Henri lui, sur le bord de la piste retenait sa colère quand Francis s'approcha à ses côtés.

-Vous semblez irrité Père, Marie est elle-même en train d'accorder une danse au cardinal Morel. Rien n'interdit à la reine d'accepter une danse si?

-Non, mais si son but est d'alimenter les ragots de la cour, Catherine peut être satisfaite c'est très réussi. Une danse dans les bras de mon futur grand chancelier!

-Arrêtez donc un peu, ce n'est pas comme si vous l'invitiez à danser d'habitude. Reprenez donc vos esprits, lady Sofia vous attend...

Henri reflechit, c'est vrai qu'il ne faisait jamais danser sa femme... Il s'avança au milieu de la piste, se moquant du fait que la musique n'était pas terminée et s'exclama «Musiciens! Un air entraînant! Le roi souhaite faire danser sa reine! »

Catherine se retourna «Pardon? » et c'est alors que Narcisse fut obligé de s'écarter comme tous, qui laissèrent place au roi et à la reine.

Henri attrapa sa femme et commença à la faire danser, la tenant fermement contre lui.

-Henri, à quoi jouez vous?

-Vous semblez avoir envie de danser, faites le donc avec votre époux, et roi.

Catherine dansa donc dans les bras de son mari, devant la cour ravie d'assister à ce genre de rebondissement dont elle raffolait. Lorsqu'elle eut fini elle chercha alors du regard le seigneur Narcisse pour s'excuser, il avait disparu.

En se réveillant le lendemain matin, Catherine alla prendre le petit déjeuner avec ses enfants. C'était son moment favori de la journée, si paisible avec de la nourriture à volonté, ses chers enfants et tellement d'amour et de bonne humeur qui remplaçaient le ressentiment, les fourberies et la jalousie qui régnaient dans tout le château.

Mais alors qu'elle discutait avec sa progéniture autour d'un copieux repas, un messager arriva et lui tendit un message qu'elle ouvrit instantanément: «Chère mère, je doute de vous avoir manqué autant que vous ne m'avez manqué mais qu'importe nous le saurons des aujourd'hui. Votre enfant chérie. »

Comment était ce possible qu'elle n'en est rien su avant... Elle était de retour. Claude.

Elle dut alors écourter son petit déjeuner pour rejoindre ses appartement et se préparer à cette longue, très longue, journée.

Elle culpabilisait d'être aussi embêtée par le retour de sa fille. Car elle l'aimait, plus que tout au monde. C'était à coup sûr celle de ses enfants qui lui ressemblait le plus. Elle partageaient leur fougue et détermination ainsi que leur faciliter à manipuler les autres mais Claude avait quelque chose qui n'était pas aussi exacerbé chez Catherine: elle était follement rebelle, dévergondée même à tel point que Catherine recevait des lettres des 4 coins de l'Europe lui racontant comment sa fille qui n'était même pas âgée de 15 ans avait été l'instigatrice de telle ou telle partie fine, beuvrerie ou événement inconvenant. A l'annonce de son retour dans la journée, elle était donc partagée entre la joie infinie de revoir sa fille chérie et la terrible angoisse croissante en pensant au bazar dont elle allait être la cause à la cour de France.

Néanmoins elle devait tenter de cacher au mieux ses inquiétudes car elle pensait qu'en étant affectueuse avec Claude et en la tenant occupée avec des affaires de princesse, elle réussirait à la brider le temps de son séjour au château, dont elle se lasserait bien vite car elle n'y jouirait pas de la liberté dont elle a besoin. C'était son plan. Très incertain certes, mais le seul qui n'incluait ni poison ni manigances sournoises.

Catherine fit son entrée dans la grande salle en s'exclamant « Que l'on prépare une somptueuse soirée pour le retour de ma fille, ce soir. Je veux 50 cochons grillés et du vin en quantité suffisante mais raisonnable! Prévoyez aussi que...mais? (elle vit les domestiques qui s'affairaient) que se passe t'il? Il y a t'il une soiree dont je ne suis pas informée?

-Mére!

Catherine ouvrir de grand yeux, elle avait tellement grandie, elle était devenue si belle!

-Claude mon enfant, quelle joie,vous resplendissez de beauté!

Catherine pris sa fille dans ses bras

-Si cela ne vous dérange point j'ai préféré préparer moi même ma soirée d'accueil...bien moins de cochon grillé et bien plus de vin cela sera plus à mon goût

-Oh et bien soit, je vous laisse faire alors.

-Je vous vois ce soir, mère.

Catherine se préparait pour la soirée. Elle était satisfaite de sa journée car avait habilement laissé croire à Claude qu'elle avait préparé seule cette soirée alors qu'en réalité c'était la reine qui avait décidé de tout. Excepté de la quantité de vin et d'alcool en tout genre et de la décoration mais il fallait bien des compromis... cette fête serait sûrement plus folle que l'habitude à la cour mais elle s'était assuré que rien ne dépasserait le décent.

Lorsqu'elle entra dans la grande salle, Henri était déjà installé sur son trône, il semblait d'humeur maussade et peu décidé à s'amuser. Elle, elle était très joyeuse d'autant plus lorsqu'elle vit que la salle n'était pas pleine de tigres ou de courtisanes comme aurait pu l'attendre de Claude. Elle alla alors s'installer sur son trône à côté de son mari qui la fixa de manière si insistante lorsqu'elle traversa la salle qu'elle s'en sentit mal à l'aise. Elle s'assit et attrapa un verre de vin.

-Catherine vous êtes en retard.

-J'ai été un peu longue à me préparer

-Qu'importe. Je souhaitais vous prévenir que je me suis réconcilié avec Diane, elle est revenue à la cour.

-Fort bien.

-Je voulais juste que vous ne soyez pas surprise en la croisant...

-Que de gentillesse à mon égard.

-Avez vous un problème Catherine?

-Absolument aucun.

-Pourquoi êtes vous alors si froide?

-Je ne suis pas froide. Diane est revenue? Fort bien, que voulez vous que je vous dise? Que je suis ravie et que je vais aller la saluer ? Et bien ce n'est pas le cas. Cessez donc de me raconter vos histoires avec vos putains je ne m'en porterais pas bien mal Henri.

Catherine se saisit d'une bouteille d'alcool du nouveau monde, du «rhum », et en avala 2 verres sans prendre le temps de respirer.

-Comme vous voudrez Catherine mais ralentissez avec cela, ce n'est pas du vin et je ne pense pas que vous soûlez résoudra vos problèmes.

-Que savez vous de mes problèmes en réalité Henri?

Elle attrapa la bouteille et en reprit trois lampées puis décida de se mêler à la foule qui était déjà fort animée et alcoolisée.

Henri, lui, n'était pas d'humeur à la fête. Qu'avait elle voulut dire quand elle parlait de ses problèmes dont il ne savait rien?Avait elle des problèmes qu'elle lui cachait? Il mènerait son enquête.

La reine entra dans la foule quand elle fut interpelée par Narcisse qui avait lui aussi bien abusé de la boisson. Il était avec plusieurs nobles et tous, Catherine inclue, commencèrent à danser, rire et boire avec joie.

Henri, un verre de whisky à la main fixait sa femme qui était encore fourrée avec ce Lord Narcisse qui flirtait ouvertement avec elle. Ce qui énervait Henri au plus haut point n'était même pas qu'un autre homme joue les séducteurs avec sa femme, c'était la façon dont Catherine lui rendait ouvertement ses flirts, passant son bras autour de ses épaules et riant à ses moindres paroles. Pour ne rien arranger elle portait une robe qui moulait les formes pulpeuses de son corps comme aucune autre...la couture était légèrement resserré au niveau des hanches et dieu seul savait à quel point les courbes de Catherine étaient électrisantes. Le haut de la robe était noué en corset mais était tellement ajusté que les seins généreux de sa femme débordait presque de sa robe ce qui semblait affoler tous les messieurs qui ne détachaient pas leurs regards de la poitrine de leur reine. Henri bouillonnait. Elle était tellement ivre qu'elle ne remarquait même pas à quel point la robe qu'elle portait de manière si élégante au départ était descendue, la laissant aussi aguichante qu'elle l'aurait été en petite tenue. Elle ne semblait pas non plus se soucier de Narcisse qui la dévorait du regard, la balayant de haut en bas en s'attardant longuement sur ses courbes, les yeux assombris par le désir. Mais tout cela Henri, lui, le remarquait. Il ne donnerait jamais aucun titre à Narcisse! Henri ne profitait pas de ce que sa femme avait à offrir et qu'une bonne partie des hommes dans la salle convoitaient, mais il ne voulait pas qu'un autre le fasse. Elle était à lui. Sa femme. Et le fait qu'un autre pose les yeux sur elle avec un regard chargé de désir comme Narcisse le faisait avait le don de le rendre fou de rage.

Il ne tenait plus en place. Et Catherine, a quoi jouait elle? Était elle une reine ou une vulgaire catin présente pour tous les exciter? Elle ne pouvait pas ne pas se rendre compte de l'effet qu'elle produisait, ainsi dévêtue. Elle ressemblait à une prostituée! Soudain il la vit sortir vers les jardins, titubant, accompagné de Narcisse.

Il explosa, était ce une plaisanterie? Allait elle vraiment quitter la fête, ivre, avec un homme?