Hello tout le monde !
Et voici encore la suite, je peux vous dire par avance que le prochain est prêt ! C'est un chapitre à l'image de ce qu'il raconte : un chapitre d'attente. Je m'en excuse mais il me semble malgré tout nécessaire !
Je voulais juste aussi remercier au passage FanDeBlack et Mallauryny de suivre à présent cette histoire !
Bonne lecture à vous !
Ils reçurent le mithril des Scamander-Lovegood à peine quelques jours plus tard. Avec il y avait un petit mot pour Lysander. Un petit mot qui le fit pâlir puis rougir avant qu'il ne la range dans sa poche de poitrine.
- Ils parlent de mon arrière-grand-père, avoua-t-il en interceptant le regard intrigué d'Isaac et Malika.
Rose et Louis sourirent à ces mots.
- C'était une personne sublime, murmura Rose. Oncle Charlie parlait de lui avec une admiration sans borne.
- C'était une belle personne, sourit le jeune homme.
- Tu avais une famille particulière, observa Isaac. Quand tu parles d'eux… il y a tout un décalage par rapport à ce que j'imagine de la Grande-Bretagne.
- On a la bougeotte dans la famille, sourit Lys'. Et lorsqu'on ne bouge pas on fait voyager par les mots. Du moins on l'a fait un temps. Jusqu'à ma dernière année… après je n'arrivais plus à y prendre garde… Mais sinon mes parents ont toujours voyagé, en corps, en esprit. Ma mère venait d'une famille de rêveur, mon père de chercheur au grand cœur. C'était une évidence pour eux.
- Et ton frère et toi êtes donc de cette même trempe ?
- On l'était. On le redevient doucement. Mon frère ne voyage pas encore, je ne sais pas s'il le fera un jour. Et moi… j'ai suivi Louis et Rose ici réaliser ce que mon enfance m'avait promis.
Il sentit que ces mots atteignaient le cœur de ses interlocuteurs.
Isaac l'écoutait parler de l'enfance paisible qu'il n'avait pas eu.
Malika semblait fascinée par cette famille qu'il avait.
Louis revivait ces Noëls qui avaient rythmé sa vie, ces Noëls qui l'avaient vu grandir.
Et il ne regarda pas Rose. Il ne voulait pas voir, ne voulait pas savoir ce qu'elle ressentait, cette fois il n'en avait pas la force.
Alors il leur montra comment nouer une chaîne de mithril, se souvint de l'indignation qui brillait dans les yeux de son aïeul lorsqu'il racontait cette histoire. Et il la vit s'atteler à nouer. Mémorisant les gestes dans l'ordre, les répétant de façon chaque fois plus rapide. Malika et Isaac avaient uni leur magie pour sculpter sur un tronc d'arbre la forme d'une tête de loup-garou. Et la jeune femme s'entraînait à cela à chaque moment de libre.
Et à la maîtrise de ce geste s'ajoutait l'enchaînement des actions. Il restait désormais dix jours, Isaac, Louis, Malika et Lysander se firent tour à tout stupéfixer avec un masque à la forme de loup sur le visage. Chacun savait qu'un stupéfix de portée normale assommait un lycanthrope pour trente secondes. La jeune femme devait donc transplaner dans la grotte, stupéfixer le loup avant qu'il ne se jette sur elle, le bâillonner et transplaner de nouveau.
Trente secondes.
Malika invoquerait ses aptitudes de brahmane pour voir à l'intérieur de la grotte, par transparence, l'un d'eux prêt à intervenir en cas d'incident. Mais étrangement, malgré sa réaction violente lorsque Rose lui avait soumis son idée, Lysander était confiant. Isaac aussi, chacun le voyait. Le jeune homme participait avec entrain aux entraînements, et pour la première fois du séjour il ne semblait plus surveiller de si prêt la préparation de Potion Tue-Loup que le groupe avait toujours sous la main au cas où la nuit d'opération soit annulée en urgence.
Il voulait risquer, il voulait tenter.
Il voulait vivre.
Un soir on ne vit apparaître au dîner ni Louis ni son compagnon. Malika sourit lorsque les deux plus jeunes lui rapportèrent qu'ils n'étaient pas dans leur tente, et ils lui répondirent de la même œillade complice. Elle savait qu'ils avaient leur endroit secret, quelque part aux alentours de la clairière mais n'avait jamais cherché à le trouver, c'était leur endroit à eux lui avait un jour confié Isaac.
Une fois le loup s'était réfugié là-bas pour broyer du noir, Louis l'avait suivi. C'était lors de leur première expédition ensemble. Isaac avait saisi l'intérêt que lui portait le plus jeune, mais s'il était attendri de son attitude encore juvénile, il se tenait à distance, repoussant Louis du mieux qu'il pouvait.
Ce jour-là, il y avait eu un article dans le journal qu'il lisait. Il était en grec, mais le jeune Weasley avait su le lire grâce à la magie qu'il était parvenu à maîtriser. On y parlait des loups, on y annonçait d'un ton triomphant que l'abandon d'enfant-loups serait désormais autorisée. Il y aurait des conditions mais ce serait autorisé. Isaac avait eu de la chance, des parents qui ne l'avaient jamais lâchés, désormais il songeait que ceux qui voudraient le faire le pourraient.
Louis avait pisté la magie du Grec ce jour-là. Il l'avait trouvé recroquevillé sur lui-même, les larmes aux yeux. Il s'était assis, sans savoir quoi dire, rien que son instinct de Vela qui lui criait de ne pas s'éloigner. L'autre lui avait demandé de partir, la voix brisée, il n'avait pas bougé. Il n'avait pas répondu. Il attendait, le Vela attendait.
Et brusquement Isaac s'était jeté sur lui, lui criant de partir, lui criant qu'il n'était qu'un gosse qui ne pouvait pas comprendre. Alors il avait crié aussi. Tentant de se débattre et de repousser les mains qui l'empoignaient il lui avait crié qu'il ne l'abandonnerait pas.
Isaac s'était tu. Isaac s'était figé. Et Louis avait su qu'il avait gagné ce combat. Qu'il en perdrait d'autres, que le loup enfoui en Isaac était aussi fuyant que le Vela qu'il était avide de sa présence. Il savait que cette histoire serait bien moins simple que l'amour qui unissait Victoire et Teddy. Mais il savait aussi qu'il l'aimait, et que la tendresse et l'amour qu'il lui offrait, les baisers qu'il lui donnait, les secrets qu'il lui confiait valait la peine de se battre comme Fleur s'était battue pour Bill.
Alors cette nuit où Malika, Rose et Lys remarquèrent leur absence, Louis enlaçait Isaac et le regardait dormir. Le jeune homme s'était endormi dans ses bras. Et à chaque fois le Vela luttait contre le sommeil pour sentir l'abandon terrasser les résistances de son amant au point de le laisser s'endormir contre lui. La peau d'Isaac était chaude contre la sienne, la première fois qu'il l'avait ainsi tenu contre lui, il avait senti combien sa part Velane avait souffert d'être repoussée du loup. Il l'avait senti et avait aussitôt repoussé cette sensation, la peur au ventre. La peur de devenir ce qui le terrorisait. La main d'Isaac dans son dos avait permis au souffle qui se bloquait soudain d'angoisse dans sa gorge de s'échappait.
Isaac sentait toujours cela. Même endormi il savait. Même loin il savait.
- Dis-moi Louis, murmura-t-il soudain, surprenant son compagnon qui le croyait endormi.
- Que veux-tu ?
- Crois-tu qu'un jour les espèces seront tellement mêlées les unes aux autres qu'on ne craindra plus de s'unir à un étranger ?
Louis sourit avec tendresse en passant sa main sur la joue de son amant. Il aimait lorsque celui-ci se laissait aller à des rêves utopistes pour réchauffer son cœur maladroit.
- J'espère que l'on commence déjà à s'y atteler.
- Je ne parle pas de nous, sourit le Grec en dévorant son visage des yeux. Nous je sais que… que mon loup cessera un jour de se méfier de toi, il cessera de me faire mal et de te faire mal, et un jour le Vela que tu es cesseras de craindre de me voir partir. Cela mettre le temps, ajouta-t-il avec un sourire triste. Mais on y arrivera. Je parlais de Lys' et de ta cousine.
- Ils n'ont pas peur de…
- Elle a peur d'être blessée. Et lui a peur de la blesser. Parce que c'est arrivé. Tu sais mon loup a peur mais il sent la peur. Et la peur empeste le campement depuis leur arrivée. La puanteur s'est atténuée un peu depuis la frayeur qu'elle nous a fait. Mais derrière cette peur d'être blessé, mon ange, il y a la peur de l'autre. Il y a la peur de soi. Comme j'avais peur de moi, comme j'avais peur de te blesser. Mais cette fois il n'y a pas celui qui prend l'initiative que tu as prise, Louis. Il n'y a pas celui qui a souri.
- Leur histoire est différente…
- Leur histoire sommeille. Elle dort comme Lysander a sommeillé durant des années.
- Pourquoi t'y intéresses-tu tant ?
- Parce que je t'aime, et que le bonheur de ta cousine compte énormément pour toi. Et parce que je les aime bien tous les deux, vraiment. Et quand je pense… quand je pense que tu m'as donné ce dont je ne rêvais même plus…
- Ne pense pas à ça…
- C'est vrai Louis. Tu le sais. J'avais fait une croix sur l'amour, comme la plupart des loup-garous. Il n'y a bien que les gens de ta famille pour nous aimer.
- J'ai du sang de loup aussi.
- Je l'oublie souvent.
- Moi aussi, sourit Louis en se blottissant contre lui. C'est toi qui a la force et la grâce inquiète du loup. Et moi…
- Toi tu as la folie du louveteau, le taquina Isaac en refermant ses bras sur lui.
- Il faut bien un peu de folie pour vivre.
Rose referma sa boîte de poste, envoyant ainsi sa lettre à Katleen. Les deux femmes s'écrivaient depuis plusieurs semaines. Elle lui racontait un peut son quotidien à son ancienne patiente, et celle-ci lui parlait de son fils, de son travail chez Fleury et Boot. De fil en aiguille elles en étaient aussi venues à parler de la reprise d'études à laquelle songeait la jeune femme. Katleen n'avait pas oublié son rêve de devenir fabricante de baguette, et lire les lettres de Rose au sujet de phénomènes magiques dans lesquels elle assistait l'équipe lui rappelait la passion que suscitait en elle l'étude des branches méconnues de la magie.
La jeune femme sortit ensuite de sa tente, leva les yeux vers le ciel, d'ici une demi-heure Isaac se transformerait, d'ici une heure elle mettrait en place l'expérience pour laquelle tout le campement travaillait depuis des mois.
Elle gratta à l'entrée de la tente de Lysander, pour récupérer la chaîne de mithril que sa famille lui avait confié. Elle le trouva plongé dans ses pensées et faisant tourner la chaînette entre ses longs doigts
- Lys' ?
Il sursauta.
- Je ne t'avais pas entendu, avoua-t-il avec un sourire d'excuse.
- Que se passe-t-il ?
Il sourit encore et lui tendit simplement l'objet.
- Je pensais à mon arrière-grand-père, murmura-t-il simplement. Je ne m'étais pas senti aussi proche de lui depuis des années. Et ce mithril… c'est comme un symbole de ce qu'il était…
- Tu penses beaucoup à lui dernièrement, non ?
- Je n'ai pas eu une famille aussi nombreuse que la tienne, lui dit-il en la fixant. Mais j'ai eu une famille de rêveur. Et lui avec ses grands yeux clairs nous montrait le bout du monde ! Et avec sa valise…
Il secoua la tête à l'évocation de la valise et se leva.
- Allons rejoindre les autres ! clama-t-il en se levant et en l'entraînant à l'extérieur.
Isaac les attendait à l'entrée de la grotte. Son visage sembla s'apaiser un peu lorsqu'il aperçut la chaîne entre les mains de Rose. Il leur adressa un signe de tête et laissa Louis l'embrasser sans se départir de sa gravité.
Et il rentra dans la grotte. Il avait honte de montrer la vulnérabilité d'un homme mis à nu, d'un homme si nu que sa peau allait l'abandonner et révéler un autre être. Ses compagnons y étaient habitués, et Rose sentit que son cousin chassait la peine que cette attitude lui causait, son visage se fermant et affichant cette expression profondément concentrée. Malika se prépara au Charme de Transparence, Lys demeura les yeux fixés vers le ciel, quêtant le coucher du soleil, le moment où il scellerait l'entrée. L'équipe se refusait à enferme un Isaac humain, c'était la bête qui était dangereuse, c'était de la bête qu'ils se protégeaient
Un temps qui s'égrène.
Un temps qui s'étire.
Cinq cœurs qui battent à l'unisson.
Deux cœurs qui tremblent pour un autre.
Le dernier rayon de soleil de dissipa, Lysander scella magiquement l'antre de la grotte tandis que Malika faisait voir l'intérieur de la grotte par transparence. Louis et Rose regardèrent Isaac se transformer, le jeune homme était très pâle, les yeux fixés sur le corps en souffrance de son compagnon. Il serrait le poignet de sa cousine, ils s'étaient mis d'accord pour qu'elle transplane à l'intérieur au moment où il relâcherait sa prise, le temps que la transformation soit achevée.
Sa main libre.
Rose transplana, une lampe accrochée à son front pour y voir clair.
Un Stupéfix crié, le loup-garou assommé.
Elle s'empressa de nouer la chaîne comme elle s'y était exercée. Les secondes filaient, mais elle était dans les temps. Elle s'apprêtait à transplaner de nouveau lorsqu'elle remarqua qu'un des nœuds était mal serré. Elle se pencha et le réajusta quand le loup grogna, elle eut un mouvement de recul, mais la bête s'était redressée.
Tout instinct magique s'évanouit en elle, ne restait que la peur, ne restait que ces yeux dans lesquels elle ne put s'empêcher de chercher Isaac. Elle entendit des voix au-dessus de sa tête alors qu'elle reculait et que le loup s'avançait, menaçant. Ses yeux ne pouvaient se détacher des siens, mais dans son esprit tournait l'image des griffes.
Son dos ne heurta pas le mur, mais à chaque pas son cœur se serrait à l'étouffer à la seule crainte de rencontrer la paroi. Les cris continuaient au-dessus, mais son esprit embrumé d'angoisse ne parvenait pas à saisir un seul mot.
Et soudain le loup disparut de son champ de vision.
N'hésitez pas à laisser un commentaire un de ces quat' ! Je vais sembler me répéter mais c'est ce qui pousse non-pas à publier (sinon cette historie aurait été arrêtée depuis... belle lurette xD) mais à remanier et améliorer - qui sait? - la suite ou la construction des personnages. Un texte a deux faces, l'auteur est le lecteur. Et je vais peut-être sembler grandiloquente mais des chiffres et statistiques qui s'affichent sur un écran ne me semblent pas représenter cette seconde facette que vous êtes, vos mots si ! Je sais le plaisir que je prends à écrire, mais pour cela je n'ai pas besoin de publier. Ma curiosité, c'est ce que vous pouvez ressentir, plaisir ou non d'ailleurs!
Alors... au plaisir de vous lire !
À très bientôt ! :-D
