.

Chapitre 48 – Tout est dit

"Tu es vraiment magique," lui dis-je quand nous entrâmes dans la limousine.

Kate me sourit. "Comme s'il y avait un doute à ce sujet? Tout ce qu'il a fallu c'est rappeler à Dave toute la publicité que ça allait faire pour le film et il n'a eu aucun problème à te laisser un après-midi."

Je roulai des yeux. "Il avait eu des problèmes plus tôt dans la semaine." Un jour et demi sans rien faire et tu aurais pu penser que je lui avais demandé de me laisser baiser sa femme. En fait il aurait sûrement mieux pris ça.

"C'est parce que personne ne s'attend à ce que tu fasses ta diva à Hollywood," dit-elle en rigolant quand je lui jetai un regard noir. "Tu n'as qu'à faire comprendre la finalité de tout ceci au producteur et au réalisateur. Toute publicité est bonne à prendre et Bella et toi êtes partout. Je t'ai demandé de mentionner le film dans chaque interview que tu as donnée et chaque article mentionne que Bella sera là pour te soutenir quand tu tourneras Steele. Des millions de publicité gratuite. Une fois qu'ils verront combien ça peut rapporter ils se ficheront que vous ayez été découverts en train de baiser sur les ruines du mur de Berlin…

Je ricanai. "Tu es vraiment très classe, Katie."

"Ne l'oublie pas," déclara-t-elle. "Je peux tout arranger, Cullen c'est d'ailleurs pour cela que tu m'as engagée. Là c'était d'une facilité absurde. Pas besoin de manipulation. Les retours sur vous deux ont été bien plus que positifs."

Ça m'était égal mais c'était probablement une bonne chose. "Du moment qu'ils la laissent tranquille, ils peuvent dire ce qu'ils veulent."

Kate haussa un sourcil quand je haussai les épaules. "Perception, Edward voilà ce dont il s'agit. Ces gens ne vivent pas ta vie, ils ne te connaissent pas. Ils veulent faire toutes ces choses. Et s'ils voient combien vous êtes heureux, ils vont vouloir ça pour vous et pour eux. Donne-leur ce rêve. Il y aura toujours des détracteurs et des haineux mais dès à présent, la balance est en votre faveur. Crois-moi."

Je lui faisais confiance. "Avec ma vie. Et plus important, avec Bella."

Elle secoua la tête. "Seigneur les choses que tu dis. Comment une fille ne fondrait pas de façon permanente en étant près de toi?"

Elle me fit craquer. "Elle a ces moments mais encore elle a le même effet sur moi."

"Ça change mon beau. Je pense que Lopez va avoir des vapeurs après vous avoir interviewé tous les deux."

Oh mec. "Qu'est-ce que j'aimerai voir le mâle se pâmer!"

"Ce n'est pas un mâle," répondit-elle avec un sourire. "Seacrest aurait probablement versé une larme virile pour vous."

"Est-ce que ces gars-là ont une idée du mépris que tu as pour eux?" demandai-je avec intérêt. Kate n'était pas du genre à mâcher ses mots mais pour autant que je sache elle avait de bonnes relations avec tout le monde dans l'industrie cinématographique.

"Non. Tu penses que tu es le seul acteur dans le coin? Un bon publiciste doit savoir quel visage montrer et à quel moment," me fit-elle remarquer.

"Vrai." J'avais hâte de rentrer à l'hôtel et de retrouver Bella. Elle avait appelé sa mère aujourd'hui et son texto qui me disait que ça c'était passé du mieux possible, ne m'avait pas exactement rassuré. Cette femme ferait mieux de ne pas l'avoir contrariée. "Tout est arrangé?"

"Ouais mon homme n'est pas si inutile après tout même s'il ne peut pas transformer une fille en une flaque de guimauve avec deux mots." Je lui souris. "Dès que tu partiras en entrainant les rats, Garrett, Riley et Brian prendront les filles et Emmett pour les conduire à l'appartement. C'est magnifique! Les gardes du corps devront partager une chambre mais il y en a une avec deux lits une place. Je pense que tu seras heureux, il y a un portier et on doit s'adresser à lui pour entrer, montrer patte blanche. Je suppose que Bella et toi prendrez la suite parentale."

"Bien sûr."

"Nous mettrons Emmett et Rosalie dans l'autre. Alice aura la sienne et si j'étais elle j'alternerai avec les gardes du corps."

Seigneur… "Enfin Kate!"

"Quoi? Riley et Brian sont torrides! Toby n'est pas si mal et Chris est marié alors c'est le seul qui ne puisse pas entrer dans la course. Tu es tout chose, pourquoi ne pourrait-elle pas s'amuser?"

"Tu devrais lui dire ça," dis-je.

"Je le ferai, elle est jeune, en vacances et il y a des corps chauds à quelques pas de sa chambre, ce serait criminel pour elle de ne pas en profiter."

Je ris. "Elle a quelqu'un. Elle ne le veut pas mais elle le fait quand même."

"Elle me l'a dit," fit Kate avec un sourire. "Mais elle n'a rien décidé à ce sujet même s'il n'y a rien de mal que ce gars soit plus jeune, juste pour dire." Elle agita ses sourcils et je secouai la tête.

"Tu n'abandonnes jamais."

"Et tu aimes ça chez moi," me fit-elle remarquer. "Il n'y a rien de mal à s'amuser un peu pendant les vacances… en Allemagne… fais-toi un garde du corps."

"Ne devrait-on pas plutôt dire … fais-toi un Allemand?"

"Ouais mais ce serait difficile pour elle à moins qu'elle ne rentre chez elle avec lui et ça pourrait être problèmatique, il vaut mieux que tout reste dans la famille ou le penthouse, comme ça."

"Tu as des relations sexuelles dans le cerveau."

"Bien sûr que oui. J'ai passé des heures interminables près de Bella et toi, Rose et Emmett. Les vibrations sexuelles dans la pièce sont suffisantes pour allumer un feu. Pas de doute qu'Alice ait besoin d'un gars. Et souviens-toi que mon mari a couru partout en ville pour vous trouver l'endroit parfait."

Je ressentis une douleur. "Je suis désolé, Katie, je…"

"Tu n'as pas à t'excuser. C'est notre boulot. Et je le vois tout le temps, je travaille avec lui, je vis avec lui etc. En fait il me manquera peut-être un peu quand je m'enfuirai avec Georges…"

Je rigolai. "Je n'ai aucun doute que tu le ferais."

"Je lui enverrai une carte postale du Lac de Côme pour lui dire que je pense à lui."

"Tu es vraiment une gentille épouse."

"Nous ne pouvons pas toutes être Bella," me dit-elle avec un sourire. C'était vrai. Ma fille était spéciale et elle ne pouvait voir ni Clooney ni quelqu'un d'autre.

"Elle est merveilleuse," dis-je en souriant comme je le faisais toujours quand je la voyais.

Kate rit. "Tu as toujours cette expression quand tu parles d'elle comme quand tu la regardes, les photos de Rolling Stone et de People sont incroyables."

"Tu les as vues?" Autant que je sache les deux allaient sortir dans quelques jours.

"Bien sûr que oui, tu sais que je reçois des copies suffisamment tôt pour pouvoir m'assurer que tout est exact. "Elle chercha quelque chose sur son iPad. "Regarde!"

Elle me le tendit. Et elle avait raison, elles étaient incroyables. Bella était magnifique avec sa robe d'été jaune, sa peau brillait, ainsi que ses yeux. Elle était sexy et la façon dont elle me regardait était enivrante. Je savais, bien sûr mais c'était différent de le voir à travers l'objectif de l'appareil photo. Pas étonnant que je doive lui enlever ses vêtements dès que nous étions seuls. La photo où je m'étais oublié et l'avais embrassée était géniale. J'allais laisser exploser ça et nous pourrions en profiter quand nous arriverions à la maison.

Les photos de People étaient aussi bonnes. Bella portait une jupe noire et un haut couleur mûre sur celle-là. Elle était belle et sexy et j'avais été forcé de la prendre dès que nous avions eu fini. C'était très amusant de la regarder parler et charmer les intervieweurs. Elle était intelligente, douce et magnifique et toute à moi. C'est ce qu'il s'était passé dans chaque interview que nous avions faite. Si je ne l'avais pas aimée, je serais tombé amoureux d'elle juste en la regardant, elle mettait les journalistes dans sa poche rien qu'en les regardant. Kate pouvait bien plaisanter au sujet de Mario Lopez mais la façon dont ce gars réagissait en présence de Bella me donnait l'envie de le frapper au visage. Je suis sûr que Bree avait aussi eu cette réaction.

"Elles sont géniales," lui dis-je.

"Je sais. Je pense que celles-là plus celles qu'ils ont prises de vous l'autre soir, satisferont l'appétit que les gens ont pour vous deux. Et sauf si je me trompe, Bella pourrait susciter l'intérêt de notre industrie."

"Intérêt?" demandai-je. Ça ne m'était jamais venu à l'esprit.

"Bien sûr. Elle est très belle, équilibrée, charmante, drôle quand elle le veut et elle est à toi, elle pourrait se voir offrir une émission de téléréalité, un boulot à E!"

"Seigneur j'espère bien que non!" Je le supporterais si elle voulait faire une de ces choses mais je détesterais ça. J'avais le sentiment qu'elle aussi. Elle gérait mieux que je ne l'avais espéré mais elle préférerait aussi notre vie tranquille. C'était l'une des choses que j'adorais chez elle. Irina ne pensait qu'à la vie publique et je détestais ça. Encore une autre raison que Bella aille bien avec moi.

"Nous y sommes," dit Kate interrompant ma rêverie. "Tu es prêt?"

Etais-je prêt à rentrer à l'hôtel pour emmener Bella en ville? Absolument. Etais-je prêt à la partager avec le monde? Non, mais je n'avais pas d'autre choix. "Oui allons-y." Je sortis et ignorai les journalistes qui essayaient de m'entourer. Ils pourraient avoir toute mon attention quand je ressortirai. Le spectacle allait pouvoir commencer mais je n'allais pas les laisser nous gâcher notre temps ensemble.

La soirée allait permettre de leur donner ce qu'ils attendaient pendant que les autres en profiteraient pour quitter cet hôtel et que Bella s'amuserait. Nous allions passer du bon temps. C'était impossible de ne pas le faire quand nous étions ensemble. Berlin, nous voilà!

WWS

"Hey, bébé, j'ai juste besoin de..." je m'arrêtai en l'apercevant. Ma Bella était comme une apparition dans la robe bleue qui montrait ses courbes à la perfection et laissait beaucoup de peau nue. Beaucoup de peau délicieuse et sexy, prête à être léchée. "Tu es magnifique," finis-je par dire quand je pus parler à nouveau. Le seul bijou qu'elle avait était le pendentif en pomme que je lui avais donné.

"Tu ne penses pas que c'est trop?" demanda-t-elle en s'agitant un peu quand je m'approchais d'elle.

"Si c'était moins, je ne pourrais pas t'emmener n'importe où sans avoir à commettre des actes de violence," lui dis-je honnêtement.

Bella gloussa. "Je voulais dire, c'est trop chic? On va juste se promener et manger quelque part, n'est-ce pas? Je ne veux pas avoir l'air d'en faire trop."

J'éloignai ses cheveux de son épaule et la caressai. Elle frissonna à ce léger contact. Je gémis. Pourquoi, de toutes les nuits, devions-nous sortir ce soir? "Tu es parfaite, baby. Tu n'as pas l'air d'en faire trop. Tu es magnifique. Tellement belle que la dernière chose que je veux faire, c'est sortir et te partager avec les autres. Tu es toute à moi."

Bella sourit et enveloppa ses bras autour de mon cou avant de m'embrasser légèrement. "Merci. Tu sais toujours quoi dire pour me calmer."

"Tu sais toujours ce qu'il faut faire pour me faire rire," répondis-je en la faisant rire. "Laisse-moi prendre une douche rapide et on s'en va. Toby et Chris sont prêts?"

"Ouais, ils sont à côté, ils nous attendent." Je l'embrassai une fois de plus puis la relâchai et sortis un pantalon et un t-shirt noir de la commode. J'attrapai une chemise noire mais Bella secoua la tête et m'en tendit une vert foncé. "Assortie à tes yeux."

Je souris et je la pris. "Tout ce que tu veux, baby. Ou devrais-je porter du bleu pour te correspondre?"

Elle secoua la tête avec véhémence. "Oh non, nous n'allons pas être un de ces couples…!"

Je ris et embrassai son nez. "D'accord. Pourquoi ne viens-tu pas me parler pendant que je prends la douche?"

Elle gloussa. "On sait tous les deux que si je fais ça, on ne partira jamais."

Et c'était un problème parce que…? Non, même si je pouvais la convaincre de faire l'école buissonnière, Kate viendrait et jetterait nos fesses nues aux loups. Nous devions le faire. "D'accord, je me dépêche."

Je me précipitai dans la salle de bain et me regardai dans le miroir. Rasage ou barbe de trois jours? "Devrais-je me raser?" demandai-je a Bella. Dave serait furieux si je le faisais, puisque Steven Steele avait à peine le temps de se préoccuper de ce genre de trucs mais si elle le voulait, je le ferais.

"Tu plaisantes? Barbe!" dit-elle. Je souris et je m'habillai, je passai la serviette sur mes cheveux mouillés et les laisser tomber là où il le faut. C'était ce look que les femmes aimaient chez moi. Et comme c'était le plus facile, qui étais-je pour ergoter?

Je sortis de la salle de bains et vis Bella debout près de la fenêtre regarder la ville. Elle était perdue dans ses pensées. "Est-ce que ça va?" demandai-je, en traversant la pièce et en enroulant mes bras autour de sa taille.

Elle soupira et se détendit contre moi, enfouissant son visage dans mon cou. "Juste nerveuse."

Je posai ma joue sur sa tête et je la tins contre moi. "Tout ira bien," jurai-je. "Je ne t'emmènerais pas dehors si je ne pensais pas qu'on pourrait te garder en sécurité."

Elle se retourna et prit mon visage dans ses mains. "Je sais. Je ne pense pas que ce qui s'est passé lundi va se reproduire, pas avec toi et les gardes du corps. Je suis juste nerveuse à propos de tous ces yeux qui seront sur nous. C'est bizarre, tu sais?"

Je le savais, trop bien même. "Oui, c'est vrai. Tout ce que je peux te dire, c'est que tu finiras par t'y habituer et que tu n'y feras plus attention, bien qu'il y ait toujours des gens qui passent à travers les mailles du filet mais ce n'est pas si mal."

Bella rit et embrassa ma joue. "C'est ce qu'on verra. Tu me fais toujours me sentir mieux. Merci, beau gosse." Elle arrangea mon col avant de prendre une grande respiration et de me sourire.

"Allons-y."

Je souris et je lui offris ma main. "Puis-je vous escorter pour la soirée, Isabella?"

Elle gloussa et me regarda avec attention. "Je suppose que je n'ai rien de mieux à faire."

"Oui," dis-je avec un sourire de loup, la faisant rire plus fort. "Mais Kate nous tuerait si nous faisions ce que je veux faire."

Bella sourit et prit ma main, entrelaçant ses doigts avec les miens. "Nous devrons juste le faire quand nous arriveront à notre nouvel endroit. On doit le casser, n'est-ce pas?"

Elle était si parfaite pour moi. "C'est ce que nous feront. J'ai hâte d'explorer tout l'endroit avec toi."

"Calme-toi, Cullen… nous le partageons avec un milliard d'autres personnes."

Oui, c'était dommage. Mais je n'avais aucun doute que nous trouverions un moyen de passer du temps seuls. Je la conduisis à la porte et m'arrêtai avant de l'ouvrir. Je mis sa main sur mes lèvres et embrassai ses articulations. Ses yeux s'assombrirent et sa respiration s'accéléra. "Si c'est trop pour toi, fais-le moi savoir et on partira. Tu es ma priorité, pas la publicité ni la presse. D'accord, baby?"

"Tout ira bien, Edward," me dit-elle en souriant doucement.

J'aimais sa confiance en elle. "Je sais que tu iras bien. Concentre-toi sur moi et ils disparaîtront tous."

"Ça devrait être assez facile," dit-elle. "Tu es tout ce que je vois."

Je souris. "Pareil pour moi, baby. Dans la gueule du loup…" annonçai-je, en ouvrant la porte. C'était parti.

WWS

Ce fut plutôt surréaliste, même pour moi, quand nous sortîmes de l'hôtel main dans la main, flanqués de Toby et Chris. C'était comme s'il y avait eu un moment de silence, comme si personne ne pouvait croire ce qu'il voyait et puis il y eut une explosion de cris et de flashs. Pendant un instant j'aurai souhaité avoir pris les quatre gardes du corps alors que les gens affluaient autour de nous mais Toby était un bloqueur assez efficace, un énorme ancien joueur de football qui ferai paraître Emmett presque normal en comparaison. Il poussa les gens et Bella s'agrippa à ma main. Chris était à côté d'elle sur mes ordres. J'ignorais la bousculade à côté de moi, n'arrêtant pas de marcher jusqu'à l'endroit où Hans attendait avec la limousine.

Je me sentais presque comme si j'étais aux Oscars, bien que la majorité des caméras soit plus loin et tout était en ordre. Ici, c'était une masse de corps, de couleurs et de folie. Pas besoin de se demander pourquoi Bella avait eu peur. Ça m'effrayait un peu et j'y étais habitué. Mais ma copine garda la tête haute, un sourire sur son visage alors qu'on se dirigeait vers la voiture. Des questions sur l'endroit où nous allions, si nous nous étions mariés, si elle était enceinte, furent balancées. Si j'avais voulu répondre à une question, je n'aurais pas eu l'occasion. Nous nous faufilâmes dans la foule et Chris et moi aidâmes Bella à monter à l'arrière de la voiture. Toby gardait les journalistes en arrière. Je montai après elle et Chris s'assis avec nous pendant que Toby allait devant avec Hans et lui ordonnait de décoller.

Un coup d'œil derrière pour voir, comme prévu, des reporters et des photographes courir vers leurs véhicules. Bien. Ils nous suivaient et les autres pourraient déménager. Bella et moi reviendrions à l'hôtel mais en passant par derrière où mon frère nous rejoindrait pour nous emmener dans notre nouvel endroit. J'avais hâte d'être à nouveau caché, ne serait-ce que pour un certain temps.

"Est-ce que ça va?" demandai-je à Bella, en l'étudiant de près. Elle avait l'air bien, pas un cheveu de travers, ses yeux étaient clairs.

"Beaucoup mieux que la dernière fois." Elle me sourit puis à Chris. "Merci."

"Je fais juste mon travail." Je ricanai et échangeai un regard avec Bella. Chris était le moins bavard de tous les gardes du corps et nous nous demandions s'il était comme ça à la maison avec sa femme ou si c'était juste un truc du boulot. Toby et Emmett s'étaient liés d'emblée, discutant régimes, entraînement au combat et toutes sortes de choses. Riley et Alice avaient flirté un peu, alors Kate n'était pas très loin dans ses suppositions. Brian nous faisait tous rire. Dans l'ensemble, je pensais qu'on avait une bonne équipe autour de nous.

Je bougeai un bras autour de Bella et elle se blottit contre moi. "Tu ne m'as pas dit comment s'est passée la conversation avec ta mère," lui rappelai-je, juste au cas où elle pensait que j'avais oublié.

Elle jeta un coup d'œil à Chris mais il regardait par la vitre les voitures qui nous suivaient et écoutait ce que Toby disait dans son écouteur. Garrett avait tout mis en œuvre pour assurer la sécurité. "Tu peux me le dire," lui assurai-je.

"Ça s'est passé comme je pensais que ça se passerait. Elle ne s'intéresse qu'à toi." Bella avait l'air triste et mon cœur se brisa pour elle. Comment cette femme ne pouvait-elle pas voir l'incroyable fille qu'elle avait? "Elle a dit qu'elle serait venue à ma remise de diplôme si elle avait su que tu serais là."

Incroyable. Je me battis pour réprimer la montée de rage que je ressentais et je lui frottai l'épaule pour la soutenir.

"Je suis désolé, baby."

"Ce n'est pas grave. Je m'y attendais et elle ne m'a pas déçue." C'était horrible. En fait, mes doigts me démangeaient de l'appeler pour lui crier dessus, ou mieux encore, appeler ma mère et lui demander de lui crier dessus. Bella secoua la tête.

"Elle voulait tirer profit de mes quinze minutes de gloire."

Salope. Je n'appelais pas souvent les femmes comme ça mais c'est ce que sa mère était. "Comment?"

Bella soupira. "Je ne veux pas te le dire. Ça ne ferait que te mettre en colère."

Comme si je ne l'étais pas déjà? Je lui caressai la joue. "Je ne t'en voudrai pas, toi c'est tout ce qui compte."

Elle s'éloigna et me regarda dans les yeux. "Elle a dit que je devrais essayer de te faire me demander en mariage… avant que tu ne sortes avec ta prochaine co-vedette et qu'on pourrait avoir notre propre émission de télé-réalité où nous planifions notre mariage."

Donc, j'avais tort. Ce n'était pas qu'une salope, c'était une putain de salope. "Bella, je suis si..."

Elle me fit taire avec un doigt sur mes lèvres. "Tu ne peux pas t'excuser pour ma mère. Je ne peux pas m'excuser pour elle. Elle est ce qu'elle est et je ne pense pas qu'elle changera de sitôt mais je lui ai dit que si elle veut faire ... partie de ma vie, elle ferait mieux de réfléchir. J'ai dit que si elle allait voir la presse, elle n'aurait rien à dire parce qu'elle ne me connaît même pas et qu'elle ne pouvait pas contester ce fait. Si elle ne montre pas du respect pour notre relation, elle ne fera pas partie de ma vie de quelque façon que ce soit... et encore moins de la tienne."

J'étais tellement en colère que j'avais chaud. "Je suis si fier de toi."

Bella rit. "Fier de moi pour avoir dit à ma mère d'aller se faire voir ?"

"Oui. Elle avait besoin d'entendre ça. Si la presse s'intéresse à elle, Kate verra cela et poursuivra mais je ne pense vraiment pas qu'elle puisse nous faire du mal de quelque façon que ce soit. Kate a dit que nous recevons beaucoup d'amour de la part la presse et les fans."

Bella rit. "Rose et Alice aussi. Elles ont encore regardé les ragots. Je refuse de lire que les gens veulent mon homme, ma vie et mes vêtements."

Je lui souris. "Eh bien, ce sont de beaux vêtements mais tu es encore plus belle sans eux. Et ils ne peuvent pas m'avoir, ni ta vie… j'aime bien les choses telles qu'elles sont."

Elle me frappa la poitrine en riant. "Nous avons de la compagnie, tu sais."

En fait, j'avais oublié. Chris était totalement discret, c'est pourquoi il avait été choisi pour ce soir. "Je ne peux pas m'en empêcher baby. Tu le fais sortir de moi."

"Ne change jamais," murmura-t-elle avant de m'embrasser. "Tu crois qu'ils sont déjà partis de l'hôtel?"

"Ils devaient attendre environ une heure, donc non. Mais ils vont bientôt partir."

Il ne fallut pas bien longtemps pour que nous nous arrêtions le long d'un trottoir. Prenzlauer Berg était un vieux quartier à Berlin, rempli de boutiques et de restaurants. Nous avions dû choisir quelque chose à l'extérieur avec beaucoup de choses à faire pour notre soirée, spécifiquement pour que la presse puisse avoir ses photos.

"Regarde ça," murmura Bella en désignant un grand bâtiment qui ressemblait à une très vieille église qui s'élevait dans le ciel. "C'est merveilleux."

Ça l'était vraiment. Il y avait aussi un marché, je l'avais lu. Il y avait des stands de nourriture et d'artisanat et autres et j'avais pensé que ce serait amusant pour nous de l'explorer. Beaucoup de gens mais nous étions ici pour cela. Nous allions essayer de nous fondre et de rester des gens normaux pendant un certain temps, si nous le pouvions.

"Es-tu prête, mon amour?" Je voulais sortir de la voiture avant que la presse ne se mette en position pour nous encercler de nouveau. Ils pouvaient prendre leurs photos pendant que nous nous promenions mais je voulais qu'ils affrontent la foule pour nous rejoindre.

"Oui!" Elle était prise par ce qu'elle voyait et ne pensait même plus à la presse, je pouvais le dire. C'était une bonne chose. Je fis un signe de la tête à Chris et il murmura quelque chose. Toby ouvrit la portière et je sortis en premier, tendant la main à Bella. Elle la prit et je l'aidai à sortir, coinçant son corps et m'assurant que sa robe n'était pas remontée. Il ne fallait pas qu'elle ait son moment Britney, merci beaucoup. Elle était géniale, alors je me mis à côté d'elle et nous avançâmes. Je pus tout de suite sentir les yeux sur nous mais je gardai les miens sur Bella.

Elle faisait un demi-sourire et ses yeux étaient écarquillés pour pouvoir tout saisir. "Regarde ces immeubles. Je parie qu'ils sont vraiment anciens. C'est l'une des choses les plus cool en Europe pas vrai? Depuis combien de temps tout ça est là et l'histoire et tout. J'adore ça."

Je la rapprochai de moi et passai mon bras autour d'elle l'aimant, elle et son enthousiasme. " C'est vraiment bien et je suis contente de pouvoir enfin partager ça avec toi."

Elle se concentra pleinement sur moi et avant que je le sache ses bras étaient autour de moi et elle m'embrassait là, sur le trottoir. Une partie de moi entendit les appareils photos mais je repoussai ça et me perdis dans Bella et son moment de complète inconscience de notre entourage. J'avais pensé qu'elle serait inhibée et que je devrais lui rappeler d'ignorer les gens autour de nous mais à la première minute de notre rendez-vous ça y était, il n'y avait que moi qui l'intéressait. C'est ce que j'avais espéré pour nous deux.

Quand nous nous séparâmes enfin, je lui souris et l'embrassai sur le nez. "C'était pour quoi?"

Elle haussa les épaules et reprit ma main. "Je suis tellement contente que tu puisses sortir et voir un peu la ville mis à part l'endroit où tu tournes et que j'arrive à en faire partie, comme ça devrait."

Je lui serrai la main et l'entraînai plus loin sur le trottoir. Il avait des gens qui nous dévisageaient, des appareils pointés sur nous mais j'ignorai tout ça pour me concentrer sur Bella. Les journalistes étaient là mais ils restaient à distance et prenaient leurs photos au lieu de nous crier dessus. Chris et Toby étaient chacun d'un côté, leur laissant prendre ce qu'ils voulaient alors le besoin de venir jusqu'à nous n'était pas là. Et probablement qu'ils voulaient d'autres photos comme celles qu'ils venaient juste d'avoir, ce qui n'arriverait pas si nous étions cernés.

Bella me fit arrêter devant une vitrine de vêtements et elle rigola en me montrant les chapeaux fous allemands. "J'en achèterai bien un."

Je souris. "Ça ressemble à ce que Chevy Chase portait pendant ses vacances européennes de Lampoon." Ses yeux s'illuminèrent et je secouai la tête. "N'y pense même pas, je ne porte pas de lederhosen*."

"Ce n'est pas comme si je ne m'habillais pas pour toi," me fit-elle remarquer calmement.

Comme si je pouvais oublier. J'aurais oublié mon nom avant d'oublier les visions de Bella en prof, en lycéenne/ collégienne, en flic et toutes les autres surprises qu'elle me ferait. "C'est différent baby. Il n'y a rien de sexuel dans ce costume."

"Si tu le dis," dit-elle en rigolant alors que je la tapai. "D'accord pas de costume bavarois. Mais il te faut le chapeau." Elle m'entraîna dans la boutique et choisit un chapeau vert avec deux plumes sur l'étagère. Elle le posa sur ma tête et rit comme une folle à mon allure. Un client prit une photo avant que je puisse l'enlever mais le rire de Bella était plus important pour moi. Nous nous amusions et c'était ce que nous étions venus faire.

Elle m'emmena à la caisse et me remit l'argent avant même que je puisse sortir mon portefeuille. "Non c'est un cadeau," me dit-elle quand je commençai à protester.

Je riais en sortant avec le chapeau dans le sac. C'était une bonne chose qu'elle ne veuille pas que je le porte maintenant. Je l'aurai fait mais je ne préfèrerai pas. "Des cadeaux baby, tu sais quel genre de choses tu voudrais?" Je la dirigeai vers une vitrine avec un mannequin légèrement habillé de lingerie noire en dentelle.

Bella secoua la tête. "Veux-tu vraiment que mon père voie des photos de nous deux entrant et sortant d'un magasin de lingerie chargés de paquets?" Elle n'avait même pas fini sa phrase avant que nous ayons atteint le prochain magasin, ce qui la rire. "Tu es si mignon," fit-elle observer en se calmant.

"Je tiens à la vie," répondis-je, embrassant à nouveau sa main. "Tu as faim?"

Elle sembla avoir de l'appréhension mais elle hocha la tête. "Est-ce qu'il faut aller dans un endroit chic?"

"Non baby tu n'auras pas à manger de la nourriture bizarre de riche. Il y en a par là. Français, turc, italien…" Je m'arrêtai quand je vis ses yeux s'illuminer à italien. "Spaghetti." Nous avançâmes pour arriver à un petit restaurant qui avait une terrasse avec de grandes ombrelles noires. "Est-ce que ça irait?"

Bella sourit. "C'est parfait."

"Tu es juste contente de pouvoir manger quelque chose que tu reconnais," fis-je observer ce qui la fit rire et hausser les épaules.

"Que puis-je dire? Je suis une fille simple - en quelque sorte."

"Il n'y a rien de simple en toi ma belle, sauf combien il est facile de t'aimer, crois-moi."

"Voulez-vous vous asseoir monsieur?" demanda un homme à l'accent italien. C'était réconfortant. Je n'étais pas sûr de ce que les allemands faisaient avec la cuisine italienne, je n'y connaissais rien.

"Je vous remercie." Bella et moi le suivîmes jusqu'à' une table dans un coin et je tirai sa chaise alors qu'elle me souriait. Toby et Chris prirent des chaises à côté de nous, faisant barrière entre la clôture noire et les gens qui commençaient à s'attrouper pour prendre des photos.

"Esmée t'a appris les bonnes manières," observa-t-elle après que je me sois assis.

"Tu t'attendais à autre chose?" demandai-je.

"Non tu es bien mieux que ce que j'avais rêvé."

On nous tendit les menus et je demandai si nous pouvions avoir du vin. Belle rencontra mon regard alors je commandai un vin rouge pour aller avec les pâtes que nous choisirions. Le menu était italien mais c'était facile de reconnaître certains mots alors je n'eus pas à traduire à Bella et je me décidai pour des lasagnes. Mon téléphone bourdonna, c'était un message de mon frère me disant qu'ils avaient pu partir sans problème. Dieu merci.

"Qu'est-ce que tu choisis?" lui demandai-je. Ma main trouva sa jambe sous la table et elle me sourit.

"Poulet au parmesan," décida-t-elle. Ça irait parfaitement bien avec le vin. Une serveuse arriva et resta face à nous me fixant. Bella rigola doucement mais la fille ne s'en aperçut même pas.

"Vous êtes Edward Cullen n'est-ce pas?" demanda-t-elle tenant toujours la bouteille.

Je me préparai et souris. "Oui."

"Je suis une grande fan," me dit-elle avec un accent plus prononcé que la première vous qu'elle s'était adressée à nous.

"C'est génial, merci," dis-je, attendant de voir si elle allait nous servir le vin ou me demander d'avoir des enfants avec elle.

"Puis-je avoir un autographe?" demanda-t-elle.

"Bien sûr, avez-vous un stylo?" Elle regarda autour d'elle confuse et Bella prit son sac en main et en sortit un avec un bout de papier.

"Quel est votre prénom?"

"Isabella." Je souris à ma Bella et griffonnai ma signature, la remerciant de s'occuper de nous. Elle mit le papier dans sa poche avec un grand sourire commença à s'éloigner.

"Excusez-moi," murmurai-je pour l'arrêter. "Pouvons-nous avoir le vin et peut-être passer la commande?"

"Oh scuzi," dit-elle devenant rouge et me tendant la bouteille de vin avec la main tremblante.

Je me levai et la lui pris. "Je l'ai." Je pensai qu'il valait mieux que je nous serve moi-même.

"Que voulez-vous?" demanda-t-elle à Bella qui commanda son poulet parmesan.

"Lasagne pour moi, merci." Je me tournai vers Chris et Toby qui secouèrent la tête tous les deux. Apparemment ils ne mangeaient ni ne buvaient en travaillant. "De l'eau?" demandai-je. Ils acceptèrent et Isabella 'éloigna pour aller chercher notre commande pendant que ma Bella commençait à rire.

"Quoi?"

"J'ai pensé qu'elle allait s'évanouir, j'espère qu'elle arrivera à transmettre notre commande."

Je souris et lui pris la main en jouant avec ses doigts. "Je me fiche du temps que ça prendra, j'apprécie vraiment la compagnie.

Bella rit. "Je suis contente. Sais-tu qu'il y a une trentaine de personnes qui regardent ton dos maintenant?"

Je secouai la tête. "C'est peut-être toi qu'ils regardent. Ou peut-être même le dos de nos gardes du corps."

"Tu penses que ce sera fini après ça?"

Oui je l'espérais. "Peut-être pas complètement mais oui. Nous allons être un joli petit couple ennuyeux pour eux, baby. Pas d'esclandre, pas de tromperie, pas de problème de drogue, tu n'as pas la fièvre acheteuse que je sache…"

Elle rit à ma liste de drames potentiels. "Je vais me faire arrêter pour avoir volé des trucs cools, comme des sex toys…"

Je rigolai. "Assure-toi de prendre Rose avec toi à cette occasion. Ça leur ferait se poser beaucoup de questions sur les frères Cullen et leurs femmes."

"Compte là-dessus," promit-elle avec un sourire.

Maintenant qu'elle était détendue et heureuse je pensais que je pouvais lui demander ce qu'avait mentionné Kate dans la voiture. Je n'allais pas encore mentionner sa mère. En ce qui me concernait ce sujet était clos. "Kate pense que tu pourrais avoir des offres après tout ça."

Elle pencha la tête et m'observa. "Des offres, que veux-tu dire par là?"

"Eh bien un peu comme tu as dit dans la voiture… des émissions de télé réalité ou peut-être une émission de radio ou autre chose."

Elle se refrogna et j'espérai que quelqu'un puisse la prendre en photo. Elle était si mignonne quand elle faisait ça. Je me sentis soulagé d'avoir deviné sa réponse rien qu'à son expression. Je la connaissais bien. "Je ne veux rien de tout ça." Dieu merci. C'était ma Bella. "Tu penses vraiment qu'ils voudraient ça?"

Je ris. "Tu parles d'un monde dans lequel les Kardashians, c'était ainsi la dernière fois que j'ai vérifié, n'ont rien fait d'autre que de s'enrichir et se marier avec des gens riches et qui ont quelque chose comme dix émissions de télé réalité. Oui je pense que tu pourrais avoir quelques offres." Des offres qui sans aucun doute me feraient enrager. Je connaissais tellement bien les magazines féminins qui allaient la contacter. Ils le faisaient avec chaque belle fille et même si elles ne l'étaient pas, elles y allaient et obtenaient toute l'attention des médias.

"Dégoûtant," marmonna Bella. "J'ai déjà suffisamment d'attention sur moi en ce moment, je ne pense pas vouloir en ajouter d'autres qui me suivent exprès, non merci."

"Cela me rend incroyablement heureux d'entendre ça," avouai-je en lui touchant la joue. "Je soutiendrai tout ce que tu voudrais faire mais ça me hérisse de penser à toi dans une de ces émissions sur les épouses de Beverly Hills ou quelque chose d'autre."

"Oh Seigneur! Non, pas dans cette vie ou dans une autre. Je finirai dans Femmes en prison si j'étais forcée de fréquenter les femmes qui sont dans ces émissions."

Elle ne manquait jamais de me faire rire. "Tant que j'ai droit aux visites conjugales…"

"Pervers," dit-elle en rigolant. "Et bien sûr que tu y aurais droit. C'est ce qui attirerait les gens. Regarder la célébrité venir rendre visite à sa petite-amie en prison."

"Petite-amie, tu devrais être ma femme pour être dans l'autre émission," lui rappelai-je.

"Ou ex-femme, ils semblent en avoir plus de celles-là que des autres, je me demande bien pourquoi…" marmonna-t-elle sarcastiquement.

"Tu ne seras jamais mon ex-femme baby," lui promis-je, alors que notre nourriture arrivait.

"Il ne vaudrait mieux pas," prévint-elle avec un sourire. Nous commençâmes à manger et discutâmes, moi de mon tournage et Bella me racontant ce qu'elle avait fait avec Rose, Alice et Kate. J'étais content qu'elles aient passé de bons moments même si elles étaient enfermées.

"Nous avons commandé cette robe dans une boutique qu'elles ont trouvée en ligne, ils l'ont amenée tout de suite," dit Bella totalement émerveillée.

Je rigolai. "Bien sûr qu'ils l'ont fait. Ils veulent que tu deviennes une de leurs clientes. Tout le monde le fait je parie. Attends un peu que ce soit la saison des Awards, tout un tas de créateurs vont vouloir t'habiller."

"Vraiment? Mais je ne suis pas connue."

Ma douce. "Tu l'es et tu ne l'es pas. Tu es avec moi ce qui signifie que les objectifs seront braqués sur toi aussi et qu'ils voudront que tu portes leurs vêtements. Sauf bien sûr si tu fais cette télé réalité et que tu me laisses dans la poussière."

Elle prit un peu de pain et l'enfourna dans ma bouche. "La ferme avec cette merde. Je ne veux pas être célèbre."

Mon repas était merveilleux. Ça faisait du bien de manger quelque chose d'autre que ce qui était amené par le service en chambre ou le service de restauration du tournage. "Que veux-tu être?" lui demandai-je. C'était la première question de ce rendez-vous qui me faisait sourire.

Bella soupira et posa sa fourchette. "Je ne sais pas. Etre professeur était quelque chose que j'avais décidé de faire et j'ai pensé que je pouvais être bonne à ça mais ce n'était pas quelque chose que j'avais envie d'être comme Rose médecin ou Ali infirmière. C'est juste ce qui convient pour un diplôme en anglais. Je ne sais pas si je pourrais l'être maintenant de toute façon."

Il était temps de lui parler de mon idée. J'avais parlé à Marcus et il était ouvert à l'idée qu'elle devienne une lectrice de script mais elle devrait d'abord réussir son "test spécial". Il donnait quelques scripts aux nouveaux lecteurs : un qu'il aimait, un qui lui plaisait et un qu'il détestait et leur demandait de lire et de donner leurs opinions. Celui qui choisissait celui qu'il aimait pour les bonnes raisons avait le job. C'était assez simple. En plus, j'avais d'autres idées.

"Tout d'abord, tu peux être tout ce que tu veux. Il y a beaucoup d'écoles privées dans notre région en charge d'enfants de gens riches et célèbres. Avoir un professeur en couple avec quelqu'un de célèbre ne les ferait même pas sourciller."

Bella rit. "Vrai. Si tes parents sont célèbres, je ne suis personne."

J'embrassai sa joue. "Tu ne seras jamais personne, ne dis pas ça. Ou tu pourrais être prof particulier. Les enfants acteurs ont aussi besoin d'enseignants."

"Je n'y avais pas pensé…" murmura-t-elle, recommençant à manger.

"Tu pourrais aussi être une lectrice de script…" Ses yeux clignèrent. "Marcus est toujours à la recherche de personnes de goût pour parcourir les montagnes de scénarios qui passent par son bureau. Nous savons déjà que tu as du goût. Il adorait la comédie que tu m'as choisie…"

"Vraiment?" demanda-t-elle, semblant excitée. Impressionnant.

"Oui. C'était le meilleur du tas, d'après lui. Il est prêt à t'essayer si tu veux." Je pris une gorgée de vin et ajoutai la partie qui me séduisait le plus. "C'est quelque chose que tu pourrais faire n'importe où…"

Cela la fit sourire encore davantage. "Alors je pourrais être à Londres, avec toi, à me faire payer pour lire - ce que j'adore faire?"

Je ris à son expression. "C'est à peu près ça."

"J'adore ça!" Elle passa ses bras autour de moi et je ris en la serrant dans mes bras. Les appareils crépitèrent mais je les ignorais et appréciais l'enthousiasme de ma copine. Elle se recula, rayonnante. "Quand puis-je lui parler?"

"Quand tu veux, baby. Nous l'appellerons demain si tu veux et lui demanderons de nous envoyer ses scenarios de test."

"Scénarios de test?" demanda-t-elle. J'expliquais le processus et elle sourit. "Je peux faire ça. Ce ne serait pas si difficile."

Son sourire s'estompa et je lui touchai la joue. "Quoi?"

"Est-ce qu'il va m'engager uniquement parce que je suis ta petite-amie? Je ne veux pas..."

Je la coupai avant qu'elle puisse commencer. "Il n'embauchera personne qui ne peut pas faire le travail. Je ne vais pas te mentir… sortir avec moi t'aide probablement à ce que ton nom soit plus haut sur la liste des candidats potentiels mais si tu obtiens le poste, ce sera pour ton mérite, pas comme une faveur envers moi." J'aimais le fait qu'elle ne veuille pas m'utiliser pour s'aider elle-même. Il y avait très peu de personnes que j'avais rencontrées dans ma vie et qui ne voulait pas tirer avantage du fait de me connaître.

"Je ne sais pas," dit-elle en secouant la tête. "Et si je piquais le travail de quelqu'un de plus qualifié?"

Je ris. "Plus qualifié pour lire des scripts? Ce n'est pas une question de scolarité ou de qualifications. C'est une question de goût et d'instinct. Ils passent les mêmes tests que toi. Marcus a déjà embauché des gens qui venaient juste d'obtenir leur diplôme au lycée plutôt que ceux qui avaient une maîtrise. Il faut avoir le bon œil. Je pense que tu l'as. Il est prêt à voir si tu l'as." Je passai mes doigts dans ses cheveux. "A Hollywood, c'est toujours une affaire de qui tu connais. Il y a peu de gens dans cette ville qui ont débuté autrement. Ma mère m'a fait commencer, après tout."

"Vrai," dit Bella, en recommençant à sourire. Je lui souris et elle fit un grand sourire. "Ok, eh bien, tu m'as donné quelques options et je dois admettre que le job de Marcus me semble bien. Peut-être que je pourrais lui parler et voir à partir de la."

"Absolument," j'étais d'accord. "Pour des raisons purement égoïstes, j'espérais que tu te pencherais vers ce choix. Mais tu peux faire tout ce que tu veux y compris rien du tout." Cela me valut une grimace qui me fit rire. "Je sais, ce n'est pas une option."

"Je suis consciente que je ne serai jamais sur un pied d'égalité avec toi, financièrement mais ça ne veut pas dire que je vais m'asseoir avec les pieds dans la piscine toute la journée pendant que tu travailles comme un fou."

"Je sais, baby. J'adore ça chez toi. Bien que j'espère que tu te prélasses à la piscine de temps en temps et dans un minuscule bikini."

Elle rit et secoua la tête. "Tu es incorrigible."

"Tu vois? Tu utilises des mots cool comme incorrigible. Ce travail est totalement pour toi."

"T'es vraiment un abruti."

"Et tu m'aimes…" lui rappelai-je.

Elle sourit et se pencha vers moi. "Oui," murmura-t-elle avant de m'embrasser. Je gémis et oubliai totalement que nous avions un public.

"Reculez," gronda une voix et Bella et moi nous retournâmes pour voir Toby dominant un gars qui était en train d'essayer de prendre une photo. Il était beaucoup plus près que le reste des photographes et Toby n'aimait clairement pas. "Monsieur?" me demanda-t-il.

Je jetai un coup d'œil à Bella. "Prête à partir, baby?"

"Oui," dit-elle. Je demandai l'addition et payai rapidement. Chris ouvrit la voie et Toby resta derrière nous. Maintenant que je faisais attention c'était fou le nombre de personnes qui était amassé le long de la petite clôture noire et qui nous regardait sortir du restaurant. Certains étaient des paparazzi, d'autres des passants. En fait, la Californie me manquait. Les gens étaient beaucoup plus blasés là-bas en ce qui concernait les célébrités.

Nous avançâmes main dans la main dans la rue, en nous arrêtant dans différents magasins. J'achetai à Bella une horloge coucou qui allait probablement me rendre fou mais qui était en fait plutôt cool avec ses pommes de pin et son sapin. Elle m'acheta un verre de bière en forme de botte.

J'avais dû signer plusieurs autres autographes pour des gens courageux et curieux mais ce n'était pas aussi mauvais que je l'avais craint. Les photographes étaient là mais restaient à distance.

"Pouvons-nous aller voir l'église avant de partir?" demanda-t-elle.

"Nous pouvons voir si elle est ouverte," dis-je, incapable de lui refuser quoi que ce soit. Nous nous dirigeâmes vers l'église et nous arrêtâmes à plusieurs mètres. C'était énorme et imposant, semblant s'étirer très haut dans le ciel.

"L'église St Augustinus," lus-je sur la plaque à l'extérieur. "1927."

"Pas aussi vieux que je le pensais mais c'est incroyable," murmura-t-elle. Je ne savais pas si elle était au courant que les gens nous regardaient mais elle me sourit. "Je parie qu'ils se demandent si nous nous faufilons pour nous marier."

Je ris et passai mes bras autour d'elle. "Voudrais-tu le faire?"

Elle était surprise. "Quoi?"

L'expression sur son visage! Je n'aurais pas pu l'étourdir davantage que si j'avais mis son bien-aimé Lederhosen et fait une danse au milieu de la rue. "Je ne voulais pas dire maintenant, baby. Je me demandais juste si tu aimerais te marier dans un endroit comme celui-ci."

"Oh." Etait-elle déçue? Elle voulait que je la demande en mariage maintenant? Je le ferais en un clin d'œil. Bien sûr, j'avais besoin d'une bague et en fait j'avais un plan pour le quand et comment mais si elle voulait brûler les étapes je n'avais aucun problème à le faire.

"Non," décida-t-elle. "Je ne voudrais pas qu'il s'agisse d'une sorte d'attraction où on évite la presse et tout ça. Je voudrais me marier dans notre chalet."

"Vraiment?" lui demandai-je, en lui souriant. Nous étions sur la même longueur d'onde. Ça faisait en sorte que la vie et notre avenir soient ainsi beaucoup plus faciles.

"C'est là que tu m'as dit que tu m'aimais et que j'étais à toi. Il n'y a pas de meilleur endroit."

Pour moi non plus. "Ça me semble parfait, mon amour."

Nous regardâmes l'église quelques instants de plus avant qu'elle se tourne vers moi et me sourie. "Allons voir ce qu'il se passe et ou où sera la maison pour les deux prochains mois."

"Ça m'a l'air bien." Je pris sa main et Chris et Toby nous emboitèrent le pas. Nous montâmes en voiture et retournâmes à l'hôtel. Bella se blottit contre moi et je lui caressai le bras. J'envoyai un texto rapide à Emmett pour lui dire que nous étions en route.

"Je viens de réaliser que nous avons besoin de nourriture." Plus de service d'étage.

Bella rit. "Tu viens de t'en rendre compte? On s'en est occupé. J'ai fait une liste c'est Garrett qui s'en est chargé. On s'en sortira."

"Mais tu ne devrais pas avoir à cuisiner en vacances, baby."

Elle me regarda. "Je suis sûre qu'on mangera beaucoup dehors mais j'adore cuisiner. J'attends avec impatience de pouvoir jouer dans cette cuisine de luxe dont Garrett m'assure qu'elle a tout ce dont nous pourrions avoir besoin. Et j'ai hâte de cuisiner pour toi à nouveau."

Je l'embrassai. "J'ai l'impression que tout tombe en place, n'est-ce pas? Comme si nous allions enfin être ensemble. Tout le monde sait pour toi, on vit ensemble, tu vas travailler avec Marcus, peut-être…" dis-je quand je vis son expression.

"C'est excitant," dit-elle. "Même s'il y aura d'autres personnes dans les parages, on aura l'impression d'être seuls à la maison."

Je ris. "Il y a d'autres personnes à la maison. Emmett."

Elle gloussa. "Vrai. Ce sera comme à la maison, avec des gardes du corps. Je vais devoir cuisiner beaucoup." Elle lança un coup d'œil à Chris. "Tu ne veux peut-être pas manger quand on sort mais tu vas manger quand on reste à la maison."

Il sourit. "D'accord, Mlle Swan." Je pensais que c'était les seuls mots que je lui avais entendus dire.

"Bien." La voiture s'arrêta devant l'immeuble et nous sortîmes. Il y avait beaucoup moins de presse mais certains s'étaient dépêchés de prendre quelques photos pendant que nous rentrions dans l'hôtel, ce à quoi nous nous attendions. Chris et Toby nous escortaient mais ce n'était pas aussi intimidant qu'en sortant. Nous atteignîmes le hall sans aucun problème et coupâmes directement vers la sortie arrière, par laquelle nous étions entrés la nuit où nous nous étions fait prendre. J'avais l'impression que c'était il y a des semaines non pas de jours.

Toby jeta un coup d'œil puis nous donna le feu vert et nous fonçâmes dans le gros SUV noir. Chris entra après Bella et Toby. Mon frère nous sourit. "Prêts à partir, les tourtereaux?"

"Ramène-nous à la maison, Em," lui dis-je. J'avais vraiment l'impression que notre vraie vie ensemble avait commencé et je me sentais sacrément bien. Notre temps ensemble n'avait pas été long mais j'avais l'impression de connaître Bella depuis toujours.

"Je t'aime," murmurai-je, la faisant sourire. Je me penchai pour lui chuchoter à l'oreille. "Je t'aurais épousée dans cette église si tu l'avais voulu."

"Je t'aime aussi," murmura-t-elle en retour. "Je dirai oui quand tu le demanderas vraiment."

"Je sais," dis-je avec un sourire suffisant, même si mon estomac se retournait d'excitation.

Bella rit. "Je dois avoir cette émission de télé-réalité, après tout..."

Je la chatouillai et elle cria. "Hé, arrêtez derrière, vous deux! Pas de distraction pour le chauffeur!" beugla mon frère.

"D'accord, Em." Je montrai Bella du doigt. "Je vais avoir de la réalité pour toi… dès qu'on arrive dans notre chambre."

"Notre réalité est la meilleure," me dit-elle en se blottissant contre moi.

C'était vrai. "Je vais faire de tous tes rêves une réalité, Bella."

"Tu l'as déjà fait." Peut-être que je l'avais fait. Mais si elle en avait d'autres, je les réaliserais aussi.

*Costume typique de la Bavière