Il explosa, était ce une plaisanterie? Allait elle vraiment quitter la fête, ivre, avec un homme?

Il s'éclipsa, ivre de colère et chercha sa femme dans tous le château. Il ne l'avait pas trouvé dans les appartements de Narcisse ce qui était déjà encourageant mais elle avait néanmoins disparue avec cet homme. Il traversait tous le château en furie.

Catherine avait du mal à marcher droit, elle était forcée de se reposer sur Narcisse pour avancer. Catherine se dit alors qu'elle avait définitivement abusé sur la boisson, elle ne se rapellait pas de la derniere fois ou elle avait été aussi ivre. Ils riaient tous deux aux éclats mais elle ne savait absolument plus pourquoi. Elle s'arrêta devant la porte de sa chambre

-Merci, de m'avoir raccompagné

-L'une des meilleures soirées de ma etait Claude d'ailleurs?

-Bonne question

Ils éclatèrent de rire ensemble et Narcisse, séduit, s'approcha d'elle doucement, regardant ses lèvres pulpeuses, hésitant. Il mourrait d'envie de l'embrasser et par ses actions depuis le debut de sa soirée, la reine lui laissait penser qu'elle en avait aussi envie mais Narcisse se ravisa : coucher avec la reine de France, sous le toit de son mari alors qu'elle est totalement ivre et sans défenses ? C'était définitivement non.

Henri s'engouffra dans les appartements de la reine comme un fou.

-Catherine! Est il ici?

-Qui donc?

-Narcisse ,à votre avis!

-Non il est dans ses appartements. Et vous, n'êtes vous pas dans ceux de Diane?

-Vous ne me faites pas rire Catherine. Votre comportement de ce soir était indécent! Regardez vous, à moitié dénudée, imbibée d'alcool! Vous ressembliez à une prostituée, flirtant ouvertement avec ce noble de la cour!

-Et vous parlez en tant que expert en matière de catin. Cessez de me fatiguer Henri, j'avais assurément trop bu ce soir mais je ne vois pas en quoi cela vous regarde.

-Vous me manquez de respect devant la cour enfin! J'ai cru que vous alliez finir par inviter tous ces nobles dans votre lit ce soir! Les aguichant avec vos courbes affolantes dans ce vêtement et vos mimiques charmeuses! Vous n'avez pas le droit!

Il se rapprocha d'elle. Le regard noir. «Vous m'appartenez » Il fixa en déglutissant la courbe de ses seins qui se dessinait sous son nez. «Tous ceci m'appartient, j'en ai la propriété exclusive » Il observa ses lèvres pulpeuses rougies par l'alcool et la chaleur «Je fais de vous ce que je veux et ce n'est pas parce que je ne vous regarde pas que les autres peuvent le faire! » il s'approcha encore «Vous êtes là pour satisfaire le roi et non tous les nobles de la cour! ». Sa voix avait baissé d'un octave, Catherine savait ce que son époux avait à l'esprit, la regardant comme cela, le regard assombri, les pupilles dilatées et avant qu'elle n'ai eu le temps de rétorquer quoi que ce soit. Il l'attrapa violemment et la plaqua contre le mur. Verrouillant son bassin contre le sien et écrasant ses lèvres contre celle de sa femme.

«Henri, arrête toi tu veux» Il entendait sa demande mais après avoir passé des heures à l'imaginer avec d'autres, il avait besoin de sentir qu'elle était à lui, qu'elle lui appartenait. «Tu m'entends? Cesse cela! » Il plongeait son visage dans sa poitrine, enfonçant la preuve de son excitation contre le bas ventre de Catherine. Elle commencait vraiment a paniquer, que faisait il donc? «Henri! A quoi est ce que tu joue? Arrête ça! ». Elle était saoule, vacillante et il avait une telle force qu'elle n'arrivait pas à se dégager. Lui aussi était imbibé d'alcool ne sachant pas trop ce qu'il faisait. Il continua, déchira sa robe et délaça son corset «Henri! », il continuait toujours, accédant a l'intimité de sa femme, sa femme qui devrait etre la personne dont il possédait le corps chaque jour mais qui était en réalité l'une des seules femmes dans ce monde qui ne se donnait pas à lui à sa guise. Ce temps était révolu. Il continua donc, l'ivresse le rendant sourd, criblant son corps de caresses ne se rendant même plus compte qu'elle le repoussait.

Catherine se réveilla avant le lever du jour, avec un mal de crâne terrible et un besoin urgent de sortir de cette chambre où elle s'était réveillée pratiquement nue avec Henri qui dormait profondément à ses côtés. Se rappelant les événements de la veille, elle quitta hâtivement ses appartement pour prendre l'air dans le jardin, seule, regardant le jour se lever.

Elle était totalement déboussolée. L'alcool qu'elle avait bu en bien trop grande quantité la veille faisait qu'elle n'avait que des parties de souvenir, mais en réalité ses bribes dont elle se rappelait étaient bien suffisantes pour savoir ce qu'il s'était passé. Elle n'aurait pas du boire en si grande quantité, elle n'aurait pas non plus du allumer ce seigneur Narcisse devant les yeux de son mari pour le tester. Mais bon dieu, Henri surtout, comment avait il pu faire cela? Il ne l'avait pas touchée depuis si longtemps, ne la regardait même pas malgré leur statut d'époux et ce soir là...il avait pris de force ce qu'elle avait décidé ne plus lui donner. Elle comprenait que son attitude avec Narcisse ait pu blesser l'ego d'Henri mais jamais elle ne l'aurait cru capable d'une telle violence à son égard. Toute les putains de France faisaient la queue devant son lit alors pourquoi avait il donc besoin de lui prendre à elle, contre son gré, ce que toutes voulaient lui donner?

Une chose était certaine, jamais elle ne lui pardonnerai.

L'ivresse et la colère ne justifiaient en rien son acte d'avoir brisé la promesse qu'il lui avait faite le jour de leur mariage de ne jamais la forcer.

Catherine avait cherché à fuir Henri toute la journée en partant à la recherche de Claude qui avait disparu hier au milieu de la soiree. Après plusieurs heures de recherche la jeune princesse avait finalement était retrouvée chez l'un de ses amants allemands qui logeait dans un château voisin. Claude avait dormi durant toute la route de retour, la tète posée sur l'épaule de sa mère, paisible, et Catherine était donc rentrée en carrosse avec sa fille, dans une bonne humeur assez appréciable quoique de courte durée selon la reine...

Il était tard, et en rentrant au château elle serait obligée à un moment donné de faire face au roi. Même si elle espérait que ce moment n'arriverait pas avant le lendemain car elle n'était pas du tout d'humeur à parler.

Elle s'apprêtait à aller dormir lorsqu'on lui annonça que le roi demandait une réunion du conseil royal restreint. Catherine était en conflit intérieur. Elle n'avait pas du tout envie de croiser son époux mais d'un autre côté, elle était la reine, pas une vulgaire petite femme sans importance qui se terre dans un trou et laisse tout le pouvoir qu'elle détient s'évaporer pour des histoires personnelles. Une fois de plus, la reine l'emporta sur la femme et elle se rhabilla rapidement pour rejoindre son mari et une poignée d'autres nobles dans la salle du conseil.

Tous étaient déjà réunis autour de la table ovale du conseil. Catherine entra, l'air royal, le menton levé et le regard sur, cachant merveilleusement bien son état psychologique actuel. Tous la saluèrent poliment alors qu'Henri la fixait, d'un regard mélangé de tristesse et d'admiration. Il commença, essayant de détourner les yeux de sa femme.

-Demain se tiendra l'élection du grand chancelier de France et étant donné que nous n'avons pas défini notre poulain, je vous ai convoqué à tous, malgré l'heure tardive.

-Le seigneur Narcisse n'est il plus notre candidat? questionna Lord Arys

-Disons que je ne suis pas sur, je doute sur sa...loyauté envers la couronne.

Catherine soupira mais se lâcha pas un mot.

-Et bien, si le roi le désire, nous pouvons toujours retarder le vote. Afin d'enquêter sur le seigneur Narcisse mais aussi de préparer d'éventuels autres candidats. proposa le seigneur Jouve.

-Parfait! intervint Catherine. Messieurs...

Elle les salua puis s'éclipsa. Henri se leva aussitôt, mettant fin à la réunion et se lança à sa poursuite dans le couloir.

-Catherine!

Elle se retourna, lui faisant face, l'air froid et détaché.

-Catherine, je souhaitais vous parler de hier soir...

Elle l'interrompit:

-Mon comportement durant cette soirée n'a pas été celui attendu d'une reine, cela ne se reproduira pas.

-Je ne parlais pas de cela...mais d'après, quand nous avons...fait l'amour...

Ses yeux sortirent de leur orbite, comment osait il?

-Fait l'amour? Vous appelez cela «faire l'amour»?!

Il baissa les yeux.

-Catherine je suis désolée, je suis vraiment..

-Un manipulateur égoïste et maladivement jaloux, qui est tellement possessif qu'il ne supporte pas que l'on puisse convoiter ses jouets, même ceux qu'il a laissé traîné dans une malle depuis des années!

-Catherine, s'il vous plaît, je ne vous demande pas de me pardonner mais entendez que je suis désolé de mes actes. J'étais saoul et en colère et...

-Je ne vous demande qu'une chose Henri, laissez moi tranquille, je vous en supplie...(les larmes lui montèrent aux yeux) s'il vous plaît, laissez moi seule.

Son regard était un mélange de tristesse et de colère, elle ne pouvait regarder son mari après tout ceci. Si seulement il connaissait la vérité à propos du monastère à Florence, il aurait compris et l'aurait laissé en paix, peut être même n'aurait il jamais fait ce qu'il avait osé faire la veille au soir...

Henri se sentait si mal. Il avait envie de vomir rien qu'en repensant aux événements de la nuit. Comment avait il pu? Catherine et lui n'étaient plus intimes depuis longtemps déjà, ils s'étaient même détestés mais jamais dans sa vie il n'avais rompu la promesse qu'il avait fêté durant leur nuit de noce, que jamais il ne la forcerait à quoi que ce soit. Avant ce soir la, lui rappela sa conscience.

-Je vais vous laissez tranquille Catherine, vous ne serez pas forcer de me voir, à part pour les représentations publiques. Je vais partir rejoindre Diane à Paris dès demain.

-Merci.

-Prenez soin de vous Catherine.

Elle tourna les talons, une douleur si forte dans la poitrine, les larmes aux yeux et se faufila vers ses appartement espérant que personne ne la verrait dans cet état mais c'était sans compter sur le seigneur Narcisse qui lui faisait face dans le couloir.

-Votre majesté, vous allez bien?