Informations et pains au chocolat.

Le lendemain matin, je me réveillais de bonne heure. Avec Valentin, nous avions un rendez-vous avec le professeur Flitwick pour discuter de notre prochaine année scolaire. Je me rendis dans la salle de bain doucement, afin de ne pas réveiller mes trois camarades de dortoirs. La veille au soir, j'avais fait connaissance avec elles.

Pour commencer, il y avait Cathy Peterson, une petite blonde, et Ellen Gray, une grande brune. Bien que physiquement opposées, elles étaient identiques. Elles se tenaient, parlaient et réagissaient de la même façon. J'avais déjà vu ce genre de filles à Beauxbatons, toujours à courir derrière les garçons et la mode, et j'avais du mal à les apprécier. Et le fait qu'elles soient anglaises ne jouait certainement pas en leur faveur.

La dernière se nommait Niahm O'Farrell, une jolie rousse irlandaise. C'était sans aucun doute celle qui m'avait fait la meilleure impression. Elle avait plusieurs fois lancé des remarques aux deux autres filles, que j'avais trouvées très drôles. Et puis, elle aussi avait été arrachée à sa patrie. C'était également la Préfète des 7èmes années. De plus, j'appris qu'elle faisait partie de l'équipe de Quidditch de Serdaigle en tant qu'attrapeuse. Nous passâmes donc une bonne partie de la soirée à parler du Noble sport qui nous passionnait toutes les deux.

Je descendis dans la salle commune. Etant donné nôtre parfaite coordination, Valentin arriva en même temps que moi. Nous nous dirigeâmes ensemble vers le bureau de notre directeur de maison, qui, heureusement, avait eu l'intelligence de nous donner un plan. Sur le chemin, je lui parlais de mes camarades de dortoir et lui me parla des siens.

Ils étaient au nombre de quatre. D'après ce que je compris, Finn Stanley et Tyler Starkey étaient les homologues masculins de Cathy et Ellen. Assez beaux et très surs d'eux, ils avaient pour principaux sujets de discussions les filles et le Quidditch. Ils étaient d'ailleurs les batteurs de l'équipe. Malheureusement pour mon jumeau et moi qui jouions à ce poste à Beauxbatons.

Au contraire d'Alfie Allen qui semblait posé, calme et très réfléchi. Valentin m'avait rapporté que les trois autres garçons l'avaient qualifié de « parfait petit Serdaigle ». Cela ne m'étonna donc pas lorsqu'il m'apprit que c'était le Préfet des 7èmes années chez les Aigles et, qu'en plus, il était le Préfet-en-chef.

Le dernier était Conor McCarthy, aussi irlandais que l'était Niahm. Ce n'était pas leur seul point commun, puisque Conor était le gardien, et capitaine, de l'équipe de Quidditch de notre maison.

Enfin installés devant le bureau du professeur Flitwick, celui-ci nous expliquait le fonctionnement de l'école. Lorsqu'il en vint au Quidditch, Valentin et moi nous redressâmes tout de suite, bien plus intéressés qu'auparavant.

- Il faut que vous sachiez que, chaque année, la tradition veut qu'une Coupe soit organisée. Les quatre maisons concourent, avec des équipes composées des joueurs de la maison en question. Pour en faire parti, il faut que passer les essais, organisés par le Capitaine, qui est Conor McCarthy chez nous. Pratiquez vous ce sport ?

- Oui, mais en tant que batteurs. Mais j'ai appris hier que ces postes étaient déjà occupés, répondit Valentin.

- Effectivement, par vos camarades de dortoirs, si je ne m'abuse. Mais j'y pense ! Les matchs sont commentés, cependant le commentateur était un Poufsouffle en 7ème année. La place est donc vacante. Vous intéresserait-elle ?

- Est-il possible de commenter à deux ?

- Je ne pense pas que le Professeur Dumbledore s'y opposerait.

- Alors oui, nous sommes intéressés.

- Il faudra donc aller soumettre votre candidature au professeur McGonagall, votre professeur de métamorphose. D'ailleurs, il est temps d'aborder le sujet de vos cours. Vos professeurs m'ont fait parvenir vos dossiers. Ils sont excellents ! Je suis fier de vous accueillir dans ma maison, j'espère que vous rapporterez des points à Serdaigle ! Vous pourrez continuer de suivre les cours de Potions, Arithmétique, Histoire, Métamorphose, Défense contre les forces du mal et Sortilège. Par contre, j'ai noté que vous n'aviez jamais étudié l'Astronomie et la Botanique. Or, ce sont deux matières obligatoires ici. Vous allez avoir un peu de mal à tout rattraper mais je ne doute pas que les professeurs Chourave et Sinistra seront indulgentes à votre égard. Mais je pense que pour ce soit plus facile, je mettrais un système de tutorat en place.

- Très bien professeur. Savez vous qui seront nos tuteurs ?

- Et bien, pour la Botanique, cela ne fera aucun doute que Monsieur Allen s'occupera de vous. Mais pour l'Astronomie, il faudra que je voie avec le professeur McGonagall puisque l'élève à qui je pense est de sa maison. Mais là n'est pas le sujet.

Il se pencha sur le côté et sortit deux parchemins vierges sur lesquels il donna chacun un coup de baguette, apparurent deux emplois du temps. Après nous les avoir donnés en s'excusant parce qu'ils étaient assez remplis (« Mais que voulez vous, c'est ça d'être en 7ème année ! »), il nous laissa les examiner. A la vue de celui-ci, j'échangeai un regard amusé avec Valentin. Nous ne finissions jamais après 16h et Morgane que c'était agréable !

Grâce à un autre plan que nous avait fourni le professeur Flitwitck, nous nous dirigeâmes vers la Grande Salle, juste après la fin de notre entretien.

Assis à la table de notre désormais maison, nous regardâmes, dépités, le petit-déjeuner qui s'offrait à nous.

- C'EST UNE BLAGUE ? s'exclama mon jumeau.

- Chut, tais-toi.

- Désolé, je ne peux pas. Est-ce que tu vois ce que je vois ?

- Oui, mais…

- Mais quoi ? Regarde moi ça ! Ils sont sérieux les anglais là ? Pas de croissants, pas de pain, pas de café, pas de tout. Par contre, les pancakes, le thé, la marmelade, ça y va !

- Je sais Val, je vois aussi. Ce n'est pas grave, y'a forcément quelque chose de bon, essayais-je de le calmer. Regarde… Oh, par Morgane ! OU SONT LES PAINS AU CHOCOLATS ?

- Je savais que tu ne serais pas insensible.

En arrivant à Poudlard, je savais que de nombreuses choses seraient différentes, que mon quotidien serait chamboulé. Repas compris. Je m'y étais préparée, j'étais prête. Mais là ! Là ! Ca dépassait tout ce que j'avais pu imaginer. Le pain au chocolat était l'une de mes raisons de vivre. Le matin, je ne pouvais avaler que cette précieuse croissanterie. Je pensais naïvement qu'il y en aurait dans cette merveilleuse école qu'était Poudlard. Je m'étais malheureusement trompée.

- Eh, Louise, qu'est-ce qu'il se passe ?

Me concentrant sur triste nouvelle, je n'avais pas vue arriver Niahm. Comparable à une toxico moldue en manque, je me jetais sur elle.

- Comment vous faîtes ?

- Comment on fait quoi ?

- Pas de pains au chocolat ! Comment vous faîtes pour vivre sans pains au chocolat ?

- Pains au quoi ?

Trop. C'était trop pour moi. « Pains au quoi ? » Niahm, cette douce Niahm, ne connaissait pas ces merveilles qu'étaient les pains au chocolat. Elle m'avait l'air sympathique pourtant, cette Irlandaise. Mais cette sympathie que j'éprouvais pour elle venait de s'effondrer avec ses paroles.

Elle comprit que quelque chose n'allait pas, sûrement à cause de ma tête.

- J'ai dit quelque chose de mal ?

- Oui.

- Quoi ?

- Quoi.

- Hein ?

- Tu as dit « quoi ».

- Tu pourrais m'expliquer, s'il te plait.

- Tu ne sais pas ce que sont les pains au chocolat.

- Je devrais ?

- Si tu as envie de devenir son amie, c'est un gros problème. Les pains au chocolat, c'est sa raison de vivre le matin. Sans ça, elle n'est bonne à rien. Je veux dire, encore plus que d'habitude.

- Et donc, c'est quoi exactement ?

- Une croissanterie.

- Une quoi ?

- D'accord. Alors là, je ne sais plus quoi faire. Donc pour faire simple, les croissanteries sont une des meilleurs choses que nous avons inventés, nous autres les Français. Ah, Conor ! Tu connais les pains au chocolat quand même ?

- Euh… C'est quoi ?

- Mais c'est la meilleure nourriture jamais inventée ! S'il te plait, dis-moi qu'il y a un moyen de s'en procurer !

- Niahm, tu ne leur as pas parlé des cuisines ?

- Je n'en ai pas eu le temps.

- Alors venez les Frogs, je vais vous montrer de quoi on est capables, nous autres anglais.

Nous suivîmes donc Conor. Après avoir déambulé dans Poudlard, nous finîmes par arriver devant un tableau représentant… une salade de fruit. J'espérais que ce ne fut pas une blague ou il allait payer. Lorsqu'il chatouilla la poire, je commençais à mettre mentalement en place un plan de vengeance. Plan qui s'arrêta net lorsque le tableau pivota et laissa apparaître un couloir. Il me lança un regard vainqueur et fit une révérence.

- Après vous, mademoiselle.

Je m'avançai donc. Au bout du couloir se trouvait une porte. Je partageai un regard à la fois inquiet et curieux avec mon frère et poussai la fameuse porte. Et mon regard devint émerveillé.

De la nourriture. Partout. Dans chaque recoin. Conor nous avait emmenés aux cuisines. Si elles n'étaient pas aussi belles que celles de Beauxbatons, elles avaient le mérite d'être grandes. Très grandes.

- Vous avez besoin de quelque chose, mademoiselle ? me demanda un petit être aux grandes oreilles que, plongée dans ma contemplation, je n'avais pas vu venir.

- Oui. Des pains au chocolat. Et des croissants. Et du café. Et du beurre. Et du pain. Et de la confiture. Et…

- Calme-toi Lou, je crois que t'as tout dit.

Après ce copieux et parfait petit déjeuner, nous passâmes cette journée du dimanche avec Niahm et Conor. D'ailleurs, je fus ravie de m'apercevoir que je m'entendais aussi bien avec l'une qu'avec l'autre.

Ils nous firent visiter tout Poudlard, des cachots à la tour d'Astronomie en passant par le stade de Quidditch. Si la veille, le château m'avait impressionnée, durant cette visite, il ne m'avait en aucun cas déçue.

En tant que Poudlardiens accomplis, ils nous parlèrent des traditions, des us et coutumes et des règles tacites mais que tout le monde connaissait. Ils commencèrent bien évidemment par la haine entre Serpentard et Gryffondor, puis nous expliquèrent que les Serpentards étaient réputés pour être rusés mais lâches, les Serdaigles pour être intelligents mais prétentieux, les Gryffondors pour être courageux mais vantards et les Poufsouffles pour être gentils mais niais. Après avoir dépeint les maisons de Poudlard, ils continuèrent avec les traditions de l'école. Par exemple, celle du bal de Noel ou la Saint Valentin que les Anglais prennent très au sérieux. D'ailleurs, ils nous firent part de leur impatience face à ce jour, afin de voir comment James Potter agirait et comment Lily Evans l'enverrait sur les roses. Face à nôtre incompréhension ils nous expliquèrent que depuis leur première année, ce fameux James Potter tentait vainement de convaincre cette Lily Evans de sortir avec lui mais que ses meilleures tentatives, ou du moins les plus drôles, avaient lieu le 14 février. Nous leur fîmes donc part de notre rencontre dans le train avec les Maraudeurs, comme ils étaient apparemment surnommés. Après avoir rigolé, ils nous racontèrent d'autres aventures et histoires des Poudlardiens.

Ce fut, ma foi, une bonne journée. Et je me fis la réflexion que si le reste de l'année se déroulait de la même façon, j'avais hâte de vivre ça.


8 mois tout pile plus tard, voilà la suite. Sachant que là, c'était juste une histoire de mettre des mots sur la fin de chapitre, j'ai moi même hâte de savoir dans combien de temps arrivera la chapitre 4, alors que j'ai juste une très vague idée de ce qu'il va s'y passer. M'enfin. On verra bien.

Hope you enjoyed ! (quand même)

M. Lennon