CHAPITRE 39 - Siler

Le téléphone de Jack vibra avant que le soleil ne se lève. Il coupait la sonnerie la nuit, pour ne pas déranger Sam alors que le son le réveillait à tous les coups. Il décrocha et Harriman lui parla avant qu'il ne le fasse.
-"Mon général, désolé de vous réveiller mais on a besoin de vous ici."
Jack grogna pour lui signifier qu'il arrivait. Depuis qu'il était à la tête de la base, le sergent avait fini par comprendre que le général ne dormait pas seul car il ne parlait jamais immédiatement après avoir décroché le téléphone. Harriman l'entendait sortir de son lit, se déplacer, fermer une porte avant qu'il ne lui parle enfin. Quand le message était court comme ici, ils n'échangeaient aucune parole supplémentaire. Harriman se doutait de l'identité de la femme près de lui mais n'en avait jamais parlé à quiconque, son sens du dévouement le gardant de cancaner sur le compte du général. Tout le monde le craignait assez pour parler devant son assistant, car si O'Neill avait vent des rumeurs sur son compte et celui du colonel Carter, ça irait assez mal.
Jack se prépara en silence, embrassa sa femme et quitta leur domicile aux premières lueurs de l'aube.

Le réveil de Sam sonna à une heure décente et elle se rendit compte qu'elle était seule dans son lit, encore. Elle soupira et se prépara. Jack ne lui avait pas dit qu'il partirait avant elle et comme la cuisine était vide et propre, elle se douta qu'il avait dû être appelé dans la nuit. Elle allait prendre ses clefs de voiture pour aller à la base quand on sonna à la porte. Elle jeta un œil par le judas puis ouvrit.
-"Mon colonel !"
-"Sergent Siler, comment allez-vous ?"
-"Bien, je vous remercie. Le général m'a demandé de venir vous chercher pour vous conduire à la montagne, il avait peur que vous ne vous souveniez plus de la route."
-"Il vous a parlé de ça ?"
-"Nous sommes quelques-uns dans la confidence à la base, concernant votre amnésie, même si vous le cachez bien. Etes-vous prête, madame ?"
-"Je prends mon sac et ça sera bon" dit Sam en attrapant ses affaires.
Elle était ravie que Jack lui envoie un chauffeur car elle se sentait encore fatiguée et les maux de tête ne s'arrangeaient pas vraiment. Elle ferma la maison à clef et Siler lui ouvrit la portière côté passager puis il la ferma une fois que Sam fut installée.
Les deux compagnons furent silencieux pendant le voyage, Sam perdue dans ses souvenirs qui refaisaient surface et Siler repensant à sa conversation avec le général.

Siler avait été convoqué à son arrivée à la base. Il prenait généralement son service à 7h du matin et il fut assez surpris que le général soit déjà là. Il se présenta à son bureau et son stress monta d'un cran quand O'Neill lui demanda de fermer la porte et de s'asseoir face à lui. Siler pensa immédiatement que le général allait lui passer un savon à cause des acrobaties du colonel, la veille.
-"Sergent, si je vous ai convoqué, c'est parce que j'ai besoin d'un homme de confiance pour une mission particulière. Je compte sur votre absolue discrétion."
L'homme dévisagea son patron et son silence invita Jack à poursuivre.
-"Je voudrais que vous passiez chercher le colonel Carter à son domicile."
Siler se détendit un peu mais ne comprenait toujours pas pourquoi le général en faisait un tel secret.
-"Le colonel vit toujours dans sa petite maison du centre-ville ?"
-"Pas vraiment, non. C'est pour ça que je compte sur vous pour ne souffler mot de ça à personne mais le domicile de Carter est aussi le mien... Suis-je clair ?" demanda Jack, en lançant un regard direct à son sergent.
Le sergent était trop malin pour ne pas avoir compris l'allusion. Il jura de ne jamais mentionner ce détail. Jack savait aussi sur qui il pouvait compter et Siler était l'un de ses hommes de confiance.
-"A quelle heure dois-je me rendre chez le colonel ?"
-"Pour 8h30. Prenez le véhicule qu'il vous plaira."
-"A vos ordres, monsieur."
-"Vous pouvez disposer."
Siler se leva et salua le général avant de quitter la pièce. Comme il allait sortir, Jack l'interpella.
-"Sergent ?"
Il se tourna.
-"Merci" dit le général en souriant légèrement.
Le sergent put lire la gratitude sur le visage d'O'Neill avant que le masque inexpressif ne se remette en place. Siler hocha la tête et se rendit à son poste de travail, en attendant de partir pour aller chercher Carter.

Quand il était arrivé, tout était calme dans le quartier car le général - et le colonel- vivait à l'extérieur de la ville, dans une maison en bois et son terrain était bordé de forêt. Le sergent avait toujours connu le général O'Neill propriétaire de cette maison. Il se demandait depuis combien de temps ils partageaient ce toit quand Carter ouvrit la porte. Vu l'étonnement sur son visage, le général ne l'avait pas appelée. Elle sembla soulagée d'avoir un chauffeur, elle semblait fatiguée.