Bonjour à tou(te)s !
Ça va chez vous ? J'espère que oui. Moi ça va… plutôt bien même si je commence à ressentir de la mélancolie à l'approche de la (deuxième) fin de publication de cette fic'… :(
Mais nous n'y sommes pas encore ! Alors, comme chaque semaine, je commence par remercier du fond du cœur mes super revieweurs/euses de la mort qui tue tout pour leurs messages qui m'ont fait super plaisir. Merci également aux lecteurs qui continuent d'ajouter cette fic' à leur liste de favoris/follows ! Je n'ai aucune information à vous donner aujourd'hui hormis que j'espère voir sortir de l'ombre de nouveaux lecteurs fantômes. ^^
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RàRs Anonymes :
Guest : Ça me fait très, très, trèèèèès plaisir que tu aies adoré le dernier chapitre en dépit de ce qu'il s'est produit. C'est vraiment génial ! Tu espères que Drago va retrouver Hermione ? Eh bien… tu n'es pas la seule ! ^^ Alors la retrouvera-t-il ? Et dans l'hypothèse où il la retrouverait, Hermione accepterait-elle cet état de fait ?
Comme toujours, je te remercie du fond du cœur pour ta positive et prompte review ! Je te souhaite également une excellente semaine et je te dis à très vite en espérant que ce nouveau chapitre te plaise. Bisous ! :)
MariePuffy : Tout d'abord, merci beaucoup à toi d'être venue à la découverte de ma fic' et d'en avoir poursuivi la lecture alors même que l'idée de départ ne « t'emballait » pas plus que cela. Ça me fait très plaisir que tu aies persisté et finalement accroché. :)
En ce qui concerne le nombre de chapitres, comme j'ai pu le mentionner dans diverses notes, il y en a soixante-sept (Prologue inclus). En comptant celui de cette semaine, il vous en reste encore huit à découvrir. J'espère qu'ils te plairont ! Je te remercie pour tes encouragements et ta génialissime review. Plein de bisous et peut-être à très bientôt.
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Bon, bon, bon… nous avions laissé une Hermione en fuite et un Drago sur le départ. Ce dernier parviendra-t-il à retrouver la Gryffondor ? C'est ce que je vous propose de découvrir dès à présent !
Je vous souhaite une excellente lecture et je vous dis à tout à l'heure avec la note de fin. :)
Comme toujours, seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
PS : pour ceux qui apprécient lire en musique, je vous propose deux titres musicaux pour ce chapitre : « A ma place » de Zazie et Axel Bauer ainsi que « Ultraviolence » de Lana Del Rey ! Voilà :).
Chapitre 59 : Sous Veritaserum
Une seconde avant son départ, Drago fut envahi par le doute. Et si Hermione avait jeté un sortilège sur son appartement pour lui en refuser l'accès ?
Il ressentit alors un profond soulagement en constatant qu'il quittait le sol islandais pour rapidement se retrouver dans une pièce éclairée. A peine eut-il senti les effets du transplanage se dissiper que le Serpentard jeta un coup d'œil circulaire au salon. Rien, ou presque, n'était dérangé mais une nouvelle vague d'angoisse l'assaillit lorsqu'il avisa les étagères à présent vides de tous livres. Il bondit en avant, courant à moitié dans le couloir, pour se rendre jusqu'à son ancienne chambre.
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Totalement bouleversée par ce qu'elle avait découvert, Hermione s'était désartibulée en transplanant et était, à présent, assise sur le lit, occupée à soigner son mollet ensanglanté avec de l'essence de dictame. Pendant ce temps, tous ses effets personnels virevoltaient dans la pièce avant de venir se placer d'eux-mêmes dans ses valises et autres sacs magiquement agrandis. Perdue dans ses pensées et ses larmes lui brouillant la vue, Hermione ne remarqua l'arrivée de Drago que lorsque ce dernier se précipita devant elle en lui proposant son aide. En le voyant, la Gryffondor eut un mouvement de recul instinctif.
- Hermione…, souffla-t-il, visiblement peiné par sa réaction.
- Ne me touche pas, Malefoy, cracha-t-elle avec haine et dégoût.
Il aurait certainement eu la même réaction si elle lui avait collé une gifle monumentale. Il se recula à son tour, totalement choqué. En le voyant faire, Hermione ne put s'empêcher d'éclater d'un rire sans joie.
- Attends… parce que tu comptes jouer la victime, là ?!
- Hermione… écoute-moi s'il-te-plaît. Je ne voulais pas...
- Quoi, Malefoy ? Tu ne voulais pas me mentir pendant des mois ?!
- Non… Laisse-moi t'expliquer, s'il-te-plaît ! plaida-t-il en s'approchant doucement d'elle.
Mais elle s'éloigna un peu plus.
- Il n'y a absolument rien à expliquer ! Tu m'as menti et moi… moi j'ai été trop conne pour croire que tu ne jouais pas double jeu ! hurla Hermione.
- Quoi ?! Mais…
- C'est la vérité ce que Percy a dit ? Tu étais avec moi seulement pour redonner un semblant de crédibilité à ton nom ?
Malefoy ne répondit pas et la regarda simplement comme si elle était devenue folle à lier.
- Comment peux-tu dire une chose pareille ?! beugla-t-il alors en s'avançant presque instinctivement tandis que la Gryffondor reculait d'autant plus.
- Oh je ne sais pas, Malefoy… Peut-être parce que depuis le premier jour où l'on s'est revu dans ce putain de couloir, tu n'as jamais cessé de me mentir ! ironisa-t-elle.
- Je ne t'ai pas menti ! J'ai seulement… caché une partie de la vérité…
Malheureusement pour elle, la jambe d'Hermione était trop mal en point pour supporter son poids mais Drago Malefoy se serait très certainement pris la plus belle gifle de toute sa vie s'il en avait été autrement. Au lieu de cela, elle lui jeta un regard écœuré avant de continuer à soigner son mollet. Ils demeurèrent silencieux quelques instants puis le blond reprit finalement la parole.
- Hermione, je t'en prie, laisse-moi t'expliquer.
- Et à quoi ça va servir, hum ? Tu penses vraiment que je vais encore croire un traître mot qui sortira de ta bouche ? Certainement pas, souffla-t-elle, désabusée.
- Je te l'ai déjà dit et je te le répète, je ne t'ai jamais menti !
- Ce que je ne comprends pas, continua-t-elle, plus pour elle-même et sans l'écouter. C'est comment tu as fait pour si bien jouer la comédie. Les cadeaux, les soirées, les vacances, le… sexe… tout ça… Franchement, Malefoy, tu mériterais un Oscar Moldu pour ta prestation.
Elle voulut poursuivre mais il se déplaça soudainement, se plantant devant elle.
- Arrête tes conneries ! Tu sais parfaitement que tu dis n'importe quoi. Je n'ai jamais fait semblant avec toi.
Lentement, elle releva la tête vers lui, une lueur mauvaise animant ses prunelles.
- Alors dis-moi, Malefoy… Vas-y, dis-moi pourquoi tu as fait tout ça. Les cadeaux, les soirées, les vacances, le sexe et le reste… J'attends, vas-y, explique-moi. Je suis toute ouïe, dit-elle avec insolence.
En face d'elle, le Serpentard resta silencieux alors que les lèvres de la jeune femme s'étiraient en un sourire amer.
- Laisse tomber. De toute façon, je t'ai dit que je ne croirai plus rien de ce qui sortira de ta bouche.
- Hermione…
- Rentre chez toi, Malefoy…
- Hermione…
- … je termine mes bagages et je pars. Je ferai le nécessaire pour te rendre ton appartement, continua la Gryffondor en lançant un nouveau sortilège pour ranger ses affaires.
- … je t'aime.
Un silence de mort s'abattit brutalement sur la pièce. Hermione se statufia littéralement, n'osant plus bouger le moindre muscle. Ses yeux étaient rivés sur le parquet mais elle voyait toujours les jambes de Malefoy qui se tenait devant elle. Malefoy qui venait de lui dire haut et fort qu'il l'aimait… Et Hermione… éclata de rire. Elle rit jusqu'à en pleurer puis seules les larmes baignèrent son visage de nouveau. Elle le vit s'accroupir à son niveau. Voir son visage défait était trop dur pour elle et Hermione préféra conserver les yeux baissés.
- C'est la vérité. Je suis am…
- Ne le dis pas ! S'il-te-plaît, ne dis plus jamais ça, le coupa-t-elle d'une voix faible.
- Parce que tu ne me crois pas ?
Elle hocha la tête.
- Ecoute-moi. J'allai t'en parler, je te le jure mais j'avais… peur. J'avais peur que tu réagisses ainsi et que tu me quittes comme tu t'apprêtes à le faire.
- Je ne te quitte pas, Malefoy. Après tout… nous n'avons jamais été réellement ensemble.
- Arrête de raconter n'importe quoi ! s'agaça-t-il en se relevant. Dis-moi quoi faire pour que tu me crois. Je te jure que je t'expliquerai absolument tout. Ce n'est pas ce que tu penses.
- Ah oui ? Ce n'est pas ce que je pense ? Alors tu vas me dire que tu n'étais pas au courant que ta femme allait faire échapper ton père de prison avant que ça n'arrive ?!
- Si mais…
- Je n'ai pas besoin d'en entendre davantage, le coupa-t-elle. Tu savais et tu n'as absolument rien fait ! Tu les as peut-être d'ailleurs aidés, qui sait ? Avant de fuir comme un lâche. Comme toujours…
- Tais-toi ! hurla-t-il alors. Tu ne sais rien du tout !
- Tu as raison, je ne sais rien et tu sais à cause de qui ? De toi, Malefoy ! Parce que tu aurais dû me parler de ça il y a des mois et que tu ne l'as jamais fait.
- Et je vais le faire aujourd'hui. Je vais tout t'expliquer, absolument tout te dire et je n'aurai plus aucun secret pour toi.
- Je t'ai déjà dit que je ne te croirai pas. D'ailleurs, j'ai autre chose à faire. Je dois aller chez Harry et commencer à chercher un nouvel appartement.
- Je vais me soumettre au Veritaserum devant toi et tu pourras me poser toutes les questions que tu souhaites, continua-t-il comme s'il ne l'avait pas entendu.
En l'écoutant parler de la potion de vérité, Hermione releva les yeux vers lui. C'était la première fois depuis qu'il était arrivé qu'elle posait véritablement le regard sur lui et observer son visage lui fit mal. Son cœur se serra fortement mais elle fit comme si de rien était. Elle s'apprêtait à lui répondre mais il fut plus rapide.
- Avant que tu me dises que je vais parvenir à contrer la potion avec mes compétences d'Occlumens ou autres, je t'arrête tout de suite. Je compte prendre le double de la dose normalement nécessaire. Comme cela, même si j'avais l'intention de te cacher quelque chose - ce qui n'est pas le cas - je ne le pourrais pas.
Le cerveau d'Hermione tournait à plein régime, analysant la proposition sous tous les angles. Une partie d'elle lui hurlait de refuser et de ne plus jamais écouter le moindre mot qui quitterait la bouche de ce serpent. Mais une autre partie l'intimait, en revanche, d'accepter. Une sorte de curiosité morbide qui l'incitait à en apprendre un maximum sur le jour des évasions qui conduirait, par la suite, au meurtre de sa famille. Elle tergiversa pendant de longues minutes, Malefoy patientant silencieusement dans un coin de la pièce.
- Ok, lâcha-t-elle finalement sans le regarder.
Il y eut deux « PLOP » successifs et il lui présenta bientôt un petit flacon contenant un liquide transparent.
- Comment puis-je savoir qu'il s'agit bien de Veritaserum ? demanda la jeune femme en lançant un regard suspicieux au récipient.
- Tu vas en prendre avec moi, répondit simplement le Serpentard en faisant apparaitre deux chaises qu'il plaça au milieu de la pièce, l'une face à l'autre.
- Hors de question !
- Très bien, alors tu ne pourras jamais être certaine qu'il s'agit bien de la bonne potion, dit-il en levant les épaules au ciel.
Par Merlin qu'elle haïssait cet homme !
- Ok. Quand je l'aurai prise, demande-moi mon nom. Seulement ça ! Si tu me poses une autre question, je te jure que je m'en vais sur le champ et que tu ne me reverras plus jamais. On est clair ?
- Parfaitement clair.
Il s'approcha pour l'aider à se déplacer jusqu'à la chaise, puisque sa jambe avait toujours une très mauvaise allure, mais elle lui lança un regard venimeux et dissuasif lorsque sa main s'approcha d'un peu trop près. Il fit un pas en arrière, lui prouvant qu'il ne la toucherait pas et Hermione parvint difficilement à se traîner jusqu'au milieu de la pièce où elle s'assit. Elle tendit ensuite la main et le Serpentard y déposa le petit flacon. Hermione l'ouvrit et laissa trois gouttes tomber sur sa langue tandis qu'il prenait place, face à elle. Elle se sentit étrange puis lui fit signe de poser la question.
- Quel est ton nom ?
- Hermione Jean Granger veuve Weasley, s'entendit-elle répondre sur un ton monocorde.
En reconnaissant les effets du Veritaserum, la jeune femme rendit la potion à Malefoy qui en avala six gouttes, comme prévu.
- Quel est ton nom ? l'interrogea la jeune femme pour contrôler la tonalité de sa voix.
- Drago Abraxas Malefoy.
La réponse avait fusé encore plus rapidement que pour elle. Satisfaite, Hermione commença alors son interrogatoire.
- Combien de temps, avant la libération de ton père et des autres Mangemorts par ta femme, étais-tu au courant de ses projets ?
- Je l'ai su le vingt-six février, en interceptant une première lettre d'Astoria. Mais ce n'est que le premier mars, au matin, que j'ai appris qu'elle comptait les faire s'évader : mon père, Greyback et Yaxley, dans la journée.
- Étais-tu au courant de leurs autres projets ? Comme celui d'assassiner ma famille ?
- Non, assura-t-il d'un ton sans équivoque. Je n'ai eu vent du drame qui t'avais touchée uniquement lorsque ma mère m'a appris que mon père avait été tué, de même que cette connasse d'arriviste, alors que nous étions en France.
Hermione ne put s'empêcher de fermer les paupières quelques instants mais les rouvrit toutefois bien vite.
- Pourquoi n'as-tu pas alerté les Aurors le jour de la libération ?! Ils auraient pu empêcher ça ! Leur sortie de prison… les… meurtres…
- Je l'ai fait pour ma famille, répondit le blond de sa voix monotone. Scorpius et ma mère. Je ne voulais pas qu'on nous associe, moi ou Narcissa, aux Mangemorts, une nouvelle fois. Si cela avait été le cas, on nous aurait envoyé en prison et Scorpius… mon fils m'aurait été enlevé. Je ne pouvais pas perdre mon fils, il est la seule chose de bien qui soit arrivée dans ma vie. Hormis toi, depuis que tu y es entrée également, ajouta-t-il.
Hermione essaya de faire fi de ses paroles et continua à lui poser des questions d'une voix sèche. Enfin… des questions qui n'étaient même plus des questions.
- Tu aurais pu les prévenir malgré tout. On t'aurait mis sous Veritaserum, tu aurais dit la vérité et c'était terminé ! Personne ne serait mort si tu avais parlé ! hurla-t-elle en se levant presque de sa chaise malgré sa jambe endolorie.
- Je sais, dit-il. Je sais mais je ne me sens pas coupable. Je l'ai fait pour ma famille, pour mon fils. J'ai eu peur pour lui, je n'ai pas vraiment réfléchi ce jour-là. Quand j'ai appris qu'Astoria comptait faire échapper mon père, j'ai tout de suite compris qu'il serait vain d'en faire part aux Aurors. Même s'ils étaient envoyés à Azkaban, elle et Lucius finiraient par s'en prendre à Scorpius ou à ma mère. Astoria n'a jamais aimé son fils, pas plus que Lucius ne nous a aimé Narcissa ou moi. La haine qu'il y avait entre moi et ma femme était si forte que nous avons plusieurs fois tenté de nous entretuer. Littéralement.
Face à ces explications, la Gryffondor demeura totalement silencieuse. Elle n'avait, bien évidemment, pas envisagé les choses ainsi mais elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir trahie par celui qui avait été son amant pendant de longs mois maintenant. Elle releva vers lui un regard douloureux.
- Pourquoi ne m'as-tu pas tout dit depuis le début ? murmura-t-elle.
- Parce qu'au début, je sais que tu ne m'aurais pas cru et que tu n'aurais jamais accepté que nous nous asseyons comme aujourd'hui pour que tu me soumettes au Veritaserum.
- Et après, Drago ?! Tu as eu des mois pour le faire ! Pourquoi tu ne l'as pas fait par Merlin ?!
- Parce que j'avais peur de ta réaction.
Hermione émit un bruit entre le reniflement et le grognement.
- J'avais peur que tu me repousses comme tu es en train de le faire. J'avais peur que tu me… quittes.
Elle savait parfaitement où il emmenait la conversation mais elle le laissa faire, incapable de prononcer le moindre mot.
- Hermione… je t'aime. Véritablement. Tu es la seule femme que je n'ai jamais aimée et que j'aimerais sans doute jamais et…
- Depuis quand ? le coupa-t-elle tout de même.
- Depuis quand quoi ?
- Tu dis m'aimer. Depuis quand ? reprit-elle.
- Je ne pourrais pas de donner de moment précis. Je pense que je suis tombé amoureux de toi sans vraiment m'en rendre compte.
- Alors comment peux-tu affirmer que tu m'aimes ?
- Je t'ai dit que je ne savais pas à quel moment, en particulier, j'étais tombé amoureux de toi. Mais je sais à quel moment j'en ai pris pleinement conscience.
- Et c'était quand ? demanda-t-elle, dédaigneuse.
- Tu te souviens du jour où tu as débarrassé ma mère de sa maladie ? – Elle acquiesça – Eh bien c'est ce soir-là que j'ai compris que je t'aimais. J'étais dans sa chambre, ma mère dormait, enfin libérée de cette merde et j'étais vraiment très heureux. Pourtant, j'avais besoin d'être rassuré. J'avais besoin de… toi. Alors j'ai demandé à Micky et Gilly de surveiller ma mère et je suis revenu ici. Et quand tu t'es rendormie dans mes bras, j'ai compris que je venais de renier tout ce qui faisait le nom des Malefoy depuis des générations. Moi, Drago Malefoy, Sang-Pur, fils de, et ancien Mangemort, j'étais tombé amoureux d'Hermione Granger une Sang-de-Bourbe, meilleure amie d'Harry Potter et qui, si ce n'était pas suffisant, était veuve depuis peu et avait perdu sa fille unique.
Hermione baissa les yeux sur ses paumes ouvertes vers le ciel qu'elle avait posées sur ses cuisses et c'est en voyant puis sentant une goutte tomber sur sa peau qu'elle se rendit compte qu'elle s'était mise à pleurer.
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Tous les deux restèrent muets pendant très longtemps, aucun n'osant - ou ne parvenant - à dire quoique ce soit. Ce fut finalement Drago qui reprit la parole.
- Hermione…
L'intéressée releva instinctivement les yeux vers lui. Ses joues étaient à présent sèches de toutes larmes mais ses yeux lui donnaient l'impression d'être toujours prêts à s'humidifier de nouveau.
- Je sais que je t'ai caché la vérité pendant trop longtemps mais, je t'en prie, ne pars pas.
Il y avait tellement de sincérité dans sa voix que la Gryffondor en fut bouleversée. Jamais ils n'avaient eu une conversation à cœur ouvert de la sorte et elle avait beaucoup de difficultés à tenir le choc. Pourtant, il le fallait. Prenant une profonde inspiration après avoir fermé les paupières quelques instants, Hermione posa une nouvelle fois ses prunelles chocolat sur l'homme qui se tenait en face d'elle.
- Je ne peux pas Drago. Je suis désolée.
- « Tu ne peux pas, tu ne peux pas » ! répéta-t-il, s'agaçant soudainement. Tu es tout ce que j'ai toujours voulu ! Tu es une mère pour mon fils et tu as sauvé la vie de Narcissa ! TU NE PEUX PAS ME QUITTER !
Il hurla la fin de sa phrase tout en se mettant debout et Hermione fut prise d'un léger sursaut de frayeur. En la voyant réagir ainsi, le Serpentard se rassit mais conserva un visage fermé. La colère, la rage ainsi que l'appréhension et la peur se lisaient sur ses traits parfaitement dessinés. Le cœur d'Hermione se serra fortement dans la poitrine mais elle ne retint pas ses paroles.
- Ecoute… je peux comprendre ton point de vue, enfin je crois… Mais je te demande également de comprendre le mien et de te mettre à ma place, s'il-te-plaît. Imagine si tu étais moi et que tu apprenais soudainement que l'homme avec lequel tu… passes tout ton temps aurait pu empêcher le meurtre de de ta famille. Comment réagirais-tu ?
Il ne répondit pas.
- Je sais que c'est égoïste de réfléchir ainsi mais, tout comme toi, je suis égoïste en ce qui concerne ma famille, ajouta-t-elle.
- Tu es ma famille maintenant, souffla-t-il très bas. Tout au moins tu l'étais, ou devais l'être.
- Drago…
Il la coupa en levant doucement une main vers elle.
- Accepte au moins de rester ici ne serait-ce que jusqu'à demain, dit-il précipitamment.
- Tu sais que je ne peux pas faire ça.
- Scorp' va vouloir venir te dire… au revoir ou… adieu, appelle ça comme tu veux… Bref, je t'en prie, pour lui, reste jusqu'à demain. Nous viendrons le matin, ou juste lui ou…
- D'accord, acquiesça-t-elle sans réfléchir.
Le blond l'observa quelques instants avant de lui adresser un mince sourire aux accents désabusés auquel elle ne répondit pas, baissant de nouveau les yeux sur le parquet.
- Puis-je te poser une question à mon tour ? finit-il par demander.
Hermione ferma les paupières, gardant la tête basse et acquiesça.
- Est-ce que tu m'aimes ?
Une larme coula le long de la joue de la jeune femme et alla s'écraser au sol suivie d'une deuxième. Elle ne releva pas le regard vers lui et murmura simplement :
- Oui.
Tous les deux savaient parfaitement que le Veritaserum avait cessé d'agir depuis de longues minutes déjà et que sa réponse n'avait pas été donnée sous la contrainte.
- Depuis quand ?
- Je ne sais pas. Mais ça ne change rien.
- Bien sûr que si, ça change tout !
- Non.
- Mais…
- Oui, Drago : je t'aime, dit-elle en levant finalement la tête vers lui pour le regarder dans les yeux. Mais ça, je le savais avant que nous commencions à avoir cette discussion et rien de ce que tu as pu, ou ne pourras me dire, ne me fera changer d'avis.
Il la dévisagea longuement avant de hocher la tête.
- Je comprends… je suis désolé.
- Pas autant que moi, répondit-elle d'une voix ironique.
- Dis-moi quoi faire. Je ferai n'importe quoi pour me racheter et tu le sais…
- La seule chose qui te rachèterait à mes yeux est impossible à accomplir, répondit-elle tristement.
- Hermione, je te jure sur tout ce qui m'est cher que si j'avais pu empêcher le meurtre de ta fille ou si je pouvais te la ramener maintenant je le ferais !
- Tu aurais pu l'empêcher Drago… Mais tu as choisi ta famille et je ne t'en veux pas pour ça. Comme je te l'ai dit, je comprends. Mais tu m'as caché une vérité bien trop importante pour que je puisse faire comme s'il ne s'était rien passé, rentrer avec toi et ton fils et prétendre jouer à la parfaite petite famille recomposée. Je ne suis pas comme cela.
- Je sais.
- Je suis désolée, dit-elle sincèrement.
- Pas autant que moi, répondit-il en reprenant ses propres termes.
Hermione eut un mince sourire empli de mélancolie.
Puis, brusquement, le Serpentard se leva de sa chaise avant de donner un coup de pied dedans, l'envoyant voler contre la porte où elle se fracassa. Il s'approcha du premier mur qui se présentait à lui et y abattit son poing, hurlant sa rage. La jeune femme, elle, ne dit rien et resta assise, extériorisant la colère qui bouillonnait à présent dans ses veines par procuration avec son ex-amant. Il se déchaîna contre le mur encore de longues secondes jusqu'à simplement y appuyer ses deux mains avant de baisser la tête. Hermione l'observa, le cœur serré. Comme s'il pouvait sentir son regard sur lui, Drago tourna la tête à ce moment-là, plongent ses prunelles grises dans les siennes. Lentement, il se décolla du mur et s'avança vers elle qui était toujours assise sur sa chaise. La Gryffondor ne bougea pas. Il s'accroupit devant elle. Machinalement, Hermione tendit une main vers lui, répondant entièrement à ses instincts. Elle toucha sa joue du bout des doigts et il ferma les yeux, déposant sa propre main sur la sienne, la pressant contre sa peau. Ils demeurèrent ainsi, sans bouger ni parler, de longues minutes puis Drago attrapa ses doigts et les porta à ses lèvres. Il les embrassa sobrement puis reporta son regard sur elle.
- Tu es certaine pour demain ?
- Oui, répondit-elle sans délai.
Il opina avant de se lever, la main d'Hermione toujours dans la sienne. Il la lâcha lentement puis caressa sa joue.
- Si Merlin n'est pas le sale petit con que je le pense être, il te fera changer d'avis durant la nuit, dit-il dans un souffle.
Les lèvres d'Hermione s'étirèrent en un mince et triste sourire.
- Je suppose que je ne peux pas t'empêcher de l'espérer.
- Non, tu ne le peux pas.
Elle ne répondit pas, appréciant le contact avec Drago pour ce qui était très certainement la dernière fois. Comme s'il lisait dans ses pensées, il ne fit rien pour ôter sa main et se fut finalement elle qui s'en écarta quelque peu.
- A demain Malefoy, dit-elle en le regardant.
- A demain Granger, répondit-il sur le même ton. Ça va aller ta jambe ?
Elle acquiesça brièvement et le regarda ensuite transplaner chez lui.
OoOoOoO
Restée seule, Hermione demeura immobile, défaite par cette journée qui avait si bien commencée et qui finissait pourtant de la pire des façons. N'ayant aucune envie d'ingurgiter la moindre nourriture, elle sauta le repas, se contentant de boire un verre d'eau avant de ressortir un pyjama de ses valises, à présents entièrement bouclées pour son déménagement imminent. Épuisée mais sachant parfaitement qu'elle ne parviendrait pas à dormir, la Gryffondor se glissa tout de même sous les draps de son lit. Toutefois, elle n'y resta qu'une minute, tout au plus. Incessamment assaillie par des épisodes de ce qu'avait été sa vie pendant les quelques mois au cours desquels elle avait si souvent partagé ce couchage avec Drago, la jeune femme s'en échappa comme si le tissu l'avait brûlée et quitta la pièce. Elle se rendit sur son canapé, espérant pouvoir y passer quelques minutes - voire heures, avec un peu de chance - dans un état comateux mais la même chose se reproduisit. Son regard était irrésistiblement attiré par le pan de mur, tout proche, contre lequel son amant lui avait fait passionnément l'amour, un soir de réconciliation. Même lorsqu'elle ne pensait plus à ses mains sur sa peau et ses baisers sur ses lèvres, le fantôme de Drago n'était jamais très loin. C'est le regard perdu sur leur « placard de la dépravation » qu'Hermione décida qu'elle ne pouvait pas, non plus, restée allonger ici plus longtemps. Alors elle se rendit dans le seul endroit où elle n'avait aucun souvenir avec son amant et où elle savait qu'elle trouverait du réconfort.
Hermione marcha dans le second couloir de son appartement en forme de U, passa devant la salle de bain principale puis s'arrêta devant la porte de la chambre de Scorpius. Elle ne bougea pas pendant quelques secondes puis posa la main sur la poignée qu'elle actionna. La pièce était plongée dans le noir mais elle ne s'embarrassa pas d'allumer la lumière. La Gryffondor était venue assez souvent dans cette pièce pour pouvoir s'y repérer et marcha lentement jusqu'au lit du fils de Drago. Elle s'y assit, posa les mains sur ses genoux et resta ainsi de longues minutes, ne faisant rien d'autre que tenter de ne surtout pas penser et réfléchir. Mais rien ne fonctionnait. A présent, c'était le visage bienveillant du garçon, son sourire tantôt amusé, tantôt heureux ou encore mutin, ses grands yeux bleus-gris assoiffés de connaissance et de reconnaissance et sa tignasse blond foncé qui s'imposait à elle.
Incapable de retenir ses larmes plus longtemps, Hermione les laissa couler une nouvelle fois, attrapant l'oreiller de Scorpius et le serrant contre elle comme s'il exerçait – ce qui était sûrement le cas… - un quelconque pouvoir réconfortant, avant de replier les jambes sous son corps. Comment avait-elle pu s'attacher autant à eux en un si court laps de temps ?
Au bout d'un moment, elle se laissa tout simplement basculer sur le matelas, les bras toujours solidement agrippés à l'oreiller du jeune Serdaigle. Elle n'osa même pas penser au jour suivant et finit par s'endormir d'épuisement, emmitouflée dans les couvertures, en travers du petit lit.
OoOoOoO
Lorsqu'elle se rendit dans sa chambre, le lendemain matin, pour prendre ses vêtements et son nécessaire de toilette, Hermione n'y demeura pas plus de quelques secondes. Elle ne s'engagea même pas dans sa salle de bain privative et préféra aller prendre une douche dans l'autre. Elle s'attacha négligemment les cheveux, revêtit un tee-shirt, un jean et un gilet puis retourna dans le salon. Elle n'avait pas essayé de dissimuler ses cernes ou son teint livide. De toute façon, quel était l'intérêt de cacher cela ?
Elle jeta un coup d'œil à l'horloge. Il était huit heures. Hermione s'était réveillée très tôt ce matin-là. Ne parvenant pas à retomber dans cet état second qu'elle avait appelé « sommeil » et qui lui avait tenu compagnie toute la nuit, elle avait fini par se lever.
Et maintenant, l'attente commençait.
Dix minutes.
Vingt.
Trente.
Cinquante.
Une heure.
Une heure trente.
Une heure et quarante-deux minutes.
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Toc, toc, toc.
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Hermione avait beau avoir attendu leur arrivée depuis une heure et quarante-deux minutes, un pic d'angoisse s'empara d'elle lorsqu'elle entendit les coups donnés contre sa porte. Elle ferma les paupières un court instant, prit une profonde inspiration puis se leva du canapé sur lequel elle s'était assise, le dos très droit. Elle fit appel à tout le courage dont elle était capable pour surmonter l'épreuve que constituerait cette matinée, posa la main sur la poignée et ouvrit.
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Ils étaient là tous les deux et la première chose qu'Hermione remarqua fut qu'ils semblaient aussi épuisés et abattus qu'elle. Drago avait les mêmes cernes que les siens et les yeux de Scorpius étaient rougis comme si, à l'instar de ce qui s'était passé pour la jeune femme, il avait pleuré une bonne partie de la nuit. Ils se regardèrent tous les trois pendant une minute, ne prononçant aucune parole, puis Hermione s'effaça de devant la porte, les invitant tacitement à pénétrer dans l'appartement qui ne serait bientôt plus le sien. Le même scénario qu'à l'extérieur se reproduisit et Hermione prit sur elle pour leur proposer quelque chose à boire ou à manger. Les deux Malefoy hochèrent négativement la tête et Scorpius finit par ouvrir la bouche.
- Hermione, est-ce que je pourrais te parler ? demanda-t-il d'une voix un peu rauque.
La jeune femme acquiesça rapidement et lui proposa d'aller dans sa chambre. Drago suggéra de quitter lui-même la pièce mais l'enfant accepta plutôt la proposition d'Hermione.
Il sembla surpris de voir que son lit était totalement défait.
- J'ai... euh… dormi ici la nuit dernière, avoua la Gryffondor d'une petite voix avant de jeter un sortilège sur le lit pour qu'il se fasse tout seul.
Scorpius hocha simplement la tête et alla s'y s'asseoir. Ne sachant pas vraiment quelle attitude adopter, Hermione l'imita mais demeura à une distance respectueuse. Elle l'observa, attendant qu'il parle puisqu'il lui avait affirmé avoir quelque chose à lui dire mais il restait irrémédiablement muet, le regard rivé sur le parquet de sa chambre et les épaules basses.
- Je suis désolé, souffla-t-il au bout d'un moment.
Hermione sentit son cœur se serrer.
- Pourquoi t'excuses-tu ?
Il releva vers elle un regard humide.
- Si je n'avais pas posé cette question stupide… Si je n'avais rien dit… Tu serais encore… On serait encore…, bredouilla-t-il.
Hermione ferma les paupières.
- Tu n'y es pour rien, répondit-elle très sincèrement. Tu n'as pas à t'excuser.
- Mais si…
- J'aurais fini par l'apprendre, le coupa-t-elle doucement. Et, finalement, mieux valait que cela soit maintenant que plus tard. Même si j'aurais aimé le savoir bien plus tôt.
- Je suis désolé, Hermione… pour ta fille… je suis désolé. Et Papa aussi, tu sais… Il est…
- Je sais, Scorpius. Et tu n'as pas à t'excuser. Tu n'as rien à voir avec tout cela.
- Alors tu vas nous laisser ?
La Gryffondor ferma les paupières une nouvelle fois, les serrant très fortement l'une contre l'autre. Elle ne put cependant empêcher la larme qui s'en échappa au même instant où elle lui répondait.
- Je ne peux pas rester avec ton père. Je suis désolée.
Le menton de l'enfant tremblotait légèrement lorsqu'elle rouvrit les yeux.
- Est-ce que… est-ce que j'ai le droit… de te faire un… un… « câlin » ? demanda-t-il difficilement.
- Bien sûr mon chéri.
Chamboulée, Hermione tendit les bras, faisant la moitié du chemin vers lui alors qu'il en faisait autant. Il se précipita contre elle et Hermione referma les bras autour de lui. Ils restèrent ainsi, partageant leur douleur de perdre pour l'un, une « presque-mère » et pour l'autre un « presque-fils ».
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Ce fut Hermione qui parvint à reprendre un semblant de contenance ou, tout au moins, à arrêter de pleurer en premier. Elle continua pourtant de serrer contre elle l'enfant qui avait beaucoup plus de mal à faire taire sa peine. Doucement, la jeune femme se détacha de lui. Elle essuya les larmes qui coulaient librement avec ses pouces puis lui adressa un très mince sourire.
- Si ton père est d'accord, nous pourrons continuer à échanger des lettres. Tu sais, je serais toujours là si tu as besoin de moi, dit-elle doucement.
Scorpius releva les yeux vers elle.
- Et si ce dont j'ai besoin, c'est que tu sois là tout le temps ? Comme une… maman…
Hermione eut l'impression que son cœur se brisait en mille morceaux ridiculement petits et qu'elle ne parviendrait, cette fois-ci, plus jamais à recoller l'ensemble. Il lui fallut la plus puissante dose de force mentale de toute sa vie pour ne pas s'effondrer sur le coup. Au lieu de cela, elle parvint à ouvrir la bouche et à répondre quelque chose. Une chose qui lui fit tout aussi mal que la phrase de l'enfant, quelques secondes auparavant.
- Je ne peux pas être ta maman, Scorpius.
- Pourquoi ? Tu ne m'aimes pas assez pour ça ? reprit-il, des sanglots plein la voix.
Merlin, pourquoi cela devait-il être si dur ?!
- Je t'aime beaucoup mais je ne peux pas t'aimer comme une maman le devrait.
- Pourquoi ? Parce que tu ne veux plus être avec Papa ?
- Oui…
- Mais ça n'a rien à voir. Je ne te parle pas de Papa, là ! Moi je ne veux pas arrêter de te voir ! s'exclama-t-il tout en pleurant.
- Scorpius… Tu sais que nous ne pouvons pas nous voir sans ton père…, souffla Hermione, peinant à poursuivre cette conversation qui était beaucoup trop difficile.
- Pourquoi ?! Parce que tu n'es pas ma mère ?
- Entre autres.
- Mais je m'en fiche complètement de ça, moi ! J'ai eu une mère, elle ne m'aimait pas.
- Scorpius… tu ne me connais que depuis quelques mois, je ne peux pas…
- Oui et, en quelques mois, tu m'as plus montré que tu m'aimais que ma mère en onze ans ! C'est toi ma maman ! affirma-t-il durement.
- Scorpius… je ne peux pas être ta maman. Mais je peux continuer à être ton amie et à t'écrire des lettres si tu en as envie.
Elle lui adressa un regard sincèrement désolé et les larmes coulèrent un peu plus sur les joues du Serdaigle. Hermione écarta une nouvelle fois les bras et Scorpius s'y réfugia. Ils restèrent silencieux tandis que la jeune femme lui caressait doucement les cheveux comme elle en avait pris l'habitude lorsque sa propre fille avait du chagrin et qu'elle souhaitait l'apaiser.
- Tu demanderas à Papa pour les lettres ? l'interrogea Scorpius au bout d'un moment.
- Oui, répondit la jeune femme.
Elle sentit l'enfant hocher la tête, signe qu'il acceptait sa proposition d'être, à défaut de sa maman, son amie.
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Au bout de longues minutes, tous les deux finirent par quitter la chambre de l'enfant et retrouvèrent Drago au salon. Ce dernier était assis dans le canapé, une main sur le visage. En les voyant arriver, il se redressa, posant un regard douloureux sur eux. Scorpius se réfugia à son tour sur le canapé et ramena ses jambes contre lui avant de se remettre à pleurer. Le voir ainsi déchira encore un peu plus Hermione qui dut détourner les yeux pour ne pas elle-même se remettre à pleurer.
Elle croisa alors le regard de Drago.
- Merlin est donc bien le petit con que je pressentais qu'il est, dit-il, presque avec ironie.
- Il semblerait, répondit Hermione en baissant les yeux.
Elle laissa s'écouler plusieurs secondes puis reprit la parole tout en relevant la tête vers le Serpentard.
- J'ai proposé à Scorpius de continuer à lui envoyer des lettres. Je souhaiterais avoir ton approbation.
Il eut un mince sourire désabusé.
- Évidement que tu l'as, répondit-il.
- Merci.
- Je peux te parler ?
Elle ne répondit pas mais lui fit signe de la suivre. Elle se dirigea une nouvelle fois en direction de la chambre de Scorpius. Ils y entèrent tous les deux, Drago refermant doucement la porte derrière lui, puis ils restèrent debout l'un face à l'autre, Hermione la tête baissée.
- Je suis désolé, dit-il au bout d'un moment.
- Je sais. Je le suis également.
- Je sais et je ne t'en veux pas. Je comprends pourquoi tu le fais.
Elle le vit faire un pas en avant et elle ne bougea pas.
- Tu feras attention à toi, hum ?
Elle acquiesça difficilement, ne parvenant pas à relever les yeux vers lui.
- Tu sais que tu peux toujours me contacter, pour n'importe quoi ?
Nouveau hochement de tête. Il s'approcha encore quelque peu, réduisant l'espace entre eux à quelques petits centimètres. Hermione sentit ses yeux la piquer et Drago plaça une dernière fois son doigt sous son menton pour lui faire relever la tête comme il l'avait si souvent fait par le passé. Il lui adressa un mince sourire alors que sa main dérivait sur sa joue qu'il caressa imperceptiblement.
Puis, lentement, il laissa retomber sa main et Hermione su qu'il allait partir. Comme pour lui donner raison, il s'attarda une dernière fois sur son visage puis baissa les yeux à son tour avant de tourner les talons. Il marcha en direction de la porte et posa sa main sur la poignée. Hermione le vit prendre une profonde inspiration, et il l'actionna.
- Drago !
Il se retourna vers elle et ce fut lorsqu'elle croisa ses prunelles grises et interrogatives qu'Hermione prit conscience qu'elle l'avait appelé. Ils demeurèrent immobiles puis la Gryffondor bondit littéralement vers lui. Il la réceptionna du mieux qu'il le pu, la prenant dans ses bras avant de la serrer contre lui à lui en rompre les os tandis qu'elle en faisait autant de son côté. Hermione déposa son menton sur son épaule, ferma les yeux et respira pour la dernière fois son odeur. L'odeur qu'elle appréciait tant. L'odeur de l'homme qu'elle aimait.
- Tu prendras soin de lui, d'accord ? chuchota-t-elle alors qu'il plongeait son visage dans ses cheveux.
Il acquiesça.
- Je suis désolée.
- Je t'aime…
- … je t'aime.
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Hermione se détacha de Drago peu de temps après - la seconde chose la plus difficile qu'elle eut à vivre depuis des mois après avoir dit à Scorpius qu'elle ne pouvait pas jouer le rôle de sa mère - puis ils retournèrent dans le salon. En les voyant revenir, Scorpius se leva. Il comprit bien vite qu'il était l'heure des adieux et se précipita vers Hermione qui le serra une nouvelle fois contre elle.
- Travaille bien à Poudlard. Je compte sur toi pour me battre dans toutes les matières, d'accord ? pleura-t-elle à moitié.
Il hocha deux fois la tête.
- Mange bien, n'oublie pas de te reposer, c'est important et aussi de ne pas passer tout ton temps à la Bibliothèque. Amuse-toi avec Hélène et Daniel, d'accord ?
Il reproduisit son geste, ne la lâchant pas.
- Je t'aime Hermione et tu n'es peut-être pas ma mère mais c'est toi ma maman.
- Je t'aime aussi Scorpius, répondit simplement la Gryffondor.
Elle échangea un regard avec Drago qui vint doucement détacher son fils des bras d'Hermione.
- On peut emprunter ta cheminée ? demanda-t-il.
- Bien sûr. Et elle redeviendra très rapidement ta cheminée. Je t'enverrai les papiers le plus tôt possible.
Il lui fit signe qu'il s'en fichait totalement et s'avança en direction de l'âtre, la main de Scorpius dans la sienne. Une dernière fois, l'enfant tourna la tête vers elle, les joues baignées de larmes, puis son père et lui pénétrèrent dans la cheminée. Il y eu un moment de flottement où les deux Malefoy l'observèrent tandis qu'Hermione alternait entre le visage triste de Scorpius et les traits douloureux de Drago puis ce dernier lâcha la poignée de poudre de cheminette. Il prononça leur adresse et tous les deux disparurent dans un torrent de flammes vertes. Hermione eut tout de même le temps de distinguer les mots que les deux blonds lui adressèrent avant de partir.
Un « Au revoir Hermione, je t'aime » de Scorpius.
Et un « Je suis vraiment désolé » de Drago.
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A présent seule, Hermione empaqueta le reste de ses affaires, leur jeta un sortilège pour qu'elles tiennent dans la poche de son manteau, enfila ce dernier, mit son écharpe et jeta un dernier regard à toutes les pièces de son appartement. Elle passa une main sur le pan de mur renfermant le « placard de la dépravation », serra contre elle l'oreiller de Scorpius et caressa du bout des doigts son bureau. Lorsqu'elle arriva dans la chambre qu'elle avait partagée avec Drago, Hermione s'approcha du lit fait au carré, passa une main sur la couverture, aussi sombre que son humeur, puis retira l'oreiller sur lequel le Serpentard avait pris l'habitude de s'endormir. De même qu'avec celui de Scorpius, elle le serra contre elle, en respira l'odeur à plein poumon puis le reposa avant de refaire le lit.
Elle sortit de sa poche la clef de son appartement que Drago lui avait offerte à l'occasion de son anniversaire et la déposa bien en évidence sur la couette avant de se reculer et de fermer la porte. Elle se rendit dans son salon, y jeta un dernier regard circulaire, puis transplana finalement à l'orée de la propriété des Potter.
OoOoOoO
Hermione passa la soirée du trente-et-un décembre enfermée dans la chambre d'amis, pleurant toutes les larmes de son corps et refusant catégoriquement de participer à de quelconques festivités. Quinze jours plus tard, elle emménageait dans un minuscule studio du Londres Moldu, ne pouvant s'offrir mieux pour le moment.
Son nouvel emploi lui plaisait énormément et elle se sentait enfin stimulée intellectuellement. Pour autant, à peine rentrait-elle à son domicile que ses joues se maculaient une nouvelle fois de larmes et elle finissait très souvent ses soirées repliée sur elle-même sur son canapé-lit, dans sa petite douche voire parfois à même le sol, espérant, sans vraiment y croire, qu'un jour, les absences de Rose, Scorpius et Drago deviendraient moins accablantes et douloureuses.
Bon alors euh... moi, je vais m'en aller, hein ? Non parce qu'à mon avis, si je reste (et malgré le fait qu'ils se disent ENFIN qu'ils sont amoureux), on va me balancer des tomates, des cailloux, des rochers, et bla-bla-bla... Voire me jeter du haut d'une falaise ! Alors je vous laisse seulement me menacer par le biais de vos reviews ! :D
Parce que vous allez reviewer, n'est-ce pas ?
Plus sérieusement, j'ai été très étonnée qu'au cours des premiers chapitres (plus spécifiquement du troisième) personne (ou presque) n'ait véritablement relevé le fait que Drago quittait l'Angleterre après avoir appris les projets de libération de sa femme mais avant qu'elle ne les mette en œuvre. Et que notre cher Serpentard aurait donc peut-être pu empêcher les meurtres de Ron et Rose (qui se sont passés presque deux ans après la libération de Lucius) s'il avait été rendre une petite visite aux Aurors...
Alors comment envisager la suite pour Hermione et Drago à présent ? ^^ Voici la question à 10 000 Gallions à laquelle je vous propose de me répondre. J'adore lire vos théories donc n'hésitez surtout pas à me les proposer ! :)
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Voilà, je vous fais plein de bisous et je vous dis à très, très vite dans vos reviews, à samedi sur FB pour le titre du chapitre soixante et à mercredi prochain pour sa publication.
Chalusse
