Coucou tout le monde !
Pour ceux qui suivent encore cette histoire, non ! Vous ne rêvez pas, c'est bien la suite qui arrive à peine quelques jours après le dernier chapitre !
C'est un chapitre que j'ai tout bonnement adoré écrire ! Et je pense que beaucoup d'entre vous comprendrons en lisant sa fin ! Ce n'était absolument pas prévu mais j'ai une tendresse toute particulière pour le personnage évoqué… mais je n'en dis pas plus et vous laisse avec la suite !
N'´hésitez pas à me donner votre avis ! Et sur-ce, je vous souhaite une excellente lecture !
Elle ne savait pas. Tout ce temps d'inconscience s'était évanoui pour elle, comme s'il n'avait jamais existé. Un temps vague et vide dont elle n'avait plus de souvenir. Oh elle se souvenait de cette potion qui s'écoulait d'elle, se souvenait de cette lettre envoyée à Katleen, se souvenait de cette angoisse qui l'avait étreinte alors qu'elle s'endormait. Et elle avait rouvert les yeux sur ses mains tenant un gobelet vide, sur Lysander effondré à genoux sur le sol, sur Louis qui la serrait dans ses bras en se retenant de pleurer de soulagement. Même Isaac l'avait brièvement étreinte en les rejoignant sous la tente.
Mais pour elle, de ce temps il ne restait que la faiblesse qu'il avait causée en elle, faiblesse qu'elle s'était empressée de régler après quelques potions et un repas. C'est pour cela qu'elle les crut lorsqu'ils lui expliquèrent son délire – après avoir cependant regardé la date sur le calendrier et vu que plusieurs jours s'étaient écoulés.
Elle s'était excusée de l'inquiétude causée auprès de son cousin qui avait balayé ses mots d'un revers de main comme si ça n'avait pas d'importante, Malika lui avait seulement fait promettre de faire confiance à sa magie à l'avenir, et Isaac avait souri mystérieusement, sans paraître lui en vouloir le moins du monde.
Quant à Lysander, ce fut une autre histoire. Pas que le jeune homme sembla lui tenir une quelconque rigueur, mais le regard qu'il posait sur elle était étrange.
À partir de ce jour-là pourtant, un dialogue parvint à se tisser entre eux. Un dialogue entre collègue, vide et terne, mais les deux jeunes gens se sentaient alors fébriles : ces mots creux peut-être fondaient autre chose. Au moins ne se fuyaient-ils plus, ou du moins Rose ne l'évitait plus, venait même parfois discuter un peu avec lui ou partager ses notes scientifiques. Ils se surprirent à construire une relation proche de celle qu'ils avaient partagée avant de s'aimer, avant que Lys' de bascule et que Rose ne se perde. La première fois qu'ils rirent ensemble, ils en furent si surpris que leurs hoquets hilares se coincèrent un instant dans leur gorge avant de reprendre de plus belle.
Par ailleurs le lendemain-même vit la première transformation d'Isaac. Celui-ci avait proposé de prendre une potion Tue-Loup cette fois-ci afin de s'assurer que Rose était bien rétablie mais celle-ci avait insisté pour que tout se poursuive comme prévu. Il ne finit par céder qu'à la condition qu'elle ne participe pas à cette nuit d'étude et qu'elle dorme le temps de se remettre. Son rôle officiel, après tout, était celui de médicomage, ajouta-t-il en la voyant prête à répliquer. Or sa transformation empêchait toute oscultation. Elle le verrait avant la nuit puis au matin, ensuite elle dormirait, sinon il prendrait sa potion. La jeune femme finit par se résigner de mauvaise grâce.
Et une sorte de rituel commença à s'instaurer chaque lendemain de pleine lune. Rose dormait quelques heures en fin de nuit afin de se lever aux aurores, lorsqu'Isaac reprenait forme et que les autres allaient se coucher, tout comme le jeune homme qui ne tardait pas à les rejoindre après être passé entre les mains de Rose.
La jeune femme attendait quelques minutes avant de le rejoindre dans la grotte. Louis avait voulu l'y accompagner la première fois, la voix désespérée d'Isaac au fond du gouffre l'avait supplié de n'en rien faire, lui avait fait promettre de ne pas bouger. Alors le jeune Weasley s'était tourné vers sa cousine qui était descendue, après un baiser sur sa tempe.
Le loup-garou était nu dans la pénombre, la jeune femme ne s'en formalisa jamais, au bout de quelques lunes, Isaac cessa d'en avoir honte et s'abandonna sous ses mains qui palpaient chacun de ses membres, chacun de ses muscles, notait chaque plaie avant de la refermer. Il songea que cette femme d'ordinaire donnait la vie, cette fois elle l'accompagnait dans son retour vers la lumière.
C'est que dans ses yeux il n'était pas un monstre. Dans ses yeux de simple sorcière et non de Vela. Dans ces yeux qui auraient dû le haïr il voyait une compassion qui lui noyait le cœur et lui donnait la force de remonter affronter le regard de ceux qui l'aimaient et l'avaient étudié sous sa forme de loup.
Lui d'ordinaire si méfiant lui faisait confiance. Et bientôt la jeune femme devint plus qu'une stagiaire médicomage pour l'équipe, elle participa à son tour à leurs recherches, au même degré qu'eux. Elle avait la confiance d'Isaac, elle avait la confiance du loup, du plus sauvage. Ce loup dont elle apprit à sentir la magie, cette magie qui sentait parfois la peur et qui s'apaisait auprès d'elle.
Un soir Louis la rejoignit sous sa tente, elle leva le nez des parchemins sur lesquels elle répertoriait dans des croquis toutes les blessures du loup-garou. Son cousin se pencha par-dessus son épaule, intrigué.
- Pourquoi tu retiens tout ça ?
- Je note toutes sortes de choses. La profondeur des plaies, leur emplacement, la vitesse de cicatrisation. Et avec son accord j'ai mis Isaac sous un sort qui enregistre les variations de sa magie de loup. Ça n'intervient pas, ça enregistre. Et je note aussi les heures de ses cris lors des pleines lunes.
- Tu arrives à en tirer quelque chose ?
- Je note, Louis. Je note, je répertorie, quelque chose en ressortira, toute petite ou immense… Je voudrais vous proposer quelque chose pour la prochaine fois.
- Quoi ? l'interrogea le jeune homme, les yeux brillants.
- Aujourd'hui les recherches scientifiques – j'ai épluché tous les articles des dix dernières années – s'axent sur un désir de tuer le loup. Lorsque les lis, je ne vois que l'aspect médicomagiques mais jamais sur l'envie de trouver au moins des protocoles palliatifs. Des protocoles en attendant.
- Je sais, je l'ai noté aussi. Mais quelle différence avec la potion Tue-Loup ?
- Tu le sais mieux que moi, Louis, sourit la jeune femme. Tu connais Isaac depuis des années. La potion Tue-Loup tue le loup mais aussi celui qui l'héberge. L'individu est comme étouffé. Je n'ai pas votre perception de la magie, mais je sens les humeurs des gens, j'y suis sensible. Isaac était morose. Il riait lorsque nous sommes arrivés, il était heureux, mais il y avait une part de lui qui gémissait. C'est pour guérir ça que tu as lancé ce projet, ne me mens pas. Se transformer est terrifiant et dangereux pour l'entourage. Mais c'est une libération, une gorgée de magie. Et pour moi… un traitement doit soigner, pas tuer.
Elle eut un geste vague pour les notes qui couvraient la table.
- Ici je cherche ce qui permettrait à Isaac de se transformer, d'être lui-Meme sans se mutiler ainsi. Et sans mutiler les autres. C'est bête, c'est à ma hauteur de petit médicomage…
- Ne te dénigre pas !
- Je ne me dénigre pas, Louis. Je dis ce qui est : je ne suis pas experte. Et c'est ce qui me fait mal au ventre quand j'épluche tous ces rapports d'experts. Jamais on n'a cherché à adoucir la vie du loup-garou. Soit on l'enfermait, soit on l'étouffait. Mais moi ce que je veux c'est qu'on lui tienne la main, c'est qu'il se sente libre. Je trouve révoltant d'être la première à me pencher là-dessus !
- Mais qu'envisages-tu exactement ?...
- Le bâillonner. Avec une chaîne de mithril. L'empêcher de se blesser. Ça devrait être la base. Qu'il cesse de se blesser, mais on ne cherche qu'à protéger les autres sans même voir qu'agir à l'envers créerait un cercle vertueux !
Le jeune Weasley demeura pensif, observé avec angoisse par sa cousine.
- Pourquoi on n'y a pas pensé ? murmura-t-il finalement.
- Parce que c'est simple.
- Non. Parce que c'est dangereux Rose.
- Pas si on le stupéfixe dans les premières minutes de sa transformation.
Elle le vit mordiller pensivement sa lèvre, soupira en repoussant ses notes, résignée.
- Il n'acceptera jamais, n'est-ce pas ?
- Justement si, répondit Louis à sa grande surprise. Si ça vient de toi, et si je te soutiens… il y a une chance.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il te fait confiance. Tu ne t'en rends pas compte aprce que tu ne le connais pas autrement mais il est apaisé avec toi, tranquille. Il t'écoute. Il y a moyen qu'il accepte. Si nous lui proposons en lui montrant la chaîne de mithril il y a moyen qu'il accepte. Tu en as une d'ailleurs ? s'étonna-t-il.
- Non, répondit-elle franchement. Mais… Oncle Charlie me parle souvent de son travail, surtout depuis que Jimmy travaille avec lui. Je sais qu'ils s'en servent parfois comme de lasso avec certains dragons. Après je sais que cela coûte une fortune et si jamais Isaac la brise…
- Nous verrons à ce moment, la coupa son cousin. Je refuse de réduire une expérience à sa simple dimension financière.
Elle hocha la tête avec compréhension.
- Il n'y a alors plus qu'à espérer qu'il accepte, sourit-elle.
- Je vais en parler à Malika d'abord. Et toi parles-en à Lys', je ne veux pas qu'une réaction trop violente gâche sa détermination.
Elle accepta de plus ou moins mauvaise grâce. Son cousin ne faisait plus d'effort de subtilité lorsqu'il s'agissait de les obliger à se parler. Mais quelque chose la retenait toujours, et Lys' l'acceptait chaque fois qu'un silence s'installait entre eux, il lui souriait simplement comme pour lui murmurer je comprends.
Le jeune homme l'écouta avec intérêt lorsqu'elle se présenta sous sa tente. Il sembla examiner sa proposition avec beaucoup de sérieux. Lorsqu'il ouvrit la bouche, elle sut ce qu'il pensait
- Il faudrait donc que quelqu'un prenne le risque de transplaner dans la grotte alors qu'il est loup, et le musèle après l'avoir stupéfixé.
- C'est ça, souffla-t-elle en se mordant les lèvres.
- C'est de la folie…
- C'est bon pour lui, le coupa-t-elle.
Il leva ses yeux gris vers elle, une frayeur sans nom au fond de ses iris.
- Alors j'irai, murmura-t-il.
- NON ! cria-t-elle. Non, répéta-t-elle plus bas. C'est mon idée, j'irai.
- Rose, ce n'est pas le moment d'enfantillages.
- Ce ne sont pas enfantillages et tu le sais Lys' ! C'est même pour ça que tu veux y aller. C'est mon idée, ma proposition. Et il est hors de question que quiconque se mette en danger pour une idée que j'ai émise. Je ne me le pardonnerai pas, et tu le sais. Alors toi, cesse des enfantillages.
- C'est de la folie, répéta-t-il.
- Non, le coupa-t-elle. J'aurais pu me taire, et agir dans votre dos, et avant que vous ne puissiez faire un geste, Isaac aurait été bâillonné à la prochaine pleine lune. Je ne l'ai pas fait, ne me le fais pas regretter.
Et elle tourna les talons, sans savoir si Lys' cherchait à la retenir. Sans doute non, il devait savoir que ce serait inutile.
Pourtant lorsqu'ils soumirent l'idée à Isaac, il fut celui qui défendit le mieux cette initiative, comme si ses doutes n'avaient jamais existé, comme si ce début de dispute n'avait jamais éclaté. Si Malika semblait encore très réticente et l'exprimait par son silence, le jeune homme, lui, renchérissait aux réponses de Rose, reformulait certaines idées. Il avait même prévu un croquis pour présenter le déroulé de l'opération.
Ainsi Isaac les écouta attentivement, captivé. Et c'est très pâle, les ongles enfoncés dans ses paumes qu'il finit par accepter. À la condition de s'entraîner sans relâche d'ici là, et même d'ici à ce que Charlie Weasley leur envoie la fameuse chaînette de mithril.
- Je peux demander à mes parents de nous en envoyer aussi, pour être certain qu'elle arrive à temps, intervint soudain Lys'.
- Pourquoi en auraient-ils ?
- Un héritage familial, sourit le jeune homme. Ou plutôt un instrument que mon arrière-grand-père a ramené d'un de ses nombreux voyages. Il a une fois libéré un hypogriffe qui était retenu par des chaînes de mithril. Il les a gardées… Il a tenu à les garder pour ne pas qu'elles servent par la suite à retenir une autre créature, précisa-t-il avec un sourire.
Les frères Scamander avaient toujours été fiers de cet arrière-grand-père qu'ils avaient à peine connu, qui avait disparu alors qu'ils étaient encore des enfants, cet homme qui les prenait sur ses genoux et les faisait rêver en leur contant les aventures qu'il avait menées, son éternelle valise à la main. C'était Rolf, leur père, qui l'avait récupérée avec aux lèvres la promesse faîte à son aïeul mourant de libérer à ces créatures merveilleuses. Et lorsqu'il voyageait… les enfants savaient que c'était qu'un de leurs amis, ou plusieurs, allait les quitter…
Il ferma soudain son esprit à ces souvenirs, sentant sa gorge se serrer soudain de façon inexpliquée.
- Je leur écrirai, conclut-il en tentant de garder une voix égale.
- Mais peut-on être certain de leur solidité.
- Le mithril est indestructible, pas une lame ne peut pénétrer une cotte de maille, pas une dent ne peut en trancher une chaîne. Et puis…
Il sentit encore sa gorge se serrer mais ignora la sensation qui l'envahissait.
- Mon arrière-grand-père disait souvent qu'avoir peur c'était souffrir deux fois, acheva-t-il avec un sourire attendri à ce souvenir.
Et il trouva une excuse pour sortir de la tente, à la hâte, et c'est en se laissant tomber face à son papier à lettre qu'il s'aperçut qu'il avait les larmes aux yeux. Et brusquement il réalisa d'où venait cette tristesse.
La dernière créature de Newt Scamander avait été relâché pendant son absence.
Et avec, le dernier lien physique qui se rattachait à son aïeul, à cet être si doux qui avait disparu lorsqu'il avait dix ans, cet être qui les avait épaulés, lui et sa famille, lorsqu'ils avaient découvert ce qu'il appelait désormais sa malédiction. Celui qu'il appelait Grand-Newt était parti dans son sommeil, sur la pointe des pieds, et s'il avait déposé un baiser sur son front, son trop long sommeil l'avait volé !
Alors il écrivit à ses parents, la mort dans l'âme, et l'âme mourante.
Lorsqu'il rejoignit ses amis pour le dîner, il savait que ses yeux étaient rouges et son teint blaffard. Il avait hésité à les rejoindre, aspirant à demeurer seul rien que cette fois, à s'autoriser ce chagrin qu'il repoussait depuis son réveil.
Mais il avait entendu le rire de Rose et celui d'Isaac.
Et lorsqu'il les vit tous deux aux côtés de Louis et Malika, autour du feu, il songea qu'il aimait cette femme, avec une passion douce et patiente, de celles qui réchauffent le cœur. Il songea que Rose étaient de ceux qui donnent, comme son arrière-grand-père, de ceux qui se blessent à tant donner. De ceux qui se perdent. Alors intérieurement il sourit simplement au souvenir du visage de Grand-Newt. Parce que Rose était cette vie dont il rêvait.
Et parce qu'Isaac, même s'il n'était pas dans l'antique valise, était de ces êtres pour la liberté desquels son aïeul aurait donné chaque goutte de son sang.
Alors qu'avez-vous pensé de cette référence à Newt ?
En parlant de Fantastic Beasts (ou Animaux Fantastiques selon comment vous les appelez) : si vous n'êtes pas allé voir les trailers de cet été, surtout n'y allez pas : VOUS NE CONNAISSEZ PAS VOTRE CHANCE ! J'ai visionné l'avant-dernier (d'autres sont sortis ces derniers jours, et je refuse de les voir désormais), IL SPOILE SCANDALEUSEMENT. Deux éléments à mon sens sont révélés alors qu'ils ne devraient pas l'être… et la réponse à une des questions sans réponse de la saga Harry Potter est donnée dans le trailer ! Alors par pitié résistez à la tentation : certaines choses doivent faire bondir de stupéfaction ou de ravissement la salle de cinéma, et non pas apparaître en avance de phase dans une bande-annonce
(C'était mon petit coup de gueule contre la campagne de communication, je me calme xD)
Sinon je sais que le mithril est évoqué dans Le Seigneur des Anneaux mais… pourquoi pas ?
N'hésitez pas à me donner votre avis sur ce chapitre, normalement le suivant ne devrait pas trop tarder…
