Bonjour à tou(te)s !

J'espère que vous allez bien !

Avec un peu de retard, je vous souhaite de Joyeuses Pâques ! J'espère que vous vous êtes bien gavés de chocolats et que votre foie a survécu.

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Comme toutes les semaines, je remercie infiniment les fantastiques lecteurs qui ont pris le temps de me laisser leurs impressions sur le chapitre précédent. Vous avez été nettement plus nombreux que d'habitude et vos reviews m'ont énormément touchée donc MERCI ! J'espère que vous serez autant à m'écrire après cette publication. :)

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RàRs Anonymes :

Guest : Je considère ta surprise vis-à-vis du chapitre précédent comme une « bonne chose ». J'apprécie tout particulièrement lorsqu'un lecteur me dit qu'il ne s'attendait pas à ce que les événements se déroulent ainsi. Scorpius est effectivement déchiré par la brusque séparation de son père et Hermione. Lui envisageait (tout comme les Dramione finalement) de plus en plus que tous les trois forment une « vraie » famille. Il tombe de haut… Hermione est malheureuse tout simplement car elle sait que Drago a agi (en ne prévenant pas les Aurors) pour le bien de Narcissa et de Scorpius et ça, elle ne peut pas le lui reprocher. La seule « chose » qu'elle puisse lui reprocher c'est de lui avoir caché la vérité ce qui est assez dérisoire au vu de ce qu'il s'est passé. Elle ne le quitte donc pas réellement pour cela. Elle le quitte avant tout car elle pense que c'est son devoir vis-à-vis de Ron et Rose. Et c'est ça qui complique drastiquement la situation… Alors s'arrangera-t-elle ? Ou non ? Il faudra lire le(s) prochains(s) chapitre(s) pour le découvrir.

Des milliers de mercis pour ta review ! Plein de bisous et bonne semaine à toi également !

MariePuffy : Attention… 3… 2… 1… MOUAHAHAHAHAH !

Je suis une sadique, je sais, je sais… « C'est quoi cette suite ?! » eh bien… c'est la suite qui était déjà prévisible dès les premiers chapitres ! :D C'est vrai que tout allait bien entre les Dramione et justement : quel meilleur moment pour tout faire voler en éclats ? J'ai intérêt à les rabibocher ? Ah mais je n'ai aucun pouvoir, moi. Ce sont eux qui décident ce qu'ils font et veulent faire. Et manifestement, Hermione est plutôt décidée à mettre un terme à sa relation avec le beau Drago.

Tu ne donnes pas cher de la santé mentale des Dramione et de Scorp' ? Il est vrai que l'on est en droit de s'inquiéter au vu de la façon dont s'est déroulée la « séparation » et le bref aperçu que nous avons eu du « post-séparation » POV Hermione. Il faudra lire la suite pour en savoir davantage…

Tu penses que les personnages secondaires pourraient jouer un rôle dans un potentiel « rabibochage » ? Eh bien encore une fois, il faudra lire la suite pour le savoir car je ne révèlerai rien… MOUAHAHAHAHAH 2 !

Tout plein de merciiiiis pour ta nouvelle super review ! J'espère que ce chapitre te plaira (quoi qu'il puisse s'y passer). Plein de bisous pour toi aussi. :D

The White Ferret : Je vais encore passer pour une sadique mais je suis ravie de t'avoir presque fait pleurer. ^^ Ça me fait toujours super plaisir de savoir que je suis parvenue à transmettre autant d'émotion à mon lecteur. :)

Je pense que tu n'es pas la seule à avoir imaginé que le voyage en Islande souderait plus encore les Malefoy-Granger. Il m'est avis que les autres lecteurs anticipaient la même évolution et c'est pareil pour les personnages. Notamment pour Scorpius. Mais le destin (moi, de mauvaise foi ? NOOOOOOOOON jamais !) en a décidé autrement ! Et ça me fait très plaisir que tu apprécies malgré tout. Des millions de mercis pour tes magnifiques compliments et ta génialissime review. Je te fais des bisous et j'espère que ce nouveau chapitre te plaira ! A très bientôt. :)

Flow : Vous êtes beaucoup de revieweurs à me confier que le chapitre de la semaine a su vous toucher au point de vous faire pleurer (ou presque) et j'en suis vraiment ravie. Comme j'ai déjà pu le dire, c'est un bonheur pour moi de savoir que je parviens à transmettre ce type d'émotions aux lecteurs. Après, je comprends que tu souhaites m'étriper voire me forcer à modifier les événements. Il est vrai que je t'avais mise en garde dans une précédente RàR. Je ne t'avais pas clairement dit que leur petite « famille recomposée » allait se briser mais je l'avais laissé entendre tout simplement car, comme dans la vie, nous ne pouvons jamais être absolument certains que le bonheur perdure. D'autant plus ici. Toutes les clefs du bouleversement du chapitre précédent étaient données dès le tout début de l'histoire. ^^

« Ils s'aiment et je les sépare »… Ils s'aiment : oui. Je les sépare : nope. Ce sont les personnages qui choisissent. Moi, je ne fais que retranscrire l'histoire. ;)

Alors… happy-end ou non ? Suspens… Rendez-vous dans quelques chapitres pour le savoir (et savoir si tu viendras lire mes autres fics' !)

Je te remerciiiiie pour ta review même si, comme beaucoup de lecteurs je pense, tu es remontée contre la sadique et trèèès méchante auteure que je suis. ^^ Je t'embrasse et je te dis à bientôt (peut-être !). :)

Caro : Je tiens dans un premier temps à te remercier car il me semble que tu me laisses une review pour la première fois donc merci infiniment pour ça. Ensuite… tu as également pleuré en lisant le chapitre de la semaine dernière ? Par le caleçon de Merlin, je ne pensais pas que les lecteurs seraient à ce point touchés par le texte… Comme je l'ai expliqué plusieurs fois, ça me fait extrêmement plaisir de parvenir à vous transmettre autant d'émotions donc… merci. Merci également pour tes félicitations et tes magnifiques compliments sur l'ensemble de l'histoire. Je suis très heureuse qu'elle t'ait happée et j'espère qu'elle te plaira jusqu'au bout. Merci, merci, merci et encore merci pour ta sublime review ! Je t'embrasse et j'espère à très vite ! :)

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Voilà pour les RàRs anonymes ! Je pense qu'il est à présent temps pour moi de vous laisser avec le nouveau chapitre. Un nouveau chapitre plutôt très long car il s'étend sur pas moins de dix-neuf pages Word ! J'espère qu'il vous plaira.

Les Dramione vont-ils se « rabibocher » ? Pas se rabibocher ? Que va-t-il se passer maintenant qu'ils se sont séparés ? C'est ce que je vous propose de découvrir dès à présent. Je vous souhaite une excellente lecture et je vous dis à tout à l'heure avec la note de fin. :)

Comme toujours, seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


Chapitre 60 : Réflexions et confessions (Partie 1)

15 janvier

Salut Grangie.

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Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Drago m'a tout expliqué et ça me fait vraiment chier pour vous. Mais je peux comprendre ta réaction.

Bref, la raison pour laquelle je t'écris est que Drago m'a également parlé de la promesse qu'il t'avait faite de me demander de bien vouloir te proposer des duels et autres exercices visant à te faire extérioriser ta colère ou je ne sais quelle connerie dans le même genre…

Je suis partant pour le faire si tu l'es aussi.

Tu n'auras qu'à me retrouver chez moi demain soir, disons vers vingt heures trente.

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Envois-moi la confirmation par hibou,

Ne fais pas trop de bêtises d'ici là,

Le plus sexy de tous : Blaise Zabini

OoOoOoO

14 février

Bonjour Hermione, ma chérie,

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Je sais que tu as annoncé à Ginny et Harry que tu resterais seule chez toi demain, puisque l'on t'a donné ta journée, mais je voulais tout de même te proposer de nous accompagner pour le recueillement qui aura lieux à l'endroit où nous avons dispersé les cendres de Ron et Rose l'année dernière. Toute la famille sera présente (Bill et Charlie inclus) et nous nous y rendrons le matin aux alentours de dix heures.

J'avais proposé d'organiser quelque chose de particulier mais Harry, ainsi que Ginny et le reste de ses frères, m'ont demandé de « faire simple ». Nous avons donc décidé de seulement déjeuner tous ensemble au Terrier après cela.

Comme je te l'ai dit, je sais que lorsque Ginny et Harry avaient abordé le sujet du recueillement avec toi, tu avais refusé de venir. Mais peut-être changeras-tu d'avis…

Tu auras ta place à table de toutes les manières.

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Je t'embrasse,

Très affectueusement et avec tout mon soutien,

Molly Weasley

OoOoOoO

15 février

Bonjour Mione,

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Je t'envoie seulement ce petit mot pour te dire que tout le monde a parfaitement compris que tu ne sois pas là aujourd'hui et que personne ne s'en est senti insulté. Percy a essayé de faire le malin mais Maman l'a très rapidement remis à sa place et le reste de la famille était d'accord avec elle lorsqu'elle lui a affirmé qu'il n'était qu'un « petit idiot qui ne pensait qu'à lui et qui n'avait pas de cœur ». Percy a répliqué que c'était justement ce qu'il pensait de toi et, là, Maman l'a giflé… C'était pas très beau à voir mais je pense que si elle ne l'avait pas fait, quelqu'un d'autre se serait proposé.

Enfin bref, tout ça pour te dire qu'ils pensent tous énormément à toi et t'embrassent fort. Je crois qu'Harry est également en train de t'écrire une lettre mais sache que, quoi qu'il arrive, il se joint à moi et t'apporte également ses meilleurs sentiments. Nous espérons que tu continueras à demeurer forte comme tu as pu l'être au cours de ces derniers mois et sois certaine que nous sommes là si tu as besoin de nous. Que ce soit pour une épaule sur laquelle t'épancher, une boîte d'œufs, une chambre d'ami, un câlin made in Weasley ou le café d'Harry… Enfin ça, je pense que tu t'en passerais bien… Moi aussi d'ailleurs, mais tu as compris !

Je t'embrasse et te serre contre moi par hibou interposé,

Très affectueusement et amicalement,

Ginny

OoOoOoO

15 février

Salut Herm',

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Ginny t'as déjà écrit, j'en suis certain puisque je la vois rédiger une lettre en face de moi, mais je tenais également à le faire.

Tu sais que ce genre de choses ce n'est pas vraiment mon truc mais je voulais que tu saches que personne n'a été déçu que tu ne viennes pas. Tout le monde comprend, moi le premier et tout le monde t'embrasse et t'apporte son soutien.

Je sais qu'il s'est passé beaucoup de choses dernièrement mais j'espère que tu resteras forte. Tu mérites d'être la femme la plus heureuse au monde et je suis certain que Ron et Rose penseraient comme moi et te diraient de continuer à essayer de te reconstruire malgré tout.

Sache que je serai toujours là pour toi, peu importe ce dont tu as besoin, même de mon café…

Je t'aime et je t'embrasse,

Harry

OoOoOoO

15 février

Salut Grangie,

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Bon, je sais que ça doit pas être vraiment la joie pour toi aujourd'hui alors je me suis dit que tu aurais sûrement besoin d'une petite dose de « Blaise Zabini » pour redonner un peu de couleur à tes joues toutes pâlottes. Quoique… c'est vrai qu'après t'avoir vue pleurer l'autre jour à l'entraînement, je sais à présent que tes joues sont tout sauf pâlottes dans ces moments-là ! En fait, tu ressembles plutôt à une sorte de… Rah je sais pas, m'enfin c'est pas très beau à voir ! Alors, Grangie, fais-moi le plaisir de sécher toutes ces affreuses larmes sur ton visage qui, en temps normal, est assez potable ! Bon… plutôt joli… Ok, ok, t'es belle, mais sache que je ne répéterai jamais ça car s'il y a une chose que je déteste encore plus que ton visage de Grangie-éplorée, c'est celui de la Grangie-arrogante et je sais très bien que c'est comme ça que tu vas débarquer pour le prochain entraînement et je préfère encore te voir pleurer qu'avec le nez en l'air dans une attitude condescendante. Bref, tu sèches tes larmes mais… c'est tout ! Je compte sur toi Grangie, ne me déçois pas !

Sinon, je t'attends vendredi soir, chez moi, comme d'habitude pour l'entraînement.

Je ne te serre pas contre moi (je ne vois déjà que trop bien l'effet que je peux te faire en enlevant simplement mon tee-shirt alors… mieux vaut ne pas pousser Voldy dans un champ de Géranium Dentu !) et je t'embrasse encore moins,

A vendredi,

Blaise

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PS : pour que tu vois un peu le désastre auquel tu ressembles lorsque tu pleures, j'ai joint à cette lettre une photo de toi que j'ai prise pendant notre dernier entraînement et où tu t'étais mise à pleurer comme une fillette de cinq ans et demi tout ça parce que je t'avais poussée « un peu trop fortement » et que tu étais tombée « un peu trop lourdement » ! T'as vu la tronche que tu tires là-dessus ? Bien… Alors, maintenant, arrête de pleurer !

OoOoOoO

15 février

Bonjour Hermione,

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Pour répondre à ta dernière lettre, le professeur Binns a beaucoup aimé ma dissertation et a été vraiment surpris des ajouts que j'avais pu faire uniquement grâce à l'édition originale de « L'Histoire de Poudlard » que Papa et toi m'avez offert pour Noël. Du coup, j'ai eu un « O ». J'ai aussi eu un « O » en Sortilège hier et aussi en Potion, ce qui est assez rare pour être souligné, je crois.

Sinon, Dan' a eu une retenue pour s'être battu avec un troisième année de Serpentard… Des fois, je me demande vraiment pourquoi le Choixpeau l'a envoyé chez les Serdaigle…

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Mais ce n'était pas pour te dire ça que je voulais t'écrire aujourd'hui. Tu me manques beaucoup Hermione et je sais que je te manque aussi mais je sais que ce sont surtout Rose et ton ancien mari qui te manquent aujourd'hui. J'aurais vraiment beaucoup aimé pouvoir être avec toi pour essayer de te réconforter. Ou alors j'aurais aimé que Papa…

Bref, j'espère que tu n'as pas passé la journée toute seule et que tes amis et ta famille ont été avec toi. J'aurais bien aimé écrire à Mr Potter pour savoir s'il avait passé du temps avec toi et t'avais peut-être fait du chocolat chaud, puisque je sais que tu aimes en boire quand ça ne va pas bien. Mais je n'ai pas osé, j'avais peur que tu sois fâchée contre moi.

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De même, je ne sais pas si tu seras fâchée de ce que je vais te dire ou si ça va te rendre encore plus triste mais…, je voulais juste te dire que je pense que tous les enfants du monde rêveraient d'avoir une maman comme toi et je suis certain que si ta fille peut te voir en ce moment, elle est très fière de toi. Et ton ancien mari, Ronald, aussi. En tout cas, moi, je le suis même si je ne suis pas ton fils. Alors j'espère que tu n'es pas triste… Enfin si, tu l'es, c'est obligé ! Mais j'espère que tu n'es pas trop triste. Je te fais plein, plein, plein de bisous. Je t'aime très, très, très fort et je veux que tu ailles bien alors je te fais encore pleins de bisous et pleins de câlins et je t'envoie aussi du chocolat chaud que j'ai été chercher à la cuisine tout à l'heure – au cas où la famille Weasley-Potter ne t'en aurait pas préparé. J'ai jeté un sortilège de Poids-plume pour que Bathilda puisse le transporter sans trop de soucis et aussi un sortilège pour qu'il reste bien attaché à sa patte et aussi pour qu'il ne refroidisse pas. C'était plutôt cool parce que, pour faire tout ça, j'ai dû aller à la Bibliothèque et apprendre de nouveaux sortilèges ! Enfin bref, j'espère que tu auras bien reçu le chocolat et que je ne me suis pas trompé dans les formules ! Tu devrais quand même vérifier que je ne l'ai pas transformé en en vin ou autre chose avant de le boire…

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Voilà, je te fais encore plein de bisous. J'espère que tu vas bien aller,

Je t'aime très fort,

Scorpius M.

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PS : J'espère que Papa…

Tu me manques.

OoOoOoO

16 février

Salut Granger,

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J'ai hésité à t'écrire hier mais je me suis dit qu'aujourd'hui serait mieux. Ou pas.

Quoiqu'il en soit, j'espère que tes amis et la famille de ton défunt mari ont été présents pour toi.

Je ne cesserai de te le répéter mais je suis désolé,

Tu me manques,

D.M.

OoOoOoO

- On se voit mercredi prochain ? Ou plus tôt ?

- Non, mercredi c'est bien, répondit Hermione en se passant une main dans le cou pour relaxer ses muscles endoloris.

- Ok. Tu veux un verre ?

- Non, je vais rentrer, j'ai des dossiers qui m'attendent à la maison.

- Ok, répéta Blaise en lui adressant un mince sourire.

Ils remontèrent tous les deux du sous-sol qui leur servait de « base d'entraînement », mais surtout de défouloir et d'exutoire. Arrivés dans le salon et tandis qu'Hermione s'apprêtait à transplaner, elle se retourna vers Zabini.

- Tu sais… Dr… Malefoy m'a envoyé une lettre jeudi soir.

Le noir sembla légèrement surpris mais ne commenta pas.

- Je voulais juste… Est-ce que tu le vois souvent ?

- Pas vraiment, répondit-il en haussant les épaules. Moins qu'avant. Il est pratiquement exclusivement enfermé dans son bureau et ne nous voyons pas en dehors. Tu lui as répondu ?

- Non.

- Tu comptes le faire ?

- Non.

Blaise acquiesça puis Hermione lui souhaita une bonne soirée et transplana.

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Comme toujours lorsqu'elle arrivait dans son appartement et encore plus lorsqu'elle revenait de l'un des « entraînements » où Blaise mettait autant son système nerveux que son physique à rude épreuve, la jeune femme craqua. Toutefois, cela lui arrivait si souvent qu'elle n'y prêtait même plus vraiment attention. Elle laissait glisser son sac à main au sol, se débarrassait de son manteau, de son écharpe puis de ses chaussures, sortait ses dossiers qu'elle déposait sur la table basse – unique endroit suffisamment plan de son appartement, hormis le sol, qui lui permettait de travailler décemment – puis fonçait sous la douche. Ce soir-là, la Gryffondor se lava les cheveux et ressortit donc la tête entourée d'une épaisse serviette éponge, quelques gouttes d'eau glissant sournoisement le long de sa colonne vertébrale et lui créant des frissons désagréables. Elle se rendit dans un coin de son appartement et se prépara un repas plus que sommaire : une tranche de salade, une de jambon et une d'emmental coincées entre deux de pain de mie, puis alla s'asseoir sur son canapé sans oublier d'attraper, auparavant, une canette de soda dans le réfrigérateur – son nouveau péché mignon depuis qu'elle avait déménagé. Elle mâchonna distraitement son dîner de fortune, sirotait de temps à autre sa canette grâce à une paille tout ce qu'il y avait de plus Moldue, tout en lisant et annotant les dossiers qu'elle n'avait pas eu le temps de traiter au cours de la journée.

Sa supérieure, Mrs Marsh, lui avait pourtant bien fait comprendre qu'il n'était pas attendu d'elle qu'elle travaille autant, surtout à son domicile, mais Hermione ne l'écoutait pas. N'ayant pas encore les moyens de s'acheter une télévision Moldue et refusant toutes les sorties ou visites que lui proposaient Harry ou Ginny, la Gryffondor devait bien s'occuper d'une façon ou d'une autre. Et, pour elle, se plonger dans d'épais dossiers très complexes, était sa façon de se détendre. Tout au moins, de mettre en pause son cerveau qui, dès qu'il n'était pas accaparé par le domaine professionnel, se mettaient à tourner à plein régime, cogitant encore et toujours sur les mêmes sujets. Quels étaient-ils ? Eh bien il y avait… sa fille, la mort de sa fille, parfois la mort de son mari, encore un peu sa fille, Scorpius, sa fille, Scorpius, Drago, sa fille, Drago, Scorpius, sa fille, Scorpius, Drago… et puis… souvent encore sa fille. Puis Scorpius et Drago. Puis Rose… Etc., etc., etc.

Alors Hermione se plongeait bien volontiers dans tout le travail qu'on pouvait lui donner. Malheureusement pour elle, elle avait déjà pris tellement d'avance que l'unique dossier, bien que conséquent, que lui avait confié Mrs Marsh allait s'avérer être beaucoup trop maigre pour la tenir éloignée de toutes pensées relatives à Rose, Scorpius, Drago ou Ron pour l'ensemble du week-end. Aussi décida-t-elle, à son plus grand regret, d'arrêter de travailler aux alentours de vingt-deux heures afin de conserver de la matière pour les deux prochains jours.

N'ayant donc rien d'autre à faire et s'étant rendue compte, depuis quelques jours, que même la lecture ne lui permettait pas de s'évader aussi sûrement qu'auparavant, Hermione déplia son canapé-lit à l'aide de sa baguette et s'y allongea. Elle se tourna sur le flanc gauche, son réveil, qu'elle avait changé et qui affichait à présent l'heure digitalement et de façon constante, juste devant elle. Observer les minutes défiler lentement accaparait quelque peu son attention, la détournant de ses éternels démons.

Pourtant et contrairement à l'accoutumée, fixer son réveil jusqu'à ce que ses yeux la brûlent et qu'elle finisse pas s'endormir, ne fonctionna pas cette nuit-là. Non, absolument rien ne fonctionna ce soir-là.

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C'est ainsi que sur les coups de trois heures du matin, Hermione se retrouva en plein milieu d'un champ, grelotant à moitié de froid et des larmes inondant une nouvelle fois son visage. Elle se laissa tomber sur les genoux sur l'herbe humide et se prit la tête entre les mains, pleurant, criant, hurlant même, sa douleur.

Au bout d'un moment, la jeune femme reprit suffisamment contact avec la réalité pour se rendre compte qu'elle mourrait littéralement de froid. Elle attrapa sa baguette qu'elle avait laissé glisser par terre, fit apparaître de chaudes couvertures ainsi qu'un feu magique dans un bocal et qui projeta des ombres bleutées tout autour d'elle. Ainsi réchauffée, Hermione s'assit en tailleur et demeura totalement immobile, les couvertures contre d'elle lui faisant comme une tente.

Au petit matin, lorsque le soleil se leva enfin de sa longue sieste hivernale, la Gryffondor n'avait toujours pas bougé. Son regard cerné se perdit alors à l'horizon et elle ferma les paupières quand un léger coulis d'air glacial se fraya un chemin jusqu'à elle.

En un an, l'endroit n'avait absolument pas changé. Tout était exactement identique à la dernière fois où elle y était venue pour disperser les cendres des deux amours de sa vie. Les fleurs que les Weasley-Potter avaient apportées quelques jours plus tôt et qu'ils avaient disposées au pied d'un arbre étaient toujours présentes et ne lui rappelaient que trop bien celles qu'ils avaient pareillement laissées, un an plus tôt.

Cependant, l'endroit avait beau être identique, la météo également ainsi que les preuves d'amour de la famille de son défunt époux, une chose était tout de même différente. Elle.

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Depuis qu'elle était arrivée ici, de longues heures auparavant, Hermione était à peu près passée par tous les états nerveux possibles : des larmes de tristesse, des cris de rage, des traits tirés par la désolation, par une certaine forme de peur aussi, et bien d'autres… Mais tout ceci n'était dû qu'à la pensée d'une seule et même personne : sa fille Rose. Hermione se tenait à l'endroit même où elle avait rependu les cendres de son mari une seule et minuscule année auparavant et, pourtant, aucun sentiment aussi négativement fort que ceux qui l'assaillaient perpétuellement lorsqu'elle songeait à sa fille ne l'avait envahie. Bien entendu, elle se sentait triste mais cela n'avait rien à voir avec Ron. Absolument rien à voir. Et cela pour une raison toute simple : elle avait fait le deuil de son mari depuis quelques temps déjà. Hermione était parvenue à survivre à la mort de Ron, à aller de l'avant et même à être heureuse avec un autre homme depuis. Mais Rose… sa fille… Elle était certaine que jamais, jamais de toute sa vie, elle ne parviendrait à passer outre le décès de son bébé.

A présent qu'elle repensait à la façon presque insolente avec laquelle elle avait pu oublier l'anniversaire de Rose, le vingt-huit juillet dernier, Hermione se sentait ridicule. Ridiculement optimiste, ridiculement niaise. Comment, par Merlin, avait-elle pu croire que cet état qui faisait écho à un pur et simple déni, aurait-il pu durer le reste de sa vie ?! Comment avait-elle pu s'imaginer que l'absence de Rose ne resterait pas, pour toujours, un poids dans son cœur, que l'impression qu'une partie d'elle-même était morte au moment où Astoria Malefoy avait lancé l'Avada sur Rose s'évaporerait avec le temps ?

Car rien, absolument rien, ni le temps, ni même une quelconque potion ou sortilège - sauf peut-être une potion ou un sortilège d'oubli - n'effacerait cette sensation. Rien n'apaiserait jamais la douleur que lui faisait ressentir l'image de sa fille, s'effondrant, le corps sans vie sur le parquet du salon du Manoir Malefoy.

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Hermione conserva les paupières clauses et ce même lorsqu'elle entendit retentir dans son dos, le bruit caractéristique d'un transplanage. Elle savait qui était là mais ne se releva pas, restant assise en tailleur et les mains sur ses cuisses. Elle sentit que l'on prenait place près d'elle.

Doucement, la jeune femme rouvrit les yeux et tourna la tête avec lenteur d'un quart de tour vers la gauche. Ses prunelles rencontrèrent celles, vertes émeraude, d'Harry.

- Je savais que tu viendrais à un moment, dit-il doucement.

Hermione acquiesça puis laissa sa tête retomber sur l'épaule de son meilleur ami. Il prit l'une de ses mains dans la sienne, liant leurs doigts puis ils demeurèrent ainsi, immobiles tels des statues, le regard perdu à l'horizon.

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- Nous aimions tellement venir ici, tous les trois, murmura Hermione au bout d'un moment.

- Je sais, répondit Harry. C'est un magnifique endroit et personne n'aurait pu songer à meilleur emplacement pour disperser leurs cendres.

Hermione hocha lentement la tête, sa joue reposant toujours sur le blouson de son meilleur ami et sa main toujours agrippée à la sienne.

- Elle me manque.

- A moi aussi. Et Ron me manque également.

- Oui, bien sûr, se reprit Hermione en prenant conscience de ce qu'elle venait de dire. A moi aussi il me manque.

Elle vit Harry sourire.

- Et Malefoy ? demanda-t-il après un moment.

- Quoi Malefoy ? répéta Hermione, sur la défensive et en relevant la tête.

Harry se tourna vers elle, ses lèvres toujours étirées en un sourire presque amusé.

- Est-ce qu'il te manque ?

La Gryffondor ne répondit pas, se contentant de resserrer les couvertures autour de son corps.

- Tu ne veux toujours pas me dire pourquoi tu as rompu avec lui ? insista Harry.

- Je n'ai pas rompu avec lui, Harry. Nous n'étions pas ensemble, répondit-elle, butée.

- Et moi, je suis le Directeur de Poudlard, ironisa le Survivant en levant les yeux au ciel.

- S'il te plaît de le croire, répondit Hermione.

Harry lui adressa un regard presque blasé.

- Tu étais déjà têtue avant mais j'ai bien l'impression que fréquenter cette fouine décolorée n'a fait qu'empirer les choses, commenta-t-il sur le ton de la conversation mais avec une forte dose de moquerie dans la voix.

Hermione se raidit et se tourna vers lui.

- Est-ce qu'on pourrait… arrêter d'en parler, s'il-te-plaît ?

Son visage redevint soudainement très sérieux et il opina.

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Penser à Drago en plus du reste lui faisait définitivement trop mal mais, de toute évidence, rien ni personne ne semblait pouvoir empêcher l'homme qu'elle aimait de refaire sans cesse surface dans son esprit.

- Harry…, commença-t-elle.

- Oui ? l'encouragea son ami en voyant qu'elle ne poursuivait pas.

- Non rien, laisse tomber.

- Si, Hermione, dis-moi, insista-t-il.

- Non, vraiment, laisse tomber, soupira-t-elle.

Il allait ouvrir la bouche pour répliquer mais elle le prit de court.

- Est-ce que tu veux bien me ramener chez moi, s'il-te-plaît ? Je ne suis pas certaine de pouvoir transplaner correctement.

- Bien sûr, viens.

Il l'aida à se redresser et Hermione jeta un sortilège pour faire disparaître son feu magique mais demeura tout de même le corps enveloppé dans les couvertures. Elle attrapa la main que son meilleur ami lui tendait et il les fit réapparaître dans son minuscule appartement.

- Tu veux boire ou manger quelque chose ? proposa la jeune femme.

- Non. Je vais rentrer à la maison et toi, tu devrais dormir. Quelque chose me dit que tu n'étais pas là-bas que depuis quelques minutes et tu sembles avoir grandement besoin d'une cure de sommeil, répondit-il.

- Qu'étais-tu venu faire au fait ? Tu avais quelque chose à me demander ? l'interrogea-t-elle en faisant fi de sa tirade.

- Juste voir comment tu allais. As-tu besoin d'une potion de Sommeil sans Rêve ? Ginny en a un stock phénoménal à la maison…

- Non, ça va, le coupa-t-elle doucement. J'en ai moi-même ici.

- Bien, alors sers-t'en et dors ! ordonna-t-il avant de se pencher vers elle et de déposer un baiser sur son front. Hermione ?! insista-t-il en constatant qu'elle ne répondait pas.

- Oui, oui…

- Il n'y pas de « oui, oui… » qui tienne. Je veux un « oui » franc et massif !

- Oui, Harry ! Satisfait ?

Il acquiesça mais ne bougea pas d'un millimètre.

- Je veux te voir te coucher, expliqua-t-il lorsqu'elle lui eut lancé un regard interrogatif.

- Merlin c'est pas vrai, soupira la jeune femme en roulant des yeux.

- Et si… On dirait bien que le côté « mère-poule » de Gin' déteint autant sur moi que le côté « Je-suis-un-Serpentard-têtu-et-affreusement-arrogant » de Malefoy a pu le faire sur toi.

- Je ne suis pas arrogante, protesta la jeune femme en se glissant tout de même sous les draps de son canapé-lit.

- Non, c'est vrai. Toi, tu es seulement têtue pour dix et aussi fière qu'un Hippogriffe, rectifia-t-il en lui adressant un sourire moqueur.

- Malefoy est plus fier que moi !

- Alors ça… je n'en mettrais pas ma baguette à briser.

- Mais bien sûr que si ! s'emporta Hermione en fronçant les sourcils.

- Non, non, affirma Harry en secouant la tête.

- Et comment peux-tu affirmer une telle chose ?!

- Eh bien… parce que j'ai la très nette impression que c'est avant tout à cause de ta fierté mal placée que tu as largué Malefoy comme s'il n'était qu'un Veracrasse.

- Tu n'en sais rien du tout !

- Oui, tu as raison, admis Harry. Pour autant, je ne pense pas me tromper.

- Voyez-vous cela ! Et comment peux-tu affirmer une telle chose, Harry Potter ? demanda Hermione en croisant les bras sur sa poitrine, toujours assise dans son lit.

- Le regard de Malefoy, se contenta-t-il de répondre en haussant les épaules.

La Gryffondor blêmit soudainement et perdit son assurance.

- Tu-tu l'as vu ? bredouilla-t-elle d'une voix faible.

- Oui. J'allais quitter le ministère la semaine dernière quand je l'ai aperçu récupérer ses effets à l'accueil, puisqu'il n'y travaille plus.

Hermione hocha simplement la tête, pas véritablement capable de faire ou dire autre chose. Pourtant, Harry reprit rapidement la parole.

- Il avait l'air d'aller mal, Hermione.

En entendant ses paroles, la Gryffondor sentit deux émotions l'envahir et préféra ne se focaliser que sur l'une d'entre elles.

- Et tu me dis ça parce que ?! s'agaça-t-elle en lançant un regard noir à son meilleur ami qui ne sembla absolument pas s'en sentir offensé.

- Parce que je veux que tu le saches, c'est tout.

- Parfait ! Considère-moi au courant dans ce cas, répliqua-t-elle sèchement.

- Tu vois, c'est tout à fait ce que je disais, répondit Harry avec détachement.

- Quoi ? maugréa la jeune femme.

- Je suis certain que c'est toi qui l'a largué et je suis certain qu'il y avait une histoire de fierté là-dedans.

- Il n'y avait pas d'histoire de fierté ! s'exclama vivement la jeune femme.

- Ah non ? Alors tu m'expliques pourquoi tu es ici et pas chez toi, avec lui ?

- C'est ici chez moi ! répondit-elle avec fougue. Et la seule idée que je puisse l'avoir quitté car je n'avais plus envie d'être avec lui ne t'as jamais effleurée l'esprit ?

- Je croyais que vous n'étiez pas ensemble… railla Harry.

Hermione sera la mâchoire et soupira longuement.

- Et, non, reprit le Survivant, cela ne m'a jamais effleuré l'esprit comme tu dis puisque je sais que tu l'aimes et je sais qu'il t'aime aussi. Pour autant – reprit-il alors qu'Hermione allait ouvrir la bouche pour répondre – et comme tu ne veux rien me dire, je ne peux ni t'apporter mon soutien ni me ranger derrière son avis à lui puisque, de toute évidence, il n'était certainement pas d'accord pour que vous m'étiez un terme à votre relation, quel que soit le nom que vous pouvez bien lui donner.

La Gryffondor rouvrit la bouche avant de la refermer puis de reproduire le même mouvement trois fois encore. Au final, elle resta muette et se contenta d'adresser un regard peu amène à son soi-disant meilleur ami qui, lui, arborait un air décontracté et satisfait.

- Bon, je te laisse. Réfléchis à tout ça et, surtout, dors !

Et il transplana sur ces belles paroles, laissant une Hermione non plus triste comme lorsqu'il l'avait rejointe mais belle et bien furieuse. Pourtant, et assez étrangement, cette émotion sembla lui convenir davantage car elle parvint à plonger dans un sommeil certes légèrement chaotique, mais tout de même assez reposant. Ou bien peut-être était-elle arrivée aux limites que son corps pouvait supporter et était-ce tout simplement pour cela qu'elle était parvenue à dormir pendant près de dix heures d'affilées...

OoOoOoO

Après cet « épisode », Hermione se réinstalla doucement, mais sûrement, dans son train-train quotidien. Les « rendez-vous » avec Blaise portaient finalement leurs fruits et la jeune femme parvenait à se canaliser davantage et à, surtout, régulièrement évacuer sa douleur qui se muait habituellement soit en rage ou en tristesse, si bien qu'elle ne risquait plus ni d'imploser ni d'exploser face à tout ce qu'elle pouvait ressentir. Elle ne parlait jamais vraiment avec le Serpentard et cela lui allait parfaitement. Tous les deux se contentaient d'échanger quelques banalités, avant et après les duels de magie ou entraînements physiques et Blaise en profitait très souvent pour faire toutes sortes de blagues destinées à dérider Hermione qui appréciait véritablement l'effort. Une ou deux fois par semaine, la Gryffondor s'accordait également un peu de temps pour voir ses amis. Parfois, elle rendait visite à Harry et Ginny, d'autres fois, ils venaient chez elle, ensemble ou à tour de rôle. Certains jours, elle faisait du shopping avec la rouquine ou une balade avec son meilleur ami. Bref, Hermione avait enfin retrouvé un semblant d'équilibre dans sa vie… Jusqu'à ce que Bathilda lui apporte une nouvelle lettre de Scorpius.

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Exceptionnellement, la Gryffondor était chez elle en ce vendredi après-midi et pu donc directement ouvrir la missive et en prendre connaissance. Elle commença sa lecture avec un sourire aux lèvres, appréciant toujours les lettres du jeune blond mais, cette fois-ci, la lettre la plongea dans un trouble auquel elle ne s'attendait pas.

14 avril

Salut Hermione,

Je t'envoie cette courte lettre parce que je m'inquiète.

Voilà, comme tu le sais, je dois revenir demain matin pour ma semaine de vacances et j'en ai fait part à Papa mais il ne m'a pas répondu. En fait, ça fait presque une semaine que je n'ai pas de nouvelles et je suis vraiment très inquiet. Je voudrais seulement savoir s'il va bien et si je peux rentrer à la maison ou s'il préfère que je reste à Poudlard…

Pourrais-tu passer le voir et t'assurer qu'il ne lui est rien arrivé ?

Je sais que Papa et toi ne vous voyez plus et je pourrais demander à Blaise mais je serais plus rassuré si c'était toi. Et comme Grand-mère est partie pour sa croisière…

Enfin bref, tiens-moi au courant s'il-te-plaît et si tu ne peux/veux pas, je demanderais à mon parrain.

Je t'embrasse,

S. Malefoy

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Hermione reposa la lettre de Scorpius sur la table, les doigts légèrement tremblants puis se laissa aller dans son canapé. Elle posa la tête contre le tissu et ferma momentanément les paupières. Elle était inquiète. Il était effectivement très étrange que Drago n'ait pas répondu à son fils depuis autant de temps et cela la préoccupait véritablement. Pour autant, une part d'elle-même savait qu'il n'était pas bon qu'elle se retrouve dans la même pièce que le Serpentard si tôt après leur rupture. Cela faisait peut-être près de trois mois et demi mais il ne passait pas une journée sans qu'elle ne pense à son ex-amant et le revoir n'arrangerait certainement pas la situation.

Mais s'il lui était arrivé quelque chose et qu'elle n'y allait pas, elle savait aussi qu'elle se sentirait affreusement coupable et qu'elle ne se le pardonnerait pas. Peut-être pourrait-elle y aller mais avec Blaise…

La Gryffondor se fustigea mentalement. Drago n'avait pas répondu à son fils depuis près d'une semaine. Il était peut-être blessé, ou pire et elle, elle, restait tranquillement assise à tergiverser. Par Merlin qu'elle pouvait s'auto-agacer par moment…

Hermione se leva donc de son canapé avec une toute nouvelle détermination, attrapa son manteau et enfila son écharpe - puisqu'il faisait encore très frais pour la saison - prit son sac à main, vérifia que son appartement était fermé à clé puis transplana à l'extérieur de la propriété des Malefoy.

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Elle apparut sur le perron de l'imposante bâtisse et frappa à la porte d'entrée. En attendant que quelqu'un lui réponde, la jeune femme prit de petites inspirations régulières et serra puis desserra les poings pour se détendre. Cela ne fonctionna absolument pas et elle perdit rapidement patience. Décrétant que, puisqu'elle était déjà là, cela ne changerait finalement rien, elle décida de transplaner directement à l'intérieur de la demeure en espérant que Malefoy n'ait pas fait de nouveaux ajustements dans son système de sécurité.

Elle arriva dans le salon, ouvrit les paupières mais ne rencontra rien d'autre que l'obscurité. De plus en plus inquiète, Hermione tira sa baguette de son sac à main et murmura un Lumos. Baguette en avant, elle pivota sur elle-même afin de jeter un coup d'œil circulaire à la pièce et son angoisse s'accrut d'autant plus.

Certes, il n'y avait aucun signe de lutte, ou autre, mais c'était finalement presque pire que cela puisqu'il n'y avait tout simplement… plus rien du tout dans la pièce. Aucun meuble, aucun tapis, aucun tableau, absolument rien. A présent paniquée, Hermione se précipita dans toutes les pièces du rez-de-chaussée, qui se révélèrent être toutes dans le même état, puis elle monta quatre à quatre les marches de l'imposant escalier en marbre. Elle défonça presque les portes des chambres de Drago et Scorpius mais dut se rendre à l'évidence : il n'y avait plus âme qui vive dans le Manoir familial.

- Réfléchis Hermione ! se fustigea la Gryffondor en sentant une panique sourde s'emparer d'elle un peu plus à chaque seconde.

Drago était parti… ça ne faisait aucun doute. Et il avait probablement vendu le Manoir… Mais pour aller où ? Là était la question à un million de Gallions ! En France ? Dans sa maison secondaire ? C'était tout à fait probable. Et c'était d'ailleurs là que la jeune femme s'apprêtait à se rendre lorsqu'elle changea finalement d'avis, préférant suivre son instinct.

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Ce dernier la mena jusque sur le palier de son ancien appartement. Ne s'embarrassant pas de convenances, la Gryffondor tambourina à la porte comme une enragée. Au bout de vingt secondes à taper contre le panneau de bois, jusqu'à s'en faire mal aux poings et à appeler le nom de son ex-amant, la Gryffondor décida de transplaner directement à l'intérieur.

Elle se matérialisa juste devant la porte, de l'autre côté, mais n'y demeura pas longtemps.

Après que son regard se soit acclimaté au manque de luminosité de son nouvel environnement, ses yeux se posèrent rapidement sur les dizaines et dizaines de bouteilles d'alcool qui trainaient un peu partout dans la pièce. Choquée, Hermione resta pétrifiée pendant quelques secondes jusqu'à ce qu'un bruit étrange, qui provenait du fond de la pièce, ne l'interpelle. Un bruit qui ressemblait très fortement à un étranglement.

Ni une ni deux la jeune femme bondit littéralement en avant, sa baguette tendue devant elle et prête à faire face à toute situation. Pourtant, lorsqu'elle posa les yeux sur le sol de la cuisine, elle lâcha brusquement son bout de bois magique et se jeta par terre à son tour. Devant elle, Drago, allongé sur le dos, était de toute évidence en train de suffoquer.

Faisant appel à ses réflexes de Médicomages, la Gryffondor le fit rapidement basculer sur le flanc avant de s'assurer qu'il ne s'étouffait plus. Elle prit ensuite succinctement son pouls puis attrapa sa baguette tout en maintenant la tête du Serpentard dans sa main. Il se mit à vomir alors qu'elle invoquait plusieurs potions qu'elle avait dans sa pharmacie personnelle. Hermione ne paniqua pas et procéda méthodologiquement. Une fois qu'il eut fini de vomir, elle lui donna une potion destinée à le ramener à lui puisqu'il avait, de toute évidence, fait un coma éthylique. Profitant du laps de temps que requérait le philtre pour faire effet, la Gryffondor le fit léviter jusqu'au canapé où elle l'allongea sur le flanc avant de placer devant lui une bassine et d'aller chercher une couverture dans la chambre de Scorpius. Ceci fait et voyant qu'il revenait à lui, la jeune femme déposa une main fraîche sur sa joue puis lui demanda de boire deux autres potions. Il fut évidemment très surpris de la voir face à lui à son réveil mais n'opposa aucune résistance.

- Je te jure que dès que tu vas mieux, je te colle la gifle la plus magistrale de toute ta vie, Drago Malefoy ! le prévint-elle très sérieusement alors qu'il fermait à nouveau les yeux.

Il se remit à vomir et la jeune femme lui tendit la bassine avant de se rendre rapidement dans la cuisine. Elle attrapa un verre dans le placard et le remplit d'eau avant de revenir vers lui. Elle le lui tendit.

- Tiens, tu dois te réhydrater.

Il tenta de dire quelque chose mais elle lui colla un peu plus le verre sous le nez.

- Bois ! ordonna-t-elle.

Il l'attrapa un peu difficilement et, pendant qu'il faisait ce qu'elle lui demandait, Hermione nettoya la bassine, une moue dégoûtée sur le visage en se rendant compte qu'en vomissant dans la cuisine, il avait également souillé ses vêtements. Elle ne s'inquiéta toutefois pas de cela sur l'instant.

- Bois-le entièrement, dit-elle alors qu'il esquissait un mouvement pour lui rendre le verre à moitié plein.

Il soupira quelque peu mais obtempéra tout de même.

- Biens. As-tu encore envie de vomir ?

Il secoua imperceptiblement la tête.

- Mal à la tête ?

Il acquiesça.

- Je m'en doute mais je ne peux pas te donner de potion contre ça pour le moment. Il va falloir attendre quelques minutes.

Il lui fit signe qu'il comprenait et elle plaça une main sur son front.

- Bien, tu n'as pas de fièvre. Reste là et ne bouge pas. Tu peux t'endormir si tu veux, je te réveillerai pour prendre l'antidouleur.

Il acquiesça, les paupières très lourdes. Hermione maugréa avant de se lever de la table basse sur laquelle elle s'était assise. Elle commença par aller ouvrir les volets, aérant par ainsi la pièce qui sentait l'alcool et le renfermé, puis s'occupa justement de l'alcool en question… Elle jeta un sortilège pour rassembler toutes les bouteilles puis pour les rapetisser jusqu'à ce qu'elle puisse les entasser dans un sac qui fut tout de même d'une taille conséquente, au vu du nombre… Après cela, la Gryffondor vérifia que Drago s'était endormi puis se rendit dans les autres pièces. Elle s'attendait à tomber sur d'autres bouteilles, voire pire, mais, étrangement, elle ne trouva absolument rien. Tout était parfaitement ordonné et rangé comme lorsqu'elle avait quitté l'appartement, trois mois et demi plus tôt, et la clef qu'elle avait retourné au blond était même encore placée au milieu du lit de son ancienne chambre qui n'avait pas été dérangée. Surprise, la jeune femme pensa que le Serpentard avait peut-être dormi dans la chambre de son fils mais elle la trouva toute aussi propre et rangée. En fait, c'était comme s'il n'avait vécu que dans le salon, la cuisine et la salle de bain principale. Salle de bain dans laquelle la Gryffondor dénicha une nouvelle bouteille de Whisky à moitié vide et qui était tout simplement disposée entre le gel douche et du shampooing.

Ceci fait et une fois qu'elle eut aéré les pièces, Hermione repassa par le salon pour se rendre dans le bureau. Elle attrapa un parchemin et une plume puis rédigea une courte lettre à l'attention de Scorpius.

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14 avril,

Bonjour Scorpius,

Ne t'inquiète pas, ton père va bien. Je m'occupe de lui.

Il sera là pour t'accueillir demain matin à ta descente du Poudlard Express.

Je t'embrasse également,

Hermione G.

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Elle transplana momentanément jusqu'à son appartement où elle attacha sa missive à la patte de son hibou, qui parut enchanté de pouvoir se dégourdir les ailes, puis le laissa s'envoler à destination de Poudlard avant de retourner s'occuper de son abruti d'ex-amant.

Lorsqu'elle réapparut dans l'appartement, Hermione essaya de paraître aimable, bien qu'elle soit vraiment furieuse contre lui, mais déchanta très rapidement. Malefoy s'était réveillé et tendait à présent la main en direction de la bouteille de Whisky qu'elle avait oublié de placer avec les autres - autrement dit à la poubelle - et qu'elle avait simplement déposée sur la table basse. La Gryffondor s'avança vers lui, les mâchoires serrées et se planta entre sa main et la bouteille avant de se placer les poings sur ses hanches.

- On pourrait savoir ce que tu fais ?!

- Soif.

- Très bien.

Elle reprit le verre dans lequel il avait bu quelques minutes plus tôt et le remplit d'eau avec un Aguamenti.

- Tiens, bois puisque tu as soif, lui dit-elle en lui présentant le verre d'eau.

Il posa un regard indéchiffrable sur elle mais attrapa tout de même le verre. Satisfaite, Hermione l'observa pour vérifier qu'il finissait bien sa ration d'eau puis attrapa la bouteille d'alcool et s'en alla la vider dans l'évier de la cuisine. En retournant dans le salon, son regard fut attiré par le mur où se cachait le « Placard de la dépravation » et la Gryffondor s'en approcha, baguette en main. Elle y jeta plusieurs sortilèges complexes puis se retourna.

Drago la regardait faire et elle arqua un sourcil pour le défier d'oser dire quelque chose. Il se contenta de s'installer un peu plus confortablement sur le canapé, les traits de son visage traduisant la douleur physique qu'il ressentait. Prenant sur elle, Hermione se rapprocha à nouveau de lui.

- Tu as toujours mal à la tête ?

Il acquiesça.

- Bien. Tiens, bois ça, ça devrait te faire te sentir mieux, bien que tu ne le mérites assurément pas.

Elle lui tendit une fiole contenant une potion de couleur violette dont il s'empara de mauvaise grâce avant d'en avaler le contenu, cul-sec. Hermione attendit quelques secondes puis lui demanda si la douleur avait disparue. Il hocha la tête.

- Bien, répéta-t-elle.

Et elle le gifla de toute ses forces, s'en faisant mal au poignet par la même occasion. La gifle sembla réveiller le blond encore plus efficacement que le philtre car il se redressa soudainement, un air mi-choqué mi-furieux peint sur le visage tandis que la jeune femme secouait sa main endolorie. Elle vit la peau pâle du Serpentard virer au rouge et en fut très satisfaite. Il leva sur elle un regard dédaigneux.

- Je te l'avais promise, il me semble, dit-elle en haussant les épaules.

- Ce n'était pas une raison pour le faire, siffla-t-il.

- Ah non ? Alors être arrivée juste à temps pour te sauver la vie tandis que tu étais en train de t'étouffer tout seul après avoir fait un coma éthylique doit être une bonne raison pour le faire, dans ce cas.

Il ne répondit pas et se prit la tête entre les mains.

- Qu'est-ce que tu foutais là de toute façon ? demanda-t-il au bout d'un moment sans relever les yeux vers elle.

- Eh bien il s'avère qu'en plus de risquer ta vie comme un con, tu as également oublié que tu avais un fils. Tu sais… onze ans et demi, blond, yeux bleu-gris, Serdaigle, il répond au nom de Scorpius et doit rentrer demain pour les vacances… Tu situes ?!

Il grogna d'agacement.

- Donc, tu as eu beau l'oublier totalement pendant une semaine, reprit-elle. Ce n'est pas son cas. Il s'inquiétait pour toi et m'a demandé de m'assurer que tu allais bien. Et, heureusement pour nous tous qu'il l'a fait sinon tu serais mort à l'heure qu'il est, espèce d'abruti !

- Le coma n'était pas vraiment prévu au programme…

- Ah bon ?! ironisa-t-elle. J'avais plutôt l'impression qu'au vu de toutes les bouteilles que j'ai pu trouver, tu avais cherché ça depuis bien longtemps déjà.

Elle se tenait debout devant lui qui était assis sur le canapé, le visage toujours entre les mains.

- Qu'est-ce que tu fous là ? répéta-t-il en faisant fi de sa tirade.

- Je te l'ai dit ce que je fais là, je suis venue parce que Scorp'…

- Tu aurais pu envoyer Blaise, la coupa-t-il en relevant finalement la tête. Qu'est-ce que tu fais là ?

Hermione croisa son regard métallique et s'y noya instantanément.

- J'a… J'ai… Dois-je vraiment répondre à cette question ?

Il resta silencieux quelques secondes puis haussa simplement les épaules.

- Je suis passée au Manoir avant de venir ici…

- J'ai vendu le Manoir.

Même si elle s'en doutait après avoir vu les pièces vides, l'annonce fit un choc à Hermione.

- Pourquoi ? souffla-t-elle en s'asseyant sur la table basse.

Drago haussa encore une fois les épaules.

- Je ne pouvais plus vivre là-bas, se contenta-t-il de répondre.

Hermione acquiesça, un peu perdue.

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- Tu devrais aller prendre une douche, dit-elle au bout d'un moment.

- Toi aussi.

- On verra ça plus tard, vas-y toi.

Il la regarda quelques instants puis se leva du canapé. Il se retourna mais la Gryffondor l'interpella.

- Tiens, bois encore un verre d'eau. Tu dois te réhydrater.

Il s'empara du verre avec plus de délicatesse que la première fois et le vida, conservant son regard sur la Gryffondor. Hermione ne parvint à respirer de nouveau correctement que lorsqu'il quitta la pièce. Elle s'assit alors à son tour sur le canapé avant de se passer une main sur le visage.

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Elle ne l'avouerait jamais à voix haute mais elle n'avait plus eu aussi peur, au moment où elle avait posé les yeux sur un Drago en train de s'étouffer, que depuis le jour où elle avait appris que sa fille avait été enlevée par Astoria et Lucius Malefoy. Maintenant que l'adrénaline du moment était retombée, Hermione eut l'impression qu'on lui posait un poids de dix kilos sur les épaules. Abattue et se rendant compte que son cœur battait à mille à l'heure, la Gryffondor se laissa aller contre le dossier du canapé et ferma les paupières, tentant tant bien que mal de reprendre une respiration et un rythme cardiaque régulier afin de se calmer. Elle resta ainsi de longues minutes, finissant même par somnoler légèrement

- Granger ?

L'intéressée sursauta avant d'abaisser sa main et de tourner la tête vers un Drago de nouveau immaculé, les cheveux humides et le teint définitivement moins verdâtre.

- Tu peux y aller, l'informa-t-il en lui faisant un signe de tête en direction du couloir.

- Ah… euh… C'est-à-dire que…

- Je t'ai vomi dessus et tu en as même dans les cheveux, va te laver Hermione.

- J'en ai dans les cheveux ?!

Il acquiesça, une moue d'excuses se peignant sur son visage. Bien sûr qu'elle irait se laver, il était évident qu'elle ne demeurerait pas avec du vomi sur les vêtements et, apparemment, dans les cheveux. Elle pensait juste rentrer chez elle pour le faire…

- Vas-y, l'encouragea une nouvelle fois le blond face son mutisme. J'ai laissé quelques vêtements propres. Tu n'auras qu'à les métamorphoser pour remplacer les tiens.

Comme poussée par une entité supérieure, Hermione se leva du canapé et se dirigea lentement, mais sûrement, vers la salle de bain principale. Là, elle se débarrassa rapidement de ses vêtements souillés puis se réfugia dans la douche à l'italienne. La jeune femme actionna les robinets puis ferma de nouveau les yeux, profitant des bienfaits de l'eau chaude sur son corps. Elle s'assura que ses cheveux étaient suffisamment humides puis tendit la main. Toutefois, elle arrêta rapidement son geste en prenant conscience que seuls les produits de Drago étaient présents. Et qu'elle avait laissé sa baguette dans le salon…

« Merde ! » jura-t-elle mentalement.

N'ayant aucune autre solution, elle s'empara du shampooing du Serpentard et lava ses longs cheveux, rendus lisses par l'eau. Par la suite, et n'ayant toujours pas autre choix, Hermione attrapa un second bidon et fut soudainement assaillie par l'odeur enivrante du gel douche de son ex-amant. Elle adorait littéralement cette senteur fraîche, mais pourtant si masculine, qui lui avait cruellement manquée ces derniers mois. Cela lui rappelait avec un peu trop d'ardeur les douches qu'ils avaient pu prendre ensemble, ou encore les baisers qu'elle pouvait avoir déposé sur la peau de Drago où l'odeur demeurait imprégnée toute la journée, ou bien aussi…

« Stop ! » se fustigea la Gryffondor en reposant le gel douche à sa place avant de se rincer prestement. Ceci fait, elle coupa l'eau puis sortit. Avisant une serviette propre posée sur un petit tabouret devant elle, Hermione s'en empara avant de s'enrouler dedans puis d'en attraper une seconde pour ses cheveux. Elle les essora sommairement avant de jeter un coup d'œil aux vêtements laissés par Drago. Hermione renfila ses sous-vêtements puis hésita longuement quant à la marche à suivre. Elle aurait tout aussi bien pu jeter un « Récurvite » sur ses vêtements et les remettre également… Toutefois, elle aurait toujours l'impression d'être salie alors elle les laissa de côté, préférant les passer à la machine à laver Moldue au moins deux fois puis de jeter des « Récurvite » avant de, peut-être, envisager de les remettre.

Forte de cette réflexion, qui n'avait absolument rien à voir avec le fait que le choix se situait entre : nettoyer et remettre ses propres vêtements où être de nouveau assaillie par l'odeur de son ex-amant, la jeune femme entrouvrit légèrement la porte de la salle de bain.

- Drago ? appela-t-elle d'une voix quelque peu mal assurée.

- Oui ? l'entendit-elle répondre depuis le salon.

- Tu peux m'apporter ma baguette s'il-te-plaît, je l'ai oubliée sur…

Mais elle s'interrompit rapidement puisqu'il était déjà là, glissant sa main pâle, au bout de laquelle se trouvait sa baguette magique, par l'interstice qu'elle avait créé.

- Merci, souffla la Gryffondor avant de refermer la porte.

De plus en plus mal à l'aise, Hermione jeta un sortilège sur le pantalon en flanelle qui se métamorphosa en un jean à sa taille. Elle l'enfila puis jeta un deuxième sortilège sur la chemise noire que Drago avait laissée. Contrairement au premier vêtement, cette dernière ne changea ni de couleur ni de forme mais rapetissa seulement pour être plus adaptée au buste de la Gryffondor tout en demeurant assez ample. Décidant de ne surtout pas réfléchir à ce qu'elle venait de faire, Hermione l'enfila puis s'approcha ensuite du sèche-cheveux. Ses éternelles boucles brunes se manifestèrent très rapidement et, bientôt, la chevelure de la jeune femme redevint aussi volumineuse qu'elle l'était en temps normal.

Elle ne jeta qu'un dernier regard à son reflet, lança un sortilège à ses vêtements pour qu'ils soient renvoyés chez elle – directement dans la machine à laver de préférence – puis quitta la pièce d'eau.

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Elle marcha jusqu'au salon où elle trouva Drago qui était dans la même position qu'elle lorsqu'il l'avait rejointe, quelques minutes plus tôt. Toutefois, lui n'eut aucun mal à percevoir son retour et leva bientôt un regard indéchiffrable sur elle.

- Merci pour la douche et les vêtements, dit-elle, ne trouvant absolument rien de mieux à dire sur le moment.

Il arqua un sourcil.

- Tu as toujours mal à la tête ou quelque part ailleurs ? se renseigna-t-elle en s'avançant de quelques pas.

Il secoua la tête.

- Bien. Maintenant, tu veux bien m'expliquer deux ou trois choses ?

- Quelles choses ?

- Pourquoi je t'ai trouvé en train de faire un coma éthylique, par exemple…

- Je te l'ai dit, le coma n'était pas prévu au programme, soupira-t-il.

- Oui et je t'ai déjà dit que je ne te croyais pas, répliqua-t-elle en s'asseyant sur le canapé, à une distance qu'elle jugea raisonnable de lui.

Il plongea ses prunelles dans les siennes et plissa ses paupières.

- Oh, tu peux me faire se regard là tant que tu voudras, Malefoy, tu sais pertinemment que ça ne marche pas avec moi, dit-elle, presque avec amusement.

Il ne répondit rien.

- J'attends…, s'impatienta la jeune femme en croisant les jambes en même temps que les bras.

- Que veux-tu que je te dise ?! J'ai un peu abusé de l'alcool, et alors ?! s'emporta soudainement le Serpentard.

- « Un peu abusé de l'alcool », répéta Hermione avec sarcasmes. C'est un euphémisme, Drago !

- Qu'est-ce que ça peut bien te foutre de toute façon ?! répliqua-t-il, acerbe, avant de détourner la tête pour observer la cheminée qui leur faisait face.

Hermione roula des yeux et soupira légèrement. Trois mois et demi mais son caractère d'insupportable Serpentard était toujours le même… Était-il étrange qu'elle se fasse la remarque que ce genre de réplique lui manquait presque tout autant que le reste ? …

- Tu sais très bien que ça me fait quelque chose… Et puis même… As-tu pensé à ton fils ?! Drago, Scorpius arrive demain ! Tu ne lui avais, d'ailleurs, même pas donné signe de vie depuis près d'une semaine…

- Je sais. Je vais le faire…

- C'est déjà fait.

Il tourna la tête vers elle et la Gryffondor baissa les yeux sur le tapis.

- J'ai… envoyé une lettre à Scorpius pendant que tu dormais. Je lui ai dit que j'allais… m'occuper de toi et que tu serais là pour venir le récupérer demain à la descente du Poudlard Express, expliqua-t-elle en butant quelque peu sur les mots.

Il ne répondit rien sur le moment puis souffla un « merci ».

- Et merci de m'avoir… sauvé la vie, ajouta-t-il avec une pointe d'ironie dans la voix.

- De rien… Merci pour ta lettre de l'autre jour, répondit-elle en faisant référence à celle que Drago avait envoyée le lendemain de l'anniversaire de la mort de Ron et Rose et à laquelle elle n'avait jamais répondu.

- De rien. Tout se passe bien avec Blaise ? Il m'a dit que tu avais accepté de t'entraîner avec lui.

- Oui. On se voit deux fois par semaine pendant une heure, une heure et demie ou deux heures, ça dépend.

- Bien. Ça t'aide ?

- Oui…

- Bien, répéta-t-il.

Hermione se mordit la lèvre.

- Drago… je suis vraiment désolée pour ce qu'il a pu se passer… Les Doloris devant ton fils et…

Il la coupa en levant une main avant de vriller son regard dans le sien.

- On avait décidé de ne plus en parler, il me semble.

- Oui mais…

Il haussa un sourcil et Hermione se tut.

- Et moi, je suis désolé de t'avoir vomi dessus, reprit-il un peu après et sur un ton plus léger.

Un mince sourire se dessina sur les lèvres de la Gryffondor.

- Je préfère encore ça…

Il haussa de nouveau un sourcil, marquant son interrogation cette fois-ci.

- Je préfère que tu me vomisses dessus plutôt que tu meurs dans mes bras, se reprit-elle.

- Hum… Je crois que moi aussi.

- Ah bon ? Alors pourquoi tu te saoules jusqu'à en être pratiquement et littéralement ivre mort ? l'attaqua-t-elle, n'en démordant pas.

- Et que veux-tu que je fasse d'autre ?! s'énerva-t-il de nouveau.

- Eh bien… Au fait, pourquoi es-tu là ? Tu ne devrais pas être au travail ?

- Non. Je ne travaille pas les vendredis après-midi. Et toi ? Qu'est-ce que tu faisais chez toi, si tôt ?

- C'est exceptionnel. On m'a donné mon après-midi car, d'après eux, je travaille trop…, expliqua-t-elle en levant les yeux au ciel.

Le blond ricana légèrement.

- Quoi ?!

- Rien, rien.

- Malefoy…

- Ok ! C'est juste que… ça ne m'étonne pas de toi.

- Qu'est-ce qui ne t'étonne pas de moi ? demanda-t-elle sur la défensive.

- Que tu travailles tellement qu'on finisse par te donner des jours de congés.

Ne parvenant pas à définir s'il s'agissait d'un compliment déguisé ou d'une simple moquerie, Hermione préféra ne rien ajouter.

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Ils demeurèrent donc silencieux, chacun étant perdu dans ses pensées. Celles d'Hermione ne tournaient qu'autour d'une chose ou plutôt d'une personne : l'homme qui se tenait à quelques mètres d'elle seulement. L'homme qui lui avait terriblement manqué ces derniers mois et qu'elle retrouvait aujourd'hui dans la plus étrange des circonstances. Elle venait de lui sauver la vie, s'était occupée de lui, avait pris une douche chez lui - dans son ancien appartement – avec ses produits et se retrouvait à présent affublée de sa chemise. Une chemise qui portait son odeur et qui semblait agir sur elle comme une sorte d'endorphine.

Oui, malgré la raison qui l'avait poussée à le quitter, Drago manquait atrocement à Hermione qui se rendait aujourd'hui compte que trois mois et demi avaient beaux être passés, elle l'aimait toujours autant qu'avant. A présent qu'elle avait eu le temps de prendre la mesure de tout ce que cela impliquait, qu'elle s'était éloignée de lui et qu'elle y avait beaucoup pensé, la Gryffondor prenait également conscience qu'elle était réellement tombée amoureuse de Drago Malefoy et qu'il lui serait très difficile – voire impossible – de l'oublier. Pourtant, rien n'avait changé… son mensonge était toujours bien présent dans son esprit et Hermione ne pouvait tout simplement pas changer d'avis. D'ailleurs, qui lui disait que le Serpentard l'aimait toujours ? Qu'il n'avait pas retrouvé quelqu'un ?

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Si elle avait été plus lucide, elle aurait très rapidement trouvé une réponse à sa question. Si elle avait été plus lucide, Hermione aurait très certainement capté sur elle les regards tantôt inquiets, tantôt douloureux voire même brûlants de Drago. Si elle avait ôté ses œillères, elle aurait été obligée d'admettre que la situation dans laquelle elle avait trouvé son ex-amant avait très certainement quelque chose à voir avec leur rupture…

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Mais Hermione était bien trop embourbée dans ses propres pensées pour remarquer tout cela. Elle mourrait d'envie de prolonger d'encore quelques minutes cette « visite » inopinée, de profiter encore quelques instants de la présence de Drago dans la même pièce qu'elle, mais il allait lui falloir rentrer… Malheureusement. A moins que… Et s'il se remettait à boire quand elle partait ? Et s'il refaisait un coma éthylique et qu'elle n'était pas là pour le secourir ? Et si…

- As-tu faim ? s'enquit-elle brusquement. Je veux dire… tu dois avoir faim. Tu dois manger après ce qu'il vient de se passer. Reprendre des forces, tout ça et… Je vais te faire quelque chose à dîner, bredouilla-t-elle très rapidement. Qu'est-ce que tu voudrais ?

Drago la dévisagea longuement et Hermione se sentit rougir. Elle se sentait idiote. Elle était idiote.

- Oublie, je vais… m'en aller. Oui, c'est ça, je vais m'en aller, dit-elle tout aussi soudainement en se levant du canapé sur lequel elle était assise.

Elle jeta un coup d'œil autour d'elle pour repérer son manteau dont elle s'était débarrassée très rapidement en arrivant, ainsi que son écharpe. Tous les deux étaient pliés sur une chaise de bar. Elle s'en approcha, posa sa main sur l'étole et s'apprêtait à l'enrouler autour de son cou quand il reprit la parole.

- J'ai faim, annonça-t-il abruptement. Mais je n'ai rien ici…

- Pardon ? demanda-t-elle en se retournant vers lui, son écharpe entre les mains.

- Je n'ai pas de nourriture ici.

Hermione lui adressa un regard sceptique.

- Attends, tu veux dire que tu ne viens ici que pour… boire ?

- Non. Non, je vis ici. Mais j'ai… terminé mes réserves mercredi soir et je ne suis pas allé acheter de nourriture depuis.

- Tu veux dire que… tu n'as pas mangé depuis deux jours ?! s'exclama la Gryffondor.

- Si… hier midi, au travail.

- Et depuis ?

Il secoua la tête.

- Merlin, c'est pas vrai ! soupira la Gryffondor. Ok, reste là, dit-elle en finissant d'enfiler machinalement son écharpe.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je rentre chez moi. Je vais te chercher à manger, sombre crétin, annonça-t-elle avant de transplaner sans lui laisser le temps de répondre.

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Moins de cinq minutes plus tard, elle était de retour. Les bras pleins de victuailles en tout genre, elle passa dans la cuisine et alla tout déposer sur le plan de travail sous le regard de Drago qui suivait le moindre de ses mouvements.

- Alors, énonça-t-elle. Je t'ai rapporté presque tout ce que j'avais chez moi – ce qui n'est clairement pas digne du garde-manger de Molly Weasley, mais bon. Donc, nous avons…

Elle lui énuméra tout ce qu'elle avait pu trouver dans son réfrigérateur et ses placards.

- Et, enfin, il y a un morceau de pâté en croûte que Mrs Weasley m'a donné mercredi soir lorsque je suis allez dîner au Terrier, termina la jeune femme.

Le regard du Serpentard s'illumina subitement et Hermione ne put réprimer un sourire amusé.

- Bon, je crois que j'ai compris vers quoi se porte ton choix, dit-elle en rangeant tous les vivres dans les placards et le frigidaire sans toucher au plat contenant le pâté en croûte.

Debout à l'entrée de la cuisine, Drago semblait comme déconnecté de la réalité mais finit par secouer légèrement la tête et l'aida à ranger.

- Merci, souffla-t-il.

- Hum… Il te faudra tout de même aller te ravitailler demain… Ton fils sera là, je te le rappelle, commenta-t-elle tout en plaçant le plat dans le four pour le faire réchauffer quelques minutes.

- Je sais. Je le ferai. Mais… tu voudras bien…

- Ne pas lui parler de ce qu'il s'est passé ? termina la jeune femme en sortant deux assiettes et deux verres du placard contenant la vaisselle, comme si elle était chez elle.

Il opina. Hermione prit le temps d'aller déposer tout ce qu'elle avait dans les bras sur le bar puis y appuya son dos avant de croiser les bras sur sa poitrine. En face d'elle, Drago semblait dépassé par les événements et avait le regard légèrement perdu.

- D'accord, consentit-elle finalement. Je ne lui en parlerai pas.

- Merci…

- A une condition, ajouta-t-elle.

Son visage se ferma et il croisa à son tour les bras contre son torse.

- Laquelle ? demanda-t-il.

- Tu ne touches plus à l'alcool.

Il leva un sourcil puis un petit ricanement désabusé s'échappa de ses lèvres.

- Non.

- Si.

- Non.

- Si, Drago.

- Non, Granger.

- Très bien, alors ton fils saura.

- C'est du chantage et de la pire espèce. Mettre mon fils au milieu de ça Granger, c'est…

- Serpentard. Je sais. Mais je sais qu'il n'y a qu'en agissant ainsi que tu entendras raison, répondit-elle très calmement.

Le blond fronça les sourcils.

- Parfait ! Dis-le à mon fils, je m'en fous. De toute façon, il ne peut rien faire.

- Ah non ? J'aimerai bien voir ça.

- Il va avoir douze ans. Je n'ai pas peur de lui et je suis son père, il n'a pas à me dire quoi faire.

- Hum… Alors peut-être devrais-je m'adresser à quelqu'un d'autre… Quelqu'un comme… ta mère, par exemple.

Il afficha un sourire désabusé.

- Je vois que tu n'as pas changé, Granger.

- Toi non plus, Malefoy, répondit-elle sur le même ton. Quoique… si, tu as changé. Il y a trois mois et demi, tu n'avais pas des tendances suicidaires.

- Je ne cherche pas à me suicider ! soupira-t-il en fermant les paupières.

- Alors tu vas arrêter l'alcool.

- Granger…

- Quoi ?! Vas-y, Malefoy. De toute façon, tu pourras bien me dire tout ce que tu voudras, si tu ne me jures pas que tu n'y toucheras plus, j'irai voir ta mère lorsqu'elle rentrera de sa croisière.

- Merlin mais c'est quoi ce chantage de merde ?!

- Le chantage que tu mérites pour avoir agi comme le pire des abrutis, rétorqua-t-elle en se décalant du bar pour aller jeter un coup d'œil au dîner qui réchauffait dans le four.

Il ne répondit pas et Hermione en profita pour terminer de mettre la table. Elle plaça une imposante carafe d'eau plate entre les deux assiettes et elle aurait juré que le blond avait marmonné quelque chose en la voyant faire.

- Oui ? dit-elle en se retournant vers lui, l'air de rien.

- Rien, maugréa-t-il.

- Bien.

- Tu es véritablement la femme la plus chiante de la planète, tu le sais ça ?

- Et j'en suis très fière, répondit-elle en lui désignant sa chaise pour qu'il prenne place de l'autre côté du bar pendant qu'elle sortait le plat du four. Quant à toi, ajouta Hermione en déposant le pâté en croûte sur le dessous de plat. Tu es un véritable gamin.

- Et j'en suis très fier, répondit-il sur le même ton qu'elle.

- Tu ne devrais pas. C'est plus ridicule qu'autre chose d'agir ainsi, surtout à ton âge et en étant père !

- Parce que tu as une meilleure solution, peut-être ?! répliqua-t-il, acide.

Elle ne répondit pas et l'intima plutôt de se servir. Ce qu'il fit, après avoir déposé une part de leur repas dans l'assiette de la jeune femme qui le remercia du bout des lèvres. Ils commencèrent à dîner en silence puis Hermione se décida à reprendre la parole d'une voix plus douce.

- Je n'ai pas de meilleure solution, Drago. Mais tu dois arrêter ça. Tu mets ta vie en danger. Tu ne dois pas continuer, tu as failli mourir aujourd'hui. Ça ne te fait rien ?

- J'ai déjà frôlé la mort avant, répondit-il simplement en piquant sa fourchette dans un bout de pâté en croûte.

Hermione ferma momentanément les paupières avant de soupirer.

- Mais ça a changé depuis la guerre. Tu as un fils qui compte sur toi et ta mère… Ta mère s'est battue contre sa maladie pour rester avec vous et toi, tu serais prêt à les abandonner tous les deux ? Et en faisant un coma éthylique tout seul chez toi en plus de cela ?!

Il ne dit rien.

- Et moi, tu as pensé à ce que ça me fait de te voir ain…

- Parce que tu crois que je ne pense pas à toi ?! Je ne fais que ça ! Tout le temps ! T'es tout le temps dans ma tête ! Toi et ton putain de regard quand tu as appris que je t'avais caché la vérité à propos de cette putain de journée ! beugla-t-il en se levant brusquement de sa chaise.

Il se dirigea rapidement vers le mur qui contenait le placard où il cachait son alcool. Hermione le vit tenter de le forcer à grands renforts de sortilèges plus étranges les uns que les autres. Lorsqu'il manqua de mettre le feu à l'appartement, la jeune femme se leva de table à son tour et le rejoignit. En la voyant dans son champ de vision, Drago avança vers elle, les traits de son visage déformés par la colère.

- Ouvre-le !

- Non.

- OUVRE-LE !

- Non.

- Putain Granger, ouvre ce putain de placard ou je te jure que…

- Que quoi ? Que tu me tues ? Que tu me frappes ? Je n'ouvrirai pas ce placard et tu le sais parfaitement.

Il poussa un cri de rage avant de se retourner vers le mur et de continuer de tenter de l'ouvrir. Hermione l'observa quelques instants, peinée au-delà des mots par ce qu'elle voyait. Elle le laissa s'acharner encore un peu et se rapprocha finalement de lui lorsque, à bout de nerfs, il se contenta d'appuyer son front contre le mur en marmonnant des paroles dont elle ne percevait pas le sens.

- Drago, souffla-t-elle en posant une main sur son bras.

Elle ne savait pas si c'était son contact ou sa voix mais il se tendit soudainement et arrêta de parler. Il se tourna avec lenteur vers elle, ne faisant absolument rien pour ôter la main qu'elle avait toujours posé sur son biceps et qui glissa progressivement sur son avant-bras. Il baissa les yeux sur ses doigts avant de relever son regard sur elle. Hermione y lut de la colère mais surtout énormément de tristesse, de douleur et peut-être même une pointe d'inquiétude.

- Reste, souffla-t-il si bas qu'elle peina à l'entendre.

- Drago…

- S'il-te-plaît. Ce soir, cette nuit. Juste cette nuit. Reste.

Elle l'observa longuement avant de finalement baisser les yeux et récupérer sa main. Elle demeura ainsi un temps indéfinissable puis redressa la tête. Il n'avait pas bougé et la regardait intensément. Elle ouvrit la bouche pour répondre quelque chose mais se rendit compte qu'elle ne savait pas quoi dire et finit par la refermer, totalement perdue. Ses pensées étaient entremêlées, partagées entre ses désirs et son devoir. Entre ce qu'elle voulait faire et ce qu'elle devait faire. Entre…

- Hermione, reprit-il d'une voix rauque qui résonna atrocement aux oreilles de la Gryffondor puisque emprunte de beaucoup trop de douleur et de sincérité à son goût. J'ai besoin de toi. Reste, je t'en prie.

Elle ne mit pas plus de deux secondes avant de hocher la tête, ne pouvant tout simplement pas dire non à l'homme qu'elle aimait lorsqu'il s'adressait à elle de la manière dont il le faisait à cet instant. Il souffla un « merci » débordant de soulagement tout en s'avançant vers elle. Mais Hermione l'arrêta en posant une main sur son torse. Elle tenta de ne pas réfléchir à toutes les sensations que son contact pouvait lui procurer et leva simplement les yeux vers lui.

- J'accepte de rester pour la nuit, Drago. Parce que tu ne peux pas rester seul. Mais je le fais pour te surveiller et dormir. Rien d'autre.

Son visage devint tout à coup très sérieux et il acquiesça simplement avant de lui faire signe de reprendre place à table et de lui avoir murmurer un dernier « merci ».


Alors... qui est-ce qui a encore envie de tuer, frapper ou bien jeter des choses sur l'auteure, hein ?! C'est bizarre mais j'ai comme l'impression que les reviews seront tout de suite beaucoup moins menaçantes ;).

Oui bon, après, c'est vrai que j'ai quand même manqué de tuer Drago dans ce chapitre, qu'Hermione est de nouveau en pleine dépression et que Scorpinou semble avoir été légèrement zappé mais on ne peut pas tout avoir dans la vie, vous savez ^^. Du coup, j'espère que vous avez bien profité de ce très, très léger rapprochement inopiné parce que... Nan, je ne vous dirai rien ! Nananère ! ^^

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Comme toutes les semaines, j'aimerais savoir ce que vous avez pensé…

Des lettres au début du chapitre.

Du désarroi post-anniversaire-de-la-mort-de-Rose-et-Ron.

De l'attitude d'Harry.

De la décision d'Hermione de retrouver Drago.

Du fait que notre beau blond ait failli y passer de la façon la plus co**e qui soit.

Du fait qu'Hermione souhaite rester avec lui pour la soirée ainsi que pour la nuit mais seulement pour dormir et le surveiller.

De l'attitude de Drago.

Et avez-vous apprécié ce chapitre ? ^^

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Enfin bref je veux tout savoir alors…

TOUS A VOS REVIEWS ! :D

… mais rappelez-vous bien qu'Hermione a mentionné une nuit pour dormir et surveiller Drago (et c'est tout !). Car je vous connais, tous autant que vous êtes et je sais ce que vous allez espérer !

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Bref ! Je vous fais d'énormes bisous et je vous dis à très, très vite dans vos reviews, à samedi pour le titre du chapitre soixante-et-un et à mercredi prochain pour sa publication !

Chalusse

PS : Je rappelle que toutes mes « actualités » sont à retrouver et suivre sur ma page FB dont le lien se trouve dans ma bio. Il est possible qu'une petite annonce soit faite dans les jours à venir.