Hello mes petits loups!

Je sais, je sais j'ai été très longue à poster ce chapitre, et croyez moi, je suis désolée (un mois de partiels c'est l'enfer, je vous jure!). Et encore, je devrais être en train de réviser pour mon dernier partiel du semestre, mais je n'ai pas pu résister!

Bref, me voilà avec les chapitre 3 de Breath. Mon petit cerveau n'a pas chaumé pendant cette absence, j'ai beaucoup réfléchi à la suite. Je sais déjà que la fic sera en deux parties, la première restant assez fidèle à la S2 (mais avec du sterek bien sûr, sinon, ça n'est pas drôle) de la série et la deuxième prenant place après tous ces évènements. Donc, nous verrons à la fin de la première partie si je fais une "fic 2" ou si je poste à la suite.

Bref, à part ça, je préviens tout de suite qu'après ce chapitre je vais être encore absente un moment, mais c'est pour mieux vous servir ensuite puisque je vais m'atteler à écrire la fic dans sa quasi intégralité pour qu'ensuite vous n'ayez plus à attendre aussi longtemps entre deux chapitres.

En passant, à priori, la première partie de la fic se déroulera comme pour les 3 premiers chapitres: 3 chapitres/épisodes dont 2 pour Stiles assez détailés et 1 pour Derek un peu moins détaillé sur les évènements puisqu'ils auront déjà été relatés pour la plupart.


RAR (je sais plus si j'ai rép ou non -') avant tous, merci à tous les revewers et les followers. Je vous aime! Merci pour les favoris aussi *nyappy*

toshinou: Mais de rien^^ J'espère que ce chapitre te plaira tout autant

iantocullen: Et voilà un 4 sauce Derek. Voui! Moi aussi j'aime bien. Je voudrais bien le même d'ailleurs! :3

sakuraetsasuke: la voilà, la voilà

kisilin: (déjà rép il me semble mais c'est pas grave^^) *w* merci beaucoup. cela me va droit au coeur étant donné que j'ai écrit tout un livre en usant de ce style d'écriture. Donc savoir que ça plaît me soulage^^. Pour ce qui est de coller à la série ou plutôt de m'en éloigner, je ne vais probablement pas complètement suivre ton conseil puisque c'est justement mon petit défi de moi à moi de réussir à faire lire à la fois quelque chose de nouveau tout restant aussi crédible que possible. Cela dit, je vais faire en sorte d'inclure de nombreuses scènes qui ne sont pas dans la séries. C'est juste que par moment, je veux coller jusqu'à répétition pour inclure les pensées de stiles. Bon, je me suis plié à la majorité, ce chapitre est un PoV Derek mais je pense avoir réussi à ne faire que peu de reprise. Pour les dialogue, en effet, je préfère aussi sans effet, mais ffnet ne prends pas en compte le format roman, les "tirets dialogue" disparaissent et le site ne permet pas de les mettre ce qui enlève à la clareté des dialogue (le tiret roman amenant à un alinéa tout le dialogue). Sur ce chapitre, je fais l'essai avec les guillements à chaque fois mais sans tiret, à voir ce qui est le mieux.

FlingApple:Merci beaucoup.


Pour ce chapitre, je fais un essai en mettant des guillemets à chaque ligne de dialogue mais pas de tiret. En effet sur word, j'écris au format roman (justifié et tiret de dialogue+ guillemets en début et fin de dialogue sauf contre-indication de narration). Si ce format rend le tout très clair sur word, comme il est impossible à instaurer sur ffnet, je cherche comment rendre le dialogue vraiment visible. Dans le chapitre 3 j'avais opté pour le tiret et les guillemets d'ouverture et de fermeture, cette fois j'en tente un autre. Dites moi ce que vous préférez.

Dislcaimer: Le fabuleux univers de Teen wolf et ses personnages ne m'appartiennent pas. louons J. Davis notre seigneur! Et prions le pour qu'il nous laisse louer tous les beaux gosses de la série un jour. Joignons nos mains pour qu'un jour le Sterek s'invite dans la storyline. Amen!

Rating: M pour plus tard.

Note: ce chapitre est un PoV Derek

Bonne lecture mes louloups d'amour 3


Not Alone Anymore


Je tremble. Pas à l'extérieur, évidemment, je suis reconnu pour être insensible et je compte bien entretenir cette image. Moins de problèmes à gérer. Mais à l'intérieur, je tremble. Mon loup tremble. Il ne tremble pas de terreur, non, il trop égocentrique pour ça, plus que moi encore.

Laura disait que j'avais hérité ça de mon père. Elle ne cessait de dire que si Maman n'avait pas été là pour le calmer, il aurait été une vraie tête brûlée. Je me rends compte aujourd'hui qu'elle avait certainement raison. Depuis qu'elle n'est plus là, je n'arrive pas à m'en sortir. Je ne suis sûr de rien, mais je dois faire comme si. Je dois prendre soin de ma meute. Isaac, Erica et Boyd comptent sur moi, je dois les protéger, les éduquer, leur apprendre à se contrôler. Je dois garder un œil sur Scott aussi. Même s'il se braque contre mon autorité, il reste un loup-garou. Mon père ne m'a pas élevé pour que je laisse un autre loup être en danger ou être un danger pour Beacon Hills, surtout pas un jeune mordu pas mon oncle. Je dois garder les Argent à l'œil aussi. Gerard vient de débarquer en ville et ce n'est franchement pas une bonne nouvelle. Chris a toujours fait preuve d'un grand respect envers le code. Mon père ne cessait de le répéter…mais je n'en reste pas moins méfiant. Et Allison…elle aime Scott…Ah ! Quelle supercherie ! Comme Kate m'a trahit, elle trahira Scott ! Et puis il y a tous les autres…Tous les humains impliqués malgré eux. Cette fille que mon oncle à mordu, Lydia…Ce type que j'ai finalement mordu moi-même, Jackson…le sheriff Stilinski et Mme McCall. Et puis, il y a lui…Stiles. Petit humain hyperactif qui parle beaucoup trop pour son propre bien. Génie insupportable trop curieux et trop malin pour être évité. Casse-cou incapable de donner un sens à son discours, sa langue étant probablement trop lente pour restituer tout ce qui lui passe par la tête !

Le pire, c'est que c'est en partie à cause de lui que je me sens fébrile. Je tremble d'appréhension par rapport à ce qui lui est arrivé. Quelque soit cette chose qui a attaqué le mécanicien ce soir, c'est quelque chose de très dangereux, je le sens au fond de moi. Mes louveteaux ne sont pas préparés à ça…le suis-je moi-même d'ailleurs ?

Je fixe la fenêtre de la chambre de l'hyperactif. Dès que nous avons eu vent de l'attaque, nous nous sommes rendus sur les lieux avec Erica, Isaac et Boyd mais il nous était impossible d'avancer. Scott a raccompagné l'humain chez lui puis il est reparti. J'ai donné à Isaac la mission de le suivre. S'il va au même endroit que d'habitude, il peut revenir, en faisant toutefois un détour par le commissariat pour s'assurer que le Sheriff est toujours en vie. Boyd doit être devant chez Lydia et il passera rapidement devant chez Jackson ensuite, et Erica a pour ordre de vérifier l'état de santé de Madame McCall. Moi, je reste là.

Ces vérifications sont devenues une routine. Cette routine, nous la suivons depuis que j'ai rallié ces trois louveteaux à ma meute. Avant, je le faisais plus ou moins tout seul, mais j'y passais presque la nuit, surtout à cause de Scott qui avait tendance à s'éclipser avec Allison. Combien de fois j'ai cru qu'il s'était fait capturé cet imbécile ! Traîner avec une Argent, non mais vraiment !

Erica est la première à revenir. Je la sens un peu surprise de me voir toujours ici, mais elle s'installe près de moi sans un mot. Melissa est donc en bonne santé. Boyd est le second à nous rejoindre. Contrairement à Erica, il ose me demander ce que nous faisons encore devant la maison des Stilinski.

« Il était là pendant l'attaque. La bête pourrait venir finir le travail. »

« Elle serait sans doute déjà là, non ? »

Je le gratifie d'un regard noir qui le fait se taire. Erica regarde vers la fenêtre.

« C'est une question d'instinct » intervient Isaac en nous rejoignant à son tour. Devant mon regard intrigué il hausse les épaules. « J'ai tort ? »

« Non. »

« Je le sens à travers toi, cette sensation qu'il va se passer quelque chose, qu'on doit être là. »

Je le fixe un instant. Ressentir cela relève d'un certain lien que je ne m'étais pas rendu compte d'avoir tissé avec lui. Il nous informe que Scott a en effet rejoint le fameux « coin secret » qu'il partage avec la fille Argent. Crétin…

C'est à ce moment là que je sens un frisson venir crisper chacun de mes muscles. Cette panique soudaine est écrasante au point que sur le coup, elle me coupe le souffle. Ca ne dure qu'un instant, mais ça suffit pour que je sente mon loup s'agiter. Je me tourne vers la fenêtre et comprends que ça vient de Stiles. Quand je regarde Isaac, il n'a pas besoin que je parle pour comprendre ma question. Malheureusement, le Sheriff est loin et pas encore prêt de rentrer.

Sans perdre plus de temps je prends la direction de la fenêtre, suivi par mes bêtas. Nous débarquons dans la chambre de l'hyperactif et le découvrons affalés contre la porte de sa chambre, quasiment inconscient. Ce n'est pas bon signe, mais aussi vrai que je suis égocentrique, je suis de nature assez calme, même quand je m'énerve. En tout cas, je ne panique pas facilement et ce n'est pas cet humain qui va changer la donne ! …Pas vrai ?

« Stiles ! »

Il n'ouvre pas les yeux. Ce n'est vraiment pas bon signe. Erica se précipite sur lui et met une main devant la bouche et le nez de l'humain.

« Il ne respire pas ! » puis elle se penche sur son torse. « Son cœur bat beaucoup trop vite ! »

Elle, en revanche, panique un peu…nul besoin de me pencher pour entendre son cœur s'emballer. C'est d'ailleurs ce qui a alerté mon loup. Je grogne, demandant à voix haute ce qu'il fiche, mais il ne répond pas. Pour une fois que je veux l'entendre parler, il garde ses lèvres hermétiquement close cet idiot ! Erica émet une hypothèse qui tient la route…Une crise de panique. Tu m'étonnes ! Avec ce qu'il vient de vivre, après tout ce qu'il s'est passé l'année dernière, c'est encore étonnant qu'il ne soit pas devenu à moitié fou…J'ordonne à Boyd d'appeler Scott. Il le connait depuis suffisamment longtemps pour savoir gérer ça. Erica s'inquiète. Elle ne l'avouera jamais, mais elle l'aime bien ce petit humain. Il fait ressortir son instinct maternel. Cette furie fera une bonne louve. Boyd revient, m'annonçant que Scott ne répond pas. Bah voyons, ça m'aurait étonné ! Il est encore avec la fille Argent ! Savoir cela me fait grogner…

Soudain, je vois Erica allonger Stile et se pencher sur lui. Elle m'explique qu'elle va tenter de faire entrer l'air de force dans ses poumons. Bah bien ! Une fille superbe t'embrasse ! Il serait peut-être tant que tu te réveilles, non ? Erica demande à Isaac d'aller chercher du linge et j'ordonne à Boyd d'essayer encore d'appeler Scott…en vain. Erica me regarde. Ses grands yeux me fixent sans qu'elle n'ose dire ce à quoi elle pense. D'un seul regard je lui fais comprendre qu'elle peut dire ce qu'elle a en tête. Apparemment, sa solution n'est que temporaire et nous allons devoir passer au plan B...qui est ?

« Prend le contre toi. »

« Quoi ?! »

C'est une blague ? Pourquoi ferais-je cela ? Mon regard se durcit, je le sais. Qu'est-ce qu'elle peut bien avoir en tête pour me sortir une absurdité pareille ?

« Fais lui écouter ton cœur. Tu es le seul qui arrive à contrôler ton rythme. »

« Vrai. Je me concentre sur ton rythme pour ne pas craquer. Depuis tout à l'heure, je me focalise sur les battements de ton coeur pour rester humain et lucide, »m'avoue finalement Isaac.

Je regarde Erica, Isaac, puis Boyd et finalement Stiles. Mon regard glisse de nouveau vers Erica comme si elle pouvait trouver une autre solution, mais non. Je grogne à nouveau, mais je m'exécute. C'est vrai quoi ! Il a des informations importantes à nous transmettre. Evidemment, je ne ferais jamais cela si ce n'était pas le cas ! C'est…certain…

Je me penche et je redresse le corps de Stiles comme s'il ne pesait rien. C'est vraiment une crevette ce type ! Et finalement, après une nouvelle hésitation je le serre contre moi. C'est impressionnant la vitesse à laquelle bat son cœur. Je ne savais même pas que c'était possible. C'est à se demander comment sa cage thoracique peut tenir face à un assaut pareil ?! Je resserre ma prise, appuyant doucement sur sa tête pour que son oreille soit collée à mon torse et que le battement régulier de mon propre cœur se répande dans sa tête comme s'il s'agissait d'une caisse de résonnance. Doucement, son cœur ralentit un peu et soudainement, son torse se soulève et il sort de sa crise dans une profonde respiration…Il avale l'air comme s'il avait été sur le point de se noyer.

Surpris, je l'appelle, soulagé, un peu malgré moi, de le voir respirer à nouveau. Et cette andouille trouve encore le moyen de me répondre sur le même ton, mais avec une voix rauque, éraillée. Ca fait un peu bizarre de l'entendre avec une telle voix. Une crevette avec une voix d'ours...Il soupire puis s'endort. Je regarde Erica mais je ne le lâche pas.

« Ca épuise. » commente-t-elle

« C'est pas non plus comme s'il avait eu une soirée de tout repos.» fait remarquer Isaac.

« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » demande Boyd

« Scott ne répond toujours pas ? »

« Non. »

« Derek, on ne peut pas le laisser comme ça. S'il se réveille seul après ça, il va repartir en crise direct » me dit la blonde

« Son père… »

« Ne rentrera pas tout de suite… » interrompt Isaac

« Ok…Ok….On l'emmène. On ne peut pas faire le pied de grue ici, on l'emmène, au moins on pourra garder un oeil sur lui. »

Et comme, bien sûr, cet espèce d'énergumène s'accroche dur comme fer à mon cuir, c'est moi qui doit le porter jusqu'au hangar. Je donne la consigne à Isaac d'envoyer un message au Sheriff de la part du môme disant qu'il irait chez Scott puis d'envoyer un message à Scott pour qu'il vienne chercher son pote.

Une fois arrivé dans notre repère, je laisse les louveteaux aller se reposer et je vais le poser sur l'une des banquettes de la rame qui nous sert plus ou moins de salon. Evidemment, j'aimerais offrir autre chose à mes bêtas que cet endroit, encore qu'il est plutôt bien agencé pour des entraînements. J'aimerais retaper la maison de mes parents, mais pour l'instant, je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à me décider…à agir. C'est comme si, en faisant ça j'effaçais quelque chose. Comme si je disais au revoir à quelque chose que je suis bien incapable de définir et qui, pourtant, m'est encore indispensable. En attendant d'avoir mieux, je paye le loyer d'un petit appart pour Isaac. Je sais qu'il ne veut pas retourner vivre dans la maison de son père et je le comprends bien. Erica et Boyd, eux, vivent encore chez leurs parents, ou, tout du moins, ils dorment là-bas. Quant à moi, soit je dors dans mon ancienne chambre, soit ici. Isaac a réussi à me convaincre de dormir chez lui, une ou deux fois, quand j'étais vraiment épuisé. Ce soir, je reste là, avec Stiles.

« Tes sûr que tu veux pas l'amener à l'appartement ? La banquette c'est pas ultra confortable. »

« Je sais. Mais si la chose qui a attaqué le mécano revient pour lui, je préfère qu'elle vienne ici plutôt qu'à ton appart'. T'es pas le seul à vivre dans cet immeuble alors qu'il n'y a pas beaucoup de civil dans le coin. »

« Tu veux que je reste ? »

« Non. Va te reposer Isaac. »

Je sens son regard sur moi. Isaac est le seul qui puisse me parler comme ça. Je sais que je suis dur avec lui, mais dès qu'on est juste tous les deux, je me radoucis, malgré moi…j'ai l'impression que c'est le seul qui me voit. Il arrive à me discerner malgré toutes les barrières que je dresse et je dois bien avouer que parfois, cela me tape sur les nerfs. Et en même temps, c'est…bien…agréable…je me sens moins…seul. Boyd a clairement dit, ce soir là, à la patinoire, qu'il voulait plutôt être comme Scott…et Erica, elle est entre les deux. Je crois qu'elle ne sait pas encore où se placer, mais j'ai déjà pu sentir sa louve chercher le loup de Boyd. Donc elle finira par se ranger de son côté, quoiqu'il décide. Je le sais, et ça m'énerve !

Je me redresse en entendant Stiles grommeler contre ce lit trop dur. Ce type est incroyable. Il arrive à vivre, à survivre au milieu de tout ce merdier alors que ce n'est qu'un humain. Un humain qui a froid d'ailleurs, si j'en crois le frisson qui fait vibrer son corps frêle. Je grogne et me défait de ma veste en cuir, qu'il avait finalement lâché à notre arrivée au hangar, et je la dépose sur lui. Les frissons s'atténuent, mais bientôt il se met à gémir. Je crois percevoir des « non » paniqués s'échapper de ses lèvres et je comprends qu'il est en plein cauchemar.

« Stiles, »tenté-je

Mais il ne réagit pas, ni la première fois, ni les suivantes. Je m'approche de lui et dépose une main sur son épaule, m'apprêtant à le secouer. Mais je reste finalement immobile. Je l'ai senti se décrisper.

« …pas…Seul… »

Je fronce les sourcils. La solitude. Je connais, je l'apprécie, ou je m'en persuade…Je m'écarte finalement de lui et le sens à nouveau se crisper. Je vois. Erica m'a dit qu'il ne fallait pas le laisser seul…je comprends mieux pourquoi. Il est sur le fil du rasoir, toujours à la limite de la crise, même dans son sommeil. Je m'assois sur la banquette située derrière la sienne, dos à dos et je passe mon bras par-dessus pour aller prendre sa main. Qu'il ne se sente pas seul dans son sommeil, parce que de toute façon, je serais bien incapable de gérer une crise de panique. Ca semble être une solution plutôt potable vu comme il s'y agrippe.

Je ne lâche sa main que lorsque j'entends Isaac arriver. J'ai fini par me laisser gagner par le sommeil, ou plutôt la somnolence. Je ne dors plus…pas profondément en tout cas. Je récupère aussi mon cuir et sors de la rame en le tenant à la main. Isaac n'aurait sans doute rien dit. Erica en revanche, ne m'aurait pas lâchée. D'ailleurs elle aussi arrive, bientôt suivie de Boyd. Parfait, nous allons pouvoir commencer l'entraînement. Nous n'avons pas beaucoup de temps avant le début des cours. Isaac ne peut, certes, pas y aller, mais ce n'est pas le cas d'Erica, Boyd et Stiles…si celui-ci se décide à se réveiller un jour.

L'entraînement est plus ou moins un échec. Ils manquent cruellement d'initiatives. Ils sont beaucoup trop prévisibles…enfin presque. Quand Erica me saute dessus je ne peux m'empêcher de répondre au baiser. Ca fait longtemps que je n'ai pas senti la chaleur d'un corps contre le mien, la sensualité de lèvres charnues dévorant les miennes…mais je me reprends rapidement et je rejette Erica. Je ne peux pas…L'image de Kate brûlant ma maison me hante toujours…et puis, Erica est déjà destinée à quelqu'un…enfin…destinée, c'est un bien grand mot. Mais leurs loups se veulent et tôt ou tard, elle et Boyd finiront certainement par leur céder. Je ne tiens pas à m'immiscer là-dedans. Si je me laisse aller avec Erica, étant leur Alpha, se serait comme étouffer dans l'œuf leur relation.

Isaac soulève des questions auxquelles je ne peux répondre et cela me rend nerveux. Du coup, je perds vite patience face à la répartie de Stiles qui s'est réveillé entre temps. Je m'apprête à le plaquer contre la paroi de la rame de métro. Comme souvent depuis notre rencontre je vais le bloquer, l'empêcher de bouger, le menacer et m'abreuver de son souffle…de…de son souffle tremblant de peur…C'est parce qu'il me craint…c'est juste ça, ça me permets d'assurer mon statut. Est-ce vraiment ce que je recherche ?

De toute façon, le louveteau mal léché intervient pile poil maintenant. Si Scott n'était pas arrivé, je n'aurais pas su me contrôler. Et je me rends compte que, même si j'aime assoir mon autorité, je déteste cette sensation. Ne pas savoir me tenir…Pourtant, je n'ai rien contre Stiles, si ce n'est qu'il parle trop…je n'ai pas envie de le blesser, mais je n'ai pas l'habitude des mots et lui ne cesse de m'attaquer avec cette arme que je ne sais pas contrer…Alors j'use de la force, à chaque fois.

Je les laisse partir, seul Isaac reste avec moi. Il s'installe en tailleur sur le canapé et me fixe longuement. J'essaye tant bien que mal d'ignorer la sensation brûlante de ses yeux d'azur fixés sur moi. Au bout d'un moment je pousse un bruyant soupir et lève mes yeux vers les siens.

« Quoi ? »

« Rien. »

Moi je vois bien à son sourire qu'il n'y a pas « rien ».

« Isaac ? Crache le morceau ! »

« … »

« Parle nom de Dieu ! On dirait mon oncle avec ce sourire qui en dit plus long que n'importe quel mot ! »

« Bah si ça en dit si long, pas besoin de mots… »

« Isaac ! » grogné-je en laissant le loup apparaître derrière mes iris rouges

« Okay ! Du calme…C'est juste que…Je ne t'ai jamais entendu soupirer comme ça. »

« De quoi tu parles ? »

« Quand Scott est arrivé, tu as laissé échapper un soupir. »

« Non. Je ne crois pas non. »

« Derek… »

« Ce n'est pas que j'essaie de nier. J'étais bien trop énervé par cet imbécile d'hyperactif. Je n'aurais pas desserré les dents, même pour un soupir ! » Affirmé-je.

« Je te parle du moment où tu as entendu Scott arriver, pas au moment où il a débarqué dans la rame. »

« … »

« Tu as entendu la Jeep quand Stiles s'est comparé à un lapin de magicien. Je l'ai entendu se garer à ce moment là. Mais ne t'inquiète pas, Erica et Boyd n'ont pas remarqué. Ils n'ont entendu Scott que lorsqu'il a ouvert la première porte du hangar. »

« Je…je soupirais à cause de la remarque de Stiles. »

« Ce n'était pas un soupir d'exaspération, c'était une sorte de déception. »

« Mais qu'est-ce que tu vas chercher ?! Depuis quand tu distingues mes soupirs toi ? »

« Tu ne communiques quasiment que comme ça. Et je suis observateur. » se contente-t-il de me répondre avant de sortir, prétextant aller chercher nos repas du midi.

Saleté de louveteau un peu trop observateur. Je soupire à nouveau alors qu'il quitte le hangar. Ce soupir de déception, je l'ai en effet laissé échappé. Je savais pertinemment que l'échange entre Stiles et moi allait prendre fin et que Scott allait de nouveau me regarder comme si j'étais un monstre prêt à bouffer son meilleur pote. Alors que tout ce que je veux, c'est le garder en vie. Rien que ce fait m'avait énervé…c'est sans doute pour cela également que j'ai si vite perdu le contrôle. Avant même que Stiles ne commence vraiment à parler, je savais que Scott viendrait nous interrompre. Fait chier…

J'hésite un instant à aller chez Isaac pour me pencher sur un nouveau projet, mes louveteaux savent que je travaille, mais Isaac est le seul à connaître la nature de ce-dit travail. En même temps, une table et tout le matériel nécessaire au plan d'architecture, ça ne passe pas vraiment inaperçu…Bref. Je préfère attendre de recevoir la réponse de mon client actuel avant de me pencher sur de nouveaux plans. Du coup, je passe le reste de la journée à surfer sur internet, parcourant toutes les légendes possibles et inimaginables. En même temps, je ne sais pas exactement quoi chercher. Par dépit, je me mets, comme souvent depuis quelques temps, à faire ce que fait ce stupide humain. Je cherche des choses sur ma propre race. Je tombe sur un sacré lot d'imbécilités en tout genre. Je découvre avec surprise quelques petites choses qui relèvent de l'exactitude ainsi qu'un certain nombre de dires erronés mais reposant sur des réalités.

Au retour d'Isaac, qui s'est réfugié à la bibliothèque de la ville pendant l'après-midi, je décide d'agir le soir même et de faire dire à Stiles ce qu'il a vu. Aussi nous mettons le plan à exécution. Je laisse Isaac en charge de la protection des humains pendant qu'Erica m'accompagne pour interroger Stiles. Je pensais mettre Boyd en faction, mais cet idiot a décidé de participer au match. C'est vrai, il veut être indépendant, comme Scott.

La description de Stiles est assez explicite, même s'il a essayé de jouer du sarcasme, comme toujours. Au final, toute description devient inutile puisque la créature se montre et nous attaque. Et Stiles est toujours là. Merde.

Au bout de quelques heures, Scott vient enfin nous aider. Pas que cela m'enchante. J'aurais préféré m'en sortir sans son aide. Mais je suis encore paralysé et Stiles a tenu bien longtemps déjà. Lorsque l'étrange créature reptilienne s'était montrée, plusieurs théories avaient été mises en avant dans mon esprit, mais alors que je la vois, si troublée par son propre reflet, je comprends ce qu'elle est.

Une fois dehors, je fais enfin part de cette découverte à Scott et Stiles. Puis je m'éclipse. J'escorte Erica jusqu'à chez elle et je suis rejoins par Isaac. Je n'ai même pas besoin de lui parler.

« Je m'occupe des Mc Call, de Lydia Martin et de Jackson. »

« Isaac. »

« Tu fais la maison du Sherif, c'est de l'autre côté. Le reste c'est sur ma route jusqu'à l'appartement, je te laisse le plus chiant… Tu m'en veux pas trop ? »

Mais il ne me laisse même pas le temps de répondre. Je me contente de souffler un « imbécile… » qu'il entend certainement. La manœuvre n'est pas si discrète selon moi. Encore que, je suis presque certain que quelqu'un comme Scott, qui ne fait pas preuve d'une grande perspicacité, n'aurait absolument rien décelé de significatif derrière ce « plan de route ». En fait, il se serait sans doute contenté de refuser catégoriquement que ce soit moi qui m'occupe de veiller à la sécurité de Stiles. Je pense que Boyd ne calculerait pas bien plus le regard que je viens d'échanger avec Isaac, mais dans son cas, ça serait plus parce qu'il s'en fout. Erica, elle, n'aurait absolument rien loupé et j'aurais eu le droit à des heures de charriage en règle ! Non merci.

Je reste dans l'ombre de la lisière des bois, à l'affut de la moindre fluctuation de la tension de Stiles. Quelque chose me dit…mon loup, au fond de moi, me gronde que la journée que l'on vient de vivre va l'entraîner dans une nouvelle crise. Et je ne peux pas le laisser seul alors que je sais cela. Je fixe mon regard sur la fenêtre de sa chambre qui est toujours allumée. Je me concentre sur les battements de son cœur, sur le rythme de ses respirations. Et ça ne manque pas. La crise s'empare de lui.

En un instant, je parcours la distance qui nous sépare. Une impulsion et je me retrouve sur la corniche de sa fenêtre. L'ouvrir n'est pas difficile, si ce n'est que pendant un court instant, à le voir tremblant et désemparé, je me sens fébrile. C'est incroyable ce que sa personne peut être contradictoire. Stiles…Son caractère, son esprit est si puissant, si vif, complètement déroutant et pourtant, il reste un humain, fragile et sujet à des crises aussi puissantes que son esprit.

Je me glisse à l'intérieur de la pièce et sans plus réfléchir, j'attrape son poignet et je le tire vers moi, le forçant à se lever de son fauteuil. Je le garde contre moi, m'assurant que les battements réguliers de mon cœur résonnent dans sa tête. J'écoute son rythme cardiaque. Visiblement, cette fois, j'ai réussi à intervenir avant que la crise ne le prive de tous ses moyens.

Calmé, il se décide à prendre la parole. Il m'a reconnu sans peine. Son cœur bat encore trop rapidement alors je lui intime de se calmer, mais plutôt que de se concentrer sur son rythme cardiaque il me demande pourquoi je suis là. N'est-ce pas évident ? Préfère-t-il me voir partir ? Soucieux, même si je ne le montre pas, de la gêne que je peux lui causer, je lui demande s'il veut que je parte mais il répond bien vite par la négative avant de livrer sa pensée.

C'est lorsque je l'entends me dire qu'il ne sait rien de plus que moi sur le kanima que je comprends que je parviens plutôt bien à faire illusion. Faire croire à tout le monde que je ne m'attache pas, c'est assez facile…il suffit de se fermer, de ne rien montrer, d'agir dans l'ombre…et l'ombre est mon alliée depuis bien des années maintenant.

Alors pourquoi l'entendre dire tout ça me serre le cœur ? J'ai tout fait pour qu'il pense que je ne suis qu'un égoïste. J'ai toujours laissé paraître que l'humain qu'il est n'a aucune importance à mes yeux. Mais maintenant que je l'entends de sa bouche, je comprends que ce n'est qu'une image. Moi-même j'essayais de m'en convaincre. Mais je ne peux pas me voiler la face, je ne peux plus, pas quand mon loup rugit comme un diable en moi à l'entendre dire ces mots. Mon loup m'en veut apparemment. Je le comprends. Par ma faute, il est seul…

Je sors de mes pensées en sentant le cœur de Stiles accélérer à nouveau.

« Tu recommences à paniquer. Tu penses trop. »

Enfin je dis ça, mais c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité pour le coup. J'entoure son corps frêle de mes bras pour lui faire sentir qu'il n'est pas seul.

« Désolé de pas avoir réussi à te maintenir hors de l'eau aussi. »

Je hausse un sourcil un peu surpris. Je ne m'attendais pas à ça. Il s'excuse alors qu'il a réussit à tenir si longtemps en me portant à bout de bras. N'a-t-il donc pas conscience de l'exploit accomplis ? Je ne suis pas gros, mais je sais que je suis loin d'être léger ! Bon, d'accord, c'est vrai que je ne l'ai pas aidé à se rendre compte que je lui étais reconnaissant…j'ai même nié en fait…je sais, c'était idiot ! Pas la peine de me grogner dessus ! Ah ! Super, voilà que je me mets à parler à mon loup dans ma tête maintenant…

Je soupire et j'essaye de rassurer Stiles sans trop sortir de l'image que je m'évertue à montrer. Par chance, il est vif d'esprit, même après une crise. Ce type est vraiment perspicace. Si seulement Scott pouvait l'être un tantinet plus ! Et Stiles un tantinet moins des fois aussi. Il voit un peu trop de choses comme le fait que je considère le fait de dire « merci » comme une faiblesse.

« C'est idiot. »

Là, je suis vraiment surpris. Il ne faudrait pas qu'il devienne impertinent non plus. Il l'est déjà suffisamment comme ça !

« Tu n'es pas faible. Tu es loin d'être faible.»

Je le sens se blottir un peu plus contre moi, mais je n'y prête pas grande attention, je suis bien trop occupé à analyser ce qu'il vient de dire. Outre le fait que je ne m'attendais pas à l'entendre dire ça, c'est surtout le comportement de mon loup qui me surprend. Il…on dirait qu'il ronronne. Evidemment, ce n'est pas ça, ce n'est pas un chat, mais, il est…apaisé…Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas ressenti cela.

Je sens la respiration de Stiles devenir plus régulière…cette énergumène a réussi à s'endormir debout… Je soupire à nouveau et le porte jusqu'à son lit. Oh…non…pas encore…Stiles, je sais que tu l'aimes mon cuir, mais va falloir éviter de prendre l'habitude de t'endormir en le serrant.

Je porte mon regard sur son visage endormi. Mouai…si c'est pour qu'il me fasse une crise dès que je m'éloigne,…un soupire, encore…je ne sais décidément pas comment agir avec lui. Je décide finalement de m'assurer qu'il est profondément endormi avant de m'éclipser. Je m'allonge donc à ses côtés de façon à pouvoir le garder contre moi, qu'il ne se sente pas…seul. Ce que je n'avais pas prévu, c'est que je me laisserai moi aussi avoir par le sommeil.

Enfin, le sommeil, c'est un grand mot pour moi, mais j'arrive à me reposer. Il faut dire que mon loup est calme, plutôt serein, aussi étrange que cela puisse paraître étant donné l'apparition du kanima, oui, il est serein.

C'est le bruit du moteur de la voiture du sherif qui me sort de ma somnolence. Je serre les dents en me rendant compte de notre position. Son dos contre mon torse, mon bras autour de sa taille…Okay, c'est encore le plus confortable vu la taille de son lit, mais…Bref…Je m'assure que Stiles soit profondément endormi et je parviens à m'extirper de là sans le réveiller avant de me faufiler par la fenêtre et de retourner à l'entrepôt.

Mais quand j'arrive devant celui-ci, je reste immobile. Cette nuit, je ne veux pas être seul. Quelques minutes plus tard je me retrouve devant l'appartement d'Isaac. Je n'ai même pas le temps d'user mon double, qu'il m'ouvre.

« Il va bien ? » me demande-t-il

Je me contente d'un hochement de tête. Il me laisse entrer. Je suis ici comme chez moi, je le sais, enfin…techniquement c'est chez moi, mais pour moi c'est plutôt chez Isaac même si j'y ai mes habitudes. Je mets mon cuir au placard, me débarrasse de mes chaussures et me dirige vers le canapé.

« Derek… »

Je regarde Isaac. Il me regarde. Nous n'avons besoin de rien d'autre pour comprendre, pour nous comprendre. Il sait que je ne veux pas en parler pour l'instant. Il attendra, le temps qu'il faudra. En attendant, il reste près de moi et attend de moi que je reste près de lui.

Pas de canapé ce soir. Je le rejoins dans le lit. Il n'y a rien entre nous. Pas d'amour si ce n'est un amour fraternel que j'ai encore du mal à accepter. J'ai perdu ma sœur, et je ne m'en suis pas encore remis…Si je le perdais lui aussi ?

La lueur de la lune inonde sa chambre. Il n'aime pas le noir complet. C'est pour ça que j'ai choisi cet appartement pour lui. Il se blottit contre moi, je resserre mon emprise sur sa taille. C'est la première fois que ça arrive. Jusqu'ici, nous avions déjà dormis dans le même lit, mais jamais comme ça…pourtant, ça me paraît naturel. Avant de m'endormir, je vois un sourire naître sur les lèvres de mon bêta.

« Quoi ? »

« Je suis heureux. »

« Une raison particulière ? »

« Elle peut voir que je ne suis plus seul. »

Ses grands yeux bleus fixent la lune au dehors. Si Isaac n'est plus seul, cela implique que…moi non plus je ne le suis plus…Je fronce les sourcils et m'apprête à me lever, mais Isaac aggripe ma main.

« Est-ce mal ? »

Je le regarde, longuement, lui fixe la lune.

« Non…mais je crois que ça fait mal. »

« Pourquoi ? »

« Briser des barrières ça fait toujours mal. »

« On s'en fiche, on guérit rapidement. »

Un moment de réflexion, un instant d'acceptation.

« En plus les loups, ça aime les grands espaces non ? Faut agrandir le terrain un peu. »

« Décidément, il faut vraiment que je vous empêche de cotoyer Stiles ! Son humour sarcastique et ses allusions pourries sont contagieuses.»

J'esquisse un sourire et me recouche, fermant les yeux après avoir souhaiter silencieusement une bonne veille à la meilleure amie de mon loup.


Voilà! Alors? Dois-je courir me perdre dans la forêt et m'offrir en pâture à la bande d'alpha ou bien je suis encore acceptée dans la meute?

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