Hello tout le monde!
Oui je sais je n'ai pas posté depuis... depuis Noël? Eh bien c'est le début du mois, le début du printemps, d'une nouvelle saison alors bonne raison pour changer! Je suis désolée de mettre autant de temps à poster... Je ne peux rien promettre pour l'instant, mais j'ai un chapitre déjà écrit (il faut "juste" que j'écrive celui qui va entre les deux, à moins que je trouve le moyen de les raccorder ensemble...). J'essaierai de laisser s'écouler moins de temps d'ici la prochaine publication...
Ce chapitre sinon est assez sombre, c'était assez morose à écrire... Pas que l'histoire en elle-même soit morose mais entrer dans la tête des personnages dans ce cas-ci était vraiment étrange.
Je remarcie sinon les deux Guests qui m'on gentiment laissé un commentaire. :-) Donc voici finalement la suite! Et sur-ce je vous souhaite une bonne lecture!
Ses yeux verts parcoururent rapidement la foule, à la recherche d'un éclair roux. À ses côtés il entendait Scorpius marmonner, pester contre tous les diables, tous les dieux et tous les cieux. Contre tous. Tous ceux qui avaient pu les influencer à un moment ou à un autre.
- Peut-être qu'on était finalement destinés à être aveugles Albus, souffla-t-il alors que son meilleur ami commençait à s'inquiéter. Peut-être qu'il était écrit quelque part qu'on devait perdre Rose.
- Arrête avec tes bêtises ! On l'a perdue dans la foule mais on ne l'a pas perdue !
- On l'a perdue, souffla le jeune Malfoy d'une voix brisée.
- Pose déjà cette bouteille au lieu de délirer. Et si dans dix secondes tu n'as pas dessoûlé je te plante ici.
- Je ne suis pas saoul, grommela Scorpius en sortant malgré tout de sa poche une potion dégrisante. Pas assez pour oublier que j'ai toujours cette potion sur moi quand je sors du moins.
Le jeune Potter le regarda boire la substance, soulagé de voir ses joues reprendre des couleurs et ses yeux de nouveaux animés lorsqu'il le regarda.
Et ils se mêlèrent à la foule, cherchant anxieusement leur amie parmi les danseurs. Il commencèrent par trouver Lorcan qui dansait aux côtés de James. Et à la lumières des lampadaires, il leur semblèrent étonnamment semblables. Ce n'était pas leur façon de bouger, ni leur façon de rire, ni la façon dont Lorcan effleurait parfois l'épaule de la femme qui lui faisait face, ni le sourire de James à sa cavalière. Il y avait autre chose. Une magie qu'eux seuls sans doute pouvaient comprendre. Pouvaient sentir. Pouvaient dégager. Ils se regardaient à peine, ne se touchaient pas. Il y avait juste quelque chose qui ressemblait à de l'émerveillement lorsque leur regard se croisait. De l'émerveillement à se voir. À se voir vivant. Comme si sans l'autre, chacun aurait pu dormir six pieds sous terre.
- Ce serait beau de les voir si seulement Lorcan pouvait sourire, murmura Scorpius, et son ami se raidit.
- Laisse-lui du temps...
- Du temps Albus... du temps nous en avons assez perdu. Il en a assez perdu.
Et l'éclat des yeux du blond était si farouche qu'un instant, le jeune Potter crut qu'il savait. Un instant il l'espéra, rien que pour vider son cœur. Puis Scorpius tendit le bras vers leur droite, suivant son geste il repéra enfin sa cousine. Dans l'ombre d'un coin de la salle. Et elle n'était pas seule. Pourtant aucun des deux n'esquissa le moindre geste pour aller vers elle, car sur le visage de la jeune femme, ils retrouvaient soudain un semblant de vitalité, un semblant de joie peut-être. Ils ignoraient qui étaient l'homme près d'elle, son visage n'était vu que d'elle, comme un énième secret qu'elle pourrait garder sans qu'il ne l'étouffe cette fois, espérait les deux hommes. Elle était belle dans sa robe bleu. Ses cheveux un peu emmêlés d'avoir trop dansé formaient un nuage autour de sa tête. Mais surtout elle souriait de toutes ses dents à cet inconnu dont elle-seule connaissait le nom.
Tous deux étaient adossés au mur, essoufflés, et riant. La main de l'homme était posée sur sa taille sans qu'elle ne semblât s'en formaliser. Pas plus qu'elle ne frémit lorsqu'il approcha son visage du sien. Pas plus qu'elle ne s'écarta lorsqu'il vint poser sa bouche sur la sienne, avec un mélange de douceur et de rudesse. Au contraire elle lui répondit avec la même fougue distante. La fougue des soirs sans lendemain. Il y avait comme un parfum désabusé qui dégageait d'eux, pour qui les voyait. De la délicatesse dans leur étreinte, mais aucune tendresse dans leurs yeux. Tout ce qui retint Albus et Scorpius de s'avancer fut le visage de leur amie qu'il regardèrent une dernière fois avant de détourner pudiquement la tête. Elle n'était pas heureuse, songèrent-ils. Mais elle n'était plus triste. Enfin elle s'était abandonnée à autre chose que son amour pour un disparu. Pourquoi ce soir ? Pourquoi seulement quatre ans après ? Albus sentit ses dents claquer d'y songer. Car il sentait qu'elle avait agit ainsi par désespoir. Sinon elle l'aurait fait avant. Ce soir elle voulait seulement oublier. L'oublier. Et si pour cela elle devait être dans les bras d'un autre, alors elle le ferait.
Les deux amis retournèrent s'asseoir au bar, demandèrent un verre d'eau pour se changer les idées et ils le sirotèrent tout en surveillant Rose du coin de l'œil. Les heures s'écoulèrent ainsi jusqu'à ce que Lorcan les rejoigne, suivi de Lily et James. Et lorsque ceux-ci cherchèrent la jeune femme des yeux pour rentrer, lorsque James fit un geste pour aller vers elle, Albus le retint sans un mot, l'invitant simplement à s'asseoir à côté de lui.
- Je peux savoir pourquoi vous tirez ces têtes d'enterrement tous les deux ? Et pourquoi vous laissez Rose faire quelque chose qu'elle regrettera demain ? siffla Lily.
- Elle ne le regrettera pas Lilou. Et quant à pourquoi on fait ces têtes... c'est juste que c'est triste de penser que demain elle sera aussi éteinte qu'avant. Tout ça parce que ce gars n'est personne pour elle. Parce qu'il n'est pas Lysander, répondit simplement Scorpius.
- Et vous êtes-vous simplement demander si elle obéissait à son bon sens ou si elle était droguée...
- Elle n'a rien bu Lily, trancha Albus. Arrête de chercher des explications qui la déresponsabilise de son comportement. Rose a 21 ans. Elle est majeure et vaccinée. Tant qu'il ne l'entraîne pas à l'extérieur pour l'emmener on ne sait où, nous n'interviendrons pas.
La jeune fille soupira et s'assit elle aussi au comptoir, toute envie de danser l'ayant quitter. Et du coin de l'œil, elle aperçut elle aussi le sourire de Rose sur ses lèvres peintes, juste avant que celle-ci ne s'arrache à son amant, sans se retourner, et sans qu'il cherchât à la retenir. Elle la vit rajuster sa robe tout en venant vers eux et s'asseoir à côté de James en feignant de ne pas remarquer leur gêne à tous. Mais elle ne dit rien. Sa voix se serait brisée, songea-t-elle. Et elle n'aurait pas été capable de la faire sonner faux. Malgré l'angoisse que cela lui procurait, elle attendit que quelqu'un brise le silence. Personne ne s'en sentait la force. Personne ne savait comment déchirer quatre ans de silence. De mensonge aussi. Tous, même ceux à qui elle n'avait rien dit sentait quelque chose. Quoi ? Rose priait pour qu'ils ne le découvrent pas avant longtemps.
Leurs yeux se croisèrent, leur regards s'entre-choquèrent. Mais personne n'osa engager la bataille. Et deux heures plus tard, lorsque le patron du bar leur lança qu'il allait fermer, personne n'avait encore pris le risque de parler. Parler c'était mentir. Ou blesser. En chien de faïence ils se regardaient. Prêts à l'assaut. Un assaut que personne ne lança.
Le lendemain, émergeant de son étrange soirée, Rose retourna à Sainte Mangouste, comme chaque matin. Le silence que tous lui avaient opposé en réponse au sien résonnait encore dans ses oreilles, comme le vide dans son cœur. Un vide qui s'affola lorsqu'elle croisa à nouveau le regard de sa patiente Katleen. Les semaines avaient beau s'écouler, la jeune femme continuait de réveiller en elle ce trouble. L'impression que la résignée n'était pas celle qui aurait dû être. Du moins que la résignée n'aurait pas dû l'être. Rose aurait voulu lui demander où elle trouvait toute cette joie, cette rage de vivre. Mais une voix lui répétait sans cesse qu'elle n'était que sa patiente, en rien son amie.
Parfois elle avait envie de fuir un instant son travail et de courir à l'aile de psychiatrie, dans la chambre de Lysander et de n'en plus bouger, n'en plus partir. Juste demeurer à ses côtés, à attendre qu'un jour il se réveille. À attendre les réponses qu'il ne lui avait jamais données. À attendre de pouvoir lui présenter les excuses qu'elle n'avait pas eu le temps de lui présenter. Sans cesse dans le silence lui revenaient les mots qu'elle lui avait crachés dans les cachots.
- Parfois je me demande ce qu'aurait dit Morgan s'il avait pu voir son fils, rien que pour une fois..., murmura Katleen en la regardant. Et je crois... je crois que je ne sens pas pour l'instant sa réelle absence parce que je ne le retrouve pas dans les yeux de mon fils. Je ne me retrouve pas encore non plus. Je ne regrette pas encore qu'il ne le voit pas...
- Mais vous Katleen ? Ne regrettez-vous pas qu'il ne vous voit pas ? s'enquit Rose, franchissant pour une fois la barrière qu'elle s'imposait.
- Moi il m'a bien assez vue. En quelques mois, je n'aurais pas beaucoup changé. Alors... alors lorsqu'il me manque je songe à la dernière fois qu'il m'a vue, au dernier sourire qu'il m'a lancé. Et... et un instant je m'imagine que cela vient d'arriver. Tout de suite. Juste un instant, pour me souvenir avant de continuer à avancer comme il l'aurait voulu.
Rose sourit tendrement à la jeune femme. Ses grands yeux semblaient chercher un appui dans les yeux de la jeune femme, comme si elle avait elle-aussi senti un reflet d'elle-même dans les yeux de la jeune Weasley.
- Mes mots vous sembleront vains, mais vous êtes forte Katleen.
- Pas tant que j'en ai l'air, souffla-t-elle. J'essaye de l'être mais... pas exactement.
- Vous êtes quand même forte. Car peut-être avez-vous du mal mais vous avez la volonté d'avancer.
La patiente ne répondit pas, se retrancha derrière la barrière qu'elles s'étaient tacitement imposées. Au fond de ses yeux pourtant, de leurs yeux, chacune pu lire un murmure. Pas une promesse car il semblait que toutes deux avaient oublié ce qu'une promesse voulaient dire, qu'elles avaient cessé de croire aux promesses. Mais ce murmure, ce mot qu'aucun ne disait, qu'aucune ne trouvait miroitait, scintillait dans leurs prunelles. Sans doute ne sauraient-elles jamais ce qu'il signifiait, sans doute ne saurait-elles jamais de quel mot il s'agissait. Peut-être un serment, un serment sans mots, un serment fantôme donc pas un vrai serment, un serment que l'on pouvait briser et qui pourtant était mille fois plus fort que tous les Serments Inviolables qui avaient pu être proférés.
Rose eut envie de lui dire « Je vous comprends ».
Et Katleen eut envie de lui répondre « Je sens ce que vous vivez ».
Pourtant, tacitement encore, sans un mot, en même temps elles se détournèrent l'une de l'autre, un petit soleil miroitant encore un peu dans leur cœur. Et en quittant la chambre pour retourner dans l'antre d'Endémyon, Rose songea que le départ de cette patiente serait peut-être la seconde chose qu'elle regretterait dans sa vie, après le départ de Lys'.
Et pour la première fois, une sorte de rage lui brûla le ventre, lui coupant le souffle. Elle dut s'appuyer contre un mur du couloir désert, comme si la colère qui la consumait était un enfant dont la venue au monde serait mille fois plus douloureuse que celles qu'elle assistait. Elle voulut hurler. Pour se libérer, pour libérer ses membres devenus lourds, pour briser la glace qui peu à peu se posait sur son sourire, pour assécher les larmes qui coulaient dans son cœur. Tremblante, elle réalisa que s'il le fallait elle s'arracherait la peau afin qu'une autre neuve et vivante la remplace, la délivrant de ces années de solitude et de silence. Elle voulait sentir quelque chose en elle renaître et la remettre debout, et lui permettre d'avancer, comme l'espoir relevait Katleen.
Elle voulut hurler.
Contre le monde entier.
Contre sa famille qui l'avait trop respectée et l'avait laissée s'enfoncer.
Contre Lysander qui l'avait abandonnée.
Il lui manqua pourtant quelque chose face au jeune homme endormi. Il lui manqua un instant l'oubli. L'oubli de son amour pour lui. Un instant elle crut qu'à nouveau elle allait s'effondrer. Pour la première fois cela ne se produisit pas. Pourtant lorsque les mots franchirent ses lèvres, elle ne hurla pas.
- Tu es un lâche, souffla-t-elle d'une voix douce. Ou alors tu dors si profondément que tu es désormais trop loin pour te rappeler de moi. Te souviens-tu juste de moi ? Te souviens-tu combien je t'aimais. Réalises-tu que ce que tu m'as laissé est la pire des Malédictions ? Pire que celle du Loup-Garou, pire que celle du Sinistros. Tu m'as emprisonnée.
Elle se laissa tomber sur le bord du lit et regarda à la dérobée ses paupières désespérément closes.
- Dans ta lettre tu me disais de ne pas t'attendre si je ne m'en sentais pas capable. Mais tu n'as pas réalisé que le fait que j'en sois ou non capable importe peu. Je t'attends encore alors que je veux juste vivre. Je t'attends parce que j'ai besoin de savoir. J'ai besoin d'une suite ou d'une fin. Mais je ne peux supporter cet affreux blanc que tu continues de m'imposer. Et le pire est que je sens qu'il est trop tard. Que quelque chose est brisé, et je ne sais même pas si nous pourrons ni même voudrons le reconstruire.
Doucement, comme si c'était la dernière fois, elle caressa sa joue. Avec tendresse. Mais elle ne scella pas leur entrevue d'un baiser. Quittant la chambre, quittant l'aile, elle retourna là d'où elle était venue. Sans jeter un regard en arrière. Elle ne vit pas les deux silhouettes qui était déjà présente dans l'ombre, qui l'avait observée, médusée.
- Tu vas la perdre Lys', murmura une voix.
- Il l'a déjà perdue. À partir du moment où tu as su il l'a perdue.
Albus ne répondit pas, une boule se formant dans son ventre. Il en avait voulu à Lys', mais jamais il n'avait voulu que sa cousine souffre autant. Pourtant il savait que Lorcan avait raison. Lorcan dont les yeux semblaient enfin reprendre vie. L'éclat s'était vite ranimait, comme s'il n'attendait qu'un souffle, qu'une voix pour revivre. Comme si depuis tout ce temps la seule chose qui aurait pu le sauvé avait été une main tendue. C'était lui qui avait choisi de la tendre mais il sentait que n'importe qui depuis tout ce temps aurait pu le ramener.
Et d'une autre façon mais selon la même ligne Rose avait ouvert les yeux. L'explosion à laquelle ils avaient assisté semblait programmée d'avance à présent qu'il y songeait. Doucement il prit la main de Lysander, et cette fois-ci, ce ne fut pas une rage pure qui l'envahi. Une rage impuissante. La rage de perdre ceux qu'il aimait. Un ami réfugiait dans un coin de son esprit. Une autre errante, sans but, sans même vouloir de but. Cherchant une fin à une histoire qui n'en aurait pas. Une larme roula sur sa joue, une main fine l'essuya. Et lorsqu'il croisa le regard de Lorcan, tous deux lurent la même chose dans le regard de l'autre. L'espoir que cette perle de sel serait la dernière.
Laissez un p'tit com' à l'occasion! En bon ou en mal, ça prend 30 secondes chrono en main et ça me permettrait d'améliorer cette histoire! ;)
