Bonjour à tou(te)s !
J'espère que vous allez toutes et tous trèèèèès bien en ce (pas très - chez moi) beau mercredi de mars deux-mille dix-huit.
A l'instar de chaque autre semaine, je poursuis cette note en remerciant avec beaucoup de chaleur et de gratitude mes merveilleux/euses revieweurs/euses pour les commentaires qu'ils m'ont laissés. Je remercie également les lecteurs ayant fait des ajouts en fav'/alerts ainsi que tous ceux qui me suivent « anonymement » ! Merci, merci, merci ! Vous êtes tous au TOP DE LA TOPITUDE DU TOPISSIME ! *-*
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RàR Anonyme :
Guest : Tu as adoré lorsque la jalousie d'Hermione s'est manifestée ? Hum… moi aussi. ;) En dépit de tous ses doutes, Hermione tient énoooormément à SON Drago et elle nous l'a bien prouvé ici. Notamment en mentant effrontément - et de façon spontanée - au sujet de leur situation. Enfin bref, je suis ravie que tu aies apprécié et j'espère qu'il en sera de même avec le prochain chapitre ! Des millions de mercis pour ta nouvelle review ! Je te souhaite une excellente semaine également et je te dis à très vite ! Bisous. :)
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Bon eh bien voilà… Nous avions laissé nos Dramione-chéris endormis l'un contre l'autre après le réveillon de Noël, une jolie bague glissée au doigt d'Hermione… Comment les retrouverons-nous le lendemain ? C'est ce que je vous propose de découvrir sans plus attendre. :)
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. Je vous souhaite une excellente lecture et je vous dis, comme toujours, à tout à l'heure avec la note de fin. :)
Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 56 : Joyeux Noël
Drago se réveilla seul dans son lit en ce vingt-cinq décembre. En sentant que la place qu'aurait normalement dû occuper Hermione était vide et froide, le Serpentard se redressa rapidement dans son lit. Il réprima un bâillement et jeta un coup d'œil circulaire à la chambre. Ses yeux furent automatiquement attirés par le sac à main de la jeune femme, posé sur la coiffeuse, ainsi que par son sac de voyage, qu'elle avait apporté de chez elle la veille au soir. Drago poussa un soupir presque imperceptible avant de se laisser retomber sur les oreillers et de se passer une main sur les yeux. Il resta ainsi quelques minutes supplémentaires puis décida de se lever. Il s'approcha de la salle de bain attenante à leur chambre et fut très surpris de ne pas y trouver la Gryffondor.
Cela ne l'empêcha toutefois pas de prendre une douche. Il demeura sous le jet d'eau tiède pendant de longues minutes avant de se savonner et puis de fermer les robinets. Il en sortit, se sécha et regagna sa chambre pour revêtir ses vêtements : une chemise noire et un pantalon de flanelle dans les mêmes tons. Il remonta ses manches sur ses avant-bras, enfila ses chaussures puis se rendit une seconde fois dans la salle de bain pour se brosser les dents et mettre de l'ordre dans ses mèches blondes afin de se donner un air « coiffé-décoiffé » qui pouvait sembler ne pas être travaillé mais qui, au contraire, avait été très savamment étudié.
Satisfait de son apparence, Drago attrapa sa baguette, jeta un sortilège sur le lit pour qu'il se fasse tout seul et quitta la pièce. Il avança dans le couloir puis descendit les marches de l'imposant escalier.
Le Serpentard jeta un rapide coup d'œil dans la salle à manger mais ne trouva personne. Il poursuivit donc sa route, espérant trouver quelqu'un dans la cuisine. Et c'est effectivement là qu'il la vit.
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Narcissa, Scorpius et Hermione étaient tous les trois rassemblés devant l'îlot central de la cuisine. Un livre flottait devant leur visage tandis que, sur le plan de travail, reposait un grand saladier ainsi que plusieurs ingrédients. Leurs traits étaient tendus à l'extrême, comme si leur lecture requérait une attention et une énergie toute particulière. Drago, qui se trouvait sur leur droite, toujours à l'entrée de la pièce, décida de ne pas se manifester et d'observer la scène qui se jouait sous ses yeux, tel le spectateur d'une pièce de théâtre qui était pourtant bien réelle.
- Je ne comprends pas, se plaignit alors Hermione. On a tout fait comme il le fallait. Pourquoi ça a tourné ?!
- Je ne sais pas…, répondit Narcissa en fronçant les sourcils avant de jeter un rapide coup d'œil au contenu du saladier.
- On va recommencer, on a forcément fait quelque chose de travers, dit Scorpius.
- Mais c'est la troisième fois ! Ce n'est pourtant pas sorcier, par Merlin !
Sa mère et son fils dévisagèrent son amante.
- Expression Moldue, expliqua-t-elle sans détacher ses yeux de l'ouvrage qui devait être un livre de cuisine.
Les deux autres opinèrent.
- Si Drago n'a pas sa sauce aux airelles pour Noël, il va piquer une crise, commenta Narcissa en jetant un sortilège sur le saladier qui redevint immaculé.
- On va y arriver, assura Hermione. Narcissa, vous allez recommencer à hacher les échalotes pendant que je mets une casserole sur le feu.
La blonde acquiesça avant d'attraper sa baguette et de faire ce qui était demandé d'elle.
- Scorp', tu peux me donner l'huile s'il-te-plait ?
- Tout de suite.
Il s'exécuta et Hermione le remercia. Ils œuvrèrent pendant quelques minutes.
- Cette fois-ci, je vais essayer à la manière Moldue. Narcissa, auriez-vous un fouet, s'il-vous-plaît ?
Sa mère donna un petit coup de baguette derrière elle et l'ustensile vint flotter jusqu'à Hermione. Cette dernière s'en empara avant de se mettre à fouetter vivement le mélange.
- Non mais c'est une blague ?!
- Ça a encore tourné ?
- Oui !
Narcissa et Scorpius poussèrent un long soupir de découragement.
- Merlin que j'aimerais avoir les talents de Molly Weasley en cuisine, se lamenta Hermione en jetant un regard noir à sa préparation.
- Et si on demandait de l'aide aux elfes ? Je sais que tu voulais tout faire toute seule, Grand-mère, mais bon…
- Tu as s'en doute raison, Scorp'…
Drago vit le regard déçu de sa mère tandis qu'Hermione reprenait la parole.
- Je suis vraiment désolée, Narcissa…
- Ce n'est rien Hermione.
- On n'est vraiment pas des cordons-bleus, commenta Scorpius.
Drago ne savait pas ce qu'était un « cordon-bleu » mais le regard complice que son fils échangea avec son amante lui fit comprendre qu'il devait très certainement s'agir d'une autre expression Moldue.
- Ça, c'est sûr !
- Bon, je pense que je vais devoir faire appel à Gilly…
Sa mère s'apprêtait à appeler l'elfe mais Drago décida de se montrer à elle avant que Narcissa n'ouvre de nouveau la bouche.
- Papa ! s'exclama Scorpius en s'approchant rapidement de lui. Joyeux Noël !
Il avait un grand sourire aux lèvres qui fut contagieux.
- Joyeux Noël Scorpius.
Le blond marcha ensuite en direction des deux femmes. Il embrassa sa mère sur la joue.
- Joyeux Noël mon fils.
- Joyeux Noël Mère, répondit-il sans se départir de son mince sourire.
Il s'approcha ensuite d'Hermione et remarqua immédiatement qu'elle ne portait plus la bague des Black. Drago glissa une main autour de la taille de son amante avant de lui donner un tendre baiser.
- Joyeux Noël Granger.
- Joyeux Noël Malefoy, souffla-t-elle en retour.
Le Serpentard se retourna ensuite et jeta un coup d'œil à la « sauce » aux airelles qui avait, une nouvelle fois, tranché.
- C'est quoi ça ? critiqua-t-il, une expression presque dégoûtée sur le visage et en pointant le saladier du doigt, leur faisant croire qu'il venait tout juste d'arriver.
- Euh… un carnage, répondit Hermione en lui adressant un sourire amusé.
- Ça, je veux bien te croire. Quelqu'un aurait-il besoin de mes talents de cordon-bleu ? demanda-t-il en faisant un clin d'œil à son fils.
- Tu connais cette expression ? s'étonna Hermione.
- Eh bien oui Granger, répondit le Serpentard en attrapant sa baguette.
- Mais… c'est une expression Moldue.
- Et alors ? dit-il distraitement en remettant une casserole sur le feu tandis que des échalotes s'épluchaient et commençaient à se hacher toutes seules.
- Attends… tu n'étais pas en train de nous écouter par hasard ? l'interrogea la Gryffondor en lui lançant un regard suspicieux.
Drago haussa les épaules, un petit sourire en coin collé sur les lèvres. Aucun des trois ne commenta et ils le regardèrent œuvrer. Quinze minutes plus tard, il leur présentait une sauce aux airelles onctueuse à souhait. Hermione fut vexée tandis que Scorpius arquait un sourcil et que Narcissa paraissait amusée.
- Autre chose ? demanda le blond sur un ton suffisant.
Sa mère échangea un regard avec les deux autres.
- Eh bien, puisque tu le proposes… Tu pourrais certainement mettre la table pour le déjeuner.
- Ça, c'est le travail des elfes, Mère.
- Les elfes sont occupés, Drago.
- Et on pourrait savoir à quoi ils sont occupés, Mère ?
- Ils sont occupés à déballer leur cadeau, Drago.
- Leur… cadeau ? répéta le Serpentard, espérant qu'il avait mal entendu.
- Oui, Drago, leur cadeau, assura Narcissa qui s'amusait de toute évidence beaucoup du petit effet qu'elle avait provoqué chez son fils.
- Laisse-moi deviner, Miss-la-protectrice-des-créatures-magiques à quelque chose à voir là-dedans, marmonna le blond en posant les yeux sur son amante.
- En fait, Papa, intervint Scorpius. C'est plutôt Mr-qui-a-toujours-la-réponse qui a demandé de l'aide à Miss-la-protectrice-des-créatures-magiques pour faire des cadeaux de Noël aux elfes.
Pourquoi ce genre de chose ne l'étonnait-il même pas ? Drago se passa une main sur le visage avant d'afficher un air blasé.
- Parfait ! s'exclama-t-il d'une voix morne. Alors puisque vous semblez, une nouvelle fois, vous être tous ligués contre moi, il me semble évident que je n'aie pas le choix.
- En effet, confirma Narcissa.
- Parfait ! répéta-t-il, faussement agacé.
Il se dirigea vers la sortie mais fut interrompu par sa mère.
- Drago ?
- Quoi ?!
- Tu comptes dresser le couvert à la manière des Moldus ?
- Qu'est-ce que… ?
Il avisa sa baguette, toujours sur le plan de travail et pesta avant de faire demi-tour sous les œillades narquoises des trois autres. Le Serpentard leur lança à tous un regard noir puis leur tourna le dos une nouvelle fois. Mais il s'arrêta quelques mètres seulement après être sorti de la cuisine et se retourna pour jeter un dernier coup d'œil. Scorpius, Hermione et Narcissa s'étaient de nouveau regroupés, comme s'ils étaient en plein conciliabule, tandis que sa mère arrosait la dinde qui cuisait dans le four. Le blond eut un sourire. Il les observa encore quelques instants. Narcissa, sa mère. Scorpius, son fils. Hermione, … son amante.
Puis il se détourna, la laissant là. La seule pour laquelle il se damnerait plus qu'il ne l'était déjà. La seule pour laquelle il ferait absolument tout. Sa famille.
OoOoOoO
- On peut ouvrir les cadeaux maintenant ? s'impatienta Scorpius qui trépignait littéralement devant l'imposant sapin de Noël.
Sept paquets étaient rassemblés et faisaient de l'œil aux trois Malefoy ainsi qu'à Hermione qui devait avouer avoir hâte de découvrir le cadeau qu'allait lui offrir Drago.
- Ok, consentit son père.
Ni une ni deux, le jeune blond bondit en avant et se mit à fouiner dans les cadeaux. Il fit la distribution, s'exclamant à chaque fois qu'il voyait son nom sur l'un d'eux. Hermione se retrouva avec deux paquets. Un petit qui avait la taille d'une feuille de papier et qui n'était pas beaucoup plus épais et un énorme qui, en revanche, pesait très, très lourd et que Scorpius avait tout bonnement été incapable de déplacer. La Gryffondor fut très surprise. Au vu de la taille du présent, elle s'était plutôt figuré qu'il appartenait à Scorpius… ou bien à Drago. Mais non, il s'agissait bien de son prénom qui y était inscrit en une écriture parfaitement calligraphiée. En fait, chacun se retrouva avec deux cadeaux, exceptée Narcissa qui n'en avait qu'un en main.
- Ok, tout le monde, stop ! Personne ne commence à ouvrir ses présents, intervint Drago alors que Scorpius, Narcissa et elle s'apprêtaient à arracher les papiers.
- Pourquoi ?! s'écria vivement Scorpius.
- Parce que, répondit son père en lui lançant un regard menaçant et dissuasif.
L'enfant ne répondit rien mais leva tout de même les yeux au ciel.
- Mère, tu commences, dit alors Drago.
- Oh non, tu ne vas pas nous faire passer les uns après les autres…
- Granger ?
- Quoi ?
- Chut. Mère, vas-y.
Hermione fronça les sourcils mais préféra reporter son attention sur Narcissa. Elle défit le papier cadeau et observa le billet qu'elle tenait entre les mains.
- C'est de notre part à tous les trois, expliqua Drago. Une croisière magique dans les îles grecques. Nous espérons que ça te plait.
La blonde releva les yeux vers son fils, puis regarda Scorpius et enfin Hermione. Elle semblait émue.
- Il ne fallait pas les enfants…
Hermione vit Drago rouler des yeux.
- Ne commence pas à dire n'importe quoi, Mère ! Ça te plait ?
- Bien sûr Drago. Mais...
- Pas de « mais ». Si ça te plait, c'est le principal, le coupa son fils. Scorpius à toi.
- Ouvre le plus gros, intervint Hermione.
Son amant lui jeta un regard quelque peu interloqué mais ne commenta pas. Scorpius détacha le papier et se statufia sur place. Hermione put voir ses yeux s'écarquiller d'eux-mêmes alors que sa bouche s'ouvrait en grand. Pourtant, aucun son n'en sortit.
- C'est de notre part à tous les deux, Hermione et moi, dit son père.
- Oui enfin… je n'ai qu'une maigre participation…
Le blond la fusilla immédiatement du regard puis ils reportèrent tous leur attention sur Scorpius qui n'avait toujours pas bougé ou dit le moindre mot. Il restait figé dans une expression d'hébètement extrême. Puis, lentement, il approcha la main du livre et commença à le caresser du bout des doigts, comme s'il avait peur qu'il s'effrite et finisse par disparaître.
- C'est pas possible…, souffla-t-il finalement. Ce n'est pas possible…
- Qu'est-ce qui n'est pas possible ? demanda Drago, qui avait un mince sourire aux lèvres.
- Ce n'est pas possible, répéta l'enfant. Ça ne peut pas… Ça ne peut pas être L'édition originale, celle écrite par Garius Tomkink…
- Si, confirma Hermione, un peu surprise qu'il le reconnaisse au premier coup d'œil.
En voyant les yeux de l'enfant se mettre à briller, elle sut que la relique serait entre de bonnes mains. Personne sur cette Terre, elle-même incluse, n'en prendrait plus soin que Scorpius Malefoy.
- Merlin… je n'y crois pas…, murmura l'enfant en caressant la reliure du livre une nouvelle fois.
Il détacha finalement ses yeux de l'ouvrage avant de le déposer sur un petit pouf en prenant mille précautions. Ceci fait, il bondit littéralement sur son père et Hermione et les serra contre lui à les en étouffer.
- Merci ! C'est le plus beau cadeau de la planète et le meilleur Noël de la galaxie ! Vous êtes trop méga géniaux !
Drago eut un petit rire.
- Joyeux Noël mon fils, souffla-t-il en lui rendant son étreinte.
- Joyeux Noël Papa. Je t'aime.
- Moi aussi Scorp'.
Puis l'enfant reporta son attention sur la Gryffondor.
- Je t'aime Hermione.
La jeune femme eut momentanément le souffle coupé alors que Scorpius relâchait totalement son père pour se jeter dans ses bras. Devant tant d'effusions et surtout les mots qu'il avait prononcés, Hermione resta interdite puis finit par refermer les bras autour de lui.
- Moi aussi, souffla-t-elle.
- Tu sais, en fait, ce n'est pas le livre le plus beau cadeau de Noël de la planète. C'est toi.
Il avait murmuré ça pour qu'elle seule l'entende et sa déclaration plongea la Gryffondor dans le plus profond des troubles. Elle ne réagit même pas lorsque le blond déposa un baiser sur sa joue avant de se détacher d'elle et de lui proposer d'ouvrir, à son tour, son imposant cadeau de Noël.
- Hermione ? Eh oh… Granger ?!
Elle battit des paupières pour revenir à l'instant présent. Elle posa un regard totalement perdu sur Drago qui fronça instantanément les sourcils.
- Ça va ?
Devait-elle répondre sincèrement ? Ou mentir ? Est-ce que la réponse sincère avait besoin d'être enjolivée par un mensonge pour correspondre à celle que Drago semblait attendre ?
- Oui… oui, ça va. Excusez-moi, j'étais… perdue dans mes pensées, bredouilla-t-elle en lui adressant un léger rictus.
Le Serpentard et sa mère lui adressèrent un regard suspicieux tandis que Scorpius se mordillait la lèvre. La Gryffondor profita du silence pour s'approcher de son cadeau de Noël qui pesait une tonne et commença à en arracher le papier brillant.
Elle eut plus ou moins la même réaction que Scorpius lorsqu'elle découvrit ce qui se cachait au-dessous, à la différence qu'elle reproduisit ses gestes quinze fois de suites pour les quinze ouvrages qu'elle avait sous les yeux. La voix de Drago s'éleva dans son dos.
- C'est de la part de Scorpius et de Narcissa. Une sélection des ouvrages les plus rares que contiennent les bibliothèques Malefoy et Black.
Hermione se retourna lentement vers lui, un air choqué plaqué sur le visage. Les mots lui manquaient. Elle se retrouva donc totalement muette devant les trois Malefoy qui l'observèrent.
- Ça ne te plait pas, Hermione ? demanda Scorpius d'une voix anxieuse.
Hermione reporta son attention sur lui mais fut tout aussi incapable de répondre. C'était trop d'émotions en un si court laps de temps.
- Je pense, intervint Narcissa d'une voix douce, que son présent lui plait mais qu'elle ne sait pas comment exprimer sa gratitude.
- Je te préviens tout de suite, Granger. Ne t'avise surtout pas de dire que c'est « beaucoup trop », ou une autre connerie de ce genre, la menaça alors Drago en fronçant les sourcils. Car, quoi que tu dises, ces bouquins finiront chez toi de toute manière.
Il commençait définitivement à bien la connaître. La jeune femme pensa à l'assassiner du regard mais changea finalement son fusil d'épaule et dit simplement :
- Merci.
Le visage de Scorpius perdit son inquiétude et Narcissa lui adressa un grand sourire.
- Mais…
- « Mais » rien du tout, Miss Granger. Joyeux Noël !
- C'est… Merci ! Vous êtes fous ! Ces ouvrages valent certainement une petite fortune…
- Fortune que nous avons déjà, intervint Drago.
Les deux autres acquiescèrent.
- Alors ça te plait vraiment, Hermione ?
Elle posa les yeux sur Scorpius qui s'était approché d'elle.
- Bien évidemment ! Merci, merci beaucoup ! Mais ils ne vont pas te manquer ? demanda-t-elle en le serrant dans ses bras.
- Oh non ! Je les ai déjà lus et puis je suis sûr que, si je te le demande, tu me les prêteras. D'ailleurs, tu peux me demander « L'Histoire de Poudlard » quand tu veux aussi !
La jeune femme lui sourit avant d'acquiescer. Elle se détacha du jeune Malefoy et s'approcha de Narcissa mais Drago s'interposa.
- Les embrassades : plus tard. On continue l'ouverture des cadeaux !
Les trois autres levèrent les yeux au ciel.
- Ok. Drago, c'est à toi. Ouvre celui-ci d'abord, dit Hermione en lui pointant le plus grand paquet qu'il tenait entre les mains.
Il acquiesça et entreprit d'ouvrir à son tour son cadeau de Noël. Il y trouva un maillot de Quidditch de l'équipe d'Angleterre. Il sembla surpris ce qui fit naitre un sourire sur les lèvres d'Hermione.
- C'est de ma part. Il va avec le second, de la part de ta mère et de ton fils, expliqua-t-elle.
Il leva un regard surpris vers elle puis entreprit de déballer son second cadeau. Hermione vit son visage se contracter légèrement alors qu'il fronçait les sourcils, de toute évidence perturbé.
- Pourquoi tu fais cette tête, Papa ? l'interrogea Scorpius qui ne s'attendait de toute évidence pas à ce genre de réaction.
- Euh…
- Fais voir !
Le blond prit son cadeau entre ses mains et le leva pour que son fils puisse voir de quoi il s'agissait.
- C'est un porte-clef mais… Pourquoi ? demanda l'enfant en se tournant vers Hermione, décontenancé.
- Ce n'est pas le porte-clef qu'il faut regarder Scorp', c'est l'animal qui y est accroché.
- C'est quoi ?
- Une fouine, répondit son père d'une voix morne.
- Une fouine ?
Une seconde passa puis Scorpius explosa de rire.
- Ah oui c'est vrai ! Très drôle, Hermione ! s'exclama-t-il en se remettant à rigoler devant la tête que faisait son père.
- Mais c'est supposé être ton cadeau ainsi que celui de Narcissa…, dit son père en se tournant vers sa mère, visiblement perturbé.
Cette dernière eut un petit sourire amusé tandis qu'Hermione sortait sa baguette. Elle la pointa sur le porte-clef puis dévoila un ticket qui y était accroché. Le Serpentard fronça les sourcils avant de s'en emparer et de lire ce qui y avait écrit.
- Un billet pour la finale de la coupe du Monde aux Etats-Unis ? Et dans la tribune présidentielle en plus ?! Comment tu as fait, les places ont toutes été vendues avant même que j'ai pu sortir mes Gallions de ma poche ? demanda-t-il en se retournant brusquement vers sa mère.
- Eh bien… disons que tu n'es pas le seul à avoir des relations, mon fils, répondit-elle mystérieusement.
Le blond ne répondit pas et se leva du canapé sur lequel il était assis.
- Plus tard les embrassades, Malefoy, sourit Hermione. Oh et, tu es obligé de te servir du porte-clef. Il est d'ailleurs enchanté pour qu'après cette journée, tes clefs s'y greffent directement et, non, tu ne pourras pas modifier le sortilège, ajouta-t-elle en le voyant ouvrir la bouche.
Il plissa les yeux.
- C'est ce qu'on verra.
- C'est ça, rigola Hermione alors que le Serpentard jetait un regard peu amène à sa « fouine ». Scorpius, à toi, reprit-elle. C'est de la part de ta grand-mère avec une nouvelle maigre participation de ma part.
L'enfant ne se fit pas prier et ouvrit rapidement son cadeau. Il se vit offrir le même maillot que son père, en plus petit, ainsi que…
- Regarde, Papa ! C'est le même billet ! On va y aller ensemble ! Oh c'est trop, trop, trop, TROP, T.R.O.P. génial ! Merci Grand-mère ! Merci Hermione !
Il leur sauta successivement au cou sans que son père n'ait pu intervenir pour lui faire son laïus sur les « embrassades après les cadeaux ». Mais la jeune femme vit que Drago était heureux de constater qu'il partagerait ce moment avec son fils. Une fois que le Serdaigle se fut rassit, les trois Malefoy portèrent leur regard sur Hermione qui avait toujours un présent non ouvert. Celui de Drago.
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La Gryffondor prit le paquet entre ses doigts et l'observa sous toutes ses coutures. Il était étonnement lourd pour son gabarit. Hermione ne tergiversa pas plus longtemps et commença à défaire le papier. Elle le retira entièrement puis retourna son cadeau pour qu'il soit dans le bon sens. Il s'agissait d'une plaque de couleur bronze sur laquelle son prénom et son nom avaient été gravés. La jeune femme fronça les sourcils en se faisant la réflexion que cela ressemblait étonnement aux plaques apposées contre les bureaux de certains employés du…
- Tu n'as pas fait ça ?! souffla-t-elle en relevant un regard où se mêlaient la colère, l'angoisse et une certaine forme de peur, sur son amant.
Celui-ci afficha un sourire en coin et resta parfaitement calme.
- Ça dépend. Que penses-tu que j'ai fait ?
Hermione ne répondit pas et reporta plutôt son regard sur la plaque où son nom était gravé. Elle releva les yeux vers Drago, ouvrit la bouche, mais ce dernier pointa sa baguette sur la plaque et jeta un sortilège informulé avant de lui faire signe de regarder une nouvelle fois.
« Hermione GRANGER,
membre du Magenmagot »
Et si… il l'avait fait.
- Drago…, souffla la jeune femme, peinée, en relevant les yeux vers lui. Pourquoi tu as fait ça ?
- Parce que c'est là qu'est ta place, répondit-il simplement.
- Mais… Comment veux-tu que j'accepte ça ?! D'abord tu me donnes ton appartement et maintenant tu me donnes ton travail… C'est…
- C'était le tien bien avant d'être le mien.
- Et alors ?! Et puis tu m'as dit apprécier cet emploi ! s'exclama-t-elle.
- Non. Je t'ai dit aimé travailler, pas que j'appréciais mon emploi, nuança-t-il sans se départir de son mince sourire.
- Mais ça ne te donnait pas le droit de faire ça ! s'époumona-t-elle. Enfin… comment veux-tu que j'accepte ça ?! Tu as démissionné pour me donner ta place ! Et puis d'ailleurs, comment as-tu fais pour me faire réintégrer ?
- Ça, ce ne sont pas tes affaires.
- J'espère que tu te moques de moi !
- Pas du tout.
Elle ouvrit la bouche afin de lui répondre mais il leva une main dans sa direction pour la faire taire. Furieuse, la Gryffondor déposa la plaque sur le sol devant elle avant de croiser les bras sur sa poitrine.
- J'ai effectivement démissionné… Mais, pas uniquement pour te rendre ton travail, expliqua-t-il.
- Alors pourquoi ? demanda-t-elle, acerbe.
- On m'a proposé un autre poste.
- Pardon ?!
Un coup d'œil à Narcissa et Scorpius fit comprendre à Hermione qu'ils n'étaient pas plus au courant qu'elle de la situation.
- Zabini m'a offert de prendre en charge la partie commerciale de son entreprise de potions. Il pense que mes relations et mon sens du business seront un atout pour lui. Sans oublier que nous avons pour projet de recréer et développer ensemble la potion qui a sauvé ma mère mais d'une façon plus… conventionnelle et qui pourrait être commercialisée à grande échelle pour soigner les autres cas comme le sien, expliqua-t-il.
Hermione en resta sans voix. Le Serpentard ne lui laissa même pas la chance d'en placer une et reprit lui-même la parole.
- À vrai dire, la raison pour laquelle nous allons en Islande est parce que j'y ait deux rendez-vous d'affaires espacés de plusieurs jours et que j'ai pensé qu'au lieu de m'y rendre seul et uniquement pour quelques heures, nous aurions pu y aller ensemble pour passer une semaine loin de l'Angleterre, avoua-t-il.
- Alors tu… tu… je…, bredouilla Hermione, incapable de rassembler ses pensées pour former une phrase cohérente.
- Je vais devenir l'associé de Zabini et toi, tu vas reprendre ta place et pouvoir mener tes projets à bien, dit-il en lui adressant un sourire. En fait, poursuivit-il en pointant une seconde fois sa baguette sur la plaque. J'ai également fait ajouter ceci, mais cela restera invisible jusqu'à… eh bien jusqu'à ce que tu sois parvenues à révolutionner le droit magique.
Il lui fit un clin d'œil et Hermione baissa de nouveau le regard sur sa plaque professionnelle. Ses yeux s'embuèrent instantanément et elle ne put se retenir de sauter dans les bras de Drago. Elle ne pensait pas qu'il avait prêté autant d'attention à la discussion qu'ils avaient eu au restaurant Moldu, quelques semaines plus tôt. Discussion au cours de laquelle la jeune femme lui avait fait part des raisons qui l'avaient poussée à se lancer dans une carrière au sein du Département de la Justice magique en tout premier lieu. Toujours dans les bras de son amant, des larmes dévalant ses joues, elle regarda encore une fois sa plaque.
« Hermione GRANGER,
membre du Magenmagot
et Défenseur du Droit des Accusés Sorciers. »
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Hermione et les Malefoy s'embrassèrent et se remercièrent à tour de rôle puis la Gryffondor demanda à parler en privé à Drago tandis que Scorpius et Narcissa s'éclipsaient discrètement en direction de la salle à manger. Une fois seuls, les deux amants se dévisagèrent quelques instants. Hermione ouvrit la bouche mais fut coupée dans son élan par le Serpentard.
- Ecoute, je sais ce que tu vas me dire mais, s'il-te-plait, ne le dit pas. Je sais que tu es une femme forte et indépendante qui peut et veut se débrouiller seule mais ne m'en veux pas de t'aider à récupérer ton travail. Je me devais à moi-même de le faire alors, si tu préfères, vois ton retour dans le Service comme un cadeau de Noël que tu n'avais pas prévu de m'offrir.
Hermione l'observa avant d'entrouvrir la bouche pour parler mais finit par la refermer. Elle porta une main à son visage et se massa les paupières dans un geste las.
- Tu n'aurais pas dû faire ça, Drago…, souffla-t-elle sans laisser retomber son bras.
Elle le sentit s'approcher d'elle et glisser ses mains autour de sa taille. La jeune femme ne le repoussa pas et finit même pas rouvrir les yeux. Le blond l'observait, un air mi-anxieux mi-triste sur le visage. Doucement, Hermione se laissa aller contre son torse et déposa sa tête au niveau de sa clavicule gauche tandis qu'il resserrait sa prise autour d'elle.
- Je ne veux plus jamais que tu interfères de la sorte dans ma vie, à l'avenir. Plus d'appartement ou de travail, on est clair ? dit-elle au bout d'un moment.
- Oui, répondit-il sans délai.
- C'est une promesse ?
- Oui.
- Bien.
Ils restèrent sans parler, profitant simplement de leur étreinte.
- Quand est-ce que je commence mon nouvel emploi ? l'interrogea Hermione au bout d'un moment. Je présume que, si tu es derrière tout cela, tu dois également être avisé de ce léger détail.
- Le deux janvier.
- Si tôt ?! Et le Service des détournements de l'artisanat Moldu ? Je sais que mon travail n'était pas très important mais comment vont-ils faire ?
- Ils ont dès à présent trouvé quelqu'un pour te remplacer, l'informa Drago.
Hermione haussa un sourcil.
- Attend… ça fait combien de temps que tu traficotes derrière mon dos ?
Il eut un petit rire.
- J'ai accepté la proposition de Blaise juste avant que nous partions pour Paris.
- Oh… Et Mr Weasley…, commença-t-elle.
- A été ravi d'apprendre que tu allais enfin retrouver un travail à la hauteur de tes capacités et de ton talent.
Les lèvres d'Hermione s'étirèrent en un sourire alors que la moitié de son visage reposait toujours sur le torse de Drago.
De petits coups furent donnés contre la porte du salon et le Serpentard donna l'autorisation d'entrer tout en gardant ses bras autour de son corps. Hermione vit s'avancer Scorpius dont le visage s'illumina lorsqu'il les vit enlacés.
- Grand-mère dit que le repas est prêt. Vous venez ?
- On arrive, répondit son père.
Le gamin acquiesça puis repartit de là où il venait. Drago se détacha alors d'elle avant d'attraper son menton entre son pouce et son index. Hermione releva les yeux vers lui et lui adressa un sourire rassurant. Il y répondit avant de se pencher en avant. A peine ses lèvres effleurèrent-elles les siennes qu'Hermione se sentit, comme toujours à chaque fois qu'il l'embrassait, perdre pied. Malgré les mois qui s'écoulaient, les baisers de Drago Malefoy lui faisaient toujours autant d'effet, les légers picotements qu'elle ressentait au contact de sa peau aussi bien que la chaleur qui s'emparait d'elle. Cette dernière se faisait d'ailleurs encore plus présente qu'au début de leur « relation » et cela ne semblait aller qu'en s'accentuant.
Le Serpentard finit par relâcher ses lèvres et Hermione ne put s'empêcher de passer ses bras derrière sa nuque afin de l'attirer pour un nouveau baiser. Il ne s'en plaignit pas et y répondit même avec plaisir. Sachant qu'elle ne devait pas – ou plutôt ne pouvait pas… Tout au moins pour le moment – abuser des bonnes choses, Hermione n'opposa aucune résistance lorsqu'il s'écarta d'elle pour la seconde fois après lui avoir donné un dernier et chaste baiser. Il attrapa ensuite sa main et l'attira en avant pour les mener jusqu'à la salle à manger.
OoOoOoO
Blaise transplana à l'extérieur de la demeure de Narcissa Malefoy où il savait que sa famille ainsi qu'Hermione étaient probablement en train de terminer leur repas. Il toqua à la porte d'entrée et fut accueilli par une petite elfe.
- Bonjour Mr Zabini, dit-elle en le reconnaissant. Gilly doit-elle aller chercher sa Maîtresse ou Mr Malefoy ?
- Bonjour Gilly, répondit-il. Non, ça ne sera pas nécessaire, je vais entrer et aller les retrouver moi-même.
De toute évidence, la créature avait reçu des consignes particulières en ce qui le concernait car elle le laissa entrer dans la pièce et faire comme bon lui semblait alors que Blaise savait pertinemment qu'elle n'aurait jamais agi de la sorte avec un autre invité. Gilly lui apprit que ses Maîtres et Miss Granger étaient toujours dans la salle à manger et c'est là que Blaise se rendit après avoir attrapé ses cadeaux dans la poche de son manteau, leur avoir redonné une taille normale et avoir confié son vêtement à l'elfe pour qu'elle aille le porter avec les autres.
Alors qu'il n'était plus qu'à quelques mètres de la pièce, Blaise s'immobilisa en entendant Narcissa Malefoy exploser de rire, bientôt suivie par son fils. Un léger sourire étira ses propres lèvres et il s'approcha à pas de loup. Il jeta un coup d'œil à l'intérieur et son sourire s'élargit. Drago était assis près d'Hermione et avait passé un bras sur le dossier de sa chaise tandis qu'en face d'eux se tenaient Narcissa et Scorpius. Les deux Malefoy riaient toujours à gorge déployée alors que la Gryffondor se retenait de toute évidence d'en faire autant et que Scorpius, dont les joues étaient étonnements rouges, affichait un air mortifié et penaud. Blaise ressentit une intense satisfaction devant le tableau qui s'offrait ce jour-là à lui. Si quatre personnes méritaient d'être heureuses après ce qu'elles avaient vécues, c'était bien ces quatre-là. Et qu'ils puissent être heureux tous ensemble remplissait le Serpentard de contentement et – mais il ne l'avouerait jamais – d'une certaine forme de bonheur. Décidant de mettre un terme à ses épanchements un peu trop Poufsouffliens à son goût, il se racla bruyamment la gorge et attira immanquablement l'attention sur lui.
- Parrain Blaise ! Salut.
- Salut Scorpinou, répondit-il en pénétrant dans la pièce.
- Eh ! Tu m'avais promis de ne plus m'appeler comme ça, se récria le jeune blond en fronçant les sourcils.
- J'ai dit ça, moi ? dit-il en prenant un air innocent.
- Hum, hum, confirma Scorpius en hochant vivement la tête.
Blaise fit semblant de réfléchir.
- C'est vrai que je me souviens avoir dit quelque chose de semblable un jour, avoua-t-il en lui adressant un clin d'œil. Que vais-je bien pouvoir faire pour que tu me pardonnes… ?
Scorpius haussa les épaules.
- Est-ce que tu penses que ça, ce serait suffisant ?
Il lui tendit son cadeau de Noël et les yeux du garçon pétillèrent soudainement. Il s'empara du paquet en le remerciant avant de relever les yeux vers lui.
- Je ne sais pas si ça sera suffisant. On verra ce que tu m'offres, dit-il très sérieusement.
Blaise éclata de rire avant de lui ébouriffer les cheveux de sa main libre.
- T'es bien le fils de ton père, toi !
Le père en question lui adressa un regard éloquent tandis que Blaise saluait Narcissa, puis Hermione avant de serrer la main de son meilleur ami tout en leur souhaitant à tous un joyeux Noël.
- Tenez, dit-il en déposant un paquet devant chacun des deux roucouleurs, comme il les avait surnommés.
Drago leva un regard suspicieux vers lui tandis qu'Hermione observait le cadeau comme s'il s'apprêtait à exploser.
- Sympa, je vois que la confiance règne, dit-il d'un ton faussement irrité avant de tirer une chaise et de s'asseoir sans y avoir été invité.
Les deux roucouleurs échangèrent un regard puis Grangie fit signe à Drago d'ouvrir son cadeau le premier. Le blond fit la moue mais obéit à sa roucouleuse – comme d'habitude en somme... Blaise eut un sourire typiquement Serpentard tandis que Scorpius lui sautait au cou en le remerciant pour toutes les friandises qu'il lui avait offert ainsi que pour son livre « Comment faire les pires bêtises sans se faire repérer par ses parents », qu'il avait acheté à la boutique de Weasley. Le noir échangea quelques mots avec son filleul sans lâcher Drago du regard. Ce dernier prit vraiment tout son temps ainsi que beaucoup de précautions mais finit par arracher le papier. Blaise vit que son meilleur ami était véritablement stupéfait de trouver un livre mais il ne put s'empêcher de ricaner lorsque Drago l'attrapa entre ses mains avant de le retourner pour le mettre dans le bon sens et en lire le titre.
- Laisse-moi deviner, elle a le tome deux ? demanda-t-il en relevant un regard noir mais tout de même amusé vers lui.
Blaise se contenta d'un clin d'œil et d'un haussement de sourcils faussement aguicheur.
}{
Hermione se pencha un peu pour déchiffrer l'intitulé du livre et manqua de s'étrangler. « Le Kamawisard illustré, ou comment faire monter son partenaire aux rideaux en un coup de braguette, Vol. 1 ». La jeune femme adressa une œillade guindée à Zabini tout en repoussant son « cadeau », comme s'il s'agissait d'un insecte particulièrement répugnant.
- C'est quoi ? demanda alors Scorpius en s'étirant le cou pour voir le livre tandis que Narcissa, qui avait manifestement compris de quoi il retournait, observait la scène, amusée.
- Rien du tout, répondit son père en reposant le papier cadeau sur le livre pour le cacher à la vue de son fils.
- Mais !
- Hermione, tu veux bien…
- Avec grand plaisir.
La jeune femme attrapa sa baguette et jeta un sortilège sur les livres qui disparurent brusquement.
- Eh ! Mes cadeaux ! Alors c'est bien ça… on vous offre des trucs et vous, vous les foutez à la poubelle ! Bandes d'ingrats ! s'offusqua Blaise.
Hermione roula des yeux tandis que Drago se levait de sa chaise.
- Tu l'as mis où ? interrogea-t-il à la jeune femme.
- Dans la chambre, répondit-elle en comprenant tout de suite de quoi il parlait. Mais attends…
Elle lança un nouveau sortilège et un paquet apparut soudainement devant elle.
- Merci.
Drago s'en empara avant d'aller le déposer devant son meilleur ami.
- Joyeux Noël Zabini.
Blaise fronça légèrement les sourcils. Il se rapprocha de la table et entreprit de défaire le papier cadeau. Il découvrit une énorme bouteille de Whisky Pur-Feu ainsi qu'une couronne en papier.
- C'est pour que tu t'entraînes tout seul, expliqua moqueusement Hermione en se rapprochant de son amant qui passa un bras dans son dos.
Blaise reporta un regard blasé sur eux et les deux roucouleurs échangèrent un coup d'œil complice.
- Je veux ma revanche, Malefoy.
- Ça ne fait aucun doute, Zabini, ricana le Serpentard. Mais, tout comme Hermione, je compte profiter du poids de la couronne pendant encore quelques temps.
- Pff… Vous n'êtes que des… des…
- Des ? reprit Hermione en haussant un sourcil, le défiant ouvertement d'oser faire un commentaire libidineux devant Narcissa et Scorpius.
- Des… roucouleurs Serpentard et dépravés ! Je vous déteste !
- Nous aussi on t'aime Zabini, répondit Drago en partant d'un rire goguenard.
- Bande d'hypocrites ! Ton père n'est qu'un hypocrite, répéta-t-il en tournant la tête vers Scorpius qui avait ouvert son paquet de dragées surprises de Bertie Crochues et piochait aléatoirement dedans. Et elle, fit-il en pointant Hermione du doigt, ce n'est qu'une Serpentard coincée dans le corps d'une Gryffondor, ce qui est encore pire.
Hermione eut un petit rire, ne se sentant absolument pas offensée, tandis que Scorpius levait un regard mi-inquiet mi-compatissant vers son parrain.
- T'es sûr que t'as attendu que mon père et Hermione t'offrent le Whisky pour en boire un verre, Parrain Blaise ? demanda l'enfant en attrapant une seconde dragée qui le fit grimacer.
Drago se mit à ricaner, de même que sa mère et Hermione tandis que Blaise se passait une main devant les yeux dans un geste théâtrale.
- Merlin ! Je suis certain que ce gamin va devenir encore pire que vous deux réunis.
Scorpius roula des yeux puis lui proposa un bout de bûche. Blaise accepta, demandant à Drago s'il était possible de l'accompagner d'un digestif, ce qui eut pour conséquence de faire pousser un long soupir de découragement au reste de la tablée.
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Drago était finalement rentré chez lui pour aller chercher une bouteille d'alcool puisque Monsieur Zabini ne voulait pas ouvrir son cadeau. Il s'apprêtait à rejoindre le salon, qu'ils avaient tous fini par investir après que son meilleur ami eut terminé sa part de bûche, mais fut interrompu par sa mère qui se tenait près de la porte fermée.
- Mère ? Il y a un problème ?
- Non mon chéri. Je voulais juste te parler. Tu peux me suivre s'il-te-plait ?
Surpris, le blond haussa un sourcil avant d'acquiescer et d'accompagner, jusqu'à la cuisine, le fauteuil dans lequel sa mère était assise. Là, elle s'immobilisa avant de se retourner. Elle tendit la main vers lui et, après une seconde d'hésitation, le Serpentard en fit autant. Narcissa y déposa un petit écrin de velours émeraude et le blond se pétrifia.
- J'ai vu comme tu la regardais…, dit-elle en lui adressant un étrange sourire.
- Mère…, souffla le blond mais elle le coupa d'un mouvement de la main.
- Ne dis rien, Drago. Je veux que tu l'aies, c'est tout.
Ils restèrent immobiles et silencieux de longues minutes puis, lentement, Drago finit par hocher la tête et rangea l'écrin dans la poche intérieure de sa veste. Narcissa lui sourit une nouvelle fois et tous les deux rejoignirent le salon.
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En entrant dans la pièce, Drago s'arrêta sur le seuil et observa la scène. Blaise, Scorpius et Hermione avaient commencé une partie de Monopoly à même le sol, une bonne demi-heure plus tôt et son fils, ainsi que son amante, bougonnaient à présent car le Serpentard trichait. Le blond ne put réprimer un ricanement alors que Scorpius reprenait le billet en trop que Blaise avait tenté de dissimuler sous les autres. Son rire attira l'attention d'Hermione qui remonta les yeux vers lui avant de lui adresser un grand sourire auquel il répondit. Il vint prendre place sur le canapé, juste derrière elle et la jeune femme se laissa aller contre ses jambes.
Profitant du fait que Scorpius réexpliquait pour, au bas mot, la cinquième fois les règles à Zabini qui, de toute façon, n'en faisait qu'à sa tête, elle se tourna vers lui.
- Ça va ? lui demanda-t-elle en voyant ses traits légèrement tirés après l'échange qu'il venait d'avoir avec Narcissa.
Drago se perdit momentanément dans ses prunelles chocolat.
- Ça va, répondit-il.
Elle haussa un sourcil mais ne commenta pas, reportant son attention sur le jeu.
- Comment fait-on pour demain ? s'enquit-elle tandis que Scorpius lançait les dés.
- Le Portoloin part à dix heures, heure locale, répondit-il en se laissant glisser sur le sol, à ses côtés.
- Et on peut rester chez Hermione ce soir ? se renseigna Scorpius tout en tirant une carte « Chance ». Blaise, tu me dois cinq cents Livres.
- Pardon ?! s'exclama ce dernier en lui arrachant la carte des mains. Putain mais c'est quoi ce jeu de merde ?!
- Zabini, ton langage !
- Désolé, Maman, dit-il en lançant un regard peu amène à Hermione qui n'en fit pas état.
Le Serpentard donna dédaigneusement ses cinq cents Livres à Scorpius.
- Merci Parrain Blaise ! fanfaronna le jeune Serdaigle tandis que le noir marmonnait des paroles incompréhensibles. Bref, Papa, tu ne m'as pas répondu. On peut rester chez Hermione ?
Drago échangea un regard avec son amante.
- Eh bien, comme toutes tes affaires s'y trouvent déjà, je pense que ce sera plus simple. Mais je devrai moi-même rentrer au Manoir pour préparer ma propre valise.
Son fils acquiesça distraitement avant de récupérer l'argent qu'Hermione lui devait pour être tombée sur une case dont il était le propriétaire.
- Et pourquoi tes affaires ne sont pas chez Hermione ? demanda-t-il en lançant les dés.
Sa question eut un effet immédiat. Hermione et Drago se tendirent brusquement tandis qu'un sourire carnassier prenait place sur les lèvres de Blaise qui décida d'enfoncer le clou en voyant que ni l'un ni l'autre n'apportait de réponse.
- Eh bien oui, c'est vrai ça ! Malefoy, pourquoi tes affaires ne sont-elles pas chez Granger ?
Le concerné lui lança un regard menaçant, ce à quoi son meilleur ami répondit par un sourire encore plus grand.
- Papa ?
- Hein ? Euh… bah… parce qu'Hermione habite chez elle et que toi et moi habitons au Manoir.
« Wow, franchement, bravo Drago… C'est la réponse la plus bidon de la planète ! Scorp' ne s'en contentera jamais et tu vas te retrouver encore plus dans la merde que tu ne l'es déjà… » Et cela ne manqua pas puisque, trois secondes et un froncement de sourcil plus tard, Scorpius relevait les yeux vers lui et ouvrait de nouveau la bouche.
- Ça, je le sais, je suis pas bête ! Mais la question c'est : pourquoi tu n'habites pas chez Hermione ou avec Hermione ?
« Note pour plus tard : noyer ce gamin avant qu'il n'ouvre encore sa bouche pour lâcher une nouvelle mini-bombe ! ».
- Bah euh… c'est à dire que euh…
Drago jeta un coup d'œil presque suppliant à son amante. Cette dernière affichait un air amusé mais il savait qu'elle était tout aussi perturbée que lui, si ce n'était même plus, par la question de Scorpius. Toutefois, elle sembla comprendre qu'il lui était tout bonnement impossible de donner une réponse digne de ce nom et elle prit le relai.
- Nous ne vivons pas ensemble parce que… parce que nous ne sommes pas mariés.
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« Merveilleux Hermione… Et tu n'aurais pas pu donner une réponse encore plus idiote que celle-ci ? » La jeune femme eut soudainement envie de se cacher dans ses mains alors que les trois hommes tournaient brusquement la tête vers elle. Elle se mit à rougir ostensiblement et baissa les yeux sur le plateau de jeu.
- Je vois…, dit finalement Scorpius comme s'il réfléchissait en même temps qu'il parlait.
Hermione sentit les ennuis poindre à l'horizon mais, heureusement et étonnement, le jeune sorcier se contenta d'un petit sourire malicieux avant de leur proposer de reprendre le jeu.
Drago et elle poussèrent, de concert, un imperceptible soupir mais n'osèrent pas se regarder. La jeune femme se contenta donc de jouer tandis que son amant observait la partie.
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Vers six heures du soir et après que Blaise se soit fait battre à plate couture aux échecs version sorcier par un Scorpius plus stratège que jamais, ils se saluèrent tous. Narcissa leur souhaita un bon voyage tandis que Blaise faisait ses dernières recommandations à son nouvel associé pour les entretiens qu'ils devraient mener en Islande.
- Oh et ne vous bourrez par trop la gueule ! leur lança-t-il à la cantonade avant de quitter la demeure de Narcissa.
Hermione et Drago roulèrent des yeux puis la jeune femme attrapa la main de Scorpius pour rentrer à son appartement tandis que le blond retournait chez lui pour préparer ses affaires en prévision de leurs vacances.
OoOoOoO
- Ton fils a définitivement un don pour nous mettre dans l'embarra, commenta Hermione sur le ton de la conversation tout en traçant des dessins invisibles sur le torse nu de Drago.
- Tu m'étonnes ! Le pire c'est qu'il ne s'en rend même pas compte ! soupira le Serpentard en continuant de caresser le bas de son dos de sa main gauche.
Hermione sourit et se redressa légèrement dans le lit.
- Tu crois ? demanda-t-elle.
- Je crois quoi ? répéta-t-il en fronçant les sourcils d'incompréhension.
- Qu'il ne se rend pas compte de ce qu'il peut dire, qu'il ne le fait pas exprès.
Le blond resta silencieux quelques secondes puis se passa une main sur le visage. Hermione lui lança un regard éloquent accompagné d'un mince sourire et le Serpentard soupira.
- Eh bien… il est le fils de son père comme le dirait Zabini…
Hermione ne commenta pas.
- Je suis désolé, dit-il au bout d'un moment alors qu'Hermione avait repris sa place contre son torse.
- Tu n'as pas à t'excuser, Drago…
- Je sais.
La Gryffondor rit légèrement et se releva une seconde fois sur son coude pour l'observer.
- Alors pourquoi le fais-tu ? demanda-t-elle, amusée.
- Je n'ai pas dit que je m'excusais mais que j'étais désolé, nuança-t-il.
La jeune femme ne commenta pas et posa simplement une main sur sa joue. Drago ferma les yeux à son contact avant d'embrasser sa paume. Ils restèrent ainsi quelques secondes puis elle retira doucement sa main.
- On devrait dormir. Il est déjà tard et quelque chose me dis qu'un certain jeune Serdaigle blond va être réveillé aux aurores pour ne « surtout, surtout » pas rater le « génialissime » Portoloin qui va lui permettre de vivre les « meilleurs, meilleures vacances de sa courte vie », dit-elle en citant les propres termes de Scorpius.
Drago fut pris d'un ricanement moqueur.
- Tu as raison, répondit-il. Parce que « franchement, même si c'est froid, l'Islande, ça paraît vraiment, vraiment, super, super coooool ! »
Hermione se joignit à ses rires avant d'attraper la baguette de Drago posée sur la table de chevet et d'éteindre les lumières. Elle se repositionna confortablement contre lui alors qu'il tirait les couvertures pour protéger leurs deux corps à moitié nu pour la nuit.
- Bonne nuit, souffla la jeune femme.
- Bonne nuit… Hermione, répondit-il finalement avant de se pencher et de lui donner un dernier baiser.
Elle fit comme si elle n'avait pas perçu son hésitation - après tout, faire l'autruche était devenu leur spécialité – et plongea avec délectation des bras de Drago vers les bras de Morphée qui l'accueillit tout aussi confortablement mais où, là, faire l'autruche s'avérait sensiblement plus délicat.
Et voilà ! Nous savons enfin quels cadeaux de Noël ont été offerts !
Vous apprenez, par ailleurs, avec qui Blaise communiquait avant le départ pour Paris et le contenu de leurs manigances ;).
Quelques petites questions afin d'aiguiller vos reviews pour ceux qui ne sauraient pas nécessairement quoi m'écrire :
- Que pensez-vous des cadeaux offerts ?
- Du cadeau « bonus » de Narcissa pour son fils ?
- Du nouveau travail de Drago ?
- Des (petites) manigances absolument pas discrètes de Scorpius afin de rapprocher Hermione et Drago ?
- Et du départ pour l'Islande ?
Comme toujours, je veux absolument tout savoir alors hop, hop, hop : on me laisse ses impressions ! :)
Je vous fais tout plein de grooooooooooos bisous et je vous dis à mercredi avec le prochain chapitre et à samedi pour découvrir son titre !
Chalusse
