Bonjour à tou(te)s !
Bouuuuuh, voici venir le quatrième chapitre avant la fin… *Pas pieurer, Chalusse ! Pas pieurer !*
Bon… j'espère que vous allez tous très bien malgré tout. Comme chaque semaine, je tiens à remercier de tout mon petit cœur tout mou mes merveilleux/euses revieweurs/euses. Merci, merci, merci à vous de me transmettre vos avis qui sont si importants pour moi. Love, love, love ! :)
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Alors… quelles sont les nouveautés du jour ? Eh bien, pour ceux qui ne le sauraient pas, le second chapitre de ma mini-mini-fic' « Réflexions post-coïtales » (Dramione) a été publié dimanche soir ! Vous pouvez donc le retrouver (ainsi que le chapitre un pour ceux qui souhaiteraient venir le découvrir, of course !) depuis ma « page d'auteure » ou ma page FB, comme d'haaaabitude ! J'espère que vous l'apprécierez. ^^
Sinon, mon sondage destiné à en savoir un peu plus sur vos préférences, vos déceptions, vos habitudes et vos expectatives fanfictionales est encore actif. Le lien est toujours à retrouver depuis ma bio. Voilàààà ! Passons aux RàRs anonymes.
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RàRs Anonymes :
Pauline : Merci infiniment pour ton sublime compliment sur ma fic'. Je suis très touchée qu'elle te plaise autant et que tu attendes les mercredis avec impatience. *-* Pour ce qui est du « post-publication-de-cette-fic' », rassure-toi, j'aurais d'autres textes à vous proposer. :) (Tu peux d'ailleurs en retrouver quelques-uns depuis ma « fiche d'auteure ».) Je te remercie pour tes encouragements et ta super review ! J'espère que ce nouveau chapitre sera à la hauteur de tes attentes. Des bisous et encore merci !
Guest : Scorpinou rêve de pouvoir former une belle et grande famille avec Hermione et son père. En constatant qu'Hermione fréquente de nouveau Drago (même s'il ne sait pas jusqu'à quel point), il reprend espoir. Et, oui : les Dramione ont craqué. Enfin… Hermione a craqué. Drago, lui, ne voulait certainement pas d'une séparation et aurait souhaité « lemoner » avec son Hermione-chérie bien avance cela. Des milliards de mercis pour ta nouvelle review ! Je te souhaite une excellente soirée également et j'espère que tu apprécieras ce nouveau chapitre. Des bisous !
MariePuffy : Hellooow ! La semaine a été longue ? Mouaaah, tu es mignonne ! *-* Je te remercie du fond du cœur pour tes superbes compliments sur la fic' et le style. C'est parfait si les chapitres se lisent facilement et sont agréables.
Pour répondre à ta question, oui, j'aimerais écrire un livre avec, donc, mon propre univers et mes personnages. C'est un projet qui m'est très cher et sur lequel je travaille d'ores et déjà. Tu ne peux pas savoir comme ton enthousiasme vis-à-vis de cette éventualité me touche. Vraiment c'est… juste adorable de ta part. Merci beaucoup. :) Et merci pour ta review ! J'espère que ce nouveau chapitre sera à la hauteur de tes attentes et que la semaine n'a pas été trop longue. Plein de gros bisous pour toi !
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Alors, alors, alors… que va-t-il se passer au lendemain de ces sulfureuses retrouvailles entre nos handicapés des sentiments préférées ? Eh bien c'est ce que je vous propose de découvrir toooout de suite. Je vous souhaite une excellente lecture. :)
Comme toujours, seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
Chapitre 63 : Qui aura le dernier mot ?
Hermione se sentait bien. Très bien, même. Tout n'était que douceur, chaleur et bien-être autour d'elle. Elle était confortablement allongée, les yeux clos et un sourire satisfait aux lèvres. Oui, tout allait parfaitement bien. Jusqu'à ce qu'elle se souvienne pourquoi elle se sentait si bien.
- Oh Merlin ! s'exclama-t-elle en se redressant brusquement.
Elle manqua de faire tomber Drago du lit et il se mit à grommeler avec humeur.
- Putain mais qu'est-ce que tu fous ? grimaça-t-il en se frottant les côtes là où elle lui avait donné un coup de coude involontaire.
- Oh non c'est pas vrai ! Par Merlin dites-moi que ce n'est pas vrai ! gémit la jeune femme en se prenant la tête entre les mains.
- Mais qu'est-ce que tu as ?!
Hermione l'ignora complètement et lâcha son visage avant de regarder sous la couette. Oui… elle était bien totalement nue. Et, oui… Drago, à ses côtés, l'était tout autant.
- Oh non…, soupira-t-elle en fermant les yeux comme si cela allait changer le cours des événements.
- Tu as fini ? s'agaça le Serpentard en levant les yeux au ciel.
- Je n'arrive pas à croire que j'ai fait ça…
- Quoi ? Coucher avec moi toute la nuit ? C'est pourtant bien ce que tu as fait et Merlin m'est témoin que tu en as redemandé un paquet de fois, ricana-t-il.
Hermione tourna brusquement la tête vers lui, l'assassinant du regard. Elle allait lui répondre quelque chose lorsqu'ils furent interrompus par de petits coups donnés contre la porte de la chambre de Drago. Les yeux d'Hermione s'agrandirent d'horreur. Il ne manquait vraiment plus que ça. Après avoir observé le panneau de bois comme s'il s'agissait d'une créature particulièrement dangereuse, elle se retourna de nouveau vers son… amant d'une nuit. Lui était parfaitement calme et ses lèvres s'étirèrent en un sourire amusé lorsqu'il lut la panique sur son visage.
- Tu veux te cacher sous le lit ? proposa-t-il sur le ton de la plaisanterie.
- Non. Je vais aller dans le dressing, répondit-elle en bondissant littéralement.
Elle l'entendit ricaner mais ne lui prêta aucune attention, bien trop occupée à ramasser ses vêtements qui traînaient un peu partout tandis que les coups contre la porte se faisaient plus insistants. Elle se précipita ensuite dans le dressing, tira la porte mais ne la referma pas totalement. Ses vêtements serrés contre sa poitrine, Hermione entendit alors Drago inviter son fils à entrer.
- Qu'est-ce que tu veux ? l'écouta-t-elle demander.
- Euh… Il est près de midi, Papa… Je commençais à m'inquiéter, dit la voix de Scorpius.
« Midi » ?! Hermione ferma les yeux avant de soupirer de désespoir.
- Eh bien te voilà rassuré.
- Oui. On fait quoi aujourd'hui ?
- Ce que tu veux mais j'avais pensé que nous aurions pu aller passer quelques jours en France. Si ça te fait envie, bien sûr, ajouta son père.
- Oh oui, oui. Mais…
- Mais ?
- Est-ce que tu crois qu'on pourrait inviter Hermione ? Pour le thé un après-midi, par exemple, ajouta-t-il très rapidement. Ou quelque chose comme ça…
Il y eu un blanc pendant lequel la Gryffondor sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine.
- Sincèrement, je ne sais pas Scorp', dit finalement son père. Premièrement, je ne suis pas certain qu'elle serait d'accord pour ce genre de choses et…
- Mais je pourrais le lui demander, non ? Lui envoyer un hibou et voir ce qu'elle en pense.
- Je suppose, répondit évasivement son père.
- Tu penses qu'elle va refuser ?
- Je ne sais pas, Scorp'…
- Mais toi, tu voudrais bien qu'elle vienne ?
- Je pense que je te l'aurais dit si je n'avais pas été d'accord, ne crois-tu pas ?
- Si mais…
- Mais ?
- Rien. Je vais aller t'attendre dans le salon.
- Ok. J'arrive dans quelques minutes.
Hermione n'étendit plus rien jusqu'à ce que la porte de la chambre ne se referme. Elle poussa un soupir de soulagement puis s'autorisa à remuer un orteil. Elle déposa ses vêtements sur un petit tabouret, près d'elle et entreprit de se rhabiller afin de rentrer à son domicile. Elle était en train d'attacher son soutien-gorge lorsque deux mains se posèrent par-dessus les siennes. Surprise, Hermione sursauta. Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas entendu Drago arriver. Il attacha son sous-vêtement à sa place avant de déposer un baiser au niveau de son omoplate. La Gryffondor se figea avant de se retourner pour lui faire face.
- Ne fais pas ça, s'il-te-plaît.
- Quoi ?
- Ça, dit-elle en attrapant son jean qu'elle entreprit d'enfiler.
- Ça quoi, Granger ?
- Tu le sais parfaitement.
- Non.
- Drago, arrête, soupira-t-elle.
Elle détourna les yeux et prit sa chemise. Alors qu'elle s'apprêtait à la passer, les deux mains de Drago se posèrent sur sa taille nue. Il s'approcha un peu plus d'elle tandis qu'Hermione dégageait son visage du col de son vêtement. Elle tira dessus mais le Serpentard n'ôta pas ses mains. Réprimant un nouveau soupir, la jeune femme leva les yeux vers lui.
- Ne fais pas ça, répéta-t-elle. Rien n'a changé.
- Viendras-tu ? demanda-t-il, faisant fi de ce qu'elle venait de lui dire.
- Venir où ?
- Chez nous quand Scorp' t'inviteras ? Je sais que tu as entendu.
- Je ne sais pas, Drago…
- Viens. Je ne resterai pas si tu le souhaites pas mais viens, s'il-te-plaît. Il a besoin de toi.
Hermione ferma les paupières. L'impression de plénitude dans laquelle elle avait été plongée au réveil ne semblait plus être qu'un lointain souvenir, à présent remplacée par un abattement déjà très tenace. Elle tenta de se soustraire au contact du Serpentard mais il ne la laissa pas s'en aller.
- Lâche-moi, Drago.
- Non.
- Malefoy, lâche-moi !
- Non.
Elle lui lança un regard noir.
- Tu me fais mal, lâche-moi.
- Je ne te fais pas mal.
- Si.
- Tu dis n'importe quoi.
- Laisse-moi partir.
- Non.
- Malefoy…
- Je ne veux pas que tu partes, répliqua-t-il d'une voix sèche.
- Ah, tu ne veux pas ? répéta Hermione avec une pointe d'ironie non dissimulée.
- Non.
- Eh bien, vois-tu Malefoy, moi, je ne voulais pas non plus que tu me mentes pendant des mois mais… Eh bien c'est ce que tu as fait ! Nous n'avons pas toujours ce que nous voulons dans la vie. Alors, maintenant, enlève tes mains ou je te jure que tu vas le regretter.
Sa voix était aussi glaciale et sèche que son regard et cela sembla faire l'effet d'une gifle au blond qui la relâcha soudainement avant de reculer de quelques pas.
- Je n'aurai jamais dû venir, ajouta Hermione, plus pour elle-même.
- Alors pourquoi l'as-tu fait ?
- Tu sais pourquoi !
- Parce que n'arrivais pas à dormir ? demanda sarcastiquement le Serpentard.
Elle ne répondit pas.
- Si ça te fait plaisir d'y croire, ajouta-t-il.
- Ah et, selon toi, je suis venue parce que…
- Parce que je te manque, répondit-il simplement.
Hermione haussa un sourcil.
- Voyez-vous cela… Je constate que ton orgueil ne t'a pas quitté.
- Non… pas comme d'autres.
- Tu te moques de moi là, j'espère ?! s'offusqua-t-elle en partant d'un rire sans joie.
Cette fois-ci, ce fut lui qui ne pipa mot.
- Je croyais que tu « comprenais » ma décision.
- Eh bien il faut croire que ce n'est plus le cas.
- Ça ne m'étonne pas.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Me comprendre aurait requis de toi que tu mettes ton égoïsme de côté. Or, toi et moi savons parfaitement que tu es la personne la plus égoïste sur cette Terre. Les raisons pour lesquelles je t'ai « quitté » en sont la preuve flagrante, cingla-t-elle.
Elle le vit prendre une profonde inspiration, détourner le regard et serrer la mâchoire comme s'il tentait de contenir sa rage. Elle rouvrit la bouche mais il l'arrêta d'un mouvement de la main.
- Tais-toi. Par Merlin, tais-toi !
- Quoi, Malefoy ? Ça te fait chier que je te mette une nouvelle-fois face à tes agissements ? ricana-t-elle.
Elle n'anticipa pas son mouvement et se retrouva bientôt plaquée contre le mur le plus proche. Il lâcha ses épaules mais posa ses mains de chaque côté de son visage, son corps faisant rempart entre elle et le reste de la pièce.
- Tu as toujours été très douée pour donner des leçons aux autres, pas vrai Granger ?! La parfaite petite Hermione Granger… Mais voilà un scoop pour toi, chérie, tu es comme moi. La seule différence c'est que, contrairement à moi, tu te mens à toi-même. Je suis égoïste. Je le sais et je l'assume. Pas une seule fois tu m'as entendu te dire que je regrettais ce que j'avais fait ce jour-là et tu ne l'entendras jamais car ça n'est pas le cas et je vis très bien avec. Le problème, vois-tu, c'est que tu es tout aussi égoïste mais que tu ne l'assumes pas.
- Je ne suis pas…, commença-t-elle.
- Qui est venu chercher l'autre hier ?! C'est moi, peut-être ?
- Non mais…
- Ne me dis pas que tu es venue juste parce que tu « n'arrivais pas à dormir ». Tu voulais être avec moi, tu veux être avec moi. Tu es égoïste mais juste parce que tu crois être parfaite, tu te caches derrière des prétextes tous plus cons les uns que les autres. Tu es venue hier soir et tu as eu ce que tu voulais. Et ce matin, tu es prête à te casser comme si rien ne s'était produit. Tu es égoïste. Tu es comme moi.
- Je ne suis pas comme toi. Je ne mens pas !
Sa réflexion eut un effet déroutant sur le blond. Il se mit tout simplement à éclater de rire.
- Tu ne mens pas ?! répéta-t-il. Mais Hermione, tu ne fais que ça ! Tu te mens à toi-même !
- Je ne…
- Tu ne te mens pas à toi-même ?
- Non.
Drago ferma les paupières quelques secondes avant de les rouvrir. Il semblait… désabusé.
- Je m'y suis fait, tu sais ? reprit-il platement. Au fait que je t'aimais, je m'y suis fait. Mais toi, toujours pas visiblement.
- Je ne t'aime pas. Je ne t'aime plus.
Il donna un coup dans le mur près de son visage ce qui fit sursauter la Gryffondor.
- C'est pas possible… Tu es vraiment… Putain mais comment tu peux faire pour te voiler autant la face ?! rugit-il.
Elle ne répondit pas mais cela ne le dérangea absolument pas car il poursuivit.
- Et, dis-moi, comment tu t'expliques ce qu'il s'est passé cette nuit ? C'était juste un… dérapage ?
Hermione resta silencieuse, baissant les yeux.
- Je vois. Eh bien j'espère que tu en as profité, Granger, car ce n'est pas près de se reproduire. Tout au moins tant que tu considèreras ça comme des « dérapages » …
- Ça ne se reproduira plus, quoiqu'il arrive, souffla-t-elle.
- Si ça te plaît de le croire.
- Je ne peux pas faire ça…
- Je sais. C'est ce à quoi tu t'es astreinte depuis trois mois et demi. Et regarde ce que ça a donné… Tu es revenue et tu reviendras encore.
- Je ne reviendrai pas !
- Parfait, alors moi je reviendrai ! s'emporta-t-il soudainement.
Elle releva les yeux vers lui, déstabilisée par son brusque changement d'attitude.
- Je te l'ai dit, j'ai arrêté de me mentir. Je t'aime et je le sais. C'est comme ça, je n'y peux rien. Et même si au cours de ces derniers mois je me suis contraint à ne pas céder à mes pulsions par respect pour toi, c'est terminé maintenant. Tu m'as prouvé que toi-même ne pouvais pas tenir ta parole alors ne t'attends pas à ce que je m'y astreigne non plus.
- Je ne peux pas être avoir toi, soupira la jeune femme.
- Je m'en tape ! Ce que tu as fait hier était ce que j'attendais. Maintenant, n'espère pas que je vais me retenir alors que tu viens de me prouver que tu pensais exactement comme moi. Et s'il me faut user des moyens les plus immoraux que je connaisse pour te récupérer, je le ferais.
- Je n'aurai pas dû revenir…
- Non, tu n'aurais pas dû.
Il s'écarta d'elle, allant s'adosser contre la porte close, les bras croisés sur sa poitrine mais la Gryffondor ne bougea pas. Elle ne transplana pas, ne rentra pas chez elle mais s'affaissa plutôt contre le mur. Elle se laissa glisser jusqu'à être assise au sol. Elle se sentait comme une pauvre loque. Tiraillée entre ses envies et son… devoir ? Elle ne savait même pas s'il s'agissait d'un « devoir » … Elle ne savait plus rien, elle avait juste envie que sa conscience cesse de se rappeler inlassablement à elle et que lorsqu'elle ne pensait plus à Rose, le visage de Drago n'apparaisse pas. Elle n'en pouvait plus ! Vraiment plus.
Bien entendu que le blond avait raison… Elle se mentait à elle-même mais se mentir était toujours moins douloureux que… que de s'avouer qu'elle était folle amoureuse de Drago Malefoy et qu'elle ne pouvait pas être avec lui parce qu'il lui avait menti et que, s'il avait été moins égoïste, sa fille ne serait pas morte. Mais dans le même temps, elle ne parvenait pas à lui en vouloir d'avoir agi ainsi car elle savait qu'il voulait protéger sa famille et que ça, elle ne pouvait pas le lui reprocher.
C'était juste… trop.
Elle se prit le visage entre les mains, aussi furieuse que désemparée, agacée d'elle-même, de cette foutue situation de merde !
Elle essayait désespérément de trouver une solution mais n'y parvenait pas. Avec Drago. Sans Drago. Avec Drago et Scorpius. Sans eux… Non, ça, ce n'était pas possible. Sans Drago c'était encore envisageable – quoique…- mais si elle n'avait même plus Scorpius dans sa vie, Hermione ne…
Il avait raison. Elle était purement et simplement égoïste ! Elle voulait pouvoir rentrer de nouveau dans la vie de Drago, garder Scorpius dans la sienne et tout cela sans s'en sentir atrocement coupable. Mais ça, eh bien c'était tout bonnement impossible. Car même lorsqu'elle ne se sentait pas coupable, elle pensait à sa fille et cela l'abattait. Un schéma qui se reproduisait tel une sadique petite musique qui se répétait sans ne jamais s'arrêter. Sauf quand…
Oui, il y avait bien une situation au cours de laquelle Hermione parvenait à ne plus l'entendre. Un mince sourire ironique prit place sur ses lèvres à cette pensée. Elle avait affirmé cela sur un coup de tête, la veille, mais plus elle y réfléchissait, plus il lui apparaissait qu'elle avait raison. Il n'y avait qu'une seule chose qu'elle pouvait avoir sans se sentir trop coupable et qui lui permettait de se reposer l'esprit pendant quelques instants bénis. Sa drogue. Lui. Mais pas comme l'homme qu'elle aimait. Juste comme celui qu'il avait été pendant les mois au cours desquels il lui avait permis d'oublier la douleur de la perte de son mari et de sa fille. Juste son amant.
Seulement, réfléchir ainsi était atrocement égoïste. Elle avait d'ailleurs parfaitement conscience de se mentir à elle-même encore une fois. Quoi qu'elle puisse penser, Drago ne redeviendrait jamais l'amant qu'il avait pu être avant... avant que lui ne tombe amoureux d'elle. Avant qu'elle tombe amoureuse de lui. Cependant, Hermione ne voyait pas comment faire autrement. Elle avait besoin de lui mais ne pouvait pas être avec lui car elle se sentait beaucoup trop coupable. En même temps, elle n'arrivait plus à vivre sans lui. Son addiction aux potions de Sommeil sans rêve et son quotidien dans lequel elle dépérissait chaque jour davantage en était la preuve flagrante.
Prenant une profonde inspiration, Hermione rouvrit les paupières et écarta les mains de son visage. Elle remarqua que Drago n'avait pas bougé. Il était toujours appuyé contre la porte et l'observait, une lueur indéchiffrable dans le regard. Elle détourna les yeux et entreprit de se relever.
Une fois debout, elle prit une nouvelle inspiration et se tourna vers lui pour lui faire face. Elle vrilla ses prunelles dans les siennes. Il soutint son regard et elle ouvrit la bouche.
- Je ne peux pas être avec toi. Je ne peux pas être avec toi comme tu me le demandes.
Il ne répondit absolument rien. Hermione déglutit difficilement au vu de ce qu'elle s'apprêtait à dire.
- Je ne peux pas être avec toi mais j'ai… besoin de toi.
- Dis-moi ce que tu veux.
- Je veux… ce qu'il s'est passé cette nuit.
Il n'eut absolument aucune réaction.
- Dis-moi ce que tu veux, répéta-t-il finalement.
- Je veux… un… amant.
- Bien.
Hermione, qui avait momentanément baissé les yeux sur les veinures du bois du parquet, redressa brusquement la tête, hébétée.
- Bien ? répéta-t-elle, prise de court.
- Oui. Bien.
Elle fronça les sourcils d'incompréhension. Il n'ajouta rien mais se détacha de la porte. Il s'avança et Hermione essaya de ne pas bouger. Il se planta juste devant elle.
- Ce qui veut dire que tu ne te soustrairas plus à moi si je fais ça ? l'interrogea-t-il en reposant ses mains sur sa taille comme il l'avait fait un peu plus tôt.
- N-non, bégaya la Gryffondor.
- Et pour ça ?
Il se pencha, une de ses mains quittant sa taille pour maintenir son visage en place alors qu'il lui donnait un long et langoureux baiser. Le souffle court, Hermione secoua finalement la tête.
- Bien, dit-il pour la troisième fois. Accepte le thé en France. On se verra là-bas.
Et il la planta là, sortant de la pièce pour tourner sur la gauche et s'enfermer dans la salle de bain.
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Tout d'abord, Hermione fut si surprise qu'elle ne bougea pas d'un centimètre. Pantoise, elle demeura interdite au milieu du dressing. Rapidement, un sentiment de colère l'envahit néanmoins. Elle venait de se « mettre à nu » devant lui, de lui avouer qu'elle avait besoin de lui et qu'elle acceptait de le revoir même si c'était seulement pour du sexe et lui… il la plantait là en ne lui donnant même pas de réponse franche. La Gryffondor vit rouge et n'eut absolument aucun scrupule à quitter le dressing pour s'engager dans la pièce d'eau. Cette dernière était saturée de vapeur. Le Serpentard était sous la douche et, tout comme elle avait pu le faire plusieurs fois au cours de ces derniers jours, Hermione ne réfléchit pas.
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En entendant la porte de la cabine de douche s'ouvrir dans son dos, Drago ne fut absolument pas surpris et un sourire en coin aux accents sardoniques étira ses traits. Il ne se retourna que lorsque la porte se referma, prenant tout son temps. Hermione était là, ses vêtements s'humidifiant très rapidement et un regard assassin vrillé sur lui. Le sourire du Serpentard s'élargit encore davantage. Il savait comment la faire réagir à présent. A peine avait-elle prononcé le terme « amant » qu'il avait compris tout ce que cela impliquait. Pour lui, mais surtout pour elle. De toute évidence, coucher avec lui, lui permettait de mettre ses tergiversations sur « pause ». Ce qui était implicitement ce qu'elle lui demandait de faire en redevenant, seulement, son amant.
Alors, certes, ce n'était pas ce que lui recherchait mais Drago savait également se montrer patient. Alors il se contenterait de ça… pour le moment. Après tout, il l'avait bien fait tomber amoureuse de lui de cette façon la première fois et il n'y avait donc aucune raison pour qu'en reproduisant ce schéma, elle ne finisse tout simplement pas par lui revenir de la même façon. De la façon exacte dont ça aurait dû se passer sans toute cette histoire de mensonge qui n'en était pas un.
Cette fois-ci, Drago avait cependant un énorme avantage. Il n'avait plus peur de ses sentiments, les acceptait, les affirmait et, surtout, il la connaissait. Il la voyait, là, en face de lui, furieuse qu'il lui ait tourné le dos de la sorte mais il savait également que sa colère était un moyen pour elle de ne plus penser à autre chose. Et c'était ce qu'elle lui avait demandé. Ne plus penser. Pour, très certainement, ne pas se sentir coupable. La colère et le sexe étaient ce dont elle avait besoin. Cela tombait à la perfection puisque le Serpentard était aussi doué pour la faire enrager que pour la faire gémir de plaisir. Elle avait besoin de lui avait-elle dit ? Eh bien il allait se faire une joie de répondre à ses « besoins ». Il allait d'ailleurs tellement les combler qu'elle allait sans cesse lui en demander davantage. Jusqu'à remettre sa décision en cause. Jusqu'à lui revenir.
Alors le Serpentard s'avança avec lenteur vers Hermione. Cette dernière recula légèrement jusqu'à ce que son corps se colle à la paroi en verre de la douche. Sans se départir de son sourire qui devenait de plus en plus libidineux, Drago s'arrêta à quelques centimètres d'elle. Elle arborait toujours son regard délicieusement agacé et son air revêche qu'il aimait tant. Tandis qu'il s'apprêtait à poser les mains sur elle, elle le repoussa quelque peu. Il en fut légèrement déstabilisé et fronça carrément les sourcils d'étonnement lorsqu'il la vit porter ses propres mains au niveau du bas de sa chemise. Doucement, elle la retira, la jetant par-dessus la douche avant d'en faire autant avec son jean. Drago était immobile et la regarda finir de se dévêtir avec avidité. Il ne s'était absolument pas attendu à cette réaction de sa part mais il ne s'en plaindrait certainement pas, décidant de prendre ce qu'elle lui offrait sans faire le difficile. Pour le moment tout au moins.
Une fois nue, Hermione s'avança vers lui. Elle plaça un doigt au niveau de son sternum et l'obligea à reculer contre l'autre paroi de la douche. Il se laissa faire, l'eau glissant toujours sur leurs deux corps. Lorsqu'il fut à son tour plaqué contre le verre, elle retira son doigt. Mais sa main ne retomba pas le long de sa hanche. Elle la fit plutôt glisser au niveau de sa nuque et l'attira à elle pour un long baiser, collant son corps au sien. Ravi de la tournure que prenaient les événements, le Serpentard se laissa guider, caressant son dos nu alors qu'elle lui donnait un baiser qui l'excita au plus haut point. Après avoir mordillé sa lèvre inférieure, elle lâcha sa bouche et dériva au niveau de son oreille. Elle en embrassa la peau délicate du dessous, mordilla son lobe et susurra d'une voix excessivement lascive.
- Que ce soit bien clair, je te connais tout autant que tu me connais. Si tu sais comment je peux réagir, je sais également comment toi tu le fais. Alors ne me frustre pas ou bien je le ferais. A bientôt pour le thé.
Et elle le planta littéralement là comme un con. Elle se recula avant même qu'il n'ait pu tenter de la retenir et sortit de la douche. Aussi furieux qu'insatisfait, le blond ne prit même pas le temps d'éteindre l'eau et bondit hors de la cabine. Mais elle avait… disparu.
- Putain c'est pas vrai, souffla-t-il, médusé.
Elle avait tout simplement transplané chez elle et lui se retrouvait comme le pire des idiots. Il n'avait, en plus, absolument aucun moyen de se venger et de venir réclamer son dû car il ne savait tout simplement pas où elle habitait. Maudite Serpentard !
Ruminant sa frustration et sa colère de s'être ainsi fait berner alors qu'il pensait tirer les ficelles, le blond réintégra la cabine de douche et tourna les boutons jusqu'à ce qu'un jet d'eau glacée ne vienne calmer ses ardeurs.
OoOoOoO
- C'est vraiment très gentil à toi d'être venue, Hermione, sourit Scorpius tandis que la Gryffondor portait une nouvelle fois sa tasse à ses lèvres.
Elle lui retourna son sourire avant de lancer une œillade dérobée à Drago qui, dans un coin, ne semblait pas avoir décoléré depuis l'avant-veille. Il plissa les paupières en lui jetant un coup d'œil mauvais avant de prendre, à son tour, une gorgée de thé.
- Alors, qu'avez-vous prévu jusqu'à dimanche ? demanda la Gryffondor sur le ton de la conversation en reportant son attention sur l'enfant, assis près d'elle.
- Eh bien on hésite encore mais Papa m'a dit que nous devrons rentrer vendredi matin en Angleterre parce que vendredi après-midi et samedi, nous allons visiter des maisons.
- Des maisons ? répéta-t-elle en fronçant imperceptiblement les sourcils.
- Oui. Pour remplacer le Manoir…
- Oh… Vous n'allez pas rester à l'appartement ?
- Bah moi je voulais mais Papa dit que c'est trop « étriqué », expliqua Scorpius en tournant les yeux vers son père qui ne pipa mot.
- Ah bon. D'accord, acquiesça finalement Hermione. Eh bien j'espère que vous trouverez votre bonheur.
- Bah moi, du moment qu'il y a une Bibliothèque, une chambre et surtout qu'aucune espèce de Magie Noire de merd… de malheur, se reprit-il, n'y a été pratiquée, ça me va !
Hermione réprima un mince sourire.
- Mais bon, Papa est tellement exigeant qu'à mon avis, on vivra encore à l'appartement quand je reviendrai pour les vacances d'été, ajouta l'enfant.
- Je te rappelle que je suis ici, alors je te prierais de ne pas parler de moi comme si ce n'était pas le cas, l'apostropha son père depuis l'autre côté de la table basse.
- Ouais bah tu ne parles pas alors il faut bien que je fasse la conversation, répliqua le jeune blond.
- Scorpius…
- Bon, je crois que je vais vous laisser, annonça Hermione en reposant sa tasse vide sur la table.
- Oh non, Hermione ! Reste s'il-te-plaît. Promis on ne se fâchera plus, pas vrai ? insista-il en lançant un regard appuyé à Drago.
- …
- Papa ?!
- …
- Je vais y aller, Scorpius, déclara Hermione en lui adressant un sourire. Mais si ton père est d'accord, je veux bien t'inviter à prendre le thé chez moi dans la semaine. Si tu en as envie, bien sûr.
- Seulement moi ? tiqua l'enfant.
Le sourire de la Gryffondor s'élargit. Cet enfant ne perdait décidément jamais le nord.
- Ton père est également invité, s'il souhaite venir.
- Merci Hermione.
Elle l'enlaça brièvement avant de se lever du canapé.
- Merci pour le thé, dit-elle.
- De rien, c'était cool que tu viennes. J'ai hâte de te revoir.
- Moi aussi, envois-moi un hibou pour me donner le jour et l'heure. Je suis libre toute la semaine.
- Ok !
Hermione lui adressa un dernier sourire avant de s'écarter légèrement avec l'intention de transplaner.
- Un mot, Granger ? intervint alors Drago en se levant de son fauteuil après avoir reposé sa tasse sur la table.
Son fils le regarda, surpris mais plutôt content. Hermione acquiesça et le suivit lorsqu'il passa devant elle. Ils s'arrêtèrent dans l'entrée de la maison de France et il se retourna vers elle.
- Dois-je espérer ta présence ce soir ? demanda-t-il alors à voix basse.
Hermione réprima un mince sourire en coin et afficha plutôt une expression excessivement détachée.
- Je ne sais pas. Nous verrons.
- Je croyais que c'était toi qui voulais un amant. Difficile de l'avoir sans lui rendre visite.
- Mais qui te dis que je n'en ai pas un autre.
En face d'elle, le Serpentard leva les yeux au ciel mais Hermione ne manqua pas le voile de colère qui traversa ses prunelles.
- Prévois un bain. Tu sais à quel point j'aime ta baignoire et il se pourrait bien que j'aie envie de lui rendre une petite visite ce soir, ajouta-t-elle.
Il haussa un sourcil.
- Je ne savais pas que nous avions négocié pour du larbinage en prime, commenta-t-il.
- Ça, c'est pour avoir voulu jouer au Serpentard manipulateur avec moi. N'oublie pas le bain.
Et comme quelques jours auparavant, elle le planta là.
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Elle s'était peut-être abaissée à avouer avoir besoin de lui et souhaiter qu'ils redeviennent amants mais Hermione ne comptait certainement pas le laisser profiter de la situation. Malheureusement pour lui, elle le connaissait presque par cœur à présent et savait qu'il l'aimait toujours. Elle pouvait donc profiter de ce fait pour calmer ses pulsions « Serpentard-je-veux-jouer-au-plus-malin » car, finalement, elle savait que ce serait elle qui gagnerait. Il était tout aussi dépendant d'elle qu'elle de lui et elle savait parfaitement qu'il ferait tout pour qu'elle lui revienne. Hermione comptait donc tourner la situation à son avantage pour retrouver « Drago Malefoy l'amant » et uniquement cela. Et elle savait parfaitement que l'agacer était un moyen très efficace pour y parvenir. Frustré et en colère, Drago se laisserait moins aller à la sentimentalité, ce qui était absolument ce dont elle avait besoin. Trop orgueilleux pour lui passer tous ses caprices sans répliquer mais en même temps amoureux, ce qui le conduisait tout de même à les combler, la jeune femme semblait avoir trouvé le parfait équilibre pour obtenir tout ce qu'elle souhaitait.
Ce qui se confirma le soir même lorsque, après avoir dîné et travaillé un peu, elle transplana de nouveau en France et trouva le bain qu'elle avait demandé, Malefoy déjà allongé à l'intérieur, un verre à la main.
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- Tiens, Granger, la salua-t-il en la voyant apparaître.
- Malefoy, répondit-elle sur le même ton, mais tout de même amusée.
- Voici ton bain, dit-il en lui désignant l'eau dans laquelle il se délassait.
- Il ne me semble pas avoir spécifié que tu devais également t'y trouver.
- Justement, tu n'as rien spécifié. Si tu ne veux pas en profiter, libre à toi d'aller m'attendre dans la chambre.
Le sourire d'Hermione s'élargit. Elle détestait vraiment cet homme. Presque autant qu'elle l'aimait, c'était dire. Mais, pour le moment, elle se concentra sur le premier des deux sentiments.
- Ou alors, tu pourrais aussi quitter mon bain et te rendre dans ta chambre pour m'attendre.
- Ou alors, tu pourrais ramener ton magnifique petit cul dans mon bain et je te laisserai tremper tes lèvres dans mon verre de Sauternes.
Hermione ouvrit la bouche mais la referma. Son regard tomba sur la bouteille de vin qui était au pied de la baignoire. Le serpent ! La prendre ainsi par les sentiments était tout bonnement dégueulasse. C'était…
- Je crois que le mot que tu cherches est « Serpentard », dit-il en lui faisant un clin d'œil.
Et en plus il se mettait à lire dans ses pensées… Génial ! C'était juste génial !
- Un massage. Je veux un massage en compensation marchanda-t-elle brusquement.
- En « compensation » ? répéta-t-il en haussant un sourcil.
- Oui, en compensation, confirma Hermione en croisant les bras sur sa poitrine.
Il plissa les paupières et la scruta.
- Accordé.
Elle acquiesça comme pour sceller leur accord et commença à se déshabiller devant lui. Elle vit son regard s'appesantir lorsqu'elle dévoila un ensemble de lingerie affriolant.
- Eh mais…, intervint-il tandis qu'elle l'ôtait.
- Il ne fallait pas être dans mon bain, répliqua-t-elle en se débarrassant de son ensemble qu'elle renvoya magiquement chez elle.
Il lui adressa un regard noir alors qu'elle s'avançait et se glissait dans l'eau brûlante, face à lui.
- Ne boude pas, chéri, c'est de bonne guerre, dit-elle en se laissant aller dans l'eau tout en sachant pertinemment qu'il détestait au plus haut point ce surnom qui lui rappelait la façon dont sa défunte épouse s'adressait à lui.
- Espèce de…, grommela-t-il entre ces dents.
- Je crois que le terme que tu cherches est « Serpentard » …
Il la foudroya du regard et elle lui sourit en retour. D'un sourire mutin avant de reprendre la parole.
- Alors, ce verre ?
Il resta immobile quelques secondes mais finit par le lui tendre de mauvaise grâce.
- Merci, chantonna-t-elle en s'en emparant.
Elle y trempa ses lèvres et ne réprima absolument pas le gémissement de plaisir qui s'échappa de sa gorge après que le délicieux breuvage y eut coulé, ravissant ses papilles au passage. Lorsqu'elle rouvrit les paupières, qu'elle avait momentanément closes pour profiter encore davantage du ravissement que pouvait lui procurer ce vin, elle constata que le Serpentard l'observait avec toujours autant d'agacement qu'auparavant. Mais elle détecta également une note de désir pas vraiment dissimulée dans son regard. Décidant de s'amuser un peu, Hermione reprit une deuxième gorgée de vin avant de déposer le verre sur le sol. Puis elle colla l'une de ses jambes au corps du Serpentard et la fit glisser le long de sa hanche et de sa cuisse, pour commencer, puis la souleva légèrement et la déposa en travers des siennes. La baignoire était tellement grande que rien de ce qu'il pouvait se dérouler sous l'eau n'était visible en surface et Hermione se divertit grandement de voir le visage du Serpentard se contracter sensiblement avant de se relâcher. Il ferma les yeux tandis qu'elle se laissait aller à le caresser du bout du pied. Très satisfaite de l'effet qu'elle pouvait lui procurer, Hermione continua à le toucher sensuellement et finit par clore ses paupières également, détendant au maximum le haut de son corps.
La sérénité fut toutefois de courte durée car Drago attrapa soudainement son pied avant de tirer dessus d'un coup sec. Surprise, Hermione ne put rien faire et se retrouva engloutie sous l'eau. Elle eut le réflexe de fermer la bouche mais manqua tout de même de boire la tasse par le nez. Furieuse, elle se redressa en s'appuyant sur ses paumes. De l'eau et une bonne dose de mousse dégoulinant de son visage, elle fusilla Malefoy du regard. Ce dernier arborait un petit sourire presque sadique qu'elle s'empressa de lui faire ravaler en lui balançant une grande quantité d'eau au visage après s'être libérée de son emprise. Le blond toussa fortement et, moins de cinq secondes plus tard, alors qu'elle essorait ses cheveux et tentait de les ramener en un chignon bâclé sur le sommet de son crâne, elle se retrouva plaquée contre la paroi en fonte de la baignoire. Elle défia Drago du regard tandis qu'il en faisait autant de son côté.
Ils demeurèrent ainsi de longues secondes puis, au même instant, se jetèrent littéralement l'un sur l'autre. Leurs bouches s'entrechoquèrent et, tandis qu'Hermione s'agrippait aux cheveux du Serpentard et se redressait légèrement comme pour se coller encore plus à lui, ce dernier attrapait les bords de la baignoire et l'y pressa au maximum. Leur baiser était si passionné que moins de cinq minutes plus tard et sans aucun autre préliminaire que des baisers sur ses lèvres et dans son cou, le blond entrait en elle, la faisant gémir de plaisir.
OoOoOoO
Hermione plaqua Drago contre le lit, s'allongeant sur lui avant de trouver ses lèvres pour un nouveau baiser qu'elle rendit impérieux. Il agrippa ses hanches dans un mouvement de pur désir et la fit bientôt glisser le long de son membre, dur de plaisir à nouveau.
Il grogna dans la bouche au moment où elle commença à se mouvoir sur lui, prenant les commandes de leurs ébats après les lui avoir laissées dans la baignoire, quelques minutes plus tôt.
OoOoOoO
- Un peu plus bas s'il-te-plaît, requit Hermione.
Le Serpentard descendit légèrement ses mains le long de sa colonne vertébrale avant de recommencer à pétrir sa peau. La Gryffondor laissa échapper un petit soupir d'aise, la moitié de son visage appuyé contre son oreiller, l'autre, à l'air libre.
Installé au-dessus d'elle, cela faisait à présent un bon quart d'heure de Drago lui procurait un massage dont elle avait bien besoin. Elle se détendait progressivement, dérivant parfois jusqu'aux portes de l'inconscience.
Il la massa encore quelques instants puis sa bouche remplaça bientôt ses mains, créant des milliers de frissons sur sa peau. Il traça un sillon descendant de ses épaules jusqu'au creux de ses reins alors qu'elle le sentait se reculer. D'une main experte, il écarta légèrement l'une de ses jambes, déposant un dernier baiser sur sa peau avant de se redresser. Hermione voulut se retourner mais il plaqua une paume autoritaire sur son dos, la maintenant en place. Elle le sentit alors se rapprocher de nouveau d'elle puis sa virilité entra en contact avec son intimité, lui arrachant un hoquet de surprise.
- Qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu fais ? souffla-t-elle.
Il ne répondit rien mais se glissa lentement en elle lorsqu'il la sentit prête.
- Tu sais, dit-il sur le ton de la conversation tout en exerçant de très lent va-et-vient, le bouquin que Zabini nous a offert pour Noël s'avère très instructif. Tu n'as pas lu le tien, je suppose.
- N-Non pas vrai… vraiment, répondit-elle en réprimant de nouveaux gémissements de plaisir.
- Eh bien voilà quelque chose à faire pendant tes vacances, Grangie chérie…
OoOoOoO
Lorsqu'Hermione se réveilla, le lendemain, une sensation de plénitude et de bien-être encore plus marquée qu'en ce fameux matin l'envahit. Toutefois, contrairement, à ce jour-là, il ne fut suivi d'aucune culpabilité. Ou, tout au moins, cette dernière ne s'empara pas d'elle aussi fortement qu'elle avait pu le faire le lundi. Profitant pendant quelques secondes de cet apaisement, tout de même relatif, Hermione ouvrit les yeux. Elle tourna la tête sur la droite, puis sur la gauche mais ne vit pas Drago.
Sa rétine rencontra en revanche la lumière du jour qui s'infiltrait au travers de la pièce. A en juger par la faible luminosité alors qu'il était déjà près de dix heures et demie, il pleuvait sur la côte française.
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La jeune femme s'étira longuement, profitant pendant encore quelques minutes du confort que lui procurait le matelas et l'épaisse couette, rabattue sur son corps puis elle se décida finalement à se lever. Posé sur un fauteuil en tissu dans un coin de la pièce, la Gryffondor trouva un peignoir à sa taille et l'enfila. Elle se rendit ensuite dans la salle de bain mais ne trouva personne.
Prenant garde à ne pas faire de bruit afin de ne surtout pas alerter un jeune blond un peu trop curieux de sa présence, Hermione actionna doucement la poignée de la porte de la chambre de Drago puis l'entrouvrit. N'entendant aucun bruit, elle se glissa par l'interstice avant de faire quelques pas en direction de l'entrée de la maison, pièce qui desservait également la cuisine ainsi que le salon-salle à manger. La jeune femme continua d'avancer mais s'immobilisa rapidement, les bribes d'une conversation lui parvenant aux oreilles. Ne voulant pas se montrer indiscrète, elle s'apprêtait à faire demi-tour, quitte à attendre le Serpentard dans sa chambre avant de rentrer chez elle, mais le sujet de leur discussion l'interpella.
- Ton anniversaire est dans près de deux semaines et je me demandais si quelque chose en particulier te ferait plaisir, disait la voix de Drago.
Il n'y eut tout d'abord aucune réponse puis Scorpius s'exprima.
- Eh bien… C'est-à-dire que… Je peux demander tout ce que je veux ? s'enquit-il finalement.
- Bien sûr, répondit son père sans hésitations.
Il y eut un nouveau blanc et Hermione eut beaucoup de mal à percevoir la réponse de l'enfant tant sa voix était basse et hachée. Mais ce qu'elle entendit la plongea dans le trouble qui lui sembla être le plus intense de toute sa vie.
- Je voudrais… je voudrais… une…. Je voudrais une… une… maman.
Un lourd silence tomba telle une chape de plomb puis Drago reprit la parole.
- Quoi ?
Il ne semblait pas agacé ou même surpris, il donnait juste l'impression de ne pas avoir entendu ou compris la réponse. Pourtant, si Hermione avait pu l'entendre de là où elle se tenait, cela avait nécessairement été le cas pour le Serpentard.
- Euh….
- Tu veux quoi ?! répéta-t-il, sa voix démontrant, à présent, des notes de fébrilité ou d'énervement - Hermione ne sachant pas comment interpréter ce qu'elle pouvait entendre.
- Une mère ou plutôt une « maman ». Une vraie. Hermione, dit l'enfant avec assurance.
Il y eut un nouveau blanc puis un long soupir.
- Scorp'…
- Tu m'as demandé ce que je voulais pour mon anniversaire. Voilà ma réponse.
- Mais tu ne peux pas… Enfin ce n'est pas… Hermione est une personne, pas un objet. On ne demande pas « une mère » comme ça. Ce n'est pas un cadeau.
- Eh bien pour moi, si, elle est un cadeau. Une sorte de cadeau. Le plus beau cadeau. Je veux qu'Hermione soit ma maman à défaut d'être ma mère biologique.
- Sais-tu au moins ce que tu dis ? Ce qu'impliquent tes paroles ? tenta de le raisonner son père.
- Oui, oui, répondit l'enfant avec une certaine forme de désinvolture, comme s'il faisait autre chose en même temps qu'il parlait. Je voudrais qu'Hermione devienne ma mère, comme toi tu es mon père. Et qu'elle puisse décider avec toi des choses qui me concernent.
- Dans quel monde vis-tu mon fils ? soupira le Serpentard alors qu'Hermione n'arrivait tout bonnement pas à sortir de l'état second dans lequel elle était plongée.
- De toute façon, Hermione agit déjà comme ma mère ou plutôt comme si elle était une maman pour moi, rétorqua l'enfant en faisant fi de sa question.
- Ce n'est pas vrai.
- Si, c'est vrai.
- Non, Scorp'. Je sais que tu partages une très grande complicité avec elle, que vous communiquez beaucoup et que vous vous aimez également. Ça, c'est un fait et je ne le remets pas en cause, expliqua Drago. Mais Hermione n'agit pas comme ta mère – ou ta maman si tu préfères. Une mère a beaucoup d'autres responsabilités à l'égard de son enfant et…
- Oui et je veux qu'elle les ait.
- Scorpius…
- Hermione c'est la seule, hormis Grand-Mère et toi, qui a été gentille avec moi depuis que je la connais. Je sais que ça ne fait pas longtemps mais c'est… je… Enfin c'est comme ça. Je ne peux pas te l'expliquer. Je le… sens, termina-t-il.
- Je sais, Scorpius, mais qui te dit que tu n'auras pas cette complicité avec une autre personne. Hermione et moi ne sommes même pas un couple…
- Je m'en fiche. Je sais que beaucoup d'enfants ont des parents qui ne vivent pas ensemble et ça n'empêche rien du tout ! Et puis, de toute façon, vous êtes amoureux tous les deux, alors…
- Hermione et moi n'allons pas redevenir un couple – si tant est que nous l'ayons déjà été. Et, même dans l'hypothèse où je cautionnerais une telle chose - ce qui n'est pas le cas - tu n'obtiendrais, quoiqu'il en soit, pas ce que tu souhaites. Tu étais là avec moi quand elle a clairement affirmé qu'elle ne voudrait pas d'autre enfant. Et ça, je le comprends parfaitement.
- Elle a dit « je ne porterai plus d'enfant ». C'est tout, rectifia l'enfant, n'en démordant pas. Et puis pourquoi tu ne « cautionnerais pas » ?
- Scorp'…
- Réponds-moi, s'il-te-plaît, quémanda son fils d'une voix plus calme.
- Parce que… Parce que c'est… On ne… Ce n'est pas…
- Papa, le coupa Scorpius, tu m'as demandé ce que je voudrais pour mon anniversaire mais, en fait, j'ai toujours voulu avoir une maman. J'ai eu une « mère » et j'ai toujours rêvé d'avoir une « maman » et Hermione… Hermione je sais qu'elle pourrait être ma maman. Elle est… une « vraie » maman. Pas comme Astoria. Hermione, elle, elle a toujours été gentille avec moi, elle me connait et ça sans que ça ait rapport avec toi. Pas comme Pansy, par exemple.
- Tu as raison. Hermione est une « vraie » maman. Mais Scorp'… elle n'est pas la tienne.
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Incapable d'en entendre davantage, la Gryffondor parvint enfin à sortir de sa torpeur et se précipita sans plus attendre dans la chambre de Drago. Là, elle s'assit sur le lit et se prit la tête entre les mains. Elle se releva cependant bien vite et se mit à arpenter la pièce. Son esprit était en ébullition. L'état de bien-être dans lequel elle était plongée quelques minutes plus tôt avait totalement volé en éclat.
Le cœur de la Gryffondor battait à présent à tout rompre mais, paradoxalement, aucune pensée ne s'imposait à elle. Son esprit semblait avoir fait comme un black-out.
Se sentant fébrile, la jeune femme se dirigea jusqu'à la salle de bain entreprit de se passer un peu d'eau sur le visage. Les paumes appuyées contre ses joues, elle ferma les paupières et tenta de calmer sa respiration. Elle inspira puis expira lentement.
Toutefois, son cœur réaccéléra à la seconde même où elle entendit la porte de la chambre de Drago s'ouvrir. Aussitôt, elle se précipita dans la cabine de douche, se sentant incapable d'affronter son amant si rapidement après avoir entendu les paroles de Scorpius. Elle fit promptement couler l'eau sur elle alors que le Serpentard pénétrait dans la pièce. Il ne parla pas mais, quelques minutes plus tard, il la rejoignit. Fort heureusement, Hermione était parvenue à se recomposer un masque qui convenait davantage à l'état dans lequel le Serpentard devait s'attendre à la trouver ce matin-là. Elle ne se retourna tout de même pas vers lui lorsqu'il se plaça dans son dos.
- Salut, souffla-t-il en déposant un baiser dans son cou.
- S-salut.
- Tu es réveillée depuis longtemps ?
- Non. Quelques minutes... Et toi ?
- Plusieurs heures.
- Oh…
- J'ai cauchemardé sur le matin. Je ne suis pas parvenu à me rendormir, l'informa-t-il.
Hermione fut très surprise. Habituellement, les cauchemars de Drago la réveillaient toujours. Or, cela n'avait pas été le cas cette fois-ci.
- Je n'ai pas entendu, dit-elle.
- Je sais.
Il encercla sa taille de ses mains et déposa une nouvelle fois ses lèvres sur sa peau. Presque instinctivement, Hermione se laissa aller contre son torse, fermant même les paupières.
- Granger ?
- Hum ?
- Je pense que tu vas recevoir une lettre de Scorp' dans la journée, dit-il en continuant d'embrasser son cou.
La Gryffondor rouvrit prestement les yeux, son corps se contractant violemment. S'il s'en rendit compte, le blond n'en fit pas mention et continua à la caresser sensuellement.
- Une lettre ? répéta Hermione, anxieuse.
- Hum. Tu sais, pour le thé que tu lui as proposé chez toi. Il voudrait qu'on passe samedi en fin d'après-midi. Après avoir visité les propriétés. Enfin si c'est toujours d'accord pour toi, bien sûr.
Hermione réprima difficilement un soupir de soulagement mais s'autorisa à refermer les paupières et à se détendre légèrement. Elle ne répondit rien mais se retourna rapidement pour faire face à Drago. Il l'observa quelques instants avant de se pencher pour lui voler un baiser. Hermione le laissa faire, n'opposant par la suite aucune résistance à ses caresses toujours plus lascives. Coucher avec lui était comme une bénédiction pour son esprit en pleine ébullition. Alors elle le laissa l'apaiser de la plus délicieuse façon qui soit.
OoOoOoO
- Vas-tu maintenir ton invitation ? l'interrogea Drago tout en faisant glisser ses doigts sur la longueur du dos d'Hermione, allongée sur le ventre au milieu du lit.
Elle réfléchit quelques instants et lui donna une réponse sincère.
- Oui.
- Certaine ? Tu as été… étrange lorsque je t'en ai parlé tout à l'heure.
- Oui, certaine. J'ai été prise de court. Je n'y avais plus pensé et tu m'as surprise, c'est tout.
- Hum…
Il ne semblait pas convaincu mais pour rien au monde Hermione ne lui aurait avoué avoir surpris leur conversation. Faire l'autruche comme elle avait pu en prendre l'habitude quelques mois plus tôt semblait, en cet instant, redevenir la solution miracle à tous ses problèmes. Comme pour appuyer ses pensées, Hermione ne trouva rien de mieux que de paraître ennuyée à propos d'une chose totalement futile.
- Je voulais juste te prévenir… Mon appartement est assez… petit.
- Petit ?
- Minuscule.
- Et tu me dis ça parce que… ? demanda-t-il, visiblement dérouté.
- Parce que je ne supporterai pas tes critiques intempestives alors je te préviens à l'avance comme ça, j'ose espérer que tu tiendras ta langue.
Il afficha un air sceptique et Hermione craint, pendant une seconde, qu'il n'ait pas mordu à l'hameçon mais elle fut très vite rassurée lorsqu'il lui demanda :
- Et pourquoi ne déménages-tu pas de nouveau ? Tu dois très certainement gagner beaucoup plus d'argent à présent que tu as retrouvé un bon poste.
- Oui, répondit-elle en s'étirant légèrement. Mais, en fait… j'aime bien mon appartement. Il est minuscule mais… je ne sais pas, je m'y sens relativement bien. Même si je n'ai pas de chambre.
- Tu n'as pas de chambre ?! s'exclama-t-il sous le coup de la surprise.
- Euh… non. Il y a seulement une pièce à vivre avec une cuisine américaine et une salle de bain.
- Ah oui alors quand tu dis : « minuscule » …
- C'est : « minuscule », confirma-t-elle en lui souriant.
- Je vois.
- Je vais te laisser l'adresse pour samedi.
- Non. Envoie-la dans ta réponse à la lettre de Scorp' sinon il va me demander comment je sais où tu habites.
- Oui, tu as raison, dit-elle en hochant la tête.
Il lui adressa, à son tour, un mince sourire.
- Tu sais, ça me fait mal au cœur de lui cacher qu'on se… « fréquente » … Mais…, bredouilla-t-elle.
- Je sais. Mais, crois-moi, c'est mieux ainsi.
Hermione acquiesça. Ça, elle voulait bien le croire. Surtout après ce qu'elle avait pu entendre une petite heure auparavant.
OoOoOoO
Le reste de la semaine d'Hermione se déroula sans heurts. Elle rendit visite aux Potter, qui l'avaient invitée le vendredi soir pour le dîner après que Ginny et elle aient passé un après-midi « shopping » sur le Chemin de Traverse. Un après-midi shopping qui avait très vite viré à l'après-midi « discussion à la terrasse de chez Florian Fortarôme » puisque les deux jeunes femmes n'étaient tout simplement pas parvenues à se mettre d'accord sur le programme. Hermione voulait aller chez Fleury et Bott en priorité tandis que Ginny désirait se rendre à la boutique de Quidditch puis chez Mme Guipure puis dans un nouveau magasin de vêtements qui avait ouvert un peu plus loin. Comme elles n'avaient pas le temps de tout faire et qu'elles ne voulaient pas se séparer, les deux Gryffondor avaient alors décidé de simplement s'installer à la terrasse du glacier pour bavarder.
Elles parlèrent de tout et de rien mais jamais Hermione n'aborda le sujet « Malefoy(s) ». Ce n'était pas tant le fait que son interlocutrice soit Ginny qui la dérangeait mais plutôt celui qu'elle ne savait tout simplement pas comment en parler. Tout était extrêmement confus dans son esprit. Avant de parvenir à aborder le sujet avec autrui pour demander, recevoir un avis ou de quelconques conseils, la jeune femme ressentait, au préalable, le besoin de parvenir à se forger sa propre opinion sur le sujet. Tout au moins de démêler un peu ses pensées qui ne formaient qu'une masse informe et particulièrement compacte en cet instant.
Elle profita donc de cet intermède avec les Potter pour parler de choses et d'autres, de futilités qui la divertirent pendant quelques heures jusqu'à ce qu'elle ne rentre finalement chez elle et se mette à angoisser pour le lendemain.
Drago et elle ne s'étaient pas revus depuis le mercredi matin. Aucun des deux n'avait cherché à joindre ou rejoindre l'autre et la Gryffondor se contentait parfaitement de cette situation. Ce qui angoissait donc surtout Hermione était le fait que son fils soit là également. Elle ne savait pas vraiment comment agir avec Scorpius. Devait-elle… paraître moins... « maternelle » ? Ne rien changer à son attitude ? Lui avouer qu'elle avait entendu leur conversation ? Et, si oui, que lui dire ?
C'est avec ce trop-plein de questions en tête qu'Hermione ouvrit la porte de son petit appartement en ce samedi après-midi après avoir entendu quelques coups.
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En ouvrant le panneau de bois, elle tomba immédiatement sur le grand sourire de Scorpius et toutes ses questions s'envolèrent aussitôt. Elle lui rendit son sourire et, sans même réfléchir à ce qu'elle faisait, les invita tous les deux - son père et lui - à entrer.
- Coucou Hermione, ça va ?
- Très bien. Et toi ?
- Oui, oui, répondit-il sans se départir de son sourire. C'est ton appartement ? Il est…
- Petit, je sais, rigola-t-elle presque en leur désignant le canapé d'un geste de la main.
- J'allais dire « plutôt joli », rectifia l'enfant.
- Merci. Salut, Malefoy.
- Salut Granger.
- Que voulez-vous boire ? J'ai fait du thé mais…
- Du thé, ce sera parfait, la coupa le Serpentard.
- Bien, acquiesça-t-elle.
Elle les quitta quelques instants, se détournant d'eux pour s'affairer dans sa cuisine. Elle attrapa sa baguette sur l'îlot central et jeta un sortilège pour faire léviter le plateau qu'elle avait préparé à leur attention.
Elle rapporta le tout sur la table basse, s'assit dans un petit fauteuil en face d'eux et entreprit de servir la boisson chaude pendant que Scorpius piochait dans la boîte à biscuits qu'elle avait rempli de ceux que Mrs Weasley lui avait envoyés. Ils demeurèrent tous silencieux jusqu'à ce que leur première gorgée soit avalée et qu'Hermione ne leur demande :
- Alors, avez-vous trouvé votre nouveau domicile ?
Les deux Malefoy se dévisagèrent, Scorpius les sourcils froncés et son père l'air légèrement agacé. Hermione en fut surprise et s'apprêtait à s'excuser de sa question qui traduisait une simple curiosité mais Scorpius finit par reporter son regard sur elle et répondre.
- Eh bien, ça aurait sûrement pu être le cas si mon père, ici présent – il reporta son attention sur ce dernier – n'était pas aussi pointilleux sur des détails ridicules.
- Je ne suis pas « pointilleux sur des détails ridicules », je suis exigeant, nuança le Serpentard.
- C'est pareil.
- Non ce n'est pas pareil. Et tu m'as toi-même dit que les trois dernières demeures étaient - je te cite – « vraiment nulles ».
- Ça, c'est parce qu'elles l'étaient, confirma Scorpius en hochant la tête avant de prendre un nouveau biscuit dans la boîte. Mais pas la première.
- La première était…
- Belle, grande, avec un super méga génialissime jardin. Bref, elle était p…
- Pas à mon goût, le coupa le Serpentard.
Scorpius leva les yeux au ciel avant le lancer un regard entendu à la jeune femme.
- Montre les photos à Hermione, dit-il à son père. Elle va nous dire ce qu'elle en pense, proposa alors l'enfant.
- Oh euh…
- S'il-te-plaît, Hermione. Papa doit entendre de la bouche d'une autre personne que la première maison est parfaite pour nous.
- Bon… d'accord, concéda-t-elle en reposant sa tasse sur la table basse.
Drago finit par lui tendre quatre dossiers sur lesquels elle posa les yeux. Scorpius se leva du canapé et vint se poster près d'elle.
- Regarde le troisième, c'est celle-là, la première maison qu'on a visitée ce matin, expliqua-il.
Hermione obéit, plaçant les autres dossiers au-dessous de celui mentionné, qu'elle ouvrit. Elle prit dans ses mains la petite pile de photographies magiques qui s'étalait sous ses yeux et commença à les détailler. Elle n'eut pas à les observer bien longtemps pour comprendre d'où venait l'engouement de Scorpius. Sous ses yeux se dressait une imposante bâtisse rectangulaire d'au moins trois étages aux couleurs clairs, mais qui ne paraissait toutefois pas aussi démesurée que le Manoir, par exemple. Il n'y avait aucune fioriture. Les fenêtres étaient grandes mais pas trop et il y avait une petite avancée comportant un auvent devant lequel s'étalait un parterre en gravillons blancs. Au pied des murs étaient disposées d'autres parterres mais de fleurs, cette-fois-ci et un rosier grimpant venait s'enrouler autour des montants du perron. Hermione déposa la photo sur la table et en prit une autre. On y distinguait une grande pièce à vivre, baignée de lumière. Il n'y avait aucun meuble mais cela n'empêchait nullement d'apprécier le volume de la pièce. Elle attrapa une troisième photo.
- Ça, c'est la cuisine, la renseigna inutilement Scorpius. Elle est dans la… continuité de la pièce que tu viens de voir.
La cuisine était très belle. Le mobilier, présent cette fois-ci, était moderne et choisi avec goût dans des tons toujours très clairs, comme les murs de la pièce. Un îlot central créait une délimitation mais pouvait également servir de coin de repas du fait de son gabarit. Elle se saisit de la photo suivante.
- Ça, ça serait ma chambre, expliqua le Serdaigle.
La pièce était lumineuse et très simple. Du parquet au sol et des murs blancs. Hermione s'empara de la photographie suivante.
- Ça, ça serait la chambre de Papa.
La pièce était identique à la précédente mais plus imposante et disposait d'une porte, sur un pan de mur et d'une arcade, contre le pan opposé. Hermione présuma qu'il s'agissait respectivement d'une salle de bain et d'un dressing. Elle observa ensuite une photographie présentant une nouvelle pièce, d'une taille encore plus considérable que la « chambre de Drago » et que Scorpius présenta comme étant la bibliothèque. L'avant-dernier cliché représentait une grande salle de bain mais qui demeurait toute en sobriété, puis Scorpius lui montra le jardin. Le domaine était visiblement très vaste et enchantait l'enfant qui ne tarissait pas d'éloge à son sujet.
- Alors, t'en penses quoi ? l'interrogea-t-il, un grand sourire aux lèvres et les yeux légèrement brillants.
Hermione reporta un regard d'ensemble sur les clichés avant de relever la tête vers l'enfant.
- Je peux être honnête ?
- Euh… oui, dit-il, légèrement déstabilisé par son entrée en matière.
- Eh bien je trouve cette maison véritablement magnifique. Mais… je comprends qu'elle ne soit pas aux goûts de ton père, dit-elle en tournant la tête vers Drago.
Il sembla surpris par ses paroles mais pas autant que son fils qui fronça les sourcils.
- Mais pourquoi ?! Elle est vraiment jolie, simple et…
- Voilà pourquoi elle ne lui plait pas, le coupa Hermione.
- Parce qu'elle est jolie ?
- Non, rit la jeune femme. Parce qu'elle est simple. Trop simple. Enfin elle n'est pas si « simple » que cela mais c'est vrai qu'en comparaison du Manoir ou de votre demeure en France, celle-ci manque vraiment de cachet.
- Du « cachet » ? répéta Scorpius sans comprendre.
- D'âme, d'originalité, expliqua Hermione en lui souriant.
- Oh…
- Enfin, peut-être mon raisonnement est-il erroné, nuança-t-elle en se tournant à nouveau vers Drago qui ne pipait mot.
Ce dernier secoua la tête et Scorpius sembla visiblement très déçu.
- Bon, dit-il finalement en haussant les épaules. Deux contre un : j'ai perdu.
- Oh mais mon avis ne compte pas, le rassura la Gryffondor.
- Bien sûr que si, répondit l'enfant en reprenant les dossiers sur les genoux.
- Non, Scorpius…
- Si, Hermione. Dis ? poursuivit-il sans lui donner le temps de répondre et après s'être penché sur la table basse, un parchemin et une plume entre les mains. Est-ce que je pourrais te donner une liste des choses que je veux dans ma nouvelle maison et de celles que je ne veux pas ? Comme ça, tu pourrais peut-être aller faire les prochaines visites avec Papa et je serais donc certain qu'il n'achètera pas quelque chose qui ne me plaît pas.
- Scorpius, tu devrais seulement donner la liste à ton père. Je suis sûre qu'il…
- Je ne lui fais pas confiance sur ça, la coupa l'enfant en lança un regard suspicieux à Drago.
- Insinuerais-tu que j'aie de mauvais goûts ? s'agaça ce dernier en levant les yeux au ciel.
- Ce n'est pas ce que je dis mais tu m'as affirmé que je devrais m'y sentir vraiment chez moi, pas comme au Manoir et, pour ça, il faut que je sois absolument certain qu'il y aura, dans la future maison, les choses que je vais écrire. Et je préfère que ce soit Hermione qui l'ait et qu'elle aille avec toi parce que j'ai peur que tu te laisses emporter.
- Que je me laisse « emporter » ? répéta son père, à moitié amusé.
- Hum, hum, répondit l'enfant en hochant distraitement la tête. Je te connais, Papa, quand il y a un truc qui te plait, tu veux l'acheter tout de suite. Tu ne réfléchis même pas et… il faut que quelqu'un vienne avec toi pour te faire réfléchir.
- Euh…, s'interposa Hermione. Peut-être que ta grand-mère pourrait l'accompagner. Ce serait…
- Grand-Mère ? Oh non ! Elle est un peu comme Papa et puis je sais qu'il ne l'écoutera pas. Alors que toi, il t'écoutera.
Il avait dit cela d'un ton parfaitement calme et détaché comme s'il affirmait une immuable vérité. Les deux adultes échangèrent un regard, mi-amusés mi-consternés.
- On verra, répondit finalement son père.
- C'est tout vu. Tiens Hermione, poursuivit l'enfant en lui tendant le morceau de papier sur lequel il était en train d'écrire depuis que la conversation avait débuté.
Hermione s'en empara alors que Drago observait son fils.
- Depuis quand mènes-tu ton monde à la baguette ainsi ?
Scorpius haussa simplement les épaules.
- Vas-y lis-le, encouragea-t-il Hermione qui louchait sur le bout de papier.
La jeune femme l'ouvrit et fit ce qu'il demandait.
- Liste des exigences de Scorpius H. Malefoy pour son domicile, lut-elle.
1) Beaucoup, beaucoup de lumière.
2) Une grande cuisine.
3) Une grande chambre - mais pas trop quand même.
4) Une salle de bain avec au moins une douche parce que les bains, c'est nul.
La jeune femme échangea un regard avec son amant qui arbora un léger rictus. Elle reposa ensuite les yeux sur le papier qu'elle tenait entre les mains, pinçant les lèvres pour réprimer son propre sourire.
5) Une grande bibliothèque pour… - elle s'interrompit et releva les yeux vers Scorpius – Hermione et moi.
Elle vit Drago se tendre sur le canapé et préféra continuer de lire.
6) Au moins deux autres chambres pour inviter mes amis de Poudlard pendant les vacances.
7) Un grand jardin pour faire du Quidditch.
8) Surtout pas de caveau bizarre dans le jardin et/ou dans la maison.
9) Pas de sous-sol qui auraient pu (ou pourraient) servir à enfermer des gens.
Drago tiqua et se tourna vers son fils.
- Pourquoi voudrais-tu que j'enferme des gens ?!
- Sais pas. Mais au moins, comme ça, même si tu le veux, tu ne pourras pas, répondit l'enfant.
Le Serpentard leva les yeux au ciel.
- Tu sais, on peut aussi enfermer les gens dans les chambres d'amis, dit-il, l'air de rien. Poursuis Granger, s'il-te-plaît.
Cette dernière laissa passer un court instant mais, constatant que Scorpius demeurait muet, reprit la parole.
10) Pas de pièces étranges où auraient été jetés des sortilèges de Magie Noire.
11) Quoi qu'il arrive, pas de maison où a été pratiquée la Magie Noir et/ou quelqu'un est décédé.
12) Pas de maison trop vieille.
13) Pas de maison trop récente.
14) Pas de « Manoir ».
15) Bord de mer accepté.
Hermione acheva sa lecture et releva les yeux vers les deux Malefoy. Scorpius semblait satisfait et Drago… consterné.
- Et… c'est tout ? demanda ironiquement ce dernier.
- Pour le moment. Je préviendrais Hermione d'éventuels ajouts.
- Je rêve, soupira son père. Et tu as réussi à écrire tout ça aussi rapidement ?
- Oui. Tu sais, on n'est pas tous lent comme toi.
- Pardon ?!
- Bah… C'est vrai… t'es plutôt lent quand tu écris.
Le blond arqua un sourcil.
- Ça, c'est parce que je m'applique.
- Ou que tu manques de pratique.
- Scorpius…, le menaça-t-il.
Il ne répondit pas mais adressa un grand sourire à Hermione.
- Voilà. Je compte sur vous maintenant.
- Quelle pression, ricana le Serpentard.
Son fils se tourna une nouvelle fois vers lui et plissa les paupières.
- Hermione, tu vas m'aider, hein ? Pour que Papa respecte tous mes critères.
- Euh…
- S'il-te-plaît ! la supplia-t-il en affichant une mine de chien battu. Sinon, je refuse de quitter l'appartement.
Drago émit un drôle de bruit entre le raclement de gorge, le claquement de langue et le soupir exaspéré.
- Tu ne vas pas te mettre à lui faire du chantage.
- On dirait bien que si, intervint Hermione, préférant s'amuser de la situation. C'est bien ton fils, Malefoy.
- Je ne fais jamais de chantage ! se récria-t-il.
- Non… bien sûr, ironisa Hermione. Et, Scorp', je verrai ce que je peux faire, d'accord ?
- Mais…
- Pas de « mais ». Tais-toi et bois ton thé ! ordonna son père d'une voix qui n'appelait à aucune réplique.
L'enfant se renfrogna mais n'osa pas défier « l'autorité parentale » …
.
Tous trois bavardèrent ensuite de tout et de rien puis Scorpius proposa à Hermione de venir dîner chez eux.
- On pourrait même acheter des pizzas ! s'exclama-t-il pour appuyer sa demande, comme si ce détail allait nécessairement la conduire à approuver.
- Je ne sais pas, Scorp'… répondit la Gryffondor, ennuyée.
- Oh allez, s'il-te-plaît Hermione. En plus, c'est mon dernier soir avant de repartir pour Poudlard !
Il lui fit une moue terriblement craquante qui fit sourire son père.
- Tu es un vrai petit manipulateur, soupira la jeune femme en levant les yeux au ciel mais sur un ton tout de même amusé.
- Je sais, répondit Scorpius. Je suis un Malefoy.
- Pas de doute là-dessus, en effet, approuva-t-elle en glissant un regard en coin à Drago qui ne releva pas.
- Alors ça veut dire oui ?!
Hermione pesa le pour et le contre pendant encore quelques instants et interrogea son amant des yeux. Ce dernier lui fit comprendre que la décision lui revenait et Hermione finit par accepter.
- COOOOOL ! Merci Hermione ! On va chercher des pizzas maintenant ?
Les deux adultes échangèrent un regard, roulèrent des yeux au même moment et se sourirent avec complicité.
.
Moins d'une heure plus tard, ils étaient tous attablés dans l'appartement du Chemin de Traverse. Après le dîner, Scorpius requit l'aide d'Hermione sur plusieurs questions d'ordre scolaire et le Serpentard se contenta de s'asseoir de l'autre côté de la table et de les observer. Il lançait consciemment et à intervalles réguliers, des regards brûlants à la Gryffondor qui faisait tout son possible pour rester focalisée sur les propos de l'enfant, assis près d'elle. Lorsque le père de ce dernier fit savoir qu'il était l'heure pour lui d'aller se coucher, Scorpius ne rechigna pas. Il referma ses livres, les mis sous son bras ainsi que ses plumes, bouteilles d'encre et autres parchemins puis leur souhaita une bonne nuit.
- À demain Hermione ! lança-t-il à la cantonade avant de quitter la pièce, les laissant seuls, Drago et elle.
Surprise par ses paroles, la jeune femme se retourna vers son amant qui était occupé à redonner à la table du salon une dimension moins conséquente.
- Tu crois qu'il sait ?
- Qu'il sait quoi ? demanda-t-il distraitement.
- Pour nous…
Drago termina ce qu'il était en train de faire avant de finalement relever la tête vers elle. Il lui fit signe de le suivre, ce qu'elle fit. Arrivé dans sa chambre, il ferma la porte.
- Non, je ne pense pas qu'il sache. Mais il espère…. D'où ses paroles et son attitude.
- Hum…
- Allez viens, allons nous coucher. Je suis mort, dit-il en lui désignant le lit d'un mouvement vague du menton tout en ôtant sa chemise.
Cette phrase, qui semblait pourtant anodine au premier abord, mit Hermione très mal à l'aise. Le Serpentard dut s'en rendre compte car, après avoir retiré son pantalon, qu'il déposa dans le dressing, il revint vers elle, l'agrippant par les hanches.
- Mais si tu préfères, j'enlève le « nous », dit-il en lui faisant un clin d'œil aguicheur.
Hermione ne put s'empêcher de rire.
- Tu es vraiment insupportable et je croyais que tu étais « mort », argua-t-elle sans pour autant se soustraire à son étreinte.
- Je ne suis jamais « mort » pour ça et… « insupportable » ? Hum, peut-être… Mais c'est pour ça que tu m'aimes, non ? dit-il, sur un ton moqueur.
L'effet fut immédiat. Le sourire d'Hermione fondit comme neige au soleil et son visage se ferma soudainement, devenant grave.
- Excuse-moi, souffla Drago qui s'était également tendu en prenant conscience de ce qu'il était en train de dire.
- Je… Je crois que je vais rentrer, murmura difficilement Hermione en tentant de reculer.
Mais il raffermit sa prise autour de sa taille.
- Non, excuse-moi. Ça ne se reproduira plus.
Il semblait sincère et Hermione baissa les yeux, indécise.
- Je pense qu'il vaut tout de même mieux que je rentre chez moi, dit-elle au bout de quelques secondes.
- Tu n'as pas à rentrer. Reste. Je vais te faire oublier. Tout te faire oublier. Après tout, c'est à ça que je sers à présent.
Il n'y avait pas d'aigreur ou de rancœur dans sa voix. Il semblait simplement énoncer un fait.
- Drago…
- Chut, ne dit rien, la coupa-t-il en plaçant un doigt sur ses lèvres. Je suis désolé, ça ne se reproduira plus. Reste.
Il retira son doigt qu'il remplaça rapidement par ses lèvres. Hermione commença par le repousser légèrement mais il ne s'avoua pas vaincu et multiplia les caresses et les baisers sur sa peau. Ce fut finalement la Gryffondor qui rendit les armes puisqu'il était parvenu à accomplir exactement ce qu'il avait promis : lui faire tout oublier.
.
Mais à la seconde même où leurs deux corps se détachèrent, après le sexe, les pensées de la jeune femme l'assaillirent de nouveau. Soupirant de lassitude, elle se retourna sur le flanc tandis que Drago remontait les couvertures sur eux. Il l'attira ensuite à lui et Hermione n'eut pas le cœur à le repousser. Elle le laissa la ramener contre son torse puis enrouler un bras autour d'elle.
- Drago… ?
- Hum ?
- Qu'est-ce qu'on va faire pour… Scorpius ? Tu sais j'ai… j'ai euh… entendu votre… conversation, avoua-t-elle d'une voix légèrement hachée.
Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle se mettait à parler de ça, surtout après s'être promis de ne pas le faire mais, en cet instant, elle se sentait vulnérable, avait peur et cherchait par tous les moyens à se rassurer.
- Je sais que tu nous as entendu. Je t'ai vue…
Cette révélation rendit Hermione encore un peu plus angoissée qu'elle ne l'était déjà et elle ne répondit rien.
- Je ne sais pas ce que nous allons faire, avoua finalement le blond en soupirant comme s'il était dépassé par les événements. Je ne veux pas lui faire de faux espoirs. Je ne veux pas le faire souffrir inutilement. Mais je ne peux pas ne pas être avec toi, même si c'est juste pour que nous soyons amants. Je ne sais plus quoi faire avec lui… A propos de lui… De… nous.
Cette fois-ci, ce fut Hermione qui ne pipa mot, se disant qu'au final, il aurait bien mieux valu pour elle qu'elle ne pose pas sa maudite question. Ceci pour la simple et bonne raison que, premièrement, Drago ne l'avait pas rassurée du tout et, deuxièmement, car il venait en tout point d'exposer son propre questionnement et ressenti.
Aucun d'entre eux ne parla par la suite, chacun tentant désespérément de trouver un sommeil qui, cette nuit-là, semblait tout simplement les avoir laissés pour compte.
OoOoOoO
- Salut Papa ! s'exclama un Scorpius de très bonne humeur.
Drago grommela quelque chose en retour, le nez plongé dans son café du matin.
- Où est Hermione ? l'interrogea distraitement l'enfant en attrapant un petit pain dont il engloutit une bonne moitié d'un seul coup.
Le Serpentard se contracta immédiatement sur sa chaise avant de relever les yeux vers son fils. Ce dernier était tellement plein d'espoir que la phrase que prononça son père lui fit mal au cœur avant même que Scorpius y réagisse.
- Elle est rentrée chez elle. Hier soir. Mais elle m'a dit qu'elle viendrait te saluer avant que tu repartes cet après-midi.
Comme il s'y était attendu, toute trace d'enthousiasme disparut sur le visage de Scorpius.
- Qu-quoi ? bredouilla-t-il comme s'il ne comprenait pas ce qu'on lui disait.
- Scorp', soupira son père qui comprenait parfaitement à quelle partie de sa réponse, la réaction de son fils était due. Il n'y a plus rien entre Hermione et moi… Il faut que tu arrêtes d'imaginer et d'espérer le contraire. Tu te fais du mal, tu me fais du mal et tu fais du mal à Hermione. Je suis désolé…
De l'autre côté du bar, Scorpius, lui, ne semblait pas « désolé » du tout. Il arborait un visage fermé et contracté. Drago ressentit la colère dans ses prunelles gris/bleu et les paroles que prononça son fils, peu après, ne firent que renforcer ce sentiment. Quoique, non, Scorpius n'était pas en colère. Scorpius était furieux.
- Tu dis absolument n'importe quoi ! Ce n'est pas moi qui nous fais du mal ! C'est vous qui m'en faites et qui vous en faites à vous aussi ! Vous êtes idiots ! Tous les deux ! Vous vous aimez, vous m'aimez aussi. Tu t'es excusé. Hermione… on voit qu'elle t'a pardonné, mais vous… vous continuez à tout gâcher !
Drago essaya d'en placer une mais le Serdaigle ne lui en laissa pas l'occasion. Il continua à lui hurler dessus tout en se levant.
- Je vous déteste ! Je vais prendre le Magicobus pour aller à la gare.
Cette fois-ci, le Serpentard arriva à s'interposer.
- Quoi ?! Non mais n'importe…
- Tu peux me suivre si tu veux mais je ne veux pas te parler ou même te voir. De toute façon, je ne te dirai pas au revoir et à Hermione non plus alors tu peux lui dire qu'elle reste chez elle. Vous gâchez tout ! Je vous déteste !
Et il s'enferma dans sa chambre dont la porte claqua avec force.
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Resté seul, Drago demeura totalement sous le choc pendant de longues minutes. Son fils n'avait jamais réagi ainsi... jamais depuis près de douze ans à présent. Cela plongea le père dans un état de doute et d'incompréhension le plus total.
Il ne bougea pas du salon de toute la matinée, les propos de l'enfant tournant et retournant dans son esprit, le hantant. A midi, il appela Scorpius au travers de la porte fermée de sa chambre mais ce dernier l'envoya poliment se faire voir chez les Détraqueurs. Alors qu'en temps normal, Drago aurait très certainement exercé son autorité parentale à grands renforts de regards noirs, de menaces et autres réprimandes aussi « Malefoyennes » les unes que les autres, il resta, cette fois-ci, totalement muet et immobile.
Se résignant, il retourna dans le salon et envoya un court message à Hermione. Son parchemin lui revint rapidement avec une question : « Il y a un problème ? ». Il sourit ironiquement, reprit un parchemin, sa plume qu'il trempa dans l'encre et écrivit :
Je passe chez toi ce soir. Ou toi chez moi, mais il faut qu'on se voie.
On doit parler de Scorpius.
D.M.
Une seule phrase était visible en guise de réponse : « Ok. Viens à l'appartement. A ce soir. ».
Alors, alors... Pour ceux en ont définitivement marre que les handicapés des sentiments soient des handicapés des sentiments ; pour ceux qui trouvent que Scorpius a bien raison de les envoyer tous les deux se faire voir chez les Détraqueurs ; pour ceux qui trouvent que l'auteure est quand même une sacrée sadique avec les persos et notamment le pauvre Scorpinou d'amour qui n'a rien demandé à personne ; pour ceux qui veulent faire un câlin à Scorpinou pour le réconforter ; pour ceux qui veulent faire un câlin à Hermione car ils comprennent que sa position est extrêmement délicate ; pour ceux qui veulent faire un câlin à Drago parce que... bah juste parce que c'est Drago ; pour ceux qui ont trouvé que ce chapitre était trop long et trop naze ; pour ceux qui ont trouvé que ce chapitre était trop court et trop génial ; pour ceux qui trouvent que ça pue quand même le non-happy-end ; pour ceux qui ont bon espoir que cela s'arrange ; pour ceux qui n'ont rien à dire (^^) ; pour ceux qui veulent juste pouvoir dire : « j'ai reviewé un jour dans ma vie et fait plaisir à une auteure totalement barge » ; pour ceux qui veulent juste reviewer parce qu'ils veulent juste reviewer et pour ceux qui veulent frapper l'auteure pour ses demandes incessantes de reviews… eh bien…
… ON N'OUBLIE PAS DE LAISSER UNE REVIEW ! :D
Siouplaît ? (Yeux du chat pot-lusse ? ^^)
.
Plus sérieusement (ça ne va pas être très difficile me direz-vous), j'espère que ce chapitre vous aura plu et qu'il donnera envie à certains petits lecteurs fantômes de sortir enfin de l'ombre. ^^
.
Je vous fais PLEIN DE BISOUS et vous dis à samedi pour le titre du chapitre soixante-quatre et à mercredi prochain pour sa publication !
Chalusse-qui-vous-aime !
