit, il lui parla à son tour, des études qu'il avait entamé depuis un an, des discussions qu'il avait avec Papy Arthur à ce sujet, de la fascination pour les moldus que lui avait inspirée le vieil homme.
Il avait grandi comme beaucoup d'enfant entre le monde sorcier et celui des moldus. Mais contrairement à beaucoup d'autes il n'avait jamais choisi l'un ou l'autre. Même leur mère s'était plutôt tournée vers le monde des sorciers, des créatures magiques, de la politique sorcière. Rose avait définitivement choisi le monde sorcier aussi en devenant médicomage, en faisant de sa baguette magique et de ses potions ses principaux outils de travail. Hugo n'avait pas choisi. Lorsqu'il avait décidé de son orientation, il avait inconsciemment choisi de ne pas choisir. Ni le monde moldu, ni le monde sorcier. Il voulait l'entre-deux dans lequel il avait vécu. Il voulait être un entre-deux. Et c'était Papy Arthur qui lui avait parlé de cette branche méconnue de la diplomatie sorcière. Une branche qui faisait le lien entre les deux mondes, qui négociait pour leur dirigeants.
C'était également Papy Arthur qui l'avait informé du fait que les Premiers Ministres Britanniques n'étaient au courant de l'existence de la Magie que le temps de leur mandat. Ensuite la diplomatie sorcère envoyait un émissaire effacer toute trace de son souvenir, afin de conserver leur existence secrète. Mais il existait d'autres diplomates qui dans l'ombre traitaient avec les services secrets moldus qui, eux, étaient conscient de l'existence de la magie. Ces sorciers travaillaient avec les moldus, sur le même pied d'égalité pour contrer les actions dangereuses menées par des sorciers envers la population sorcière comme moldue. Le plus célèbre incident qui ait été traité était l'évason de Sirius Black.
C'était ainsi que Hugo avait choisi d'étudier cette branche lors de son orientation un an plus tôt. Il en parlait aux dîners de familles, des étoiles dans les yeux, mais jamais encore il n'en avait parlé à sa sœur de façon aussi détaillée.
Une perle de son bracelet se mit soudain à scintiller, elle se leva d'un bon, embrassa chaleureusement son frère en lui promettant de le revoir très bientôt et courut à la chmabre de la patiente.
Celle-ci s'était éveillée, cherchait doucement à se redresser de ses oreillers mais la jeune médicomage l'en empêcha, lui recommandant de ne pas se redresser avant le lendemain tout en lui rappelant ce qui s'était passé.
Elle allait quitter la pièce pour demander à un collègue de garde de prendre soin d'elle en cas de besoin. Mais elle vit le visage de la jeune fille, ses mains angoissées posées possessivement sur son ventre. Mais ce qui la frappa furent ses yeux soudain luisants d'angoisse, ses yeux qui semblaient hurler à l'aide. Alors Rose laissa tomber le masque professionnel qu'elle se forçait toujours à porter lors des premières rencontres, et qu'elle ôtait si jamais elle sentait que la patiente l'acceptait.
Elle revint alors vers elle, remplit d'un coup de baguette le verre d'eau que la jeune fille avait très vite bu à son réveil. Celle-ci balbutia un remerciement le portant à ses lèvres de ses mains tremblantes. Et en la regardant boire, la jeune femme se rappela soudain qu'aucune documentation n'avait été trouvée sur elle.
- Quel est votre nom ?
Elle déglutit et posa le verre sur sa table de chevet, tentant de calmer se respiration angoissée.
- Katleen. Je m'appelle Katleen Bergsen.
- Faut-il prévenir quelqu'un Katleen ?
- Personne, répondit-t-elle d'une toute petite voix. Mes parents ne veulent plus me voir, et mon compagnon est mort, ajoute-t-elle d'une voix trop égale pour être naturelle. Je vis dans une chambre à l'Impasse des Naufragés. Mes cousins aussi m'aident... mais je ne veux pas les inquiéter. Je leur écrirai demain, et je leur dirai que... que je vais bien. Qu'on ira bien tous les deux, souffla-t-elle.
Rose lui sourit doucement, sans poser de question. Elle voyait pourtant les ombres que laissait Katleen dans ses maigres explications. Elle connaissait ces ombres. Car elle portait les mêmes, les siennes. Celles qu'elle disperçait dans l'esprit de sa famille et qui hantaient même le sien.
Sa pudeur habituelle la poussait d'ordinaire à la discrétion. Mais le désespoir dans les yeux de cette femme qui cherchait pourtant à demeurer ferme la poussa à prendre doucement la main de la jeune femme. Puis, comme si elle s'était brûler, elle s'excusa et sortit de la chambre. Cette fois encore elle courut dans la salle commune, ôta sa blouse à la hâte et transplana rapidement. Le visage de Katleen, le vide dans ses yeux qui ressemblait si fort aux siens la boulversait. Cependant elle ne pouvait nier que ce qui lui brûlait réellement le ventre était son visage crispée pour ne pas pleurer, mais surtout son visage crispé dans l'espoir de se relever.
Le jeune homme sentait sur lui le regard du jeune Potter. Cela faisait des mois qu'il ne s'était pas senti aussi lucide, qu'il ne s'était pas senti aussi éveillé. Si éveillé qu'il eut le temps de se faire la plaisanterie que bien des gens du monde sorcier rêvaient de voir ces yeux qui étaient ceux du Survivant. Bien sûr, pas un seul instant il n'avait chassé Lys' de ses pensées, pas un seul instant la brûlure de la moitié de son cœur ne s'était atténuée.
L'apparition de Rose dans son salon ne fit que lui rappeler l'absence de son frère. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait vu la jeune femme, qu'il ne l'avait réellement vu, réellement regardée. Il se souvenait de son maintien, de son visage, de ses gestes quatre ans auparavant. Mais cette Rose-là semblait avoir disparu. Les autres ne l'avaient pas encore vu, ou ne voulaient pas le voir. Lui voyait en elle son reflet. Et le regard ambré de la jeune médicomage lorsqu'elle croisa le sien lui confirma qu'elle pensait la même chose.
Cette expression disparut bien vite pour esquisser un magnifique sourire. Elle se blottit tout contre son cousin qui lui ouvrit les bras, embrassa tendrement la joue de sa cousine, se laissa tournoyer dans les bras du jeune Malefoy avant de laisser James l'enlacer brièvement. Puis à sa grande surprise elle courut vers lui pour le serrer dans ses bras. Et sous ces sourire, il discerna la moitié d'un masque. Car une part d'elle était réellement heureuse de les voir près d'elle, une autre hurlait l'absence de Lys'.
Il sourit en voyant Lily saisir la main de sa cousine et l'entraîner dans sa chambre. Et tandis qu'Albus et Scorpius les suivait, il s'assit aux côtés de James.
- Tu vas la voir réapparaître toute belle et pomponnée. C'est devenu une habitude pour eux. Je n'en ai jamais fait parti, ajouta-t-il avec un sourire amusé, mais tu riras de la voir. C'est une autre Rose, une autre fleur que tu découvriras. Cette Rose, poursuivit-il en plantant son regard dans celui de Lorcan, ton frère ne la connaît pas encore. Je sais que tu as été malade Lorcan. Je sais que sans doute tu as souffert de l'absence de Lysander, certainement au moins autant que Rose. Mais si un jour tu lui écris, dis-lui la fleur qu'elle est devenue. La beauté, l'ange qu'elle est mais dis-lui aussi qu'elle est un ange triste.
- Je sais, souffla-t-il d'une voix étranglée.
- Je ne cherche pas à te blesser, murmura plus doucement encore James. Je me disais juste que si ses demandes et les nôtres n'ont eu aucun effet, peut-être les tiennes pourront le ramener.
Lorcan acquiesça mais son expression n'échappa pas à l'aîné Potter. Celui-ci le dévisageait de ses yeux bruns. Le regard des Weasley. Le regard de toute une famille. Pourtant ce regard n'était pas lourd. C'était plutôt leur douceur qui caressait son visage, qui l'enveloppait. En échange de cette chaleur il avait envie de rendre service à cette famille aux si doux yeux, aux si doux gestes. A cette femme qu'il voyait revenir aussi, cette étoile qui ne parvenait pas à briller de mille feux, parce que son frère ne pouvait pas la voir.
Et sur le Chemin de Traverse, il vit combien Rose attirait par sa beauté. Scorpius la protégeait d'un regard à ceux qu'elle repoussait en souriant. Mais ce qui le frappa plus encore fut le regard d'Albus. Et lorsqu'à nouveau il croisa ces iris émeraude, il lui sembla que le jeune homme lui hurlait sa colère, comme s'il voulait lui confier qu'il brûlait d'envie de pousser sa cousine à danser avec un de ceux qui l'invitaient.
Et tandis que Lily entraînait Rose pour danser, tandis James et Lorcan discutaient ensemble de Merlin-seul-savait-quoi, Scorpius agrippa la manche de son meilleur ami pour le tirer hors de la taverne. Loin des vapeurs du Whisky Pur Feu et de la Bièraubeurre, loin de la musique, loin de l'atmostphère grisante des fêtes. Le froid leur mordit le visage, comme une main de la réalité le gifflant pour les rappeler à elle. Elle le savait, cette Réalité, que ces soirées, ces fêtes n'étaient pour eux que l'occasion d'éloigner Rose de l'absence de son compagnon, pour l'éloigner de la solitude qui rongeait son cœur malgré tous leurs efforts.
Les deux hommes se dévisagèrent, l'acier soutenant l'émeraude, comme pour savoir lequel des deux cèderait le premier.
- Sois franc avec moi Albus. Rose savait dans quel état était Lorcan.
- Peut-être, reconnu l'autre en esquissant un demi-sourire.
- Elle l'a vu récemment.
- Peut-être.
Scorpius rouvrit la bouche, comme s'il voulait ajouter quelque chose, comme s'il voulait énoncer une vérité qui lui échappait.
- Nous nous sommes trompés Albus, souffla-t-il soudain d'une voix tremblante.
- Que veux-tu dire ?
- Sur tout Albus. Tout cela nous échappe ! Rose est déjà trop loin de nous, trop loin dans une attente qu'elle ne dissimule même plus. C'est la chose la plus triste que j'ai jamais vu ! Même l'épave qu'était Lysander avait un éclat d'espoir. Elle n'en a plus Albus...
- Mais que cherches-tu à me dire exactement ? l'interrogea Albus d'une voix grave. Je vois tout ce que tu me dis. Mais que veux-tu me dire ?
- Il y a quelque chose de pourri dans cette histoire, murmura Scorpius en agrippant ses épaule, son visage si proche de son ami que celui-ci sentait son haleine angoissée sur ses joues. Il y a quelque chose de pourri dans l'un de nous, ou dans quelqu'un d'autre. Quelque chose qui désespère Rose, qui a tué son espoir alors que nous en avons encore.
- Peut-être Rose n'est-elle pas celle que nous pensions.
- Que veux-tu dire ? grinça le jeune Malefoy en rafermissant sa prise.
- Rien Scorpius. Mais peut-être avons-nous trop protéger Rose. De tout. Sauf d'elle-même.
Le blond s'écarta et se mit à faire les cent pas. Et malgré son visage imperturbable, Albus sentit son cœur se serrer à l'idée de mentir à son ami.
- Tu sais quelque chose de plus Albus. Ce n'est pas une question, je sais que j'ai raison, murmura soudain Scorpius, ses yeux de nouveau plantés dans les siens.
- C'était la condition pour qu'elle se livre Scorpius, avoua tristement le jeune homme. Elle m'a fait confiance et je ne...
- Pas à moi, n'est-ce pas Albus ? A moi elle n'a pas pu parler, soupira son ami en s'adossant au mur.
- Ce n'est pas une question de confiance Scorpius. C'est moi qui l'ait mise au pied du mur. Je ne lui ai pas laissé le choix.
- Je te crois Albus, dit-il doucement. Je te fais confiance.
- Donne-moi six mois Scorpius. Dans six mois...
- Ne me promets pas de délais s'il te plaît. Je te fais confiance, répéta le jeune homme. Mais n'oublie pas que je suis là moi aussi.
Le jeune Potter dévisagea encore son meilleur ami. A la lumière des lampadaires enchantés, son visage paraissait aussi cerné et décharné que celui de Lorcan.
- Aide-moi à prendre soin de Lorcan, murmura-t-il soudain.
Et le sourire désabusé qui déforma les lèvres de Scorpius sembla lui répondre qu'il le savait déjà.
- Lui aussi est touché par ce quelque chose de pourri, non ? Lui aussi se sent pourrir. Il est déjà pourri lui aussi je le sens. Il faudrait arracher la part malade qu'il y a en lui, souffla-t-il tout bas, faisant frissonner d'effroi le jeune Potter.
- Il le faudrait d'ordinaire. Mais encore une fois, fais-moi confiance.
Le jeune Malefoy lui rendit son habituel sourire. Il y a quelque chose de pourri, murmurèrent encore ses lèvres minces avant de happer celles de Lily qui les rejoignait.
