Oyez, oyez! Voici une sorte de suite à ma fanfiction "L'Ange et le Fantôme"
Ce n'était absolument pas prévu, lorsque j'avais posté la première partie, que j'écrive une suite. Mais on m'en a demandé une et je me suis dit "Tiens, pourquoi pas?"
J'ai donc été inspiré par l'Ange de la Fanfiction (s'il se trouve que tu es réel je veux bien que tu viennes me voir, je ne fuirais pas comme Christine *clin d'œil, clin d'œil*)
Enfin, voilà, j'espère que cela sera aussi bien que la première partie ^^
Bonne lecture!
Quelle étrange ironie.
De celle dont la vie est continuellement faite.
Pour lui, qui ne pouvait souffrir de voir son propre visage même dans l'eau la plus impure, utiliser un miroir pour atteindre son but était tout à fait désopilant.
Quel étrange objet qu'un miroir.
Empli de magie et entouré de mystère.
Il avait vu de vieilles sorcières gitanes s'en servir pour lire l'avenir et capturer la lune, et il connaissait bien les légendes racontant comment les miroirs pouvaient emprisonner les âmes des morts et les démons des enfers.
Vous voyez? Délicieusement ironique.
Un miroir, disait-on, était la porte vers un autre monde, parfois de noirceur, parfois de lumière.
Certainement, cela devait dépendre du point de vue.
Bien sûr, pour quelqu'un de l'autre côté, son univers était proche de l'Enfer que dépeignait Dante, un Tartare où régnait Hadès enveloppé de Ténèbres.
Mais pour lui, Oh ! Pour lui, le monde qu'il contemplait était un univers de douceur et de grâce, interdit pour un être tel que lui.
Dans les temps anciens, les Perses utilisaient les miroirs pour communiquer avec les Anges. Lui n'avait jamais appris à accomplir ce prodige, et pourtant il avait dût, un jour ou l'autre, avoir appelé à lui une créature céleste, car celle-ci apparaissait maintenant devant lui à travers la glace.
Elle se mouvait dans la pièce, finissant de se changer, délaissant le costume qu'elle avait porté pendant toute la journée de répétition.
Une semaine.
Une simple semaine qu'elle avait été engagée à l'Opéra.
Une semaine qu'il ne parvenait à quitter ses pas, la suivant dans les couloirs, l'observant de sa loge, l'épiant à travers son miroir.
Il attendait avec impatience son arrivée chaque matin, et la voyait partir chaque soir telle une hirondelle lorsque l'hiver s'en vient.
Lorsqu'elle chantait au milieu des chœurs, c'était sa voix, et uniquement sa voix, qu'il entendait.
Il souffrait de ne pouvoir l'entendre plus. De l'entendre lui adresser ne serait-ce qu'une parole!
Ah! Comme ses nuits étaient emplies de rêves de la jeune femme si réservée, de sa voix et de ses yeux. Ses yeux si bleus, qu'il avait remarqué pour la première fois derrière ce miroir. Il avait fuit, alors, fuit ce regard si pur qui le transperçait sans le voir, qui avait atteint son cœur plus sûrement que la flèche de Cupidon lui même.
Il avait pleuré, ce soir là.
Pleuré sur sa vie et sur son destin.
Chaque jour, son Amour pour la belle soprano grandissait, et il ne pouvait rien y faire. Seulement rêver.
Rêver de ses mains si gracieuses, de sa voix si douce et de ses yeux si purs. Que ne ferait-il pas pour la tenir dans ses bras, rien qu'un instant?
Ah, mais il ne pouvait pas, n'avait pas le droit!
Un monstre, un démon, ne peut réclamer l'attention d'une Fée ou d'un Ange.
A moins d'en devenir un.
Oui, c'était le plan que son esprit fou, son esprit génial avait élaboré.
Utiliser la seule beauté qu'il possédait pour créer, tisser et fortifier un lien avec l'impossible.
Devenir une Voix.
Belle. Pure... Céleste!
Il deviendrait son Ange protecteur, son professeur.
Il lui enseignerait l'art de faire pleurer le Paradis.
Oui, cela pouvait marcher, devait marcher. Au moins il lui parlerait et cela suffira. Il fallait que cela suffise.
Il contempla une nouvelle fois la jeune fille innocente assise devant sa coiffeuse.
"Christine…"
La jeune fille releva la tête.
C'est tout pour ce soir.
Qu'en avez-vous pensé?
