Coucou tout le monde!
Joyeux Noël à tous! Avec un jour de retard, disons que voici mon cadeau de Noël, un peu plus léger que le précédent! ;)
Merci à Lussira d'avoir laissé une p¡tite review! :)
J'espère que vous apprécierai ce nouveau chapitre! Et sur-ce, bonne lecture!
Elle demeura un instant comme figé au milieu de la pièce, à le regarder s'éloigner sans un œil en arrière. Elle aurait dû se sentir soulagée, ne s'expliquait pas le goût amer qui emplissait sa bouche. Elle sentit soudain une main sur son épaule, se retourna prêt à gifler cette personne s'il s'agissait d'Albus ou Scorpius, elle se calma en reconnaissant Louis. Il la tira doucement à l'écart, la guida hors du salon, hors de la maison, loin de tous ces regards qui la transperçaient. Pas une larme ne lui échappa, elle se le refusait.
Son cousin la ramena à sa tente, s'assit sur un des fauteuils, respectant son silence. Il la regarda remuer nerveusement ses cheveux comme s'il n'était pas là, attendit qu'elle s'assoit en face de lui avant de lui parler.
- Est-ce là ce que tu veux ? demanda-t-il doucement.
Elle ne répondit pas, évitant son regard, triturant ses mains. Elle mordillait ses lèvres dont la couleur corail avait fondu et la pâleur de son visage rendait évident qu'elle se les mordait jusqu'au sang.
- Rose ?
- Je ne sais pas, répondit-elle d'une voix lointaine.
Il se leva, s'accroupit à ses pieds de façon à accrocher son regard. Tandis qu'elle tentait encore de l'éviter, il lui attrapa doucement le menton pour la forcer à le regarder.
- Rose, je n'ai pas cherché à joué les marieuses avec les autres...
- Merci...
- Je n'ai pas fini. Je n'ai pas joué avec eux parce que je savais que tu te braquerais. Cela ne signifie pas que je ne tenterai rien.
- Pourquoi personne ne... me laisse oublier ? soupira-t-elle.
- La différence est que tu es la première à qui j'en parle. Je n'ai pas organisé de complot, n'en ai pas parlé à Lysander. Je sais que quoi que je fasse, il acceptera. Pas toi.
Les yeux bruns de sa cousine s'animèrent un peu, une petite étincelle de confiance y vacilla, il considéra qu'il pouvait poursuivre.
- Te rappelles-tu ce que j'ai fait il y a quatre ans, quand j'ai quitté Poudlard?
- Tu es parti en Inde, répondit-elle sans savoir où il voulait en venir.
- Voudrais-tu y aller avec moi ?
Elle cligna des yeux, ne s'attendant pas à cette proposition. Pourtant son cousin était sérieux.
- Je-je ne sais pas... et ne vois pas le rapport.
- Le rapport est qu'avec ton autorisation, je proposerais à Lys' de venir, répondit sérieusement l'autre.
- Tu es fou ! s'écria-t-elle en s'écartant.
- Non, stratégique. Actuellement tu ne vois Lys' que rarement. C'est même la première fois que tu le vois depuis qu'il s'est réveille, ajouta-t-il sans savoir que Lys' était passé chez elle le jour-même de son réveil. Et à chaque vois que tu le verras, tu sauras que quelque chose aura été orchestré, et même s'il n'y a rien tu en pourras pas lui parler, tisser un lien de confiance avec lui, malgré toute la bonne volonté qu'il y mettra. Ce que je te propose, c'est de vous retrouver dans les mêmes conditions qu'à Poudlard. De vous croiser le matin, de vous retrouver en journée, de dîner avec d'autres personnes le soir. Durant six mois, vous vous verriez presque en permanence. Si vraiment vous devez avoir une discussion, alors elle doit venir spontanément, et je crois que ce n'est que dans ces conditions que vous y parviendrez.
La jeune femme garda le silence, ce qui arracha un sourire à Louis qui se rapprocha d'elle. Il s'assit à côté, lui donna un coup d'épaule, taquin, redevenant le cousin rieur qu'elle avait l'habitude de connaître.
- À moi Rose tu peux le dire. L'aimes-tu encore ?
Le sourire rêveur qui s'étendit sur les lèvres de sa cousine lui répondit.
- Qu'est-ce que tu fabriquais à Gryffondor ? lui lança-t-elle en riant. Ta place aurait plutôt été à Serdaigle ou à Serpentard !
- Parce que j'ai été assez suicidaire pour essayer de te convaincre de venir en sachant que tu étais capable de m'arracher la tête ! répondit-il sur le même ton.
- Tu es encore vivant... alors j'imagine que tu as ta réponse, répondit-elle plus doucement.
Il lui décocha un de ces sourires teintés de magie étrangère, vélane et sorcière, un de ces sourires qui avaient un reflet de la magie de Lysander. Au fond... au fond c'était cette magie qui avait sauvé Jimmy. Elle-même n'était-elle pas en train de basculer lentement vers le gouffre dans lequel il avait été plongé ? Elle ferma les yeux. C'était Louis qui l'avait tiré de là. Il était logique que ce soit lui qui la porte aujourd'hui.
- À quoi pourrai-je servir là-bas ? Murmura-t-elle plus doucement.
- J'en ai parlé avec les gens de mon équipe. Isaac et Malika ont été très enthousiastes, ils étaient très contents du travail, de l'aide que James avait apporté, et puis une médicomage nous sera très utile ! Pour Lysander, ça a été encore plus simple de les convaincre puisque sa magie est particulière, proche mais différente de la mienne, il pourra lui aussi apporter quelque chose.
Elle voulut lui demander comment il présenterait les choses à Lysander, quels sentiments il décrirait au jeune homme, quelle profondeur il dévoilerait. Mais elle n'en ressentit pas l'envie. Elle ne voulait pas tourner en rond, et Louis saurait quoi faire.
X X X
Elle les vit de loin discuter ensemble. Ils faisaient la même taille, jadis leur chevelure était semblable, désormais les mèches de Louis étaient devenues d'un noir de jais, celles de Lys' étaient devenues plus foncées à cause du manque de soleil. Lys' ne sembla même pas surprit, comme s'il le savait déjà, comme s'il avait juste attendu cela. Un léger sourire fleurit sur ses lèvres, il semblait répondre d'une voix douce au cousin de Rose. Celle-ci sentit quelque chose remuer en elle en le voyant ainsi sourire, comme quelque chose qui se dénouait en elle. Comme un soulagement. Savoir qu'il ne voyait pas cette tentative comme une charge. Depuis qu'il était enfant il avait entendu parler des voyages de ses parents qui avaient cessé de partir en expéditions depuis sa naissance, il lui avait plusieurs fois fait part de son rêve de partir lui aussi, de faire comme son arrière-grand-père Newt Scamander qui avait parcouru la planète, sa légendaire mallette à la main. Il ne l'avait bien sûr pas connu... mais son père les berçait de ces presque-légendes lorsque Lorcan et lui étaient enfant. Partir à son tour en Inde, c'était un peu réaliser ce rêve.
Elle le regardait sans chercher à se cacher, et ne se détourna pas non-plus lorsqu'il tourna son regard vers elle. Et il lui sourit. Simplement. Comme si elle ne lui avait jamais fait comprendre qu'elle ne voulait plus de lui, comme s'il avait compris ce qu'elle ressentait. Comme si tout simplement il comprenait. Et lorsque vint le moment d'ouvrir les cadeaux, elle trouva au pied de l'immense sapin une enveloppe pour elle. Pas un cadeau, et cela la soulagea.
Joyeux Noël Rose, malgré tout ce qui se passe, malgré tout ce qui peut te faire mal, malgré tout ce qui te fait mal depuis plusieurs semaines.
Tu me manques, j'espère au moins te voir sourire. Cela suffira comme cadeau de Noël. Si un jour tu veux m'entendre, même dans six mois, je t'attendrai.
Passe un très joyeux Noël mon ange.
Lys'.
Passe un très joyeux Noël Lys', songea-t-elle en cherchant son regard. Il était adossé à une fenêtre, les yeux posés sur elle, son solaire sourire aux lèvres. Et pour cette, rien que cette fois, elle lui rendit son sourire. Un instant, une seconde avant de serrer dans ses bras son frère qui la remerciait de la cape qu'elle lui avait offerte. Elle lui ébouriffa les cheveux, lui disant qu'il ferait sensation lors du Sommet de Prague qui devait réunir, comme tous les cinq ans, les représentants des mondes sorciers et moldus des pays européens. Il éclata d'un rire léger en lui rappelant qu'à cette réunion il ne serait présent qu'en tant que stagiaire, ce qui était déjà brillant pour un si jeune homme.
Elle savait que ce qui avait attiré Hugo dans cette branche de la diplomatie, c'était le fait qu'il était un inconnu aux yeux de la moitié des gens qui ne faisaient que très rarement le lien entre son nom et celui de ses parents. Alors être admis, en tant que major de sa toute jeune promotion, comme stagiaire auprès d'un des diplomates présents au Sommet de Prague sans recourir au favoritisme était une véritable fierté pour lui.
Et il lui tendit à son tour son cadeau enveloppé dans du papier argenté. Défaisant le ruban que son frère s'était appliqué à nouer, elle trouva une grande écharpe turquoise, dont les milles motifs et broderies évoquaient un sari indien... elle leva les yeux vers son frère, surprise.
- Disons que je savais que tu aimais ce genre de tissu... et j'ai un peu deviné les intentions de Louis, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
Et sa sœur éclata doucement de rire, se blottissant un instant dans ses bras avant de passer l'écharpe autour de son cou. Elle était sublime, songea Hugo lorsqu'elle s'éloigna pour embrasser ses parents dont le collier resplendissait aussi autour de son cou.
Souris Rose, souris encore... Pour la première fois depuis longtemps, ses proches la virent sourire. Et la carapace qu'elle s'était créée semblait se fissurer. Sans rancune, elle accepta de se mêler aux danses, de tournoyer tantôt aux bras de Scorpius, tantôt d'Albus. Jimmy aussi l'invita avant d'être joyeusement apostrophés à Louis qui lui demandait de l'accompagner dans une démonstration de la danse que leur avait appris Malika, une danse aux influences tantôt Bollywood, tantôt tango, tantôt danse contemporaines et Louis crut bon de préciser, face aux expressions à la fois enthousiastes et dubitatives de leur public, que c'était la jeune femme qui, danseuse accomplie, avait inventé cet enchaînement. Et il lança un clin d'œil à Rose, ajoutant que Malika était une femme extraordinaire qui égayait leur soirées lorsqu'elles étaient mornes. D'Isaac il ne dit rien. Pas cette fois. Et Rose, entrant à son tour dans la danse se prit à rêver de ce voyage qui commencerait d'ici quelques semaines, de ce qu'elle allait voir, de ce qu'elle allait connaître en tant que médicomage de l'équipe.
La nouvelle de leur départ avait été annoncé le lendemain. C'était Louis qui avait pris tout le monde à part, qui posément leur avait expliqué, qui avait subi l'indignation d'Hermione, le regard blessé de Ron, qui avait vu Luna se blottir dans les bras de Rolf comme si tout soudain devenait trop grand pour elle, comme si elle avait pu supporter le poids de la guerre mais pas celui de ne pas pouvoir aider son fils. Étrangement, c'était elle qui avait fait le plus de peine au jeune homme. Lorsque les autres s'étaient dispersés, c'était vers elle qu'il était allé. Et à elle il avait soufflé que ce n'était pas de sa faute, il avait soufflé qu'il avait été mené à étudier des ouvrages parlant de la magie que portait Lysander, il lui avait soufflé que son fils était de ceux qui portaient en eux la plus forte rage de vivre. Qu'il était de ceux qui se cramponnaient à l'espoir pour vivre et que côtoyer chaque jour Rose, c'était espérer voir la suite de leur histoire, qu'il s'agisse d'un épisode de plus, ou de la fin pure et simple. Et le visage de Luna avait perdu de sa tristesse, elle lui avait doucement attrapé la main, avait rêveusement parcouru les lignes de sa main, un geste qu'elle avait pris quatre ans auparavant, comme pour se rappeler que plus jamais son fils ne tremblerait devant elle.
Puis elle était sortie, Lysander les attendait à la porte, un air d'excuse au fond des yeux. Mais il lui sourit et Louis songea qu'il avait le même sourire que par passé, ce soleil qui sembla rassurer sa mère alors qu'il la prenait dans ses bras. Lorcan était à côté de lui, nul doute qu'ils avaient ensemble parlé de ce voyage. Durant toute la fête de la veille, le jeune Weasley avait senti renaître leur complicité, et tout simplement renaître Lorcan. Ce dernier avait encore les yeux cernés, comme s'il ne dormait pas la nuit, et la main que Lysander posait parfois sur son épaule en cherchant doucement son regard trahissait la fragilité encore présente en lui, cette incertitude, cette peur de le perdre.
Et Louis n'avait pas non-plus manqué les yeux de George posé sur les jumeaux, et qui le lendemain les observait encore par moment alors qu'ils enlaçaient leur mère. Son regard, mais un sourire tendre flottait sur ses lèvres, comme quelqu'un qui contemple des photos de son enfance, comme quelqu'un qui se revoit enfant. Angelina vint vers lui, il l'attira dans ses bras et Louis sentit comme un soulagement délasser les épaules de son oncle. Comme le souvenir qu'il n'était pas seul, que la personne au creux de son étreinte était quelqu'un qui le comprenait, et le jeune homme sourit encore de voir comment les blessures, sans jamais disparaître, cicatrisent avec le temps.
En songeant aux cicatrices, son visage se tourna vers son père. Bill riait aux éclats avec Harry et Percy. Louis avait toujours connu ce dernier rieur, n'arrivait pas à imaginer ce visage jovial fermé par l'ambition et le travail. Il l'avait une fois dit à son grand-père alors que l'on venait pour la énième fois de taquiner Percy pour la manie qu'il avait d'astiquer son insigne de préfet lorsqu'il avait quinze ans... Et son grand-père avait pris l'enfant qu'il était sur ses genoux et lui avait raconté l'histoire de son oncle, celle d'un homme qui avait autant souffert que George de la perte de cet oncle que Louis n'avait pas connu, d'un homme qui en voyant son frère dépérir avait ravalé son chagrin pour rire, rire pour George qui n'y parvenait plus. Rire à s'en faire mal, à en pleurer parfois, mais rire pour que son frère y arrive aussi un jour à nouveau. Rire, l'aider à tenir la boutique, lui donner des idées pour ses produits, lui en acheter pour les utiliser contre des collègues, pour ensuite lui raconter sa plaisanterie rien que pour voir un sourire orner ce visage amaigri. Mais George ne savait plus rire, et celui de Percy ressemblait chaque fois plus à celui d'un éclat de verre, coupant, qui lui entaillait la gorge. C'était avec cette identité vacillante qu'il avait rencontré Audrey qui l'avait consolé, qui lui avait appris à rire sans avoir mal. Et il avait fini par comprendre que c'était peut-être ainsi que George pouvait guérir. C'était lui qui finalement avait contacté Angelina, lui qui s'était présenté sans un sourire à elle. Lui qui lui avait avoué que Fred était parti en riant et que malgré le trou qu'il avait dans le cœur, qu'ils avaient tous dans le cœur, rire était le plus beau cadeau qu'ils pouvaient lui faire, lui qui l'avait suppliée d'aider son frère. Et Angelina était revenue. Angelina avait pris George dans ses bras un soir, l'avait laissé pleurer comme il ne le faisait plus depuis des mois, et lentement il était revenu à la vie. Et pour son anniversaire, Percy avait vu son frère rire, le poids qui pesait si lourd sur sa poitrine s'était alors envolé, et il s'était rendu compte que l'on pouvait rire sans se forcer, sans avoir mal, sans se sentir stupide. Et si ce soir tout le monde pouvait rire, c'était à l'acharnement de Percy que la famille de devait.
Papy Arthur avait dit tout cela au jeune Louis assis sur ses genoux, des étoiles au fond des yeux. Et il avait posé les siens sur son oncle qui berçait avec émerveillement sa cousine Lucy, lui avait qui avait eu tant de mal à avoir un enfant avec Audrey. Et Louis regarda alors sa cousine Lucy qui dansait en riant avec Jimmy sur la musique qu'Alexis Nott improvisait sur le piano qu'il avait amené dans le sac enchanté de Dominique. Lucy et sa sœur Molly étaient les benjamines de la famille, les seules encore à Poudlard et en voyant leur sourire identique à celui, sincère, qu'arborait désormais leur père, il espéra que jamais il ne les emmènerait en Inde pour guérir, comme il l'avait fait avec Jimmy. Il espéra que Rose et Lysander serait les derniers, que ceux qui le suivraient par la suite ne le feraient pas parce qu'ils étaient brisés.
Et cette promesse formulée, il saisit la main de Lily pour l'emmener danser.
Début d'un nouveau voyage... À très bientôt!
