Le lendemain, Catherine et Narcisse avaient passé toute la nuit à chercher une idée de secours mais la seule chose qui était ressortie de cette nuit de planification était des cernes. Ils avaient exploré toutes les possibilitées mais aucune n'était parfaite pour eux. Ils étaient allongés au sol, les vetements froissés, se tournant la tete dans tous les sens :
-Le jour va se lever Narcisse...prenons les choses par étapes, la première étant d'exécuter cet espion
-Non, je vous l'ai déjà dit, cela ne fera que précipiter les choses. Henri rentrera au château en apprenant sa mort et tout s'aggravera! De toute facon, mort ou vivant, en tant qu'espion entrainé, il n'est pas le seul à détenir l'infomation...
-Et bien nous tuerons tout ceux qui savent quoi que ce soit !
Narcisse soupira, se massant doucement les tempes
-Soyez rationnelle...vous allez déjà etre accusée d'adultère, est ce sage d'ajouter le meurtre d'un des meilleurs espions de la couronne à ceux pour quoi Henri peut vous punir ?
-Vous ne comprenez pas ! Personnelement je pense surtout au moment ou cet homme va se retrouver à témoigner des moments les plus intimes et...détaillés de notre...liaison devant toute la cour, mes enfants inclus dans les spectateurs !
Narcisse s'approcha d'elle doucement, tentant de la prendre dans ses bras pour lui apporter un peu de réconfort mais elle le repoussa d'un geste.
Elle n'était pas une faible petite femme et ce n'était pas le moment de se laisser distraire. La présence de cet homme, leur proximité la chamboulait. Mais apres tout n'était-ce pas les evenements qui les avaient rapprochés contre leur gré? Du moins c'est ce dont elle se persuadait.
Elle renvoya Narcisse en lui disant qu'elle s'occuperait de la mort de l'espion.
Quelques mensonges et manipulations plus tard, cet homme était mort.
La situation cependant n'était pas superbe pour autant car l'enquete approfondie de Narcisse avait confirmé que des missives étaient parties la veille direction Paris et l'on pouvait en déduire leur contenu. Mais pas de témoin, pas de preuve.
Catherine était dans la salle du trône discutant économie avec lord Myris lorsque le son des trompettes retentit. Le roi était de retour au château.
Tous préfèrent place, Catherine et ses enfants au premier rang, le conseil royal en deuxième ligne et les nobles, eux, attendaient derrière lorsque Henri descendit de son attelage. Catherine fut surprise, il n'était pas avec Diane, ce qui était fort étonnant car, connaissant la favorite, Catherine s'attendait à ce qu'elle accoure en apprenant que la reine pouvait être punie pour adultère, dégagée du paysage, lui laissant ainsi Henri à elle seule.
Henri descendit d'un pas sûr, s'avançant vers ses enfants à qui il adressa un sourire mais quand ses yeux croisèrent ceux de sa femme, son regard devint différent...un mélange de regrets et de tristesse, là où Catherine s'attendait à lire la colère.
Il s'approcha doucement d'elle, avec précaution comme s'il avait peur de l'effrayer et approcha sa bouche de son oreille, donnant l'impression à la cour qu'il lui déposait un baiser mais il chuchota «Catherine, retrouvez-moi quand je me serai installé, je veux vous parler »
Le regardant d'un œil surpris elle hocha doucement la tête pour acquiescer.
Son cœur battait à une vitesse folle. Il ne semblait pas si hors de lui en fin de compte, ou alors peut être attendait il d'être seul à seul pour exploser? Oui évidemment, c'était cela, il ne voulait sûrement pas que la cour se doute que le roi de France n'était pas capable de tenir sa chienne de femme Médicis en laisse...
Une heure plus tard, elle se décida à le rejoindre dans ses appartements. Elle le trouva assis à son bureau levant les yeux vers elle:
-Catherine
-Henri
Ils se regardèrent et un léger froid s'installa
Henri regardait sa femme, elle était droite, très royale attendant qu'il dise ce qu'il avait à lui dire.
-Catherine, je...euh...j'espère que je ne suis pas rentré trop tôt pour vous...c'est que... en réalité je ne savais pas combien de temps j'étais censé rester loin pour que cela vous convienne donc...
-Voys auriez pu revenir plus tôt, mais je ne vous ai rien dit car je pensais que vous ne reveniez pas car vous vous amusiez bien à Paris avec Diane...
-Avec Diane? Diane est partie à Rome deux jours à près mon arrivée
-Oh...
Elle était debout devant le bureau et le regardait dans l'attente de la suite. Pourquoi était elle donc autant sur la défensive? Était-ce toujours à cause de...l'incident d'i mois? Après tout pourquoi cela le surprenait il? leur relation n'avait jamais été pleine d'amour et de confiance...
Catherine observait Henri, se demandant pourquoi ne lui hurlait-il pas dessus, l'accusant d'être une putain ou une traînée adultère. Elle pensa qu'il ne savait sûrement pas qu'elle était au courant qu'il savait pour sa liaison, peut être attendait-il pour voir si elle lui en parlerait...
Ou peut être était-ce encore l'un de ses plans tordus pour l'humilier encore plus.
Elle était fatiguée de tout ça...vraiment elle en avait marre:
-Écoutez Henri, je sais pourquoi je suis là! Si vous voulez me faire décapiter pour adultère ou m'humilier devant toute la cour, bien faites-le! Si vous voulez utiliser les informations de votre satané espion pour décrocher ma tête de mes épaules, dites-le!
Elle était ivre de peur, de colère à la fois et de fatigue, fatiguée de cacher ses secrets, de mentir à la cour, à son mari, à son amant, à ses enfants! Elle continua sans reprendre son souffle:
-Faites-le Henri! Faites-le! Allez-y tuez moi je sais que vous en rêvez depuis des années, de vous débarrassez de votre femme froide et sans cœur, allez-y faites-le, découpez moi en morceaux si ça vous chante
Elle s'arrêta, elle n'avait plus de souffle à présent...Elle respirait fort, haletante et Henri la regardait, incompréhensif:
-Catherine...qu'est ce qui...?
Que disait elle la? Pourquoi parlait-elle d'être décapitée? Avait elle bien parlé d'adultère? Et pourquoi parlait elle donc d'un espion? Ses espions étaient tous à l'étranger...à part celui qui...
Il se leva brusquement, faisant le lien. Il n'avait qu'un espion à la cour, qui était chargé de surveiller Narcisse pour voir s'il était fidèle à la couronne, et...cet espion venait d'être tué... L'avait elle tué? Tué parce qu'il avait decouvert que...
Adultère? non impossible... Et elle croyait qu'il était de retour pour l'exécuter?
Catherine voyait son mari, le regard incompréhensif...il ne savait donc pas?
Henri ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose mais s'arrêta avant et ferma doucement les yeux, comme pour essayer de réaliser. Maintenant il avait compris.
-Catherine...dites moi que, au nom de tout les dieux dites moi que ce n'est pas...
Il la toisa du regard et quitta sa chambre sans rien dire, la laissant seule à l'intérieur et hurlant aux gardes dans le couloir en passant «qu'on me prépare lord Narcisse pour l'écartèlement »
