Bonjour tout le monde !

Comme vous le voyez j'essaye de réduire l'écart entre chaque publication ! Celui-ci a été un vrai plaisir à écrire!

Un grand merci à LightG d'avoir un laissé un p'tit avis sur cette histoire ! À bon entendeur, ça fait toujours plaisir!

Et sur-ce je vous souhaite une excellente lecture! À très bientôt!


Katleen partie, la salle vidée, elle y demeura. Le regard vide, hagard. Elle n'avait pas fait un pas. L'esquisser, c'était choisir. Choisir de tourner à droite ou de tourner à gauche. De rejoindre la salle commune pour transplaner chez elle ou de se rendre dans l'aile où Lysander était interné. Elle tenta d'imaginer qui était à ses côtés. Albus bien sûr, et Lorcan à ses côtés. Elle était heureuse de revoir le jeune homme sourire, ses joues perdre de leur effrayante maigreur. Elle était heureuse pour lui. Qui d'autre y serait ? Luna et Rolf très certainement. Et puis... et puis elle n'en savait rien. Si d'autres étaient présents, alors ce serait des gens à qui elle aurait menti en les regardant droit dans leurs yeux, à qui elle aurait raconté les voyages de Lysander au Sahara ou dans les Andes. Elle aurait aimé y partir, songea-t-elle soudain. Elle aurait aimé être cette âme vagabonde. Mais elle ne l'était pas. Elle n'était pas cette âme-là, tout juste une autre fragile et incertaine, et elle se haïssait pour cela.

Elle n'irait pas, songea-t-elle soudain. Elle ne voulait pas le revoir. Dans un sursaut d'orgueil elle refusait qu'il la repousse devant d'autres personnes. Car elle l'aimait songea-t-elle en étouffant dans son poing un cris de désespoir. Elle pouvait lui en vouloir tant qu'elle voulait elle l'aimait comme jamais elle n'avait su aimé. Et elle ne voulait pas qu'il la repousse. Il lui semblait que ce serait pour elle le coup de grâce, celui qui la mettrait à terre.

Alors les larmes brûlant ses yeux, elle tourna à gauche. Le couloir. La Porte. La salle commune. Son casier. Son casier ouvert. Son regard porté sur le Portoloin d'urgence. Son casier fermé. Un crochet derrière son nombril, remuant son ventre noué. Et le tourbillon du Portoloin.


Hugo avait immédiatement répondu à l'appel de son cousin. Il avait été le premier à arriver, Albus attendait dans le hall. Un vague sourire errait sur ses lèvres malgré sa pâleur mais dans ses yeux, le frère de Rose revit la conversation qu'ils avaient eu en Bretagne.

- Lys' s'est réveillé, murmura le tout jeune homme avant que le fils Potter n'ait pu prononcer le moindre mot.

- Tu savais donc tout, murmura l'autre.

- Je n'ai jamais cru à son départ. Jamais. Et Rose s'est résignée trop vite, même si elle ne s'est pas tout de suite effondrée... J'ai surpris une conversation entre Luna et Rolf il y a deux ans à Noël. Je n'ai saisi que le nom de Lysander et celui de Sainte-Mangouste... il ne m'a pas été difficile de découvrir qu'il était ici. Ni de découvrir que Rose venait tous les jours.

Le jeune homme secoua la tête avant de hausser les épaules.

- Je n'ai pas eu le cœur à lui mettre la réalité en face. Ç'aurait été l'accuser d'un mensonge dont elle était à la fois l'artiste et la victime... J'ai juste un jour envoyé un message de retour à l'une des fausses lettres que je recevais, en écrivant à « Lysander » que je ne voulais plus voir ses lettres. Alors notre faux échange a cessé.

- Et tu n'as rien pu faire...

- Ne me juge pas Albus, siffla Hugo aussitôt sur la défensive. Tu sais autant que moi pourquoi je n'ai pas agi. Parce que je ne pouvais pas. Parce que de nous tous, j'ai toujours été un de ceux dont elle a été le moins proche. Parce que le lien qui nous unissait n'était pas assez fort pour survivre à cette bataille. Toi tu as pu, murmura-t-il plus doucement. Toi tu as pu lui lancer la vérité à la figure, tu as pu la serrer contre toi, tu as pu recueillir son secret, chose que jamais elle ne m'aurait accordé. C'est pour ça je crois que je t'ai dit d'aller dans sa chambre ce soir-là..., souffla-t-il encore plus bas. Je voulais que tu saches. Que quelqu'un saches, que quelqu'un l'aide ! Parce que moi je ne pouvais pas.

Il accepta l'étreinte que lui donna son cousin, reléguant au fond de son esprit l'idée que c'était la pitié qui le guidait, car il savait qu'au fond il y avait autre chose. Puis ils se séparèrent, un sourire gêné aux lèvres. Et ils attendirent.

Luna et Rolf ne tardèrent pas à arriver, mais Hugo ne put leur dire autre chose que bonjour. Parce que lorsqu'ils montèrent, Rose n'était toujours pas là. Elle n'avait pourtant que quelques marches à descendre pour les rejoindre et qu'elle ne l'avait pas fait. Plus tard il apprendrait que si elle n'était pas venue, c'est que l'enfant de la jeune fille qu'il avait secouru sur le Chemin de Traverse allait naître. Plus tard il comprendrait que c'était cet enfant qui l'avait retenu. Pour l'instant il ne pouvait que s'inquiéter. Car aux retrouvailles qui se déroulèrent sous ses yeux il ne put prendre part. Encore une fois il était en trop. L'Autre. Celui qui aurait tout aussi bien pu ne pas se trouver là.

Alors, pour chasser l'amertume qu'il sentait brûler au bord de ses lèvres, il regarda Luna prendre son fils dans ses bras, sans un cri, sans un mot, sans l'appeler « mon fils » et sans lui broyer les épaules. Comme si elle l'avait vu la veille. Comme si les cheveux blonds du jeune homme n'atteignait pas sa taille. Il la regarda car elle était son seul point d'appui. De Lorcan il savait bien peu de choses, de Rolf aussi, presque rien de Lysander et trop de glace le séparait encore de Albus. Luna était l'amie de ses parents, celle dont ils parlaient souvent, dont régulièrement ils recevaient des photos d'animaux et de paysages du monde entier. Celle qui lorsqu'il était enfant lui parlait de Joncheruines et de Nargolle, qui chaque Noël le berçait de contes merveilleux. C'est sur sa silhouette aussi frêle que celle de son fils qu'il fixa son regard, refusant de le poser sur les jumeaux, tentant de penser à tout sauf à Lysander, d'ignorer le vide que laissait l'absence de sa sœur.

Albus lui aussi demeurait à l'écart, un demi-sourire aux lèvres. La moitié d'un soleil, l'autre demeurant dans l'ombre de ses pensées. Hugo aurait aimé savoir pourquoi il lui avait amené ici, lui qui n'avait rien à voir avec ces retrouvailles, qui n'arrivait même pas à ressentir de la joie face au miracle car pour l'instant ce miracle ne profitait pas à Rose. Sa sœur était peut-être encore dans les ténèbres alors que la famille Scamander se retrouvait dans la lumière. Il aurait aimé quitter la pièce pour partir la chercher... mais il craignait trop de la voir s'effondrer. Alors il demeura, tremblant, silencieux.

Aussi, lorsqu'un médicomage appela Lorcan et ses parents pour s'entretenir avec eux de l'état de Lysander, il eut envie de disparaître. Car désormais il sentait sur lui les yeux gris du jeune homme. Il sentait voleter vers lui un peu de son étrange magie qui l'avait toujours un peu mis mal à l'aise.

- Comment va Rose ? demanda-t-il finalement.

Hugo remarqua qu'il n'avait pas demandé où elle se trouvait et malgré sa rancœur, il ne put s'empêcher d'apprécier son inquiétude alors qu'il s'attendait plutôt à ce qu'il la réclame.

- Elle travaille encore certainement, se surprit-il à répondre, et il vit un miroir de cette surprise sur le visage de Lysander. Elle est médicomage sage-femme, ajouta-t-il sans trop savoir pourquoi. Elle a réellement commencé à exercer il y a deux ans.

- Comment va-t-elle ? répéta doucement Lysander, une ombre coupable sur son visage.

Hugo hésita à répondre. Non pas qu'il ne voulût pas le faire, mais il ne savait quoi dire. Comment allait sa sœur ? Elle était triste. Mais pouvait-il réellement le dire au jeune homme ? Pouvait-il le lui dire sans l'accuser des malheurs de la jeune femme ? Pouvait-il lui dire qu'elle s'étiolait sous le poids de son absence et des mensonges qu'elle avait inventé pour lui ?

- Tu lui manques, répondit-il simplement. Cinq ans c'est bien long tu sais.

Le jeune homme baissa la tête et s'assit sur le bord du lit. Ce n'était pas la souffrance qui creusait son visage. Mais le chagrin très certainement.

- Je ne voulais pas, souffla-t-il, comme s'il avait compris tout ce que Hugo avait décidé de taire pour l'instant. Je ne pensais pas que ça durerait si longtemps, je..., et sa voix s'étrangla alors qu'il cherchait ses mots. Je ne voulais pas qu'elle m'attende si longtemps, qu'elle... perde tant de temps. Je ne voulais pas qu'elle souffre ainsi, acheva-t-il en cachant son visage entre ses mains.

- Veux-tu le lui dire ? intervint soudain Albus et un rictus triste passa sur le visage de Lysander.

- Elle ne voudra pas m'écouter. Et je la comprends.

- Mais a-t-elle raison ? interrogea Hugo. Aurait-elle raison de t'en vouloir ? Ses raisons seraient-elles fondées ?

- C'est à elle d'en juger.

- Mais veux-tu la voir ? répéta le jeune Potter, comme s'il mettait son ami à l'épreuve.

- Dès que j'ai ouvert les yeux, que j'ai vu ton visage et celui de Lorcan j'ai cherché le sien, murmura Lysander. Mais je sais qu'elle ne viendra pas.

Albus n'ajouta rien et quitta la pièce après avoir lancé un long regard à Hugo. Le jeune homme se retrouva seul avec l'ancien Serdaigle, l'observa d'abord en silence. Puis soudain il eut envie de savoir. Savoir s'il avait raison de lui avoir tant voulu pendant toutes ces années, s'il était celui qu'il pensait-

- Est-ce que tu l'aimais ? souffla-t-il soudain. Est-ce que tu aimais ma sœur ?

- Et je l'aime encore, répondit simplement Lysander. Autant qu'il y a cinq ans...

- Pourquoi être demeuré si loin d'elle si longtemps alors ?

- Crois-tu que je l'ai fait de gaieté de cœur ? répliqua-t-il sans animosité, comme encore trop abattu par le temps perdu. J'aimais ta sœur. Ce... ce soir-là j'avais enfin... enfin ce dont j'avais toujours rêvé ! Parler aux gens sans voir leur avenir et leurs malheurs avec. Enfin..., un sourire rayonnant passa une fraction de secondes sur ses lèvres, enfin je pouvais embrasser ta sœur sans y voir la mort de James, sans penser que ce serait de ma faute. Et je pouvait prendre sa main, la serrer dans mes bras... Il soupira. Je ne sais pas si tu comprends combien cela était important, si tu imagines le bonheur que j'ai ressenti. Mais... Mon corps était fatigué de ces mois d'angoisse. Et je savais par les manuscrits, que Lorcan pense être le seul à avoir lus, que si je parvenais à empêcher... la mort de James, ces mots franchissaient encore difficilement la barrière de ses lèvres, un profond sommeil pouvait me prendre. Parce que mon corps était épuisé, et mon esprit fatigué de pleurer. Le cœur n'avait rien à voir dans tout cela, aucun mot à dire. C'est pour ça que j'ai demandé à Rose de ne pas m'attendre... parce que je ne savais pas combien de temps allait s'écouler.

- Tu ne sembles pourtant pas touché par le fait que cinq ans ont passés, répondit calmement Hugo. Cinq ans que... peut-être sans le vouloir, tu as volé à ma sœur.

- Je crois que tu n'imagines pas ce que je ressens. J'ai envie de pleurer sur ce temps perdu. Mais ce serait en perdre davantage. M'en plaindre serait gaspiller celui qu'il me reste. Ce serait faire plus de mal encore à ma famille, et exaspérer ceux qui comme toi m'en veulent de ma lâcheté – il vit Hugo ouvrir la bouche pour répliquer – car au fond n'est-ce pas ce que tu me reproches ? Tu me crois lâche, et même si tu te trompes je ne chercherais pas te détromper. Parce que j'aurais pensé la même chose. Mais je t'en pris Hugo, crois-moi sur une chose : je dormais. Je ne vous entendais pas. Pour moi ces cinq ans n'ont été qu'une longue nuit qui a affaibli les jambes et fait pousser mes cheveux.

Hugo hocha doucement la tête et laissa un silence étrange s'installer entre eux.

- Rose est triste, dit-il soudain, comme s'il se sentait redevable de l'honnêteté de Lysander. Je n'imagine pas ce que tu ressens mais tu n'imagines pas combien tu lui manques. Personne ou presque ne sait ce qui t'es arrivé. Elle l'a caché. Elle a envoyé des lettres à tout le monde et régulièrement, en imitant ton écriture. Elle ne voulait pas que les autres te croient lâches. Il s'assit à côté du jeune homme qui buvait ses paroles mêmes si elles étaient amères et au goût de sel. Mais je sens qu'elle lâche prise. Je sais... je sais que depuis quelques mois elle n'envoie plus de lettres, comme si elle était trop fatiguée pour le faire, pour te défendre, pour se défendre des attaques des autres à ton égard. Elle est triste, répéta-t-il comme si ces trois mots pouvaient dire toute la douleur qu'il lisait dans les yeux de Rose.

Lysander ne répondit pas, le jeune Weasley vit deux larmes se former dans ses yeux et ne bougea pas lorsque le Serdaigle se détourna pour les cacher.

- Si tu l'aimes, si vraiment tu l'aimes Lys'... alors ne tarde pas. Ma sœur a le droit d'être heureuse, ou du moins de connaître la fin de votre histoire.

- Je sais, souffla-t-il. Mais comment voudra-t-elle m'écouter ? Elle ne reviendra pas avec Albus.

- Non elle ne viendra pas. C'est à toi de venir.

- Mais voudra-t-elle de moi ?

- Pas tout de suite Lys'... Mais si je t'en ai autant voulu, si même parfois je t'ai détesté, c'est bien parce qu'elle t'aimait plus que je ne considérais que tu ne méritais.

L'ancien Serdaigle esquissa un sourire, l'ombre du soleil légendaire qui illuminait son visage. Mais soudain Hugo se souvint de ce sourire beau à en faire pleurer les étoiles, et pour la première fois depuis longtemps il comprit ce à quoi sa sœur s'était raccrochée durant tout ce temps.

Lorcan revint soudain dans la pièce avec leurs parents, et Hugo préféra s'éclipser. Il lui avait dit ce qu'il avait à dire. Mais alors qu'il se relevait, alors que Albus arrivait à son tour avec un air désolé, Lysander le retint brièvement par la manche.

- Hugo, je ne sais pas si un jour mon histoire avec ta sœur reverra le jour, désormais cela nous regarde. Mais toi, ne perds pas de temps. Promets-moi qu'en souvenir de ces années gâchées tu ne perdras pas les tiennes.


À quelque kilomètres de là, Lily regarda Scorpius se redresser de sa cheminée – de leur cheminée aurait-elle dû dire – où le visage d'Albus venait de disparaître. Il se leva et fit quelques pas, s'asseyant finalement sur l'accoudoir d'un fauteuil. Un silence pesant s'installa entre eux, elle eut tout le temps de détailler le visage de son amant, d'en décrypter chaque expression. Ses mains tremblaient, signe qu'il était ému. Il dégageait sans cesse son front d'une mèche imaginaire, signe qu'il était mal à l'aise. Et il mordillait sa lèvre supérieure, signe qu'il avait des mots au bord des lèvres.

- J'imagine qu'on est sensés être soulagés, marmonna-t-il finalement.

- On est sensés l'être pour eux, répondit-elle doucement.

- Alors on est soulagés, railla-t-il.

- Tu ne peux pas leur en vouloir de nous l'avoir caché.

- Ce n'est pas ça qui me fait mal Lily, soupira-t-il. C'est toutes ces lettres que j'ai reçu pendant cinq ans. C'est toutes ces fois où j'ai vu que Rose était malheureuse, et que je l'embarquais avec Albus sur le Chemin de Traverse pour qu'elle « oublie sa mauvaise journée ».

Elle n'ajouta rien, le regarda plonger ses mains dans ses cheveux, les entortiller comme un fou, et elle eut envie de lui dire qu'il allai finir par les arracher, elle ne dit rien. Elle ne dit rien parce qu'elle aussi était préoccupée.

- Et la dernière fois, j'ai senti qu'il y avait quelque chose de pourri dans cette histoire. Albus savait, il me l'a avoué... Et il m'a demandé de prendre soin d'elle... Mais personne n'y arrive. Rose soigne toutes les blessures et empêche les autres de toucher aux siennes.

Elle eut un triste sourire, car elle savait que malheureusement ce qu'il disait était vrai. Rose chaque jour avait cherché à s'éloigner. Toujours un peu plus, mettant un peu plus de temps à répondre aux hiboux, toujours plus de temps à rentrer chez elle où sa cousine l'avait pourtant parfois attendue, ses paupières lourdes de sommeil au point de finir par laisser un post-it – sans doute immédiatement envoyé à la poubelle – pour lui dire qu'elle repasserait.

- Et puis aussi..., murmura-t-il au bout d'un moment, le crâne sans doute endolori. Je pense à toutes ces fois où on s'est séparés tous les deux. Toutes ces disputes futiles qu'on a eu, alors que Rose n'avait même pas droit à ça...

- Tu ne peux pas dire ça Scorpius, le coupa-t-elle d'une voix claire. Tu peux t'en vouloir de ne pas avoir vu que Rose nous mentait, mais tu ne peux pas nous accuser de lui avoir fait du mal... pas de cette façon

- Mais Lily, réfléchis juste deux secondes. Combien de fois on s'est pris le choux ?

- Autant de fois que nécessaire, répondit-elle doucement.

- Et combien de fois on s'est séparé ?

- Autant de fois que nécessaire, répéta-t-elle sur le même ton.

- On était tellement ridicules que...

- On n'était pas ridicules Scorpius. On était jeunes. Et on l'est encore. Est-ce que tu penses qu'on est les mêmes qu'il y a quatre ans ? Non. Est-ce que tu penses qu'on aurait dû rester comme on était il y a quatre ans ? Non. Non parce que on grandit, parce qu'on change. Et peut-être qu'il y a des couples qui peuvent grandir ensemble, nous non. Pas encore. Toutes ces séparations, on en avait besoin.

- Je ne crois pas Lily...

- Si Scorpius. Crois-tu que après toutes ces disputes on aurait dû rester l'un avec l'autre et se reparler le lendemain ?

- C'est ce que les couples normaux font...

- Je ne parle pas d'eux. Je te parle de nous. De toi Scorpius Malfoy, et de moi Lily Potter. Oui, je ne le cache pas, j'ai parfois souffert pendant ces quatre ans. Oui j'ai pleuré les quelques fois où on s'est vraiment disputé. Parce qu'on n'est pas les monstres que tu décris. On se prenait le choux mais on ne se hurlait pas dessus. Le ton devenait de plus en plus froid... et soudain on se taisait. On se regardait. Et on savait ce qui allait suivre. Sans un mot de plus, sans un baiser on s'éloignait... et oui parfois j'ai pleuré. Mais je ne regrette aucune de ces larmes. Parce que toi et moi on est faits de telles façon qu'on avait besoin de se séparer et de réfléchir chacun de notre côté avant de nous expliquer, de nous excuser. Il y a des gens qui arrivent à le faire tout de suite, mais pas nous. Pas pour l'instant. Peut-être qu'un jour on pourra ne plus se séparer, ne plus se disputer, simplement s'aimer comme on le fait pendant nos interludes, et j'espère qu'un jour on y parvienne. Mais pour l'instant on n'en est pas capables. Alors je préfère mille fois pleurer toutes les larmes de mon corps et te voir revenir, à les pleurer en sachant que je ne te reverrais pas.

Scorpius regarda la jeune fille. Elle était convaincue de ce qu'elle disait, et lui aussi au fond savait qu'elle avait raison. Peut-être espérait-il au fond que l'histoire de Rose et Lysander leur serve de leçon. Mais il songea encore à une chose. Son amie et le Serdaigle s'étaient quittés sur une dispute.

- Et si j'avais disparu un jour ? Et si je m'était fait renversé par une voiture en sortant de chez toi suite à une de nos disputes ?

- J'aurais eu le même visage que Rose. Le même trou dans le cœur.

Avec sa légèreté habituelle, elle vint vers son compagnon, s'assit sur ses genoux. Et du doigt, tout doucement, elle tourna son visage perdu et fermé vers elle. Il croisa son regard, ses beaux yeux noisettes. Elle souriait, même si ses joues semblaient trop raides pour le faire.

- Rose a un trou dans le cœur Scorpius. Un trou que je n'ai pas. Que tu n'as pas. Il ne tient qu'à nous de ne jamais le sentir nous creuser la poitrine. Mais elle est blessé Scorpius. Elle n'est pas venu vers Lysander et du sais pourquoi. Lui-même le sait. Elle a abandonné. Et ça qui est vraiment triste. Elle a abandonné parce que personne à part Albus n'a compris. Personne n'a passé un bras autour de sa taille pour lui dire « Repose-toi sur moi une minute, respire et repars ensuite ». Elle était seule Scorpius. Parce que nous n'avons pas compris. Et c'est cela qui te fait mal. Elle caressa sa joue avant de se lever et de lui tendre la main, une ombre mélancolique sur son visage innocent. Mais cela n'a pas d'importance, plus autant. Parce que maintenant nous savons. Prends ma main et allons la voir. Prends ma main et va la serrer dans tes bras.

Il s'exécuta, et elle le fit transplaner, avec la douceur qui la caractérisait. Sa main dans la sienne il se laissa emporter.


Laissez un p'tit com' à l'occasion! Sur ce qui vous passera par la tête, en bien comme en mal!