Chapitre un peu plus long, qui vous plaira je l'espère. Vous verrez, ça sent la fin.
Merci à tous et à toutes pour vos reviews/ajouts en favoris! Je vous aime :) Je ne suis qu'amour!
Disclaimer: Tite Kubo est l'unique propriétaire de Bleach et de son univers. Seule Neltia est - en partie - de moi.
XVII
« J'suis pas mauvaise... J'suis juste dessinée comme ça... »
.
Peu après, on se demanda ce qu'on allait faire de Neltia.
Toujours farceur, Urahara accepta l'idée de Nanao d'organiser une sorte de procès, histoire d'entendre la défense de l'accusée.
- Neltia Tu Hallischwank Kyoraku-Ukitake y Kuchiki, commença le terrifiant lieutenant. Vous êtes accusée de harcèlement moral et sexuel, d'agressions multiples, kidnapping, séquestration, trahison envers la Soul Society et de tentative de vol de personnages. Qu'avez-vous à dire pour votre défense ?
- Non coupable ! brailla Neltia. Je n'ai rien fait de mal !
- Rien fait de mal ! rugit Hisagi. Objection, votre Honneur ! L'accusée nie des faits établis de manière outrageante !
- Silence ! répliqua Nanao d'un ton sans appel, en jetant un regard meurtrier par-dessus ses lunettes. Nous écoutons la défense de l'accusée.
- Tout est la faute du yaoi ! piailla Neltia. Quel mal y a-t-il à chercher un peu d'amour dans ce monde ?
- Vos arguments ne sont pas recevables. Vous ne pouvez forcer une personne à vous rendre des... sentiments.
- En ce cas n'est-il pas injuste que j'ai été traitée avec autant de mépris et de haine depuis toutes ces années ? Après tous les bons et loyaux services que j'ai rendus à la Soul Society ! J'ai renié ma nature d'arrancar pour vous rejoindre ! J'ai mis tous mes pouvoirs à votre service ! En remerciement, j'ai été victime du plus odieux des harcèlements, des plus cruelles représailles, des plus honteuses moqueries ! Tout cela par jalousie ! Le bashing n'est-il pas un crime puni par votre cour ? Qu'est-ce que j'y peux, moi, si je suis belle et parfaite ! Si vous êtes pas contents, faut vous adresser à mon auteur !
- Vos problèmes personnels ne vous donnaient pas le droit de kidnapper et de séquestrer tous ces malheureux !
- Ces malheureux ! Ah quel malheur, en effet ! Le pire, c'est qu'ils me traitent de sorcière, de cougar, de prédatrice ! Ah mais si j'étais un mec, tout le monde trouverait ça follement romantique, ce petit enlèvement ! Pas vrai ? Non seulement on en ferait une super belle fic, mais en plus, y en aurait pas un pour me condamner, hein, tas de misogynes rétrogrades !
- Suffit, silence ! lança Nanao d'une voix de stentor, tandis que les murmures dans la salle se faisaient de plus en plus fort. SILENCE OU JE FAIS ÉVACUER LA SALLE ! Et ça vaut aussi pour vous, commandant, tant que vous vous trouverez dans ce tribunal.
Yamamoto voulut protester, mais Nanao lui fit les gros yeux: en cet instant, son autorité prévalait sur la sienne (et la jeune femme trouvait cela incroyablement jouissif).
- Accusée, poursuivit la juge, qui avait la flemme de répéter le nom complet de Neltia, vos agissements ont conduit à une attaque violente sur la personne de nombreux officiers du Gotei 13, qui, jusqu'à nouvel ordre, étaient vos supérieurs hiérarchiques, ainsi qu'à une guerre civile qui a bien failli permettre au traître Aizen Sôsuke de réaliser ses projets. Quelles que soient les circonstances atténuantes que vous présenterez, l'issue de cette bataille aurait pu être fatale pour notre monde et pour celui des humains. Avez-vous encore quelque chose à dire pour votre défense ?
- Oui, bon, Aizen... il était pas tout à fait prévu au programme celui-là, mais bon, on l'a eu, donc tout va bien...
- Le jury va à présent délibérer, la séance est levée !
Et Nanao frappa sur son bureau de son maillet. En voyant le jury se retirer, Neltia se demanda ce qu'on allait faire d'elle.
.
Pendant que le jury délibérait, on interviewait Neltia.
- Que comptais-tu faire de tes prisonniers ?
- Le marché des esclaves est si florissant que ça, au Hueco Mundo ?
- Tu as l'intention d'écrire un nouveau roman ?
Tout le monde se bousculait, mais Matsumoto et Soi Fong, toujours avides d'informations, étaient les plus déchaînées.
- Doucement, minauda Neltia en battant des cils sous les flashs, une seule question à la fois.
La chaleur de l'attention générale avait le don de la rassurer et de lui rendre toute sa confiance en elle.
- Je répondrai par ordre : j'avais l'intention de les garder pour mon usage personnel, ce qui exclut la question suivante, je ne connais pas la situation du marché humain au Hueco Mundo, et, dernière question, non. La barbe. J'ai déjà pondu pas mal de bouquins, ça suffit.
- As-tu un compte à régler avec les hommes ?
- Absolument. Ils ne veulent plus de moi, alors que je suis irrésistible !
- Pourquoi ? Un traumatisme d'enfance, un expérience malheureuse ?
- Vous, vous n'avez pas lu mes romans, sinon vous sauriez pourquoi ! Comme toutes les Marie-Sue, je suis lunatique et j'ai un lourd passé, un secret enfoui, c'est ça qui me rend intéressante, voyez-vous. Le pathos. Bref, ce lourd secret, j'ai refusé d'en parler pendant des siècles, c'était mon excuse pour me montrer odieuse envers tout le monde et me la jouer post-ado nan-mais-tu-peux-pas-comprendre-à-quel-point-je-su is-malheureuse-et-exceptionnelle. Mon passé est révélé au chapitre 54 du volume 35 et je peux vous dire sans spoiler que ce n'est pas de la tarte ! Bref, oui, j'ai un compte à régler avec ces messieurs, mais c'est surtout depuis qu'ils sont tous devenus gays et que je me sens trop seule que j'ai décidé de prendre le contrôle de la situation. Voilà.
Les journalistes, reporters à La Gazette du Shinigami, à Voici, ou autre feuille de chou dédiée au potins bleachesques grattaient comme des fous pendant que Neltia parlait.
- Et en ce qui concerne le procès, comment vous sentez-vous, anxieuse ?
- Je suis confiante. La justice vaincra. C'est ce que je dis toujours.
- Mais on ne peut pas dire que votre situation soit très bonne, non ?
- Mais vous savez, moi je crois pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise situation, hein... Moi si je devais résumer ma vie aujourd'hui, avec vous, je dirais que c'est d'abord des rencontres... Des gens qui m'ont tendu la main peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j'étais seule chez moi, et c'est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres, forgent une destinée... Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le Beau Geste, parfois, on ne trouve pas l'interlocuteur en face.. je dirais le miroir qui vous aide à avancer. Alors, ce n'est pas mon cas [rires] comme je disais là, puisque moi au contraire j'ai pu, et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu'Amour... Et finalement quand beaucoup de gens aujourd'hui me demandent « mais comment fais-tu pour avoir cette humani...euh cette génialité ? », eh ben je leur répond très simplement, je leur dis, c'est ce goût de l'amour, ce goût donc, qui m'a poussée, aujourd'hui à entreprendre la conquête de ces misérables insectes qui ont osé me délaisser, mais demain qui sait, peut-être simplement à me remettre une fois de plus au service de la communauté pour botter encore et toujours les fesses des méchants, à faire le don de... le don de soi.
.
Comme elle s'y attendait, Neltia fut reconnue coupable de tous les chefs d'accusation. Son compte était bon, et on la transférerait sans doute au Senzaikyu dès son retour au Seiretei. Car, en effet, tout le « procès » s'était déroulé dans le magasin Urahara, car, avec toute cette pagaille en ville, on n'avait pas encore eu le temps de rentrer à la Soul Society.
Il y eut une grosse fête, pour célébrer la victoire. Tous les personnages, y compris ceux qui n'avaient rien à faire là, furent invités. Pendant ce temps, Neltia était toujours détenue dans l'arrière-boutique d'Urahara, sous la garde vaillante et silencieuse de Tessai. De temps en temps, Jinta et Ururu venaient la narguer, mais le SPJE n'était pas revenu la menacer.
La Marie-Sue avait entendu Tessai souhaiter la bienvenue à la relève, mais n'avait pu identifier son nouveau gardien. Quelqu'un qui avait été privé de sa part de réjouissances au pique-nique, manifestement. Comme elle supposait qu'il s'agissait d'un sous-fifre, du moins, de quelqu'un de moins effrayant que Tessai, elle songea qu'il était peut-être temps d'utiliser ses super pouvoirs de Marie Sue pour se faire la malle.
Ce ne serait pas compliqué, elle l'avait fait des dizaines de fois quand elle était dans les Forces Spéciales, à Las Noches ou au Rukongai. Toute son existence n'était qu'une vaste suite d'aventures rocambolesques, et elle venait d'être arrêtée pour avoir mis tous le Gotei 13 en échec. Alors, ce n'était pas une poignée de shinigamis, d'arrancars et de Vizards bourrés qui allaient réussir à l'arrêter !
.
Depuis une bonne demi-heure, elle essayait de se débarrasser de ses liens en priant pour que Tessai ne revienne pas. Ou pire, Urahara et Yoruichi. Ou pire, encore, la douzième division.
Ces sombres pensées l'encourageaient à poursuivre ses efforts. Ses poignets la faisaient souffrir, mais l'image d'Hiyosu penché sur sa carcasse en se léchant les babines tandis que Kurotsuchi lui trifouillait le cerveau était une motivation plus que suffisante.
- Gnnnéééé... yaaaaaaaaarrgh... purée de crotte de saleté de machin à la...
- Eh, tu vas te taire, là-dedans ? grogna une voix à l'extérieur.
- Hein ? Qui c'est ?
- Ferme-la, traîtresse - crounch - répondit la voix. Je m'entends même plus mastiquer avec le bruit que tu fais !
Neltia se figea.
Omaeda.
C'était Omaeda qu'on lui avait collé pour la surveiller, en ce soir de fête.
Elle l'entendit grommeler rageusement en enfournant ses éternels biscuits. Il avait l'air furieux d'avoir écopé du sale boulot. Sans doute une vengeance de Soi Fong, qui n'avait pas apprécié que le Club des Shinigamis Mâles soit resté au Seiretei à s'éventer à l'ombre, pendant que dans le monde réel, on s'entretuait. Les pauvres mâles restants, Jyushirô, Omaeda et Iba avaient eu beau protester que personne ne les avait mis au courant, toujours la même chose, à présent, tout le monde leur en voulait.
La Marie-Sue se souvint de la fois où elle les avait espionnés. Elle se souvint aussi des dernières paroles qu'Omaeda avait prononcées ce soir-là, et eut une grimace sournoise. La faire garder par Omaeda. Quelle erreur ! Voilà qui allait leur coûter cher...
.
Le shinigami était occupé à se curer le nez, histoire d'aromatiser un peu ses gâteaux, quand il fut interrompu par une plainte sourde :
- Lieutenant Omaeda...
Il retira son doigt de son nez, agacé. Quelle était bruyante, cette Neltia !
- Lieutenant...
Il se retourna, furieux.
- Raaaaa quoi, qu'est-ce que tu...
Il s'interrompit.
La rebelle était à demi allongée sur le sol, les bras en arrière, ce qui ne manquait pas d'attirer l'attention sur son énorme poitrine. Ses jambes étaient légèrement découvertes et son regard profond encadré de longues boucles turquoise lançait un appel insidieux... ces grands yeux de gamine prise en faute... mieux valait ne pas en parler.
- Lieutenant, susurra Neltia. Vous pourriez desserrer mes liens, s'il vous plaît ? C'est trop serré, je me sens toute chose...
J'ai perdu la main... mais le pire, c'est que ça marche, s'émerveilla-t-elle en le voyant bégayer, rouge de confusion. Elle se tortilla légèrement en secouant sa chevelure et reprit sa voix la plus langoureuse possible.
- S'il vous plaît, lieutenant, personne n'en saura rien.
Avec satisfaction, elle le vit faire un pas, puis deux, et sut qu'elle avait gagné.
Bon, ça va, pensa-t-elle. Je ne suis pas encore totalement périmée.
.
Pendant ce temps, la fête battait son plein.
Tout le monde s'était plus ou moins laissé allé ce soir-là.
Rukia parlait avec la voix forte et les joues rouges de la fille qui commence à être pompète, son frère avait le regard vitreux, Grimm et Ichi s'étaient éclipsés depuis longtemps, mais pas pour ce que vous croyez : Grimmjow avait l'alcool agressif et accusait son amoureux d'avoir maté Aizen trop longtemps avant de le battre. Soi Fong avait craqué et flanqué une beigne à Urahara qui avait tendance à reluquer ouvertement sa chérie quand il avait bu. Ururu et Jinta avaient mis Tôshirô au défi de boire dix shots d'un coup et le le jeune garçon avait fini par s'exécuter, blessé dans sa fierté, pour découvrir qu'en fait, l'alcool ne lui faisait aucun effet. Shit. Hinamori, par contre, avait disparu depuis une heure dans les toilettes, mais peut-être était-ce pour cacher sa tristesse de n'avoir pu sauver Aizen. Enfin, Renji, Shuhei et Tatsuki se livraient à un tournoi de bras de fer acharné, qu'arbitrait une Orihime retombée en enfance sous l'effet de son unique coupe de saké.
Seul Yamamoto n'était pas venu, mais à un moment de la soirée, la onzième division s'était pointée. Ikkaku et Yumichika étaient partis en lune de miel (comprendre: "au Hueco Mundo, jouer à qui défoncerait le plus de Hollows avec le capitaine"). Naturellement, ils étaient tous furieux qu'on se soit battus sans eux.
- T'en fais pas Ken-chaaaaaaan, gloussa Inoue, complètement faite, et levant sa coupe vide. C'était juste des Chappys en pâte de haricots rouges ! T'as rien raté ! Ils étaient trop nuls ! Même moi j'en ai tué plein !
Un autre couple avait fini par s'éclipser : Gin et Rangiku avaient à parler affaires, avant la fin de la soirée.
- Tu dis que tu auras bientôt le prochain chapitre ? demanda la jeune femme.
- Tttt. Inutile de tourner autour du pot, tu n'auras pas de spoilers avant les autres. Je ne suis pas un Kurosaki, ni un Urahara. Comment les fais-tu chanter au fait ?
- Je ne devrais pas te le dire, mais après tout... C'est simple : Kurosaki me donne ses chapitres librement, parce qu'on est restés amis depuis toutes ces années, mais j'ai raconté aux autres que j'avais un moyen de pression sur lui pour qu'il puisse conserver plus longtemps son anonymat. Bon, c'est rapé maintenant qu'il s'est battu avec nous, mais tant pis pour lui. Et pour Urahara, c'est encore plus bête : je me suis approprié une copie de toutes les fictions qu'il a écrites à propos de lui-même et de Yoruichi et je l'ai menacé de toutes les envoyer à Soi Fong, par ordre de rating, s'il ne me livrait pas les avant-premières de tous ses chapitres.
Et ils ricanèrent en chœur.
- Tu es diabolique, s'esclaffa Gin.
- C'est toi qui déteins sur moi.
Elle but une gorgée de saké avant de demander :
- Gin, quand as-tu décidé de trahir Aizen ?
- Avant même qu'il me recrute.
- Et pourquoi ?
- Ah ça... c'est parce que dès le début j'avais deviné quel fanficeur il était... J'avais lu sa première fiction, et c'est elle qui m'a décidé à l'empêcher définitivement de nuire.
- Et c'était sur quoi ?
- C'était sur nous deux.
- Ah bon ? s'étonna Matsumoto.
- Oui, mais tu mourrais à la fin, sourit Gin. Alors j'ai détesté.
.
La plupart des fêtards étaient déjà complètement torchés lorsque Neltia quitta discrètement sa cellule improvisée. Omaeda gisait sur le sol, évanoui - vous dire comment elle avait fait serait inutile et traumatisant - et elle avait réussi à trancher ses liens à l'aide de la lame de Gegetsuburi.
Après avoir récupéré son propre zanpakutô, Neltia ne prit même pas la peine de chercher un nouveau plan pour s'approprier les beaux garçons du SPSE. Elle fila tout droit, le plus loin possible, et ouvrit un garganta. Aizen vaincu, le Hueco Mundo serait plus ou moins vide. En tout cas, il serait plus accueillant que la Soul Society, c'était certain.
Sans hésiter, la Marie-Sue s'élança dans le tunnel noir.
.
« L'otage des guerriers du Doc Xathan, il s'en sortira toujours à temps !... Tel l'aventurier solitaire... Bob Morane le roi de la Teeeeeerre... » eh ouais.
