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ALICE

Il n'a que dix-sept ans

C'était vraiment bizarre d'être de retour ici, seule. Je regardai autour de l'appartement que j'avais partagé avec Bella et Rose au cours des trois dernières années et j'eus la sensation familière des larmes que je fis rapidement disparaitre. Non je n'allais pas pleurer aujourd'hui et je n'allais certainement pas pleurer sur ça. Mes meilleurs amies avaient trouvé leurs moitiés et allaient de l'avant avec leur vie et moi aussi, même si je le faisais seule alors qu'elles avaient trouvé leur âme sœur.

Je n'allais pas leur reprocher leur bonheur. Nous avions tous de bonnes choses à faire après tout. Mon travail commençait la semaine prochaine, pas vrai? Et ce n'était pas comme si j'allais rester seule pour longtemps. Rose et Emmett seraient là dans quelques semaines. Oui c'était temporaire mais c'était déjà quelque chose. Je me sentais triste et solitaire parce que j'avais dû quitter Berlin plus tôt pour être de retour à temps pour commencer à travailler. Bien sûr je pensais que Rose et Bella rentreraient dans quelques semaines mais j'aurais dû m'en douter… Bella et Edward n'allaient pas survivre à des mois l'un sans l'autre. Juste un mois avait été assez difficile pour eux deux. Je devais admettre que Rose m'avait surprise cependant. Qui aurait cru qu'elle retarderait l'école de médecine et qu'elle se ferait transférer à l'UCLA pour Emmett?

C'était tellement inattendu que Rose abandonne ses projets pour un homme mais je suppose que cela montrait que l'amour exige des compromis. C'était sûrement pourquoi il m'avait échappé pendant vingt-deux ans et quelques. Presque vingt-trois. Peu importe. Ce n'est pas comme si j'avais voulu être installée ou autre chose, c'était simplement difficile de voir ses amies dans une relation sérieuse et ne pas en faire partie. Je ne savais pas vraiment ce que je ratais avant de les voir tomber si fort et si vite. Ou peut-être je savais parce que… non, je n'allais pas aller par là. Pas aujourd'hui.

Je regardai l'horloge et vis que j'avais une heure. Pourquoi étais-je prête si tôt? Sûrement parce que j'étais nerveuse. Je ne l'étais jamais, merde, et ça n'allait pas commencer aujourd'hui. Peut être que je pourrai appeler les filles. Non. Non il était dix heures du soir à Berlin et elles étaient blotties contre leur homme à cette heure-là.

Seigneur qui pourrait le croire? Vraiment. Il y a seulement cinq mois nous étions dans cette pièce en train de regarder Edward à la télévision et avions entendu qu'il jouait à Words with Friends. Ça avait été mon idée d'essayer de le trouver en jouant mais bien sûr et contre toute attente ça avait été Bella qui avait réussi et ensuite contre de plus grandes attentes encore il était tombé amoureux d'elle. Je n'étais plus jalouse de ça. Je pourrais honnêtement dire qu'Edward et elle devaient être ensemble. Pour Rose et Emmett je n'étais pas surprise non plus. Rose arrivait à obtenir tout ce qu'elle voulait. Bella n'aurait pas rencontré Edward mais Rose aurait pu trouver Emmett, elle l'aurait traqué et l'aurait pris. Aucun doute à ce sujet pour moi.

Juste pour aujourd'hui je souhaitais avoir leur courage. Je n'étais pas faible c'était sûr mais Rose pouvait remuer la merde et s'en sortir en sentant eh bien… la rose. Elle avait envoyé Jessica en cure de désintoxication et avait divulgué l'histoire à TMZ pas vrai? Puis elle avait demandé à Mike Newton de divulguer la vraie histoire de Bella l'Unabomber. Aucune de nous n'avait pensé que Jess était allée vers Tyler et qu'il l'avait rejetée. D'une certaine façon Mike n'avait été que trop heureux d'aider Bella. J'étais absolument sûre qu'à présent il comprenait qu'il n'avait eu aucune chance avec elle. Si Jess apprenait que Rose avait été celle qui l'avait détruite, elle ne pourrait rien y faire. Et franchement quand elle sortirait de désintox elle ferait mieux de se faire oublier ou alors elle se ferait botter le cul par chacune de nous. Une acolyte, oui c'est ça. Je n'avais pas oublié. Je n'étais l'amie de personne, merci beaucoup.

J'étais la cinquième roue de la charrette, peut-être mais je devais admettre qu'ils ne m'avaient jamais fait sentir de cette façon. Ils m'incluaient dans toutes leurs activités qui n'étaient pas dans leur chambre et dont je ne voulais pas vraiment faire partie… peu importe ce qu'Emmett en disait. J'étais à peu près sûre qu'il ne plaisantait pas quand il parlait de parties à trois après que Rose ait fini de faire ce qu'elle lui faisait dans l'intimité de leur chambre. Dégoûtant. C'était des monstres mais ils allaient bien ensemble. Tous.

Peut-être que j'aurai dû accepter l'offre d'Edward qui m'avait proposé de prendre Riley avec moi. Ce n'était pas qu'il me manque ou quoi que ce soit, c'est juste que je n'étais plus habituée à être seule. Bien sûr ça aurait été bizarre qu'il soit là aujourd'hui comme si nous couchions ensemble ou quoi que ce soit. Nous avions partagé de bons moments en tout bien tout honneur. Ce n'était pas comme si j'avais pu rencontrer des allemands au hasard et les ramener au penthouse, après tout. Pourquoi est-ce que je me sens si coupable? Il n'y a aucune raison. Je n'avais pas de petit-ami. J'avais juste un… peu importe ce qu'il était.

Jasper. Personne avant ne s'était infiltré sous ma peau et y était resté comme lui. Ouais Jared et moi étions restés ensemble pendant deux ans mais quand nous n'étions pas ensemble je ne pensais pas à lui. Pas comme avec Jasper. Attraper mon téléphone le matin était la première chose que je faisais ainsi que la dernière quand je me couchai. Et un nombre incalculable de fois entre les deux. Le soir où il était allé au bal de fin d'année avec cette autre, j'avais tellement embêté les filles que Rose avait confisqué mon téléphone – à ma demande – pour ne pas que je l'appelle et lui dise à quel point j'étais jalouse et que je voulais botter le cul de son rendez-vous. Moi! Jalouse d'un bal de fin d'année… Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi?!

Il avait dix-sept ans. Il vivait avec ses parents, il devait avoir de l'acné et avait sûrement culbuté des filles à l'arrière de sa voiture au lieu d'un lit comme n'importe quel garçon qui se respecte le fait et putain je voulais être cette fille dans sa voiture. Je voulais être celle à qui il envoyait des poèmes volés et à qui il tenait la main et nous ferions l'amour dans une prairie recouverte de fleurs. Jasper était romantique et idéaliste et probablement pas assez blasé pour moi! Je l'aurais corrompu si on m'en avait donné la chance. Et maintenant je l'avais.

Je ne pouvais pas croire qu'il était ici. Il était à l'université, visitant et décidant s'il viendrait ici à la rentrée prochaine. Et il le faisait pour moi. Je ne pouvais pas faire semblant et quand j'avais essayé, quand je lui avais dit que l'Université de Washington avait l'un des meilleurs départements de biologie du pays, il avait ri et m'avait dit que ça lui était égal, il venait pour être près de moi. C'était à la fois terrifiant et excitant.

Alors j'allais le rencontrer et nous verrions. J'allais vraiment essayer de le dissuader de faire des choix pour son avenir en fonction de moi. Déjà j'étais trop vieille pour lui et l'université est si importante pour qu'il fasse son choix à cause d'une fille. Toutes les filles, pas juste moi. Il avait tellement confiance que nous finirions ensemble, peu importait ce que je disais concernant la différence d'âge et l'amitié et qu'il ait besoin de vivre les expériences de l'université ainsi que je l'avais fait, passer du bon temps, sans être lié, sans blesser quelqu'un. Evidemment ça me faisait mal de lui dire ça mais putain j'avais raison. Il fallait qu'il vive avant de décider que j'étais celle qu'il lui fallait. Il ne pouvait pas savoir, même moi je ne savais pas.

Pourquoi Bella et Rose n'étaient pas ici. Bella me calmerait en me disant que je m'inquiétais pour rien, que Jasper et moi parlions depuis des mois maintenant et que je n'avais pas à avoir peur. Rose m'aurait dit de le baiser et de le faire devenir un vrai homme. Dieu qu'elles me manquaient. Elles ne savaient même pas qu'il venait. Je ne le leur avais pas dit. J'avais voulu mais j'avais eu peur qu'Emmett le découvre et me taquine sans pitié. J'avais pris le pendentif en jaspe qu'il m'avait acheté quand nous étions allés à Prague pour un long week-end. J'avais prétendu être énervée bien sûr mais sérieusement je l'aimais.

C'est l'heure. Je le retrouverai sur la place centrale parce que pour une première rencontre un lieu public serait plus sûr au cas où il serait un tueur en série, pas que j'imaginais que cela puisse arrêter un tueur en série. Mais je le faisais parce que ça m'effrayait de le rencontrer seule à mon appartement. Je le voulais. Du moins je pensais que je le voulais. J'aimais cette idée. Est-ce que je le voudrai quand il serait réel? Je ne savais pas mais il vaut mieux prévenir que guérir. Ou mieux comme dirait Emmett finir dans Attraper le prédateur. Je le détestais et il me manquait. Dans trois semaines Rose et lui seraient ici. Je le verrai bientôt. Seigneur ma tête était en vrac. Je n'arrivais pas à me décider à ne pas aimer Emmett. Chaque fois qu'il me disait une méchanceté il faisait quelque chose de gentil. Il me rendait folle.

Eh bien nous y étions. Sors par cette porte et marche vers la place. Rien de plus facile. Très peu d'étudiants sont de retour donc je n'ai pas à m'inquiéter de rencontrer quelqu'un que je connais, merci. Ils se demanderaient probablement si mon petit frère était en ville. Dix-sept ans. Pourquoi devait-il avoir dix-sept ans? Et il n'en aurait pas dix-huit avant quelques mois. Seigneur je n'arrive pas à le croire!

Ça y est l'endroit du rendez-vous juste à côté de la bibliothèque. Je suis habituée à retrouver Bella ici. Je n'arrive pas à croire que je ne la verrai plus ici sauf si elle vient pour me voir ou autre chose. Mais qui voudrait ça? La prochaine fois que je la verrai il vaudrait mieux que ce soit à Hollywood où je pourrai être entourée par de riches et fabuleux acteurs dans des robes de créateurs et des garçons avec des costumes Armani. Colin Firth, qui n'était nulle part à dix-sept ans, pourrait me jeter un coup d'œil et quitter son épouse sur le champ. Ce serait merveilleux. Il n'y avait pas de place pour quelqu'un comme Jasper dans ce scénario. Il pourrait aller trainer avec les fans ado d'Edward et là il pourrait rencontrer le véritable amour et tout oublier de la vieille pour qui il croyait éprouver des sentiments réels.

"Alice."

Je connaissais cette voix aussi bien que la mienne. Il tenta de faire sortir mon nom de manière rassurante avec son accent du sud. Je me tournai et avalai presque ma langue en le voyant. Il ne paraissait pas dix-sept ans. Il était grand, très beau et dangereux. Oh putain tellement dangereux. Ses cheveux blonds brillaient au soleil. Il avait les cheveux trop longs à mon goût mais j'eus de suite envie de passer mes doigts dedans. Il avait des yeux bleus brillants, qui pouvaient directement voir dans mon âme, dans un visage parfait. Peut-être là, juste dans ses joues, il avait l'air d'avoir dix-sept ans. Il avait l'air doux et intact sauf ses yeux. Ils étaient invitants, donnaient envie de le toucher et enfer beaucoup plus. Putain!

Il était vraiment grand. Minimum plus de trente centimètres de plus que moi. Il portait un t-shirt bleu moulant sur son corps trop beau pour dix-sept ans. Il avait un sacré torse que je voulais explorer avec mes mains et ma langue. Et des jeans. Seigneur ce garçon pouvait porter des jeans. Je mourrai d'envie de lui passer derrière pour voir son cul.

Je devrais probablement arrêter de le regarder et parler ou autre chose. Regarde ce sourire. Regarde comment ses yeux brillent comme si ma réaction l'amusait. Où est mon doux poète? Il ressemble plus au cow-boy robuste que j'imaginais me prendre sur une peau d'ours. En a-t-il une? Pourquoi est-ce que je pense à ça? Parce qu'il est super torride voilà pourquoi. Dix-sept ans. Il a dix-sept ans. N'oublie pas.

"Jasper," réussis-je finalement à dire en lui faisant mon meilleur sourire ou ce que j'espérais être mon meilleur sourire et non une grimace parce que je pensais à des choses auxquelles je ne devrais pas.

"Je suis ravi de te rencontrer," fit-il et seigneur… je jure que sa main alla à sa tête comme s'il s'attendait à avoir un chapeau et un lasso pour me capturer, juste comme ils le font dans les films. Edward l'avait fait dans son film sur le rodéo et je suis presque sûre d'avoir eu un mini-orgasme au cinéma. Ça allait cependant parce que techniquement c'était avant que Bella ne soit avec lui. Je ne voulais pas avoir un mini-orgasme à présent. Je voulais en avoir un grand et long où je verrai des étoiles et crierai le nom de Jasper alors qu'il me prendrait encore et encore. Dix-sept ans! Arrête!

J'avais besoin d'un de ses aiguillons ou quelque chose, je pourrai me punir moi-même quand mes pensées dévieraient vers de dangereux endroits. Peut-être que Jasper en avait un. Il devait probablement avoir tout un tas de trucs intéressant comme des cordes et étriers, des selles et autres. Je me mets à penser comme Rose. Assez!

"Je suis ravie de te rencontrer aussi." Je ne savais pas ce que je devais faire maintenant. Le prendre dans mes bras? Non ça serait probablement une mauvaise chose. Une très bonne mauvaise chose mais quand même une mauvaise chose. Devrai-je me lever? Rester assise? Devrai-je lui demander de venir chez moi comme ça je pourrai lui monter comment je monte? Mauvais Alice.

Son sourire fit son apparition. Merde. J'allai avoir besoin d'une autre culotte. Est-ce que j'avais mis des sous-vêtements coquins sous ma robe innocente. La robe rose qu'il pouvait voir, le rose était sûr. Le noir c'était pour me faire sentir en sécurité et me faire me souvenir que j'étais une femme. Une femme qui ne devrait pas penser à des trucs sexy quand ça concernait un ado de dix-sept ans.

Sa main vint vers moi et je ne pus m'empêcher de remarquer qu'il avait de longs doigts. De longs doigts n'étaient jamais une mauvaise chose. Je me retrouvai à sourire alors que je les attrapai. Ses doigts touchèrent les miens et je ressentis ce simple contact jusqu'au bout de mes pieds. Putain qu'est-ce que c'était que ça?

"Merci," murmurai-je souriant vers la jolie fleur. J'aimais les tournesols mais je ne me souvenais pas le lui avoir dit. "Comment tu sais?" demandai-je.

Il rigola en s'asseyant de l'autre côté de la table, ses genoux touchant les miens, le tissu rude contre ma peau nue. Je me retins de grogner.

Il sourit à nouveau. Fatal voilà ce qu'il était. "Elles me font penser à toi," répondit-il. "Elles sont éclatantes, belles et plus grande qu'une fleur devrait l'être."

Seigneur cette voix. "Je ne suis pas grande," fis-je remarquer sans que ce soit nécessaire. Il avait bien dû le remarquer.

Il rit et je frissonnai à ce son intense et sexy. "Bon, tu es un petit paquet super mignon, je l'admets mais tu es bien plus grande que la vie pour moi." Il tendit la main et fit bouger ses doigts sur ma joue. "Un tournesol montre l'adoration. Je pense que ça correspond parfaitement."

Adoration? Il m'adore? Il est fou. Il est fou, beau et parfait. Bon sauf pour le truc de petit. Et son âge stupide.

"Où l'as-tu trouvés?" demandai-je.

Ce sourire lent et sexy réapparut. "Bon au Texas nous avons plus que des ranchs et des vaches, douce Alice. Tu devrais savoir que j'aime lire."

"Poèmes," murmurai-je, en me souvenant des merveilleux mots qu'il m'avait envoyés.

"Seulement depuis que je t'ai rencontrée," me dit-il en secouant la tête. "Je n'avais pas les bons mots pour te parler alors il fallait que j'en emprunte à quelqu'un."

Mon cœur fondit à cette image de lui cherchant des poèmes pour moi. "Tu as beaucoup de jolis mots pour moi, Jasper."

Des émotions que je ne pus définir passèrent dans ses yeux. "Ce n'est jamais assez pour toi."

Non, mon doux garçon. "Ils sont mieux que bien. Ils sont beaucoup. Je ne peux pas…" Je m'arrêtai parce que si je le disais il ne me laisserait jamais partir. Je ne voulais pas qu'il me laisse partir. Mais il le ferait.

"Tu ne peux pas quoi?" Il prit ma main gauche et la tint. Il était chaud. C'est lui qui était comme un tournesol pas moi.

"Je ne pourrai pas arrêter de penser à toi… même si j'essayais?" admis-je. Il sourit à nouveau, une expression de soulagement sur le visage. "Je veux cependant. Je dois," ajoutai-je.

Son sourire se fana et sa prise sur ma main se resserra. "Pourquoi?" demanda-t-il. "Tu ressens la même chose que moi, Alice. Je peux le voir dans tes yeux. Je peux l'entendre dans ta voix. Je l'ai su avant de venir ici. Je ne serai pas venu si je ne l'avais pas su."

Pourquoi devait-il me lire si bien? Ce n'était pas juste. "Parce que tu es trop jeune, Jasper." Mes mots semblaient fous à mes oreilles et à en juger par son expression, il ressentait la même chose.

"Trop jeune pour quoi Alice? Trop jeune pour savoir ce que je ressens? Trop jeune pour savoir ce que tu ressens? Parce que je le sais. J'ai passé des heures, des jours, des mois à apprendre à te connaitre et je ne comprends pas pourquoi tu laisses quelque chose d'aussi ridicule qu'un nombre nous arrêter."

Mon cœur battait fort dans ma poitrine. Savait-il cela aussi? Probablement. "Ce n'est pas ton âge…" commençai-je. Son visage montra le plus complet découragement à ce que je disais. "Non! J'admets que je déteste ton âge mais ce n'est pas un nombre, c'est de l'expérience!"

"Expérience," dit-il en s'appuyant contre le dossier. "Qu'est-ce que tu veux dire exactement par expérience?" N'était-ce pas évident? "Est-ce que tu parles de sexe?" demanda-t-il soudainement me faisant m'exclamer de surprise.

"Quoi? Non!" Pas exactement.

"Bien sûr que oui." Ces yeux magnifiques étaient brillants et plissés par la colère. Bon Dieu, il était beau quand il était en colère. "Dis-moi, Alice." Il était penché en avant maintenant, cet incroyablement beau visage proche du mien. Je pourrais me pencher et je pourrais avoir mes lèvres sur les siennes. Je le voulais plus que tout. "Dis-moi combien de filles je dois baiser avant d'être jugé assez expérimenté à tes yeux."

Je reculai de surprise. Il n'aurait pas pu me choquer plus s'il m'avait frappé. Mon Jasper n'utilisait pas de mots tels que 'baiser'. Il disait de faire l'amour. "Quoi?" demandai-je, hébétée. Une partie de moi était excitée à l'idée qu'il utilise ce mot, je ne vais pas mentir. Une autre partie de moi détestait l'idée qu'il baise quelqu'un d'autre que moi.

"J'ai demandé combien de filles je dois baiser avant de savoir que tu es la seule fille que je veux. Deux? Cinq? Dix? Dis-le-moi, s'il te plaît, que je puisse m'en occuper." Sarcasme. Le garçon maniait bien le sarcasme. Du moins, j'espérais que c'était ça. Parce que j'étais vraiment en colère à l'idée qu'il baise n'importe quelle fille, encore moins dix.

"Ce n'est pas ce que j'ai dit!" protestai-je. "Je parlais des expériences de la vie."

Ces yeux bleus laser se concentrèrent sur moi. Ils étaient hypnotiques. "Quelles expériences?"

Je bougeai inconfortablement sous son regard. "Comme, l'université."

Il sourit. "J'ai l'intention d'aller à l'université. C'est pour ça que j'ai passé la matinée à visiter ce campus avec mes parents."

Ses parents étaient là. Je ne pouvais pas le ramener à la maison et le ravager, ils m'auraient totalement fait arrêter et Emmett ne m'aurait jamais laissée en paix. "Oui, mais tu ne veux pas de petite-amie pendant que tu es à la fac."

Il gloussa. "Et pourquoi pas?" demanda-t-il. "Pourquoi je ne le voudrai pas?"

Il tournait mes mots et il m'était difficile de faire valoir mon point de vue en parlant de sexe et de baise. Il retournait mes mots contre moi et je ne savais pas quoi faire. "Parce que tu devrais être libre de t'amuser à la fac. Tu n'as pas besoin de quelqu'un qui te tire vers le bas. Que se passera-t-il quand tu rencontreras une fille vraiment géniale avec qui tu voudras sortir?" Je lui donnerais un coup de pied dans les dents, si ça arrivait.

"Alice, crois-tu au moins un mot de ce que tu dis?" demanda-t-il, souriant à nouveau.

"Oui!" Il haussa un sourcil. "Non!" Le sourire réapparut. "Je ne sais pas ce que je veux dire. C'était tout à fait logique jusqu'à..." Jusqu'à ce qu'il vienne ici et qu'il soit beau et me fasse ressentir des choses que personne d'autre ne m'avait jamais fait ressentir avant.

"Jusqu'à quoi…?" m'incita-t-il à continuer.

"Jusqu'à ce que je te voie!" Je levai la main qu'il ne tenait pas, soulevant mon tournesol. "Je savais que tu étais magnifique, évidemment mais je me suis dit que je pouvais l'ignorer et te convaincre que tu avais besoin de vivre un peu avant qu'on ne pense à ceci."

"De quoi?" demanda-t-il en inclinant la tête, en souriant ce beau sourire.

"Ceci! Toi et moi et cette idée qu'on est ensemble! C'est de la folie!" Je voulais être folle. Je voulais être déraisonnable et pas adulte à ce sujet.

"Est-ce plus fou que ton amie Bella rencontrant Edward Cullen de la même façon dont nous nous sommes rencontrés et qu'ils tombent amoureux?" Y avait-il quelque chose de plus fou que ça? "Non."

"Est-ce plus fou qu'Emmett et Rose, qui se sont battus et se sont faits arrêter et ils ont aimé ça?"

Je lui avais trop parlé de mes amis. Il n'était pas censé les utiliser contre moi. "Personne n'est plus fou qu'Emmett et Rose…" admis-je.

"Les choses vont plutôt bien pour eux, n'est-ce pas?" demanda-t-il, étant tout à la fois logique et ennuyeux.

"Tu sais que oui," murmurai-je.

"Eh bien, alors…" Il sourit triomphalement. Qu'il soit maudit.

"Ils ont déjà vécu ces expériences," dis-je, en m'agrippant à tout ce que je pouvais.

"Alors si j''apprends tout ce que j'ai besoin de savoir à la fac, serai-je assez bien pour toi?" demanda-t-il, ayant l'air soudainement très sérieux.

Quoi? Non! "Assez bien pour moi ? Jasper, tu es déjà trop bien pour moi. Je ne sais pas si je serais bien pour toi."

Il entrelaça nos doigts. "Pourquoi tu dis ça?"

Seigneur, comment puis-je lui expliquer? "Je pourrais te limiter. Tu ne sais pas ce qu'est la fac. Et si tu venais ici, pour moi et qu'ensuite tu veuilles partir ? Ou, parce que tu es un type bien, tu restes avec moi par obligation, parce que tu ne veux pas me faire du mal. Je me détesterais si je ruinais ta vie."

Jasper tendit la main et me toucha la joue. J'avais l'impression que tous les nerfs de mon corps étaient attachés à cet endroit. "Tu ne pourrais jamais ruiner ma vie, Alice. Jamais." Ses yeux brûlèrent les miens. "Je ne peux pas te donner de garanties mais honnêtement, je ne pense pas en avoir besoin. Tu ressens la même chose que moi en ce moment. Je sais que c'est le cas. Et peu importe que j'aille à la fac ici ou au Texas. Je ne vais pas t'aimer moins." Amour? Il m'aimait?

Il rit de ma réaction. "Je vois à l'expression de ton visage que tu ne t'attendais pas à ce que je dise ça. Est-ce parce que tu ne le ressens pas ou parce que tu n'es pas prête à le dire à haute voix?"

Il était ici, devant moi, en train de tout mettre sur la table et oui, j'avais peur de le dire à haute voix parce que c'était insensé. C'était fou. C'était comme Bella, Edward, Emmett et Rose. "Tu ne peux pas..."

"Ne me dis pas que je ne peux pas savoir que je t'aime," m'interrompit-il, furieux et tout sexy à nouveau. "Je le sais depuis des mois. Et ne me dis pas que j'ai besoin de vieillir et d'expérimenter la vie pour savoir ce que je veux. Je le sais. Si tu ne sais pas, c'est très bien. Je m'en irai et je vivrai ma vie et j'attendrai que tu viennes à moi. Parce que tu le feras, Alice. Ce serait beaucoup plus facile si tu me laissais venir à toi, tel que je suis mais je sais que tu es têtue. Tu veux vraiment attendre, seule, à te demander avec qui je suis ou ce que je fais? Ou tu veux être celle avec qui je suis, maintenant?"

Il avait raison. Je le ferais. J'irais le voir, chapeau à la main ou quoi que ce soit d'autre que les gens font au Texas, et je le supplierai de me prendre. Tiendrai-je un an? Cinq? Je ne savais pas mais je savais qu'il n'y avait personne d'autre pour moi. "Je n'allais pas dire que tu ne peux pas savoir."

"Qu'allais-tu dire?" demanda-t-il.

Je me forçais à être honnête. "Tu ne peux pas venir ici à cause de moi." Je lui lançai un regard quand il commença à parler. "Je le pense vraiment. Tu dois vraiment vouloir être ici."

Sa main se serra sur la mienne. "Je le veux."

Oui. Oui, il le faisait. A cause de moi, probablement mais il voulait être ici. "Tu devras rester dans ton dortoir les soirs de semaine."

Ce sourire lent et sexy se répandit sur son visage. "Tous les soirs de semaine?" demanda-t-il, en portant ma main à ses lèvres. Mon Dieu, j'allais avoir un orgasme avant même qu'il m'embrasse correctement. Prends ça cow-boy Edward.

"C'est négociable," dis-je. Il peut y avoir des occasions spéciales, après tout. Comme les lundis ensoleillés. Ou les mardis pluvieux. Il peut se passer des choses. Il fallait être flexible.

"Bien. Quoi d'autre?"

"Tu ne baiseras personne…" dis-je avec la même inflexion que lui quand il m'avait choqué tout à l'heure.

"Personne?" demanda-t-il avant de mordiller mon majeur. Seigneur. J'allais aller en prison.

"Pour l'instant." Il boudait? Dieu qu'il était mignon.

"Nous commencerons par faire l'amour, quand nous serons prêts. Nous devons travailler jusqu'à baiser," ajoutai-je. Il en resta bouche bée et je ris. Enfin, pour la première fois depuis que j'avais posé les yeux sur lui, j'avais la main haute.

"Je peux accepter tout ça," dit-il avec empressement.

Je ris de ses manières soudainement agréables. "Et j'ai une dernière condition."

"Qu'est-ce que c'est?" demanda-t-il.

"Je ne t'achète pas de bière."

Il rejeta sa tête en arrière et rit. "Je peux survivre ça. Mais tu es dure à la négociation."

"Bien sûr que oui. Je te botterai le cul si on fout tout ça en l'air."

"On ne le fera pas, Alice. Tu sais qu'on ne peut pas." Je le savais. J'étais si sûre de lui et je n'avais aucune idée de comment c'était arrivé.

"Je pense que tu devrais te spécialiser en psychologie," lui dis-je.

Il rit et se leva, me tenant toujours la main pendant qu'il contournait la table pour se mettre devant moi. Il me fit lever et mon cœur recommença à battre. C'était ça. Enfin. Il me souleva et me posa sur le banc et j'étais enfin un peu plus grande que lui mais pas beaucoup. "Tu es fort," murmurai-je, en posant une main sur son épaule.

"Les muscles du ranch," dit-il en touchant mon visage. Ses yeux me regardaient, comme s'il mémorisait le moment. Je savais que je le faisais. "Puis-je t'embrasser maintenant, Alice?" demanda-t-il, souriant doucement, l'air presque timide.

Et voilà le garçon qui m'a envoyé les poèmes. Il était un mélange d'homme sexy et de gentil garçon et c'était beaucoup trop pour que je résiste. "Oui," chuchotai-je. J'inclinai ma tête vers lui et sa main se posa derrière mon cou, dans mes cheveux au fur et il me tira lentement vers lui. Sa bouche toucha la mienne, à peine. J'eus le souffle coupé par la sensation qui me transperça. Il rit doucement et m'embrassa à nouveau, un peu plus fort.

La fleur tomba et j'enroulai mes bras autour de son cou, me blottissant plus contre lui. Sa bouche s'ouvrit et je suçai sa lèvre inférieure sexy. Il gémit et approfondit encore le baiser, sa langue glissant dans ma bouche. J'avais peut-être tort.

C'était moi qui n'avais pas d'expérience. Les baisers d'avant ne m'avaient jamais fait ressentir ça. Je ne savais pas combien de temps nous sommes restés debout à nous embrasser au milieu du campus mais je savais que je ne voulais pas m'arrêter quand il recula finalement et saisit ma taille.

"Nous ferions mieux de nous arrêter maintenant ou je ne pourrai pas tenir jusqu'en janvier…" murmura-t-il, la tête posée sur ma poitrine. Je jouai avec ses cheveux trop longs et soyeux pendant un moment avant que ses mots ne pénètrent.

"Janvier?" demandai-je, confuse.

Il me sourit. "Je suis sur la bonne voie pour obtenir mon diplôme plus tôt. Je viendrai à l'université en janvier."

"Cinq mois?" demandai-je, sans même essayer de cacher mon sourire.

"Oui," dit-il. "J'en déduis que ça te rend heureuse?"

"Très." On n'aurait pas besoin d'être séparés trop longtemps. N'importe quel délai était nul mais une année était bien pire que cinq mois.

"Bien. Maintenant, tu me laisses t'emmener dîner?"

"Avec joie," lui dis-je quand il me déposa par terre et me rendit ma fleur.

"Je vais commander à manger, toi à boire," me dit-il en riant quand je lui donnais un coup de coude. Il passa un bras autour de moi et me tira à lui. C'était juste là. Tout se passait bien avec lui. "Vas-tu réussir à mettre de côté cette histoire d'âge?" demanda-t-il alors que nous commencions à marcher vers la cafétéria.

Je devais être honnête. "J'ai peut-être des moments où ça m'embête," admis-je. Il hocha la tête mais il n'avait pas l'air en colère, ce qui était bien. "Mais je peux vivre avec le fait d'être une couguar pour toi."

Il rit et s'arrêta, se tournant pour m'embrasser à nouveau. "Et je serai heureux d'être ton jouet. Tu veux jouer avec moi?"

Mon Dieu, mon Dieu. Plus qu'il ne peut le savoir. "Pas tant que tes parents sont en ville…" lui dis-je en le faisant rire. "Et de préférence pas avant que tu aies 18 ans. Ça a l'air un peu mieux."

A mon grand soulagement, Jasper rit encore. "Je suppose que je vais devoir prendre l'avion en novembre, pour explorer à nouveau avant que de m'engager définitivement." Nous savions tous les deux qu'il ne parlait pas du campus.

"Oh, tu vas t'y engager même sans explorer," répondis-je.

"Oui, bien sûr." Il me sourit. "Je t'aime, Alice."

Ils étaient là. Il les avait déjà dits mais pas comme ça. J'allais lui rendre ces mots. Je les ressentais et les avais gardés pour moi beaucoup plus longtemps que ce que j'étais prête à admettre. "Je t'aime aussi, Jasper." Nous nous embrassâmes juste là, au milieu du campus et c'était bien. Je ne pouvais plus lui résister. Je suppose que j'allais devoir laisser Emmett m'acheter ces DVD de CougarTown. Ça valait le coup. Peut-être que ma vie heureuse était un peu différente de celle de mes amis mais c'était la mienne et je n'en voudrais pas d'autre.


Note de l'auteur :

Alice a eu son homme, ça lui a juste pris un peu plus de temps et de compromis à cause de cette histoire d'âge. Elle va se retenir jusqu'à ses 18 ans…

Le prochain chapitre fera un bond de six mois

et on retrouvera Edward

pour le dernier chapitre