Il tomba alors nez à nez avec une Catherine répétant ses gammes.

-Votre piano est il donc de meilleure compagnie que moi?

Elle sursauta et leva les yeux

-Narcisse?

-Prévenez moi la prochaine fois que vous séchez la fête...

-Je ne sèche pas la fête, je suis à l'avance alors j'en ai profité pour...mais...oh mon dieu je ne suis plus du tout à l'avance...je suis même... terriblement en retard!

Narcisse éclata de rire puis se mis à la regarder. Elle était vêtue tout de rouge, avec une robe si longue qu'elle traînait au sol, avec un haut lacée de rubans nacrés qui retenaient sa poitrine si serrée qu'elle devait avoir du mal à respirer. Il observait la manière si délicate donc les fils étaient noués entre eux et se demandait si ces rubans seraient difficiles à dénouer... mais grand dieu pourquoi pensait il donc a dénouer sa robe?!

Il réalisa qu'il la fixait avec un regard lubrique et essaya de se calmer, il ne devait pas faire n'importe quoi; c'était la reine, la femme du roi de France, quoique en réalité cette idée l'excitait plus qu'elle ne le calmait.

Catherine, prise au dépourvu de se faire ainsi toisée s'exclama

-Je devrais rejoindre la fête!

-L'ambiance n'y est pas folle; rétorqua Narcisse

Il continua à la regarder, s'approchant petit à petit... Il la regardait dans les yeux et Catherine voyait son regard changer: son petit regard amusé et lubrique avait laissé place à quelque chose de plus profond, ses pupilles étaient dilatées comme celles d'un fauve s'approchant de sa proie et Catherine avait de plus en plus de mal à garder son calme car sa lèvre inférieure tremblait de désir, elle haletait maintenant:

-Nous...devrions y aller, vous vous souvenez que... vous deviez me faire danser?

Narcisse continua à s'approcher doucement

-Je pense soudainement à un autre genre de danse...

Il se jetèrent l'un sur l'autre, se laissant submerger par leur désir partagé, laissant leur lèvres danser ensemble, il la plaqua alors doucement sur le piano et l'allongea pour avoir accès à son corps, s'appuyant contre elle, pressant son membre durci entre ses cuisses pour lui montrer son excitation et elle se laissa faire, gémissant doucement au contact de son amant.

Il ne pouvait attendre de la déshabiller donc déchira voilement sa robe, se donnant accès plein à son corps qu'il avait imaginé tant de fois sous ses mains.

Elle, le déshabilla rapidement de ses doigts fins qu'elle glissa ensuite autour de son membre afin de lui montrer qui dirigeait ce petit jeu mais alors qu'il avait du mal à rester conscient lorsqu'elle commença à l'entourer de sa bouche il s'écria

-Oh Catherine, si tu ne veux pas que je...Oh...arrête cela immédiatement!

Il la saisit alors par les cheveux et la maintenit allongée alors qu'il écartait ses cuisses pour s'occuper de son cas. Il laissa sa langue courir à l'intérieur de ses cuisses puis Catherine gémit bruyamment lorsqu'il lécha soudainement son intimité, titillant son clitoris de plus en plus rapidement tout en malaxant ses seins de sa main ...

-Tu vas devoir me supplier Catherine...

Elle couvrait sa bouche de sa main afin d'empêcher ses gémissements de s'entendre à 3km à la ronde mais se sentait proche de la délivrance, elle haleta :

-Vas y! Viens en moi... Narcisse!

Il s'exécuta et sans prévenir la pénétra d'un coup sec, ce qui lui arracha un cri de surprise. Et, tandis qu'il donnait des coups de reins en elle, de plus en plus vite, elle se sentait partir, entrecoupant ses gémissements de jurons marmonnés en Italien. Et ensemble, dans une parfaite synchronisation, mélangeant leur souffles, ils s'écroulèrent.

Catherine sortit de la salle de musique en premier, après avoir attendu que sa dame de compagnie lui apporte une robe, la sienne étant totalement déchirée...

Elle était totalement satisfaite quoique troublée: avait elle vraiment laissé ce noble, connu de tous pour son tempérament manipulateur, la prendre sur son piano dans la salle de musique royale? Après tout, elle restait prudente, c'était un excellent amant mais elle ne lui accordait pas sa confiance pour autant.

Cet acte sexuel en soi ne lui donnait pas plus de pouvoir sur elle, tant qu'elle restait sur ses gardes. Il pourrait toujours courir tout raconter à Henri mais dans cette situation, sa tête a lui, en tant qu'amant roulerait sur le sol de la salle du trône avant même que Catherine n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche pour parler.

Elle alla donc se coucher, satisfaite.

Cela faisait presque un mois que Henri avait quitté le château.

Lorsqu'il était parti, Catherine pensait qu'il reviendrai quelques jours plus tard mais il ne plaisantait apparement pas quand il avait déclaré qu'il lui laisserait de l'espace. Elle avait pensé à lui envoyer une lettre pour lui expliquer qu'elle n'avait pas besoin qu'il reste à Paris aussi longtemps mais elle s'était ravisé, ne voulant pas lui donner l'impression qu'elle se languissait de son retour. En réalité le fait qu'il soit loin du château lui rendait la vie un peu plus compliqué. Henri gérait les affaires par son émissaire mais Catherine était obligée d'assister à toutes les réunions et d'accueillir tous les invités à la cour. Elle ne pouvait en aucun cas laisser un «représentant du roi » accueillir les gens important, et pour cause, cela serait leur faire offense. Heureusement, après ses très longues journées de travail, ou même pendant, elle rencontrait le seigneur Narcisse dans ses chambres (en réalité un peu partout dans le château) et prenait du plaisir avec lui.

Une petite liaison sans contraintes. Juste du sexe. Cela était exactement ce dont elle avait besoin, recevoir de l'attention d'un homme, du plaisir, se sentir belle et désirée mais sans les contraintes du couple ou du mariage. Une simple liaison secrète sans sentiments ni attaches. C'était parfait.

Elle dormait profondément lorsqu'elle entendit de grand coup frappés à sa porte, puis des exclamations de ses gardes. Elle se leva, à moitié endormie et ouvrit la porte avec énervement:

-Que se passe il ici? Quelles sont les têtes qui doivent tomber pour avoir perturbé ma nuit?

Elle se retrouva nez à nez avec Narcisse, retenu par ses gardes. «Votre majesté, nous avons essayé de lui expliquer qu'il ne devait pas entrer car vous dormiez mais... » Catherine l'interrompit d'un geste de sa main et soupira «Mais il est très persévérant, je vois... entrez Narcisse, maintenant que je suis réveillée... »

Elle avait au début pensé qu'il était là en tant qu'amant fougueux qui voulait s'adonner de nouveaux à leurs petit jeux réguliers mais l'air soucieux qu'il arborait commença à lui laisser croire que la raison qui l'amenait n'avait rien de sexuelle, ou même de joyeuse.

-Que se passe il d'assez important pour me réveiller en pleine nuit?

-Et bien nous avons un problème Catherine, un très sérieux problème.

Elle ouvra de grand yeux, il lui faisait peur, qu'attendait il pour cracher le morceau?

-J'attend la suite Stéphane!

-Vous vous rappelez de notre première fois ensemble? (Elle fit un petit sourire disant qu'elle se rappelait très bien) Et bien en sortant de cette salle de musique, un homme était posté en face et attendait. Je n'y avais pas particulièrement fait attention pendant qu'il attendait juste pour jouer de la musique mais j'avais été intrigué car quand j'en été sorti, il n'était pas entré pour utiliser la salle de musique... après m'avoir vu, il était juste parti.

Catherine le regarda, incompréhensive

-Un homme n'a finalement pas utilisé la salle de musique? En quoi est ce...

Il la coupa

-Attendez la suite. Quelques jours plus tard, lorsque nous nous promenions dans les jardins, ce même homme était juste derrière nous et au fil des semaines suivantes j'ai eu l'impression que partout où nous étions...il y était aussi. Je me disais qu'il devais s'agir d'un homme admiratif de sa reine qui n'osait pas lui parler...

Elle lui jeta un regard perplexe. «un homme qui n'osait pas me parler? Et qui me suivait partout? » elle retenait un rire.

-Je sais, ça semble idiot. Bref, j'étais intrigué par ce garçon mais je n'y prêtais pas plus attention sauf que tout a l'heure, lorsque nous nous sommes vus...vous savez...dans la cave à vin, vous veniez de partir au moment où je me suis aperçu que cet homme était caché derrière un tonneau...

Catherine sursauta de surprise.

-Un homme nous observait dans cette cave?

Elle se remémora tout ce qui s'était passé entre les bouteilles et tonneaux et commença à paniquer...

-Vous pensez à un fanatique? Suis-je en danger selon vous?

-Attendez la suite Catherine...

je l'ai donc questionné sur la raison pour laquelle il était là et il m'a sorti une vague histoire de bouteille de vin qu'il cherchait et qu'il s'était endormi dans la cave...bref je n'ai pas cru une seconde à cette histoire mais j'ai remarqué il avait un fort accent italien...

Catherine écoutait attentivement, cherchant à comprendre le lien entre tout cela.

-Je me tournait la tête dans tous les sens et réfléchissait à pourquoi nous observait il... et... pour avoir une réponse (il lança à Catherine un regard empli de honte) et bien je l'ai torturé...

-Oui, c'est tout naturel, s'exclama elle

-Heureux que nous soyons d'accord

-Qu'en avez vous tiré?

-Justement...rien du tout. Il n'a pas parlé malgré ma torture qui, je vous l'assure, n'était pas vraiment douce. Ce silence, en réalité, nous en dit beaucoup plus que ce qu'il ne le pensais...

-C'est un homme entraîné...un soldat mercenaire ou un espion militaire!

Une se regardèrent avec un sourire commun.

-Exactement. J'ai donc rassemblé les pièces: un espion/ mercenaire, nous qui sommes suivis et un accent italien.

Il la regarda, attendant qu'elle fasse la même conclusion qu'il avait faite une heure auparavant.

Son regard changea brusquement, ses yeux avant plein de réflexion s'étaient soudainement emplis d'une vague de peur. Elle s'empressa de demander

-L'avez vous mis nu durant ou après la torture?

Ils avaient donc pensé à la même chose.

-Oui Catherine, et avant que tu ne le demandes, oui, il était émasculé.

Son teint devint pâle et elle s'assit doucement, réfléchissant à la façon dont elle allait gérer cette situation.

Il y a près de 15ans, après des combats en Italie, vers Rome, son mari le roi de France était rentré avec une petite troupe de 10 hommes qui lui devaient la vie. Des espions mercenaires. Ces hommes lui vouaient une grande loyauté mais pour s'assurer que leur seule préoccupation dans la vie serait de le servir, sans être distraits (notamment par l'escadron volant de Catherine) il les avait faits castrer. Depuis, il se servait de ces hommes comme espions. Il en avait partout, infiltrés dans les châteaux de ses ennemis et étant italiens, personne ne pouvait soupçonner leur lien avec le roi de France. Leur existence était un secret bien gardé et Catherine ignorait comment Narcisse en avait connaissance mais ce n'était pas sa première préoccupation.

Son mari savait, ou du moins saurait très bientôt, premièrement qu'elle couchait avec Narcisse et deuxièmement, qu'elle complotait dans son dos pour donner à son amant la seconde place la plus importante du pays.

Deux têtes allaient tomber.