Bonjour à tou(te)s !
Alors voilà, un tout petit peu moins d'un an après le début de la publication de cette fic' sur ce site, l'histoire touche à sa fin puisque je vous retrouve aujourd'hui avec l'ultime chapitre et donc l'ultime publication… Vous réservant un discours larmoyant en guise de note de chapitre « 2 », je vais tenter d'être claire et concise ici.
Comme chaque semaine, je tiens à remercier du fooooond de mon petit cœur tout mou, mes adorables, merveilleuses/eux, génialissimes, revieweuses/eurs de la mort qui tue ! *-* Merci à vous ! Love, love, love !
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NEWS : les résultats du sondage sont désormais accessibles sur ma page FB. Un lien direct pour le post les concernant est à retrouver sur ma bio. Merci à tous ceux qui ont pris le temps de me laisser leur avis. :)
Par ailleurs, MariePuffy a répondu à l'annonce passée sur la page la semaine dernière. Elle a accepté le post d'illustratrice/chasseuse d'images pour tous mes futurs projets. Un immense merci à elle. :*
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RàRs Anonymes :
Guest : Je suis ravie que tu sois heureuse pour notre jeune Scorpius. Effectivement, il semble être en passe d'obtenir ce qu'il désire le plus au monde. Espérons pour lui que ce sera le cas… ^^ Des milliers de mercis pour ta nouvelle prompte review ! Je te souhaite également une bonne semaine et j'espère que cet ultime chapitre te plaira. Plein de bisous pour toi. :)
MariePuffy : Coucouuuu ! :D Encore une fois, tu es trop choupinette et je suis très, très, très touchée par ton soutien. M.E.R.C.I. :*
Concernant le chapitre, je suis ravie qu'il t'ait plu. C'est vrai que cela fait du bien à tout le monde qu'il y ait un peu de douceur, de tendresse et de joie… MAIS… bah oui : je suis une grosse sadique avec mon « peut-être » tout pourri qui pue. ^^ Qu'ais-je encore trouvé pour leur pourrir la vie, à nos personnages adorés ? Aaaaah peut-être rien, justement. Ou peut-être va-t-il se passer quelque chose. Il faudra lire le chapitre pour le savoir… MOUAHAHAHA ! :D (Pas un mort parce que ce serait trop pour ton ti cœur ? *Esquisse un sourire sadique en haussant les épaules*)
Plein de merciiiiiiiis pour ta nouvelle review ! J'espère que tu apprécieras le chapitre quoi qu'il puisse s'y passer… ^^ Plein de gros bisous pour toi, poulette bis ! :*
Betameche : Sincèrement, tu n'as pas à me remercier de ma réponse à ta précédente review. Il est tout à fait normal que je réponde à l'ensemble de mes super revieweuses/eurs qui, eux, prennent le temps de me lire et de m'écrire. Donc c'est moi qui te remercie. :)
Pour ce qui est du chapitre, je suis ravie que tu aies apprécié avoir le POV de Scorpinou durant son anniversaire. Malheureusement et comme tu le soulignes, nous n'avons de ce fait pas pu savoir comment les Dramione avaient géré le « cadeau » et donc les diverses discussions à ce propos, etc. C'était un parti pris un peu risqué, j'en conviens. Mais je suis partie du principe que la surprise aurait d'autant plus d'impact si le lecteur restait aussi ignorant que Scorpius. Que l'on puisse suivre ses états d'âme que cela soit dans la tristesse, la colère ou bien la joie était important pour moi. Ensuite, la seconde raison à ce choix est que je considère qu'après soixante-six chapitres, nous connaissons suffisamment les Dramione pour se représenter d'une façon réaliste ces fameuses discussions. On peut imaginer qu'ils se soient, comme toujours, écharpés à certains moments mais qu'ils soient parvenus à mettre leur fierté de côté comme ils ont déjà pu le faire quelques fois auparavant afin de faire avancer les choses. Voilà pour cela. :)
Sinon, eh bien je te remercie du fond du cœur de suivre ma page FB ma chère betameche-frange (j'ai ri comme une idiote pendant deux minutes en lisant ton « réel » pseudo sur le site. ^^) ! :D Un immmmmmense merci pour ta nouvelle review et de gros bisous pour toi ! En espérant que cette fin te plaise.
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Donc… nous y voici, nous y voilà. Que se passera-t-il dans ce dernier chapitre ? Que cache ce mystérieux « peut-être » ? C'est ce que je vous propose de découvrir sans plus tarder. J'espère que le chapitre vous plaira.
J'ai trois titres musicaux à vous recommander pour ce dernier chapitre. Les voici :
- « Little love » d'AaRON.
- « Le tunnel d'or » d'AaRON également.
- « Wicked game » de James Vincent Mcmorrow.
Pour la dernière fois, je vous souhaite une excellente lecture. :)
Comme toujours, seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
PS : /!\ JE VOUS PRIE DE BIEN LIRE LES NOTES DE CHAPITRES. MALHEUREUSEMENT, TROP PEU DE LECTEURS LES PRENNENT EN CONSIDÉRATION AVANT ET APRÈS LEUR LECTURE. ELLES NE SONT PAS ÉCRITES « POUR RIEN » OU « AU HASARD ». J'Y INSÈRE DE NOMBREUSES INFORMATIONS PARFOIS (TRÈS) IMPORTANTES. CELA SERA NOTAMMENT LE CAS LORS DE LA SUIVANTE DONC MERCI À VOUS DE PRENDRE LE TEMPS DE BIEN LIRE LES NOTES (d'autant plus que je vous mets les infos les plus importantes en gras…). /!\
Chapitre 66 : Peut-être
Lundi 14 août
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- Bonjour Scorpius, entre et installe-toi s'il-te-plaît.
L'intéressé se leva de la chaise sur laquelle il était assis depuis de longues minutes déjà. Il jeta un regard un peu angoissé à son père et Hermione qui attendaient près de lui. Tous les deux lui adressèrent un sourire encourageant et l'enfant suivit docilement le membre du Magenmagot chargé des affaires familiales jusqu'à son bureau. L'homme, pas très grand et à l'air plutôt très strict, referma la porte derrière lui et lui fit signe de prendre place face à son bureau en bois. Lui-même en fit le tour avant de s'asseoir dans son fauteuil. Il se saisit d'un dossier – qui semblait assez épais – et l'ouvrit. Il le parcourut rapidement des yeux, attrapa ensuite un parchemin vierge, qu'il plaça à sa droite, ainsi qu'une plume qu'il déposa sur le papier.
Mal à l'aise, Scorpius se tortillait sur sa chaise et son angoisse s'accrut encore lorsque l'homme, après avoir jeté un dernier coup d'œil à son dossier, releva les yeux vers lui. Il lui adressa un mince sourire – sûrement destiné le détendre mais qui n'eut absolument aucun effet – et ôta ses lunettes. Il les déposa sur son bureau, se frotta légèrement l'arête du nez avant de finalement les remettre. Il plongea son regard brun dans celui de l'enfant qui déglutit difficilement.
- Es-tu angoissé ? lui demanda le juge-Mage sur un ton neutre.
« Non, pas du tout ! Nous sommes là pour discuter de mon hypothétique adoption mais tout va parfaitement bien ! »
- Euh… non, répondit Scorpius d'une voix qui sonnait atrocement faux.
L'homme, qui devait avoir une petite cinquantaine d'années, le regarda par-dessus ses lunettes. Il haussa un sourcil mais ne commenta pas.
- Bien. Sais-tu pourquoi tu es ici, Scorpius ? l'interrogea le juge en s'installant un peu plus confortablement dans son fauteuil.
- Oui. Je suis ici pour que nous puissions discuter et qu'Hermione Jean Granger devienne ma mère adoptive.
Le juge-Mage – Garrett Allen selon l'écriteau de couleur or posé sur le bureau – arqua un sourcil pour la seconde fois. Scorpius se mordit la lèvre.
- Nous allons en effet discuter, confirma-t-il. Quant à savoir si Miss Granger deviendra ou non, ta mère adoptive, ce sera à moi de le décider. Et ceci en prenant en compte notre discussion mais également celles que j'ai eu et aurai avec ton père, Miss Granger, ta grand-mère, ton parrain ainsi que ton dossier dans sa globalité.
Scorpius acquiesça. Son père, Hermione, Narcissa et Blaise avaient déjà rencontré le Juge Allen une fois pour une « discussion » individuelle mais jamais Scorpius n'avait encore eu à faire à lui.
- Peux-tu me parler de Miss Granger, s'il-te-plaît, requit-t-il au bout d'un moment en attrapant sa plume.
Le Serdaigle hocha la tête et laissa passer quelques secondes, rassemblant ses pensées pour présenter un discours le plus cohérent possible.
- Hermione est… la personne la plus gentille au monde. Elle a toujours été très… avenante – il avait fait quelques recherches pour enrichir son vocabulaire avant de venir, afin de faire la meilleure impression possible – avec moi. Même si sa propre fille était décédée depuis peu, elle s'est toujours occupée de moi…
- Dirais-tu que Miss Granger essaye de « combler » l'absence de sa fille – Rose – en te considérant comme son propre fils ? le coupa Allen d'une voix neutre en notant quelques mots sur son parchemin.
Sa question eu un effet immédiat sur Scorpius qui sentit la panique s'emparer de lui. Il ne fallait surtout pas qu'il donne cette image d'Hermione !
- Absolument pas ! s'exclama-t-il avec un peu trop de véhémence. Je veux dire que… les termes que j'ai pu employer portent à… confusion. Je suis désolé ce n'est pas ce que j'ai voulu dire… Puis-je m'expliquer, s'il-vous-plaît ? demanda-t-il en lançant un regard un peu inquiet vers le juge-Mage.
Il l'invita à poursuivre d'un signe de la main.
- Ce que je voulais dire, reprit Scorpius en tentant au maximum de se calmer. C'est que même si sa fille était décédée depuis peu, Hermione a toujours veillé à ce que je me sente bien. Et ça, sans arrières pensées.
- Que veux-tu dire ?
- Eh bien… par exemple, l'une des amies de mon père, Pansy Parkinson, a pendant longtemps… prétendu en avoir quelque chose à faire de moi alors que ce n'était pas le cas. Tout ce qu'elle voulait, c'était se rapprocher de mon père parce que je crois – ou plutôt je suis certain - qu'elle est amoureuse de lui mais pas lui parce qu'il aime Hermione et que… Enfin bref, se reprit Scorpius en essayant de ne pas dévier du sujet. Mon père « attire » beaucoup les femmes et, très souvent, elles se rapprochent de moi en pensant que ça va leur permettre de se rapprocher ensuite de mon père. Donc elles sont « gentilles » avec moi mais je ne suis pas idiot, vous savez, je vois bien que ce n'est pas vrai.
- Et c'est différent avec Miss Granger ?
- Oh oui ! Très différent. Hermione ne s'est jamais servie de moi pour se rapprocher de mon père. Elle et moi, nous avons énormément de points communs et nous nous sommes tout de suite entendus. C'était… naturel.
Allen écrivit encore quelques mots sur son parchemin avant de relever les yeux vers Scorpius.
- S'est-elle souvent occupée de toi ?
- Oui, répondit-il. La première fois où nous sommes restés que tous les deux, c'était l'été dernier. Mon père et moi étions dans notre maison secondaire, en France et Hermione est arrivée pour le week-end. Le…
- Sa présence t'as-t-elle été imposée ? l'interrompit Allen.
- Pas du tout ! Son arrivée n'était pas prévue mais avant de la laisser entrer, mon père m'a demandé si ça me dérangeait qu'elle reste un peu avec nous. Et moi, j'ai tout de suite dit que non parce que… bah parce que je n'avais vu Hermione qu'une fois avant ce jour-là mais elle m'avait parlé de mon livre préféré : « L'Histoire de Poudlard » et j'avais vraiment plein de questions à lui poser parce que c'est aussi son livre préféré et que…
Il s'arrêta soudainement, prenant conscience qu'il parlait très vite et qu'il déviait, encore une fois, du sujet principal.
- Bref, mon père a demandé ma… permission et je la lui ai donnée, termina-t-il succinctement.
- Bien, répondit le juge. Poursuis sur cette première journée passée avec Miss Granger s'il-te-plaît.
Scorpius hocha la tête et fit comme on le lui demandait.
- Mon père a dû rentrer en « catastrophe » à Londres et c'est Hermione qui m'a gardé.
- Tu veux dire que ton père t'a laissé avec une parfaite inconnue ?
Ohoh…
- Non ! Moi, je n'avais rencontré Hermione qu'une fois avant mais mon père et elle se connaissaient depuis plus longtemps. Mon père ne me laisserait jamais avec quelqu'un en qui il n'a pas confiance. Et puis il avait laissé des consignes à Hermione aussi. Comme l'heure à laquelle je devais aller me coucher, par exemple.
En fait, c'était la seule et unique consigne que Drago avait « laissée » mais, ça, le juge-Mage n'avait pas besoin de le savoir. Voyant qu'il ne l'interrompait pas, Scorpius reprit son récit.
- On a passé une super journée tous les deux. Le matin, nous sommes allés nous promener à St Malo, la ville Moldue juste à côté de notre maison en France. Là, Hermione m'a acheté un cadeau. Un livre de contes Moldus parce qu'elle savait que j'adorais les contes. Vous voyez, c'est pour ça que c'est la mère idéale pour moi, se permit-il d'ajouter avant de continuer. Ensuite nous sommes allés au restaurant.
Scorpius passa sous silence le passage un peu délicat lorsque la serveuse l'avait pris pour le fils de la Gryffondor et qui, à son humble avis, n'était pas la meilleure chose à raconter à cet homme.
- Après, nous sommes rentrés à la maison et nous avons travaillé un peu en prévision de ma rentrée à Poudlard. Saviez-vous qu'Hermione avait été la meilleure de sa promotion pendant toutes ses années au collège ? Elle est vraiment très, très intelligente et est très, très douée. Elle m'aide beaucoup avec mon travail scolaire.
Le juge nota quelque chose et Scorpius eut un sourire puisque cela ne pouvait être que du positif au vu de ce qu'il venait de dire.
- Ensuite, nous avons préparé des gâteaux – des cookies, précisa-t-il comme si cela avait une importance capitale. Puis nous sommes allés dans le jardin. Là, je lui ai montré comment je me débrouillais au Quidditch et elle m'a ensuite laissé m'entraîner un peu tout seul. Mais elle m'a surveillé ! ajouta-t-il précipitamment. Elle était assise dans le jardin, avec moi. Et puis après, nous sommes rentrés et j'ai pu aller regarder un peu la télévision Moldue pendant qu'elle préparait le dîner. Après ça, on a donc dîné puis nous avons regardé la fin du film ensemble et Hermione m'a demandé d'aller me coucher parce que l'heure imposée par mon père était arrivée. Enfin bref cette journée était super géniale ! Et puis, le lendemain, continua-t-il puisqu'il n'avait pas été interrompu. On a passé la journée tous les trois, avec mon père, et c'était… encore plus génial ! Hermione nous a appris à jouer au Monopoly et on a encore regardé un film mais tous les trois cette fois-ci.
- Bien. Pourrais-tu me parler des incidents qui se sont produits peu après ta rentrée scolaire ?
- Oui. J'ai été… « victime de harcèlement », dit-il en reprenant les termes qu'il avait entendu. A cause de mon nom de famille.
- Ton père, ta grand-mère et Miss Granger m'en ont parlé. Ils m'ont également expliqué que tu avais fait appel à Miss Granger en tout premier lieu.
- Oui.
- Pourquoi ?
Scorpius prit le temps de la réflexion.
- C'était pour… protéger mon père avant tout. Vous savez, mon père se sent vraiment très coupable de ce qui a pu se passer à cause de son propre père et de ma… d'Astoria. Alors je n'ai pas voulu qu'il se sente encore plus coupable en se disant que c'était à cause de mon nom de famille et des agissements des Malefoy qu'on me « harcelait » à l'école. Ça, c'était la première raison. Mais j'ai aussi demandé à voir Hermione parce que… parce que… parce que j'avais besoin d'elle. Je ne sais pas vraiment comment l'expliquer…, avoua-t-il. Depuis que je suis tout petit, c'est la seule, hormis mon père et ma grand-mère, qui m'a… démontré de l'affection – une vraie affection. Et moi, je l'aimais déjà énormément et je savais qu'elle pourrait me réconforter et m'aider.
- Et c'est ce qu'elle a fait ?
- Oui. Elle a agi comme une vraie mère avec moi. Enfin, je pense que c'est comme cela que doit agir une vraie mère puisque la mienne… eh bien la mienne ne m'aimait pas et n'en avait rien à faire de moi, dit-il avec aigreur.
- Comment une « vraie » mère doit-elle agir selon toi ? lui demanda Allen en le regardant intensément et sans se départir de son flegme.
- Une vraie mère ? Eh bien certainement pas comme Astoria, déjà ! assura Scorpius avec fougue. Pour moi, une maman doit encourager, éduquer et surtout aimer son enfant. Chose qu'Astoria n'a jamais fait une fois en près de onze ans mais que mon père a fait. Et qu'Hermione fait aussi, maintenant.
- En quoi le fait-elle ?
- Eh bien, par exemple, elle m'aide toujours avec mes devoirs quand j'ai des problèmes. Elle m'explique les choses que je ne comprends pas, m'aide à comprendre les choses d'un point de vue différent, fait plein de trucs avec moi, elle me connaît et puis je ne sais pas… elle m'aime. C'est tout, dit simplement Scorpius en haussant les épaules.
- C'est elle qui te l'a dit ?
- Dit quoi ?
- Qu'elle t'aimait ?
- Oui. Mais je n'ai pas besoin qu'elle le dise. Ça se voit. Enfin… ce n'est pas de… l'arrogance, ajouta-t-il rapidement. C'est juste que… je ne sais pas. C'est comme pour le reste, je le… ressens. Hermione, mon père et moi on fait des choses comme une vraie famille. Comme quand on était parti en vacances en Islande tous les trois. C'était juste… G.E.N.I.A.L ! Les meilleures vacances de toute ma vie et ça, bah je sais que c'est parce qu'elle était là. Avec elle, je peux faire plein de choses que je ne peux pas ou ne fait pas forcément avec mon père.
- Comme quoi par exemple ? l'interrogea le juge-Mage en continuant à noter sur son parchemin qu'il avait à présent retourné sur le verso.
- Comme visiter les musées. J'adore les musées…, enrichir mes connaissances et Hermione aussi. Elle adore vraiment ça mais pas mon père. Alors quand il a dû aller à ses rendez-vous d'affaire, Hermione et moi sommes allés « enrichir nos connaissances » tous les deux. Et puis je peux aussi parler avec elle. C'est différent d'avec mon père. Mon père m'aime énormément - plus que tout au monde d'après lui – mais il est… il ne parle pas beaucoup et est plutôt renfermé sur lui-même. Alors qu'avec Hermione, c'est beaucoup plus simple.
- As-tu d'autres « preuves d'amour » en tête ?
- De la part d'Hermione ?
- Oui.
Scorpius se sentit soudainement idiot. Il avait failli oublier l'un des éléments les plus importants.
- Elle a sauvé la vie de ma grand-mère ! s'exclama-t-il. Hermione à, littéralement, sauver toute notre famille !
- Que veux-tu dire ?
- Eh bien, si ma grand-mère était… décédée – il eut un léger frisson à cette perspective – ça aurait été… une horreur, confia-t-il gravement. Depuis qu'il est petit, mon père n'a aimé que deux personnes dans sa vie : ma grand-mère et moi - et Hermione aussi, maintenant, ajouta-t-il. Et depuis que je suis petit, je n'ai aimé que deux personnes, en dehors d'Hermione : mon père et ma grand-mère. Alors si… si on s'était retrouvé que tous les deux, sans elle…
Scorpius ne parvint pas à terminer sa phrase, submergé par l'émotion. Il prit le temps de réorganiser ses pensées et releva les yeux vers le juge qui patientait, tranquillement assis dans son fauteuil.
- Mais Hermione a empêché ça. Elle a travaillé comme une… déesse de la Médicomagie et elle a réussi à sauver la vie de ma grand-mère. Et ça, elle ne l'a fait que pour nous : mon père et moi. Elle, elle n'avait rien à gagner. Mais elle a quand même risqué de prendre la… responsabilité de sa mort pour nous aider. C'est la meilleure personne au monde.
Il avait à présent des larmes pleins les yeux.
- Et ne penses-tu pas que c'est plus ta reconnaissance qui parle, lorsque tu affirmes vouloir qu'elle devienne ta mère adoptive, plutôt qu'une réelle volonté ?
Scorpius fronça les sourcils.
- Bien sûr que je lui suis reconnaissant ! C'est normal, elle a sauvé ma grand-mère ! répéta-t-il avec ardeur. Mais, justement, ça ne fait que renforcer mon envie qu'elle devienne ma mère. Mais, de toute façon, même si elle ne l'avait pas sauvée, ça n'aurait rien changé. J'aime Hermione et elle m'aime. C'est elle, ma mère !
Le Serdaigle se rendit tout à coup compte qu'il venait plus ou moins de hurler au visage du juge et se sentit affreusement mal. Ses joues se colorèrent en rouge et il se tassa sur lui-même, espérant que son attitude ne lui porterait pas – trop - préjudice pour la suite.
Il vit Allen noter sur son parchemin à toute vitesse, les sourcils froncés.
C'était mauvais, très mauvais !
- Peux-tu me parler de la fille de Miss Granger – Rose Weasley ? s'enquit le juge-Mage sans relever les yeux de son parchemin.
- Je ne l'ai pas connue, répondit laconiquement Scorpius.
- Et comment te sens-tu par rapport à elle ?
Scorpius fronça de nouveau les sourcils.
- Je ne comprends pas votre question, lui dit-il en insufflant tout le respect dont il était capable.
Allen mit un point final à sa phrase, posa sa plume, releva la tête avec lenteur dans sa direction, croisa ses mains sous son menton et reprit la parole.
- Te sens-tu coupable vis-à-vis de Rose Weasley ?
- Coupable ?
- Tu t'apprêtes peut-être à devenir le fils adoptif de sa mère. Chose qui ne se serait très certainement jamais produite si Mr et Miss Weasley n'étaient pas décédés. Alors j'aimerais savoir si tu te sens coupable vis-à-vis d'elle.
La bouche de Scorpius s'ouvrit d'elle-même et ses yeux s'écarquillèrent. Il eut soudainement envie de hurler des horreurs à cet affreux bonhomme mais se retint à temps. Cette question n'était clairement pas anodine et il fallait qu'il réfléchisse longuement à la réponse qu'il allait donner. Le Serdaigle fronça les sourcils et resta donc silencieux un long moment, choisissant ses mots avec parcimonie. Il finit par relever les yeux vers le juge.
- Non. Non, je ne me sens pas coupable vis-à-vis de Rose Weasley. Je suis très triste quand je pense à elle et à ce qu'il lui est arrivé - j'ai d'ailleurs été me recueillir à l'endroit où sa famille a dispersé ses cendres, quelques jours après les un an de sa… disparition. Mais Hermione m'a parlé de sa fille. Elle m'a expliqué quelle personne elle était et je pense qu'elle et Mr Weasley également, auraient voulu qu'Hermione soit heureuse avant tout. Et si elle est heureuse avec mon père et moi, je pense que c'est ça le principal. Et puis, vous savez, on ne pourra jamais savoir ce qui aurait pu se passer s'ils n'étaient pas décédés. Peut-être que mon père et Hermione auraient tout de même finit par tomber amoureux et, qu'au final, tout aurait été identique. A la seule différence que Rose aurait été en vie et qu'Hermione aurait divorcé de son mari au lieu de le perdre. J'aurais d'ailleurs préféré ça pour elle.
- Tu te sens donc coupable, insista le sorcier.
- Non, assura Scorpius en secouant la tête. Je ressens de… l'empathie, c'est très différent. J'aime Hermione et tout comme elle peut le dire à mon sujet, je ne veux que ce qu'il y a de mieux pour elle – dit-il en reprenant les propres termes que sa mère de cœur employait souvent. Et je sais qu'il aurait été mieux pour elle que sa fille ne soit pas morte et qu'elle se soit « seulement » séparée de son mari. Ça me semble plutôt logique…
Allen ne commenta pas et nota quelques mots supplémentaires sur son parchemin.
- Bien. Une dernière question, Scorpius. Ne penses-tu pas que parler d'adoption si tôt après votre rencontre soit précipité ?
- Non, répondit-il catégoriquement une nouvelle fois. Ma famille et moi, nous voulons juste être heureux. Et je pense que personne ne peut nous en… - il chercha le mot adéquat pendant quelques instants – blâmer. Hermione veut devenir ma mère adoptive et moi je veux devenir son fils. Mon père et ma grand-mère le souhaitent aussi et même les amis et la famille d'Hermione sont d'accord. Je ne vois donc pas pourquoi nous devrions attendre pour être heureux.
Scorpius acheva sa réplique en fixant le juge-Mage dans les yeux, espérant lui faire comprendre à quel point il était sérieux. Allen soutint son regard pendant quelques secondes puis hocha lentement la tête avant de se mettre à écrire. L'enfant, lui, n'osait pas bouger. Il avait l'impression que l'entrevue s'était globalement bien passée mais l'austérité du juge et ses questions l'avaient beaucoup déstabilisé, si bien qu'il n'était pas confiant à cent pour cent.
Aux termes de longues minutes, Allen reposa sa plume, relut rapidement ce qu'il avait pu noter puis jeta un sortilège sur son parchemin qui se scella de lui-même. Il releva ensuite les yeux vers Scorpius, ce dernier essayant de détecter sur son visage les signes d'un éventuel dénouement – bon ou mauvais. Mais l'homme conserva des traits et un regard impassible. Il invita l'enfant à se relever d'un geste de la main et Scorpius s'exécuta.
Le juge-Mage le raccompagna jusqu'à la porte du bureau mais ne l'ouvrit pas. Il se retourna plutôt vers le Serdaigle, qui se tenait dans son sillage et lui tendit la main.
- Peux-tu dire à Miss Granger et ton père que je souhaiterais m'entretenir de nouveau avec eux ? le manda-t-il.
- Bien sûr, Monsieur le juge, acquiesça Scorpius en serrant sa main tendue.
Il hésita quelques secondes puis ajouta :
- J'espère vraiment que vous nous permettrez d'être une vraie famille. Au revoir.
Garrett Allen ne répondit rien mais dévisagea tout de même Scorpius qui baissa les yeux, mal à l'aise. Finalement, le juge le laissa sortir.
En franchissant la porte, le Serdaigle soupira longuement, se rendant soudainement compte de son état d'anxiété et d'angoisse plus qu'avancé. En le voyant quitter le bureau, son père et Hermione redressèrent immédiatement la tête vers lui. Eux aussi semblaient nerveux.
- Le juge voudrait parler avec vous, leur apprit Scorpius en arrivant à leur hauteur.
- Ensemble ?
- Je crois, répondit-il en se tournant vers son père.
- Bien.
- Comment ça s'est passé ? s'enquit Hermione en se levant de la chaise sur laquelle elle était assise.
Scorpius haussa les épaules.
- Je sais pas. Ces questions étaient… Elles m'ont beaucoup déstabilisées, avoua-t-il.
Les deux adultes froncèrent instantanément les sourcils.
- Mais tu y as tout de même répondu ?
- Oui Papa. J'ai fait comme Hermione m'a dit : j'ai été honnête.
- C'est bien, le rassura la Gryffondor en lui adressant un sourire. Allons-y Drago.
Son père hocha la tête dans sa direction mais, au lieu de la suivre, il se pencha vers Scorpius qui s'était, à son tour, assis une sur une chaise pour patienter.
- Ça va aller, lui souffla Drago. Il n'y a aucune raison pour qu'il n'accepte pas.
L'enfant regarda son père dans les yeux et hocha lentement la tête. Ce dernier lui adressa un mince sourire avant de finalement pivoter sur ses talons et entrer dans le bureau du juge-Mage à la suite d'Hermione.
OoOoOoO
Mardi 19 septembre
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Tout en essorant ses cheveux à l'aide d'une serviette éponge, Hermione retourna dans son séjour pour vérifier l'heure. Il était dix-huit heures dix. Ceci fait, elle jeta un coup d'œil à la lettre posée négligemment sur un coin de la table basse.
Granger,
Retrouve-moi à dix-neuf heures à l'Hippogriffe Volant.
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Je ne te souhaite pas un nouveau « joyeux anniversaire »,
Le père de ton fils.
(Malgré ce que ces abrutis du Magenmagot peuvent dire).
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Tout comme lors de sa première lecture, un mince sourire étira les lèvres de la Gryffondor lorsqu'elle avisa la signature. Rassurée quant à l'heure du rendez-vous, elle retourna dans la petite salle de bain de son appartement londonien et acheva de se préparer.
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Un peu moins de trois quarts d'heure plus tard, la jeune femme attrapait son sac à main, passait un foulard pour se protéger de la brise et transplanait. Elle se matérialisa dans l'un des points de transplanage du Chemin de Traverse et se mit ensuite en marche pour rejoindre lieu le rendez-vous indiqué par Drago. Hermione avait eu un pincement au cœur en le lisant. Cela avait ravivé beaucoup de souvenirs en elle. La toute première soirée qu'elle avait passée en compagnie du Serpentard s'était déroulée dans cet endroit et cela remontait seulement à un peu plus d'un an. Pour autant, la Gryffondor avait l'impression que cela faisait beaucoup plus longtemps. Tellement de choses s'étaient produites qu'il lui semblait plutôt qu'au moins une demie décennie s'était écoulée. Mais non, cela faisait seulement un an, deux mois et dix-neuf jours qu'elle avait revu Drago Malefoy pour la première fois.
En pleine introspection, Hermione manqua l'entrée de l'établissement et dû faire demi-tour, se fustigeant mentalement. A vrai dire, elle était un peu anxieuse. Drago était resté extrêmement secret quant à cette soirée et, connaissant les penchants pour le faste - et surtout le « hors-de-prix » -, la Gryffondor s'angoissait quelque peu de découvrir ce qu'il lui réservait pour son anniversaire.
Pour l'occasion et parce que, connaissant le Serpentard, elle préférait être prête à parer à toute éventualité, Hermione avait revêtu un tailleur pantalon noir très habillé. Sa veste – tout comme son pantalon cigarette – était très près du corps et elle ne portait aucune chemise au-dessous. Le grand décolleté en V avantageait sa petite poitrine sans pour autant paraître provoquant ou vulgaire. La Gryffondor avait choisi d'associer sa tenue avec des escarpins – noir également – légèrement pointus et à talons hauts qu'elle avait acheté avec Ginny, la semaine précédente. Ses cheveux étaient lâchés sur ses épaules et dans son dos, bouclant abondamment si bien qu'elle n'avait pas jugé utile de porter des boucles d'oreilles trop voyantes – puisque, noyées dans la masse de ses cheveux, elles ne se verraient tout simplement pas – et n'avait pas revêtu de collier non plus. Seul son poignet était ornementé du bracelet que sa meilleure-ami lui avait offert pour son anniversaire, l'année précédente. Puisque restant assez sobre au niveau de sa tenue et de ses bijoux, Hermione s'était maquillée légèrement plus qu'à l'accoutumée mais avait uniquement concentré ses efforts sur ses yeux, sa bouche arborant un simple gloss incolore.
En somme, la jeune femme était toute en simplicité mais en élégance, un look qui lui permettrait de se fondre dans, à peu près, n'importe quel décor.
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Revenue devant l'entrée du bar, elle en poussa la porte et pénétra dans l'établissement. Elle ne mit pas plus d'une seconde et trois dixièmes, très précisément, pour apercevoir Drago. Il était tout simplement accoudé au bar, la tête tournée dans sa direction. Inconsciemment, Hermione ne s'avança pas davantage et laissa son regard couler le long du corps de l'homme qu'elle aimait. Ce qu'elle vit la fit aussitôt sourire – bien qu'elle n'aurait pas dû en être aussi surprise. Drago était tout simplement habillé d'un très élégant costume noir, autrement dit, comme elle. Ou plutôt, elle était habillée comme lui. Le bracelet, des escarpins, le sac à main et le maquillage en plus… Et heureusement d'ailleurs.
Incapable de se départir de son sourire quelque peu moqueur à cette pensée, Hermione se remit en marche et s'approcha du Serpentard qui plissait les yeux avec suspicion.
- Pourquoi ris-tu ? l'interrogea-t-il en guise de salutation.
- Je ne ris pas, rétorqua Hermione, toujours souriante.
- Tu as cette lueur moqueuse dans le regard.
- Ah oui… ?
- Oui, confirma-t-il.
- Hum… Je ne sais pas. Au lieu de me reprocher mon sourire, peut-être pourrais-tu m'embrasser, poursuivit-elle en arquant un sourcil.
Cette fois-ci, ce furent les lèvres de Drago qui s'étirèrent. Sans un mot, il s'approcha d'elle et l'embrassa. Baiser qu'elle lui rendit.
- Joyeux anniversaire, Granger, souffla-t-il à son oreille avant de s'écarter légèrement.
- Merci, Malefoy, répondit-elle.
- Bien, maintenant, dis-moi pourquoi tu te moques.
Hermione leva les yeux au ciel même si son comportement l'amusait plus qu'autre chose.
- Nous sommes plus ou moins vêtus de la même façon, c'est tout, expliqua-t-elle.
Il arqua un sourcil.
- Et c'est ça qui te fais rire ?
- Ça ne me fait pas rire. J'ai seulement souri.
- Hum… Et puis c'est toi qui t'habilles comme moi, pas l'inverse.
- C'est vrai, concéda-t-elle. Tu n'aimes pas ?
- Si. C'est… étrangement sexy.
- Etrangement ? répéta Hermione.
- Non. C'est sexy. Mais bon, tu aurais peut-être pu mettre un chemisier en dessous…
- Hum… Tu sais qu'il s'agit de ta veste de costume que j'ai simplement ajustée ? lui dit-elle l'air de rien, ne commentant pas son « conseil » qui, elle le savait, était seulement destiné à lui faire comprendre qu'il trouvait qu'elle attirait un peu trop le regard des autres hommes.
Il la dévisagea, très surpris avant de baisser les yeux sur la veste en question. Les traits de son visage se modifièrent légèrement et un sourire clairement libidineux prit place sur ses lèvres.
- Eh bien c'est encore plus sexy maintenant que je le sais. J'ai hâte de te l'enlever.
Hermione leva les yeux au ciel.
- Tu ne m'offres pas à boire ? s'enquit-elle pour détourner la conversation.
- Je t'ai vraiment très mal habituée, rigola-t-il en secouant légèrement la tête.
Elle ne répondit rien.
- Nous ne restons pas ici. Je t'emmène ailleurs, l'informa-t-il. Mais tu peux commander un apéritif ici si tu le souhaites.
- Non, ça ira. Je vais seulement finir ton verre.
Joignant le geste à la parole, elle attrapa le verre de Whisky à moitié entamé, que le blond avait certainement commandé en l'attendant et en avala une gorgée. Il ne fit aucun commentaire mais l'observa longuement et avec beaucoup d'amusement dans le regard.
- Au fait, reprit Drago.
- Hum ? l'encouragea distraitement Hermione.
- Les enfants ne sont pas chez ma mère, l'informa-t-il.
Hermione arqua un sourcil, prit le temps d'avaler sa gorgée d'alcool et lui demanda :
- Et ils sont où ? Ne me dis pas que tu les as laissés seuls à la maison ! Ils sont beaucoup trop…
- Eh oh ! Détends-toi ! ricana le Serpentard.
Hermione fronça les sourcils mais n'ajouta rien, attendant qu'il s'explique.
- Daniel a contacté ses parents dans la journée et ils ont proposés de les accueillir Hélène, Scorp' et lui jusqu'à vendredi soir.
- Vendredi soir ? répéta Hermione.
- Hum, hum, fit le blond en lui reprenant son verre des mains.
- Ce qui veut dire que…
- Que nous avons un peu plus de trois jours rien que pour nous, oui. De toute façon, Scorp' doit rentrer vendredi ou samedi au plus tard puisque les roux et le binoclard t'organisent un « anniversaire-surprise-sans-la-surprise » et qu'on est tous invités.
Il avait dit cela comme s'il s'agissait d'une épreuve qui s'avèrerait particulièrement difficile à surmonter et qui lui demanderait beaucoup de courage. En l'entendant, Hermione roula des yeux.
- Arrête de les appeler comme ça, le sermonna-t-elle.
- Pas tant qu'ils n'arrêteront pas de me surnommer « la fouine vomissante » !
Et voilà, c'était reparti… Le pire était que les Weasley-Potter et lui avait fini par relativement bien s'entendre mais… Eh bien disons que certaines habitudes avaient la vie dure !
- Blaise a confirmé sa venue avec Marie ? se renseigna Hermione en prenant une nouvelle gorgée d'alcool.
Marie Berry était la compagne de Blaise depuis légèrement plus de trois mois maintenant et tous les deux s'étaient rencontrés un peu par hasard. Marie était devenue l'amie et collègue d'Hermione et avait été invitée un soir alors que cette dernière organisait un dîner professionnel chez Drago – son appartement n'étant clairement pas approprié pour cela. Le Serpentard avait requis la présence de Blaise également pour – selon lui – « ne pas se retrouver tout seul et entouré de pédants du Département de la justice magique ». Hermione lui avait bien évidemment fait remarquer que lui-même y avait travaillé pendant plusieurs mois mais le Serpentard avait simplement balayé sa réflexion d'un mouvement vague de la main. Étant placés côte à côte, Marie et Blaise avaient alors engagé une conversation autour des potions. Le charme de la jeune française avait immédiatement opéré et, le lendemain matin, Blaise revenait chez eux en leur annonçant qu'il « la voulait dans son lit encore plus que n'importe quelle femme autre par le passé » – ce qui les avait tous bien fait rire, Drago, Scorpius et elle. Mais, contre toute attente, il s'était avéré que, non seulement Blaise n'avait pas menti mais, qu'en plus, la jeune femme semblait ne pas être insensible au noir non plus. Personne, Drago et Hermione les premiers, n'auraient cru qu'il finirait par trouver une femme avec laquelle il engagerait une relation qui durerait plus d'une ou deux nuits – quand la femme en question lui plaisait vraiment…
Marie était douce et bienveillante mais savait également se montrer ferme avec Blaise – ou plutôt, savait « mater » le Serpentard, selon son meilleur ami – et tous les deux semblaient très heureux ensemble – même si c'était d'une façon assez… singulière.
- Oui. Je te l'ai dit ce matin ! Tu m'écoutes, parfois, quand je te parle ? railla Drago, ramenant Hermione à la réalité.
- Désolée j'étais…
- Encore secouée par mon tout premier cadeau d'anniversaire, je sais, ricana-t-il en haussant les sourcils de façon aguicheuse.
Hermione le frappa légèrement au bras mais un sourire naquit tout de même sur ses lèvres.
- Ça doit sûrement être ça, rigola-t-elle.
- En même temps, je comprends… Il y avait vraiment de quoi être secouée !
- La modestie ne t'étouffera donc jamais…
- Je serais mort avant ça !
- Ce que tu peux être bête ! rit Hermione en secouant la tête, faussement désespérée.
- Eh oui ! Mais c'est comme ça que tu m'aimes, non ? dit-il, tout sourire.
- Hum… Des fois, je me demande bien comment je fais…
- Moi aussi.
- Toi aussi quoi ?
- Moi aussi, parfois, je me demande bien comment je fais pour t'aimer, répondit Drago, une lueur moqueuse au fond de ses prunelles.
Hermione prit un air faussement outragé et le frappa une nouvelle fois à l'épaule.
- Arrête de me taper dessus ou alors tu n'auras pas tes cadeaux.
- Je m'en fiche de mes cadeaux, je préfère te taper dessus, c'est bien plus divertissant, lui dit-elle en lui tirant la langue, imitation parfaite d'une enfant de cinq ans.
Le blond prit un air profondément ennuyé.
- Si Mademoiselle a terminé de faire des enfantillages nous pourrions, peut-être, sortir d'ici, soupira-t-il.
Hermione se retint de le frapper une troisième fois.
- « Faire des enfantillages » ?! Tu te moques de moi là, Malefoy ! Tu es le trentenaire le plus immature que je connaisse – Zabini mis à part. Parfois, je me demande si entre toi et Scorp' ce n'est pas plutôt toi, l'enfant, à la maison.
- Ça, c'est parce que ce petit ingrat qui me sert de fils essaye toujours d'entrer dans tes bonnes grâces en me laissant pour compte !
- Non mais ce qu'il ne faut pas entendre… soupira la jeune femme, affligée par tant de mauvaise foi.
- C'est vrai ! se récria-t-il.
- Mais oui Drago, répondit Hermione comme si elle s'adressait à un enfant – ce qui était, en cet instant précis, plutôt le cas…
- Enfin sauf quand tu as essayé de lui faire manger des choux de Bruxelles la semaine dernière, ricana le Serpentard alors que tous les deux se levaient des chaises de bar sur lesquelles ils étaient assis. Là, adieu gentil petit Scorp' à sa maman et bonjour Scorpius Malefoy avec son caractère à la…
- Je te signale que son caractère, il le tient de toi, mon cher.
Le blond perdit légèrement le petit sourire supérieur qui s'était accroché à ses lèvres.
- C'est la faute de mes parents, ça, ils avaient le même !
- Et c'est moi qui fait des enfantillages… soupira Hermione en fermant momentanément les paupières et en se pinçant l'arête du nez.
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- Et puis, reprit Drago tandis qu'ils sortaient sur le Chemin de Traverse. Tu dis que tu te demandes lequel est l'enfant à la maison entre Scorp' et moi mais je te signale, quand même, que nous ne sommes pas ceux qui boudent le plus.
- Pardon ?!
- Tu te souviens quand Scorp' et moi avions été voir la finale de la Coupe du Monde aux États-Unis et que tu nous as hurlé dessus pendant des heures, tout ça parce qu'on avait raté le Portoloin, qu'on est arrivé quinze minutes en retard et qu'ensuite, tu es rentrée chez toi pour bouder pendant près de trois jours ? railla-t-il.
Hermione baissa les yeux et tenta d'afficher l'air le plus innocent qu'elle avait en réserve.
- C'était très différent… marmonna-t-elle. J'étais vraiment très inquiète et…
- Et tu as boudé comme une gamine, termina-t-il à sa place. Ce qui signifie que tu n'es, au fond, pas plus mature que moi. Peut-être que Scorpius est le plus adulte de nous trois finalement.
La Gryffondor considéra ses paroles et haussa les épaules.
- Peut-être.
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Il la conduisit à l'écart de l'artère principale du Chemin de Traverse, où de nombreuses sorcières et sorciers se baladaient encore. Une fois arrivé dans une petite ruelle, Drago s'arrêta et se retourna vers Hermione, gardant sa main dans la sienne.
- Où allons-nous ? ne put s'empêcher de demander la jeune femme.
- Tu verras, répondit-il en lui faisant un clin d'œil. Prête ?
La Gryffondor acquiesça et ferma momentanément les paupières en sentant les effets du transplanage sur son corps.
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Elle nota instantanément la différence de température et sourit avant même d'avoir ouvert les yeux. Elle savait – ou plutôt était presque certaine de savoir – où ils se trouvaient. Ses suppositions se virent confirmées lorsque, en ouvrant les paupières, Hermione reconnue l'étroite ruelle ombragée dont ils se servaient lorsqu'ils voulaient venir dans la ville de Saint Malo. Drago ne lâcha pas sa main et alla même jusqu'à se rapprocher d'elle. Les deux amants échangèrent un regard complice puis le Serpentard se pencha vers elle pour lui voler un baiser.
- Hum, je ne crois pas que nous ayons fait ça, la première fois, souffla Hermione, amusée.
- Non, la première fois, tu t'étais agacée contre moi et tu avais failli rentrer chez toi, commenta-t-il sur le ton de la conversation tout en commençant à avancer.
La jeune femme lui emboîta le pas.
- C'est peut-être ce que j'aurais dû faire, dit-elle, l'air de rien.
A ses côtés, Drago eut un mince sourire.
- Peut-être…
Ils demeurèrent ensuite silencieux, marchant côte à côte. Ils s'arrêtèrent quelques instants lorsque, au détour d'un virage, ils aperçurent la Manche. Cette dernière semblait déchaînée en cette douce soirée. Un contraste saisissant avec l'apaisement qui régnait entre le couple. Ils se perdirent dans la contemplation du remous que provoquait le déferlement des vagues sur la plage, se plongeant dans leurs propres pensées. Au bout de quelques minutes, Drago se plaça dans le dos d'Hermione. Il enserra son corps de ses bras, posant ses mains sur son ventre, par-dessus son blazer. La Gryffondor, elle, se laissa aller contre son torse, fermant les paupières pour profiter du moment. Ils restèrent ainsi immobiles pendant un temps indéfinissable puis Hermione sentit Drago bouger légèrement dans son dos. Elle rouvrit les paupières alors qu'il déposait un baiser sur sa joue puis dans son cou avant de lui souffler à l'oreille.
- Hermione ?
- Hum ? répondit-elle.
- Hermione… j'ai faim.
Un éclat de rire franchit instantanément les lèvres de la jeune femme. Elle se retourna dans ses bras et releva les yeux vers lui, amusée.
- Drago… ?
- Oui ?
- Moi aussi j'ai faim, lui dit-elle sur le même ton.
Un sourire prit également place sur les lèvres du Serpentard.
- Mais je crois que j'ai encore plus faim que toi.
- Tu crois ? l'interrogea-t-elle.
- Assurément.
- Hum… je n'en suis pas si sûre, moi.
Il haussa un sourcil.
- Nous verrons bien.
Cette fois-ci, ce fut Hermione qui arqua un sourcil mais elle n'eut pas le temps de lui demander quoique ce soit qu'il reprenait sa main dans la sienne et l'entraînait à sa suite en direction du restaurant sorcier dans lequel il l'avait emmenée pour leur premier « vrai » rendez-vous.
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Hermione se sentit soudainement nostalgique en remontant l'allée menant à l'établissement dont elle percevait entièrement l'intérieur par le biais des imposantes baies vitrées. Elle se remémora sa précédente arrivée, un peu plus d'un an auparavant. Comme plus tôt dans la soirée, la Gryffondor fut prise d'un léger vertige lorsqu'elle se rendit compte de tout le chemin parcouru depuis ce jour et arrêta brusquement de marcher, obligeant Drago à en faire autant.
- Ça va ? s'enquit le blond.
Son regard était étrangement anxieux.
- Oui… Oui ça va, répondit la jeune femme au bout de quelques secondes.
- Tu préfères aller ailleurs ?
- Non, non ! assura-t-elle en lui adressant un sourire. J'étais juste… perdue dans mes pensées. C'est tout.
Il l'observa longuement mais finit par hocher la tête. Ils reprirent leur marche en direction de l'entrée du restaurant. Arrivés à quelques mètres de la porte, Drago se détacha d'Hermione et alla lui ouvrir. Amusée par son comportement, la jeune femme eut un sourire et le remercia. Le Serpentard plaça ensuite une main dans son dos et ils firent quelques pas avant d'être accueillis par le maître d'hôtel.
- Miss Granger, Mr Malefoy, bienvenue dans notre établissement, les salua-t-il avec un fort accent français.
Le couple le salua en retour.
- Veuillez me suivre s'il-vous-plaît, je vais vous conduire à votre table, reprit l'homme après avoir légèrement incliné la tête.
Hermione acquiesça et fut très surprise lorsqu'au lieu de prendre la direction de la salle de restaurant où étaient disposées les tables, le maître d'hôtel se dirigea plutôt vers un imposant escalier. Légèrement déstabilisée, elle jeta un coup d'œil à Drago qui, lui, ne semblait pas étonné. Il lui fit signe d'emboîter le pas de l'homme vêtu de noir et blanc, se plaçant lui-même à sa suite. Hermione ne dit rien et fit ce qu'on requérait d'elle.
Comme elle l'avait anticipé, le maître d'hôtel les mena sur l'imposant toit-terrasse de l'établissement. Ce dernier était totalement désert hormis pour ce qui était d'une seule et unique table, disposée au fond et contre la rambarde en bois, face à la mer.
Hermione n'en fut même pas étonnée. Elle était à présent habituée à ce genre de « surprise » de la part de Drago mais cela ne l'empêcha pas de lui faire une remarque peu après que le maître d'hôtel les eut laissés seuls.
- C'est ton anniversaire, Hermione, qu'est-ce que tu croyais ? Et encore, je me suis modéré…
- « Modéré » ? répéta la jeune femme en haussant un sourcil. Tu as fait privatiser le toit d'un restaurant, Drago !
- Oui et ?
- Et je t'ai déjà dit que je n'étais pas à l'aise avec tout ça, répliqua-t-elle.
- J'aurai pu faire bien plus que cela et tu le sais parfaitement, répondit-t-il simplement.
La Gryffondor ouvrit la bouche pour répondre mais finit par la refermer. Il était vrai que, le connaissant, il avait probablement eu beaucoup d'idées et que celle-ci s'avérait être la moins embarrassante pour elle. Mais ce n'était pas une raison.
- J'espère, au moins, que tu ne m'as pas acheté de cadeau pour ce soir.
Il lui lança un regard très étrange qui fit légèrement froncer les sourcils de la jeune femme.
- Non. Je ne t'ai pas acheté de cadeau, dit-il finalement.
- Merci !
Sa réplique le fit légèrement sourire mais Hermione n'y prêta pas attention. Son regard se perdit sur la Manche, toujours déchaînée. Ils n'échangèrent plus aucune parole jusqu'à ce que leur serveur arrive. Il n'apporta aucune carte mais plutôt un assortiment de bouchées apéritives très appétissantes ainsi qu'une bouteille de champagne. Il remplit deux flûtes puis repartit.
Hermione fut très étonnée qu'ils ne prennent aucune commande mais n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que Drago attrapait son verre de champagne et lui intimait d'en faire autant. La Gryffondor fit glisser ses doigts sur la flûte et la porta ensuite au niveau de celle de Drago. Ils trinquèrent, le Serpentard plongeant ses prunelles dans celles d'Hermione.
- Joyeux anniversaire, souffla-t-il.
Les lèvres de la jeune femme s'étirèrent en un sourire.
- Merci.
Il lui retourna son sourire, mais toujours avec réserve, puis ils prirent, de concert, une gorgée de leur boisson. Hermione reposa ensuite la flûte devant elle et attrapa un petit feuilleté.
- Pourquoi le serveur n'a-t-il pas pris notre commande ? interrogea-t-elle finalement Drago.
- Car j'ai déjà donné des directives pour le dîner, l'informa-t-il.
- Tu as… quoi ? manqua de s'étrangler la jeune femme qui avait avalé de travers.
Drago ricana légèrement et Hermione le fusilla du regard.
- Je manque de mourir et toi, tu rigoles ? cingla-t-elle en prenant une gorgée de champagne.
- « Manquer de mourir », répéta-t-il en levant les yeux au ciel. Tu n'aurais pas une légère tendance à l'exagération ?
- Et c'est toi qui me dis ça ?!
Il ne répondit pas et but, lui-même, une nouvelle gorgée dans sa flûte.
- Alors puis-je savoir ce que nous allons manger ce soir ? reprit Hermione sur un ton pincé.
- Tu verras, lui répondit-il laconiquement en lui adressant un sourire en coin.
Hermione y répondit par une grimace avant de prendre un nouvel apéritif. Son regard se perdit une nouvelle fois à l'horizon lorsqu'elle se souvint de quelque chose.
- Tu aurais pu m'envoyer un Patronus pour me prévenir que Scorpius partait pour le reste de la semaine, dit-elle en reportant son attention sur Drago.
Ce dernier eut un sourire.
- Nous avons hésité mais nous ne voulions pas te déranger. Tu sais, ça s'est décidé un peu au dernier moment et je ne suis même pas certain que tu aurais été en mesure de nous recevoir. Tu devais très certainement être en train de te préparer…
- Hum…, grommela la jeune femme en faisant la moue. Je sais que je lui ai déjà dit au revoir ce matin mais je pensais qu'on allait le récupérer demain. Là… c'est différent.
Un peu triste et déçue, Hermione baissa les yeux sur la table et se mit à triturer sa serviette du bout de ses doigts. Elle releva toutefois très rapidement la tête en constatant que quelque chose venait d'entrer dans son champ de vision. Il s'agissait d'un parchemin plié en deux. Elle jeta un coup d'œil surpris à Drago qui lui fit signe de prendre ce qu'il lui tendait. Elle obéit et l'ouvrit.
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Coucou Hermione-la-meilleure-maman-de-la-planète,
Je suis TROP désolé de partir sans te dire au revoir mais, avec Papa, on avait peur de te déranger alors il a suggéré que je t'écrive une lettre. Il est supposé de te la donner ce soir, j'espère qu'il n'oubliera pas.
Bref, je m'en vais jusqu'à vendredi soir chez Dan' avec Lény.
Tu vas TROP me manquer ! Tu m'enverras des hiboux ?
Je te fais pleins de gros bisous d'amour !
Encore joyeux anniversaire et à vendredi !
Je t'aime
Scorp' MALEFOY-GRANGER
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Un doux sourire étira les lèvres d'Hermione qui referma le mot de son fils de cœur. Le Magenmagot n'avait pas accepté la demande d'adoption mais cela n'empêchait certainement pas Scorpius de s'auto-proclamer le fils d'Hermione Granger et d'accoler leurs deux noms de famille. Malgré toutes les démarches que Drago et elles avaient pu effectuer, la réponse avait toujours été la même : la situation n'était pas favorable à une adoption. Selon le juge-Mage Allen et les autres personnes ayant travaillé sur le dossier, il y avait un trop lourd passé entre eux pour que cette adoption soit dans le meilleur intérêt de Scorpius. La raison récurrente étant que la mère biologique de Scorpius avait été tuée après avoir elle-même assassinée la famille d'Hermione... Cette dernière avait eu beau répéter inlassablement qu'elle ne voyait pas Scorpius comme un « substitut » de sa fille décédée, ce dernier affirmant également et à qui voulait l'entendre aussi que, de toute façon, Hermione ne pouvait pas être un « substitut » de sa mère tout simplement car Astoria n'avait jamais joué ce rôle auprès de lui, le fait était que la demande d'adoption avait été rejetée. Drago, Scorpius et Hermione avaient prévu d'en engager une nouvelle dès qu'ils le pourraient, espérant obtenir gain de cause finalement, peu importait le temps que cela prendrait.
En attendant, et malgré l'absence de reconnaissance juridique, les Malefoy et la Gryffondor s'étaient accordés sur le fait que Drago devait consulter Hermione à propos de n'importe quelle décision concernant Scorpius lorsqu'elle pouvait avoir des répercussions importantes sur sa vie. Hermione devait également exercer la même autorité sur Scorpius que si les papiers avaient été signés. Le Serdaigle était donc contraint d'obéir à Hermione comme il pouvait le faire avec son père bien que cette partie-là n'ait jamais posé aucun problème jusqu'aujourd'hui, Scorpius étant pendu aux lèvres de la jeune femme et acceptant sans discuter le moindre de ses ordres ou la moindre de ses remontrances.
Hermione passait, par ailleurs, la plupart de son temps chez les deux Malefoy. Pour autant, elle avait tenu à conserver son appartement. Elle aimait encore, parfois – mais de moins en moins souvent – se retrouver seule. Chose que Drago et Scorpius avaient parfaitement accepté et compris.
Jusqu'à la rentrée scolaire, la jeune femme avait tout de même essayé de passer le plus de temps possible avec sa… famille. Le premier septembre, elle avait, bien entendu, accompagné son fils de cœur jusqu'au Poudlard Express avec Drago. Presque-mère et presque-fils – comme Scorpius avaient pris l'habitude de les surnommer, Hermione et lui-même – avaient eu beaucoup de mal à retenir leurs larmes, la séparation s'avérant très difficile après avoir passé près de deux mois ensemble pratiquement à chaque instant.
A ce moment-là, Hermione avait également eu une pensée pour Rose et avait pu compter sur le soutien de Drago qui avait, très justement, su interpréter sa mélancolie.
Pour autant, la séparation entre Scorpius et les deux amants n'avait pas duré très longtemps car, moins de dix jours après la rentrée, tous les élèves avaient été de retour chez eux. Minerva McGonagall était tombée gravement malade et le temps d'établir un remplacement pour son poste de Directrice du collège et professeur de Métamorphose, Poudlard avait été momentanément fermée, repoussant la rentrée d'un mois. Scorpius avait été très affecté par la maladie de la Professeure et avait obtenu l'autorisation de lui rendre visite à Ste Mangouste où on la soignait. Ses jours n'étaient plus en danger mais il était catégoriquement exclu qu'elle reprenne ses anciennes fonctions.
Ceci expliquait donc pourquoi, en cette fin septembre, Hermione, Drago et les parents des autres élèves effectuaient des roulements entre eux pour garder successivement leurs enfants. Au cours des derniers jours, les « Malefoy-Granger » - comme les appelait Scorpius – avaient reçu Hélène et Daniel, les camarades et amis du jeune Serdaigle, chez eux.
Ce soir-là, Hermione et Drago avaient requis l'aide de Narcissa pour garder les enfants pendant qu'ils iraient au restaurant pour célébrer l'anniversaire de la jeune femme. Chose qui ne s'était finalement pas produite puisque les parents de Daniel avaient accepté d'accueillir les trois amis jusqu'au vendredi suivant.
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Reprenant contact avec la réalité, Hermione déposa le mot de Scorpius sur la table, le coinçant sous la carafe d'eau qui leur avait été apportée, et reporta son regard sur Drago qui l'observait.
- Merci, souffla-t-elle avec douceur.
De l'autre côté de la table, le blond eut un sourire.
- De rien.
Le silence se réinstalla jusqu'à ce qu'Hermione ne le brise, se souvenant de quelque chose.
- Mince ! J'espère qu'il n'a pas oublié…
- Non, il n'a pas oublié, la rassura Drago en lui faisant un clin d'œil.
- Bien, répondit la Gryffondor en opinant. Tu as également vérifié qu'il n'avait pas laissé sa baguette à la maison comme l'autre jour ? reprit-elle.
Le Serpentard leva imperceptiblement les yeux au ciel.
- Non, maman, il n'a pas laissé sa baguette à la maison et, de toute façon, elle ne lui sert absolument à rien. Il n'a pas le droit de s'en servir.
- Je sais mais je préfère qu'il l'ait. On ne sait jamais et, en cas de force majeure…
- Que veux-tu qu'il lui arrive ? soupira Drago.
- Je ne sais pas moi… euh…
Hermione énuméra un bon nombre d'hypothèses dans lesquelles elle estimait que Scorpius aurait à se servir de sa baguette pendant que Drago avait reporté son regard sur la mer en contrebas.
- C'est bon, tu as fini, prêche misère ? l'interrogea-t-il en roulant des yeux une fois qu'elle se fut arrêtée de parler.
- Hum… Non. Il aura également besoin de se servir de sa baguette si jamais il se fait attaquer par des Détraqueurs ! ajouta-t-elle.
- « Attaqué par des Détraqueurs » non mais est-ce que tu t'entends ? ricana-t-il, moqueur.
- Eh bien quoi ? C'est arrivé à Harry !
- Oui, au temps du Seigneur des Ténèbres et parce qu'il s'appelait Potter mais pourquoi voudrais-tu que des Détraqueurs se mettent à attaquer notre fils sans raison ? dit-il avec bon sens.
Comme à chaque fois qu'elle l'entendait parler de « leur » fils, le cœur d'Hermione se serra légèrement.
- Et puis, de toute façon, reprit Drago, il ne saurait même pas se défendre. Il a beau être surdoué – Hermione arqua un sourcil à cette mention – il n'est pas encore capable de produire un Patronus.
Constatant qu'elle s'était, encore une fois, laissée emporter par ses élans protecteurs, Hermione grommela quelque chose d'incompréhensible.
- Je ne te savais pas aussi mère poule, Granger, commenta le Serpentard en prenant un petit four.
Un nouveau pincement au cœur se fit ressentir chez la jeune femme qui porta son regard sur l'horizon. Se sentant envahir par la mélancolie, elle ferma les paupières et prit de profondes inspirations destinées à se détendre au maximum. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle constata que Drago l'observait avec une légère anxiété.
- C'est juste que… que… que je ne veux pas qu'il lui arrive quelque chose, dit-elle difficilement. Jamais.
Les traits de son amant se figèrent en une expression sérieuse et grave. Il tendit une main vers elle et attrapa la sienne, qu'elle avait déposée sur la table.
- Regarde-moi, ordonna-t-il doucement en mêlant leurs doigts.
Se détachant de sa contemplation de la Manche, Hermione plongea ses prunelles dans celles du Serpentard.
- Il n'arrivera rien à Scorpius, d'accord ?
Elle se mordit la lèvre inférieure.
- Je te crois, Drago, c'est juste que… que…
Hermione fut incapable de poursuivre, ses yeux s'embuant de larmes alors qu'elle se mettait à penser au destin tragique de sa fille, Rose.
- Je sais, dit-il d'une voix rassurante tout en caressant le dos de sa main avec son pouce. Mais toi et moi ne laisserons jamais rien lui arriver et tu le sais parfaitement.
Ayant de plus en plus de mal à retenir ses larmes, la Gryffondor se contenta de baisser les yeux sur leurs deux mains entrelacées.
- Mais et si jamais…
- Hermione, il n'arrivera rien à Scorpius, la coupa Drago avec fermeté. Tu sais ce que t'as dit la Psychomage.
La jeune femme hocha lentement la tête. Après les événements du printemps où Scorpius avait coupé tout contact avec eux et que Drago et elle avaient commencé à envisager une hypothétique adoption, la jeune femme avaient décidé de voir une Psychomage. Chose qui lui aurait été bénéfique bien avant cela mais Hermione ne s'était jamais sentie prête à discuter réellement de ce qu'elle pouvait ressentir avec une tierce personne. Avant même de pouvoir parler sérieusement de cette idée d'adoption, la jeune femme avait tenu à se rassurer elle-même. Les questions qu'avaient soulevés les juges-Mages du Magenmagot, elle se les était également posées. Voyait-elle Scorpius comme une sorte de substitut de sa fille décédée ? La situation très compliquée qui la liait aux Malefoy empêcherait-elle une réelle perspective d'avenir pour eux ? Etc. etc.
C'était pour répondre à ces questions qu'elle avait donc pris contact avec l'une des Psychomages les plus réputées du pays. Cela l'avait beaucoup aidée, chassant progressivement ses doutes, substituant ses questions par des réponses. Pour autant, il demeurait des instants où les démons d'Hermione se faisaient trop puissants et trop envahissants, l'étouffant et l'empêchant de réfléchir rationnellement. Des démons que seul le temps parviendrait à gommer, au fur et à mesure, les contours mais sans jamais, réellement, les effacer en totalité.
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Reportant son attention sur Drago, Hermione lui adressa un mince sourire un peu triste.
- Tu as raison. Mais, parfois, c'est… difficile, confia-t-elle.
- Je sais, répéta le blond avec calme et patience.
- Je suis désolée.
- Ne t'excuse pas. Je t'aime.
Le cœur d'Hermione manqua un battement et son corps se contracta légèrement sous la surprise. L'un et l'autre ne prononçaient que très rarement ces trois mots. A dire vrai, le nombre de fois où ils s'étaient respectivement déclaré leur amour par ce biais devait très certainement se compter sur les doigts d'une main depuis qu'ils se les étaient dit pour la première fois, près de neuf mois auparavant. Aussi, cela remuait toujours la Gryffondor lorsque Drago lui disait qu'il l'aimait. Un peu comme si elle manquait d'habitude. Elle était toujours étonnée lorsque ces trois petits mots aux répercutions pourtant presque dévastatrices s'échappaient de sa bouche.
La surprise passée, un doux sourire étira les lèvres de la jeune femme. Elle le fixa longtemps et répondit simplement, son sourire devenant légèrement mutin :
- Je sais.
Les traits du Serpentard se muèrent en une expression faussement outrée.
- Tu « sais » ? répéta-t-il.
- Oui…
- Et… c'est tout ?!
- Oui, assura-t-elle calmement mais sans se départir de son sourire amusé.
- Alors, en plus d'avoir un fils ingrat, voilà que j'ai une… une… Voilà que tu es ingrate aussi, siffla-t-il avec indignation.
Devant son regard qu'il essayait de rendre le plus colérique possible, Hermione eut un éclat de rire. Cela ne dérida absolument pas le Serpentard qui récupéra sa main, qui était toujours liée à celle de la jeune femme et croisa les bras sur sa poitrine en prenant un air renfrogné.
Hermione secoua la tête, comme pour marquer le désespoir qu'il lui inspirait, tout en roulant des yeux, avant de se lever de sa chaise. Elle remarqua immédiatement que Drago s'était lui-même tendu sur la sienne, la suivant du regard. La Gryffondor contourna la table et vint se placer près du père de son fils.
Il leva les yeux vers elle, arquant un sourcil. La bouche d'Hermione s'étira en une expression espiègle et elle se pencha en avant. Elle commença par effleurer délicatement les lèvres de Drago avec les siennes puis accentua légèrement son baiser. Le blond se laissa totalement faire tandis que la langue d'Hermione glissait lentement sur sa lèvre inférieure. Elle la mordilla et sentit le Serpentard sourire contre sa bouche. Ce dernier laissa sa propre langue courir jusqu'à celle de la jeune femme qui peina à retenir un très léger gémissement. Ils s'embrassèrent quelques secondes puis elle se détacha de sa bouche et laissa ses lèvres tracer un sillon de petits baisers volages jusqu'à son oreille. Elle l'embrassa une dernière fois, juste au-dessous avant de susurrer d'une voix sensuelle :
- Moi aussi je t'aime, Malefoy.
Elle l'entendit rire. La jeune femme déposa un dernier baiser sur sa joue et voulut se reculer mais il la maintint contre lui. Stupéfaite, Hermione lui demanda ce qu'il faisait.
- Je profite simplement de la vue, Granger, ricana-t-il.
Se rendant soudainement compte qu'ainsi penchée en avant, elle lui offrait une perspective imparable sur son décolleté, la Gryffondor s'empourpra – certaines choses ne changeraient définitivement jamais – et s'échappa de ses bras. Elle capta immédiatement le regard lubrique qu'il posa sur elle mais demeura impassible et retourna s'asseoir à sa place, le dos droit. Le blond secoua légèrement la tête, comme dépassé par les événements.
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Moins de cinq minutes plus tard, leur serveur revenait vers eux pour apporter les entrées. Hermione fut amusée en découvrant le contenu de son assiette. S'y trouvait une tranche de foie gras qu'elle reconnaissait être le « particulièrement exceptionnel » qu'elle avait commandé la première fois où Drago l'avait invitée dans cet établissement. Il semblait avoir réellement voulu reproduire leur premier rendez-vous.
- Allons-nous également nous écharper comme lors de cette soirée ? l'interrogea-t-elle avec amusement tout en s'emparant de ses couverts.
- Aucune idée, répondit-il avec une étrange légèreté. Disons que, si cela arrive, tu devras cette fois-ci venir me retrouver au rez-de-chaussée pour t'excuser.
Un éclat de rire franchit les lèvres d'Hermione.
- Et pourquoi cela serait-il moi qui te rejoindrais pour m'excuser ?
- Parce qu'en ce qui me concerne, je ne compte pas « m'écharper » avec toi, répondit-il avec sérieux et sur un ton légèrement pincé.
La Gryffondor leva les yeux au ciel mais ne se départit pas de son sourire.
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La suite du dîner se déroula dans l'apaisement et la bonne humeur - même si le Serpentard semblait tout de même légèrement plus réservé qu'à l'accoutumé. Hermione éclatait justement de rire lorsqu'on leur apporta leur dessert. Elle plongea sa cuillère au sein du « dessert du chef » tandis que, de son côté, Drago entamait son « café gourmand ». Il termina de dîner avant elle et l'observa, la mettant légèrement mal à l'aise. Finissant son dessert, la Gryffondor reposa sa cuillère sur la table et releva les yeux vers Drago.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? l'interrogea-t-elle en captant son regard intense et qu'elle avait senti sur elle durant toute la fin du repas.
- Comme quoi ? souffla-t-il en retour.
Hermione fronça légèrement les sourcils.
- Comme… ça.
Il eut un mince sourire et la jeune femme sourcilla. Drago était très étrange depuis le début de la soirée. Il ne semblait pas parvenir à se détendre totalement, comme s'il angoissait à propos de quelque chose ou… redoutait - ? – quelque chose… Lui avait-il menti à propos de cette « absence de cadeau » et craignait-il sa réaction s'il le lui offrait ? Ou alors n'était-il tout simplement pas dans son assiette aujourd'hui ?
- Hum… Tu vas bien ? s'enquit la Gryffondor, décidant de crever l'abcès.
Il resta muet pendant quelques secondes puis ouvrit la bouche, ses prunelles grises toujours vrillées dans les siennes.
- Oui. Tu ne vas pas bien, toi ?
- Moi, si, répondit la jeune femme. Mais de ton côté, ça ne semble pas être réellement le cas. Il y a un problème ? insista-t-elle.
Il se mura dans un silence total, déconcertant totalement Hermione. Elle le vit détourner le regard qu'il porta sur l'horizon. Un horizon qui leur était à présent presque invisible au vu de l'heure avancée de la soirée et de l'éclairage plus que tamisé qu'émettaient les boules lumineuses qui voletaient doucement autour d'eux.
De plus en plus surprise, la jeune femme tendit la main vers celle de Drago comme il avait pu le faire avec elle quelques minutes plus tôt.
- Eh ! l'interpella-t-elle doucement en serrant ses doigts. Drago ?
Il tourna lentement la tête, baissa les yeux sur leurs mains puis releva son regard vers elle. Hermione fut tout bonnement incapable de savoir à quoi il pouvait bien penser. Il arborait un visage totalement impassible et son regard était indéchiffrable.
Légèrement angoissée à présent, Hermione resta silencieuse, attendant qu'il s'explique… ou tout au moins qu'il ouvre la bouche pour dire quelque chose. Quelque chose qui, elle l'espérait, la rassurerait…
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Dix secondes passèrent.
Il détourna de nouveau les yeux.
Puis trente.
Un tic nerveux s'installa au niveau du coin interne gauche de sa bouche.
Une minute.
Il secoua légèrement la tête.
Une minute trente.
Il expira.
Deux minutes.
Il planta son regard dans le sien.
Trois.
Il prit une profonde inspiration.
Trois et demi.
Il s'humecta les lèvres.
Cinq.
Il ouvrit la bouche.
Cinq et deux secondes.
Il parla.
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- Je t'aime.
Hermione manqua de peu d'éclater de rire devant cette « simple » déclaration alors qu'elle s'attendait à ce qu'il lui annonce quelque chose de grave au vu de son anxiété. Toutefois, son regard l'en dissuada largement. Car dans son regard, brillait une lueur qui contracta l'estomac d'Hermione, accéléra sa respiration, fit augmenter très nettement sa chaleur corporelle et l'angoissa au plus haut point.
Son angoisse se mua alors en panique à mesure qu'il prononça un discours dont les paroles, qui n'étaient pourtant que murmurées, résonnèrent en elle comme s'il les avait hurlées, balayant absolument tout sur leur passage.
- Je t'aime, répéta-t-il. Je t'aime et je sais que ça ne changera pas de sitôt. Tu es la seule femme que je n'ai jamais aimée et je sais que ça ne se reproduira pas. Tu peux être mon total opposé sur certains points comme tu peux m'être semblable sur d'autres. Et, à présent, nous avons une chose en commun. La chose la plus importante de ma vie. Mon fils. Notre fils. Que l'on nous accorde ou non, l'adoption, tu es sa mère et il est ton fils. Tu as également sauvé la vie de ma mère. Nous vivons pratiquement ensemble. Nous sommes une famille. Une famille qui s'est construite à partir de l'horreur et la mort. Mais je ne parviens pas à en être désolé. Tu me connais, je suis un égoïste, un profond et irrémédiable égoïste. Je veux ce qu'il y a de mieux pour moi et pour ceux que j'aime. Et peu importe le reste. Le monde peut brûler, tomber sous le joug d'un autre mage Noir je m'en fous totalement du moment que j'ai ce dont j'ai besoin. Et ce dont j'ai besoin, c'est de ma famille. Famille dont tu fais à présent partie. Officieusement.
Hermione avait les lèvres sèches, sa respiration était affreusement saccadée, elle semblait avoir une chose très volumineuse coincée en travers de la gorge, ses yeux étaient à moitié écarquillés et elle était persuadée que son teint arborait à présent la même couleur que celle des fantômes de Poudlard. Elle retira rapidement sa main de celle de Drago et la ramena vers elle, la serrant contre l'autre au niveau de sa poitrine comme si cela pouvait la protéger des paroles que le Serpentard venait et allait prononcer – car il n'avait pas fini, elle le savait. Il dut se rendre compte qu'une expression à la limite de l'horreur venait de prendre place sur son visage mais il poursuivit. Hermione perdit alors le peu de couleurs qui pouvaient encore demeurer sur ses joues. Elle le supplia silencieusement de ne pas rouvrir la bouche, de ne surtout rien ajouter mais il n'entendit jamais ses prières qu'elle ne parvenait pas à prononcer à voix haute. Alors elle l'écouta, étant incapable de faire autre chose. Ou plutôt, elle l'entendit parler mais fut incapable d'écouter. Paniquée, toute son attention était focalisée sur les battements affolés de son cœur et sur son souffle, erratique. Ce ne fut que lorsqu'il bougea, face à elle, qu'elle parvint à se reconcentrer sur ce qu'il disait. Ou plutôt ce qu'il ne disait pas. Elle le vit avec horreur porter sa main au niveau de la poche interne de sa veste de costume.
« Merlin, Merlin ne le laissez pas faire ça. Je vous en prie. Drago, arrête ! » Hermione répéta sa prière silencieuse, toujours incapable de l'énoncer à voix haute. Mais cela n'arrêta nullement le Serpentard qui en ressortit un petit écrin en velours vert. Il le conserva dans sa main et recommença à parler. Il parla alors qu'Hermione aurait donné tout ce qu'elle avait pour qu'il se taise, qu'il range cette… cet écrin qu'elle ne voulait pas voir et qu'ils oublient cette soirée. Mais non… il parla et elle fut obligée de l'écouter. Son corps décidant, tel un sadique et ingrat personnage, que, cette fois-ci, elle n'en manquerait pas une miette.
- Je ne vais pas m'agenouiller devant toi. Je ne vais pas te promettre une vie parfaite. Je ne vais pas, non plus, te promettre de t'aimer jusqu'à la fin de mes jours parce que je n'en sais rien. Je ne vais pas te promettre d'être le mari idéal pour toi. Mais j'aimerais tout de même que tu acceptes de devenir ma femme. Parce que je t'aime. Parce que tu m'aimes. Parce que nous sommes une famille. Parce que je veux tout, absolument tout et que, pour cela, je dois commencer par te demander ta main. Un grand mariage, un petit mariage, que tu prennes mon nom, que tu gardes le tiens, que tu prennes les deux, que tu viennes vivre chez nous de façon permanente, que tu conserves ton appartement, qu'on t'accorde la garde de notre fils ou pas, je m'en fous. Totalement. Que tu sois la femme la plus agaçante de la planète, que tu sois totalement nulle pour faire la cuisine, que tu couves un peu trop Scorpius, que tu me cries un peu trop dessus, tout ça, je m'en fous aussi. Je sais que je t'aime et je sais que je veux faire le plus de chemin avec toi qu'il nous ait possible d'accomplir. Je sais que tu es et sera la femme de ma vie, quoi qu'il arrive. Alors, Hermione Jean Granger, veux-tu m'épouser ?
Il ouvrit l'écrin et lui présenta la bague de fiançailles que Narcissa lui avait gracieusement prêtée à Noël, à l'occasion de leur mascarade : le magnifique solitaire en or blanc ou argent – elle n'en avait toujours aucune idée - et où brillait avec force une imposante émeraude. Les yeux d'Hermione demeurèrent figés sur le bijou et elle ne prononça aucune parole.
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Quelques secondes s'écoulèrent.
Puis une minute.
Dix minutes.
Quinze.
Vingt.
Finalement, Hermione parvint à détacher son regard de l'émeraude qui la narguait ouvertement. Elle releva la tête vers Drago qui, lui, n'avait pas cessé de l'observer. Elle le dévisagea. Longuement. Scrutant le moindre de ses traits. Puis elle plongea dans ses prunelles. Elle avait pris sa décision. Elle s'humecta les lèvres. Ne le lâcha pas des yeux. Pas une seule seconde. Ouvrit la bouche. Pris une profonde inspiration et expira tout en prononçant sa réponse. Un distinct, clair et franc « Non ».
...
Ne m'en voulez pas, s'il-vous-plaît. C'était prévu ainsi depuis le début...
Je suis désolée... :(
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Je sais que ce n'est probablement pas la fin que la majorité d'entre vous désirait mais j'espère sincèrement que vous ne serez pas trop remontés contre moi. D'autant que…
J'AI MENTI !
Hein ? Menti ? Comment ça « menti » ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
Bah… en fait… IL NE S'AGIT PAS DE LA DERNIÈRE PUBLICATION !
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Hééééé non ! Ce chapitre est bel et bien le dernier mais contrairement à ce que j'ai pu dire à de multiples reprises, il y a un épilogue pour cette fic' ! :D Un épilogue qui vous sera proposé la semaine prochaine, mercredi soir comme de coutume avec, comme promis, ma note de chapitre larmoyante ET des informations TRÈS IMPORTANTES ! SURPRIIIIIISE ! :D
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À présent, je vous convie toutes et tous à me laisser vos impressions sur ce soixante-sixième chapitre. Notamment les centaines de lecteurs qui suivent cette fic' mais n'ont jamais fait part de leur avis. À une publication de la « réelle » fin, ce serait vraiment très, très, très gentil à vous de me laisser un (petit ou grand - je réponds à tout) mot.
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Voilà. Je vous fais plein d'énormes bisous et j'espère que vous ne m'en voulez pas trop de vous avoir raconté un petit mensonge. Cela étant, vous pourriez bien me haïr à vie après la lecture de l'épilogue… On verra cela mercredi prochain… :D
Chalusse-qui-vous-aime !
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PS : Considérant qu'il s'agit d'un épilogue, il n'y aura pas de post FB samedi soir dévoilant le titre du chapitre. ^^
